Note d'auteur 1 : Hey ! Encore un nouveau chapitre de fini, on avance doucement mais sûrement :)

Merci infiniment pour toutes vos reviews, vous êtes incroyables !

Disclaimer : Les personnages de Once Upon A Time ne nous appartiennent pas, tout comme l'histoire originale qui appartient à hunnyfresh. Seule la traduction est de nous. Le titre de cette fanfiction est tirée de la chanson Letters From War de Mark Schultz.

Nous nous excusons d'avance s'il reste des fautes - C'est la nouvelle réforme de l'orthographe x') -


Le moulin des rumeurs tourna à pleine vitesse le jour où Regina revint travailler. C'était la première semaine de février. La jeune femme entra dans la Mairie en bottes à talon, son porte-documents en main et reprit le travail comme si elle revenait d'un mois de vacances à Cuba. Ni sa secrétaire, ni les conseillers n'eurent le courage de la questionner sur son absence mais ils s'étaient rassemblés pour lui demander comment elle allait, tout en espérant avoir quelques informations croustillantes. Rien de plus qu'un court "bien, mon cher" ou un "parfaitement bien, et vous ?" fut partagés.

La pile de nouveaux dossiers, celle des dossiers en cours et la liste des rendez-vous qui ne cessaient d'être remis à plus tard disparurent rapidement de son bureau quelques jours après la réapparition de la jeune femme. Le Maire Regina Mills était de retour et elle était plus en forme que jamais. Ce qui lui était arrivé l'avait clairement transformée en machine de travail et cette vue de la jeune politicienne déjà extrêmement impitoyable était terrifiante.

Mais c'était le sujet de conversation principal à l'intérieur et à l'extérieur de la Mairie. Qu'est-ce qui était arrivé ? Où était-elle allée ? Quel bâton avait-elle de nouveau dans le cul ?

Elle avait seulement besoin de faire une pause, supposèrent les habitants. Il fallait prendre en compte le fait que de nombreuses personnes, dont les politiciens, étaient victimes de dépression nerveuse et qu'ils avaient besoin d'un peu (ou de beaucoup, d'après le conseiller James) de repos. Mais ensuite, Sidney avait laissé entendre qu'il avait reçu l'ordre de retirer immédiatement le nom de la jeune femme du programme de correspondance, et les rumeurs reprirent de plus belle.

Emma revenait pour de bon, proclamèrent certains citoyens de la ville dont faisait partie Mary Margaret. « Elle vient vivre à Storybrooke avec Regina et Henry. Comme c'est romantique. » Murmura la professeur d'école dans un soupir.

« Tu plaisantes ? » Grogna Leroy. « Est-ce que tu as vu le Maire récemment ? Non. Elle est restée cloitrée chez elle. Tu sais ce que ça veut dire ? » Leroy imita le bruit malsain d'un craquement et fit glisser son pouce le long de son cou. « Ça veut dire que le soldat ne reviendra pas. »

« Leroy ! » Réprimanda Mary Margaret.

« Ça suffit. » Lança Ruby qui jeta un regard noir aux deux commères tout en nettoyant le comptoir.

Mary Margaret rougit et baissa la tête, mais Leroy haussa les épaules et se pencha vers la serveuse. « Est-ce que tu sais quelque chose ? »

« J'en sais autant que toi. » Ruby croisa les bras. « Et même si j'en savais plus, ça ne te regarde pas. »

Leroy s'en alla râler plus loin, sa tasse de café à la main tandis que Mary Margaret se força à penser à autre chose. C'était dur pour Ruby d'y prêter attention alors que ses propres théories se déchaînaient dans son esprit. La serveuse avait en général un bon instinct -elle avait été une des premières personnes à retrouver Henry lorsqu'il s'était perdu dans la forêt- et elle avait le sentiment que Regina était repassée d'une amie chaleureuse à la mairesse dure et froide qu'ils connaissaient tous en moins d'une nuit parce qu'elle avait perdu quelqu'un de cher. Bien que Ruby soit à peu près du même âge qu'Emma, vivre depuis toujours à Storybrooke l'avait laissée familière aux détails concernant la vie de Regina, et ce n'était un secret pour personne que la mort de ses parents avait complètement transformé la jeune et gentille cheerleader du lycée de Storybrooke.

Ruby, Tina et Kathryn ne purent s'empêcher d'en parler entre elles. Elles étaient les amies de Regina après tout, mais leur angoisse ne faiblit pas quand Regina répondit à leurs appels avec un "J'apprécie votre inquiétude, mais je suis bien trop occupée pour gâcher mon énergie alors que la ville a besoin de toute mon attention."

