Et voilà, nous en sommes à l'avant dernier chapitre. J'espère que vous n'allez pas trop me detester lol ! Cette fic était, je dirais, la plus ambitieuse que j'ai faite. J'ai essayé d'instaurer une atmosphère particulière, presque bizarre. Apparemment, au vu de vos avis, c'est réussi et j'en suis heureuse. Merci pour votre suivi !


Chapitre 20

Snape discutait avec Minerva lorsqu'il tourna machinalement son regard vers sa droite. Il vit les prunelles d'Hermione, et ne sut comment les interpréter.

Il avait beau se fustiger, et se flageller durant des mille et des cents, cela n'enlèverait en rien ce qu'il avait commis la veille.

« Severus, répéta une nouvelle fois Minerva en essayant de capter son attention.

_ Quoi ? Grogna-t-il en redirigeant enfin son visage vers sa collègue.

_ Plusieurs troupes ont été repéré à des endroits stratégiques. »

Le maître des potions grogna en guise de réponse. La bataille ne devrait plus tarder et il sentait l'étau de la guerre se refermer sur lui comme un funeste et terrible destin. Seulement, il n'avait pas prévu d'entraîner qui que ce soit avec lui. Hermione. Elle venait bousculer tous ses plans.

Alors qu'il se sentait plus qu'agacé, celle occupant justement l'ensemble de ses pensées vint se poster à ses côtés sans un mot. Il ouvrit alors la bouche, prêt à répondre à sa collègue, mais aucune phrase ne sortit de sa bouche. La Gryffondor plissa le regard avant de lui donner un coup dans le pied qu'elle voulait discret. Mais rien n'échappa au regard avisé de la Directrice qui se racla la gorge et insista d'autant plus son regard vers le maître des cachots.

« Severus.

_ Hé bien faites en sorte que personne ne bouge de son poste. »

Ils s'apprêtaient à partir avec une synchronicité surprenante, et ils affichaient, presque sans pudeur, une complicité flagrante, Snape et elle se regardant avec une lueur dans le regard reconnaissable entre milles. Tant que Minerva gronda.

« Miss Granger ! Professeur Severus Snape ! s'écria la sorcière d'un air outré. »

Le dernier appelé leva un sourcil de consternation en se tournant lentement vers la sorcière.

« Minerva. Tenez-vous vraiment à radoter alors que nous allons peut-être tous mourir dès ce soir ?

_ Je ne me laisserais pas avoir par ton pessimisme. Tout ceci est hors de…

_ Est-ce que tout cela à tant d'importance ? »

La voix fluette d'Hermione venait de couper court à toute joute verbale et sa directrice la fixa avec une lueur bien étrange dans le regard. La jeune femme ne laissa pourtant pas tomber son flegme légendaire et se redressa en se raclant la gorge.

« Je pense qu'il y a des choses bien plus graves qui nous attendent, professeur McGonagall. »

La sorcière ferma les yeux, partagée.

« Nous nous protégerons, ayez confiance. »

Hermione ne put s'empêcher de regarder le professeur de potions, lui adressant un très faible rictus. Minerva soupira de lassitude avant de rouvrir les yeux. La situation était devenue hors de contrôle… Mais son élève avait raison. En ces temps sombres, et après avoir découvert la nature de son collègue, peut-être que tout cela n'avait pas tant d'importance après tout.

« Faites attention à vous, murmura la professeur de métamorphose. »


Snape traversait les couloirs à une rapidité ahurissante, suivi de prés par Hermione.

« Bien, a-t-il un plan ?

_ C'est de Harry dont on parle. Les plans ne lui ont jamais bien réussi, sortit-elle d'un regard entendu. »

Son interlocuteur grogna, balayant son regard partout, sur le qui vive.

« Allons, il doit bien avoir une vague idée de ce qu'il va faire ! Enragea-t-il.

_ Trouver le diadème de Serdaigle et le détruire.

_ Oh comme c'est tâche aisé, autant dire que nous aurons peut-être le temps de bruncher et de prendre un petit thé en compagnie de Voldemort après cela, gronda Snape en la fusillant du regard.

_ Je n'y suis pour rien s'il est aussi têtu qu'un détraqueur devant un dépressif en phrase terminale. »

Hermione s'arrêta soudain dans sa marche et ricana. Snape se figea deux mètres plus loin en l'observant d'un air colérique.

