Disclaimer : Harry Potter est à J.K Rowling. L'intrigue de cette histoire (ou son absence totale) me revient.
Merci à Adorabelle, Antigone Shadow, laura ellecéa, Paule, anurb, Ezilda, 'Clochett', Dumbar, Maelys, Marauder's Mad, perrinette & enoa2 pour leurs commentaires !
Erratum : encore une fois, je me confonds en excuses : il fallait lire Rosier au lieu d'Avery dans le chapitre 20. Cette fic ne comporte pas d'Avery, seul un certain Rosier est décédé dans des circonstances suspectes dans les coupures de presse du chapitre 20. Qu'on se le dise ! (moi en premier )
Enfin, avec tous ces X, Y et Z, il semble y avoir quelques confusions. Je résume donc : jusqu'à présent, nous savons que trois groupes existent :
-Y, identifié comme Justin Finch-Fletchley, sous les ordres de X, non identifié
-le Chef et son Lieutenant, ainsi que certains subordonnés
-un nouvel intervenant, Z, que Blaise Zabini a rencontré.
Et bien sûr, merci à enoa2, betalectrice de choc ! C'est grâce à elle que jusqu'au bonus, d'horribles fautes de syntaxe et j'en passe, vous ont été épargnées.
(Eloïse)
La femme pondérée et au sang-froid inébranlable que j'aspire à devenir va conserver son calme.
Le parchemin qu'elle sait avoir glissé dans ses notes n'a pas pu disparaître, emportant avec lui la topographie d'un lieu qu'elle n'a pas eu le temps de mémoriser alors qu'il s'agit d'une urgence vitale…
Il me faut ce parchemin ! je n'ai pas le temps de refaire ce plan, et…
Qu'est-ce que c'est que ça ?
En lieu et place de mon parchemin, une feuille avec des traits, des ronds, et des signes kabbalistiques griffonnés au hasard en diagonale. Rien qu'à essayer de les déchiffrer, j'en ai le tournis. Et ceci affirmé catégoriquement par une fille qui se coltine des écrits runiques vieux de plusieurs siècles quatorze heures sur vingt-quatre par jour (avec des pointes à dix-neuf heures ces derniers temps).
Mes notes ne sont pas sorties de la pièce…sauf lorsque je suis intervenue dans le salon pour détruire les lys kamikazes et que je les ai posées sur le sofa pour mieux agir…
Mon sang ne fait qu'un tour.
« Wood ! »
(narrateur omniscient)
Les portes des chambres s'ouvrirent. Adrian Pucey en jaillit le premier, yeux embrumés :
« Eloïse ? Que se passe-t-il ?
-Rentrez chez vous, Pucey. C'est Wood que j'ai appelé !
-Mais, euh…» tenta timidement Adrian avant de renoncer pour l'instant à faire entendre la voix de la raison à cette Furie glacée.
Non, il n'était pas peureux ! seulement, son expérience de poursuiveur lui avait permis de développer certains réflexes comme l'esquive ou la retraite discrète et efficace, et très sincèrement il ne se sentait pas de taille, à ce moment précis, à affronter de plein fouet l'humeur massacrante de sa colocataire.
« Vous repasserez pour le concours d'éloquence. Je dois parler à Wood sur- le-champ !
-Oui, et on peut savoir ce que tu lui veux ? » grommela un Oliver lui aussi en piteux état, comme le constata Adrian avec satisfaction.
Un compagnon d'infortune ! hourrah ! Adrian se colla prudemment contre le mur de l'étroit couloir, laissant Oliver en pleine lumière- ce serait toujours ça de répit.
Vive les paratonnerres, et vive les moldus pour avoir théorisé le concept !
Eloïse agitait une feuille de parchemin couverte de gribouillis.
« Ma stratégie ! » fut le cri du cœur d'Oliver.
C'était donc ça ! réalisa Adrian. Le matin même, Oliver avait été dans tous ses états, fouillant les moindres recoins du sofa, questionnant sans relâche Adrian pour savoir s'il n'avait pas aperçu ses précieux plans…
Tout ça pour ça ! Oliver avait-il poussé la paranoïa jusqu'à encoder le parchemin, parce que même en se tordant le cou Adrian n'y voyait pas l'ombre d'un positionnement stratégique, mais des traits, des carrés, des ronds…Au moins, celles de Flint ne comportaient qu'un symbole géométrique- une sorte de petit pois écrasé, façon d'anticiper le résultat escompté- pour désigner l'équipe adverse…
« Je vous la remettrai une fois que vous m'aurez rendu ma feuille.
-Oui, oui, on verra. Donne-la moi, il n'est pas trop tard pour que je l'envoie à Sheppard.
-A cette heure ? » pipa Adrian.
Apparemment il était le seul que l'idée dérangeait.
« Vous oubliez quelque chose », poursuivit Eloise, persistant à mettre la feuille hors de portée d'Oliver.
« Euh…s'il te plaît ? » tenta le stratège.
« Je veux mon parchemin !
-Mais ça peut attendre, alors que je dois envoyer mes suggestions à Sheppard maintenant si les Tornades veulent pouvoir remporter le match de demain ! ».
S'il en avait eu le courage, Adrian lui aurait fait remarquer : 1-qu'il s'agissait du match d'aujourd'hui, techniquement parlant ; 2-que ne pas se montrer plus diplomate avec Eloise était une grave erreur.
Trop tard !
« Il se trouve que j'ai besoin maintenant de ce papier, et qu'il est hors de question que mes plans passent à la trappe parce que les vôtres sont soi-disant prioritaires. Allez me le chercher, et je vous rendrais votre stratégie. Donnant, donnant. »
Oliver soupira, exaspéré :
« Ce matin, j'ai trouvé une feuille qui n'avait rien faire dans mes affaires, alors je l'ai déchirée.
-Vous l'avez déchirée ?
-J'étais énervé et à l'évidence cette feuille ne concernait pas le Quidditch, alors… », il eut un geste négligent de la main.
« Très bien », dit Eloise.
Sa voix calme contrastait avec la lueur démente de ses yeux.
Elle leva les mains…et Adrian crut que ses tympans ne survivraient pas au hurlement d'Oliver.
(Eloïse)
Deux, quatre, seize…
Après je cessais de compter.
C'est puéril, mais c'était ça ou la destruction physique complète d'Oliver Wood.
Je refrénais mes élans meurtriers, et déchirais en de multiples petits morceaux les plans si chers à son cœur.
« Voilà ! nous sommes quittes ! »
(narrateur omniscient)
« Tu sais ce que tu viens de faire ? tu viens de réduire à néant le nerf stratégique qui aurait permis aux Tornades de vaincre les Faucons !
-Mais c'est qu'il va me faire verser des larmes ! ton capitaine assumera sa stratégie et le gardien arrêtera les buts…
-Je ne joue pas demain » grinça Oliver, dents serrées.
« Et ça t'étonne ? Si Sheppard t'a mis sur le banc de touche, c'est peut-être parce qu'il en a assez que tu veuilles lui apprendre son métier…
-Il apprécie mes suggestions ! » protesta Oliver.
« Le harcèlement lui aura fait changer d'avis ! je parie que tu l'attends au sortir des vestiaires pour lui soumettre des plans clés en main…
-Je ne l'attends pas à la sortie des vestiaires ! nous avons des moments de récupération que je mets à profit, c'est tout ! ça ne te donnait pas le droit de détruire le fruit de nuits de travail !
