Donc, voilà, ceci est une petite (enfin plutôt longue) extension que je suis permise à ma fic. J'en avais juste envie….j'espère qu'elle vous plaira. C'est la fin de cette fic, laissez des commentaires si vous avez apprécié.
Suyi venait de sortir de chez lui et il se dirigeait vers l'entrée principale de Konoha.
Une semaine minimum qu'avec elle, sa rivale aussi aimable qu'un nid de serpents, aussi agaçante que la sonnerie de son réveil et aussi explosive qu'un verre de vodka.
Voilà, des années de compétitivité, de rancœur et de coups bas résumés en quelques mots.
Il se souvint de leur première rencontre, il n'avait que huit ans, il s'inquiétait pour son oncle et sa tante à l'hôpital et il mettait la première fois dans le lieu maudit de beaucoup d'enfants turbulents l'académie des ninjas.
Il s'était mis dans le rang des dix ans essayant de passer inaperçu parmi eux, peine perdue puisqu'il faisait au moins deux têtes de moins qu'eux.
Elle l'avait appelé l'avorton directement puis elle avait tenté, oui tenté, c'était bien le mot, de lui mettre une raclée après l'avoir traitée d'abruti parce qu'il ne se mettait pas dans le bon rang et qui lui avait répliqué qu'elle devait être plus aimable avec ses nouveaux camarades. Elle s'était totalement rétamée par terre malgré sa vitesse ce qui lui avait bien plus. Il s'était ainsi attiré la sympathie d'une partie de la classe qui ne pouvait pas voir Rin.
Ensuite quand Iruka l'avait présenté aux autres comme étant un Uchiha, elle avait encore plus boudé.
Etant d'un niveau équivalent, ils se chamaillaient souvent en voulant toujours dépasser l'autre et ils ne s'étaient pas retrouvé dans la même équipe.
Elle était là avant lui ! Elle qui arrivait toujours en retard ! Elle avait fait un effort rien que pour l'humilier !
18 ans et toujours aussi gamine !
Elle se tenait bien droite dans la clarté du soir, sa longue tresse de cheveux nacrés lui descendaient jusqu'en bas du dos et elle portait la tenue officielle des Chuunins. Elle aimait trop les règles bien établies et les hiérarchies contrairement à lui. Suyi, ayant du se débrouiller seul à la mort de son père, en avait garder un goût de liberté qui lui collait aux semelles. Il détestait les ordres stupides et il agissait souvent de sa propre initiative quand la situation tournait ce qu'elle n'était pas toujours capable de faire.
Il était dans les bons petits papiers de l'Hokage et Rin détestait cela.
Il passa devant sa fine silhouette sans la saluer pour continuer en direction de la sortie.
Elle ne s'en formalisa pas et lui emboîta le pas.
Pour arriver à se supporter, il fallait qu'ils s'adressent la parole le moins possible et ils allaient s'y tenir.
Ils devaient obtenir des informations sur un nouveau corpuscule de déserteurs ninjas. Ils ne causaient pas de troubles notables à part quelques vols mais leur comportement intéressait hautement Naruto ce qui le fit envoyer ses deux meilleurs éléments.
Ils voyagèrent en silence.
Rin restait en arrière puisque Suyi avait été désigné comme chef de mission. Elle agissait toujours ainsi, à respecter les rangs. Elle devait fulminer en elle-même pour s'être fait damer le pion sur leurs premières missions ensemble.
Suyi ne connaissait pas les capacités exactes de Rin. Il en avait juste entendu parler par des rumeurs qu'elle était très compétentes mais extrêmement bornée.
Il maintenait un bon rythme, il pouvait se pousser plus mais il ne savait pas si elle pourrait le suivre s'il utilisait toutes ses ressources.
Au bout d'un moment, il l'entendit bougonner :
« A ce train d'escargot, on arrivera après qu'ils aient pliés bagage !
- Désolé, je te ménageais !
- Sale petit avorton !
- Je suis ton chef de mission ! »
Elle se tut alors qu'il accélérait la cadence. Il pensait que mener la mission lui épargnerait au moins les insultes mais elle semblait oublier ses habitudes quand il s'agissait de lui.
Ils continuèrent à voyager jusqu'au petit jour.
Suyi lui fit signe de s'arrêter quand l'aube pointa le bout de son nez.
Il prit un bout de bois, et il se mit à dessiner :
« D'après les informations de Naruto…
- Hokage sama !
- Donc, d'après Hokage sama, ce groupe aurait établi son campement derrière la cascade qui est à deux kilomètres d'ici…
- Ce n'est pas la peine de me refaire le topo, je ne suis pas aussi idiote que tes coéquipiers habituels… »
Suyi respira un bon coup avant de répondre :
« Rin, je te prierais de faire un effort au cours de cette mission. Tu ne voudrais pas que j'obtienne le grade de Jounins avant toi, n'est-ce pas ?
- De toute manière, si l'on ne s'entend pas, nous ne l'aurons pas tous les deux.
- Je suis content que tu l'aies enfin percuté…
- Avorton !
- Cela fais toujours aussi plaisir ! Evite d'insulter mes camarades à l'avenir, je pourrais le prendre très mal et te faire bouffer la poussière.
- Tu n'en serais pas capable !
- Arrête de me provoquer ! »
Ils se regardèrent dans le blanc des yeux pendant un long moment avant que Suyi ne cède :
« Je suis responsable du bon déroulement de cette mission alors on va oublier nos différends pour le moment. »
Elle ne répondit rien.
« Alors, on va s'approcher doucement sans nous faire remarquer, il y a sûrement des sentinelles et des pièges. Je propose que l'on avance ensemble.
- En procédure habituelle, on se rapproche chacun de son côté.
- Oui mais on n'est que deux. On a affaire à des déserteurs dangereux alors il vaut mieux que l'on puisse s'entraider au cas où.
- On va se faire repérer à coup sûr et je n'aurais pas besoin de ton aide.
- Mets ta fierté de côté, on ne sait pas ce qui nous attends. Je préfère prendre des précautions.
- Je me ferai un honneur de te tirer du pétrin dans lequel tu te seras fourré. T'es vraiment trop jeune pour ce genre de mission.
- On n'a que deux ans de différence à ce que je sache. »
Suyi se releva frais et dispos après cette courte pause :
« Tu as besoin de plus de temps ?
- Pour qui me prends-tu ? Evidemment que non. »
Ils partirent doucement en se dissimulant dans leur environnement en utilisant un genjustu tous les deux.
Ils progressaient avec assurance et sans difficulté.
Elle n'aimait pas que Suyi déroge aux plans habituels et elle préférait faire ses techniques d'approche en solitaire. Elle ne sentait pas sa présence car il se dissimulait très bien. Ils avaient convenus d'un rythme de progression bien précis à une distance l'un de l'autre à peu près équivalente. Le tout était de ne pas se gêner.
Avec son Sharingan, il savait certainement où elle se trouvait.
Elle enrageait en elle-même. Pourquoi lui ? Ce privilégié, petit frimeur de première avec son air arrogant et supérieur, elle détestait quand il lui parlait avec ce ton condescendant.
Il était un génie mais il avait tendance à oublier qu'elle l'était elle aussi. Il avait réussi juste à grappiller deux ans d'avance. Elle l'avait demandé mais on ne lui avait pas accordé, elle avait dû se farcir la fournée d'imbéciles de son année. Evidemment le petit Uchiha, on pouvait le lui accorder.
Elle avait stagné deux ans de trop sur les bancs de l'académie ce qui faisait qu'ils étaient d'un niveau équivalent alors que cela n'aurait jamais dû se produire. Elle devrait être d'un niveau nettement supérieur.
