Exceptionnellement pas d'avant-propos… Enfin si, mais un tout petit pour dire qu'il n'y aura pas d'avant-propos… Ce qui est assez débile maintenant que j'y pense. Bon tout ça pour dire qu'il y aura par contre un « après-propos » (je ne sais pas si ça se dit) afin d'expliquer et de justifier ce que je vais dire dans ce chapitre. Bonne lecture et rendez-vous à la fin du chapitre.

Si quand même une chose : Clow-sama m'a fait remarquer que j'ai dis (au moins) une bêtise dans le chapitre XVII. J'ai relu et, à ma grande honte, c'est vrai. J'y dis, en gros, que les types du Nouveau-Monde sont du niveau d'Ao Kiji. C'est grandement exagéré, c'est un raccourci. Je voulais dire que certains étaient du niveau de l'Amiral bien sûr, pas que tous les gens qu'ils affronteraient dans le Nouveau-Monde seraient de se niveau. Mais, je maintiens quand même que leurs ennemis seront d'une autre trempe que ceux qu'ils ont affrontés jusque là. En tout cas voilà, erreur rectifiée. Gomen nasai (je crois que c'est comme ça qu'on dit).

Et bien pour quelqu'un qui ne devait pas faire d'avant-propos…

Chapitre XVIII-2 : Seule ?

Une fois n'est pas coutume le silence régnait sur le Thousand Sunny. Les Mugiwaras écoutaient l'histoire de Soraya, sans l'interrompre. La jeune femme se taisait depuis quelques instants, depuis son incroyable confession. Elle reprit finalement son histoire.

Tétanisée par son geste elle était restée immobile, toujours agrippée à la poignée de l'épée, pendant que le Marine rendait l'âme. Il était soudain tombé sur elle. Paniquée, elle avait essayé de la repousser mais il était beaucoup trop lourd. Finalement, au prix d'un effort incroyable, elle avait réussi à le faire rouler sur le côté. Elle avait alors repris son épée. L'horreur de ce qu'elle avait fait la pétrifiait. Elle vit que des soldats, les renforts appelés par sa victime, la regardaient. Elle était couverte de sang, mais ça n'était pas le sien. Comme au ralenti, elle vit Aka Inu, qui avait assisté à la scène, crier et faire des signes aux soldats en la désignant. Elle sentit soudain quelque chose se briser en elle et ses émotions la submergèrent. Elle se mit à pleurer et à hurler sa peine, sa douleur, sa rage, sa honte. Son cri enfla dans l'air. Elle mit toute sa force dans ce cri et sentit à nouveau quelque chose en elle, qui s'échappait avec ce hurlement. Autour d'elle des Marines tombaient évanouis, d'autres se plaquaient les mains sur les oreilles en hurlant de douleur. Aka-Inu regardait la fillette, bouche bée. Comment une enfant si jeune pouvait-elle avoir une telle puissance ! La fillette se retourna soudain et courut, aussi vite qu'elle put, hurlant toujours, sans savoir où elle allait.

« Après, je ne sais pas ce qui s'est passé. Je me suis réveillée dans la forêt, au fond d'un fossé, seule. Je ne savais pas où j'étais, ni combien de temps s'était écoulé. J'étais toujours agrippée à l'épée de mon père. J'étais couverte de sang, j'avais des écorchures partout. Mais, bizarrement, je ne me sentais pas mal, ni fatiguée. Juste… Déconnectée, je ne ressentais plus rien, comme si j'étais dans du coton.

- Le contrecoup, murmura Chopper.

- Sans doute. En fait je me souviens quand même que j'ai commencé à avoir très faim. Alors je me suis mise à marcher, au hasard, et j'ai réussi à revenir au village ».

