Dix-neuvième chapitre! Oui bon, depuis le temps vous devez l'avoir compris... C'est l'avant dernier chapitre, le prochain est le dernier puis il y a le deuxième bonus. Ah là là, encore deux semaines... Puis le deuxième Arc, Folgesvenner, suivra dans le courant d'Octobre! (Oui parce que je retourne à l'école moi et j'aimerais avoir une quinzaine de chapitre d'avance pour publier. Donc voili voilou~

Adlyne, chère Adlyne... Daren est juste la meilleure, ahah! Quand à la réaction des filles, j'espère qu'elle te plaira! Je suis désoler si ma qualité d'écriture baisse, je vais faire de mon mieux pour l'améliorer, me relire plus souvent et rester dans le personnage de Nachael le plus possible. Certes c'était par soucis du détail que je "retranscrivais" toutes les pensées de Nachael ainsi que quelques remarques un peu futiles, mais si ça ne plait pas... Alors je ferai attention à en mettre moins et des plus subtils. Merci pour tes encouragements et si un jour ta fiction sors, j'irai lire et commenter avec plaisir!

Bisou à tous, bonne lecture et bonne journée/soirée/nuit!


Saga du Tigre-Dragon

Premier Arc: Préambule

-Chapitre 19-

Le choc de ma proposition figea Lucia. Je ne fis que lui sourire avec confiance et la laissa digérer ma demande quelques instants. Après quelques minutes de silence, Lucia me regarde droit dans les yeux :

-Mais... Êtes vous certain de vouloir... Je veux dire...

-Je ne te le proposerais pas si je n'en étais pas certain. Souriais-je doucement.

-Je... Vous avez une maison...? J'aurai une... Maman?

Maligne quand même la petite, elle n'accepte pas immédiatement et pose des questions. Ça me plaît.

-Pour le moment, je n'ai qu'une chambre à l'auberge et je suis visiblement nul avec les femmes, vu qu'une petite damoiselle hésite devant moi.

Lucia rit un peu et je lui ébouriffai les cheveux.

-Alors je... Oui... Je veux que vous soyez mon papa! Merci monsieur! Sourit Lucia, lumineuse.

-Appelle-moi papa au moins... Sinon je vais passer pour un pervers... Marmonnais-je.

-Alors papa. Rectifia Lucia.

Intelligente, maligne et adorable. C'est normal que je me sente aussi... Fier? Ça doit être le nouveau rôle paternel qui rentre plus tôt que prévu dans ma tête. Ou pas, juste le fait que je trouve cette petite adorable. En voyant qu'elle tremblait encore un peu de froid, je pris Lucia dans mes bras et la soulevai de terre. En tournant des talons pour retourner à l'auberge avec ma nouvelle fille, je vis que Daren et Freyja me regardait avec un air vraiment choqué.

-Les filles... Vous allez vraiment/ Commençais-je, mais Daren me coupa.

-Tu as dix-sept ans, Nachael, tu ne peux pas adopter.

Son ton était sec mais néanmoins très sérieux. Je pris donc sa remarque comme un conseil et non un reproche.

-En quoi mon âge compte-t-il dans mon désir de protéger et élever une petite fille? Répliquais-je sans méchanceté.

Après tout, je sais que j'ai dix-sept ans... Que je suis orphelin depuis un mois et des poussières. Que je n'ai ni travail, ni femme, encore moins de logement où vivre. Techniquement, j'ai seulement onze ans de plus que Lucia, je devrais l'adopter en tant que petite soeur mais... Je ne sais pas... Je n'ai pas envie d'être grand frère. Je regardai alors la petite :

-Mais si ça peux créer des conflits... Il faut vraiment que tu m'appelles papa, Lucia. C'est ta mission de ne pas me faire passer pour ton frère! Lui dis-je avec sérieux.

Lucia me fit un grand sourire innocent.

-Pas de problème. Mais je veux un gâteau en échange.

-T'es une petite maligne toi... On verra avec Hulda, la patronne de l'auberge. Fis-je.

