Titre : Carpe Diem Baby

Pairing : Il y en aura plusieurs tout au long de l'histoire (toujours yaoi)

Rating : M

Disclaimer : Tite Kubo, je ne désespère pas qu'il me les cède un jour.

Note : De la joie, du bonheur, du rire… Mais aussi du désespoir et des larmes. De l'amour et de la haine, il faut de tout dans ce bas monde.

Précision : Les passages en italique sont des flashbacks

Warning : /

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Chapitre 20

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Ichigo avait eut beaucoup de mal à regarder son capitaine dans les yeux le lendemain. Comment pouvait-il se comporter avec lui après ce qu'il avait vu ? Aussi se contentait-il de rester le nez plongé dans ses dossiers sans relever la tête une seule minute, pas même pour regarder les heures défiler.

Bien sûr, Renji lui avait dit qu'il s'était rapproché de Shuuhei, mais quand il avait dit rapproché, quand il lui avait raconté quelques uns de ses souvenirs, il n'avait absolument pas fait allusion à ça !

D'ailleurs, pourquoi ne l'avait-il pas mis au courant ? Le rouge savait pourtant parfaitement qu'il n'y avait pas mieux placé que lui pour comprendre ce genre de choses. Oh et puis zut, il n'avait qu'à lui poser la question directement pendant l'heure du déjeuner.

Au moins il serait fixé et peut-être qu'il arriverait à s'ôter cette image de l'esprit. Il en frissonnait encore d'ailleurs.

Le capitaine de la troisième division avait bien remarqué la gêne de son lieutenant mais n'osait pas entamer le sujet sensible. Après tout, c'était lui qui était survenu dans sa chambre, venant se poser dans la situation comme un cheveu sur la soupe.

Ce n'est que quand les aiguilles de l'horloge vinrent se rejoindre sur le haut du cadran que l'orangé prit enfin la parole.

« Renji, je… On peut rester ici pour déjeuner ?

- Si tu veux. »

Ca y était, les hostilités allaient certainement commencer. Mais au bout de cinq minutes, chacun le nez plongé dans son bento, aucun n'avait encore pris la parole.

C'était un silence pesant, un silence gênant. A tel point que ce fut Renji qui craqua en premier alors qu'il s'était juré de laisser la parole à son fukutaicho.

« Bon allez, accouche !

- Bah euh… Euh… Euh…

- F !

- Hein ?

- Après E y'a F, c'est pas compliqué. Allez, tu sais très bien que je vais pas te manger et que t'as le droit de tout me dire. Mais me demande pas les détails !

- Non merci, je crois que j'en ai assez vu. »

Un nouveau frisson parcouru l'échine de l'orangé. Rien que de s'imaginer à nouveau les deux hommes. Dans cette position. Tiens, d'ailleurs, il n'aurait jamais cru que son ami soit aussi souple.

Non mais à quoi il pensait là ? Chassant de son esprit l'image de son capitaine se faisant dominer par son ancien sempai, il essaya de retrouver la parole sans bégayer.

Chose d'autant plus difficile que cette fameuse image ne voulait apparemment pas s'éclipser de ses souvenirs. Et d'ailleurs, à bien y repenser, c'était plutôt… Non ! Non, non, non, mieux valait ne pas aller plus loin dans le délire.

« Bon alors, qu'est-ce que tu veux savoir ? Ce qu'il y a entre Shuuhei et moi ? Je crois que tu en as assez vu pour comprendre.

- Vous… Vous êtes… en couple ?

- Oui.

- Depuis quand ? »

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Il y avait maintenant six mois que Renji et Shuuhei avaient vécu leurs premiers ébats communs et après une petite période de gêne de la part du brun, ils avaient recommencé à se voir.

Simplement en tant qu'amis. Mais une chose en entrainant une autre, et ainsi de suite, ils avaient remis le couvert. Une fois. Puis deux, puis trois et au bout du compte, il ne se passait plus une semaine sans que les deux capitaines se retrouvent plusieurs fois après leur journée de travail.

Et ils en étaient donc là, six mois plus tard, allongés tous les deux sur le futon d'Hisagi, à regarder le plafond, essayant de scruter la moindre petite trace de fissure, après une étreinte plus que mouvementée.

