La porte claqua.
Je repousse Andreas, le visage rouge, surprit et honteux. Je me lève précipitamment, et cours à travers la maison. J'arrive devant la porte de sa chambre, j'essaye de l'ouvrir sans attendre de réponse mais rien n'y fait, le loquet a été fermé.
- Tom ! Ouvre-moi ! S'il de plait !
- …
- Tom !
Personne ne répond, j'entends juste des sanglots en retour. Qu'est-ce que je viens de faire ? Tout se passait si bien, et encore une fois quand il n'y a pas de problèmes, il faut que j'en créée. Lasse, je m'adosse à la porte et me laisse glisser jusqu'au sol. Je replis mes genoux contre ma poitrine et enfouit ma tête dans mes bras, essayant d'analyser ce qui vient de se passer.
- Bill !
Andreas fait une timide apparition dans le haut de l'escalier. Je relève la tête doucement.
- Je suis désolé ! Me dit-il tout bas.
Les sanglots derrière la porte redoublent à ces mots.
- Je vais y aller. Murmure-t-il. Je t'appelle ce coir.
Je hoche la tête. Pourquoi il a fallut que Tom voit ça. C'était une erreur, juste une toute petite erreur et puis, techniquement, il ne s'était strictement rien passé. Je n'ai rien à me reprocher. Un égarement, non, un baiser entre deux amis, pour remercier du soutien apporté toutes ces années, qui j'essaye de convaincre ?
J'entends la porte d'entrée claquer.
- Y'a quelqu'un ?
Qu'est ce que je vais faire maintenant ? Quel idiot, j'ai été !
- Bill, t'es là ! J'appelle depuis tout à l'heure. Est-ce que ça va ?
Sans que je veuille quoi que se soit, mes larmes se mettent à couler le long de mes joues ; je relève la tête piteusement en murmurant des pardons.
- Arrête, tu me fais peur, qu'est ce qu'il se passe ? Pourquoi es-tu là, assis devant sa porte et en train de pleurer ? Je croyais que vous passiez l'après-midi avec Andreas ?
A ce nom, je fonds littéralement en larmes. Tom s'agenouille devant moi, et me prends dans ses bras. Je me sens tellement minable, j'essaye de lui dire la vérité mais je n'arrive pas à faire une phrase correcte, et la boule au fond de ma gorge m'empêche de prononcer un seul mot de toute façon.
On commence à se relever, Tom me gardant toujours dans ses bras, et repoussant mes cheveux collés à mon visage par les larmes.
- Maintenant dis-moi, pourquoi tu es dans cet état là ? Et surtout pourquoi Tom est enfermée dans sa chambre en train de pleurer ?
Il l'a entendu, bien sûr, qu'il a entendu. Je le regarde droit dans les yeux ;
- Je … j'ai …
Je sens son regard inquiet, il me serre un peu plus contre lui, j'ai l'impression de m'enfoncer dans le sol, mon corps est brûlant, mes jambes ont du mal à me tenir de debout, ma gorge est sèche et je ne peux toujours pas prononcer un seul mot. J'ai trop honte.
Il se rapproche de la porte.
- P'ti bout, c'est Tom. Ouvre-moi.
- …
- Tom !
Les pleurs se sont interrompues, et on entend du mouvement de l'autre côté de la porte.
- Pas si il est là !
- D'accord, je lui demande de descendre.
Je m'accroche au tee-shirt de mon frère désespérément. Il ne doit pas savoir, pas comme ça. Je me décroche de lui finalement, reculant de quelques pas.
- Ok, je descends.
Lui et moi avons, sans se concerter, élaboré ce petit plan, je fais mine de descendre mais l'explication aura lieu avec toutes les parties présentes vivant dans cette famille. J'entends le cliquetis de la porte, Tom est devant moi, me cachant à première vue de notre fille. Evidemment, et très vite, elle m'aperçoit.
- Non, tu avais promis !
A peine ces mots criés, qu'elle repart en courant dans sa chambre, en sanglotant.
Tom se retourne vers moi, me tenant part la main, il me tire à l'intérieur. Elle est là, allongée sur son lit, la tête dans ses coussins, reniflant bruyamment.
- Je veux pas le voir, qu'il sorte d'ici.
Tom s'assoit près d'elle, et me fait asseoir sur ses genoux. Je suis mal à l'aise. Je me tortille un peu, pour lui faire comprendre en silence que je préférais m'asseoir à côté de lui sur le lit, mais son regard noir et sa main posée avec force sur mon genou m'en dissuade.
- Maintenant, que nous sommes tous là, est-ce quelqu'un peut m'expliquer ce qu'il passe ?
- C'était horrible, tout est fini, elle nous a trahit. Renifla bruyamment la petite.
Lorsqu'elle mélange les pronoms en parlant de moi, c'est rarement bon signe et ça, même Tom le sait.