C'était la manière la plus polie que connaissait la brune pour dire "foutez-moi la paix", ce qui laissa les trois jeunes femmes perplexes. La brune répondit à chaque coup de téléphone, e-mail, ou message avec beaucoup de politesse et dès que Kathryn essayait de voir Regina à son bureau, sa secrétaire lui répétait qu'elle avait reçu l'ordre de ne laisser entrer personne.

Même à l'occasion de son anniversaire, Regina ignora ses amies en leur répondant qu'il s'agissait simplement d'un jour comme un autre, et Ruby avait pu distinguer le dégoût et la solitude dans la voix de la brune grâce à son ouïe surdéveloppée.

Ruby et Tina étaient prêtes à laisser du temps au Maire, mais Kathryn, au bout d'un mois, avait décidé que ça suffisait. Elle avait perdue Regina pendant quinze ans, alors elle n'allait pas faire deux fois la même erreur.

C'était risqué de débarquer au manoir un matin froid de mars avec des bouteilles de vin et d'autres alcools et un pot de glace au caramel, mais elles avaient Graham en guise de renfort au cas où Regina les fichaient à la porte, et Kathryn avait le sentiment que le shérif pourrait leur être utile si elles n'arrivaient pas à faire sortir la jeune femme de chez elle.

« Regina ! » Kathryn frappa du poing contre la porte. « Ouvre ! »

« Vous savez, je pourrais vous arrêter pour intrusion dans une propriété privée. » Lança Graham à l'arrière du groupe en tapant du pied, les doigts dans la boucle de sa ceinture. Sa réticence à débarquer chez les Mills était évidente. « Si Regina a dit- »

« Eh bien, vous devrez aussi m'arrêter pour meurtre si Regina n'ouvre pas cette foutue porte ! » Elle frappa du poing une nouvelle fois et pressa son visage contre une des fenêtres qui ornaient chaque côté de la porte.

« Salut tante Kat ! » Lança Henry d'une voix feutrée derrière la vitre embuée.

Tina sourit et s'agenouilla au niveau d'Henry. « Salut Henry, est-ce que tu peut nous faire entrer ? »

« Henry, qu'est-ce que je t'ai dis sur le fait d'ouvrir la porte à des étrangers ? » Gronda la brune à l'intérieur.

Le petit garçon se tourna pour regarder sa mère. « Mais ça pourrait être- »

Soudain, Regina apparut derrière son fils, l'éloigna de la porte et lança un regard noir au groupe se tenant sous son porche, mais ça ne découragea pas Kathryn qui pointa la porte d'entrée du menton en dévoilant une des bouteilles de vin. « S'il-te-plaît. »


« Tout ira bien. » Rassura doucement Kathryn, une main posée sur le bras de Regina, debout devant les escaliers, regardant Henry entraîner Graham jusqu'à sa chambre, le shérif relégué au rang de baby-sitter à domicile. « Si j'étais toi, je m'inquiéterais plutôt pour Graham et son dos quand Henry décidera que ce sera lui le cheval. »

Sa blague n'apaisa absolument pas la tension qui parcourait le corps de Regina, mais dès l'instant où son fils fut entré dans sa chambre, elle se laissa diriger vers le salon où les attendaient les bouteilles de vin et d'alcool.

« Qu'est-ce que c'est que ça ? » Demanda-t-elle sur un ton désinvolte figée à l'entrée de la pièce alors que Kathryn, Ruby et Tina s'affairaient autour de la table basse où étaient posées des collations, une brique de jus d'orange, une bouteille de soda, de vodka, de rhum et de vin rouge.

« Une intervention. » Répondit Ruby, un paquet de chips dans les mains.

« Et quel problème pourrait bien vous forcer toutes les trois à pénétrer chez moi ? »

« Pénétrer ? » Répéta Tina, offensée. « On a frappé et tu nous a laissé entrées. »

« Alors accouche. » Kathryn se leva et força Regina à les rejoindre et à se mettre à genoux devant la table. « Qu'est-ce qu'il t'arrive ? »

« Rien du tout. » Les lèvres pincées et les bras croisées, Regina refusa de s'asseoir et toisa du regard les trois jeunes femmes. « Excusez-moi de vouloir passer plus de temps avec mon fils au lieu de sortir toute la nuit. »

Kathryn leva les yeux. « Est-ce que tu crois réellement qu'après tant d'années d'amitié, je vais accepter cette excuse ? »

« Je n'ai pas était méchante avec vous. »

« Ce n'est pas vraiment agréable d'être ignorées. » Répliqua la serveuse.