« Vous avez vu ? J'ai fais une plaisanterie sur mon monde imaginaire, c'était très bien trouvé et je ne l'ai même pas fait exprès ! »

Pestant contre le monde entier, il se dirigea vers elle à grandes enjambées, puis lui saisit le bras afin de continuer son chemin.

« Et nous ?

_ Disons que j'ai imaginé la chose suivante : ne pas se faire tuer.

_ Quelle ingéniosité, et vous vous moquiez donc de Harry ?

_ J'aimerai m'accorder le soin de tuer Bellatrix. Ou que vous le fassiez. Peu importe. Nous partageons la même baguette, ce sera soit de ma main, soit de ma voix ce qui me convient parfaitement. »

La voix du maître des cachots se faisaient plus rapide, hachée, précipitée même. Il était nerveux. Et à juste titre.

Enfin, il parvint à l'extrémité des cachots, renfermant ses Serpentards. Minerva avait eu le bon sens de les envoyer ici plutôt que la plupart voient leurs parents se faire tuer. Ils étaient accompagné des plus jeunes et il fit en sorte d'ignorer les pleurs qui lui parvenaient aux oreilles d'élèves apeurés.

Alors qu'il se sentait tendu, une main se posa sur la sienne. Elle était chaude et tendre. Elle serra son emprise et il lui répondit, gardant une moue indifférente, cachant ses émotions comme il l'avait toujours fait.

« Tu ne veux pas rester avec tes amis ? Combattre à leur côté ?

_ Je ne peux pas, tu as ma baguette.

_ C'est une excuse si pratique. Et c'est ma baguette, rectifia-t-il.

_ Il faut bien que nous restions ensemble. Harry est protégé, contrairement à toi.

_ Je n'ai pas besoin de chaperon ! Lâcha-t-il en secouant les mains en l'air. »

Hermione le fusilla du regard, mais le sorcier ne sourcilla pas d'un iota. Pire, il haussa un sourcil en penchant la tête.

« Quoi ?

_ Et si nous mourrions ? Murmura-t-elle.

_ Ça suffit, gronda-t-il.

_ Je veux que nous exécutions notre plan.

_ Il en est hors de questions.

_ Mais Severus !

_ J'ai dis non !

_ Je ne comprends pas en quoi c'est une si mauvaise idée.

_ Cela bousillerait ta vie.

_ Ça nous sauverait.

_ Nous ne sommes même pas certains que ça marcherait.

_ Je le sais, c'est tout.

_ Le contraire m'aurait surprit. »


Cela faisait des heures et des heures, que tous combattaient d'un courage acharné. Les cachots étaient plutôt surs, mais Snape tout comme Hermione avaient refusé de garder cette position, terré, entendant ces cris de détresse et les murs exploser. D'un commun accord, ils étaient venu en aide aux élèves comme aux professeurs.

Se frayant un chemin à travers les corridors détruits, Snape intercepta de justesse un sort destiné à Lupin.

Ce dernier lui accorda un hochement de tête avant de reprendre le combat.

La hache de guerre avait été probablement enterré par ce simple geste, mais une autre faisait rage, plus cruelle, plus féroce et sanglante que jamais.

Snape envoyait des informulés, se relayant sur leur baguette, tentant de faire le moins de dégâts possibles. Leur seule alternative était de parer les sorts sans en prononcer un seul, de peur de blesser des alliés précieux autour d'eux.

Mais cette méthode s'avérait aussi fatigante qu'inefficace. Et lorsque Hermione se fit blesser au bras, hurlant de douleur, Snape se mit à élaborer un nouveau plan. Ils avaient besoin de répit et il devait absolument soigner cette plaie qui saignait en abondance.

Dans l'espoir de trouver un semblant de calme au détour de la Forêt, ils étaient parvenu à se frayer un chemin jusqu'à sortir du château.

« Severus, gémit la jeune femme en se tenant le bras ensanglanté. »

Le sorcier passa son bras valide derrière sa nuque et la hissa jusqu'aux ruines de la cabane d'Hagrid, presque entièrement détruite.

« Donne-moi ton sac, et dis-moi que tu as tout prévu.

