Salutation lecteurs/lectrices !

Après moult délibération avec moi-même (ce qui m'arrive de plus en plus souvent, est-ce grave?) je me suis décidée à publier ce chapitre bien qu'il soit court.

En espérant qu'il soit claire (s'il ne l'est pas tout remarque ou question est bien venue) je vous souhaite une bonne lecture.

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A Guest : oui la fic n'est pas abandonné. Ça prendra le temps qu'il faudra mais elle sera terminé (d'autant plus qu'il ne reste logiquement plus grand chose à écrire). Pour le côté « ennuyant » que puis-je dire ? Je suis une éternelle pessimiste:p

A Exousia9 : Ah pas de honte à avoir, les commentaires ne sont pas obligatoire (même s'ils sont fortement sollicité XD) ça fait surtout très plaisir à l'auteur (moi en l'occurrence^^) ! En espérant que la suite te plaise et te motive (peut-être) à laisser d'autres reviews (qui rappelons-le font très plaisir à l'auteur -c'est toujours moi !:p).

A clara76120 : XD on ne peut pas faire que des heureux. Mais bon au fond si on n'y réfléchit bien n'est-ce pas mieux ainsi ?

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Chapitre.21

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Viola comprit rapidement que les sanglots de Natsuki n'allait pas se tarir de sitôt et, faisant fi de son poignet blessé, commença à doucement se balancer. Elle se mit aussi à chantonner une vieille berceuse d'une voix si faible que cela n'était qu'un murmure hypnotique pour Natsuki. Celle-ci se retrouva à glisser de nouveau son visage dans le cou de Viola pour se blottir un peu plus dans le confort offert par la jeune femme. Viola manqua un bref moment de s'interrompre quand le portable coincé dans la poche de son jean vibra. Elle dégagea avec précaution son poignet de la prise à présent détendu de Natsuki et s'empara du mobile sans que Natsuki ne s'en aperçoit puisqu'elle continuait à pleurer, à moitié engourdi par la douleur et la tristesse -ou était-ce par l'étreinte et le chant de Viola ?

Quoiqu'il en fut, Viola ouvrit d'une main son téléphone et lut rapidement le message envoyé. Il venait de Yamada et ce n'était jamais de bonne augure. Il lui indiquait en effet la disparition de Shiho et Mai. Viola grimaça et -le téléphone une fois rangé- utilisa son bras libre pour encercler Natsuki et la tenir tout contre elle. Si le District s'en prenait déjà à des HiMEs telle que Mai qui connaissait pas mal de monde, cela signifiait que plus aucune d'entre elles n'étaient en sécurité. Natsuki comprise. Rien ne servait cependant de communiquer l'information à Natsuki dans l'instant. Elle préférait amplement lui fournir encore un peu de réconfort. Natsuki n'était pas la seule à souffrir.

Quand les larmes et les hoquets firent cependant place à de simples reniflements, Viola décida qu'il était temps de discuter. Elle l'écarta alors doucement d'elle malgré la volonté farouche de Natsuki à s'accrocher à elle et plus particulièrement à sa veste -cette même veste qu'elle avait porté lors du drame et dont elle avait eu un mal fou à nettoyer les gouttes de sang qui l'avaient tachée.

« Natsuki, regarde moi. »

La jeune fille mit un moment avant d'obéir à la demande et Viola put enfin faire face au regard vert tout à la fois flou et brillant de larmes de Natsuki.

« Viens, asseyons-nous. »

Elle les mena au canapé, où elle fit s'asseoir Natsuki. Si son apparence l'avait choquée, elle ne percevait que maintenant la maigreur et la pâleur maladive de l'ex-HiME. D'un geste doux, elle caressa les cheveux de Natsuki puis ses joues, sentant ses propres larmes lui venir aux yeux. Puis Natsuki dut se rappeler que toute cette affection ne venait pas de Shizuru mais de Viola et elle détourna son visage. A ce geste, Viola rétracta sa main et se releva.

« Ne pars pas, supplia cependant Natsuki. »

Il y avait de la panique dans son ton. Elle ne s'était même pas aperçu qu'elle avait de nouveau attraper la veste de Viola.

« Je ne pars pas, je vais seulement te faire quelques choses de chaud à manger. »

Natsuki sembla hésiter mais relâcha finalement sa prise avec un tremblement.

« Je n'ai pas faim, répondit-elle d'une petite voix.

-Natsuki, soupira Viola d'une voix qui sous-entendait qu'elle se comportait comme un enfant.

