Lorsque Yuya rentra chez Kyo, elle alla se coucher directement, avançant dans le noir, épuisée par sa journée et ne regardant rien. Elle avait bien travaillé au Tenrô, toutefois, dure avec elle-même, elle trouvait qu'elle manquait toujours de souplesse et de volupté dans ses mouvements. Elle était presque endormie lorsque les mains baladeuses de Kyo, qui l'avait ramené, commencèrent à la caresser. Elle se tourna sur le côté, dos à lui, avec un grognement fatigué, lui faisant comprendre qu'elle ne voulait pas. Néanmoins, il continua son manège et elle se tourna face à lui, le regardant dans les yeux pour lui dire fermement son refus. Elle se mit donc sur le ventre et soupira, exaspéré par le comportement vicieux de son amant.
La jeune femme, après quelques secondes s'endormit directement. Elle n'en pouvait plus de ce rythme infernal. Cependant, elle ne put dormir le temps escompté car Kyo voulait absolument la posséder. Il ne pouvait pas se défaire de ce sentiment intense alors que le soir même elle dansait avec provocation devant de nombreux autres mâles qui la convoitaient... La jeune femme fut donc de nouveau dérangée par le démon. Seulement, elle avait excessivement besoin de sommeil. Elle se leva donc, se relevant sur ses coudes avant d'insulter copieusement cet imbécile :
« - Tu comprends ce que ça veut dire NON ? Démerdes toi tout seul, moi j'ai pas envie ! Je veux juste dormir ! Tu fous peut-être rien de tes journées toi, mais moi je bosse alors tu me lâches maintenant ! »
L'éclat rieur dans les yeux de Kyo et son petit sourire victorieux suffirent à énerver suffisamment la danseuse pour qu'elle prenne son oreiller et parte de la chambre. Elle marcha d'un pas rapide et énervé dans le salon pour aller dormir sur le canapé. Arrivée devant celui-ci, quelle ne fut pas sa surprise d'y voir déjà quelqu'un endormi ! La jeune femme tourna alors sur elle-même et put voir Bontenmaru monter la garde dans un coin du salon tandis que Luciole et Akira dormait, le premier roulé en boule sur le tapis et le deuxième sur le canapé.
Yuya inspira à fond, énervée et se dirigea vers la cuisine. Elle mit à chauffer de l'eau, se sentant bien incapable de dormir : après ce qu'elle venait de voir, elle se posait de nombreuses questions. Pourquoi étaient-ils toujours là ? Que faisaient-ils ? Pourquoi Bonten montait-il la garde ? Elle alla ensuite dans la salle de bain de quoi prendre des somnifères, suivi de son médicament. Heureusement pour elle, Kyo avait, pour une raison inconnue, de nombreux médicaments de toutes sortes dans une petite armoire à pharmacie. Il fallait qu'elle trouve un endroit où dormir mais ne savait vraiment pas que choisir. Elle ne voulait surtout pas retourner auprès de Kyo, fierté de femme oblige ! Elle s'assit sur le bord de la baignoire, en soupirant quand, justement, une idée lui vint. Après tout, elle n'était pas si petite que ça la baignoire... Décidée, la jeune femme installa son oreiller le plus confortablement possible et prit une grande serviette dans laquelle elle se drapa en guise de couverture.
Ω
Quelques heures plus tard, le réveil fut mouvementé. En effet, la jeune femme, profondément endormie dans une position plus ou moins confortable, reçut de l'eau glacée, la réveillant brusquement. Aussitôt elle sortit de la baignoire, non sans se heurter la jambe contre le rebord et en jurant pendant tout ce temps. Elle coupa alors l'eau et regarda autour d'elle, les cheveux dégoulinant dans son dos, la faisant frissonner. Elle vit alors Akira, un sourire mesquin digne de Kyo, la tête légèrement penchée sur le côté et sa main retenant son menton comme s'il la questionnait.