-Nachael, écoute-moi sérieusement. Fit Daren, visiblement agacée. Tu as envie d'être père, grand bien te fasse! Mais est-ce que tu as seulement pensé au fait que tu veuille devenir Compagnon très bientôt? Que tu partiras en mission toutes les semaines, laissant ta fille seule derrière? Elle a peut-être six ans, mais tu n'as personne derrière toi à qui laisser la petite lors de tes missions. Il faudra que tu l'éduque, autant en comportement devant les autres que pour cultiver son intelligence. Elle grandira un jour, deviendra une adolescente, puis une femme. Toutes tes actions devront prendre en compte cette fillette, si tu l'adopte. Est-ce que tu te sens prêt à assumer TOUTES les conséquences de ta décision?

Je resta un moment silencieux. Merde, Daren à parfaitement raison. Lucia s'accrocha un peu plus à mon cou et je la serra fort contre moi. Il y a dix minutes, elle n'était qu'une pure inconnue pour moi mais déjà... Déjà, j'ai un fort sentiment de protection envers Lucia. N'est-ce donc pas suffisant?

-Je prendrai les conséquences comme elles viendront, Daren. Répondis-je simplement.

Daren me regarda un long moment, avant de soupirer et de hausser les épaules. Visiblement, je l'agace. Et je comprend pas en quoi, vu que du peu que je sais sur Daren, elle pourrait avoir le même âge que moi.

Du coup, qu'en sait-elle du rôle des parents auprès des enfants?

Finalement mon amie à la peau de carbone tourna des talons et prit Freyja, qui était resté silencieuse tout le long de la conversation, par le bras et la traina à sa suite, partant en direction de l'auberge. Lucia me regarda également en silence mais je lui souris pour la rassurer, avant de descendre moi aussi vers le marché. Une fois sur place, je regardais autour de moi à la recherche d'un étal qui vendrait des vêtements pour enfant mais hélas, rien ne me fut indiqué, évidement. De la viande, des bijoux, des légumes... Ah, un magasin général!

-Lucia...? Demanda soudainement une voix féminine derrière moi.

Je me retournai et... Mais... C'est celle que j'ai vue hier...! Elle portait encore sa robe bleue et la poussière qui maculait son visage hier n'était plus présente aujourd'hui. Cependant ses joues sont rougies, sans doute par le froid. Elle semble surprise de me voir avec Lucia dans mes bras tenta maladroitement de parler :

-Ah... Heu...

Je n'ose dire quelque chose, j'ai l'impression que je me ferais passer pour un crétin si j'ouvre la bouche... Heureusement Lucia me sauve la vie :

-Tu avais raison Ysolda! J'ai rencontré quelqu'un de très gentil qui m'a adoptée!

-Oh... Oh! Vous l'avez adoptée! Merci! Me dit-elle en souriant.

Il y a une fossette sur sa joue gauche qui se forme quand elle sourit comme ça. C'est fou comme chaque détail venant d'elle me saute aux yeux... Tellement que ça me gène. Je détourne donc le regard de celui de ma charmante inconnue, Ysolda si j'ai bien compris, lui souris également et répond, heureusement avec calme :

-Ne me remerciez pas... J'ai d'avantage suivi mon instinct pour prendre cette décision que de vraiment y réfléchir à tout ce que ça implique. Mais je ne regrette pas. Bien qu'à la réflexion, je n'ai même pas une chambre personnelle à lui offrir.

-Pas grave! Je dormirai avec mon papa! Sourit largement Lucia.

-Je pressens un certain problème à ce niveau-là quand tu seras une adolescente... Fis-je d'un air ironique.

-C'est dans super longtemps! Mais heu... Il fait froid, papa...

À ces mots, je jura en Yoku et fila très vite à l'intérieur du magasin. J'entendis des petits pas me suivre rapidement et la porte du magasin se fermer derrière moi.

-Bienvenu monsieur, mesdames! S'écria aussitôt le marchand, un Breton j'ai bien l'impression. Vous trouverez tout ce que vous cherchez ici, à l'épicerie Belethor. Si vous cherchez quelque chose en particulier, demandez-moi, je l'aurai peut-être en réserve.

-Merci Belethor. Dit alors la voix d'Ysolda à côté de moi. Ce serait pour habiller cette petite, en fait...

Je déposai Lucia par terre, qui frissonna un peu en retirant mon manteau et me le remit. Le marchand, Belethor si je comprends bien, sort de derrière son comptoir pour filer dans sa réserve. C'est vrai que je ne vois pas de vêtements pour enfants ici... Lucia va regarder les bougies en argent plus loin et je regarde Ysolda.