-Je ne peux rien avaler d'accord, la rabroua-t-elle durement. »

Le regard de Viola se décala avec mal aise, les lèvres serrées en une ligne exprimant d'une manière étrangement claire une certaine forme de culpabilité. Natsuki fronça les sourcils à cette expression incongrue. Puis avec un soupir, Viola repoussa sa frange et traîna tout de même des pieds jusqu'à la cuisine de Natsuki. Rapidement, cette dernière perçut les bruits de casseroles et de vaisselles. Natsuki ignorait ce qui pouvait bien se trouver dans sa cuisine et plus particulièrement dans son frigo mais Viola dut trouver de quoi constituer un repas puisque durant une vingtaine de minutes, elle ne réapparut pas. Natsuki serra les yeux et sa mâchoire se crispa alors qu'elle refoulait les dizaines de souvenirs qui tentaient de la submerger : des scènes similaires où Shizuru était venue passer la soirée chez elle et avait cuisiné pour elles deux.

Viola réapparut finalement, un large plateau dans les mains qui contenaient du thé, des bols de riz et une omelette à... Natsuki n'était pas sur de savoir ce qu'il y avait dans l'omelette, mais à cette image de Viola, Natsuki sentit que les choses ne pourraient continuer bien longtemps ainsi avant qu'elle ne perde la raison. La femme ressemblait beaucoup trop à Shizuru pour que sa santé mentale ne le supporte. Elle revoyait encore tout ce sang alors que ces oreilles bourdonnaient, cet instant d'incompréhension quant à ce qu'elle venait de faire, ce...

« Natsuki ? »

Dans un sursaut, Natsuki releva son visage et croisa les yeux rouges de Viola.

« Qui es-tu en réalité ? Es-tu la cousine de Shizuru ? C'est ce que m'ont dit Chie et Aoi, qui... »

En d'autres circonstances, Natsuki aurait eu honte d'entendre sa voix aussi brisée, mais elle se fichait bien de telles considérations maintenant. Plus rien n'importait à présent, à part -peut-être- comprendre comment les choses en étaient arrivés où elles étaient.

« On doit effectivement parler Natsuki. Mais ce ne sera qu'une fois que tu auras mangé. »

Natsuki aurait été prêt à se disputer avec Viola mais elle ne s'en sentait pas la force. Elle était convaincue par ailleurs que Viola n'aurait pas plié face à elle. Natsuki se força alors à avaler un peu de nourriture. Le repas était simple mais bon, délicieux même, si on prenait en compte que Natsuki se découvrait affamer une fois sa nausée à la vue de la nourriture passée. Elle ne remarqua qu'après avoir fini tout les plats que Viola avait glissé plus de la moitié de son propre repas dans son assiette.

La nourriture dut lui rendre un peu d'énergie car un peu de sa fierté refit surface et elle se refusa à reconnaître que Viola avait raison sur son besoin de se nourrir.

« Voilà maintenant que j'ai mangé, préféra-t-elle répondre, je veux tout savoir !

-Je ne pense pas que Natsuki aimera tout ce que j'ai à lui dire. »

Natsuki n'éprouva pas le besoin de répondre à cette phrase qui exprimait probablement la réalité.

« Par où commencer, divagua Viola. Tu veux savoir qui je suis et comment les choses ont pu en arriver là et bien... tout ça est d'une certaine manière liée au Carnaval, au fait d'être HiME. »

Natsuki sentit tout son corps se tendre par simple réaction à ses mots.

« Qu'est-ce que tu peux bien savoir de tout ça ?

-Tout, je sais tout. Vois tu... il y avait quatre Districts. Tu connaissais le First District pour l'avoir pourchassé durant des années, tu en as plus ou moins rencontré deux autres. Ces trois-là ont été détruit, un quatrième cependant existe toujours. »

Viola se refusa pour le moment à lui dire que ce quatrième -le Third District- avait enlevé Mai et Shiho. Pas maintenant. Il fallait que Natsuki comprenne tout avant qu'elle ne parte tête baissée tenter de sauver Mai.

« Non, contredit Natsuki. Je l'aurais appris, j'aurais su si...

-Tu pourras demander à Miyu ou Alyssa. Elles ont été créées dans les deux autres Districts détruits. »

Natsuki continua cependant à nier l'évidence. Viola se rendait bien compte que si elle refusait déjà de croire à cela, elle ne parviendrait jamais à comprendre le reste.