« Je suis désolée. Je ne pensais pas devoir vous donner de mes nouvelles tous les jours. »

« Pas tous les jours. » Reprit Tina, assise dans le canapé. « Mais tes amies aimeraient être mises au courant de la raison pour laquelle tu te coupe du monde depuis trois mois. » Avant que Regina ne puisse répondre, la professeur pointa un doigt en l'air. « Et oui, tu as des amies. »

« Des amies casse-pieds. »

Kathryn haussa les épaules et alla se rasseoir dans le canapé, tapotant la place du milieu avec détermination. « Très bien. Tu n'es pas obligée de parler. Tu nous as manquée et tu as clairement besoin d'une soirée entre filles. »

Après deux minutes de silence complet, Regina traîna les pieds jusqu'au canapé, prit un verre, faisant complète abstraction de la bouteille de vin posée devant elle et se versa un mélange de rhum et de coca-cola.


« Pourquoi est-ce qu'on regarde ça ? » Demanda Regina en grimaçant devant la télévision.

Kathryn et Ruby tournèrent simultanément la tête vers Tina qui était totalement subjuguée par Rachel McAdams et Ryan Gosling à l'écran. La jeune femme blonde sentit leurs regards posés sur elle et répliqua. « C'est romantique, d'accord ? »

Les quatre amies étaient serrées les unes contre les autres sur le canapé, Regina se tenait droite, assise au milieu, son troisième cocktail dans les mains, tandis que les trois autres jeunes femmes étaient affalées, presque les unes sur les autres. Quand elles eurent finalement réussi à convaincre Regina de participer à leur soirée, elles avaient baissé la lumière, ouvert les snacks et lancé le DVD. De temps en temps, elles entendaient le rire communicatif d'Henry alors que Graham et le petit garçon imitaient les chevaux. Et de temps en temps, Regina appuyait sur le bouton pause de la télécommande et tendait l'oreille pour discerner le moindre signe de détresse, mais Ruby lui donnait un petit coup et lui souriait pour l'encourager à se concentrer sur le film. Les trois jeunes femmes avaient laissé à Regina dix minutes peu après le début du film quand Henry était venu dans le salon, accroché au cou de Graham pour annoncer que lui et sa noble monture avait besoin de nourriture pour subsister (Regina n'avait aucune idée d'où est-ce qu'il l'avait entendu, mais il l'avait prononcé presque parfaitement). Il avait fallu près de trois minutes à Kathryn pour réaliser que la brune était allée à la cuisine et presque deux pour la faire revenir dans le salon et se rasseoir dans le canapé.

Regina souffla devant la télévision, pointant l'écran avec son verre. « Romantique ? Qu'est-ce qu'il y a de romantique à encourager une liaison ? Elle est mariée bon sang. »

« Shh. » Siffla Tina, en donnant un coup de coude dans le bras de Regina. « C'est le meilleur moment. »

La pluie se mit à tomber sur les acteurs qui amarraient leur bateau sur le quai quand soudain, ils se mirent à se criaient dessus.

« Je t'ai écrit trois cent soixante-cinq lettres. »

Regina eut le souffle court en réalisant qu'elle et Emma avaient échangés deux cent quarante-huit lettres et paquets au cours de l'année.

« Je t'ai écrit chaque jour pendant un an. »

Regina se raidit, ferma les yeux et vida son verre en une gorgée. Elle serra son verre si fort quand le cristal aurait pu se briser.

« Ce n'était pas fini. Et ça ne l'est toujours pas. »

Comme si elle y avait été contrainte, Regina lança quatre mots d'une voix rauque. « Elle est portée disparue. »

« Bien-sûr que non. Regarde. » Répondit Tina, les yeux rivés sur l'écran.

« Regina ? » Kathryn se redressa dans le coin du canapé, posa la main sur les jambes de Ruby posées sur les siennes pour qu'elle les retirent, et se rapprocha de Regina qui avait toujours les yeux fermés.

La Mairesse secoua la tête et se laissa tomber contre le dossier du canapé, attirant l'attention des trois jeunes femmes qui s'étaient retournées, inquiètes, vers leur amie qui tentait vainement de se ressaisir.

« Est-ce que c'est à propos d'Emma ? » Demanda doucement Ruby. Regina acquiesça, couvrit son visage avec son avant-bras et se mit à sangloter avant de laisser les larmes rouler librement le long de ses joues.

Tina se pencha et la serra contre elle, rejointe rapidement par Ruby et Kathryn alors que Regina se laissait aller dans leurs bras.


« Pourquoi est-ce qu'elles pleurent ? » Demanda Henry dans un murmure tandis que lui et Graham jetaient un coup d'œil dans le salon où les quatre jeunes femmes étaient blotties les unes contre les autres, les yeux rougis. Entre elles gisait un pot de crème glacé bien entamé et des mouchoirs jonchaient le sol.