Tout le monde s'occupait de Suyi Uchiha et bientôt, il la surpasserait grâce à son Sharingan et à sa capacité de copier les techniques.
Elle le haïssait parce qu'on lui portait l'attention qu'elle avait toujours eue avant son arrivée soudaine. Il lui avait volé son éclat blessant son orgueil. Il lui avait pris la seule chose qui la soudait aux autres ninjas, leur considération.
Il était un meilleur chef d'équipe qu'elle, tous s'accordait à le dire, tous les comparaient et elle en perdait son sang froid. Elle ne voulait pas faire d'erreur et elle se focalisait sur les procédures habituelles ce qu'on lui reprochait.
Elle se concentra de nouveau sur sa progression, la mission avant tout, il ne fallait pas qu'elle perde la face devant lui.
Ils arrivèrent devant la cascade, enfin elle espéra qu'il était toujours avec elle.
Ils ne pourraient pas entrer sans que cela ne se voit.
Il y avait une sentinelle à l'entrée.
Elle avait envie de l'assommer pour passer mais leur ordre était clair. Ils devaient recueillir des informations sur les déserteurs en les suivant dès qu'ils bougeront de leur cachette.
Elle se dissimula dans une cachette acceptable, et relâcha petit à petit son genjustu. Elle ne pouvait pas le maintenir indéfiniment.
La sentinelle était un jeune homme aux cheveux rouge en bataille, il ne devait pas être beaucoup plus âgé qu'eux. Il portait à la ceinture une foulard avec une croix jaune brodée dessus sur fond bleu. Un clan ? Une organisation ? Elle n'en savait rien.
Suyi apparut à ses côtés avant de s'affaler contre le tronc de l'arbre prenant ses aises.
Elle détestait son assurance, sa désinvolture et son succès. Il ferma les yeux, quel toupet !
Un bruit, à droite…
Elle sortit son katana pour bloquer l'arme de leur assaillant qui s'apprêtait à tuer Suyi.
Son coéquipier ouvrit les yeux calmement tandis qu'elle repoussait l'homme aux cheveux rouge.
« Aide-moi, bordel !
- Tu peux te débrouiller seule !
- Sale avor… »
Un kunaï apparut sous la gorge de leur agresseur, c'était la main de Suyi, elle en aurait mis la sienne à couper. Alors, celui qui était étendu, c'était un Kage Bunshin.
« On se calme, si tu cries, je te tranche la gorge. »
Elle relâcha la pression qu'elle exerçait en apercevant la lueur cuivrée des Sharingans.
L'homme aux cheveux rouges ria à gorge déployée :
« Qui a-t-il de si drôle ?
- Homme au sharingan, nous allons bien nous amuser », s'exclama-t-il avant de disparaître en une flaque d'eau pour réapparaître derrière lui.
Suyi se baissa, Rin voyant une ouverture propulsa ses jambes en deux coups pieds fracassants en prenant appui sur ses mains ce qui permit à Suyi de se faufiler.
Il était de petite taille ce qui lui permettait de saisir des occasions de fuite opportunes facilement.
Elle ne rencontra que de l'eau. Il fallait utiliser le genjustu face à ce type, toutes les autres techniques seraient inutiles.
Elle envoya une onde de peur dans sa direction. Il se liquéfia sous la pression.
Etait-ce vraiment une personne ? Un clone plus résistant ? Elle se cacha attendant la suite, Suyi était en train de récolter des informations sur leurs assaillants grâce à son dojustu, il fallait être patiente.
« Sharingan, arcane lunaire du trouble des sens ! »
Cela ne marcha pas, non plus.
L'homme recomposa son apparence :
« Vous feriez mieux de vous rendre, je suis invincible !
- Vous aimez bien vous la ramener ! »
Suyi mais qu'est-ce qui te prends de le provoquer ? De l'eau, il se transformait en eau, elle sentait l'idée venir et il fallait que Suyi l'occupe plus longtemps.
« Et c'est un gamin Uchiha qui me fait la morale ! Clan dégénéré ! »
Enfin, elle avait une idée.
Elle se propulsa sous terre :
« Doton, technique de la décapitation ! »
Elle l'entraîna sous terre, il se décomposa en liquide et avant qu'il ne s'échappe, elle lança son autre technique :
« Katon, fournaise ardente. »
Elle sortit de terre légèrement brûlée mais elle avait réussi à l'enfermer dans une sphère ravagée par les flammes. Il devait s'évaporer normalement :
« Geyser ! »
Suyi la prit par la taille pour la protéger des jets de vapeurs gigantesques. Ils hurlèrent pour s'entendre.
« Mais c'est quoi ce type !
- Je ne comprends pas, je n'arrive pas à percer son secret avec mon Sharingan.
- Genjustu ?
- Non, c'est réel !
- Personne ne peut faire cela !
- C'est sûrement un don héréditaire !
- Mais tu devrais trouver comment cela fonctionne !
- Oui, normalement ! »
Suyi se mit à crier, elle sentit alors une vague d'eau l'emprisonner à son tour.
Ils se retrouvèrent dans une sphère d'eau, ils ne pouvaient pas en sortir…
La sphère se remplit d'air, elle respira à peine, il était rempli d'un gaz pour leur faire perdre connaissance. Elle fit signe à Suyi de se retenir de respirer.
Leur adversaire s'approcha d'eux en riant :
« Vous êtes fait comme des rats ! »
Il les observa lutter, il n'y avait aucun moyen de sortir, ils s'en rendirent vite compte.
Rin inspira alors à peine de quoi la rendre inconsciente. Son esprit s'embruma et elle plongea dans le noir.
Suyi regarda Rin tomber. Qu'est-ce qu'il lui avait pris ? Ils ne pouvaient sortir mais elle abandonnait bien vite, elle devait avoir ses raisons.
Leur adversaire la sortit de la bulle et la prit sur ses épaules :
« Elle, au moins, a compris que c'était sans espoir ! »
Sans espoir, il râla intérieurement. Il ne voulait pas lâcher l'affaire comme cela, il détestait perdre. Tout c'était passé bien vite, il n'avait pas pu compter sur ses dons pour se sortir de cette impasse. Il comptait trop dessus, il s'en rendait compte à présent.
Pourquoi Rin qui était quelqu'un de borné l'avait lâchement abandonné ? Elle avait très bien réagi durant le combat. Pourquoi ?
Il comprit quand il vit que son adversaire ne la tuait pas. Des otages, ils étaient des otages et Rin avait inspiré le moins de gaz possible pour se réveiller au plus vite. Il n'avait pas ses capacités d'olfaction et il ne pouvait pas bien doser mais il fallait faire avec.
Il inspira pour sombrer dans l'inconscience.
Il ne se réveilla que plus tard tout contre Rin, il fit attention à se faire discret. Elle semblait consciente depuis un bon moment.
Sur ce coup-ci, elle avait été bien meilleure que lui. Il devait bien se l'avouer mais il ne s'abaisserait pas à l'en féliciter, cela lui plairait bien trop.
Leurs têtes se touchaient, et il lui murmura à l'oreille :
« Je suis là !
- Des séquelles ?
- Mal à la tête. Combien ?
- Une vingtaine…sans compter les jeunes.
- Combien ?
- Trente six odeurs.
- Et notre agresseur ?
- Parti. Tout à l'heure, le chef est venu nous voir… »
Elle s'arrêta, une ombre passa dans leur champ de vision puis se détourna au bout d'un moment.
« Qu'a-t-il dit ?