« Natsuki, appela-t-elle sèchement. Peut-être aurais-je du commencer par un avertissement. Mon histoire va te sembler invraisemblable mais pourtant il va falloir me croire, si tu veux comprendre la situation dans laquelle nous sommes. »

Natsuki défia le regard de Viola puis acquiesça.

« D'accord, je ne dirais rien avant que tu finisses ton explication. »

Sa voix, nota Viola, continuait à trembler. Elle tentait d'être forte mais elle restait sur le point de se briser. Elle tenta d'en faire abstraction durant les prochaines minutes qu'elle passa à lui parler du Third District, du peu qu'elle en connaissait, mais surtout de leur expérience, des nanomachines, du noms donnés aux cobayes – Otome- et du choix -les HiMEs- pour les dits cobayes. Comme promis, Natsuki se tut et seule la tension dans ses épaules lui indiqua qu'elle l'écoutait et n'appréciait pas forcément ce qu'elle lui disait. Quand Viola lui demanda finalement si elle avait bien tout compris, Natsuki prit la parole.

« Comment puis-je te croire quand toutes les HiMEs... quand toutes les HiMEs sont en sécurité chez elle ? Demanda-t-elle. »

Viola avait entendu sa difficulté à dire que toutes les HiMEs étaient en sécurité alors qu'elle venait d'assister à l'enterrement de Shizuru et ignorer celui de Nao.

« C'est là où... où il va falloir me croire, balbutia Viola sans bien savoir comment lui expliquer. La suite répondra d'ailleurs à ta question sur qui je suis. »

Viola prit une profonde inspiration et se lança enfin.

« Les nanomachines apportent parfois d'étranges capacités aux Otomes.

-Tu me l'as déjà expliquée, s'impatienta Natsuki.

-L'une de ces capacités... est de pouvoir remonter le temps. »

Viola attendit de voir l'effet que cette information allait avoir sur Natsuki, mais ce ne fut qu'un regard vide qui l'accueillit, puis une étincelle de quelque chose de trop rapide pour être comprise.

« Tu es en train de me dire que... tu es... »

Puis à la surprise de Viola, Natsuki bondit au-dessus de la table de salon qui les séparaient et son poing s'écrasa sur le visage de Viola. Cette dernière bascula en arrière sous la force étonnante du coup. Sa tête battit douloureusement en frappant le sol mais ce n'était rien comparé à sa pommette éclatée. Natsuki n'y était pas allée de main morte. Elle l'attrapa d'ailleurs par son col et la releva pour la balancer contre le mur et l'y étrangler à moitié. Ce ne fut qu'ensuite, l'étonnement passée, que Viola perçut les reproches que lui lançait Natsuki, des larmes de fureur glissant le long de ses joues.

Natsuki lui reprochait de ne pas avoir remonté le temps pour l'empêcher d'abattre Shizuru.

« Stop, gémit Viola à moitié étouffée. »

Natsuki se recula enfin, laissant Viola reposer les pieds au sol et reprendre sa respiration. Elle sembla hésiter entre s'approcher et s'éloigner.

« Tu veux dire que tu es Shizuru mais... venue du futur ? Demanda-t-elle durement la main encore crispée dans un poing qui n'attendait qu'à s'abattre sur sa victime.

-Non, je veux dire que Viola était une Shizuru du futur.

-Mais tu es Viola, s'énerva Natsuki. Les tests ADN ont prouvé que c'était Shizuru que j'avais... tué... ? »

Puis un éclair de compréhension traversa le regard de Natsuki alors qu'elle faisait face au sourire coupable de la femme aux yeux rouges.

« Sauf que... si Viola était une Shizuru du futur, commença-t-elle, elle aurait eu le même ADN...

-Que le miens, compléta sa vis-à-vis en sifflant quand elle toucha sa pommette brisée.

-Mais... tu l'as appelé Shizuru et... »

La jeune femme soupira et contre sa volonté dut attendre de boire un verre d'eau avant de pouvoir répondre.

« Il y a quelques moi j'ai rencontré une dénommée Viola, expliqua-t-elle. Celle que tu as connu et ironiquement détesté. Elle avait coupé et teint ces cheveux et portait des lentilles pour agir sans m'attirer d'ennuis. C'est étonnant de voir à quel point, on se connaît mal... je ne me serais jamais reconnu si elle ne m'avait pas dit la vérité. Le seul soucis était qu'elle avait commis quelques erreurs et l'inspectrice Suzushiro-san, la mère d'Haruka, est remontée jusqu'à moi. »

A cela, elle montra son poignet abîmé.