-Vous appréciez Lucia, n'est-ce pas? Demandais-je doucement.

-Je l'aurai adoptée quand j'aurai eu plus d'argent pour pouvoir nous faire vivre ensemble, si vous n'aviez pas été là. M'avoua-t-elle. Heu... Est-ce que je pourrais savoir... Votre nom?

Je lui souris et lui pris doucement la main pour la baiser galamment, en m'inclinant d'un mouvement fluide que père avait passé des années à m'enseigner. Lorsque je me redressai, le visage d'Ysolda était entièrement rouge, à nouveau.

-Je me nomme Nachael Draconis, mademoiselle... Et vous n'avez pas besoin de me vouvoyer, je suis sans aucun doute plus jeune que vous.

-Nachael, je... Vous me paraissez pourtant avoir au dessus de la vingtaine... S'étonna Ysolda en reprenant sa main.

-Ce n'est, malheureusement pour moi, qu'une impression.

Nous discutâmes encore un peu, jusqu'à ce que Belethor revienne avec quelques vêtements pour enfant. Lucia regarda avec moi chaque morceau et après avoir un peu discuté avec le vendeur, je lui demandai de se choisir deux petites robes et un petit manteau. Je prévois l'hiver rude...

-Ça fera quarante septimes en tout. M'annonça Belethor.

Une chance, je suis encore assez aisé niveau argent... Mais il va falloir que je prenne au plus vite quelques contrats de mercenariat, je vais être à sec sinon. Lucia se changea dans une petite cabine à côté et sortit en moins de deux. Elle portait toujours sa robe verte, car je ne voulais pas salir ses nouvelles robes maintenant, avec une petite cape mi-longue épaisse, d'un brun pâle avec un collet en fourrure blanche. Le petit manteau était venu avec des gants et un bonnet en laine, qu'elle avait également enfilés.

Et elle était... Trop mignonne! Je lui fis savoir et Lucia rit en rougissant.

-Bien, maintenant direction l'auberge! Décidais-je, sous les exclamations de joie de ma fille.

-Vous... Tu vas la nourrir, maintenant? Me demanda Ysolda en nous suivant à l'extérieur.

-Oui... Mais aussi pour voir les contrats de mercenariat. Je vais avoir besoin d'argent, autant pour la chambre d'hôtel que pour les repas. Lui dis-je.

-Si je peux t'aider... Tu n'as qu'à me le demander.

-Je t'en remercie, Ysolda.

Son prénom sonne un peu musical quand il sort d'entre mes lèvres. J'aime beaucoup la sensation. Ysolda nous salua, glissa quelques mots à l'oreille de Lucia puis retourna du côté des étals, sans doute pour travailler. Mon regard s'attarda un instant sur son dos et ses hanches s'éloignant. Belle Ysolda, très belle... Je suis content d'enfin savoir son prénom.


Le mois de Soufflegivre passa à une lenteur presque exaspérante, à mes yeux du moins. Grâce à la récompense du Jarl pour la découverte de la Pierre de Dragon au Tertre des Chutes Tourmentées, nous pûmes être un peu plus à l'aise avec notre chambre à l'auberge. Les filles dormaient toutes les trois dans le large lit tandis que j'occupais le sol, avec d'épaisses couvertures par pitié pour mon pauvre dos.

Les premières nuits furent assez épiques, puisque Lucia refusait de monter dans le lit et voulait dormir avec moi. Au début c'était systématique, mais Daren fit savoir à un moment que ce n'était pas une bonne idée qu'elle prenne une telle habitude à son âge. Lucia commença donc à dormir avec les filles, mais il n'était pas rare qu'au milieu de la nuit je me réveille parce que Lucia s'était encore échappée du lit et venait se blottir contre moi. Je dois dire que c'était quand même agréable de sentir son petit corps chaud contre moi. J'avais l'impression de pouvoir la protéger de tout et n'importe quoi.

D'ailleurs, Daren semblait toujours méfiante face à ma décision d'adopter Lucia, mais peu à peu semblait accepter l'idée. Je surpris quelques fois la terrible elfette noire en train d'apprendre à Lucia à lire quelques mots dans un livre de contes pour enfant, ou comment écrire quelques lettres. Ces moments furent d'ailleurs gravé dans mon esprit, en prévision d'une future négociation avec Daren.