- Ils ont une technique pour vaincre le Sharingan ainsi que d'autres techniques héréditaires de Konoha.
- Comment ont-ils pu obtenir tous ces secrets ? Ils font bien connaître les justus pour les contrer.
- Je n'en sais rien, je n'ai pas pu voir leur chef…ils vont certainement attaquer Konoha…
- Il faut les prévenir mais il faut aussi en apprendre plus sur leurs techniques.
- Nos liens ne sont pas si serrés. »
Effectivement, ils ne l'étaient pas. Suyi n'eut aucune difficulté à se détacher les mains discrètement.
« Il y a une sortie à droite à cinq mètres.
- Je suis prêt !
- Attends mon signal…maintenant. »
Ils se relevèrent en vitesse pour se mettre à foncer direct sur un kekaï genkaï. Ils s'étalèrent par terre sous les rires des hommes à la croix jaune.
« Oh, Rin. Je crois qu'on est la risée de tout le monde.
- Cela ne te fait pas de mal de tomber de ton piédestal ! »
Rin, ce n'était pas le moment de lui chercher des noises avec sa migraine carabinée.
« Par ta faute ! Si tu avais été plus attentive !
- Tu ne l'as pas vu non plus avec ton sharingan !
- Je croyais que tu avais tout mis au point !
- Je me suis gourée, t'es content ! »
Apparemment, leur dispute ravissait leurs chers hôtes.
« On n'a pas envie d'interrompre votre prise de bec, c'est tellement défoulant, leur dit l'homme aux cheveux rouges. Je m'appelle Dalen et mon chef va venir s'entretenir avec vous. Ne tentez pas de fuir, c'est inutile. »
Ils se renfrognèrent devant son air compatissant.
Suyi, d'une humeur de chien, lançait des regards pleins de reproches à sa coéquipière qui gardait toute sa fierté derrière un masque d'impassibilité.
Ils quittèrent leur attitude stupide en apercevant leur chef. Il était bien connu des services ninjas : Kabuto.
« Apportez leur de quoi manger ! Ce gaz a des effets secondaires importants à jeun… Bonjour, Konohans ! Je ne vous connais pas personnellement mais tu dois être une personne de la famille de Sasuke avec ton Sharingan. Tu es bien trop vieux pour être son propre fils.
- Si vous pensez nous soutirer des informations avec ce ton badin, vous pouvez vous l'enfoncez bien profond. »
Suyi rougit au propos de Rin, il ne pensait pas qu'elle pouvait être aussi directe avec un ennemi.
« Des cheveux blancs, des yeux bleus, cette croix noire aux branches incurvées, une Hatake ! Tu es la fille d'Anko, une vieille connaissance. Sache que toutes les techniques que t'a léguées ta mère sont inefficaces…Rin. »
Rin plissa les yeux, donc tout ce qui avait un rapport avec son père marchait comme la technique de décapitation.
« Quant à toi, dit-il en se tournant vers le garçon, tu es Suyi Uchiha. Les Uchihas se reposent beaucoup trop sur leur Sharingan, j'ai un vieux compte à régler avec ton oncle.
- Vous prévoyez d'attaquer Konoha, tenta-t-il.
- C'est exact ! Pas encore, pas encore mais cela ne saurait tarder ! Il y a encore quelques éléments à mettre au point !
- Venez en au but, pourquoi nous gardez-vous ?
- Ah, Suyi kun, vous êtes un appât de qualité pour attirer Sasuke dans un piège fatal… »
Suyi trembla de tout son être, son oncle ne supportait pas qu'on lui porte atteinte, il avait vécu trop d'atrocités, trop de pertes pour vouloir revivre cela.
« …et vous, chère Hatake chan, vos dons héréditaires me passionnent à un point innommable, ajouta Kabuto en sortant un scalpel. »
Rin se raidit quasiment imperceptiblement en soutenant le regard envieux de Kabuto.
« Emmenez-la moi dans mon laboratoire sans la brutaliser ! »
Suyi eut beau la défendre quand ils vinrent la prendre et elle-même se débattre, ce fut peine perdue.
Il la vit disparaître vers le fond de la grotte.
Rin se fit attraper par les hommes de Kabuto qui la tirèrent hors du kekkaï. Ils la maintenaient solidement en place. Elle en voulait à mort à Suyi. S'être fait piéger bêtement dans une sphère d'eau, à son niveau, c'était une erreur de débutants !
Et maintenant, elle allait passer dans la salle des horreurs par sa faute.
Par rage, elle se débattit, cela la défoulait puisqu'il n'était pas autorisé à la brusquer, ils encaissaient.
« Toute aussi sympathique qu'Anko… »
Elle n'avait plus qu'une alternative pour sortir d'ici, le provoquer.
« C'est facile de vous moquer d'un ninja à terre ! Vous n'aurez pas le culot de me combattre en duel !
- Je ne me rabaisse pas à me frotter à du menu fretin ! Et qu'ai-je à y gagner ? Je vais abîmer votre corps, ce serait navrant ! »
Elle détestait se faire insulter surtout concernant ses capacités ninjas. Elle était la fille du célèbre ninja copieur et de l'effrayante Anko, tout de même. Elle n'était pas n'importe qui ! Oui, mais lui non plus !
Ils l'attachèrent à une table d'opération puis ils la laissèrent seule avec Kabuto.
« On va pouvoir discuter sans que votre coéquipier ne s'en mêle… »
Elle n'aimait pas son ton de confidence, il voulait lui soutirer des informations tout en laissant Suyi dans l'expectative concernant son sort.
« Je ne vous dirai rien qui pourrait compromettre la sécurité de Konoha…
- Vous y tenez tant que cela à ce village ? Cela m'étonne d'après les renseignements que j'ai récolté sur vous. Plus de père, plus de mère, une vie solitaire…
- C'est inutile…, j'aime mon village… »
Kabuto ricana :
« Votre manque d'assurance est plus que convaincant. Je comprends que votre fierté serait blessé et l'honneur de votre famille souillé si vous en venez à me rejoindre…
- Ce qui n'arrivera jamais ! Je sais qui sont mes alliés !
- Même vos coéquipiers et votre senseï ne vous respectent plus en tant que ninja.
- Datyn senseï a toute confiance en mes compétences…
- Il me semble qu'elle a demandé à ce que vous soyez recalé au rang de genin la dernière fois que vous l'ayez déçu. Je me demande même si ce petit test de Naruto n'y aurait pas son origine.
- Vous êtes au courant de bien des choses, vous nous attendiez.
- J'avoue que vous m'intéressiez tout les deux. J'en ai donné la raison pour Suyi et pour vous, je crois que vous la comprenez.
- Vous n'avez pas pu me soutirer mes dons héréditaires alors vous voulez une alliance.
- Ce serait dommage de tuer quelqu'un d'aussi prometteur. Prendre votre revanche sur tous ses imbéciles qui ne voient pas votre talent aveuglés par les capacités de cet Uchiha.
- Ce sont peut-être des ingrats mais je suis lié à mon village par mes parents et je ne saurais décevoir les espoirs qu'ils ont placés en moi.
- Ils sont morts, y a-t-il au moins quelqu'un de vivant à part moi qui reconnaisse votre véritable valeur ? »
Elle ne répondit pas parce que la réponse était négative. Une larme coula sur ses joues, la solitude était affreuse.
« Pauvre enfant, je peux vous donner le pouvoir qui vous manque pour…
- Je refuse, je sais ce que vous me proposez et cela me révulse.
- Vous détestez Suyi, je ne me trompe ? »
Elle ne répondit pas non plus, il la connaissait trop bien et cela l'effrayait.