« Étrangement, je garde de l'interrogatoire un souvenir plutôt flou mais je me souviens avoir tiré tant et si bien sur les menottes que je suis parvenu à me blesser. Mais ceci n'est pas le sujet. Sans preuve de ce qu'elle avançait, Suzushiro-san m'a relâchée et j'ai rejoins Viola. Elle savait qu'à présent que la police était remonté jusqu'à moi, les ennuis ne faisaient que commencer. Le Third District, les Yakuza, les Ryu et d'autres groupes et gangs malfamés dont elle avait secoué la cage se lancerait après moi. Elle voulait donc qu'on échange nos places.

-Mais vous...

-On ne l'a pas fait. J'ai refusé. Simplement parce que... parce que je voulais l'aider à te protéger Natsuki. Sur ce point là... je me reconnaissais en Viola. Nous aurions fait n'importe quoi pour toi. Il fallait cependant reconnaître que Viola savait se battre et manier une arme à feu. Et les nanomachines aidant, elle était bien plus forte que moi. Je l'ai convaincue de me laisser être son appât.

-Son appât ? »

Shizuru acquiesça tranquillement avec un sourire triste.

« Nous ne parvenions pas à mettre la main sur le Third District alors que ces derniers commençaient déjà à enlever des HiMEs.

-Nao, comprit Natsuki en fermant les yeux. Elle avait disparu vers Noël. Mais la connaissant, personne n'a trouvé ça étrange, elle le faisait souvent.

-En effet, constata Shizuru. Alors le plus simple pour les attaquer avant qu'un sort similaire n'arrive à toutes les autres HiMEs et à toi surtout... était de les faire venir jusqu'à nous. A moi en particulier. J'étais un excellent appât. Il savait que quelqu'un du nom de l'Améthyste semait la discorde dans leurs affaires, la police m'avait mise en garde à vue soupçonnant que je pouvais être cette Améthyste. Les coïncidences qu'une HiME mettent de nouveau son nez dans les affaires d'un District, moi d'autant plus, qui en avait détruit un... ils allaient forcément me chercher. Et Viola comme tout bon chasseur allait intervenir à ce moment là. Nous ne pensions simplement pas qu'ils utiliseraient Nao -devenue Otome- et motivée par la haine qu'elle me portait.

-J'ai tout foutu en l'air en intervenant, conclut alors Natsuki. »

Shizuru ne répondit pas car il n'y avait aucune réponse à donner. Sans Natsuki, il était impossible de savoir comment se serait déroulé les choses.

« Les nanomachines de Nao avait augmenté sa résistance et sa vitesse. Sans ton intervention, Nao, armée de sa lame, m'aurait tuée avant que Viola ne puisse réagir. Quand tu as brièvement détourné l'attention de Viola, elle a dut penser qu'elle pourrait l'éliminer. Et elle aurait probablement eu raison si Viola ne possédait pas elle-même des nanomachines.

-Pourquoi a-t-elle visé la tête ? Demanda Natsuki ignorant l'effort de Shizuru pour lui faire croire que son intervention n'avait pas été aussi catastrophique qu'elle ne l'avait été en réalité.

-Nao était une nouvelle Otome, ses nanomachines auraient pu soignés n'importe quelle autre blessure, elle n'aurait même pas été ralenti et elle aurait tué Viola, moi... ou pire toi. Viola n'aurait jamais pris ce risque.

-Si les Otomes sont si puissantes, pourquoi Viola n'a pas guérit sa blessure ? »

Shizuru lui offrit un bien triste sourire.

« Crois-tu que si être Otome ne signifiait que la puissance, la résistance et le pouvoir, Viola aurait fait tant de chose pour empêcher le Third District. Nous sommes les cobayes d'une expérience à ses débuts. Viola disait que toutes les autres HiMEs étaient décédés à la suite de souffrances inimaginables engendrées par les nanomachines. Pour Viola, les nanomachines ont maintenu en vie des cellules abîmées qui auraient du mourir pour son bien. Ces cellules se sont multipliés et... Viola avait une tumeur maligne au niveau du cerveau. Chaque fois qu'elle utilisait les nanomachines pour se soigner ou remonter le temps, elle en souffrait et se rapprochait de la mort. Je pense... je pense que se soigner l'aurait amené à la mort aussi bien que l'a fait sa blessure. Les nanomachines lui ont juste permis de survivre quelques minutes de plus. Et au moment de mourir, elle a juste voulu... elle a voulu partir en sachant qu'elle était quelqu'un.

-Comment ça ? Ne comprit pas Natsuki.