- Qu'est ce qui est finit ? Et en quoi, Bill nous a trahit ?
Il faut que j'arrête cette mascarade, après tout, il ne sait rien passé, enfin rien de signifiant, je ne vais pas tout perdre pour ça. J'ai un peu de mal à trouver mes mots, et je ne me sens pas du tout sur de moi mais je me lance, regardant Tom droit dans les yeux.
- Je n'ai trahit personne, mais je te dois, une explication, c'est vrai. Juste avant que tu reviennes, on discutait avec Andreas, et je ne préfère pas m'étaler sur la discussion que nous avons eue mais sans que je contrôle quoi que soit, on s'est embrassé.
Les ongles de Tom s'enfoncent un peu plus dans ma cuisse, son regard déconcerté posé sur moi. Je l'attrape par les épaules, le regardant toujours droit dans les yeux.
- Mais ça ne signifiait rien. Enfin si, c'était juste un baiser à la surface pour lui dire merci, et lui monter à quel point je l'aimais en tant qu'ami, juste ami, rien d'autre.
La petite relève la tête, et s'assoit doucement près de Tom, lui attrapant le bras d'une main.
- Et si tu mentais, si tu l'aimais, si ce n'était pas la première fois ? Intervient-elle.
Elle se rapprochait de plus en plus de son père, poussant ma main installée sur son épaule, faisant bloc avec lui.
- Ne dis pas n'importe quoi Tom. C'est arrivé une fois, cette fois, et je n'aimerais jamais Andreas comme j'aime Tom.
- Tu pourrais. Tu pourrais nous quitter pour lui.
- Arrête, je ne le ferais pas, et ce n'était même pas un vrai baiser. Sans que je le contrôle mon ton se faisait de plus en plus dur.
- Tu as trompé papa, tu ne devrais pas rester.
- Pardon ! Tom ?
Je le regarde avec insistance. Cette fois-ci, c'est moi qui suis décontenancé, il ne dit rien, il nous laisse nous disputer et n'intervient pas. Je le secoue par l'épaule, mon autre main ne l'ayant pas quitté par obligation, elle.
- Tom ? Dit quelque chose !
- Tu devrais partir. Il n'a pas besoin de te voir, surtout en ce moment.
Je dois avoir 12 ans, et la fille devant moi, est la petite peste qui veut avoir Tom pour elle toute seule, sans réfléchir, je la pousse assez fort pour qu'elle se recule franchement du corps de Tom. Elle me regarde outrée. Mon geste était puéril, je le conçois mais trop, c'est trop.
- Tu ne me dis pas ce que j'ai à faire ! Et tu me parles pas comme ça, je ne suis pas ton copain. Et Tom est capable de savoir ce qu'il a à faire.
Il ne réagit toujours pas, on pourrait en venir aux mains, je ne suis même pas sûr qu'il lèverait le petit doigt.
- Tom ! Répétais-je, pour qu'il sorte enfin de cette torpeur.
La petite se rapproche, repose sa main sur son épaule libre.
- Laisse-le, tu viens de lui faire très mal. En plus, avec son meilleur ami.
- Non, mais ce n'est pas vrai. Je viens de dire qu'il ne s'était rien passé. Arrête d'essayer d'envenimer les choses entre nous.
- Tu n'as pas besoin de moi pour ça. En plus, j'ai entendu. J'ai entendu, juste avant que tu l'embrasses, qu'il te disait 'Je t'aime'.
- Lui, mais pas moi. Tom, ca suffit maintenant. Je ne devrais même pas avoir cette conversation avec toi, ça ne te concerne en rien.
- Si, c'est ma famille qui est en train de partir en l'air.
- Rien ne part en l'air, et personne ne quitte personne. Ce n'était rien. Cette fois, c'est définitif, je cri.
- Pourtant, tu devrais.
- Tu es injuste. Tom est allé voir ailleurs plus d'une fois, et je l'ai laissé revenir.
- Je m'en souviens pas.
- Parce que tu étais trop petite. Mon ton redescend de quelques décibels, je commence à me rendre compte de ce qu'on été mes dernières paroles. Je n'aurais pas du.
- Tout le monde fait des erreurs dans sa vie, c'est comme ça que l'on apprend. Intervient enfin Tom. Il se retourne vers la petite.
- Bill a raison, cette conversation ne te concerne en rien, c'est une discussion entre adultes, qui plus est tes parents, c'est notre vie, notre couple, tu n'as rien à faire dans cette histoire.
D'un seul coup, elle se remet à pleurer à grands torrents, se précipitant vers nous, se calant sur l'épaule de Tom, là où j'ai posé mon bras. Se blottissant entre nous deux, elle sanglote.
- Je veux pas que vous vous sépariez, c'est tout. Et je sais que Tom a jamais aimé ces filles, alors que toi, tu pourrais aimer Andreas et nous quitter.