Ils avaient calmement repris leurs esprits et leur souffle, l'un à côté de l'autre, sans se toucher. En règle générale c'était le moment que choisissait l'invité pour se relever, se rhabiller et s'en aller.

Mais cette fois, avant que Renji ne se décide à quitter les lieux, Shuuhei se retourna vers lui, s'appuyant sur son coude pour ne pas être allongé au moment de leur discussion.

« Dis-moi. Est-ce que… Qu'est-ce qu'on est au juste ?

- Comment ça qu'est-ce qu'on est ?

- Ben oui, on est quoi tous les deux ? Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on se voit de manière exclusive ? On est un couple ? »

Sentant la discussion prendre une tournure assez sérieuse, Abarai se redressa également, s'asseyant carrément sur le futon pour prendre sa tête à deux mains pour réfléchir.

« Shuuhei, je… Je ne sais pas. Est-ce qu'on se voit de manière exclusive ? De mon côté je ne fréquente que toi, du moins tu es le seul avec qui je couche. Mais est-ce qu'on est en couple ? Je ne sais pas. Franchement, je ne sais même pas si j'en ai envie.

- Mmm. Je vois. Pourtant, si on regarde clairement les choses… »

Le capitaine de la neuvième division se redressa totalement à son tour pour prendre place assise en face de son ami et le regarder dans les yeux.

« On ne voit personne d'autre, ni toi ni moi. Et soyons honnête, on se voit de plus en plus souvent et ce qu'on fait, ce n'est pas vraiment l'activité qu'auraient deux amis. Ce serait pas plus simple d'officialiser la chose ?

- Comment ça officialiser ? Oï, j'ai pas envie que tout le monde soit au courant.

- Moi non plus. Je voulais juste dire officialiser entre nous. Pour que les choses soient claires. Qu'est-ce que t'en dis ? On est un couple ?

- Je crois oui. »

Shuuhei étira un timide sourire, un tantinet gêné. Tout comme Renji par le passé, il n'avait connu que de petites histoires sans réellement se caser pour de bon.

« Dans ce cas, si on est un couple, je crois que tu n'es pas obligé de rentrer chez toi.

- Tu me proposes de passer la nuit ici ?

- C'est pas ce qu'on fait en général dans ces situations ?

- Si tu veux. »

Abarai laissa donc ses vêtements où il les avait laissés en pénétrant dans la chambre du brun et se rallongea sur le futon.

Hisagi en fit de même avant de remonter les couvertures sur eux, de tourner son visage vers celui du rouge et de l'embrasser brièvement sur les lèvres en lui souhaitant une bonne nuit.

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« Bah dis-donc, c'est pas vraiment ce qu'on pourrait qualifier de romantique.

- Non pas du tout, en effet. »

Le capitaine de la troisième division émit un léger rire avant de pousser un soupir las et désabusé.

« J'ai perdu la notion de romantisme avec Byakuya. Alors oui, ça fait six ans et depuis le temps je devrais m'en remettre, tourner la page, passer à autre chose. Dans un sens c'est ce que je fais avec Shuuhei, mais je sais qu'aussi longtemps que je vivrai, je ne retrouverai personne avec qui je pourrai ressentir la même chose.

- Tu l'aimes ?

- Oui je l'aime. Mais est-ce que j'en suis amoureux ? Je dirais que non.

- Et lui ?

- J'en sais rien. On ne parle pas de ça. »

Ichigo haussa un sourcil interrogatif et surpris. Son capitaine avait une relation pour le moins étrange. Entretenir une liaison depuis plus de trois ans avec une personne sans sentiments profonds ?

Apparemment, Renji avait subi un traumatisme bien plus important que ce qu'il pensait des suites du décès de Byakuya.

Mais le rouge le stoppa dans ses pensées, changeant totalement de sujet afin d'éviter certaines questions certainement encore trop douloureuses pour lui.

« Tu retournes sur terre demain, tu es prêt ?

- Quelle question ! J'ai toujours été prêt pour une mission. »

Abarai avait regardé son lieutenant sortir du bureau et regagner ses habitations pour la nuit. Il ne pouvait pas le nier, il s'inquiétait pour le rouquin. Pas tant que la mission était compliquée. Oh non, rien de bien méchant.