-Elle ne voulait pas mourir en tant que Viola. Ce n'était qu'un nom prit au hasard qui ne représentait rien. Elle voulait savoir que quelqu'un se souviendrait qu'elle n'était pas une inconnue. Je peux comprendre sa demande, soupira-t-elle. Elle a été nommée Shizuru à la naissance, elle voulait mourir avec ce nom. Ça représente quelque chose non ?

-Oui, je crois, répondit Natsuki en observant les traits tendus de Shizuru.

-Je m'excuse de ne t'avoir rien dit, reprit Shizuru après un bref silence. De t'avoir laissée croire que j'étais morte. Mais... le Third District surveille les HiMEs si tu avais réagis autrement à ma mort, ils auraient compris qu'il y avait un problème. C'était plus sûr de cette façon.

-Plus sûr ? Gronda Natsuki. Pour qui ? Pour tous ces gens qui pleuraient en pensant t'avoir perdu ou seulement pour toi ? L'accusa-t-elle en la pointant du doigt. »

Shizuru haussa les épaules tristement.

« Qu'aurais-dû-je faire selon toi ? Venir à mon enterrement ? Les choses seraient devenu chaotique et le Third District en aurait profité. Aujourd'hui j'ai l'avantage. Il me pense morte et je les trouverais bien avant qu'il comprenne s'être trompé. »

Natsuki sentit un frisson de peur en regardant Shizuru. Car dans ses mots elle revoyait la femme impitoyable du Carnaval. Puis ce fut suite à un quelque chose dans ses yeux ou ses lèvres, un assouplissement dans les traits de son visage peut-être, comme l'ébauche d'un sourire tendre et sincère, que Natsuki se fit enfin la remarque -stupide s'il en est- que ce n'était pas une illusion, que la femme qui lui faisait face était Shizuru. Avec ses qualités et ses défauts. Avec cette farouche volonté de détruire le monde pour la mettre en sécurité. Cette femme qui au Carnaval l'avait effrayé et qu'elle comprenait à présent. N'aurait-elle pas fait n'importe quoi pour voir Shizuru se tenir exactement là où elle était ? Et elle n'avait rien eu à faire.

Shizuru lui était revenu.

Shizuru allait traverser le temps pour la retrouver, pour la sauver.

Alors Natsuki traversa le salon, trébuchant à moitié dans sa précipitation, pour attraper à nouveau Shizuru par son col et l'attirer à elle. Pour l'embrasser, pour s'assurer que c'était réel.

Et ça l'était.

« Je t'ai tué, chuchota-t-elle néanmoins comment un aveux ou un avertissement nécessaire.

-Chut, Natsuki, c'est un futur que je changerais, lui assura-t-elle. »

Cette simple certitude n'allait certainement pas effacer son crime, ni la terreur et les cauchemars qui en résulteraient sa vie durant pas plus que cela n'effacerait la douleur de Shizuru d'avoir perdu un être qui lui avait été cher. A cet instant néanmoins, Natsuki comprit que Viola avait traversé le temps justement pour que Shizuru -qu'elle-même en somme- puisse vivre ce genre de moment qui lui avait été volé.

Natsuki ré-embrassa Shizuru avec une ardeur décuplée par sa peur de l'avoir perdu et sa joie de l'avoir retrouvé. Shizuru lui rendit ses baiser avec une égale ferveur mais elle laissa Natsuki prendre le contrôle, la laissa décidée de jusqu'où elle était prête à aller.

Sa respiration se fit haletante, alors que Natsuki embrassait son cou et laissait à ses mains le soin de glisser sa veste hors de ses épaules.

« Natsuki, gémit néanmoins Shizuru. Il y a encore quelque chose que...

-Rapport au Third District ou à nous ? Ahana Natsuki d'une voix rauque.

-Third Di-

-Plus tard alors, la coupa Natsuki en baisant doucement sa pommette blessée. »

Natsuki reprit rapidement l'assaut de ses lèvres, goûtant le sang de sa lèvre coupée, mais ne se souciant que de cet instant, de cette chance que lui offrait la vie en lui retournant Shizuru. Elle oublia qu'elle aurait pu la perdre à jamais si Nao l'avait attaquer plutôt que Viola, si Shizuru avait accepté d'échanger sa place avec Viola, si...

Mais elle était là, et Natsuki voulait vivre autant de choses qu'il lui était possible avant que la réalité -l'avenir annoncé par Viola- ne les rattrape.

Elle voulait savoir ce qu'était d'aimer et être aimé de Shizuru.

Le reste pouvait attendre.