Merci à ceux qui ont manifesté leur intérêt pour cette fic.
21 La famille que l'on voudrait oublier
Chambre de Tony
La nuit se passa calmement. Les infirmières firent leurs rondes, mais aucune n'osa indiquer la sortie à Gibbs. Elles tenaient sans aucun doute à leurs vies. Le soleil se leva lentement sur la ville endormie. Un peu partout, les gens ouvraient leurs yeux, mais ceux de Tony demeuraient obstinément clos.
Ziva passa apporter un déjeuner à Gibbs, ainsi que quelques articles de toilette et des vêtements de rechange.
— Merci Ziva. Vous voulez bien rester avec Tony, le temps que je prenne une douche?
— Pas de problème.
Gibbs disparut en jetant un dernier regard sur Tony. Il n'osait pas s'absenter trop longtemps, il voulait être présent au moment où son agent ouvrirait les yeux. Lorsque la porte se referma sur son patron, Ziva s'approcha de Tony. Elle lui prit la main, tout en lui parlant.
— Je ne sais pas ce que tu as fait au patron, mais il est comiquement gentil. C'est bien comiquement que l'on dit? C'est triste lorsque tu ne sois pas là pour me pende. C'est nouveau de voir comme Gibbs ça. Tu as cet effet-là sur tout le monde. Personne ne peut résister à ton charme et à tes sourires. Tu devais être un petit garçon très souriant, Anthony DiNozzo. Du genre à tout obtenir d'un simple sourire.
À ce moment, la porte s'ouvrit avec fracas. Le Père de Tony entra dans la pièce Il jeta un regard noir à la jeune Israélienne.
— Ne touchez pas à mon fils! Il est fiancé!
— Fiancé? Depuis quand Tony est-il fiancé? C'est une blague?
— Ai-je l'air de plaisanter? Alors, éloignez-vous de lui. Mademoiselle?
— Ziva David, sa collègue de travail. Il vous a peut-être déjà parlé de moi.
— Nous ne parlons pas de sujets insignifiants. Reculez!
— Tony est comme un frère pour moi. Avec l'équipe, on forme une grande famille. Tony n'est pas du tout mon genre d'homme! Vous n'avez pas à vous inquiéter.
— Je ne m'inquiète nullement d'une fille aussi quelconque que vous. Mon fils ne travaille plus pour le NCIS. Anthony aura un véritable travail dans ma compagnie. Il a terminé de jouer à l'agent de police.
— Son travail n'a rien d'un jeu. Il risque sa vie chaque jour. Depuis qu'il travaille pour nous, il a eu la peste, il s'est fait battre, enfermer, tirer dessus, enlever, il a échappé à une explosion et je passe le nombre de commotions qu'il a accumulées.
— Il n'a pas changé. Il a toujours voulu attirer l'attention sur lui. Il a besoin de se faire remarquer. Il ne mérite qu'une bonne correction. Il me fait perdre un temps fou. Il doit être présenté à sa fiancée aujourd'hui, et voilà qu'il joue encore les troubles fête. Je ne vais quand même pas faire venir sa fiancée et ses parents dans cet hôpital. Que vont-ils s'imaginer, que j'essaie de leur refiler un modèle hors d'usage?
Gibbs qui se tenait silencieusement dans l'encadrement de la porte ne put contenir sa colère plus longtemps. Il s'avança vers le Père de Tony qui se retourna au moment où la porte claqua. Une lueur meurtrière brillait dans les yeux acier de l'agent du NCIS. Avant qu'une seule parole ne soit prononcée, M. DiNozzo recula jusqu'au mur, voulant augmenter le plus possible la distance entre lui et le patron de son fils. Il se sentait menacé et avec raison.
— Vous avez conduit Tony dans ce lit. Il est boulimique et il s'automutile depuis l'âge de 12 ans…et ce n'est sûrement pas sa première tentative de suicide.
— Et comme tout ce qu'il entreprend, il a aussi raté ça! Ce n'est vraiment qu'un minable. Mais puisqu'il est le seul héritier de la famille DiNozzo, je dois m'en contenter.
— Ça, c'est pour Tony, et Gibbs s'avança rapidement vers l'autre homme pour lui mettre son poing dans la figure.
Ziva, qui avait assisté à toute la scène, s'approcha également de Père de Tony. Elle savait que Gibbs n'était pas de genre à lancer des paroles en l'air. Troublée par les révélations de son patron, elle attrapa le bras droit de l'homme et lui tordit fortement derrière le dos. Un cri de douleur retentit dans la pièce en même temps les genoux de M. DiNozzo flanchèrent. Il s'effondra lamentablement sur le sol de la chambre.
— Ça va te visser le bec!
— Clouer, Ziva. On dit clouer.
— C'est la même chose.
Ziva redressa le Père de Tony. Son nez, probablement cassé, saignait abondamment.
— Un conseil, n'essayez plus jamais d'entrer à nouveau en contact avec votre fils. Si je vous vois rôder près de lui, je tiendrai pour acquis que vous venez pour le tuer et je vous abattrai le premier.
Gibbs prononça sa dernière phrase en replaçant la cravate du Père de Tony. Et pour donner plus de poids à ses paroles, il ouvrit son veston, dévoilant le port de son arme.
— Il ne faut jamais s'attaquer à un de mes agents. Et surtout pas à Tony, compléta-t-il mentalement.
En quittant la pièce, le Père de Tony se retourna une dernière fois.
— Votre carrière vient de prendre fin, Agent Gibbs.
Une fois le calme revenu, Ziva regarda Gibbs avec attention.
— Ce que vous avez mentionné sur Tony, c'était un mensonge, pas vrai? Pour effrayer son Père?
— Non Ziva! C'est malheureusement la vérité. Je ne voulais pas que vous l'appreniez de cette façon.
— Il s'automutile et il est boulimique? Et tous ses beaux sourires alors?
— C'est pour sauver les apparences. Pour se protéger. À son réveil, il va avoir besoin de notre aide.
— Je serai là et les autres aussi. Je suis désolée Gibbs. J'ai cru à ses sourires. Je pensais qu'il avait tout pour être heureux. Je me croyais forte pour juger les gens, mais il m'a dupée comme une débutante.
— Tout le monde s'y est laissé prendre, moi le premier. Il est très fort à ce petit jeu là. Nous devrons nous montrer plus attentifs et être à l'écoute de la moindre parole suspecte ou du moindre geste anormal.