« - C'est toi qui a allumé l'eau ? Non mais ça va pas ?! Tu pouvais pas me réveiller normalement, comme tout le monde ? T'es débile ou quoi ?
- C'est plutôt à moi de te poser cette question. Qui, de nos jours, ne sait pas qu'une baignoire est fait pour prendre un bain et non pas pour dormir ?
- Mais de quoi je me mêle ? T'habite pas ici il me semble ! Et même si t'es aveugle, t'as bien du voir qu'il y avait quelqu'un dans la baignoire ! »
Le visage d'Akira passa de froid à glacial et il cracha d'une voix polaire :
« - J'avais bien raison, quelle idée d'héberger une conne pareille ! On aurait mieux fait de te laisser crever avec Oda ! »
C'est sur ces paroles, que Yuya comprit plus ou moins, qu'Akira tourna les talons, laissant la jeune femme debout et dégoulinante d'eau glacée. Elle claqua violemment la porte et ferma à clé pour ne plus être dérangée quand une idée lui vint. Elle arrêta donc de se sécher, ouvrit la porte et se dirigea vers la chambre. Elle savait qu'il était très tôt, mais l'idée était bien trop tentante et incrustée dans sa tête pour qu'elle décide de l'abandonner maintenant. La danseuse ouvrit donc la porte tout doucement, et se jeta sur Kyo, en espérant le mouiller le plus possible.
Bien sûr, cependant, quelques secondes plus tard, elle se retrouvait dos contre le matelas, des cheveux noirs de jais encadrant son fin visage, un regard vermeille ancré profondément dans le sien. Pour une fois, ce fut elle qui arborait un grand sourire moqueur et elle frottait ses pieds mouillés et glacés contre le dos de son amant. Ses pupilles devinrent deux minces fentes lui signifiant d'arrêter tout de suite et elle entendit la voix de Kyo :
« - Tu veux mourir ? »
La jeune femme continua quelques instants encore, eut un sourire triomphant et lui répondit :
« - Alors tu vois ? C'est chiant hein quand on dit stop et que la personne continue ? Tu m'obéiras plus la prochaine fois comme ça ! »
Le regard de Kyo fut plus intense et elle put y distinguer dedans un instant fugace de surprise et de fierté mêlées, dissimulé bien vite par un sourire moqueur. La danseuse était fière d'elle et son visage l'exprimait bien. Après quelques moments intenses, elle releva la tête et s'arrêta à quelques centimètres des lèvres de son amant qui, pour une fois, n'hésita pas à franchir la distance qui séparait les deux. Après un baiser passionné, la jeune femme dut se défaire de l'étreinte pour aller assister au stage du Roi Rouge. Avant de sortir de la chambre, une main posée négligemment sur le chambranle de la porte, la jeune femme se retourna et dit :
« - Au fait, tu diras à ton pote que la prochaine fois qu'il me fait un coup pareil, je le tue ! »
C'est avec le sourire et l'interrogation de ce qu'avait bien pu lui avoir fait un de ses invités, Akira sûrement, que Kyo se rendormit, frissonnant tout de même un peu dans ses draps humides.
La jeune femme était retournée dans la salle, avait jeté un regard noir au débile qui l'avait réveillé, avant d'aller elle-même réveillé Bontenmaru, toutefois bien plus gentiment qu'elle ne l'avait elle-même été. Celui-ci, alerte dès le réveil, lui demanda :
« - Et que me vaut l'honneur d'être réveillé par un si joli minois aussi tôt ? »
Yuya eut un petit rire avant de répondre :
« - Le fait que ce soit tôt, t'auras qu'à demander à ton abruti de copain, pour le reste, je t'apprends que tu as l'honneur de m'emmener à Nelya ! Après ce que je viens de lui faire, je suis certaine que Kyo ne voudra pas ! »
Comme toujours, Bonten fut avenant et accepta directement, non sans avoir néanmoins ri aux propos de la blonde. Il enfila un manteau et emmena donc la jeune femme à son école. Une fois garé devant, elle ouvrit la portière en remerciant son chauffeur qui ne démarra pas tout de suite, préférant se rassurer en la regardant entrer dans le bâtiment.