« Evidemment, c'est plus qu'une rivalité entre vous, c'est de la répulsion réciproque. Vaincre le Sharingan, quand on sait comment faire, il est bien facile de leur rabattre leur maudite fierté.
- Vous détestez Sasuke, je ne me trompe ? »
Kabuto sourit :
« Si vous jouez au même petit jeu que moi, c'est que vous commencez à adhérer à ma façon de faire. Je serais un senseï bien plus attentif que Datyn.
- Je ne trahirais pas Konoha.
- Je pense avoir les moyens de vous sortir de votre entêtement à suivre des ingrats. Il me semble que l'on a saccagé votre appartement depuis que vous êtes parti.
- Ce n'est pas la première fois que cela arrive. Je m'y fais.
- Ici, je ne permettrais jamais un tel manque de respect ! Un ninja ne devrait pas accepté d'être traité ainsi, j'avoue que vous avez un certain panache que j'admire mais c'est vraiment dommage de subir autant d'infamie. Je ne voudrais pas être obligé de prendre vos secrets parce que vous tenez encore à ces boulets. »
Ses mots faisaient mouches, ils résonnaient en elle comme la stricte vérité. Pourquoi tenait-elle tant à eux alors qu'ils ne lui avaient mis que des bâtons dans les roues depuis que ses parents étaient morts ? Elle n'en savait rien, un stupide attachement à cause de valeurs qu'elle respectait. Ils n'appliquaient pas les valeurs Konohanne envers elle.
« Je vous laisse réfléchir, ce n'est pas une décision facile à prendre.
- Merci de m'avoir ouvert les yeux, je suis avec vous.
- Un petit cadeau de bienvenue ! »
Il se pencha sur elle, prit son bandeau de shinobi, puis son cou s'allongea pour lui mordre le cou.
La marque maudite s'infiltra en elle douloureusement. Son corps se tordit sous la douleur.
« Survivez ! »
Suyi se faisait un sang d'encre pour Rin. C'était la première mission qu'il foirait complètement, et il ne savait pas trop comment s'en sortir.
Son sharingan ne détectait même pas le kekkaï, ils avaient trouvé le moyen de le contrer. Il n'y avait plus qu'une solution pour qu'il ait une minuscule chance de la sauver. Selon les procédures habituelles, il n'aurait dû penser qu'à fuir pour avertir Konoha mais il ne pouvait pas la laisser tomber. C'était contraire à son nindo, il avait juré de protéger ceux dont il avait la charge. De plus, il éprouvait beaucoup de honte qu'elle doive subir on ne sait quelle atrocité par sa faute.
Ils ne possédaient pas tous la capacité à contrer son Sharingan, c'était sûr. Chacun devait avoir une spécialité quelconque. Il fallait passer à travers le kekkaï et la retrouver. Il devait faire appel à ses dons maternels qu'ils ne connaissaient pas bien.
Il s'installa confortablement pour remonter ses souvenirs. Il ne se souvenait pas beaucoup d'elle. Elle avait de longs cheveux cuivrés, une voix douce, une présence réconfortante…Le combat, son dernier combat…il avait pris la fuite pendant qu'elle le protégeait…
Un genjustu intéressant qu'il copia grâce à sa mémoire, des attaques avec du chakra du vent, voilà d'où lui venait cette affinité, il fut surpris par sa dernière technique…
Il ne savait pas s'il avait le niveau pour l'exécuter mais il devait la tenter pour sortir de là et sauver sa coéquipière.
Il se releva, il exécuta le même geste qu'elle en croisant ses bras devant lui, ses mains sur ses épaules.
Les croix jaunes, intrigués, le regardèrent faire riant pour les jeunes et s'inquiétant pour les plus âgés.
En écartant ses bras, il libérant une onde puissante de chakra pur qui percuta le Kekkaï. Cela ne suffisait pas et lui prenait beaucoup de chakra. Et ce n'était encore qu'approximatif, il manquait un élément. Il maintient la technique en cherchant son don héréditaire dans ses entrailles. Il fallait qu'il s'échappe de là pour lui prêter main forte. Elle était en danger, il le sentait comme une évidence et elle n'aurait jamais dû l'être s'il avait été plus prudent.
Tout d'un coup, il sentit un rugissement monter de ses entrailles pour se propager dans son chakra. Des clameurs joyeuses se firent écho dans le kekkaï et finirent par le briser.
Suyi, un peu sonné, activa ses Sharingans pour se faufiler à travers la foule apeurée. C'était bien ce qu'il pensait, seul le rouquin contrait ses techniques.
Un ou deux eurent le courage de s'interposer face à lui. Il les mit K.O. en quelques secondes. Il utilisa le genjustu et ils tombèrent tous endormi.
Il n'avait quasiment plus de chakra.
Il se fraya un chemin en travers des corps affalés. Il devait faire vite, et la trouver.
Il emprunta un long couloir puis s'arrêta net dans l'angle d'un mur pour se cacher en désactivant son Sharingan.
Kabuto referma précipitamment une porte derrière lui puis se précipita vers la salle principale.
Lui, il ne pouvait pas l'affronter dans son état.
Anxieux, il entra dans le laboratoire.
Rin, inconsciente, était amarrée à un lit. Il n'y avait personne. Il la délivra et il l'a prit dans ses bras. Elle n'avait rien heureusement.
Il y avait une fenêtre dans le laboratoire. Ni une ni deux, il s'échappa par là puis il mit le plus de distance possible entre lui et les croix jaunes avant de s'arrêter épuisé.
Ils étaient proches de Konoha, il devait faire une pause. Il avait utilisé beaucoup de chakra pour s'enfuir.
Il était essoufflé, il avait dû la porter en courant le plus vite possible. Ils avaient enfin abandonné la poursuite.
Il l'allongea à terre délicatement.
Elle s'agitait dans son sommeil, elle avait de la fièvre… Il prit sa gourde pour lui poser un chiffon mouillé sur le front. Il connaissait quelques justu médicaux de base grâce à Sakura mais il ne savait pas ce qu'elle avait exactement.
Elle était en sueur. Qu'est-ce que Kabuto lui avait fait ?
Il s'inquiétait énormément. Il la veilla tout en lui faisant baisser la fièvre.
Au bout d'un moment, celle-ci retomba enfin…
Suyi, activant ses Sharingans par reflexe, recula devant le chakra malfaisant qui commençait à s'échapper d'elle. Qu'est-ce que c'était ?
Il la vit se relever, elle était effrayante. Toute une aura violette lui tournait autour.
Elle semblait perdue, et étonnée…
Il tenta la douceur :
« Rin, tu vas mieux ? »
Elle se tourna vers lui, ses yeux bleus brillaient d'une lueur démentielle.
« Toi ! »
Il n'apprécia pas son ton hargneux.
« Calme-toi, Rin ! Tu n'es pas toi-même, dit-il en reculant.
- Tu as peur, Uchiha !
- Tu m'inquiètes… »
Il avait évité de justesse un éclair pourfendeur. Elle l'attaquait pour de vrai.
« Rin, tu es sous l'emprise d'un justu…fais le vide en toi !
- Je suis parfaitement consciente de mes actes ! Viens te battre !
- On pourrait organiser cela une autre fois, je ne suis pas contre un entraînement amical… »
Les kunaïs n'avait rien eu d'amical, il se décala à temps pour se cacher dans un genjustu et en profiter pour installer un piège imparable.
« Tu te débines, avorton ! »
Elle était en pleine forme et elle avait pété un câble. Dans son état, il ne pouvait pas espérer la battre. Il fallait qu'il la rabatte vers Konoha en espérant croiser les leurs.