-Parce que ce que tu as détruit n'était rien ? J'ai dû recopier manuellement…
-Les sorts de Duplication, ça existe…
-Enlève-moi ce sourire supérieur, Wood ! je ne pouvais pas utiliser de magie dans l'enceinte de la bibliothèque- il est formellement interdit de dupliquer les pages des livres. Pendant quatre heures, moi qui suis nulle en dessin, j'ai crayonné, gommé…Et tu as détruit mon croquis sans état d'âme, parce que ça ne représentait pas de stade de Quidditch ! Grande nouvelle, Wood : ce n'est qu'un sport ! Il existe des gens qui se moquent éperdument du résultat du match de demain ! ».
Aujourd'hui, corrigea mentalement Adrian.
Oh, ça s'envenimait. Oliver avait le maintien crispé d'un juge de l'inquisition s'apprêtant à crier sus à l'hérétique.
« Le. Quidditch. Est. Le. Plus. Noble. Des. Sports. Ayant. Jamais. Existé », énonça Oliver, marquant toutes les pauses pour donner du poids à son propos.
Polaire, Eloise répliqua :
« A l'avenir, approche-toi à moins d'un seul mètre de mes livres, de mes notes, de mon café, de mes effets personnels, et le traitement que j'ai réservé aux lys, tu te prendras à souhaiter que j'ai choisi de te l'appliquer. »
Adrian déglutit nerveusement. Oliver, en revanche, railla :
« La liste est complète ? Approche-toi d'un seul centimètre de mes plans, de mes balais ou de mes Balai magazine, et tu le regretteras. »
Tiens, il a oublié…
« Et pas touche à mon café ! » ajouta-t-il.
Eh bien non, finalement… Temps pour Super-Pucey, médiateur de génie, d'intervenir !
Adrian fit un bond en direction de sa chambre, en ressortit moins d'une seconde plus tard avec sa baguette-il ne faisait pas confiance à ces deux-là pour ne pas s'entretuer durant son absence- et cria :
« Rabibocho ! »
en direction des morceaux de parchemin épars sur le sol.
« Mes plans ! » s'écria Oliver, les saisissant avec amour.
« Où avez-vous jeté les morceaux de mon parchemin ? » s'exclama Eloise, ayant compris -un peu tard- que le sortilège pouvait réparer les dégâts.
Magnanime, Oliver lui indiqua qu'aux dernières nouvelles, ils étaient dans un coin de sa chambre.
Et Adrian observa ses deux phénomènes de colocataires rayonnant de bonheur avec leurs parchemins respectifs entiers. Oliver se dépêcha de l'envoyer par hibou à son capitaine, après en avoir fait un double pour le consulter à nouveau, et Eloise se plongea dans la lecture du sien.
Tout ça dans le couloir.Bon, maintenant il pouvait s'y risquer.
« Euh…on peut retourner se coucher alors ? »
(Eloïse)
«Oui, je vous en prie. Merci pour le sortilège, en revanche »- je jetai un regard sombre à Wood- « ce que j'ai dit pour les lys est toujours valable. »
Pucey soupira et Wood leva les yeux au ciel.
« D'accord, je ferai attention la prochaine fois. Je m'excuse d'avoir déchiré ton parchemin, mais tu dois retirer ce que tu as dit sur le Quidditch » exigea-t-il d'un ton sans appel.
Je devinais plus que je ne vis Pucey s'affaisser dans un coin du couloir.
« Je ne hais pas le Quidditch, c'est juste que je n'en fais pas le centre de ma vie » dis-je franchement.
Il nous restait de nombreux mois de colocation…Il me fallait être conciliante.
« Je n'en fais pas le centre de ma vie non plus. C'est juste que je ne comprends pas comment on peut vivre sans », confia Wood, ne me convainquant qu'à moitié.
« On peut reprendre cette conversation au petit-déjeuner ? Eloise, sans vouloir me mêler de ce qui ne me regarde pas, tu devrais dormir. Pourquoi es-tu encore en jean ?
-Tiens ! c'est vrai. J'espère que tu ne passe pas de nuits blanches, c'est très malsain. C'est très important de conserver un rythme de vie régulier- sauf bien sûr quand on est capitaine de l'équipe et qu'on veut de temps en temps élaborer une stratégie pour les matchs de la saison…
-Je voulais consulter mes notes avant d'aller me coucher ».
Pourquoi ces deux-là me faisaient-ils l'effet d' une écolière prise en faute ?.
«Avant d'aller te coucher ? Eloise, il est trois heures du matin » marmonna Pucey dans un bâillement à s'en décrocher la mâchoire.
En y réfléchissant, cela expliquait l'ensemble tee-shirt/caleçon de Wood et le pyjama vert pomme de Pucey…
« Excusez-moi ! bon, je vais vous souhaiter une bonne nuit, et pour me faire pardonner, je… » J'avais quelques remords à les avoir tirés du lit, ce qui explique l'offre généreuse que je leur fis, en espérant ne pas la regretter ultérieurement…
« Je mets mes réserves de café à votre disposition pour la semaine ! ».
Pucey fit une grimace-quel flagrant manque d'enthousiasme ! buveur de thé, va !-, mais le sourire ravi de Wood me mit mal à l'aise.
Mes précieuses réserves !
Je vous regrettais déjà…
(Susan)
« J'ai un très bon feeling », répète Ernie pour la énième fois depuis ce matin.
Remarquez, il peut se le permettre. Ce n'est pas tous les jours qu'on est muté comme attaché culturel (le poste qu'il convoitait) aux Bahamas pour une durée de dix mois.
Dix mois à se dorer la pilule pour « raisons professionnelles », le rêve de tout être normalement constitué, moi y comprise. Ne vous y méprenez pas, vivre à Londres est excitant, mais vous repasserez question ensoleillement fixe et port de chemise hawaïenne.
Une image s'impose à moi, celle d' Ernie dans un tel accoutrement, sirotant un jus de noix de coco et lâchant avec délectation « ce que c'est cool ! ».
Mais Ernie étant Ernie, la manifestation de cette joie simple et fort compréhensible s'est bornée à la nouvelle souplesse de langage mentionnée ci-dessus- nous n'en sommes pas encore au cool, mais au feeling- ainsi qu'à un petit discours soigneusement léché, version officielle de « là où le devoir m'envoie, j'irai ! ».
Extraits : « je suis honoré, heureux et fier, très fier (…) je vais faire le pont entre deux cultures, m'enrichir au contact de la communauté sorcière des Bahamas… » .
Quand il égraine cette litanie avec la mine la plus compassée du monde, il me prend une envie irrépressible de le secouer comme une feuille du saule cogneur…
Ernie, Ernie, c'est moi, Susan ! tu peux exulter à ton aise devant moi, et avouer que tu vas prendre du bon temps, tout simplement…
Et pour votre gouverne, je ne suis pas jalouse. J'ai simplement le cafard quand je réalise que je n'ai plus d'ambition. Pensez donc, à onze ans j'avais rédigé la liste de mes priorités dans la vie. En numéro 1, avoir un cercle d'amis soudé, en numéro 2, trouver ma voie, et en numéro 3, dénicher mon prince charmant, mon preux chevalier…
La situation actuelle est loin de satisfaire ces critères. En 1, mes meilleures amies refusent de s'adresser la parole : Hannah est déterminée à ne pas céder, et l'entêtement d'Eloise n'est plus à démontrer. En numéro 2, je suis plus perdue que jamais- je commence à douter de mes capacités en Potions, c'est dire ! je n'ai toujours pas résolu l'incident de ma potion ignifuge. Et en dernier, après la trahison du Félon (ce qui me fait penser que je devrais faire des stocks de fléchettes, en prévision. Les pointes de ces petites choses se brisent si facilement sur les photos des anciens petits amis déloyaux…), je suis triste et seule. Pourquoi cette paire d'yeux verts me suit-elle partout ?
Euh, prétendons que vous n'avez pas entendu ma dernière observation.
(Hannah)
Les déclarations de Blaise ont été efficaces. Aucun photographe embusqué, pas de Rita Skeeter en alerte, je peux reprendre mes activités normales.