Cependant, Saishi et sa bande avaient bien remarqué que ce matin, leur pire ennemie n'était pas avec Kyo. Elles décidèrent donc d'aller la voir, pour une fois qu'elle n'était plus sous aucune protection...
« - Alors comme ça, on vient plus avec le grand Onime No Kyo ? Il t'a jeté quand il a enfin ouvert les yeux sur ta laideur, comment il t'appelle déjà... ? Ah oui ! Planche à Pain ! »
Piquée au vif, la concernée ne tarda pas à répliquer, sans avoir nullement remarqué l'œil réprobateur de Bonten fixé sur le petit groupe :
« - Hilarant en effet, non il me fait transmettre le message qu'il ne veut plus vous voir. Rien que votre vue l'insupporte au plus haut point... D'ailleurs, il n'est pas le seul ! »
Les danseuses, énervées, se jurèrent de ne pas laisser cet acte odieux envers elles impuni et de se venger de cette garce qui avait envoûtée Kyo. Car comment expliquer sinon le soudain attrait de cet être parfait pour une bêcheuse mal foutue ? Elles l'épiaient donc, cherchant la faille. Elles ne laisseraient passer aucune erreur.
Yuya s'assit sur un banc à côté de Mahiro et, après les formalités d'usage, soupira avant de se pencher pour prendre un médicament. C'était devenu plus une habitude qu'un réel besoin. Enfin, c'est ce dont elle se persuadait, toutefois, elle sentait de plus en plus les tiraillements caractéristiques d'une crise. Elle remarqua d'ailleurs qu'il ne lui restait plus énormément de cachets et devrait bientôt retourner voir Akari. Au moment même où elle déglutit, une voix stridente, reconnaissable entre toute s'éleva :
« - Monsieur ! Je croyais que c'était interdit de se doper !? »
Le Roi Rouge n'était, comme à son habitude pas encore arrivé, laissant l'échauffement aux bons soins d'un autre professeur qui, ce jour, était Fubuki. Celui-ci, le visage interrogateur, se tourna vers Saishi pour lui demander de plus amples explications qu'elle ne tarda pas à donner d'une voix sûre et accusatrice :
« - Je l'ai bien vu, ça fait plusieurs jours qu'elle en prend juste avant les cours. A chaque fois, elle se sent mieux et arrive même à faire des exercices que même les meilleurs d'entre nous, c'est-à-dire moi et mes filles bien entendu, sont impossibles à réaliser. Comment sinon expliquer le fait qu'elle ait réussi si vite à faire les pas de la danse des Marquises ? Et pas n'importe laquelle, celle de Ren Edo Fulvoriu ! Je comprend mieux pourquoi elle a été choisi avec l'élite. C'est si facile de se croire la meilleure quand, en réalité, notre corps ne pourrait même pas supporter des pointes sans prendre une quelconque substance ! »
Fubuki ne l'avait pas arrêté dans sa tirade, il était vrai qu'une personne aussi jeune sachant danser la danse des Marquises, combiné au fait que ce n'était pas une Mibu était déjà très dérangeant. Néanmoins, il voulut écouter la demoiselle Shiina avant de prendre une décision :
« - Eh bien ? Qu'as-tu à répondre à cela ? »
La réponse fusa, piquante :
« - Qu'il faudrait savoir faire la différence entre de la drogue et un médicament contre les tendinites ? »
Mahiro, Kyoshiro et Saisei, les seuls à soutenir Yuya, ne purent retenir un rire qui fit monter le rouge aux joues de Saishi. Celle-ci, déjà passablement énervée, se mit presque à hurler pour dire :
« - Monsieur ! Vous connaissez le protocole ! Il faut qu'elle aille voir le directeur ! Tout de suite ! »
Fubuki hésita un instant, avant de choisir la solution de facilité :
« - Mlle Shiina, allez voir Muramasa immédiatement, je vous rejoindrai quand le Roi Rouge sera arrivé.