Ou plutôt ce qui restait du village. Partout ce n'était que scènes de désolation. Il n'y avait plus que des ruines et des cendres qui fumaient encore. Les corps avaient disparus mais l'odeur de sang était encore très forte. Dans les ruines de sa maison elle prit quelques vêtements, se lava et soigna ses écorchures, et trouva un peu de nourriture. Soudain elle entendit du bruit. Quelques villageois qui avaient échappés au massacre revenaient eux-aussi. Elle se cacha. Elle ne voulait pas les rencontrer. Elle préférait que tous la croient morte. Elle entendit un homme dire que des navires marchands, qui ne savaient pas ce qui s'était passé, arrivaient au port. Sa décision était prise : elle allait partir. Elle resta terrée quelques heures puis, quand la nuit fut venue, elle se glissa dans la cale d'un des navires. C'est ainsi que sa fuite commença.

Soraya se tut. Personne n'osait la regarder. Robin lui tenait la main. Nami et Chopper pleuraient en silence. Franky également, et pour une fois personne ne se moqua de lui. Tous étaient choqués par ce qu'ils avaient entendus. Finalement, c'est Sanji qui intervint le premier.

« C'était il y a combien de temps ?

- Douze ans.

- Qu'est-ce que tu as fait après ? demanda Usopp.

- J'ai fui, comme me l'avait conseillé le vice-amiral. De ville en ville, d'île en île. Au début je me cachais. Ensuite, en grandissant, je me déguisais en garçon et je me faisais engager sur les navires ».

Luffy réalisa soudain :

« Attends, le vice-amiral, c'était… ?

- Oui.

- Tu connais grand-père ?

- Je ne le connais pas, il m'a sauvé la vie il y a douze ans mais je ne l'ai plus jamais revu, répondit-elle en remarquant que le jeune homme semblait terrifié quand il évoquait Garp.

- C'est dingue quand même, remarqua Sanji, on dit que le monde est petit mais là…

- C'est vrai, intervint Nami, c'est comme si tu étais… sensée nous rencontrer ! D'abord tu as vécu la même chose que Robin…

- Pas tout à fait…

- Et puis, poursuivit la navigatrice, tu as été sauvée par le grand-père de Luffy ! Ce sont des signes !

- Je ne crois pas aux signes.

- C'est le destin, nee-chan, insista Franky.

- Je ne crois pas au destin.

- Elle a l'esprit de contradiction », murmura Brook à l'oreille d'Usopp qui acquiesça.

Les pirates continuèrent à lui poser des questions, auxquelles elle répondit de bonne grâce. Elle se sentait mieux maintenant qu'elle avait partagé son histoire avec eux. Ils ne manifestaient pas de pitié, ils ne la jugeaient pas non plus pour ce qu'elle avait fait. Elle ne sentait que de la compréhension et du soutien. Elle se rappela ce que lui avait dit Chopper : ils avaient tous connus des drames, ils avaient de lourds passés. Seul Luffy n'était pas satisfait ; elle n'avait pas tout dit.

« Tu n'es pas restée toute seule pendant douze ans ? intervint-il.

- Euh… si.

- Vraiment ? Complètement seule ? Tout ce temps ? insista-t-il.

- Oui, seule.

- Mais comment une gamine de huit ans pourrait survivre comme ça !

- J'ai réussi moi, dit doucement Robin. J'avais le même âge…

- C'est pas pareil », dit Luffy qui s'accrochait à son idée comme un chien à un os.

Sentant la gêne de Soraya, Chopper vola à son secours.

« Et ton père ? demanda-t-il pour changer de sujet.

- Je ne l'ai jamais revu, il doit me croire morte. Il a continué son chemin de pirate.

- Tu le détestes toujours ?

- Non, ça m'est passé très rapidement, il n'y était pour rien en fait.

- Il doit être extrêmement fort pour que les Marines aient déployés tellement d'efforts pour sa capture, remarqua Robin.

- Je ne sais pas trop, j'étais tellement jeune, répondit Soraya pour éluder la question.

- Tu n'as pas essayé de le retrouver ?

- Si, j'ai cherché sa trace pendant plusieurs années mais j'ai appris qu'il avait quitté Grand Line peu après… Tout ce qui s'est passé. Au départ je voulais juste… Le retrouver, parce que c'est mon père, tout simplement. Et puis j'ai grandi et mon but a changé.