Mis à part le fait que je veux trucider Blaise et Eloise pour leur silence, je ne suis animée d'aucune intention homicide alors que je pénètre dans Sainte-Mangouste pour prendre des nouvelles d'Alessandra.
« Elle est endormie », m'explique l'infirmière.
Par acquis de conscience, je m'enquiers de l'état de Smith.
« Elle ne vous a pas informé ?
-Qui ça ?
-Une jeune fille qui vient tous les jours- elle reste juste le temps de connaître les dernières évolutions de M. Smith. »
Eloise !
«Son état semblait stable jusqu'à présent, mais il y a eu des complications.
-Des complications ?
-Si les Médicomages ne découvrent pas l'origine exacte de la malédiction, et ce très vite, l'état comateux de M. Smith pourrait s'avérer irréversible.
-Vous voulez dire qu'il ne se réveillera jamais ?
-Je vous assure que les Médicomages font leur possible. Pauvre jeune homme ! au moins il a la consolation d'ignorer que sa fiancée ne se souvient plus de lui, » soupire l'infirmière.
Je prends la défense d'Alessandra :
« Elle a été frappée par plusieurs sortilèges d'amnésie !
-Je ne dis pas le contraire. Il est tout à fait normal, étant donné les circonstances, qu'elle ne se rappelle pas des événements ayant précédé son arrivée à l'hôpital- mais il y a certaines choses que tous les sortilèges d'amnésie du monde ne peuvent effacer…
-Je ne vous comprends pas…
-Le cœur, Mademoiselle » conclut énigmatiquement l'infirmière avant de retourner auprès de ses patients.
Quelle discussion déprimante. La mémoire nous joue de drôles de tours.
Pourquoi revois-je soudain une petite fille qui s'en allait à Poudlard, nerveuse suite aux recommandations de son père ?
« Et si je ne suis pas répartie à Gryffondor ?
-Les Gryffondors sont les meilleurs », avait décrété Papa.
Maman avait souri :
« Je ne connais pas très bien ce système de maisons, et je soupçonne ton père de ne pas être complètement objectif. Je crois que tu as l'étoffe d'une Serdaigle pour ton sérieux, mais n'importe quelle maison me conviendra du moment que tu y sois à ta place. En revanche, je t'imagine mal parmi les Serpentards. »
D'après ce que Papa m'en avait dit, moi non plus. Si j'avais su…
Mes pensées vont à Blaise. Et j'entends à nouveau mon nom appelé par le Professeur McGonagall, je me revois maudire tout bas le sort qui m'a affublé d'un nom commençant par « A » et les petits veinards dont le nom commençait par « Z ». Ils n'auraient pas à subir le poids des regards braqués sur eux comme ils le seraient sur moi, et…
« Seamus ! ».
Mon collègue m'attend à la sortie de l'hôpital.
« Il y a un problème ? Quoi de neuf pour les autorisations d'accès aux biens de Malfoy ? ».
Seamus fait grise mine :
« Nous butons sur un os. Le grimoire dont Malfoy nous a parlé n'est pas enregistré sur la liste qu'on m'a remise, et le fisc nie l'avoir eu en sa possession.
-C'est une impasse…Comment Malfoy a-t-il pu mentir sur une affaire aussi importante ? Nous avons besoin d'une solution, Seamus : Smith risque de ne pas se réveiller du tout si nous ne mettons pas la main sur ce stupide grimoire, ou assimilé, puisque son existence est sujette à caution !
-Hannah, Malfoy n'a peut-être pas menti. »
Et il se tait.
« Oui ? Mais encore ?
-Je ne peux pas t'en dire plus. Zabini s'occupe de tout, il t'expliquera mieux que moi quel est le Plan.
-Oh, Zabini s'en occupe, tu es dans le secret des dieux, et la petite Poufsouffle sera mise au courant quand on le jugera nécessaire ? C'est bien ce que tu essaies de me dire, Seamus ? Vous savez que je commence à en avoir plus qu'assez qu'on pratique la loi du silence autour de moi ?
-Hannah, calme-toi…Tes yeux sont plus sombres que d'habitude quand tu es en colère, tu le savais ? » plaisante Seamus.
« Et tu sais ce que tu peux dire de ma part à l'insaisissable Zabini ?
-Hé ! ne me mêle pas à vos querelles d'amoureux ! »
De saisissement, je balbutie :
« Nous ne sommes pas…Nous ne sommes plus…
-Hannah, je suis moins facile à berner que la Gazette. Quant à tes griefs envers Zabini, tiens ! ».
Il me lance un objet que j'attrape au vol, par réflexe :
« Une chaussure ? Mais que diantre Seamus…
-Tu le lui diras en face ! ».
Et dans un tourbillon, je m'évapore, la dernière chose que je vois étant un visage malicieux de farfadet irlandais…
(Susan)
La Répartition est un moment décisif, surtout lorsque l'on a onze ans et qu'on est persuadé que le Choixpeau va vous dire qui vous êtes. Comme l'un de ces tests de personnalité de Sorcière Magazine, dont je raffolais autrefois, mais en plus sérieux- un bidule des Fondateurs, ça dégageait quand même plus de puissance magique qu'un petit test de rien du tout…
Jamais Hannah et Eloise ne m'ont raconté leur répartition, pas plus que je leur ai avoué ce qui s'était réellement passé lors de la mienne, ce qui encourage tous les pronostics.
Ma famille croit dur comme fer que j'aurais pu être envoyée à Gryffondor, mais que le Choixpeau n'y a pas mis du sien. Je pense qu'Hannah aurait pu être envoyée à Serdaigle -elle nous a fait une belle dépression nerveuse au moment des Buses, mais Eloise prétend que les vantardises d'Ernie sur ses performances en quota d'heures de révision par jour auraient affecté quiconque prenant très au sérieux ses études (Hannah savait déjà qu'elle voulait devenir Auror et que ses examens s'avéreraient déterminants pour la suite). Pour Eloise, si le Choixpeau a hésité, c'est entre Poufsouffle et Gryffondor : « Hannah éprouve une telle propension à sauver la veuve et l'orphelin ». Pour ma propre répartition, je n'obtiens que des haussements d'épaule : « tu es si imprévisible- tu es inclassable ». Quand à Eloise, Hannah et moi nous accordons à la ranger parmi les ascendants Serpentards.
C'est à ce moment que pointe le doute : et si les tendances serpentardiennes d'Eloise l'avaient emporté sur sa sagesse de Serdaigle ? Effacer notre mémoire, ce n'est pas rien, tout de même !
Comment régler la situation entre mes deux obstinées ? Espérer faire craquer Eloise de cette manière me paraît un peu cruel, et très inefficace. Elle a sa fierté, et je la vois mal ramper à nos pieds en nous demandant pardon. Et puis, c'est un châtiment digne de Justin Le Félon, pas de ma meilleure amie.
(Hannah)
Seamus aurait pu me prévenir que la chaussure était un Portoloin !
Je me retrouve soudainement au beau milieu d'un vaste salon que je ne reconnais pas.
Blaise se tient devant moi, plus composé que jamais :
« Hannah, bienvenue au manoir Zabini. »
Il me semble étrangement sur ses gardes. Très bien, s'il ne veut pas clarifier ses « cordialement », je ne le forcerais pas. Restons froide et professionnelle :
« Que se passe-t-il avec le grimoire dont nous a parlé Malfoy ? Existe-t-il, oui ou non ?
-Nous avons un problème.
-Je ne te le fais pas dire : l'état de Smith s'est aggravé- il faut un antidote que les Médicomages ne possèdent pas.
-Le grimoire de Malfoy existe, mais nous ferions mieux d'envisager d'autres possibilités.