Je soupire, l'enserrant de mon autre bras et l'embrassant sur le haut du crâne.
- Je ne le ferais pas, je n'aime que vous. Je ne vous quitterais pas.
- Papa ?
Elle regarde Tom, attends une réaction, une parole, pour approuver que quoiqu'il arrive, on restera ensemble. Il sourit, l'embrasse sur la tempe, et commence à se relever, nous dégageant tout les deux de sur lui.
- Personne ne quitte personne. Mais Bill, tu vas me devoir des explications.
Il commence à partir.
- Je suis désolé pour ça, je vais parler à Tom.
- Bill …
Arrivé à la porte, je me retourne, lui souriant.
- Oui ?
- Je …
Je reviens vers le lit, et l'embrasse une dernière fois sur le front en lui glissant un 'Moi, aussi, je t'aime' à l'oreille avant de repartir afin de rejoindre Tom.
Sur le balcon de notre appartement, posé sur une chaise longue, il fume une cigarette, les yeux fixés sur un point imaginaire dans le ciel. Je m'approche doucement, et me met face à lui, debout, appuyé contre le garde corps.
- Je suis désolé.
- Tu peux. Répondit-il incisivement.
Son regard est noir, et pleins de reproches.
- Andy se sentait mal, il vient encore une fois de se faire larguer, il avait besoin de parler, et il m'a raconté tout ce qu'il avait sur le cœur, ses sentiments pour moi. Il avait gardé tout ça en lui, depuis si longtemps, et il a toujours été là pour moi, pour nous. Il ne m'a jamais renié …
- Parce qu'il attendait quelque chose de toi, la preuve, quel fils de pute.
- Tom !
- Ce n'est pas vrai, justement son amitié si fiable durant toutes ces années prouvent bien qu'il n'attendait rien de moi, même lorsque l'on était séparé, et que je lui confiais à quel point tu m'énervais, jamais il n'a prit parti où essayé quelque chose, il te défendait même.
-C'est ton meilleur ami aussi, je te le rappelle. Tu n'as pas le droit de lui en vouloir. A moi si.
- Dit pas ça. Comment pourrais-je t'en vouloir, après tout ce que je t'ai fait ?
- Ce n'était rien, et ça remonte à des années.
Il écrasa son mégot de cigarette dans le cendrier, et d'un geste de la tête me dit de venir m'allonger avec lui. J'avance peu sûr de moi. Voyant mon hésitation, il sourit.
- Qu'est ce qu'il y'a ? Je te fais peur ?
- Idiot.
Je me précipite dans ses bras, et m'allonge sur lui, posant ma tête sur le matelas juste à côté de la sienne. Il m'embrasse en surface, souriant comme un bien heureux entre deux baisés. Je suis content de voir qu'il va mieux, ces derniers temps, la cohabitation a été plus que difficile entre nous trois, et Tom paraissait vraiment soucieux. C'est la raison pour laquelle j'avais invité Andreas cette après-midi ; je voulais savoir si Tom s'était confié à lui mais son récent échec avec son petit ami avait coupé court à mes questions.
- Quelque chose ne va pas ?
- …
- Tom, répond-moi.
Je le fixe droit dans les yeux, il ne bat pas d'un cil, me fixant en retour. Que peut-il bien penser ? La connexion entre les jumeaux, oui, deviner ce que pense l'autre, pas plus que vous. Je me rapproche de lui, enfouit ma tête dans son cou, j'espère en coupant notre contact visuel qu'il aura moins peur de parler. Je sens son corps battre à tout rompre. Qu'est ce qu'il se passe ?
- Tom.
- Bill.
Je tape gentiment sa poitrine du poing, pendant qu'il étouffe un petit rire.
- Franchement, je te sens soucieux, ces derniers temps.
- J'ai 26 ans, un enfant à charge, qui de surcroit rentre bientôt dans l'adolescence et une femme qui me coute cher, normal que je sois soucieux.
- Tom, t'es pas drôle.
- Je t'assure que ça va Bill, rien qui ne devrait t'inquiéter. Je …
- Hum. Répondis-je, l'embrassant dans le cou, espérant que ce moment de tendresse, l'incite à continuer.
- Je pensais juste à l'avenir, en voyant Gustav se marier, et Georg reprendre ses études. Ca m'a fait réfléchir sur nous. Déjà une dizaine d'année que Tokio Hotel marche bien, il est vrai que ce ne sont plus les années d'apogées que l'on a connu mais c'est toujours là, on a de l'argent, on vit bien, mais je me demandais si on pouvait pas faire quelque chose d'autres, toujours dans la musique mais plus en arrière plan.