- Et c'est quoi ? demanda Zoro.

- Je ne sais pas vraiment. Je me dis toujours que c'est juste pour lui rendre son épée mais en fait je crois que c'est aussi pour lui montrer que j'ai survécu, seule, en échappant à la Marine et aux pirates, et que je suis devenue forte.

- Tu voudrais qu'il te dise que tu es digne de l'avoir, cette épée, dit Robin.

- C'est idiot, je sais…

- On a tous des rêves idiots tu sais, dit Sanji en allumant une cigarette. Moi je cherche une mer qui n'existe pas.

- Moi je veux trouver le remède qui soigne toutes les maladies.

- Et moi je veux aller chanter une chanson à une baleine !

- …

- C'est Brook qui gagne !

- Y a un truc que je ne comprends pas, intervint Zoro. Pourquoi la Marine continue à te chercher depuis tout ce temps ? C'est plus pour que tu serves d'otage ?

- Non, bien sûr. En fait c'est assez compliqué, je ne comprends pas très bien moi-même… Hum comment vous expliquer ? Est-ce que vous avez déjà entendu parler du haki ?

- Vaguement, mais on ne sait pas vraiment ce que c'est.

- Moi non plus mais je vais essayer de vous expliquer à partir de ce que je sais ». Elle se tut quelques instants le temps d'organiser ses pensées. « Je crois que c'est une sorte de force, une… Energie, que certaines personnes ont en elles. Certains ne s'en rendent jamais compte, et ne le développent pas. D'autres apprennent à le maîtriser et ceux-là ont alors une puissance terrible à leur disposition.

- Comme un fruit du démon ?

- Et bien, comme pour les fruits du démon, il existe plusieurs types de haki. En tout cas, c'est ce que j'ai compris. Mais on ne sait pas exactement combien de formes il peut prendre. En tout cas il peut se manifester de plein de façons différentes. Certains arrivent à prévoir des choses, comme des attaques, d'autres voient leur force augmentée. Il paraît que certains en imprègnent des armes même si je ne l'ai jamais vu. Parfois ça se manifeste sous la forme d'un cri, ou d'un regard qui peut faire s'évanouir les gens qui ne sont pas préparés. C'est ce que j'ai utilisé contre les Marines à Shabondy.

- C'est aussi ce qu'a dû utiliser Rayleigh à la vente aux enchères, remarqua Zoro.

- Eh, je me souviens qu'à Fushia Shanks avait fait fuir le monstre marin rien qu'en le regardant ! s'exclama Luffy.

- Exactement, approuva Soraya. Et c'est ce que tu as fait sur la plage, l'autre jour.

- Ah ouais ? Terrible ! Eh je me souviens qu'il s'est passé le même truc sur l'île des Amazones !

- Argh !

- Qu'est-ce qu'il a Sanji ?

- Bah il fait toujours ça quand il se souvient que c'est Luffy qui est allé sur l'île des Amazones et pas lui.

- Ah…, fit Soraya en regardant le cuisinier se recroqueviller sur le sol en position fœtale. Bon, en tout cas, ce que tu as utilisé pour faire ça, je crois que c'est ce qu'on appelle le haki du roi.

- Ouais c'est aussi ce qu'elles ont dit.

- C'est très rare, on dit qu'il n'y a qu'une personne sur un million qui a cette force. Ca donne une puissance énorme à son utilisateur. Sinon, on ne sait pas vraiment comment se transmet le haki, peut-être par hérédité c'est ce qui paraît le plus logique. Mais ce qui est étrange c'est que pour certaines personnes on peut trouver une filiation, par exemple pour moi, et aussi certainement pour Luffy, alors que pour d'autres ça semble apparaître un jour, sans aucune explication. En tout cas c'est indispensable de l'avoir et de le maîtriser pour survivre dans le Nouveau-Monde.

- Bah pourquoi puisqu'on a des fruits du démon ?