-Le fisc mentirait ?
-Il ne s'agit pas d'un adversaire du calibre d'Ombrage. Hannah, ma maison a été fouillée de fond en comble par les Langues-de-Plomb il y a deux jours, en vertu de la nouvelle loi. »
Je fais appel à ma mémoire :
« La loi sur la confiscation des ouvrages traitant de magie noire ?
-Exactement. Il est probable que le livre de Draco a été repris au fisc par les Langues-de-Plomb, et le fait qu'il ne figure plus sur les listes d'enregistrement prouve qu'ils n'ont pas l'intention de le rendre.
-Même si le bureau des Aurors leur réclame ? »
Blaise a un sourire désabusé :
« Le pouvoir des Langues-de-Plomb est réputé pour être occulte et déplaire souverainement aux Aurors. Mais ils sont sortis renforcés par la guerre, et leurs domaines de compétence ne cessent de s'accroître. Ils sont sur une pente ascendante, pour une raison qui nous échappe. Ce n'est pas le moment de leur demander des faveurs qu'ils ne sont pas contraints d'accorder. »
Je réfléchis à toute vitesse :
« Le Magenmagot pourrait faire pression…
-Le Magenmagot a voté la loi à la majorité, et il estime que seuls les Langues-de-Plomb peuvent l'appliquer. Il leur a également accordé une sorte de marge d'interprétation.
-Et le Ministre ?
-Il est critiqué au sein de son propre camp. S'attaquer de front à l'étoile montante des Langues-de-Plomb n'est pas judicieux d'un point de vue tactique. Et avec le passé de chef des Aurors de Scrimgeour, les Langues-de-Plomb auraient beau jeu de dénoncer le produit de la rivalité Langues-de-plomb/Aurors.
-Tu t'es penché sur la question…
-Curiosité personnelle », coupe Blaise.
« Que faire alors ? ».
Je me sens désespérée. La vie de Smith est en jeu. Un bref instant, je m'interroge sur l'état d'Eloise, mais je chasse bien vite mon inquiétude. Je ne ferai pas le premier pas.
« Allons à Azkaban ».
Mais c'est qu'il est sérieux !
« Corrige mon ouïe défectueuse s'il en est besoin, mais tu as proposé que nous nous rendions dans cet endroit ? »
Placide, Blaise répond :
« Notre autre piste à explorer concerne directement les agresseurs de Smith. Personne ne s'est vraiment interrogé sur les raisons de l'attaque.
-Il avait quitté le monde sorcier après la guerre. Il s'est retrouvé au mauvais endroit, au mauvais moment pour son grand retour ?
-Il avait amené une moldue avec lui, je crois ? Et si leurs agresseurs étaient conscients de cela et avaient réagi pour punir un traître à son sang, cela nous ramène à une agression de nostalgiques du Seigneur des Ténèbres, non ? Hannah ? Hannah ? »
Je sors de ma transe :
« Oui, jusque-là, je te suis.
-Or, nous avons eu connaissance de l'existence d'un groupuscule qui distribue des tracts à caractère tendancieux. S'ils étaient passés de la parole aux actes ? ».
La lumière se fait jour :
« Malcolm Baddock ? Mais il a été condamné sans revenir sur ses déclarations d'innocence.
-Peut-être l'a-t-on mal interrogé. C'est une chance à prendre. »
Je prends ma pose la plus insouciante :
«Nous la prendrons. Seamus et Malfoy nous accompagnent ?
-J'ai fait jouer mes réseaux, mais l'autorisation de visite que j'ai obtenue n'est valable que pour deux personnes.
-Seamus mérite d'assister à un interrogatoire autant que moi.
-Hannah, cet acte de bonne camaraderie te fait honneur. Cependant, il serait bon que tu apprennes à sauter sur les opportunités dont tu meurs d'envie sans y renoncer par excès d'intégrité. Hannah, j'ai rendez-vous. Je te dis à demain, quatorze heures devant Azkaban. »
Ainsi congédiée, je reprends la chaussure et quitte le salon du manoir Zabini ainsi que son propriétaire. Je suis confuse : il souffle le chaud et le froid, me traite avec professionnalisme sans évoquer notre mésaventure avec la Gazette.
Plusieurs choses me glacent :
1-je n'aime pas Azkaban. On me l'a décrit comme un endroit froid, sombre et humide ; or, les caves, grottes et autres lieux correspondant à ces critères ont tendance à me rendre quelque peu claustrophobe. J'avoue à ma grande honte que mon allusion à Seamus n'était pas désintéressée, mais quand vous êtes Poufsouffle, on vous prête toute sortes de bonnes intentions…
2-Blaise a parlé de Voldemort comme du Seigneur des Ténèbres…Seuls ses fidèles lui donnaient ce titre, et aujourd'hui, tout le monde fait un effort pour prononcer son nom…
Ajoutez à cela l'impression qu'il me mentait comme un arracheur de dents, et aussi…
« J'ai rendez-vous… »
Il n'a pas dit avec qui…Est-ce sa manière détournée de me faire comprendre qu'il m'a remplacée ?
(Eloïse)
Un coup d'œil à ma glace avant de sortir. J'ai l'air d'un vampire. Rien d'étonnant à cela, je me ronge les sangs. Pour Zach, pour Hannah…
J'ai perdu la confiance de mes meilleures amies, j'ai trahi les rares personnes qui m'accordaient encore leur amitié- je ne parle pas de Zach, qui est hors concours pour le moment, mais de Griselda, à qui j'ai rendu visite il y a quelques jours, après avoir appris les mauvaises nouvelles de Sainte Mangouste.
Alors qu'elle me confiait son inquiétude à mon sujet- tout ça pour quelques leçons de tango manquées !-, accrue par le fait que je n'avais pas répondu à son hibou (il s'est probablement perdu en route, car je n'ai strictement rien reçu), et qu'elle poursuivait en me réprimandant gentiment : « l'assiduité est la clé du succès ! vous commenciez à faire des progrès, mais je vous avertis, vous allez tout perdre si vous vous mettez à sécher les cours ! », j'utilisais ma Légilimencie sur elle.
Je trouvais dans son esprit la réponse à mes questions, mais cela justifiait-il que j'abuse de sa confiance ?
Oui !
Jetant un regard sombre au miroir, j'agite ma baguette magique et mon reflet s'améliore significativement. Je peux sortir à présent, Sue m'a donné rendez-vous. Je m'y rends car c'est ma dernière chance de rallier le BAM à ma cause.
En sortant, je tombe sur un colocataire dépressif- sa précieuse stratégie a probablement été jetée aux orties par un capitaine excédé. Ce n'est pas mon sixième sens qui parle, mais le souvenir encore frais d'une Beuglante reçue une heure après l'envoi express de la stratégie de Wood aux aurores. Pucey arbore une mine encore plus hagarde- ce garçon accorde trop de prix à ses douze heures de sommeil par nuit.
Je quitte ces joyeux lurons sur un « bonne journée ! » exagérément dynamique, qui me donne la satisfaction de voir Pucey sursauter et me lancer un regard lourd de reproche.
En revanche, Wood fronce les sourcils et me fixe avec la même concentration que si j'étais un Brossdur défaillant, en bref, le rebut des balais.
Il faut que je file.
(Susan)
« Tiens, tiens, une Bones !
-Tout sauf Gryffondor…Tout sauf Gryffondor…
-Gryffondor te conviendrait pourtant, tu es impulsive et courageuse…Beaucoup de Bones y sont allés.
-Justement ! je ne veux pas être une nouvelle Bones, je veux être moi !
-Tu es bien confuse, jeune Susan, mais je te comprends », gloussa le Choixpeau.
Des pensées peu amènes me traversèrent l'esprit.
« Je t'entends, tu sais », fit observer mon interlocuteur.