Cependant, si Daren semblait prendre peu à peu l'habitude de Lucia, Freyja quand à elle... C'était un peu le contraire.

Vers le milieu de Soufflegivre, j'eus une discussion assez longue avec mon amie à ce propos. Freyja n'avait jamais montrer de désaccord quand à l'adoption de Lucia, mais ne semblait pas non plus ravie de cela. En fait, elle faisait pratiquement comme si ma petite fille n'existait pas, ce qui me surprenait grandement.

De tous, j'aurai pourtant cru que Freyja aurait été celle qui aurait le plus approuvé l'adoption de ma petite orpheline... Mais lorsque je discuta avec elle sur ce propos, elle me démontra à quel point j'avais tord sur mes préavis sur elle.

Selon Freyja, si j'avais adopté Lucia, ce n'était pas pour son bien à elle, mais pour le mien, chose qui m'énerva aussitôt. Parce que selon elle, j'étais encore sous le choc d'avoir perdu mes parents, pour que je puisse avoir au plus vite une nouvelle famille, parce que c'était l'impulsion d'un orphelin qui souffrait encore, bref elle m'exposa un tas d'arguments qui à la fois me blessa et trouva néanmoins un certain sens.

Ce qui, pendant un instant, me fit douter de ma décision d'adopter Lucia. Mais il m'avait ensuite fallu lever la tête un instant, et observer Lucia assise sur un haut banc du comptoir d'Hulda, en pleine discussion joyeuse avec la serveuse Saadia pour décider que non, il était hors de question que je la laisse.

Le doute resta néanmoins en moi, mais moins fort. J'avais décider d'adopter Lucia et je savais que j'étais assez fort pour prendre soin d'elle. Hé, c'est moi qui a battu un Draugr enragé dans le Tertre des Chutes Tourmentées, pas vrai? Ce n'est pas une fillette de 6 ans qui allait me faire peur!

Bon, il est vrai que Lucia m'aide à oublier que je suis orphelin maintenant... Cependant, il y a une différence majeure entre elle et moi. J'ai dix-sept ans. À Lenclume, je serais déjà marié et père d'un bébé, avec un autre enfant en route. Lucia est dans la même situation que moi certes, mais elle a que six ans. Et si moi j'avais Freyja à mes côtés et plus tard Daren, Camilla et Faendal, Lucia est restée toute seule. C'est donc, je pense bien, plus pour son bien à elle plutôt que le mien que je l'ai adoptée aussi rapidement.

Même si j'avoue que c'était très impulsif comme décision, cela reste ma décision.

J'expliqua tout cela à mon amie, qui à son tour parue fortement agacée. Freyja et moi discutâmes un long moment là dessus, jusqu'à ce que cela dégénèrent en une énorme et violente dispute. Qui s'allongea par la suite en une longue période de froid entre nous deux, où Daren jouait en quelque sorte les tampons entre nous.

Pendant de longues journée, je cru avoir perdu une précieuse amie. J'avais d'ailleurs imaginé qu'à la première occasion, ma chère amie du passée allait partir pour Fortdhiver sans hésitation... Mais ce fut finalement Lucia qui régla le problème, en allant directement parler à Freyja.

Ou plutôt, en lui demandant une bonne centaine de fois de jouer avec elle. Freyja refusa, à chaque fois, mais du craquer à un moment puisqu'elle fini par sortir avec ma petite fille dehors, jouer un moment.

J'ignore ce qui ce passa entre ces deux-là, mais lorsqu'elles revinrent de leur moments de jeux, Lucia et Freyja étaient très complices, très souriantes et mon amie vint me voir. Je cru un instant que c'était pour s'excuser, mais au contraire encore une fois, elle demanda plutôt à ce que ce soit moi qui s'excuse ainsi.

Je refusa une première fois et Freyja lança alors la première insulte. Piqué dans mon orgueil, je répliqua aussitôt et elle enchérit, et ainsi de suite pendant presque une heure où je m'engueula avec mon amie du passée, jusqu'à ce que nous éclations tous les deux de rire.