« Rin, on doit avertir Konoha, ce n'est pas le moment…
- Je ne reviens pas à Konoha, et je vais te tuer ! »
Suyi frissonna à ses paroles, elle avait l'air sérieuse et extrêmement menaçante.
« Je ne suis pas allé te délivrer pour te laisser repartir chez eux.
- Je ne t'avais rien demandé ! Tu aurais dû me laisser là-bas et prévenir le village ! Au lieu de cela, tu vas mourir au service de ce village d'imbéciles ! »
Elle avait sûrement une ou deux rancoeurs envers le village qui n'était pas passé et que Kabuto avait exploité pour la mettre de leur côté. Son genjustu allait lâché et il serait bientôt vulnérable. Il n'en revenait pas qu'elle se rebellait. Elle n'avait plus son bandeau, il ne la connaissait pas suffisamment pour savoir ce qui n'allait pas. A part tout ce qui le concernait personnellement. Ils étaient rivaux depuis longtemps mais ils n'avaient jamais cherché à se connaître vraiment.
« Ecoute, si c'est à cause de moi, pour mon incompétence sur cette mission, je m'excuse. Je comprends que tu aies envie de pousser un coup de gueule. C'est bon, c'est passé !
- Cela ne passera jamais ! »
Elle pleurait…C'était bien plus grave qu'il ne le pensait au départ. Méfiant, il stoppa son genjustu de camouflage pour s'approcher à découvert, ses sharingans activés.
« Rin, je ne sais pas ce qui t'arrive mais il serait préférable d'en discuter tranquillement. Quoi ? »
Des serpents jaillirent du sol l'encerclant, il se propulsa dans les airs où l'accueillit une bonne droite de la kunoïchi.
Il se laissa faire, elle le frappait sans se retenir, il encaissa tout.
Il se retrouva à terre, des contusions de partout.
« Défends-toi !
- Je ne bats pas avec l'un de mes compatriotes lors d'une mission de cette importance !
- Tu n'as pas compris, on dirait. Tu n'es qu'un abruti, je n'appartient plus à ce village ! Je n'ai aucun lien avec eux !
- Je croyais être ton rival, et c'est un lien !
- Je te hais ! Tu n'es pas mon rival mais mon ennemi intime !
- C'est un lien quand même ! »
Elle le frappa plus violemment sans qu'il ne réagisse.
« Dis-moi ce qu'il ne va pas ?
- Ce qui ne va pas ? C'est vous tous ! »
Avec des réponses pareilles, ils n'allaient pas avancer. Si elle faisait juste un pas de plus vers la droite, juste un petit pas, allez Rin !
« Bats-toi !
- Si tu insistes tant pour te faire mettre une raclée, baka, dit-il en se relevant et en faisant un pas vers elle.
- Avorton ! »
Elle cria quand le piège se referma sur elle alors qu'elle avait reculé sous l'impulsion d'un simple réflexe. Elle était bien ficelée. En tant normal, il lui aurait souri en lui lançant un regard dédaigneux mais il ne voulait pas l'enrager encore plus.
Il posa deux doigts sur ses tempes pour l'endormir. Il n'en pouvait plus mais il prit une pilule de survie pour continuer la route. Il devait la ramener d'urgence pour qu'elle se fasse examiner. Elle avait complètement perdue la tête, la fièvre la reprenait et elle s'agitait comme en proie à un mauvais cauchemar.
Au bout de quatre heures interminables, il arriva enfin à Konoha.
« Uchiha san, vous revenez bien vite !
- Soyez bien sur vos gardes, le village va être certainement mis en état d'alerte maximale. Laissez-moi passer !
- Vous êtes exténué ! On peut l'emmener à l'infirmerie, nous même !
Il n'en est pas question ! »
Suyi se dirigea directement à l'hôpital en demandant sa tante.
« Suyi, tu devrais être chez l'Hokage en train de faire ton rapport !
- Rin, ne va pas bien du tout ! »
Il lui expliqua ce qu'il s'était passé avec elle, le visage de Sakura s'assombrissait au fur et à mesure. Elle releva le col de Rin pour montrer trois petites tâches incurvées disposés en cercle dans son cou.
« La marque du ciel ! Je vais faire ce que je peux pour elle, repose-toi aussi. Je vais appeler Naruto.
- Le village va être attaqué par Kabuto. Ils étaient trente six d'après Rin mais je pense qu'il a d'autres bases. Ils connaissent toutes nos techniques héréditaires, ils peuvent les contrer.
- Je lui dirais, ne t'inquiète pas…Pose-là, ici ! »
Il eut à peine le temps de se caler dans un fauteuil qu'il s'endormit.
Rin voyait les épisodes de sa vie les plus douloureux resurgirent dans ses rêves attisant sa haine envers Konoha. La mort de ses parents, l'indifférence des autres, ses efforts pour se faire reconnaître balayés par cet Uchiha, les insultes, les saccages, les réprimandes, sa confiance en soi qui s'effritait de jour en jour, le jour où ils l'avaient attaqué par surprise à plusieurs, les sifflements, les huées, la trahison de ses coéquipiers et de son senseï qui la considéraient comme incompétente…
Suyi l'avait exaspéré quand il s'était dressé contre elle, il l'avait encore humiliée, elle avait l'avantage et il avait réussi à la capturer…Elle le lui ferait payer.
Elle avait chaud, trop chaud…Elle délirait…
Elle ouvrit les yeux, on l'avait ligoté sur un lit d'hôpital. Konoha, on était à Konoha…
« Rin sama, comment vous sentez-vous ? »
Une chevelure rose, Sakura sama en personne.
Rin ne répondit pas, suspicieuse.
« Rin, il faut que tu me dises ce qui ne va pas pour que je puisses te soulager. Tu es sous l'emprise d'une marque maudite.
- Mes pensées sont tout à fait claires.
- C'est une impression, Rin. Mon mari, qui en a fait l'expérience, va venir t'en parler.
- Je n'ai pas besoin de son aide. Ma mère l'avait subie, elle aussi mais elle a fait l'erreur de ne pas l'utiliser.
- Rin, ne te laisses pas envahir par cette marque. Ta fièvre n'a pas baissée, tu risques d'en mourir. »
Ce serait peut-être mieux ainsi, quelle fin tragique ! Personne ne la pleurera, quelle fin pathétique ! Dans un lit d'hôpital, elle voulait mourir au combat.
« Je suis vivante.
- Pour le moment, il faut que vous stoppiez sa progression. Et seule votre volonté peut la tenir à l'écart.
- Vous ne pourrez pas m'empêcher de m'y abandonner. »
Elle sentit son corps tressauter, elle eut du mal à reprendre sa respiration. Elle se calma au bout d'un moment, elle avait les larmes aux yeux, elle ne voyait plus vraiment ce qui l'entourait, elle était juste entre l'inconscience et la conscience.
Suyi se réveilla chez lui à peu près frais.
Il descendit l'escalier pour rencontrer la petite Anaka aux prises avec une bouteille de lait. Elle était parfois, vraiment pas douée du tout.
« Saleté, saleté de fermeture sécurisée. »
Elle prit une inspiration :
« Non, non, Anaka, pas de Katon sur le plastique.
- Hein ?
- Cela fond, le plastique ! Et tu ne peux pas tout résoudre avec des justus ! Voilà ! »
Elle alla bouder dans son coin en sirotant son verre de lait. Elle était vraiment kawaï sa cousine.
« Anaka, ta mère t'a parlé de Rin ?
- Va pas bien. Pourquoi elle t'intéresse, la peste ?
- La peste ?