« Désolée…
-C'est bon, j'ai entendu pire. Alors, où pourrais-je te placer ?
-Le vert me va bien au teint », suggérais-je.
« Ce n'est pas une très bonne idée », affirma le Choixpeau avec conviction.
En distinguant mieux les faces des Vert et argent attablés, je dus reconnaître qu'en effet, ce n'était pas une idée des plus excellentes.
« Serdaigle ? Hum…
-Avec ces rats de bibliothèque ? Je m'ennuierais à mort ! non, je veux bien aller à Poufsouffle.
-Poufsouffle ? C'est une maison très calme, tu sais…Il y a plus d'animation chez les Gryffondor.
-Je veux des amis sur qui je pourrais compter. La loyauté est très répandue chez les Poufsouffles, non ?
-Tu as gagné, petite obstinée…POUFSOUFFLE ! »
J'allais m'asseoir auprès d'une fillette avec des couettes…
Le BAM ne peut pas se disloquer. Je vais tenter de raisonner Eloise. Pourquoi pas Hannah ? J'ai déjà essayé, mais je suis entre l'enclume et le marteau.
« Tu voulais me voir ? Où est Hannah ?
-Eloise, tu peux arrêter de jeter des regards suspicieux autour de toi, elle ignore que je t'ai donné rendez-vous. Nous ne t'avons pas tendu une embuscade pour te soutirer des informations sur ton geste ! » ajoutai-je avec exaspération.
C'était vexant de sentir Eloise sur ses gardes. En revanche…
« Mais si tu pouvais nous fournir une explication, plus vite cette affaire sera enterrée, mieux cela vaudra ! après tout, ça ne peut pas être si terrible que ça, non ? » demandai-je avec espoir.
Eloise fixa un point derrière moi :
« Il vous est impossible d'oublier ? Vous ne pouvez pas voir cette affaire comme…une erreur, un incident de parcours ? Si je vous disais qu'il s'agit d'une expérimentation qui a mal tourné… ?
-Hannah ne te croira pas. Moi non plus d'ailleurs. On ne jette pas des sorts d'Oubliette aussi précis par accident. Eloise, j'ai été très patiente et à l'écoute jusqu'à présent, et si je t'ai laissé le bénéfice du doute, c'est parce que je veux te faire confiance, mais si tu persistes à garder le silence, cela nous fera beaucoup de mal, crois-moi. Nous avons besoin les unes des autres.
-C'est vrai, j'ai besoin de vous. Et ça ne peut pas attendre. Sue, j'ai besoin du BAM au complet.
-Pour quoi faire ? Hannah refusera de t'aider tant que tu ne te seras pas expliquée. Et je refuse aussi d'être la bonne poire. Ce n'est pas parce que nous sommes des Poufsouffles…
-Susan, tu seras mon émissaire auprès d'Hannah. Ma proposition te concerne également.» dit froidement Eloise. « Puisque vous ne me faites pas confiance, voici le contrat : vous avez jusqu'à demain pour accepter de m'aider…
-De t'aider pour quoi ? » coupai-je, excédée par tant de mystère.
« J'aurais pu le dire à mes amies, mais dans ce cas je préfère attendre que vous vous soyez engagées à apporter votre concours. En échange, je vous donnerai toutes les explications que vous souhaitez, une fois votre mission remplie, si vous l'acceptez. »
J'en étais abasourdie.
« Du chantage ? Tu nous fais chanter ?
-Vous ne me laissez pas le choix. Hannah ne m'aidera pas…
-Moi non plus !
-Sans elle, nous n'avons aucune chance.
-Et moi, je compte pour des prunes ?
-Tu ne comprends pas, Sue. S'il ne tenait qu'à moi, ce marché n'existerait pas.
-Hannah refusera !
-Tu crois ça ? ». Elle eut un sourire amer. « Hannah n'a jamais su ce qui était bon pour elle. »
Pop !
Comment allais-je l'annoncer à Hannah ? Entre le marteau et l'enclume, vous disais-je…
(Eloise)
J'avais fondé de grands espoirs sur ma rencontre avec Sue, afin de trouver un point d'accord. Ce qui n'était que justice, puisque techniquement, je ne lui ai jamais jeté de sort d'Oubliettes.
Malheureusement, elle l'ignore. J'avais souhaité ne jamais avoir à leur avouer ce qui s'est passé. Hannah a mal choisi son moment pour découvrir mon implication dans son amnésie partielle.
Mais y a-t-il un « bon » moment pour découvrir la vérité ? Les mensonges, la dissimulation, l'omission et tous ces euphémismes pour déguiser la triste réalité, ont été inventés pour de bonnes raisons…
(Susan)
« Répète un peu, Susan Ermengarde ! ».
Ne tuez pas le messager ! un peu d'indulgence, Hannah !
« Ainsi, Eloise Celestine croit qu'elle peut m'imposer ses conditions !
-C'est une proposition… » tentais-je timidement.
« C'est du chantage carabiné, oui ! Et pour une mission dont nous ignorons tout !
-C'est une offre à prendre ou à laisser, je le crains.
-C'est honteux !
-N'oublie pas qu'Eloise a failli être envoyée à Serpentard…C'est un mode de raisonnement particulier qui motive ses actions.
-Quelle blague ! Ce n'est pas une excuse ! »
(Hannah)
Il est facile d'invoquer la maison de Salazar pour justifier tous les coups tordus. Zabini est plus énigmatique qu'un Sphinx égyptien ? C'est un Serpentard ! Malfoy est arrogant, narcissique et considère que le reste du monde est à son service ! normal, c'est un Serpentard !
En sens inverse maintenant : Hannah Abbot a été envoyée à Poufsouffle ? C'est donc une fille gentille et influençable que l'on peut manipuler à l'envi !
« Hannah Abbot, hmm ? Je vois un grand potentiel…
-Ah bon ?
-Du courage, en grande quantité…Gryffondor te conviendrait…Mais aussi, de l'ambition, beaucoup d'ambition. Alors comme ça, on veut figurer parmi les grands sorciers de sa génération et avoir un jour une carte de Chocogrenouille à son effigie ?
-Arrêtez de fouiller mon cerveau et envoyez-moi à Gryffondor ! mon père veut que j'y aille !
-Sans oublier qu' Albus Dumbledore ainsi que la majorité des plus grands sorciers ont transité par cette maison avant d'accomplir leurs exploits, n'est-ce pas ? As-tu jamais envisagé Serpentard ?
-Vous êtes fou ? Je ne suis pas du tout faite pour Serpentard ! je ne suis pas calculatrice et…
-Serpentard te permettra de nourrir tes ambitions et de réaliser ton potentiel. Parfois, je n'envoie pas les élèves dans les maisons qui reflètent ce qu'ils sont, mais ce qu'ils pourraient être…
-Papa me tuerait ! Et ces élèves…je ne serais pas heureuse à Serpentard !
-Bon, bon, si tu en es convaincue. C'était un risque à prendre.
-Je n'aime pas prendre plus de risques qu'il n'en faut. Je veux une maison tranquille, avec des élèves qui ne me mettront pas de bâtons dans les roues…
-Je connais une maison où tu peux t'épanouir à ton rythme et te faire des amis loyaux. On y travaille dur, mais les récompenses sont grandes. Oublie Gryffondor…
-Mais…
-Assez discuté ! Je t'envoie à POUFSOUFFLE ! »
Papa fut mécontent, mais s'il avait été mis au courant du fin mot de l'histoire…
Nul ne l'a jamais su. Pas même Eloise. Elle ignore qu'elle n'est pas la seule presque-serpentarde du groupe, et qu'on ne manipule pas si facilement...