Ce fut cette journée là que Freyja et moi passâmes à une nouvelle étape de notre amitié. Il n'était pas rare qu'elle me lance un "crétin" ou "ignorant sans cervelle" quand je laissais une remarque un peu stupide m'échapper. Je répliquais toujours par un "Canaille" ou "Petite peste à grand estomac" ce qui faisait rire Lucia et rougir Freyja d'embarras.

Daren nous trouvais tous les deux puérils, mais il faut dire qu'elle était la pire de nous trois. Sauf que ses remarques pouvaient parfois être blessantes, ce dont elle s'excusait généralement assez vite.

Le temps passa et la routine fut quand même très vite facile à vivre pour moi ou pour les filles. Lorsque j'acceptais un contrat à l'extérieur de la ville, je confiais toujours Lucia à Freyja et Ysolda, qui entretemps était devenue une très bonne compagne de promenade dans les rues de Blancherive où nous discutions très souvent de tout et de rien et Daren me suivait dans mes petites péripéties. Entre l'exploration d'une grotte où se terraient quelques bandits (Et un chien...!) et la découverte d'un cimetière en ruine hanté par des squelettes... J'avais de quoi raconter de belles histoires à ma petite princesse en rentrant.

Mais outre les contrats en extérieur, j'aidais également les habitants de Blancherive dans diverses corvées. Je bottais le cul d'un autre crétin de barde qui embêtait Carlotta, une amie d'Ysolda, j'aidais celle-ci à trouver une défense de mammouth pour l'aider à conclure un contrat de ventre avec les caravanes Khajiit, il y eu aussi le prêtre d'Arkay qui avait perdu son collier dans les catacombes sous-terrain, évidement hantées et un gamin qui était embêté par une fillette...

Et entre deux missions, j'aidais aussi Adrianne, la forgeronne, dans son travail. En fait, elle forgeait les lames et moi je faisais fondre le fer et l'acier qui devait en être les compositions. Lucia faisait de son mieux pour m'aider, en transportant les seaux d'eau pour refroidir les lames chauffées à blanc, nettoyant les instruments avec moi à la fin de la journée ou livrant les armes avec le mari d'Adrianne, Ulfberth Ours-Guerrier. Un grand et gros colosse qui me dominait d'une demi tête à peu près. Ils sont tous géant dans ce pays...

C'était un travail rentable, qui nous permettais à tous d'économiser en vue d'acheter la fameuse maison proposé, que Daren avait réussi à négocier à 5000 pièces d'or au lieu de 15500. Une bonne affaire, mais avec la paye de la chambre qui augmentais au fils des semaines, les repas, l'entretiens des armes de Daren et les ingrédients de Freyja pour ses potions, cela risquait de prendre un sacré bout de temps.

Dans ce but, Freyja trouva très rapidement un petit travail comme assistante au Chaudron d'Arcadia, une boutique d'alchimiste et Lucia l'aidait aussi à faire ses livraisons. Ma petite fille passait d'ailleurs beaucoup de temps avec sa "tatie Freyja", qui lui rendait un peu maladroitement son affection. Daren quand à elle se contentait de faire avec moi toutes les petites missions du coin, bien que la majorité étaient effectués par les Compagnons.

Daren justement, semblait faire des recherches. Il n'était pas rare qu'en la cherchant dans la ville je la trouvais chez le sorcier de la cours, le nez plongé dans un livre ou chez Belethor, en train de troquer un livre pour un autre, en plus d'une compensation monétaire. Les rares fois où je pouvais lire un fragment des livres qu'elle dévorait, c'était toujours des choses très étranges. Une fois s'était un livre sur une légende à propos de rossignols, après c'était un documentaire à propos de la chronologie de la troisième ère et si je me souviens bien, le dernier en date parlait des légendes sur un des princes Daedras, Shéogorath pour être plus précis.

Carrément bizarre. Mais Daren semblait trouver un lien entre tous ces écrits, je la laissais donc faire. De plus, elle apprenait régulièrement à Lucia à lire ces livres, bien que le contenu de certains me dérangeaient légèrement (Par exemple les histoires sur Shéogorath, je refusa à Daren qu'elle lise ceci à ma fille.) cela faisait donc d'une pierre deux coups.