Le regard du shérif se posa sur la télévision où il vit un couple de personnes âgées allongé dans un lit se murmurant l'un à l'autre et il comprit. « Elles regardent N'oublie Jamais. »

Quelques minutes plus tard, le générique défila ce qui donna à Henry l'opportunité de se faufiler dans le salon plongé dans l'obscurité et de grimper sur les jeunes femmes pour se faire une place entre la poitrine de sa mère et le mollet de Ruby.

« Eh maman. » Il prit le visage de la brune entre ses petites mains et posa un baiser sur son nez avant d'essuyer ses larmes. « Tu es encore triste ? »

Elle le prit dans ses bras et se pencha en avant pour se libérer de ses amies avant de se lever. Elle renifla et l'embrassa sur la joue. « Le film était triste. »

« Ne le regarde plus. » Demanda simplement Henry, ce qui fit sourire les adultes dans la pièce.

« Bonne idée. » Regina prit la télécommande, éteignit la télévision et reposa Henry au sol. « Va à l'étage, on va se préparer pour aller au lit. »

Dès que le petit garçon fut sortit de la pièce, Regina se tourna vers ses amies. Malgré la discussion qu'elles avaient eu pendant la dernière heure, confirmant leurs craintes et avouant leur inquiétude, Regina s'était sentie plus exposée que jamais en sentant leurs regards posés sur elle.

Graham fut le premier à bouger et souhaita une bonne nuit à Regina avant de partir. Machinalement, Regina commença à ranger le salon jusqu'à ce qu'elle se penche pour prendre un verre de vin rouge à moitié plein et que Kathryn ne pose sa main sur la sienne.

« Regina. » Souffla doucement la jeune femme. « Tu n'as pas à traverser ça toute seule. Elle est simplement disparue. Elle pourrait être n'importe où. »

« S'il-te-plaît ne fait pas ça. » Supplia la brune, son regard fixé sur le verre tandis que sa voix se brisait avec l'émotion. « Ne me promet pas qu'elle va bien. »

« Mais- »

« Ça fait trois mois, Kathryn. Tu crois que je ne sais pas quelles sont ses chances de survie ? » Regina se redressa et en une seconde, les progrès qu'elles avaient fait au cours de la dernière heure avaient été réduits à néant en un seul regard. Regina cligna des yeux, posa une main contre son front et secoua la tête.

« Mais c'est Emma. » Lança Tina.

Le regard vitreux, Regina leur tourna le dos et sortit de la pièce. « Je vous tiens au courant pour la prochaine soirée. »


Même si aucune des jeunes femmes ne fut surprise, elle furent déçues lorsque que Regina ne donna pas suite pour organiser ou participer à une autre de leurs soirées entre filles, mais la brune ne refusa jamais de les recevoir lorsque ses trois amies venaient lui rendre visite chez elle ou à son bureau. Si par un quelconque hasard, les quatre jeunes femmes se retrouvaient dans la même pièce, Regina trouvait toujours une excuse : elle avait des papiers à signer ou devait accompagner Henry à ses leçons d'équitation, ce qui était un mensonge éhonté puisque Ruby, qui connaissait l'ouvrier agricole qui dispensait les cours savait que le petit Mills ne s'était pas encore montré. Regina ne pouvait pas le supporter. Faire face aux trois jeunes femmes dont le visage reflétait la pitié. Elle aurait presque pu entendre Tina dire que ça n'en était pas.

Même si ça n'en était pas, chaque jour qui passait était un jour de plus où Regina se contentait de vérifier sa boîte mail ou de s'asseoir devant la télévision à regarder les informations internationales qui ne mentionnaient jamais Emma, et chaque jour, l'espoir que la carte d'Henry réussisse à guider la jeune femme à leur côté s'amenuisait un peu plus.

Le mois passa. Henry fêta ses cinq ans et il n'y eut pas de message surprise de la part d'Emma ou de cadeau de la part d'oncle August. A dire vrai, le jeune homme avait envoyé une carte postale d'Allemagne accompagnée d'un porte-clé et de la promesse qu'il rapporterait quelque chose de spécial à Henry. Ce fut l'une des plus petite fête d'anniversaire qu'elle ne lui ait jamais organisé avec seulement cinq des meilleurs amis du petit garçon et même si elle avait invité tante Kat, tante Ruby et Miss Bell, Regina avait réussi à rester occupée toute la journée pour éviter les regards persistants des trois jeunes femmes.