(Eloise)
Il se fait tard. Je gribouille sur mon plan, insérant de nouvelles modifications ça et là. Sortant de ma chambre, j'entends mes colocataires discuter :
« Tu en es certain ? » demande Adrian, qui me tourne le dos.
« Je suis catégorique- ce balai a été maquillé, trafiqué pour ressembler à un Nimbus flambant neuf…
-Le balai ? Quel balai ? ».
Pauvre Pucey, perdu au milieu des histoires de balai de Wood. Ce garçon ne s'arrête jamais.
« Je viens de te le dire, un Brossdur qui a été maquillé pour ressembler à un Nimbus ! c'est criminel, il faut que nous intervenions ! Bonsoir Eloise !
-Bonsoir, Eloise ! Tu étais là ?
-Plus pour longtemps, Pucey. Je vous laisse en bonne compagnie ! »
Il était tôt. J'attendais le hibou d'Hannah et de Sue qui signerait notre arrêt de mort ou sauverait Zacharias.
Pour être tout à fait honnête, en dépit de toute la caféine absorbée par mon système, j'avais l'impression d'avoir été heurtée de plein fouet par deux Magicobus et d'être empêtrée dans le marasme de la fameuse gelée verte de Sue dès que je voulais avancer.
Pucey et Wood étaient là. (encore). Décidément je ne pouvais faire un pas sans qu'ils surgissent de tous les recoins de l'appartement. Je puisais dans ma fierté et disais adieu à ma démarche titubante.
« Eloise, tu as quelque chose au pied ? Tu t'es tordu la cheville peut-être ? »
(narrateur omniscient)
Adrian Pucey s'autocensura tout net devant le regard d'Eloise qui ne pouvait avoir qu'une seule interprétation :
« Osez poursuivre dans cette voie, et je ferai de vous du toast flambé ».
Il savait ne pas taquiner la Chance. Cela ne découragea pas Oliver, en revanche -"Merlin protège sa belle âme !" souhaita Adrian avec ferveur.
« Tu boîtes comme Gibson après sa chute de cinq mètres. Il s'était mal réceptionné, quelle idée de projeter sa cheville comme…
-Je ne boîte pas !
-Et je suis Marcus Flint ! »
La bravoure des Gryffondor à l'œuvre, quel régal…Surtout lorsque l'on était spectateur. Mais comme d'innocents badauds font souvent l'objet de vilains dommages collatéraux, Adrian se plongea ostensiblement dans la lecture de la Gazette, le dépliant tel un drapeau blanc -il espérait que si les barrières d'Eloise cédaient, son inconscient reconnaîtrait l'analogie et épargnerait le candide Serpentard.
« Où est mon pot de café ? » exigea le dragon- pardon, Eloise.
« Je l'ai rangé sur l'étagère. C'est un peu haut, tu as besoin d'aide ? » taquina Oliver.
Eloise plissa les yeux :
« Je suis parfaitement capable de l'attraper toute seule, merci. »
Elle se haussa sur la pointe des pieds, renversa la tête en arrière, tendit un bras…
(Eloise)
« Tu as besoin d'aide ? »
Quelle suffisance ! il me défie, je le sais. Sinon pourquoi aurait-il rangé ce pot de café sur l'étagère la plus haute, au fin fond de la cuisine ?
J'escaladerai s'il le faut, mais il est hors de question que j'aille chercher ma baguette ou que je lui demande de l'aide !
Veni, vidi, vici, telle est ma devise.
Je subodore quelque complot machiavélique…Wood avait une drôle de lueur dans le regard, et Pucey prenait un air trop innocent pour être honnête. Wood m'a défiée, je remporterai la manche !
Ma vue se brouille, je bascule en arrière et je formule deux dernières pensées cohérentes :
mon crâne va s'éclater sur le sol de la cuisine et ce damné Choixpeau n'était peut-être pas en train de commettre une erreur d'aiguillage quand il a voulu m'envoyer à Gryffondor : "tu ne sais pas résister à un défi".
(narrateur omniscient)
Pour ceux de nos lecteurs que le sort du crâne d'Eloise Midgen inquiéterait, nous mettons immédiatement fin au suspense qui vous taraude : non, la boîte crânienne d'Eloise Midgen ne fut pas réduite en bouillie sur le carrelage de la cuisine, car ladite Eloise Midgen fut rattrapée in extremis par les bras puissants d'Oliver Wood.
Les examinateurs les plus prosaïques attribueront ce sauvetage aux réflexes de Quidditch du gardien émérite, les plus romantiques à un sixième sens l'ayant alerté du danger encouru par l'être aimé.
Nous ne nous prononcerons pas, mais peut-être certains déchanteront-ils lorsqu'ils apprendront qu'Oliver Wood était d'autant mieux placé pour rattraper Eloise Midgen qu'il était l'instigateur du plan machiavélique pour…
« Et maintenant ? » s'enquit Oliver.
Adrian sourit :
« J'ai déjà envoyé un hibou. »
(Eloise)
Je déteste l'idée qu'ils m'aient vue en position de faiblesse. Mais qu'est-ce qui m'a pris de m'évanouir comme ça ?.Je connais les vertiges habituels : on s'accroche fermement à quelque chose en attendant qu'ils passent, on ne s'écrase pas au sol devant témoins !
Des éclats de voix –je veux dormir, sauvages !
Mais…on dirait Susan et Hannah…
J'ignore comment elles ont eu mon adresse ou si elles ont été prévenues, un fait demeure, indéniable : elles sont là
Une vague de soulagement déferle en moi : j'ai envie de rire, de pleurer, de leur tendre les bras…
Attendez une minute- je repasse dans ma tête toutes les niaiseries sentimentales que j'ai débitées. Elles représentent la preuve irréfutable que je suis une épave émotionnelle à bien des égards.
Pourtant, même ce constat déprimant en soi n'entache pas ma joie de les revoir. Quelle sotte mélodramatique j'étais de craindre qu'elles m'aient abandonnée ! Nous parlons de Sue et d'Hannah, les meilleures amies que moi, Eloise Midgen, moche, pessimiste, cynique et asociale, j'aurais pu souhaiter. Je ne les mérite pas. Tout ce que je peux faire pour les remercier en échange est de tenir ma…
« Eloise ! tu croyais t'en tirer facilement ! le répit est terminé, et nous allons discuter !
-Mille milliards de mille gargouilles galopantes ! comment as-tu osé nous cacher que tu avais ces deux ! tu voulais les garder pour toi toute seule, avoue ? » questionne Sue, mi-furieuse mi-taquine.
Elle me regarde sans me voir, des étoiles plein les yeux. Je ne veux pas savoir duquel de mes colocataires elle s'est amourachée…
« Ce ne serait pas la première chose que tu garderais pour toi seule. Tu chéris l'idée d'en savoir toujours plus que nous autres simples mortels », déclare Hannah, acerbe, avant de s'interrompre, une nouvelle expression se dessinant peu à peu sur son visage.
J'ai agi avec impulsivité, et de manière que certains observateurs jugeront disproportionnée. Emotions et magie ne font jamais bon ménage, j'étais bien placée pour le savoir. Et je commis à l'encontre de mes deux « anciennes » amies, puisque toutes deux avaient clairement renoncé au titre, un acte inédit.
(narrateur omniscient)
Un « Impedimenta ! » suivi d'un « Collaporta » retentissant fit s'interrompre Adrian Pucey et Oliver Wood.
Les réflexes de Quidditch d'Oliver Wood lui permirent de rattraper Hannah Abbott en plein vol plané. Susan Bones n'eut pas cette chance, Adrian Pucey demeurant fidèle à sa ligne de conduite « j'esquive ! », au détriment de l'approche woodienne « j'intercepte ce qui va entrer dans mon espace vital ». Elle s'écrasa donc au sol.