L'hiver s'installait rapidement, et avec lui nos économies flambaient légèrement en potion de médicaments pour Daren et Freyja, vu la petite violence de la première épidémie de rhume qui traversa la ville. À un point que je songea un bref instant à tout laisser tomber pour l'achat de Douce Brise et à prendre une hache pour bâtir moi-même une maison au sud-est du pays, il paraît qu'il y a des sources d'eau chaude là-bas! Mais aussi beaucoup de Trolls... Mauvais pour Lucia. Merde.

J'eus aussi le plaisir d'avoir d'autres longues discutions avec Ysolda, entre les contrats et mes temps de travail à la forge, j'appris à connaître ma charmante inconnue. Également orpheline et plus âgée que moi de trois ans (Arg...) elle désirait devenir marchande, comme ses parents. Elle pensait reprendre l'auberge d'Hulda lorsque celle-ci se décidera à prendre sa retraite. Hulda était plutôt âgée et voulait voyager un peu avant que sa santé ne l'en empêche. Ysolda avait voyagé un peu partout, en Bordeciel et à Cyrodil, mais jamais plus loin. Elle préférait nettement s'occuper de son foyer et de gérer son futur commerce que de voyager à travers le pays.

Non, elle préférait nettement les récits des voyageurs et d'imaginer ce qu'on lui racontait plutôt que d'aller voir elle-même. Ysolda était une rêveuse, pas une aventurière. Ce petit fait... Me fit étrangement plaisir à savoir.

Non pas que j'abhorre le rêve de Camilla, mais je sens que si Ysolda me demanderait gentiment de la suivre dans un donjon rempli de Draugr seul à seul avec elle... Je refuserait à grands cris. Hors de question que ma charmante inconnue ne pose un seul pied au abords d'un quelconque donjon ou Tertre abandonné!

Sombreciel commença à peine lorsque la première neige tomba. Les rues furent très rapidement couvertes d'une fine couche de neige et une seconde épidémie de rhume fit le tour de la ville. Arcadia fit fortune, notamment avec moi qui prenait un remède à chaque fois que le nez de ma princesse coulait... Pour ma part, à ma grande surprise, je ne tombais malade qu'une seule fois, mais pas suffisamment pour m'empêcher d'aller travailler! Et puis, travailler à la fonderie en plein hiver, c'est le pied!

Freyja profita également de cette seconde petite épidémie pour vendre ses services en tant que guérisseuse. La plupart des habitants de Blancherive se contentait d'aller au temple de Kynareth, qui faisait face à Jorrvaskr, mais quelques femmes de la ville ne faisaient pas confiance à ces, je cite : «Femmes gloussantes et stupides qui font quelques étincelles en prétendant être des guérisseuses.» Il parait qu'elles ont mauvaise réputation depuis un moment, car leur arbre fétiche se mourrait et qu'une d'entre elle n'a pas réussi à faire accoucher une femme correctement, entraînant la mort de l'enfant et de la mère... Elle a tenté de soulager la douleur pour la mère et à la place cette petite novice a... Refermé l'ouverture par où passe l'enfant...

La magie mal maitrisée est définitivement plus dangereuse que la branche de destruction contrôlée. Freyja est passée dans le temple et est revenue avec un air très sombre et colérique, visiblement elle partage l'avis du peuple sur ce coup-là.

Parfois, le Jarl envoyait un garde à l'auberge pour moi, me demandant quelques petits services en échange de belles récompenses, mais l'argent repart très vite chez moi. J'ai trois bouches à nourrir en plus de la mienne, plus une enfant malade à m'occuper et une chambre à louer. Même si Freyja à son propre travail et que Daren et moi nous remplissons des contrats, ce n'est pas assez rentable...

Ah mais... J'y pense, j'imagine que je peux rejoindre les Compagnons maintenant. Je veux dire, je ne suis plus un "inconnu" ou un "étranger" de la châtellerie, le Jarl m'a souvent demandé de l'aide et j'ai effectué quelques travaux en extérieur qui m'ont valu une petite réputation en ville. Cela aura peut-être plus d'impact sur mon rôle au sein de l'organisation!

Ce fut donc le 13 Sombreciel 201 de la quatrième ère que je décidais de rejoindre les Compagnons, officiellement.


Merci de laisser un commentaire en sortant, ça fait vivre mes écrits!

Prochain chapitre : 22 Août 2016