L'été s'était finalement installé et Henry était en vacances. Emma aurait du être rentrée depuis six mois maintenant. A chaque fois que Regina ouvrait la porte de son armoire, son regard se dirigeait automatiquement vers le sac toujours rempli des affaires d'Emma et elle devait se forcer à regarder ses vêtements pour choisir le blazer qui s'accorderait parfaitement avec sa jupe. Elle se souvenait de la façon qu'avait Emma de la taquiner sur le fait d'être aussi formelle et stricte.

Ce qui lui brisait le plus le cœur, c'était l'optimisme innocent d'Henry. C'était arrivé fin août quand le petit garçon l'avait tirée par la main alors qu'elle jardinait.

« C'est Emma ! » S'écria Henry en pointant du doigt la rue. Regina eut le souffle coupé lorsqu'elle leva les yeux vers l'endroit que montrait son fils et vit une jeune femme faire son jogging sur le trottoir d'en face.

La peau claire. Les cheveux blonds. Un tee-shirt blanc. Ce n'était pas possible.

« Emma ! » Cria Henry en lâchant la main de sa mère pour courir après la jeune femme. « Emma nous a retrouvé ! »

« Henry ! » Regina se lança à sa poursuite, lâchant la bêche qu'elle tenait encore alors que son chapeau s'envola pendant sa course.

Quand elle s'approcha, Regina remarqua les bras musclés et le corps tonique, et son cœur manqua un battement. Personne n'aurait pu dire si elle courrait après son fils ou avec lui, mais lorsqu'elle arriva à hauteur de la joggeuse, elle vacilla.

Alice Hatter. La mère d'une amie d'Henry et certainement pas Emma.

Alice retira les écouteurs de ses oreilles, la respiration haletante et sourit au petit garçon. « Bonjour Henry. Paige est à la maison. »

Henry regarda la jeune femme d'un air confus avant que Regina ne pose ses mains sur ses épaules.

« Bonjour Madame le Maire. » Salua timidement Alice, et après avoir reçu un léger hochement de tête, la jeune femme reprit sa course.

Les deux Mills la regardèrent, et Regina se maudit de s'être laissée à espérer qu'Emma faisait simplement un footing autour de Storybrooke.

« J'ai cru que c'était Emma. » S'excusa Henry, les yeux baissés, visiblement honteux.

Regina s'agenouilla et le tint par les épaules.

« Ma carte n'a pas marché. » Il se pencha et cacha son visage dans le cou de sa mère. « Mais je la lui ai envoyé pourtant. »

Regina ferma les yeux. Elle n'avait pas posté l'enveloppe contenant la carte d'Henry parce qu'elle savait qu'elle leur serait retournée. Elle l'avait gardée dans un tiroir de son bureau mais continuait de croire que si la carte lui était parvenue, Emma aurait déjà retrouvé le chemin de la maison.

« Tout va bien, Henry. » Murmura Regina en posant un baiser sur son oreille. « J'y ai cru moi aussi. »


Les saisons s'enchaînèrent plus vite que ce que Regina avait pensé. L'été se rafraîchit, laissant la place à l'automne. Henry commença son année de grande section à la maternelle. Il aimait que sa mère lui dise qu'il était grand mais quand tante Ruby avait répliqué qu'il était maintenant un vieux de la vieille, il avait grimacé et ne lui avait pas adressé la parole pendant une demie-journée.

Regina veillait à rester occupée et passait tout son temps à travailler à la Mairie ou avec Henry. Elle s'assura que les commerces locaux disposent d'un code d'auto-régulation de manière à ce que les rendez-vous soient prit seulement lorsque c'était nécessaire. En octobre, elle était déjà en pleine préparation de la parade de Storybrooke pour Thanksgiving, mais c'était pendant ce mois-ci que Regina ne pouvait pas se cacher derrière son travail ou son fils pour échapper au sentiment qui grandissait constamment au creux de son estomac.

Ce mardi là débuta comme tous les autres jours. Regina se réveilla une demie-heure avant que le réveil ne sonne, repensa à son rêve et se leva pour se préparer. C'était de plus en plus difficile de réveiller Henry et Regina détestait l'idée qu'il grandisse. Elle le déposa à l'école, partit travailler, et à quinze heures trente précisément, alla rechercher Henry pour ensuite rentrer à la maison, dîner, jouer, prendre le bain et aller se coucher. C'était devenu une routine, et Regina était prête à aller dormir à vingt-deux heures.