Oliver déposa galamment Hannah sur le sofa- cette dernière se laissa faire, muette- et passa sans transition au debriefing de la situation :
« J'imagine que nous pouvons en déduire que le Plan A n'a pas fonctionné. On passe à mon Plan B, maintenant, Adrian. »
Adrian, dompté, hocha docilement la tête.
(narrateur omniscient)
Impavide, Blaise Zabini fixa froidement la sorcière qui lui faisait face, avant de lâcher :
« Tu n'aurais jamais dû revenir en Angleterre. »
Bonus (choisi par Marauder's Mad)
Revenons, si vous le voulez bien, sur les derniers jours précédant les événements relatés ci-dessus, et qui avaient conduit nos pacifiques colocataires à adopter ces mesures drastiques.
Adrian Pucey n'était absolument pas du genre à se mêler de ce qui ne le regardait pas, tout le monde vous le confirmera.
Cependant, certains détails ne lui avaient pas échappé. Il avait déduit du fait que sa colocataire, Eloise Midgen, repoussait constamment ses offres de bon voisinage, qu'elle détestait toutes formes de relations sociales avancées. Elle était tenace. Lui aussi. Quand il avait emménagé, il avait décidé qu'avant que le bail soit échu, les trois colocataires auraient sympathisé.
Inutile de préciser que ce que Pucey voulait, Pucey l'obtenait. En règle générale, et dans un contexte dans lequel les règles habituelles s'appliquaient : il avait toujours imputé l'échec de sa tentative de putsch au sommet de l'équipe de Quidditch de Serpentard par la peur qu'inspirait Marcus Flint à tous les membres (Adrian y compris), peur propre à décourager toutes tentatives de déboulonnage.
Et puis, la proposition qu'il avait fait circuler au vestiaire était certes admirable d'un point de vue démocratique, mais le vote d'une motion de censure contre Marcus Flint, capitaine de l'équipe des Serpentards, pour « traitements inhumains » (exemple à l'appui : les entraînements), « tentatives de corruption » sur des membres divers et variés du corps estudiantin (plus que des tentatives, les pressions exercées par le capitaine s'étaient révélées efficaces, au grand dam d'Adrian), et autres motifs, était une idée aberrante pour les coéquipiers d'Adrian. Il aurait mieux fait de se taire, de ne pas « chercher » un adversaire aussi terrifiant que Marcus Flint, ou alors de proposer une vraie alternative pour que ses coéquipiers envisageassent de le suivre.
Quelle alternative, me direz-vous ? Oh, je l'ignore…Mélanger à la sauce de son steak tartare une pincée de poudre d'Hadès, ingrédient que le Professeur Rogue avait plusieurs fois mentionné lors de discussions informelles avec les membres de sa maison lors de leur cinquième année.
( Rétrospectivement, il est d'ailleurs surprenant qu'un tel sujet ait été abordé par le Professeur Rogue lors de ces réunions d'information sur les possibilités d'orientation s'offrant aux élèves après leurs BUSES, mais nous mettons en garde les lecteurs contre toute pensée qui mettrait en doute les intentions du Professeur Rogue, qui nous n'en doutons pas un instant, a été victime de ce fléau qui touche les meilleurs d'entre nous : le hors sujet).
Adrian avait retenu la leçon (ainsi qu'un œil au beurre noir, courtoisie de Marcus Flint en personne). Désormais, il n'interviendrait plus jamais dans les affaires de ses concitoyens.
Depuis quelques temps, il avait deviné qu'Eloise ne se faisait plus de vrais repas. La preuve : elle ne l'avait pas houspillé pour ne pas avoir ôté le sortilège de sa table (vous vous souvenez ? les plats ambulants).
En nutritionniste avisé, il s'était ému du régime alimentaire qu'elle suivait. Sa conscience professionnelle le poussait à agir. Mais pas seul. Sans rire, les regards noirs d'Eloise lui rappelaient désagréablement ceux de Marcus Flint, par leur intensité malveillante.
Il lui fallait donc s'assurer d'un allié dans la place. Oliver Wood était le candidat idéal : déjà, l'appartement ne fourmillait pas de colocataires- l'exclusion numérique avait joué-, ensuite, rien de plus facile pour un Serpentard rusé que de manipuler un Gryffondor au grand cœur. En cas de pépin, l'activisme visible d'Oliver en ferait le récipiendaire parfait de la colère d'Eloise, alors que lui, Adrian, le " cerveau " de l'affaire, ainsi qu' il aimait se considérer, serait blanc comme neige.
Ainsi, c'était avec Oliver qu'il avait entamé la phase 1 : phase diplomatique, pour convaincre Eloise de s'alimenter normalement. Il lui répugnait de s'impliquer davantage, surtout après l'incident des lys : il ignorait à quel point les crochets du droit d'Eloise pouvaient se comparer à ceux de Marcus Flint, mais le sort des lys lui avait donné à réfléchir. L'interception d'un courrier destiné à la jeune fille- oui, il avait cédé à la tentation de lire la lettre, et il avait perdu l'occasion de la recacheter quand Eloise avait failli le surprendre- il en tremblait encore, il avait eu juste le temps d'enfiler la lettre dans sa poche- l'avait inquiété : une certaine Griselda s'y souciait de la santé d'Eloise : « maintenant vous séchez les cours, et depuis quelques temps je vous trouve fatiguée. Ne vous surmenez pas… »
Pourtant, elle avait bonne mine, et suffisamment d'énergie pour tenir tête à deux colocataires morts de sommeil à trois heures du matin. Nul besoin d'outrepasser ses fonctions de Médicomage inquiet et de risquer d'encourir la rage d'une patiente qui refusait d'être soignée.
Ce fut alors qu'Oliver intervint. Jusqu'à présent, il avait été aisément manipulable : quand Adrian lui avait fait part de ses soupçons concernant le régime café-sandwiches de leur colocataire, il avait aussitôt accepté d'attaquer Eloise au petit déjeuner, ne concevant pas comment on pouvait survivre sans trois repas quotidiens, plus une collation vers quatre heures. Adrian avait eu toutes les peines du monde à lui faire renoncer à la confrontation directe. Le stratège avait rechigné à adopter les méthodes subtiles d'Adrian. La situation avait changé ce matin même.
« Adrian, Midgen va mal.
-… » (Adrian voulait dormir…Il était dit que ses colocataires s'y opposeraient…)
« Tu l'as vue ce matin ?
-Elle m'a paru normale.
-Elle irradiait littéralement ! » s'échauffa Oliver.
« C'est une bonne chose, non ? Elle va bien, nous nous sommes inquiétés pour rien.
-Adrian, elle avait le visage tartiné de sortilèges Glamourus. Ces trucs améliorent l'apparence, gomment les cernes, colorent les joues…Elle a dû en faire une combinaison un peu trop forte, mais il est impossible de me duper. Si je devais compter le nombre de fois où j'ai pincé Johnson, Bell et Spinnet qui croyaient pouvoir se présenter à l'entraînement sans que je me rende compte qu'elles avaient organisé une soirée pyjama au lieu de suivre mes recommandations sur les plages de sommeil à utiliser dans les deux semaines qui précèdent le match !
-Tu en es certain ? » balbutia Adrian.
« Je suis catégorique- ce balai a été maquillé, trafiqué pour ressembler à un Nimbus flambant neuf…
-Le balai ? Quel balai ? ».
Ce n'était qu'en apercevant Eloise qu'il avait compris qu'Oliver s'était mis à parler en langage codifié :
« Je viens de te le dire, un Brossdur qui a été maquillé pour ressembler à un Nimbus ! c'est criminel, il faut que nous intervenions ! Bonsoir Eloise !
-Bonsoir, Eloise ! Tu étais là ? ».