Il suffisait qu'il aille passer un mois là-bas pour aider le Shinigami en faction à Karakura. La routine pour Kurosaki Ichigo. Enfin, la routine pour le Kurosaki Ichigo d'il y avait six ans. Néanmoins, il restait le meilleur pour cette mission étant donné qu'il avait vécu sa vie d'humain dans cette ville.

Ce qui l'inquiétait vraiment était le possible face à face qu'il pourrait avoir une fois là-bas. A sa connaissance, Grimmjow était toujours sur terre et croyait toujours à la mort de l'orangé.

Et que se passerait-il si ces deux-là se croisaient ? Comment réagirait le bleuté ? Il avait tant de fois voulu lui avouer que tout ça n'était qu'un mensonge.

Il avait vu la panthère se consumer de l'intérieur au point qu'il en avait lui-même ressenti la douleur. Au point qu'il s'était fait un devoir de retourner sur terre le plus souvent possible les six premiers mois, pour lui tenir compagnie ou tout simplement pour vérifier qu'il n'avait pas fait de bêtise.

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Après avoir récupéré un gigai flambant neuf qu'Urahara lui avait personnellement confectionné, au grand dam de Kurotsushi qui avait toujours été chargé de ce genre de mission, Ichigo avait emprunté le dangai qui le mènerait vers sa ville natale.

Un lourd sentiment de nostalgie s'empara de lui à la seconde où il posa le pied dans le monde réel. Ca avait été son chez lui pendant dix neuf ans. Et rien n'avait changé.

En apparence, seulement. La clinique de son père était laissée à l'abandon, ses deux jeunes sœurs n'ayant pas encore obtenu leur diplôme et la maison attenante avait été vendue.

Son lycée était toujours à sa place, mais il n'y connaissait plus personne à part quelques professeurs qui, il devait l'avouer, ne lui manquaient pas trop. Apparemment la championne du lancé de craie ne faisait plus partie de la liste de l'établissement.

Il sourit, finalement, il avait quand même passé d'agréables moments ici. Et ses amis. Tous ses amis. Il en venait même à se demander ce qu'était devenu ce casse-pieds de Keigo.

Il errait dans les rues presque vides de Karakura en se remémorant ses jeunes années d'humain ordinaire. Enfin ordinaire… Ses jeunes années d'humain capable de voir et de parler aux fantômes.

Il fut tiré de ses réflexions par une voix derrière lui.

« Kurosaki ? »

C'était un jeune homme, dans le milieu de la vingtaine, distingué, certainement promis à un bel avenir, aux cheveux noirs et aux yeux cachés derrière une paire de lunettes.

« Ishida ? »

Ils avaient terminé dans un café au centre ville. Discutant des événements importants depuis la fin de la guerre d'hiver. Rien de particulier n'était cependant arrivé ici bas.

Le Quincy avait repris l'hôpital de son père, toujours en froid avec lui au sujet de sa condition de Quincy, Tatsuki avait repris un dojo et donnait des cours de différents arts martiaux, Orihime travaillait dans une crèche et s'occupait des enfants, Mizuiro était un bon représentant et Keigo allait de boulot en boulot, n'ayant jamais vraiment trouvé sa voie.

Quant à Chad, il avait fini commerçant. Et pas n'importe où. Il avait subitement arrêté ses études après le lycée, ayant pour lubie de reprendre le magasin d'Urahara, persuadé qu'il était bien trop dommage de le laisser à l'abandon. Il avait gardé avec lui Tessai, Ururu et Jinta.

Ichigo ne put s'empêcher de rire en imaginant le grand gaillard toujours calme et posé au milieu de ces trois énergumènes et se promit de leur rendre visite à tous.

Ca lui faisait tout de même bizarre, de voir et d'imaginer tous ses anciens amis, adultes, avec des responsabilités, et qui avaient évolués. Alors que lui, physiquement parlant, il était toujours ce gamin de dix neuf ans.