Mais elle resta éveillée à regarder l'heure défiler sur son réveil jusqu'à ce qu'il soit vingt-trois heures trente et que la petite voix dans sa tête lui dise d'y aller. Non, ça l'empêcherait d'aller de l'avant. Mais qu'est-ce qu'elle était supposée faire ? Oublier complètement Emma ? Pas l'oublier, mais elle devait se lever tôt le lendemain, et ça ne ferait que rendre les choses plus difficiles. Mais c'est l'anniversaire d'Emma.

Alors, à vingt-trois heures quarante-cinq, Regina se glissa hors du lit et se dirigea vers la cuisine. Elle n'eut pas à allumer la lumière. La lune éclairait suffisamment l'intérieur du manoir pour qu'elle puisse entrer dans la cuisine et aller jusqu'au plan de travail. Dans le silence de la nuit, elle n'était qu'une ombre cachée du regard curieux des habitants de la ville et même d'Henry. L'horloge lui indiquait qu'il ne lui restait plus qu'une dizaine de minutes, alors rapidement, elle ouvrit le réfrigérateur sortit le plateau de cupcakes qu'elle et le petit garçon avaient préparé la veille qu'elle posa sur la table. En cherchant dans ses placards, elle trouva une bougie bleue en forme d'étoile. Elle l'alluma et même si la bougie ne donnait pas beaucoup de lumière, elle semblait illuminer la pièce alors que Regina imaginait le sourire timide de la jeune femme blonde le jour où elle lui avait organisé une fête d'anniversaire surprise, la tension de son corps quand Emma s'était jetée dans ses bras et l'avait enlacée parce qu'elles ne savaient pas encore comment exprimer leurs sentiments à ce moment-là.

Regina avait cessé de faire des vœux bien avant d'avoir atteint l'adolescence. C'était inutile et insensé. Des vœux ne l'auraient pas menées là où elle était aujourd'hui. Ils n'auraient pas payé l'université et ne l'auraient pas calmée quand Henry, alors âgée de six semaines, avait eu la colique. Mais alors qu'elle se penchait sur le comptoir, posait son menton sur ses avant bras et regardait la flamme de la petite bougie bleue vaciller dans l'obscurité, elle fit le seul vœux qu'elle voulait désespérément voir se réaliser.

Rendez-la moi.


Il neigeait de nouveau. Pour une fois, les flocons avaient commencé à tomber à la fin du mois de novembre et les cris d'alarme sur le réchauffement climatiques s'étaient tus pour la saison. Malgré le peu de neige qui recouvrait le sol, Regina avait promit à Henry qu'ils iraient faire de la luge sur la colline qui surplombait le parc. La brune gardait constamment un œil sur lui alors qu'elle frissonnait, assise sur un banc avec un thermos coincé dans le creux de son bras, le petit garçon n'ayant clairement pas besoin de son aide. Il tirait sa luge au sommet de la colline avant de s'asseoir et de se pencher en avant, riant et criant pendant la descente.

« Regina. » La Mairesse leva la tête et vit Archie Hopper qui lui souriait chaleureusement, emmitouflé dans sa veste en tweed pour promener Pongo. « Ça fait longtemps que je ne vous ai pas vue. »

« Je ne suis pas votre patiente, Docteur Hopper. » Répliqua Regina avant de retourner son attention vers Henry.

Ignorant cette réplique cinglante, Archie s'assit à côté d'elle et libéra Pongo de sa laisse. Le dalmatien courut immédiatement vers Henry qui cria de joie à l'idée de se rouler dans la neige. Regina se souvint que quand il était plus petit, Henry, persuadé que le chien était son noble destrier, avait essayé de le seller. Maintenant, Henry était plus grand que le chien et même si Pongo tentait de rester immobile quand le petit garçon avait envie de lui monter dessus, ils réalisèrent tous les deux que ce temps était révolu.

« Comment allez-vous ? » Demanda Archie.

« Bien. »

« Et Henry ? »

« Parfaitement bien. »

« Il a l'air heureux. »

Regina prit un moment pour répondre, un sourire aux lèvres alors qu'Henry s'amusait avec Pongo dans la neige. « Bien-sûr qu'il l'est. »

« Et vous ? » Demanda le thérapeute avec audace.

Regina haussa les épaules et pinça les lèvres. « Évidemment que je le suis. »

« Ce que je veux dire. » Reprit-il sur un ton presque abasourdi. « J'ai entendu des rumeurs sur Emma. »

Regina se rapprocha soudainement de lui. « Je ne pensais pas que vous étiez quelqu'un à croire les rumeurs d'une petite ville, Docteur. »

« Je ne connais pas les détails. » Assura-t-il rapidement. « Mais je veux simplement que vous sachiez que si vous voulez parler de quoique ce soit, ma porte vous est toujours ouverte. »

Regina se leva, retira ses gants et serra le thermos fermement. « Je ne sais pas de quoi vous parlez. »

Et avec ça, elle rappela Henry qui parut déçu de ne plus pouvoir jouer.