- Ben, tout le monde l'appelle comme çà. Oui, alors l'enquiquineuse ou le piquet parce qu'elle aussi inflexible qu'un bout de bois.
- Ce n'est pas très aimable, elle sera peut-être ta senseï.
- J'espère que non, elle a mauvaise réputation.
- C'est pourtant un excellent ninja !
- Tu trouves ? Si tu le dis, alors les autres ils mentent. »
Suyi ne s'était jamais intéressé sur ce que pensait les autres de Rin. Elle était sa rivale et ce genre de potin lui paraissait vulgaire. Il ne mettait jamais le nez dans sa vie privée, c'était la moindre des politesses mais maintenant, c'était différent, elle allait mal à cause de lui.
« Je vais lui rendre visite !
- Tu t'inquiètes pour la fille que tu détestes le plus, çà c'est inquiétant.
- T'es bien une Uchiha !
- Ben, toi aussi ! »
Il sortit en souriant.
Il croisa ses deux coéquipiers dans la rue. Jyfka Inuzuka et Jin Zatirn.
« Alors, t'es pas mort à ce que je vois ? On ne l'a pas croisé, t'es sûre que Rin est revenue en un seul morceau, s'esclaffa Jyfka.
- Elle est pris d'un mal étrange, ce n'est pas drôle.
- Elle n'avait pas qu'à se mettre dans de mauvais draps. Il fallait bien que cela lui arrive un jour ou l'autre.
- Qu'est-ce que tu sous-entends, Jin ?
- Tout le monde la trouve incompétente. Son senseï voulait même la rétrograder. T'étais pas au courant ?
- Je me moque un peu de ce genre de commérage et de coup bas.
- C'est vrai que tu la considères comme une rivale mais franchement, je ne sais pas ce que tu lui trouves de si spécial. La plupart de ses missions ont faillis mal tournées, cela en fera juste une de plus…
- Elle n'y était pour rien, elle a fait son travail correctement. C'est moi qui n'est pas assuré !
- Ne le répète pas sinon tu vas être la risée de tout le monde ! Fais lui porter le chapeau, une bourde de plus ou de moins.
- Cela ne se fait pas et venant de moi, elle n'appréciera vraiment pas. Je sais quand même prendre mes responsabilités. De toute manière, nos ennemis nous attendaient. C'était obligé que cela foire !
- Ne t'énerve pas comme cela ! C'était pour plaisanter !
- Je n'en avais pas l'impression… »
Suyi repartit de plus belle en direction de l'hôpital. Qu'avait-elle bien pu faire pour être aussi mal vue par tout le monde ?
L'hôpital était bondé de monde mais il reçut à se faufiler jusqu'au bureau de Sakura. C'était l'avantage d'avoir un membre de sa famille à l'intérieur.
« Oh, Suyi ! Qu'est-ce que tu fais, ici ? Tu devrais être en train de te reposer !
- Comment va-t-elle ?
- Assied toi ! »
Son ton était ferme et elle semblait soucieuse :
« Sasuke t'a-t-il déjà parlé de la marque du ciel ?
- Oui, c'est une marque maudite qui fait ressortir les côtés les plus sombres de notre personnalité. On acquiert un grand pouvoir si on survit à cette marque.
- Je suis au regret de t'annoncer qu'elle a été marquée par elle. On risque de la perdre, je ne peux rien pour elle.
- Ce n'est pas vrai… »
Suyi s'en voulait horriblement, s'il n'avait pas été aussi stupide, jamais cela ne lui serait arrivé. C'était sa première bourde monumentale, et il ne voulais pas qu'elle se solde par le décès de quelqu'un.
« Mon oncle m'a dit que tu l'avais sauvé de la marque…
- C'est vrai mais je ne sais pas qui contacter pour aider Rin. Il n'y a personne dans sa liste en cas d'urgence.
- Ses coéquipiers et sa senseï sont-ils au courant ?
- Non, pas encore ! Je suis en train de faire un rapport à Naruto.
- D'accord, j'aimerais leur annoncer moi-même.
- Demande-leur si elle n'a un petit ami ou quelqu'un de très proche d'elle…
- Pas de problème. »
Suyi fit le tour des terrains d'entraînement pour trouver Datyn et ses deux élèves.
« Ah, mais on a la visita de l'uchiha de service, s'énerva Aburame Lo. »
Il était vrai qu'il n'était pas vraiment apprécié de l'équipe depuis qu'il avait mis une tôlée à Lo lors des examens chuunins.
« S'lut !
- Où est Rin ? Elle était bien en mission avec toi, demanda le frère d'Ino, Fasyl.
- Elle est blessée.
- Elle a encore voulue respecter les règles et pour une fois, c'est retombé sur elle.
- Vous êtes un peu sévère avec elle. C'est de ma faute. »
Suyi ne voulut pas leur annoncer tout de suite, il voulait comment ils allaient réagir.
« N'essaie pas de la couvrir. Attends, la dernière fois qu'elle a pris le commandement de la mission, j'ai perdu la quasi-totalité de mes insectes.
- Je me suis fait grièvement blessé, marmonna Fasyl.
- Les blessures sont le lot quotidien des ninjas, on dirait des pleurnichards !
- Tu parles exactement comme elle. On en a marre de ses justifications à deux balles. Elle nous mets toujours en danger de mort si bien qu'on ne lui confie plus la charge d'une mission.
- Au moins, elle restera au frais pendant un certain temps, se réjouit Aburame.
- Elle va certainement mourir. »
Un silence lourd s'installa :
« Tu nous fais une blague, Uchiha. Ce n'est franchement pas drôle.
- Je ne suis pas du genre à m'amuser avec de tels sujets. Elle est atteinte par un sceau maudit que Kabuto lui a implanté. Sa fièvre ne tombe pas, son chakra est en train de se faire avaler et elle délire complètement.
- C'est ce qui arrive aux faibles, commenta le senseï. Je l'ai pourtant avertie qu'elle régressait.
- Cela n'a pas été mon impression, elle est mourante. Vous n'avez aucune attache envers elle.
- Tu sais cela fais un certain temps que l'équipe n'est plus aussi soudée qu'avant. Elle nous a tellement fait prendre de risques inutiles qu'on avait plus confiance et qu'on s'est disputé. Elle ne parle quasiment jamais d'elle. C'est triste mais c'est un ninja. Comme tu l'as dit, cela fait partie de notre vie. Nous n'avons jamais été très proche. Pour nous, c'est une collègue décevante.
- On va tout de même passer la voir, Suyi. Ne fais pas cette tête. C'est notre coéquipière quand même. Elle en a pour combien de temps ?
- Je ne sais pas, je pense qu'elle ne tiendra pas une journée de plus.
- On va y aller desuite alors.
- Est-ce qu'elle avait quelqu'un dans sa vie ?
- Je te l'ai dit, elle ne nous parlait jamais d'elle. On avait des relations strictement professionnelle. »
Il les laissa partir avant de se diriger cette fois-ci vers son appartement.
Il fut surpris de trouver la porte entrouverte et taguée.
« La peste ! »
L'intérieur était saccagée, tout était en désordre, le canapé avait été crevé, des insultes ornaient les murs, les appareils ménagers avaient été détruit, les robinets tordus…c'était l'œuvre de ninja sans aucun doute.
Les paroles de Rin se répercutèrent dans sa tête : « Ce qui ne va pas, c'est vous tous ! »
Personne ne lui accordait une quelconque importance dans ce village d'abrutis.
