J'ai honte mais depuis que mon papa a été embarqué en urgence/stagné un mois à l'hopital et maintenant que je suis son elfe de maison personnel, j'avais vraiment du mal de combler mon retard (et pas mon tetard comme j'avais noté il y a cinq secondes ^^)

Mais nous y voici! ET je pense que vous allez aimer!

Ne désespérons pas, cette fic avance doucement mais la fin n'a jamais été aussi proche ^^

Excellente lecture à tous!


Chapitre 21: Le bonheur des dimanches en famille


L'appartement de Lois est une ode à la vie de célibataire endurcie. J'ai toujours été stupéfaite de constater que ses amis n'ont jamais réussi à apposer leur marque dans cet environnement féminin. Ni brosse à dents ni rasoir. Pas même un pull oublié.

Ma cousine était une déesse du célibat. Même quand elle était en couple. Mais depuis qu'elle avait appris qu'elle était enceinte, Lois voulait profiter un maximum de ses derniers mois de tranquillité dans un environnement qui lui correspondait. Ce qui faisait que son appartement était désormais plus girly qu'un magasin de jouet pour gamines. Et Clark se réjouissant d'être un ado attardé encore quelques temps avec Gavin, était parfaitement d'accord avec ça. Chacun sa vie la journée, bonheur à deux le soir et coups de téléphones super fréquents pour se retrouver ci et là. Ils étaient faits l'un pour l'autre et c'était stupéfiant à voir. Cela aurait d'ailleurs pu être rageant si je n'avais pas Lex.

Alors que Lois envahit son espace, je me permets de regarder ce qui traine à terre. Des livres, des dvd romantiques et inavouables, un soutien-gorge très sexy, un paquet de cookies entamé… C'est le paradis !

D'un geste, je balance mon sac, ma veste et mon pull, quitte à être ici, autant être à l'aise ! Vivre chez Lois à la 'mort' de mon père avait été une plongée dans l'inconnu. Tout ce que je n'avais jamais vu chez moi depuis que ma mère avait mis les voiles s'étalait alors sous mes yeux. Bon, cela ressemblait fort à ma chambre d'adolescente mais il y avait tout de même un charme unique dans cet appartement. Et j'avais appris à être… femme. Enfin, si je pouvais dire cela la vingtaine à peine entamée. Lois était plus qu'une cousine. C'était aussi simple que ça, elle était ma marraine la fée à elle toute seule.

Si on exceptait qu'elle était vraiment moins féérique et un poil plus perverse que la version Disney mais je m'égare.

Tout en soupirant de bonheur lorsque mes jambes épuisées par la longue et interminable montée de marches entrèrent en contact avec la douceur du canapé, je regardais Lois. Elle semblait à l'aise. Son ventre devenait légèrement rond. Tout en douceur.

C'était un peu affolant de voir qu'elle allait avoir sa vie à elle. A elle et Clark en fait. Et le bébé. Mini Lois – je suis sûre que ce sera une fille ! – a une chance de malade en tout cas. Et moi dans tout ça, je n'aurais que les dimanches en famille… Mince ! Bon, annonçons-lui la bonne nouvelle avec délicatesse.

- Lois, tu vas me détester.

Simple efficace et assez délicat pour une femme enceinte. Enfin, je crois. Lois hausse un sourcil en ricanant.

- Mais non. Tu sais bien que non. Je t'aime trop pour ça.

- Pas assez pour ce que je dois te dire. » J'affirme piteusement.

- Chloé, si tu as fini la boite de cookies, je t'assure, ce n'est pas grave, je m'en doutais. Tu ne peux pas résister à un cookie. C'est génétique.

- Mais non ! Elle est intacte ta boite ! » Je m'exclame vexée, je n'en ai mangé que deux et je suis pratiquement sûre qu'il en reste. Pratiquement. « Je te parle de papa !

- Comment ça ?

Là, elle commence à se douter que cela ne va pas lui plaire. Elle se redresse légèrement, prête à fuir avec bébé.

- Il impose un repas dominical.

- Bon courage ma poule, tu vas souffrir.

Elle semble vraiment désolée pour moi. Mais elle ignore encore qu'elle est impliquée jusqu'au cou.

- Toi aussi…

- Ne me dis pas que… » Elle réalise lentement ce que cela implique. « Chloé, non ! C'est hors de question !

- Il impose.

- Non.

- Et je compte riposter dès dimanche. Je ne vais pas me laisser faire ! » Je grogne.

- Tu comptes faire quoi ? Critiquer sa cuisine ? » Demande-t-elle soudain. Les mauvais coups aux repas de famille, c'est sa spécialité.

- Je compte amener Lex contre son accord.

- Oulah. T'es vraiment sûre de toi sur ce coup ?

- Ouais.

- T'es pas bien.