Son corps était resté tel qu'il était le jour de sa mort. Oh bien sûr, il vieillirait, mais en âge Shinigami, cela prenait beaucoup plus de temps.

Après s'être salué, Kurosaki poussa sa curiosité jusqu'à un endroit qu'il connaissait bien. Un certain hangar dans lequel il avait été amené à s'entraîner plus d'une fois et qui avait bien failli le voir mourir lors de son combat contre son Shirosaki.

Le repère des Vizards. Voilà un endroit au moins qui ne semblait pas avoir changé. Tout était toujours à la même place, dans un désordre inqualifiable et les cris qui lui parvenaient de la salle d'entrainement étaient toujours les mêmes également.

Descendant lentement les marches en masquant son reiatsu, il se mit en tête de les observer afin de pouvoir retrouver une ambiance qu'il n'avait pas connue depuis trop longtemps. Evidemment, si ces énergumènes savaient qu'il était là, il aurait droit à un flot incessant de questions et ne pourrait pas les voir se chamailler pour un oui ou un non.

Malheureusement pour lui, il n'était pas là depuis cinq minutes qu'il avait été débusqué par une tong volante qui atterrit malencontreusement sur son nez. Sans nul doute, la propriétaire de l'objet volant identifié était une petite blonde avec les nerfs en pelote.

Petite blonde qui évidemment, voyant que son projectile n'avait pas atteint sa cible première, s'était mise en quête de la tong perdue.

« Eh ! Qu'est-ce que tu fous là abruti ?

- M'appelle pas abruti, sale gosse ! »

Le brouhaha qui régnait autour d'eux se stoppa soudain à l'entente de cette voix familière qu'ils n'avaient plus entendue depuis des années.

C'est Shinji qui fut le premier sur place, poussant Hiyori de son chemin avec un grand coup de pied, se ruant presque sur l'orangé pour le pousser à terre.

« Alors crétin, ça fait des années et tu reviens sans prévenir ? »

C'était reparti pour un tour, à nouveau les événements marquants depuis la fin de la guerre, mais cette fois, ils parlaient plutôt de leurs ennemis, leur situation, Ichigo la connaissait et elle n'avait pas changé depuis.

Cependant c'est Kurosaki qui leur avait apporté une grande nouvelle. Enfin, une nouvelle qui en déstabilisa plus d'un. Kyoraku était Soutaicho maintenant. A l'entente de ces mots, Lisa en laissa carrément tomber son manga yaoi alors qu'elle en était à la page la plus intéressante.

Pourquoi, mais pourquoi il avait parlé de ça ? Maintenant il était harcelé par la brune à lunettes qui lui posait toutes sortes de questions. Elle n'avait même pas remarqué que Mashiro lui avait subtilisé son précieux livre pour se rincer l'œil.

La jeune fille aux cheveux verts se prit un grand coup sur la tête de la part de Kensei qui lui hurlait que ce n'était pas de son âge. Puis Hiyori vint s'en mêler parce que Mugumura n'avait pas à la traiter de la sorte.

Ce qui poussa Shinji à beugler lui aussi et enfin tout le monde se retrouva en tas difforme sur le sol à se chamailler ou se taper dessus. Enfin bref, le quotidien habituel des Vizards en quelques sortes.

Ichigo profita de cette mêlée générale pour s'éclipser discrètement, saluant Hatch au passage. Le pauvre géant était bien mal barré avec cette bande de fous furieux.

Sur le chemin qui le menait il ne savait où, l'orangé fit une nouvelle rencontre Allons donc, c'était reparti pour des heures de discussion. Il n'avait pas imaginé qu'il serait amené à parler autant en revenant dans le monde des humains.

Mais là il s'en fichait un peu, la personne qu'il avait croisée, il l'aimait vraiment tendrement et faisait partie de ceux qu'il tenait absolument à revoir.

Karin s'était littéralement jetée dans ses bras, bien que les effusions de ce genre ne soient pas vraiment dans son caractère.

Elle avait invité son grand frère à vivre chez elle le temps de sa mission, ce que Kurosaki s'empressa d'accepter. Avec tout le remue ménage de ces derniers temps, il n'avait même pas pensé à chercher à se loger.