- Mais ça ne suffit pas toujours…

- Elle a raison Luffy, intervint Nami. Rappelle-toi Ao Kiji, ou même Smoker. Et ton grand-père. Rien ne dit qu'il n'y a pas d'autres types dans leur genre là-bas.

- Mouais, bougonna le jeune homme.

- Je ne dis pas que ton fruit te sera inutile Luffy, expliqua Soraya, mais tu vois bien que contre les Logias notamment il ne te sert à rien. Si tu maîtrises le haki, ça pourra remplacer une attaque physique par exemple ».

Le jeune homme ne semblant pas convaincu elle insista avec un argument qu'elle savait imparable.

- Luffy, dit-elle avec un petit sourire, tu as déjà entendu parler des quatre empereurs du Nouveau-Monde ?

- Euh… Ouais, il me semble.

- Parmi eux il y a Barbe Blanche et Shanks le Roux.

- Ah oui, grand-père me l'a dit, fit-il en frissonnant comme à chaque fois qu'il pensait à son aïeul.

- Et bien eux deux n'ont pas de fruits du démon, mais ce sont les pirates les plus forts du monde. Et Mihawk non plus n'a pas de fruit, du moins pas à ma connaissance, ajouta-t-elle en regardant Zoro.

- …

- Par contre ils ont un haki terriblement puissant. On dit que le Roux peut faire s'évanouir un équipage entier rien que par la force de sa volonté.

- Terrible !

- Et c'est ce genre de types qu'on va devoir affronter dans la Nouveau-Monde ? s'exclama Usopp qui sentait venir sa maladie du je-ne-peux-pas-aller-là-bas-je-suis-allergique.

- Du calme Usopp, eux ce sont des phénomènes ! Tout les gens que vous allez rencontrer ne seront pas de cette trempe. Mais c'est clair qu'ils n'auront rien à voir avec ceux que vous avez affrontés jusqu'à présent.

- Mais je ne vois toujours pas le rapport avec toi, fit remarquer Zoro.

- J'y viens. Il se trouve que le jour de… l'attaque, après avoir tué cet homme, j'ai utilisé le haki. Je ne savais pas du tout ce que je faisais, c'était juste ma honte et ma peine qui sortaient. Mes émotions ont… Lâché la bonde, en quelque sorte, à la force que j'avais en moi sans le savoir. Je ne m'en suis pas rendu compte sur le moment mais je l'ai utilisé sur une grande échelle, ce qui est assez rare pour quelqu'un de si jeune. Du moins c'est ce que j'ai déduis. Ensuite, je suppose que les Amiraux ont fait un rapport, en tout cas depuis ce jour ils me poursuivent. Un jour, pendant un combat, un vice-amiral m'a dit que « le docteur » voulait m'étudier.

- Le docteur ?

- Vegapunk je pense. On dit qu'il cherche toujours des moyens pour rendre les Marines plus forts, avec les fruits du démon notamment. Il paraît même qu'il a réussi à faire « manger » des fruits à des armes, même si ça à l'air impossible.

- C'est vrai, dit Robin en repensant à ce qui s'était passé à Enies Lobby.

- Et bien il semblerait qu'il s'intéresse de près au haki et à son fonctionnement et qu'il recherche des sujets puissants pour l'étudier.

- Tu veux dire… Qu'il te veut comme cobaye ? réalisa Sanji avec horreur.

- C'est dur à avaler, dit Franky.

- C'est tout ce que je sais ».

Les Mugiwaras réfléchissaient. La femme qui se trouvait sur leur navire était donc recherchée elle aussi, mais pas pour les mêmes raisons qu'eux. Les Marines avaient l'air déterminés à la capturer. Ils comprenaient maintenant pourquoi elle s'inquiétait de les mettre en danger.

« Et alors quoi ? lança Luffy en revenant au sujet qui le préoccupait.

- …

- C'est tout ce que tu as fait pendant douze ans ? Fuir et essayer de devenir plus forte ?

- Oui, essentiellement.

- Vraiment ?