- Si, j'assume parfaitement.

Mensonge ! Mensonge ! Je suis une horrible menteuse !

- Il faut que je voie ça. Et pourquoi ne m'a-t-il pas invitée en personne ?

- Parce que je dois le faire. Et il n'y aura pas que toi. Il y aura aussi Clark, Gavin et Alice.

- Ca va être un cauchemar. Il va nous assassiner, c'est la seule explication logique… Une dinde empoisonnée peut-être ? Ou un dessert à l'arsenic… Hummm sa vengeance va être terrible.

- Ouais.

- J'ai hâte d'y être !

- Mais Lois ! Ca va être atroce ! Imagine les dégâts que cela va avoir sur le bébé ! Les hurlements de papa vont le blesser !

- Ca me préparera à l'accouchement. Et mini moi sera aussi préparé. Il parait que c'est pire que toutes les souffrances du monde. Je m'entrainerai grâce à ce… repas familial. Et dis-toi que je ça ne pourra pas être pire que lorque mon père va découvrir que je suis enceinte, pas mariée et ne vivant même pas en concubinage avec Clark. Ca, ça va être la fin du monde.

- Ah, étrange raisonnement mais ok. Par contre…

- Quoi ?

- Tu vas pas aimer.

- Dis.

- Tu ne vas vraiment, vraiment pas aimer.

- Chloé Sullivan…

- Lucy sera là.

- Adieu monde cruel !

- Ouais.

- Tu vas me devoir une énorme faveur. Du genre accoucher à ma place.

- Je serai ta mère porteuse.

- Bien, brave Chloé. Je n'en attendais pas moins.

Bon, j'avoue, je ne peux pas porter le bébé de Lois à sa place – nous nous sommes renseignées par téléphone, le médecin nous a ri au nez, logique – mais au moins, être son esclave personnel est supportable. Donc, entre deux massages de pieds douloureux, Lois accepte que je continue ma relation étrange avec Lex.

- Chloé, chou, dis moi donc, toi et le crâne d'œuf…

- Ne va pas plus loin ! Je te vois venir avec tes…

- Mes quoi ?

Règle numéro une du manuel 'ma cousine est enceinte', ne pas insinuer ou prononcer ou penser à des choses telles que 'grande, grosse, imposante, énorme' et ses dérivés. De ce fait, non, je ne finirai pas ma phrase par tes grands sabots. Désamorcer la bombe et en douceur.

- Tes adorables petites insinuations douteuses.

- Je ne vois même pas de quoi tu parles, je te demandais juste de me raconter ta vie sexuelle extrêmement satisfaisante. Parce que, vois-tu, la mienne de vie sexuelle est plate et sans le moindre intérêt vu que j'ai un ado qui squatte l'appart de mon chéri et qu'Alice vit pratiquement chez moi depuis que tu n'es plus aussi disponible pour la faire réviser.

- Lois, dimanche, je garde les marmots et tu… feras ce que tu veux faire avec Clark. Et non, je ne voudrai pas savoir de quoi il s'agit !

Bon, j'avoue, elle doit avoir oublié qu'il y avait des chances monstrueuses pour que mon père me tue et me serve à la place de la dinde qu'il avait prévu.

- Vendu !

Et puis, ma vie sexuelle – qui est satisfaisante au-delà de toutes mes espérances les plus folles – ne la regarde en rien. Et lorsque Clark aura… Enfin, disons simplement qu'ils auront passé un peu de temps sous la couette, elle ne pensera plus du tout à ce sujet. Lex et moi pourront continuer nos ébats jusque dimanche. Et arrivera ce qu'il doit arriver. Simplement.

- Et en parlant de vie sexuelle…

- Lois ! » Je grogne. Cette fille est une obsédée et ses hormones n'aident en RIEN à calmer cette tendance chez elle.

- Matelas !

- Quoi matelas ?

- Le gang des matelas. On a une piste.

- Je croyais que cette partie de l'affaire avait été complètement effacée du dossier faute de preuves ?

- Yep, c'est le cas. Mais Clark les a retrouvé grâce à Gavin et son sens aigu des trucs foireux dans de la comptabilité. J'adore ce gosse.

Je n'ai pas le temps de répliquer quoi que ce soit. Non. Aline rentre dans l'appartement avec une décontraction qui frise le crime. Non mais elle prend de plus en plus ses aises.

- Chloé, pas la peine de râler contre elle, elle est avec nous. » Me prévient Lois d'un regard à vous glacer le sang.

- Moui… » Je marmonne alors.

Ce n'est absolument pas mon genre de râler. Je ne vois même pas… Oh la saloupiote d'Aline ! Oser me voler MON fauteuil fétiche chez Lois !

- Chloé…

- J'ai rien dit !

- Continue comme ça. Aline, quelles sont les nouvelles ?