Et là, installé sur le canapé du salon de la petite brune, il se sentait bien. Sa sœur avait vraiment le don de l'apaiser, de le calmer, de lui faire penser à autre chose. Elle n'avait pas les talents de cuisinière de Yuzu, mais elle avait toujours été la plus sensée de cette famille de dingues.

Il lui raconta ce qu'il s'était passé à la Soul Society depuis ces six dernières années, omettant volontairement le fait qu'il avait été emprisonné, c'était un détail que Karin n'avait pas besoin de connaître.

Il donna des nouvelles de leur vieux fou de père, rassurant sa petite sœur que le brun n'avait décidément pas changé, même en ayant retrouvé un poste à responsabilités au Seireitei.

C'est une fois qu'ils eurent fini de manger que la brune lui posa la question fatidique, celle à laquelle il n'aurait jamais pensé et à laquelle il ne savait pas vraiment quoi répondre.

« Tu es venu pour ce Hollow ?

- Comment ça ce Hollow ? Je suis là pour aider le Shinigami en faction à Karakura.

- Oh… Je pensais qu'ils avaient envoyé quelqu'un de plus fort pour s'occuper en particulier de lui.

- Comment ça de lui ? C'est qui lui ?

- Il est pas comme les autres. Il a l'air humain mais c'est pas un fantôme. Il a un trou dans le ventre. Je le vois souvent rôder dans le coin ces derniers temps et je pensais que le Shinigami qui est ici n'arrivait pas à s'en débarrasser tout seul. »

Le cœur d'Ichigo rata un battement. Le doute n'était pas permis, sa petite sœur ne pouvait parler que de Grimmjow. Grimmjow… Il aurait donné n'importe quoi pour pouvoir le voir, ne serait-ce que de loin.

Même s'il ne pouvait pas lui parler, même s'il ne pouvait pas le toucher. Ne serait-ce que deux petites secondes. Revoir ses cheveux couleur océan, retrouver les formes de son corps parfait.

Le bleuté pensait qu'il était mort. Leur histoire s'était terminée au moment où ces mots avaient été prononcés. Et si Jaggerjack avait fait son deuil de cette relation, si désormais il ne pensait plus à lui, c'était encore le cas pour Ichigo.

Il ne se passait pas une journée sans qu'il ne pense ne serait-ce que quelques secondes à l'ancien Espada.

« Ichi-nii ça va ? Tu as l'air perdu.

- Oui, oui ça va Karin. Ce Hollow que tu vois, il a les cheveux bleus c'est ça ?

- Tu ne connais ?

- Grimmjow. »

Son nom avait été prononcé dans un murmure nostalgique alors que les yeux de la brune s'étaient ouverts en grand.

« Tu sais qui c'est ?

- C'est un Arrancar. Sexta Espada à l'époque d'Aizen.

- Il va être difficile à battre alors.

- Non. Je n'ai pas envie de me battre contre lui. De toute façon, il n'est pas dangereux. »

Karin était étonnée des mots de son grand frère, ne comprenant pas vraiment sa façon de réagir. Il était un Shinigami, normalement il devrait éliminer ce genre de créatures. Mais là, il semblait perdu dans ses souvenirs, il avait perdu sa combativité rien qu'en prononçant son nom.

Elle ne fut pas surprise de le voir se lever et s'excuser de la laisser comme ça, prétextant qu'il voulait faire un tour et se changer les idées. Connaissant la nature de l'orangé, elle ne lui posa pas de question et le laissa partir. Quand il en aurait envie, il finirait bien par parler.

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Kurosaki errait à nouveau dans les rues de Karakura, priant cette fois pour ne rencontrer personne. Il n'avait qu'une envie, rechercher Grimmjow. Le trouver, le voir sans que lui ne se rende compte de sa présence.

Il dissimula son reiatsu tout en essayant de repérer le sien. Chose apparemment compliquée puisqu'il ne sentait absolument rien dans un rayon de plusieurs kilomètres à la ronde. Peut-être Karin s'était-elle trompée ou peut-être qu'il était finalement déjà reparti d'où il venait.