- Lâche-la Luffy, intervint Zoro en se levant pour faire face à son capitaine. Qu'est-ce que t'a ce soir ?

- Je trouve juste ça pas croyable qu'elle ait réussi à survivre vraiment seule aussi longtemps. Et puis de quoi tu te mêles ? C'est à elle que je parle ! ».

La tension montait entre les deux nakamas.

« Je te signale que Robin est restée seule pendant vingt ans, et on sait tous qu'elle a fait des trucs moches pendant ce temps là. Mais tu ne l'as jamais emmerdée comme ça !

- En fait, intervint Robin en espérant apaiser la tension, je crois que ce sont nos buts qui nous ont aidés à rester en vie, et notre volonté de les atteindre. Moi c'était trouver le Rio Ponéglyphe et pour Soraya c'était retrouver son père.

- Sans doute, répondit la jeune femme. Ca et le fait d'être sans pitié, sans faiblesses et surtout sans attaches. C'est beaucoup plus simple de survivre quand on est complètement seul. C'est pour ça que je ne veux pas de compagnons.

- Mais t'étais pas vraiment complètement seule ! insista Luffy en se tournant vers elle.

- Mais si.

- Toujours ? ».

Les paroles d'AO Kiji résonnaient à ses oreilles : « Demande-lui ce qu'il est advenu de ses derniers nakamas ». Elle mentait.

« T'es chiant Luffy ! C'est quoi ton problème ? ».

Zoro se détourna de son capitaine. Il ne comprenait pas sa réaction. Après tout, ça n'était pas son problème, il avait une autre priorité.

« Tu vas nous apprendre à utiliser le haki ? T'as dit que tu voulais nous aider à nous préparer pour le Nouveau-Monde alors…

-Et bien, répondit Soraya, je pense que certains d'entre vous sont susceptibles de la maîtriser. Si le capitaine est d'accord, je vais essayer de vous y aider, mais je ne vous promets rien. C'est assez dur à expliquer parce que je ne comprends pas tout moi-même. Personne ne m'a jamais expliqué ce que c'est, ni appris à l'utiliser. En fait, j'ai tout appris sur le tas comme on dit. Mais je vous aiderai si je le peux. C'est vital pour vous, surtout pour toi Luffy. Le haki du roi peut être dévastateur. Tu seras imbattable quand tu le maîtriseras…

- Non !

- Euh, si, fit la jeune femme surprise par la réaction du capitaine, c'est vraiment… ».

Luffy se leva et se plaça face à la Soraya, sous les regards perplexes de ses nakamas.

« Luffy qu'est-ce qui se passe ? demanda Nami, un peu inquiète.

-Qu'est-ce que tu fous ? », fit Zoro, énervé par sa réaction.

Mais le jeune homme les ignorait complètement. Les poings serrés, il fixait toujours Soraya.

« SI les autres veulent ton aide c'est leur problème. Moi je refuse.

- Mais pourquoi ?

- Tu nous as pas tout dit hein ?

- Tout ce qui vous concerne, si.

- Tu veux devenir ma nakama ?

- Luffy, je t'ai déjà dit que je n'aurai jamais de compagnons…

- Dis-moi pourquoi ?

- Mais t'as rien écouté !

- Et t'as jamais eu de nakamas ? Tu refuses l'idée d'avoir des compagnons ?

- C'est mon droit ! ».

Ils s'affrontaient du regard.

« Alors ce sera non pour moi aussi. Tant que tu ne diras pas la vérité et que tu ne voudras pas nous rejoindre, moi je refuserai de suivre tes conseils.

- Mais Luffy arrête ! On a besoin d'elle !

- Elle peut rester si elle veut et vous entraîner. Mais moi j'ai plus rien à faire avec quelqu'un qui ment et qui méprise l'idée d'avoir des compagnons. Pour moi, c'est comme si elle n'était pas là, ajouta-t-il en se dirigeant vers le quartier des hommes.