- Mais ce n'est pas juste ! Ce sont de fausses accusations et je peux le pr...
- Il suffit ! C'est ma classe et vous devez m'obéir ! Dans le bureau du directeur ! »
Ce n'est pas tant le ton de Fubuki qui énerva Yuya au plus haut point, mais le sourire impitoyable et condescendant de Saishi. Elle partit d'un pas furieux, non sans avoir préalablement remarqué les sourires désolés et contrits de ses amis qu'elle remercia intérieurement.
Ω
Cela faisait déjà 25 minutes que la jeune femme attendait dans le bureau de Muramasa, sans avoir décroché un mot. Elle n'avait rien contre cet homme, au contraire, elle l'adorait, toutefois, sa fierté lui disait de ne rien dire et d'attendre la venue de Fubuki. Elle pensait à tous les exercices et les conseils du Roi Rouge qu'elle loupait à cause de cette traînée. Qu'avait-elle fait pour mériter un sort pareil ? Elle ne lui avait rien fait ! Tout ça parce qu'elle sortait avec Kyo et pas elle. La jalousie... C'était vraiment n'importe quoi ! Après encore quelques longs instants d'attente, Fubuki se décida enfin à venir pour éclaircir la situation :
« - Monsieur, je vous prie d'excuser ce désagrément, mais cette élève est accusé de … dopage. »
Yuya ne put retenir un petit rire, à la fois nerveux et sarcastique, à l'entente du mot « dopage ». Dans la bouche de Fubuki, il sonnait pire que la mort. Muramasa, toujours avec son sourire bienveillant, se tourna vers la concernée, rouge de colère pour lui demander son avis :
« - Comme je l'ai déjà dit plusieurs fois en cours, ce sont des médicaments contre la tendinite que j'ai attrapé il n'y a pas longtemps ! J'ai sur moi la boîte et l'ordonnance !
- Montrez là moi je vous prie. »
Le ton calme et détendu du directeur eut raison de son énervement et elle était déjà plus sereine quand elle lui tendit l'ordonnance. Celui-ci l'étudia avant de lui rendre non sans l'avoir remercier pour sa coopération. Il se leva ensuite pour ajouter :
« - Bien, je vois que cette affaire n'est qu'un malentendu. Fubuki, vous avez parfaitement suivi le protocole, je vous en suis reconnaissant. Vous pouvez nous laisser s'il-vous-plaît. »
Une fois parti, il continua, à l'intention de la jeune femme exclusivement :
« - Je ne connais pas ce médicament, toutefois, Akari est une très bonne médecin et j'ai une grande confiance en son jugement. Maintenant, je voudrais vous parler de votre proposition de la dernière fois. J'ai rassemblé le comité et ils sont d'accord pour alléger votre emploi du temps en classique pour accorder vos trois types de danse, moderne avec Yuan, classique avec Hishigi et celles de nuit avec Tokito. Toutefois, comme je vous l'avait préalablement dit, il faudra voir à ce que votre niveau ne baisse pas et que vous correspondiez aux exigences de Tokito. »
Aussitôt, la colère de la jeune femme fut dissipée et un immense sourire lui éclaira la visage. Elle avait vraiment envie de se diversifier et elle savait que c'était primordial pour une personne comme elle, sans connaissance dans le monde artistique et sans la famille Mibu pour la soutenir. Elle remercia chaleureusement le directeur avant de lui promettre de faire du mieux qu'elle pourrait et de passer dans le courant de la semaine pour chercher son nouvel emploi du temps.