- Vous n'allez pas aimer.

- Ca ne m'étonne même pas, allez, déballe ton sac, Carpette !

Elle lève les yeux au ciel devant ma mauvaise humeur mais obtempère quand même. Et effectivement, un truc louche se prépare.

- Je n'ai pas pu avoir accès aux documents, elle les a mis dans son coffre personnel. Mais je sais qu'ils ressemblaient à des titres d'achats et de ventes. J'ai bien vu qu'elle avait peur que je lise ces papiers. Elle était sur ses gardes et m'a congédiée. L'homme avec elle était plutôt grand, très baraqué et avec un accent… C'était très étrange, j'aurai dit russe ou slave.

- Tu en es certaine ?

- Non. Pas pour l'accent, pour le reste oui. Elle cherche à écouler ses possessions ou du moins les transférer dans d'autres mains.

- Elle aurait besoin d'argent ?

- Non. Ca, j'en suis sûre, ses affaires sont florissantes. Et pas qu'un peu. Elle dissimule des choses.

Lois plisse les yeux, signe de concentration.

- On va devoir agir. Il nous faut un de ces documents. Pas l'original. Si on lui vole, nous n'aurons plus de légitimité au niveau judiciaire. Une simple copie nous permettrait de savoir ce qu'elle veut faire et surtout, savoir à qui elle compte transférer ses possessions.

- Démerdez-vous, je ne peux rien faire. » Affirme la Carpette volante.

Question lâcheté, elle se pose là !

- Toi non… Mais mémé Chapeau et ses cousines pourraient faire impression…

Lois avait préparé son coup. Ah qu'il est bon de voir qu'il y a des choses qui ne changent pas. Les oiseaux volent, Andréas complote et Lois tente de manipuler tout le monde. Merveilleuse planète.

- Hors de question. Elle me connaît trop. Elle va flairer l'embrouille. » La demoiselle agite les mains en signe de dénégation. « Hors. De. Question.

- Sauf si Chloé y va aussi et détourne son attention.

- Avec elle ?! » Je m'insurge. Non non non ! « Je ne ferai pas équipe avec… elle ! » Je m'exclame comme si cela expliquait tout.

- Hors de question.

- Bon, les filles. Vous ne vous appréciez pas. On a compris. Maintenant que c'est fait, il va falloir apprendre à aller au-delà de la première impression.

Regard noir, dos bien droit, Lois nous toise. Seigneur, elle devient une personne… raisonnable ! Mon pauvre, pauvre petit neveu – ou nièce, si tu savais ! Aline perd un peu de sa superbe. Je me tasse aussi. Mon instinct de survie refait surface.

- D'accord. » Je marmonne alors qu'Aline de son côté hoche la tête. « Je peux voir avec Luthor pour me rendre dans vos bureaux.

- Et je me démerde comment, moi ?

- Fais-toi porter pâle. Et tu entres là et tu…

- C'est sûr qu'une vieille va passer comme une lettre à la poste. Comment je justifie ça ? Hein ?

- Femme de ménage ! » Je m'écrie alors.

Je n'en reviens pas d'y avoir pensé plus tôt ! C'était tellement évident ! Lois me regarde comme si j'étais un extraterrestre et Aline aussi, si j'en crois sa bouche grande ouverte. Mais bon, je ne sais pas si elle est vexée ou ébahie. Elle me fixe étrangement en tout cas, ça c'est sûr.

- On pourrait agir à la fermeture des bureaux. Enfin juste avant. Et tu peux débarquer avant qu'elle ne parte histoire de la chasser plus vite. Mais je vais quand même devoir prendre la place d'une autre personne. Le personnel est recruté via une agence générale et je sais qu'ils sont très méticuleux.

- Clark se chargera de la personne… disons 'originale'. Tu devras la copier mais je pense que tu pourras t'en sortir. » Affirme Lois dans un sourire.

- Oui. C'est une bonne idée. Si on ne se fait pas prendre.

Avant que vous n'hurliez au scandale, n'oubliez pas que Lois est dangereuse, qu'elle a un regard noir et… Oui, bon, j'avoue, j'ai essayé de faire un effort et ce qui devait arriver arriva…

- Je suis sûre que tu vas t'en sortir comme un chef, Aline !

Oui. J'ai dit ça. Carrément. Je m'étonne moi-même. Mais pas autant que les deux filles qui me fixent d'un air paniqué.

- Elle a vraiment dit ça ? » S'enquièrent les filles. Semblant se mettre d'accord qu'elles ont toutes deux eu la même hallucination auditive, elles recommencent à me fixer. « Tu vas bien, Chloé ?

Cette charmante conversation s'arrêta bien vite. Daniel vint récupérer son amie, Lois me mit à la porte en me conseillant de ne plus prendre des médicaments étranges et je finis par rentrer chez moi.