_ Je ne suis pas une novice, grogna-t-elle en lui tendant la petite sacoche. »

Alors qu'il soignait sa coupure comme il le pouvait, un cri pourfendu l'air.

Voldemort.

Hermione comme Snape se fixèrent, à la fois satisfait et inquiet.

« Je suppose qu'Harry a détruit le diadème.

_ Il ne reste plus que le plus difficile.

_ Voyez-vous cela. »

Hermione se figea de terreur tandis que Snape se mit devant elle, la protégeant du regard de celle qui avaient interrompu leur échange.

« Bella.

_ Severus. Tu as beaucoup déçu le maître. »

Ce dernier tâta discrètement sa poche et ferma les yeux en pestant. Sa baguette de s'y trouvait plus. Et il tenait une Hermione terrifiée dans le dos, sans doute incapable de bouger voire même de, ne serait-ce qu'ouvrir les yeux.

« Il n'y a pas de « maître ». Juste un fou furieux aux commandes d'une immense jeu de stratégie auquel je ne souhaite pas faire parti.

_ J'ai dorénavant une nouvelle mission. Sache que le maître a été si horrifié de ta trahison que je ne suis plus devenue qu'une sous-fifre pour lui. »

Bellatrix s'avança vers eux et, en toute discrétion, Snape porta sa main vers celle de la jeune femme en la serrant.

« Une sous-fifre ! Moi ! Tu as détruit ce pour quoi je me suis battue toute ma vie, pour une sang-de-bourbe. »

En rage à propos de l'utilisation de ce nominatif, le maître des potions ne put s'empêcher de se lever et de faire face à la sorcière.

« C'est ta perversité qui t'as mené à ce stade.

_ Endoloris ! »

Le sort avait été jeté si rapidement, avec tant de rage, tant d'amertume que Snape tomba au sol, écrasé par le poids de la douleur. Hermione, recroquevillée, anéantie, tentant à tout prix de se défaire de ses démons.

Les visions continuaient de s'entrechoquer dans son esprit. Isabelle, Bellatrix, Severus, Harry, Poudlard, l'hôpital, le Docteur.

Elle n'était plus sure de rien et c'était comme si ses certitudes s'envolaient pour faire place à un océan de perdition. Mais la sorcière, elle, n'arrêtait pas ses desseins, bien au contraire. Cela durait, durait, encore et encore.

Sans défense, au sol, Snape ne parvenait plus à serrer les dents. Alors il hurlait. Si fort, que cela vrillaient les tympans de la Gryffondor qui se bloqua les paumes contre les oreilles. Où était passé son courage ? Elle n'en savait rien.

Mais ses jambes refusaient de lui obéir. Lorsqu'elle releva le regard, elle peina à soutenir cette vision.

« Regarde ma chère petite Gryffondor, comme ton Directeur est fort. Endoloris !

_ Non, murmura-t-elle, la voix étranglée. »

Hermione ferma les yeux.

« La sacoche. »

Puis, elle les rouvrit. Snape, les poings serrés, en sueur et perdu semblait au bord de la folie. Dans une dernière tentative, il gigota et se hissa de quelques centimètres vers elle.

« S'il te plait, murmura-t-elle, d'une voix que Bella ne put entendre à cause de ce sort qu'elle se plaisait tant à prononcer. »

Cette fois, il eut si mal qu'il crut se perdre. Depuis combien de temps était-il là ? 10 minutes ? 30 minutes ? 1 heure, peut-être 2 voire même 3. Il ne parvenait à le définir, mais il lui semblait subir cette torture depuis une éternité.

Une éternité qui ne cessait pas.

Encore connectée à elle, il avait tenté de lui faire passé le message. Mais était-il seulement parvenu ? Il ne parvenait même plus à sentir une ombre de magie dans les veines.

Puis, il eut une seconde. Une maigre, très maigre seconde de latence, durant laquelle Bellatrix s'apprêtait à prononcer de nouveau le sort. Durant laquelle il ne ressentit plus aucune douleur.

« Fais-le. »

Non. Elle ne le pouvait pas.
Elle était incapable de soutenir ce tableau.

Dans un élan de courage, Hermione se précipita sur sa petite sacoche tombé deux mètres plus loin. Et sans réfléchir, se saisit de la baguette de son professeur et la pointa sur lui, déterminée.