Soraya était effondrée. Pourquoi réagissait-il comme ça ? Qu'est-ce qu'il savait ? Et pourquoi se sentait-elle si mal ? Les Mugiwaras entendirent la porte de la cabine claquer, mettant définitivement fin à une soirée qui avait pourtant bien commencé.

Au même moment, à Marie-Joa, cinq hommes qui pouvaient changer la face du monde étaient réunis. Le Conseil des Cinq Doyens, la plus grande autorité au monde, se réunissait rarement à une heure aussi tardive.

« Est-on sûr de ces informations ? demanda l'un des membres, un vieil homme en costume sombre appuyé sur une canne en bois sculpté.

-L'Amiral AO Kiji l'a confirmé monsieur ».

L'homme qui avait parlé se tenait en retrait. Debout alors que tous les autres étaient assis, son attitude déférente laissait clairement entendre qu'il était leur subordonné. Etrangement, il était accompagné d'une petite chèvre blanche, ce qui ne semblait nullement gêner ses interlocuteurs. Les décorations qui couvraient sa poitrine luisaient à la lueur des bougies. L'Amiral en chef Sengoku était le Marine le plus puissant, mais il s'inclinait avec respect devant ces hommes qui pouvaient décider de sa vie ou de sa mort d'un claquement de doigts.

« Hum, c'est… fâcheux.

- Je voudrais qu'on m'explique comment cette fille fait pour vous échapper depuis douze ans. Douze ans ! », tonna un autre homme, plus jeune que les autres. Très imposant, les cheveux et la barbe blonds, coupés très courts, il était vêtu d'un costume pourpre. Sa chemise ouverte laissait entrevoir une longue cicatrice lui barrant le torse. « C'est intolérable !

- Ce n'est pas une jeune femme ordinaire, monsieur, répondit Sengoku. Elle a un don pour se cacher et se faire oublier, elle ne fait pas de vagues. Ca n'est pas un simple pirate qu'on peut suivre grâce à ses crimes. Et puis, ajouta-t-il, elle est extrêmement puissante. Sa maîtrise du haki est…

- Nous le savons bien ! C'est pour ça que nous la voulons ! SI elle est à moitié aussi forte que son père…

- Le docteur Vegapunk attend depuis si longtemps de pouvoir l'étudier, dit un autre homme, en kimono celui-là.

- Mais on ne peut pas la laisser s'allier aux Chapeaux de paille ! s'exclama le plus jeune des cinq hommes. Ce Monkey D. Luffy est déjà un problème à lui tout seul. Avec cette fille dans son équipage, il va devenir incontrôlable !

- Tout le monde est conscient des risques, reprit le premier homme d'une voix plus posée. Il convient d'empêcher ce… partenariat, par tous les moyens possible. Après tout, nous pourrions peut-être faire d'une pierre deux coups : récupérer cette jeune femme et nous débarrasser de ces gêneurs avant leur entrée dans le Nouveau-Monde.

- C'est mon plan, monsieur, renchérit Sengoku. Ils ont été vus pour la dernière fois sur l'Île du glaive, près du Triangle Florian. De là, ils n'ont que deux solutions : soit se rendre directement à l'île des hommes-poissons grâce à un Eternal Pose, soit suivre la « route » classique et donc faire encore plusieurs étapes.

- Comment savoir ?

- D'après nos informations ils ont quitté l'île sans emporter les réserves de nourriture prévues, elles ont été retrouvées près de la plage. On peut en déduire qu'il leur faudra faire au moins un arrêt pour se ravitailler avant d'arriver vers Shabondy. Le plus simple pour eux serait de suivre la route indiquée par le Log Pose. De plus, leur capitaine a été sérieusement blessé, et ils voudront certainement prendre un peu de repos avant d'arriver dans le Nouveau-Monde.

- Peut-être est-il déjà mort ?

- Hum, je ne peux rien affirmer bien sûr, répondit l'Amiral en chef, mais… C'est un D.

- Sale engeance, lança le plus jeune des cinq hommes.