Pour ceux que ça intéresserait, mon samedi se passa merveilleusement bien. J'avais décidé que quitte à ce qu'il soit le dernier dans ma courte existence, autant ne pas faire les choses à moitié. Je crois même que je n'ai pas quitté de l'après midi le lit de mon petit ami. Je ne le crois pas, en fait, j'en suis certaine. Et il n'a pas eu l'air de s'en plaindre – trop conscient qu'il risquait lui aussi sa vie. Ou appréciant la vue, allez savoir !

Enfin… Ca, c'était hier.

Et là, à l'autre bout de la table, j'entends un début de conversation civilisé entre Lois et sa sœur. Bon, j'avoue qu'il est question de noms d'oiseaux et de reproches en cascade mais bon, on ne peut pas tout avoir. Papa fixe Lex avec son pire regard tandis que Gavin griffonne sur sa serviette de table. Je suis prête à parier qu'il tente de les psychanalyser.

La crise est proche, je le sens. Ca flotte dans l'air. Il y a de très mauvaises ondes ici.

Etonnamment, mon père a laissé Lex entrer. Bon, il était tellement sonné qu'il n'a pas dit un mot et j'ai du le pousser un peu beaucoup pour passer. Mais oui, il ne l'a pas encore mis à la porte, je pense que c'est un bon point. Dix minutes et pas encore de meurtres, c'est beau !

Mais maintenant que nous sommes tous à table, attendant le repas, j'ai l'impression que mon père va faire un scandale. A moins que ce soit Lucy et Lois qui vont se jeter la nourriture à la figure – cette théorie est la plus probable si on se réfère aux Noëls des… disons, aussi loin que je puisse m'en souvenir. Gavin continue à écrire frénétiquement. Je me demande sérieusement ce qu'il mijote. Clark semble hésiter entre calmer sa douce et tendre et arracher le livre de droit pénal des mains d'Alice qui se préoccupe assez peu de ce qui se passe autour d'elle.

Lex me fait du pied sous la table et je n'ose pas bouger d'un cil. Oh mon dieu ! Et il sourit ce crétin ! Il sourit ! Il est fou ! Suicidaire ! Non mais vraiment ! Luthor ! Un peu de dignité avant de mourir ! Sois fort ! Courageux ! Pas... pas si haut le pied !

Papa se lève brusquement et je sursaute horriblement. Culpabilité. Faites qu'il n'ait rien compris à ce qui se trame sous sa nappe !

- Tu vois que tu n'es pas à l'aise avec lui ici. Mais assume ma fille. Assume ta trahison… Judas !

Il ne me laisse pas le temps de répliquer avant de filer en cuisine. Il va chercher les entrées.

Je mange tout sans prêter attention et Lois me demande depuis quand je mange avec tant d'entrain les endives. Je balaie sa question d'un geste de fourchette et Lucy en profite pour donner son avis sur la grossesse hors mariage de sa sœur.

- C'est vrai qu'on se serait attendu à un tel comportement venant de toi, Lucy, Lois a réussi à te griller pour le coup.

Des cris outrés me parviennent et j'avale encore une cuillère de ce mélange étrange d'endives. Je suis tellement stressée que je sens à peine le goût.

Idem pour le plat. Le pied de Lex monte, monte, monte et je mange, mange, mange pour oublier.

Seigneur, qu'ais-je fait de mal ?

Question rhétorique. La liste serait trop longue à énumérer.

Je me propose pour aller chercher le plateau de fromages. Voilà maintenant une heure que le conflit se prépare et rien ! Rien du tout ! Lex et mon cher papa n'ont pas échangé un mot. Pas un. Pas de menaces. Rien. C'est de la torture ! Gavin se marre dès que je sursaute et Clark essaie de me rassurer avec des regards absolument pas rassurants.

- Tu te rends compte que c'est un possible récidiviste ? » Me demande insidieusement papa alors que je tends un couteau à fromage à Lex.

- Papa !

- Ma douce, je ne fais que t'informer. Mais si tu veux un bad boy pour réchauffer tes draps, tu aurais pu prendre un autre homme. Ou une femme ! Tu n'as jamais envisagé une relation avec une femme ? » Me demande perfidement mon père.

- Papa !

- Quoi, je suis ouvert à toutes les possibilités. Toi avec une femme, ça serait probablement le plus beau jour de ma vie. Loin de ce Luthor.

- Arrête ça tout de suite.

- C'est ce que je me tue à te dire.

- Lex, coupe le fromage. » J'ordonne brusquement et il s'exécute. Me défendre serait superflus, je suppose ?!

- Assassiner un pauvre camembert… Tu le pousse au crime, chérie. » Continue mon père.

Cette fois, c'est de trop. La goutte d'eau hors des limites de ma patience ! Et c'est le drame.