Elle était orpheline, seule et renfermée sur elle-même. En proie aux moqueries, aux attaques d'imbéciles qui ne voyaient pas son génie. De la malchance, c'était sûrement de la malchance pour ses missions. Elle était une ninja compétente, il l'avait toujours reconnue. Maintenant qu'elle avait besoin d'aide, personne ne viendrait à part peut-être lui son rival.
En fait, il était celui qui la connaissait le mieux à présent.
Il alla à l'hôpital pour rester à son chevet.
Elle s'agitait encore dans son sommeil, cette aura violette ne cessait de tourner autour d'elle, elle semblait à bout de force.
Il passa délicatement la main sur son front. Il aimerait tellement pouvoir faire quelque chose, n'importe quoi pour elle.
Elle tressaillit à son contact et elle ouvrit les yeux.
Rin venait de sentir quelqu'un lui toucher le front. Ce n'était pas une infirmière, non. Le geste était doux et attentionné. On ne lui avait pas fait cela depuis si longtemps. Ses mauvais rêves en furent chassés. Elle ouvrit les yeux. Cuivre…Suyi ! Il avait toujours sa main sur son front, elle aurait voulu le faire partir mais son contact était apaisant.
« Rin, tu es là ? »
Elle n'avait plus de force et la gorge sèche.
Elle hocha simplement la tête ce qui la fit tousser.
« Je vais te chercher de l'eau, juste quelques secondes. »
Il suffit qu'il la quitte pour que les ténèbres resurgissent. Le tuer, elle voulait le buter. Il lui avait tout pris…
« Je vais te relever… »
Il la prit dans ses bras ce qui la calma, apaisée, elle se cala contre lui. Il faisait taire sa souffrance, elle ne savait pas comment.
Elle se sentit respirer plus facilement, les ténèbres s'écartaient et la douleur s'en allait.
Elle se cramponna à lui.
« Rin, je suis désolé. Je ne m'étais pas aperçu que tu allais si mal…
- Merci… »
Elle s'endormit dans ses bras enfin sereine.
Rin venait de le remercier, l'aura de chakra s'était dissipée entièrement, il sentait sa fièvre tomber et son agitation disparaître. Elle dormait paisiblement.
Il ne voulait pas la lâcher de peur que cela recommence.
Sakura entra :
« Et ben, si je m'attendais à cela, sourit-elle.
- C'est fini, elle va vivre.
- C'est toi qui l'a sauvé. Tu sais tu peux la lâcher maintenant. Dès qu'elle aura repris des forces, on lui mettra un sceau de contention.
- Je ne comprends pas. Vous ne m'avez pas dit comment faire mais…
- Il fallait la présence proche de quelqu'un qui compte.
- Elle me déteste.
- Je pensais la même chose de Sasuke à l'époque. »
Elle allait partir avec un sourire mystérieux.
« Sakura sama, il y a des faits inquiétants que j'ai relevé à son sujet.
- Comme ?
- Elle est harcelée par des ninjas du village, son appartement a été saccagé. Et je pense même que l'on sabote ses missions.
- Elle se serait plainte à l'Hokage quand même.
- Je ne crois pas, elle est vraiment seule.
- Pas tellement puisque tu es là. Sasuke va retrouver les responsables, ils vont aimer bricoler. Des sabotages de missions, c'est grave comme accusation.
- Je n'en suis pas sûr. Il me semble que Rin est très compétente et ses échecs me surprennent. Quand Orochimaru voulait recruter quelqu'un, il le mettait à bout. Il en est sûrement de même pour Kabuto.
- Tu as raison. Sasuke va se pencher sur la question, c'est son travail. Il va s'y mettre desuite mais rédige un rapport qui nécessite son intervention…
- En le faisant passer à l'Hokage, je sais.
- Tiens, de quoi écrire. »
Elle ria en sortant :
« Tu peux la lâcher, elle ne va pas s'échapper. »
Rin se réveilla, il faisait nuit noire. Elle se sentait enveloppé par quelque chose, elle n'avait ni trop chaud nit trop froid. Ses pensées étaient claires, elle avait l'impression de sortir d'un cauchemar affreux.
Une respiration, cette odeur,…Suyi.
« Mais qu'est-ce que tu fais là ? Dégage ! »
Elle le poussa sans ménagement, il finit par ouvrir les yeux complètement déboussolés.
« Rin, t'es réveillée ?
- Ben, oui ! Petit avorton ! »
Il sourit avant de se relever.
« Tu te souviens de ce qui s'est passé ? »
Elle le regarda avec un air suspicieux.
« Qu'est-ce que je faisais dans tes bras ?
- Ben, je t'ai relevé pour te faire boire, et tu t'es accroché à moi.
- N'importe quoi ! Jamais, je n'aurais fait cela !
- Tu n'étais pas dans ton état normal !
- Cà, c'est une bonne excuse ! Avorton pervers ! »
Une infirmière rentra à l'intérieur :
« C'est la nuit, les autres patients aimeraient se reposer alors arrêtez de vous disputer. »
Ils arrêtèrent de se disputer en se lançant des mauvais regards.
Dans ses bras, mais comment avait-elle pu y atterrir ? Elle se souvenait de Kabuto se penchant sur elle, elle porta la main sur son épaule :
« Marque du ciel, je crois que tu ne te souviens de pas grand-chose.
- Je n'ai rien fait de mal ?
- A part que tu as essayé de me buter, non, pas vraiment, puisque je t'ai arrêté à temps. Tu voulais rejoindre Kabuto, aussi et quitter ce village d'abrutis.
- Oui, cela je m'en souviens pour Kabuto.
- T'as accepté de le rejoindre sans la marque ?
- Je ne suis pas à ma place, ici.
- Non, ce qui ne sont pas à leurs places, ce sont les crétins qui s'amusent à saccager ton chez toi.
- Comment tu sais ?
- Je suis allé chez toi, j'ai fais le tour du village pour trouver quelqu'un pour venir à ton chevet.
- Et tu n'as trouvé personne, c'est évident.
- Je crois que je me suis trouvé.
- Hein ?
- Tu auras beau essayer de te cacher la vérité mais on s'entends quand même plutôt bien quand on arrête de s'insulter à tout bout de champs. Et puis, tout ce qui est arrivé est de ma faute, je n'allais pas me débiner.
- Tout le monde dira que c'est moi…
- J'ai dit à tout ceux que j'ai croisé que j'en prenais l'entière responsabilité.
- Ils ne t'ont pas cru.
- Mes coéquipiers, si. L'Hokage et ma famille, aussi.
- Pas mes coéquipiers, ni ma senseï.
- Kabuto en savait beaucoup sur toi ?
- Oui, même trop. Il devait me surveiller depuis un bout de temps.
- On a un espion à Konoha, j'ai alerté les autorités.
- Très bien. Et cette marque ?
- On va te le contenir avec un autre sceau.
- Je ne veux pas revenir avec mes coéquipiers… »
Elle avait dit cela prise d'une impulsion soudaine. Suyi sourit :
« J'ai demandé à Hokage sama que l'on reste ensemble encore un bout de temps. C'est mieux pour toi, il faut que tu retrouves confiance en tes capacités. Si jamais, tu as besoin de quoi que ce soit, je suis là.
- Merci… »
Elle se mit à pleurer à chaude larme, il l'a prit dans ses bras pour la réconforter :
« Allez, cela va aller mieux…On s'occupe de toi. »
Deux jours plus tard,
Il lui avait mis le sceau de contention, elle avait enfin récupérée et elle se trouvait dans le bureau de l'Hokage avec Suyi. Naruto sama se vautrait dans son fauteuil en souriant sous les regards plein de reproches des deux Jounins depuis qu'il leur avait annoncé leur mission.