Malgré les fêtes de fin d'année qui approchaient et l'offre d'Archie qui tournait constamment dans sa tête, ce furent les deux semaines suivantes qui l'avaient menée devant la porte du thérapeute pendant sa pause déjeuné.

Son travail était déjà un stress constant et la coupure de courant qui dura près de quatre jours ne fit rien pour arranger les choses. Leroy, dans un état d'ébriété bien avancé, avait décidé d'abattre la ligne électrique principale de la ville avec une hache. Son arrestation n'avait pas suffit à apaiser Regina qui devait faire face au nombre croissant d'incidents qui avaient suivis. La fête annuelle de Noël avait été annulée à cause des dommages causés dans la salle du conseil, ce qui ajoutait à la liste de Madame le Maire un stress supplémentaire.

Henry fut malade durant la panne d'électricité, les basses températures rendant son corps vulnérable. Il était enrhumé, fiévreux et dormait la majorité de la journée et tout ce qu'elle pouvait faire, c'était le prendre dans ses bras, lui donner des antibiotiques et le frotter au Vaporub.

Il pleurait souvent, était agité, les fêtes de fin d'année approchaient, et au fond d'elle, Regina savait ce que ça signifiait même si elle refusait de se l'avouer. Ce qu'elle tentait d'oublier refit surface lorsque les cris de son fils la réveillèrent cette nuit de décembre, et alors qu'elle se précipitait dans sa chambre, elle ne s'était certainement pas préparée à ça.

« Je veux Emma. » Cria le petit garçon en sanglotant, à moitié endormi. Son pyjama était trempé de sueur et il continuait de crier sur les monstres de son rêve.

« Shh. » Le calma Regina en le redressant pour lui passer un linge humide sur le visage. « Réveille-toi mon cœur. Ce n'est qu'un rêve. »

Il continua de sangloter tandis que sa mère lui retirait son haut de pyjama pour le frotter au Vicks. « Emma ! »

« Henry. » S'emporta Regina en pressant son front contre le sien. « Chéri, Emma n'est pas là. Tu dois te réveiller. »

Il se mit à pleurer de plus belle, ses plaintes résonant dans le manoir. Peu importait ce qu'elle faisait, Regina n'arrivait pas à le réveiller.

« Henry. » Supplia la brune en se levant pour lui chercher un nouveau haut de pyjama. « Henry, ça suffit. »

Elle se rassit, et Henry, toujours recroquevillé dans son lit, paraissait plus réveillé qu'auparavant.

« Maa-maaan ! » S'écria le petit garçon en toussant.

Elle lui fit enfiler son haut et il posa sa tête contre sa poitrine. « Je sais, chéri. Tu te sentiras mieux que tu te seras reposé. »

Elle chanta les premiers vers de sa berceuse espagnole préférée, mais Henry la repoussa de toute ses forces. « Non ! Je veux Emma ! » Cria-t-il plus fort, en répétant le prénom d'Emma encore et encore.

Regina secoua la tête avec frustration, les larmes perlant ses yeux. « Elle n'est pas là, Henry. Ça suffit. »

« Emmmaaaa ! » Geignit Henry si fort que Regina hoqueta.

« Elle n'est pas là, Henry ! Elle est morte ! » Regina ouvrit de grands yeux horrifiés et pressa sa main contre sa bouche.

Henry se tut. Sa respiration haletante et ses hoquets résonnèrent dans le silence qui s'était soudainement installé dans la pièce. Il regarda sa mère comme si elle était un monstre et Regina aurait voulu se terrer dans un coin sombre et ne jamais en sortir. Les lèvres du petit garçon se mirent à trembler. Ses yeux brillèrent. Il ramena la couverture vers lui, et au moment où les sanglots déchirèrent de nouveau son corps, Regina s'agenouilla vers lui, le serra contre elle et cette fois, il ne la repoussa pas.

« Je suis désolée. » Murmura-t-elle à son oreille, une main posée sur son dos pour le garder aussi près d'elle que possible. « Je suis tellement désolée, Henry. Je suis désolée. »

Ça avait été l'élément déclencheur, la goutte qui avait fait déborder le vase et qui l'avait menée devant la porte du thérapeute ce mardi après-midi, une fois qu'Henry avait pu retourner à l'école. Regina n'en pouvait plus.