Adrian avait eu chaud, leur colocataire était passée sans soupçonner le complot qui déjà se tramait. Oliver était pour l'intervention directe- ces Gryffondors, quels inconscients !. Adrian y avait mis le holà. Il savait que Susan Bones était amie avec Eloise Midgen : à elle de la raisonner. Mais pour qu'Eloise accepte de l'aide, nos fins connaisseurs de la psychologie humaine étaient tombés d'accord sur la nécessité qu'elle reconnaisse sa situation.
« Comment ? » cogitait Adrian. « Eloise est assez…difficile…
-Elle est têtue comme une mule », résuma Oliver. « Il faut la placer dans une situation telle qu'elle ne pourra plus nier son état.
-Qu'est-ce que tu veux dire ? »demanda Adrian.
« Dans quel état ne pourra-t-elle plus protester ?
-Assommée », plaisanta le Serpentard.
« C'est une idée… » reprit Oliver, pensif.
Et à partir de ce moment, le stratège avait élaboré un plan diabolique. Il s'était précipité à la cuisine, s'était emparé du pot de café et l'avait propulsé dans un coin inaccessible de la plus haute étagère :
« Le piège est activé !
-Pourquoi le pot de café ? » s'enquit Adrian, un peu largué.
«L'appât » expliqua Oliver. « Tu vois maintenant ? ».
Adrian ne voyait rien du tout.
« Elle voudra boire son café. Elle aura besoin de ce pot. En voulant le prendre, elle aura un vertige, dû à sa fatigue et à un afflux de sang au cerveau… »
D'un ton un peu sec, Adrian lui fit savoir qu'en tant que Médicomage certifié, il savait ce que c'était qu'un vertige. Puis il pointa les failles de ce plan qui lui paraissait proclamé génial un peu prématurément :
« Et si elle utilise sa baguette ?
-Elle n'aime pas attendre. Son café, elle le voudra tout de suite. J'ai aussi prévu un élément qui fera qu'elle ne pourra pas utiliser la magie.
-Et si son malaise est grave ? » objecta Adrian, méfiant envers ce plan périlleux, mal ficelé, et qui n'était pas de lui.
« Tu es Médicomage, non ? Tu pourras prodiguer les premiers soins ».
Devant une telle prévoyance, Adrian ne put que s'incliner. Néanmoins, il obtint que l'amie d'Eloise soit appelée- que son plan A soit appliqué, et que nulle implication ultérieure des deux colocataires dans la vie d'Eloise Midgen ne soit au programme. Si le piège quasiment serpentardesque (Adrian regardait Oliver d'un œil nouveau) d'Oliver fonctionnait, Adrian estimait qu'ils en auraient assez fait comme ça. D'autant qu'il ne donnait pas cher de leur peau si Eloise découvrait que pour l'aider, ils avaient jugé nécessaire de l' « assommer ».
Quand il fit part de ses scrupules à Oliver, celui-ci lui répondit :
« Nous ne ferons rien ! C'est le pot de café qui l'aura assommée, pas nous ! ».
Cela l'avait rassuré. Après tout, il ne se mêlait jamais des affaires des autres. Du moins, pas directement.
Susan Bones et une autre jeune fille, sans doute amie d'Eloise Midgen, avaient suivi de peu l'envoi du hibou porteur de ce message, à l'attention de Mademoiselle Susan Bones :
Mademoiselle,
Eloise Midgen est malade. Nous avons trouvé votre adresse dans ses affaires et nous vous demandons de venir au plus vite au n°…(adresse dissimulée pour des raisons de confidentialité)
Ses colocataires
Susan Bones était entrée en un tourbillon dans la pièce, avant de stopper tout net :
« Vous ?
-Oui, moi » répondit modestement Adrian. « Je vous avais bien dit que nous nous reverrions. »
Elle sembla déchirée entre plusieurs sentiments contradictoires, mais un coup d'œil à son amie qui s'engouffrait dans la chambre d'Eloise et elle s'arracha à sa contemplation d'Adrian, bien qu'à contrecœur, si la modestie naturelle d'Adrian pouvait lui permettre cette observation.
Les deux compères restèrent dans le salon, par discrétion. Oliver et Adrian conversèrent à voix basse, pour ne pas déranger les trois amies (mais aussi pour sauvegarder les apparences, car ils tentaient de capter des bribes de conversation ça et là).
Comment son plan tournait-il ? s'interrogeait fébrilement Adrian. Emu, il imaginait la scène : une Eloise en pleurs promettant d'avaler un quota suffisant de protéines et acides aminés à l'avenir, ses amies lui apportant soutien et réconfort.
« Impedimenta ! Collaporta ! »
Bon, ça n'avait pas tout à fait tourné comme il l'espérait.
(Susan)
Je suis sous le choc : en une heure, j'ai reçu un message anonyme me disant qu' Eloise est malade, j'ai découvert qu'Eloise vit depuis plusieurs mois avec mon joueur de Quidditch favori, j'ai retrouvé mon chevalier secourable aux yeux verts et j'ai découvert qu'Eloise vit également depuis plusieurs mois avec lui, je n'ai pas pu lui dire deux mots car Hannah s'était précipitée au chevet de notre amie, pour l'étrangler ou pour la soigner, et je me devais de l'accompagner, puis alors que je partageais ces émotions avec mes amies, Eloise, se révélant moins affaiblie que prévu, a pour la première fois usé de violence sur nous (comme quoi, l'escalade de la violence…j'imagine qu'elle a pris le pli avec les sortilèges d'Oubliette…), et j'ai atterri en position assise au beau milieu du salon (aucun Oliver Wood ne m'a rattrapée, moi, n'est-ce pas Hannah ?), ce qui n'est pas des plus gratifiants quand on veut paraître à son avantage devant les yeux verts que l'on vient juste de retrouver.
(narrateur omniscient)
« On passe à mon plan B ».
Adrian rendit les armes. Oliver Wood prenait les rênes de l'opération « sauver Midgen ».
L'amie de Susan Bones dit alors :
« J'ai vu son visage. Elle était…Elle va mal, n'est-ce pas ? Et elle ne veut pas de notre aide, elle nous l'a fait comprendre. Qui va se charger de s'assurer qu'elle va bien ? Susan et moi, nous ne pouvons pas rester…Qui va s'en charger ? ».
Oliver coiffa Adrian au poteau :
« Ne vous en faites pas. Rentrez chez vous tranquille ; nous nous chargerons d'elle.
-Nous ? » répéta faiblement Adrian.
« Nous », confirma fermement Oliver d'un ton qui n'admettait pas de réplique. Le ton d'un chef qui décide.
Un Gryffondor aux commandes ? Adrian avait un très mauvais feeling à ce sujet.
(narrateur omniscient)
Ce soir-là, Adrian fut appelé d'urgence à l'hôpital. Une trentaine d'enfants, ainsi qu'une demi-douzaine d'adultes, avaient été admis pour d'étranges pustules. Tous avaient un point commun : l'absorption de Dragées Berties Crochues, achetées chez leurs marchands de confiserie respectifs, non à des inconnus sur le chemin de traverse. Les maux étaient bénins, mais les pustules résistaient à tous les traitements. Adrian soupira : ce ne serait pas cette nuit qu'il rattraperait ses heures de sommeil en retard.
Note de l'auteur:
-désolée du retard, mais maintenant je suis en vacances et j'essaierai de poster le chapitre 22 avant la fin du mois de juillet!
-l'enquête ne progresse pas très vite, mais ce chapitre comportait quelques indices (pas nombreux, je vous l'accorde).
-encore une fois, n'hésitez pas à donner vos impressions, à critiquer abondamment: ce que vous voulez davantage dans les chapitres, ou au contraire en moins grande quantité, les points que je devrais développer et/ou laisser de côté... à bientôt!