« On ne devrait pas rester à Konoha, plutôt ? Les hommes de Kabuto ne vont pas tarder à attaquer, se révolta Suyi.
- Vous ne faîtes pas encore partis des brigades de défense de la ville. Vous avez bien choisi d'être désigné dans des missions ambu d'extérieur, alors, de quoi vous plaignez vous ? »
Naruto leur avait donné le titre de Jounins à tous les deux malgré les rumeurs concernant Rin. Il s'amusait de la situation.
« Tout de même, j'aurais du mal à danser la bimboula pendant que mon village se fait certainement attaquer.
- Ce n'est pas vos problèmes, ce sont les miens. Ils vous ont facilement neutralisés en plus. Je préfère vous mettre sur une mission facile, histoire de vous refaire la main. »
C'était plutôt histoire qu'elle reprenne confiance en elle. Il devait infiltrer une boîte de nuit où l'on recrutait des danseurs pour distraire les clients. Des rumeurs affirmaient que c'était un lieu où l'on recrutait des ninjas déserteurs dans une association malfaisante les tueurs sanglants auteur de plusieurs meurtres de shinobis populaires.
« Et pourquoi nous ? »
Suyi ne pouvait décidemment pas accepter un ordre de mission sans rechigner pensa Rin. Il était insupportable, les ordres sont les ordres. On n'a pas à les discuter, l'Hokage sait très bien ce qu'il fait.
« Vous êtes les meilleurs danseurs parmi les ninjas. Vous avez les qualifications requises. »
C'était un autre domaine de rivalité entre les deux. On verrait bien qui aurait le plus de pourboire. Une lueur de défi dansa dans leurs yeux.
Ils se mirent en chemin tous les deux durant cette après-midi d'été. Suyi sifflotait une chanson nullissime tandis que Rin le supportait tant bien que mal.
« Je ne savais pas que c'était aussi dur d'être ta coéquipière sinon je n'aurais jamais accepté.
- Bah, voyons. Ce n'est rien qu'une chanson. J'en connais d'autres.
- Oh, non !
- En plus, c'est moi le chef de mission. Tu n'as pas à raller contre ton supérieur. »
Elle se la ferma tenant trop à l'étiquette mais il y avait des règles de bienséance tout de même. Ils arrivèrent dans la soirée et ils n'eurent aucun mal à se faire embaucher au vu de leur talent et de leur beauté. Il fallait avouer que le jeune uchiwa avec ses yeux cuivrés effilés et son port viril en faisait pâmer plus d'une et Rin avait pour elle, la blancheur de ses long cheveux magnifiques et ses yeux bleus enchanteurs.
Elle eut un peu le trac quand elle entra sur scène. Elle connaissait tout un tas de danse s'étant entraînée depuis toute petite à cet exercice tout comme Suyi. D'ailleurs cela lui procurait une certaine agilité et grâce au combat. Elle entama du hip hop sous les regards admiratifs des clients. Suyi prit ensuite sa place sur une musique entraînante. Il dansait pas mal lui aussi. Ils s'étaient confrontés dans plusieurs concours de danse gagnant à tour de rôle. Ils aimaient bien se mesurer l'un à l'autre dans cette activité.
Elle continua sur une danse du ventre. Après sa prouesse, elle se dirigea vers le bar pour se rafraîchir. Elle se fit accoster par un jeune homme plutôt séduisant.
« Salut, ma beauté. Tu es sublime, je t'offre un verre. »
Elle n'était pas là pour flirter. Suyi en homme protecteur lui prit la taille et lança au vil séducteur un regard qui tue. Il s'éloigna comprenant que la jeune fille avait déjà un compagnon. Elle lui lança un regard de reproches :
« Et s'il m'avait plut ?
- On n'est pas là pour cela…, rougit-il. »
Ils dansèrent toute la fin de la nuit sous les rétroprojecteurs et la musique endiablée repérant facilement le recruteur en allant boire de temps en temps au comptoir.
A la fin de leur temps de travail, ils se réunirent dans la chambre de l'auberge qui les avaient accueillis. Il étaient fatigués du voyage et de la nuit qu'ils avaient passés.
« Les rumeurs étaient fondés. On a aperçu Gachané, un dangereux déserteur parler avec ce type dans un recoin.
- Il faut le capturer et l'interroger. Et attraper ce Gachané si on le peut.
- Exact. Allez, reposons-nous, ce sera pour ce soir. Une mission vite fait bien fait. »
Ils se reposèrent.
La soirée commença tranquillement. Ils dansaient pour le plus grand plaisir des clients. Gachané ne se présentait pas mais le recruteur restait dans l'ombre d'un recoin.
Prétextant se désaltérer, ils en profitèrent pour passer à l'action.
Rin prit un plateau faisant mine d'aller servir le recruteur.
« Offert par la maison. »
Suyi s'était mis derrière.
Le recruteur renversa sa table et se mit en position de défense mais Suyi le ceintura facilement.
Il siffla entre ses lèvres et des renforts arrivèrent. Suyi et Rin préférèrent prendre la fuite étant en sous-nombre. La course-poursuite dura toute la nuit jusqu'à ce qu'il puisse les semer. Ils avaient toujours leur prisonnier. Ils décidèrent de se reposer.
Ils apportèrent le prisonnier à l'Hokage le lendemain pour qu'ils puissent être interrogés. Naruto, satisfait, les renvoya en attendant une mission à leur confier.
Suyi avait rejoint Rin sur le bord du lac. C'était le soir et la lune se reflétait sur l'eau paisible. Elle lui avait donné rendez-vous pour un entraînement spécial. Ne pouvant se retenir de vouloir lui mettre une raclée phénoménale, il avait accepté. Il attendait nerveux. Cela faisait deux mois que leur équipe tenait le coup et ils commençaient à avoir un timing parfait. Elle arriva portant un jogging bleu avec un haut prune qui rendait honneur à ses formes féminines. Il se rendit compte qu'elle était plutôt belle et fine. C'était rare de la voir en civil.
« Tu viens, petit avorton ! »
Elle se dirigea vers le lac en lui prenant le bras et se mit à marcher sur l'eau.
« Cette fois-ci, on danse ensemble. Cela fait un moment que j'en ai envie ! »
Il regarda Rin suspicieux. C'était pas son genre mais il se mit à l'exercice avec entrain. Ils se concentraient pour rendre le meilleur d'eux-même. Elle virevoltait légère sur la surface liquide, il faisait de son mieux pour suivre son rythme endiablé. Ils partaient parfois dans les airs exécutant quelques pirouettes. Ils commencèrent à faire quelques portés. Leurs mouvements devenaient synchronisés et ils y mettaient maintenant plus de complicité que de rivalité. Ils finirent par se laisser aller sur la musique pour finir par s'étaler de rire sur l'herbe attenante.
Ils s'enlacèrent pour ne pas attraper froid.
Ils se sentaient bien l'un contre l'autre.
« Je n'aurais jamais pensé dire cela à mon pire rival mais j'adore ta compagnie. Tu m'as sortie de la solitude.
- Rin, ce n'est rien. En fait…il faut dire que l'on se complète bien tant en mission que dans la vie. J'aimerais bien que l'Hokage nous laisse en binôme. »
Elle l'embrassa sur la joue.
« Merci. »
Suyi ne voulait pas en rester, il voulait plus. Il se tourna vers elle, ses yeux brillaient. Il s'en rendait compte de plus en plus, la tension qui existait entre eux était pure attraction physique et il devait bien se l'avouer, il l'aimait beaucoup.
Il l'embrassa pour de bon et elle se laissa faire.