« Regina. » Salua Archie en souriant quand il lui ouvrit la porte. Il n'attendit pas plus d'une seconde pour l'inviter à entrer. Pongo s'était levé à toute vitesse pour la saluer lui aussi. « Qu'est-ce qui vous amène ? » Il referma la porte et s'assit sur son fauteuil, le regard posé sur Regina qui avait préféré concentrer son attention sur Pongo et lui grattait la tête et les oreilles avant de faire les cents pas dans la pièce.

Elle regarda les livres posés sur une étagère, et alors qu'elle pensait qu'ils servaient uniquement de décoration, elle remarqua qu'il n'y avait pas un seul grain de poussière. Pongo aboya. Regina tourna la tête vers l'animal et le vit assis sur le canapé, l'incitant visiblement à en faire de même. Obéissant à l'ordre du chien, Regina s'assit et posa une main sur la tête du Dalmatien.

Archie attendit patiemment, et Regina lui envia ce trait de caractère. L'ongle de son pouce avait déjà bien souffert de son manque de patience, particulièrement pendant l'attente des lettres d'une certaine blonde. Elle soupira et regarda timidement le docteur. « Je me suis mise en colère contre Henry il y a deux jours. »

« A propos de quoi ? » Demanda-t-il calmement.

Elle se mit à jouer avec son pendentif, le pressant contre ses lèvres en fixant le tapis qui décorait le bureau. « Je lui ai dis qu'Emma était morte. »

Si Archie fut surpris, il n'en montra aucun signe. Il se contenta de se pencher et mit de côté son calepin. « Est-ce qu'elle l'est ? »

Regina ferma les yeux et posa sa tête entre ses mains. « Il y a un an, j'ai appris qu'elle était portée disparue. Qu'est-ce que vous en pensez, Docteur ? »

« Je pense que vous auriez été mise au courant si elle avait été retrouvée, vivante ou pas. »

« Peut-être qu'il n'y a pas de corps. » Lança Regina sur un ton morbide en croisant finalement le regard d'Archie.

« Je ne vais pas vous promettre qu'elle est vivante, Regina. Ce que je peux faire en revanche, c'est vous aider à traverser cette épreuve. »

« Comment ? » Demanda Regina d'une voix rauque. « Avec des livres et les cinq étapes du deuil ? Ça fait un an, Docteur Hopper. Un an. Et ce n'est pas plus facile. Je continue d'attendre le jour où je me réveillerais et que je n'en aurais plus rien à faire, mais ça n'arrivera jamais. Tout me fait penser à elle. Je vois une voiture jaune dans la rue, et je souhaite que ce soit la sienne. Je passe devant la boutique de Monsieur French, et je me souviens de tout ce qu'elle a du faire pour m'envoyer une rose. Je passe devant ma chambre d'ami et je la vois faire des squats. J'ai beau essayer, je n'arrive pas à la sortir de ma tête. » Regina ne réalisa pas que ses joues étaient noyées de larmes jusqu'à ce qu'elle renifle. « Henry était malade et il demandait Emma. Et je n'arrêtais pas de penser au moment où Henry qui avait à peine deux ans était tombé malade. J'avais écrit à Emma pour lui en parler et elle avait réussit à me rassurer. Elle était supposée répondre à mes lettres, même si elle avait du retard, elle répondait toujours. Elle m'avait promis qu'elle ferait attention et maintenant- »

Regina se mit à sangloter et prit le mouchoir que lui tendait Archie avant d'essuyer les larmes qui avaient fait couler son mascara et son eye-liner.

« Je veux de l'espoir. » Admit Regina à voix basse en frissonnant. « Je veux croire qu'elle est là-bas, qu'elle est en sécurité et que quelqu'un prend soin d'elle, mais je dois être réaliste. » Elle secoua la tête comme si elle se parlait à elle-même. « J'ai arrêté de croire aux miracles depuis longtemps. Je dois arrêter de m'infliger tout ça, mais- »

« Vous ne voulez pas oublier. » Termina Archie quand elle s'interrompit. Elle acquiesça et Archie posa une main sur son genou. « Oublier et lâcher prise ne s'excluent pas mutuellement. »

« Je ne sais pas si j'en suis capable. »

« Peut-être pas maintenant, mais avec le temps, vous le serez. » Il se réinstalla dans son fauteuil, attrapa son calepin, déchira la première page et le tendit à Regina avec un stylo. « Vous avez mentionner le fait que d'écrire à Emma quand Henry était malade vous avez aidé. Peut-être qu'on devrait commencé par ça. »


Note d'auteur 2 : Et voilà ! On espère que ce chapitre vous aura plu :) Comme toujours, n'hésitez pas à nous dire tout ça en commentaire !

Gros bisous et on vous dit à bientôt pour la suite :D