Je me défais un peu plus de lui, et retire ma main qui c'était malicieusement glisser sous son tee-shirt pour lui caresser les flancs, passant dans son dos et revenant sur son torse. Il grogne. Attrape ma main, et la repose dans son dos sous son tee-shirt.
- Continue. Ca fait du bien. C'est agréable quand tu t'occupes de moi.
- Je m'occupe tout le temps de toi.
- Tu prêtes plus d'attention à Tom.
- Tu sais que cette jalousie est très malsaine, comme la preuve de possessivité auquel on a eu droit envers toi tout à l'heure.
- Je ne pensais pas qu'elle me défendrait autant, je ne suis pas très tendre avec elle.
- C'est vrai que certaines personnes pourraient avoir l'impression que tu n'aimes pas Tom et …
- Dit-pas des bêtises pareilles, venant de toi, je pourrais mal le prendre.
- Non, mais je sais que c'est tout l'inverse, je le sais mieux que quiconque, d'ailleurs tu l'as aimé avant moi mais …
- Bill, arrête avec ça aussi, y'a pas de premier, de dernier, on l'aime tout les deux de la même façon, comme il est évident que je pourrais choisir entre aucun de vous deux.
- Je sais, c'est idiot. On parle, on parle, et tu n'as toujours pas dit quel pouvait être ce projet dans la musique plus en retrait auquel tu voudrais que je participe bien évidemment.
Il sourit, et à son tour commence à infiltrer sournoisement sa main sous mon tee-shirt, très vite, elle passe sous mon jean, elle vient malaxer mes fesses. Il a toujours aimé mes fesses, il s'amuse à dire qu'elles sont faites pour ses mains, il adore les prendre, et les masser, juste ça. Je suis content que des années après, le désir, et l'envie soient toujours là. A cette pensée et sous ce touché plus qu'agréable, je me jette sur ses lèvres, l'embrassant avidement.
Le baiser est si bon, si tendre, si chaud, je ne voudrais jamais arrêter, je veux encore et toujours sentir à travers ma bouche, son odeur, son envie, sa soif de moi. Je me sens bien avec lui, car je me sens aimé. Tom ne parle pas beaucoup de ses sentiments mais ses baisers me prouvent tous les jours qu'il m'aime plus que de raison.
Il quitte mes lèvres en susurrant un 'Je t'aime' et ce trop plein de bonheur m'oblige à le serrer plus fort, la peur au ventre que cet instant finisse.
Je recommence à l'embrasser dans le cou, remontant doucement. Il penche sa tête pour m'embrasser sur la joue, et me chatouille avec ses dreads.
- J'n'ai pas fini. Dit-il toujours en rigolant, essayant de m'embrasser sur la bouche pendant que je dévore son cou.
Je monte à califourchon sur lui, Tom se réinstallant confortablement sur le dos. Assis sur lui, je pars à la rencontre de ses mains, et les enlace pour ne faire plus qu'un.
- Mon projet est simple, on a un studio qui nous appartient et en repensant à la chance que nous avons eue, j'ai pensé qu'on pourrait peut-être maintenant avec l'expérience que l'on a acquise, aider de jeunes groupes à se faire connaître. Qu'est ce que tu en penses ?
- Découvrir de jeunes talents, et les produire en gros ?
- Tu n'es pas si bête que t'en a l'air. Glousse-t-il. Sérieusement, qu'est ce que tu en penses ?
- Je pense que c'est une bonne idée.
- C'est tout ?
- Une très bonne idée même.
Je me penche pour l'embrasser, lorsque quelqu'un émet un grognement guttural, pour montrer sa présence. Tom.
- Je … je suis désolée pour tout à l'heure. Dit-elle d'une traite.
- Continue. Insista Tom.
- Je n'aurais pas du me mêler de vos histoires, et aussi de t'avoir parlé comme ça. Elle me regarde, ses yeux implorant le pardon.
- C'est rien, j'ai beaucoup de tords. Je peux comprendre que tu me haïsses.
Son menton trembla, quelques larmes essayaient de s'échapper de ses magnifiques yeux marron, et lorsque ce fut trop, elle se rua sur moi, m'attrapant par les épaules, pleurant son soul dans mon cou.
- Je suis vraiment désolée maman, je te déteste pas, tu sais. J'étais juste énervée.
Je caresse son dos en faisant de petits cercles, la main de Tom toujours dans la mienne. Je me pousse de sur lui, et m'allonge à ses côtés, la petite fait de même de l'autre côté, et nous revoilà, des années en arrières, lorsqu'elle n'avait pas encore 1 an, chacun à notre place, imbriqué les uns avec les autres.
XxXxXxXxXxXx
Chapitre dédié à Fanny, j'ai fait de mon mieux, et je comprends que ce chapitre puisse paraître bizarre mais il est là xD
Effectivement, il y a eu encore une petite ellipse de temps.
A bientôt pour le dernier chapitre.