Quand elle rentra dans la salle, son moral redescendit aussitôt qu'il était monté, face aux regards haineux et des moqueries pas très discrètes :
« - T'as vu ? Elle oses revenir !
- Après avoir déshonoré Nelya...
- Elle devrait avoir honte !
- Ce n'est certainement pas une vraie danseuse !
- Moi qui l'enviait pour ses prouesses... »
Ces moqueries, Yuya les balaya, la tête haute. En apparence seulement. Chaque phrase, chaque mot prononcé était comme une plaie ouverte et le regard satisfait de Saishi était le sel qu'on versait à vif sur ces blessures. Seulement, jamais elle ne leur montrerait à quel point elle avait été blessée. Jamais. Encore plus depuis qu'elle était avec Kyo, la fierté était quelque chose de très important pour elle, l'empêchant d'être aller se prostituer quand elle avait eu cruellement besoin d'argent. Elle commença donc ses échauffements sous le regard sévère de son mentor.
Ω
Le soir, la jeune femme descendit les marches de Nelya en ignorant la pique lancée par la garce suprême qu'était Saishi :
« - J'espère que c'est la dernière fois que tu foules ses marches sale droguée ! »
Un chauffeur de taxi lui faisait signe et quand elle monta dans le taxi, elle ne put s'empêcher de faire la moue en voyant que l'autre passager était Akira. Celui-ci était au moins aussi énervé qu'elle par la situation et la moitié du trajet se passa dans un silence glacial avant qu'Akira ne lance un juron au chauffeur pour avoir pilé suite à un refus de priorité. A voix basse, Yuya ne put s'empêcher de dire :
« - Toujours aussi aimable... »
Le jeune homme fit s'arrêter le taxi en hurlant, dans un crissement de pneus avant de tourner la tête vers la danseuse :
« - J'en étais sûr que j'aurais pas du venir ! Mais pourquoi t'es aussi désagréable ? On est là pour te protéger et tu fais que nous gueuler dessus, t'es tout le temps en train de hurler ! Pas étonnant que Kyo t'ait toujours en tête avec tes hurlements à gogo ! Même quand tu n'es pas là, je n'arrive pas à te faire sortir de mes pensées ! Et quand je viens te chercher parce qu'on me l'a ordonné, tu oses en plus de ça m'emmerder ? T'es franchement pas croyable comme fille. Tu vaux rien de plus que toutes celles qu'il avait avant. Te leurres pas ! Maintenant, vu que t'es pas contente, barre toi d'ici et démerde toi pour rentrer ! »
Yuya avait furieusement rougi de colère face à ces paroles mais ne dit rien. Elle se contint jusqu'à ce qu'elle soit descendue et que le taxi soit à une bonne distance devant elle. Arrivée à ce moment, la jeune femme hurla, se fichant ouvertement des passants qui la regardait comme une folle. Elle n'aurait pas pu rêver pire jour. Enfin c'est ce qu'elle croyait quand la pluie se mit à tomber et que l'orage gronda, menaçant.
Ω
La danseuse était trempée, furieuse et avait mal aux jambes. Elle avait parcouru des kilomètres pour retourner à l'appartement de Kyo situé dans le quartier Cendres. Akira aurait été en face d'elle qu'elle l'aurait volontiers étripé. Elle passa devant la boîte aux lettres et prit le courrier qu'elle regarda directement sur place, histoire de se calmer un peu les nerfs avant de voir trop de monde. Une enveloppe attira son attention et elle l'ouvrit en montant les marches. Loin de la calmer, l'intitulé de l'invitation la fit entrer dans une rage folle. Jamais elle n'oserait laisser faire ça ! Sous ses doigts crispés, le papier plia dans un froissement, déformant les lettres qui indiquaient en grand : « Vous êtes l'heureuse invitée du dîner de répétition du mariage de Mlle IGA Mahiro et de Mr MIBU Chinmei. »