Mais au moment où il était sur le point d'abandonner ses recherches, il se ravisa pour entrer dans un entrepôt apparemment désaffecté. Il ne savait pas trop pourquoi il se trouvait ici, comme si une force imperceptible l'avait poussé à l'intérieur.

Et d'ailleurs, il ne remercierait jamais assez cette force. Le hangar était vide, mais on voyait bien qu'il était occupé de temps à autres. Et cette odeur qui planait partout autour de lui.

Ichigo pourrait reconnaitre cette odeur entre mille, même s'il ne l'avait plus sentie depuis six ans. C'était la sienne. Le parfum de Grimmjow, cette odeur boisée mélangée au musc.

Il avança un peu plus à l'intérieur et se dirigea vers le futon dans le fond de la pièce. Il laissa ses doigts courir sur les draps et sur l'oreiller, essayant d'imaginer le corps de son ancien amant reposer sur ce matelas de fortune.

Les sensations et les souvenirs étaient trop forts. Ils l'avaient submergé comme une vague et Ichigo ne se sentait plus très bien.

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Jaggerjack était sur le chemin du retour. Il s'ennuyait ferme depuis bien trop longtemps. A se demander pourquoi il était encore ici, pourquoi il s'obstinait à rester dans le monde des humains.

Oh bien sûr, il trouvait parfois quelques sources de distraction. Comme affoler des personnes qui ne pouvaient pas le voir en jouant au fantôme dans leur maison. Mais ça c'était marrant au début.

Il ne sortait de son entrepôt que pour s'aérer l'esprit et les poumons. Qu'y avait-il d'autre à faire ici de toute façon ? En même temps, retourner à Hueco Mundo voulait aussi dire se retrouver seul, avec en plus le risque de se faire attaquer par les Hollows mutants.

Alors oui, le bleuté restait sur terre et rongeait son frein. Ses seuls moments de compagnie étaient quand Renji faisait un petit tour par ici pour voir si tout allait bien ou s'il avait besoin de quelque chose.

Son corps se figea net en voyant la porte d'entrée de son hangar grande ouverte. Il était pourtant persuadé d'avoir fermé derrière lui en sortant. Il s'agissait probablement de squatteurs.

De temps en temps, des clochards venaient dans ce qu'il appelait son chez lui pour échapper à la froideur de la nuit. Mais il les chassait toujours à grands coups de frayeurs. Finalement peut-être qu'il pourrait s'amuser un peu ce soir.

Mais une fois la porte franchie sans un bruit, il se figea une nouvelle fois. Il y avait un homme qui lui tournait le dos, agenouillé devant son futon et qui semblait le caresser du bout des doigts.

Un homme aux cheveux oranges. Bordel, c'était quoi cette histoire ? Ichigo était mort, ça ne pouvait pas être lui. Pourtant, plus il s'approchait en douce de son visiteur, moins le doute était permis.

Et une fois juste derrière lui, tous les doutes s'étaient éclipsés. Il s'agissait bien de Kurosaki. Un sentiment qu'il ne connaissait pas, ou plutôt qu'il n'arrivait pas à définir l'avait envahi. Un mélange de contentement, de soulagement mais surtout de rage se disputait son cerveau.

Quand il vit le Shinigami se relever, il l'attrapa fermement par l'épaule avant qu'il ne puisse se retourner et l'envoya voler contre un mur. Son cœur se serra dans sa poitrine quand l'orangé lui fit face pour voir qui était son agresseur.

La respiration du bleuté était saccadée et rauque. Impulsivement, son poing se ferma et se dirigea de lui-même vers l'œil d'Ichigo pendant qu'il laissait échapper un mot, un seul, qui résumerait tout ce qui pouvait lui passer par la tête en ce moment.

« Enfoiré ! »

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Note 1 : Aaahh… Ca, vous le saviez que j'allais pas être gentille pour la fin de ce chapitre… Bah oui, il faut bien que la sadique qui sommeille en moi refasse surface de temps en temps ^^

Note 2 : Alors, il va se passer quoi maintenant entre nos deux ex tourtereaux ? Difficile ou pas ?

Note 3 : J'attends toujours les pairings d'Ayu et Cha qui ont gagné le concours du lemon du chapitre précédent…

Note 4 : A tout bientôt !