- Difficiles à tuer, surtout, ajouta l'homme en kimono. Quel est exactement votre plan ?

- Je pensais les laisser tranquilles pour l'instant, afin de les laisser arriver jusqu'à la dernière île de cette route. Il se trouve que c'est le domaine d'un certain Capitaine Corsaire…

- Lui ? Mais il est incontrôlable !

- Il est assez… Dissipé, je l'avoue. Mais il a un compte à régler avec les Mugiwaras suite aux incidents de Shabondy. Et s'il veut avoir la prime de l'équipage, je suis sûr qu'il se montrera obéissant. Et il est surtout le plus à même de mener à bien le plan : détruire l'équipage de l'intérieur.

- Ca peut marcher, lança un des cinq doyens qui intervenait pour la première fois. Mais pour la fille ?

- Elle ne finira pas le voyage avec les pirates. Je lui réserve une petite… Surprise, bien particulière, une rencontre avec de vieux amis qui ne l'auront certainement pas oubliée. A ce propos, j'aurai besoin de votre autorisation pour les faire sortir d'Impel Down.

- Ah ! Sengoku ! Vous êtes remarquable ! approuva le premier homme en riant. Quel machiavélisme ! Nous avons bien choisi notre chef des armées mes amis, il est impitoyable ! Vous les aurez vos prisonniers ! Quant à nous messieurs, ajouta-t-il en s'adressant aux autres doyens, si nous trinquions à la fin des Mugiwaras ?

_ _ _ _

Et voilà donc mon après-propos. Pourquoi ne pas avoir fait un avant-propos comme d'habitude vous demandez-vous sûrement (ou peut-être pas) ? Et bien pour la bonne raison que ça aurait dévoilé des détails sur ce que vous avez lu, chose que je voulais éviter. Mais j'ai quand même des choses à dire sur ce chapitre. Alors les voilà.

En fait ça concerne principalement ma description du haki. Pour ceux qui suivent les scans, on a appris quelques petites choses à ce sujet depuis l'arc de Duval et surtout depuis l'apparition de Rayleigh et l'arc des Amazones. Cependant, rien d'assez développé pour qu'on puisse donner une explication claire et précisé sur ce qu'est le haki. On en n'est qu'au stade des hypothèses. Or, je l'utilise dans ma fic. J'avais espéré que l'explication viendrait dans les scans mais ça n'est toujours pas le cas. Or je ne pouvais pas faire traîner les choses plus longtemps dans mon histoire, il fallait que Soraya lève enfin le voile sur son passé et s'explique un peu. J'ai hésité mais j'ai finalement pris mon courage à deux mains. J'ai compilé toutes les (maigres) informations du manga, je les ai tournées et retournées, et j'ai pondu : ma vision du haki. Voilà donc ce qu'est, pour moi, le haki. C'est une hypothèse personnelle, il se peut que ça ne corresponde pas à ce que vous en pensez vous, en tant que lecteurs, mais c'est ce qui correspondait le plus, pour moi, à ce que j'avais vu, et en plus ça s'intégrait parfaitement dans mon histoire (coup de bol !).

Donc voilà tout ça pour dire que ça vous a peut-être surpris, il se peut que vous ne soyez pas d'accord avec mon interprétation, mais… Dans cette fic, le haki c'est ça. En fait je suis quand même restée vague dans mes explications pour éviter de faire un trop gros contresens. Ah si seulement je pouvais rejouer Dans la peau de John Malkovitch mais avec Oda-sama, ça serait beaucoup plus simple.

Concernant le chapitre en lui-même, il ne me satisfait pas plus que ça. Il faut dire qu'en tant que lectrice je trouve toujours ces passages « explicatifs » très ennuyeux et d'habitude je les zappe. Donc forcément… Mais c'était un passage obligé ! Donc j'espère que ça vous a quand même plu, ou au moins que ça ne vous a pas trop barbé. J'essayerai de faire mieux pour la suite !

Ps : N'hésitez pas à me dire si vous êtes d'accord ou pas avec ma vision du haki.