coucou ! Merci pour les messages! Voici donc deux nouveau chapitres ;)

La petite folle: et si Lisbon, au lieu de se mettre en mode flic, se mettait en mode mère autoritaire ? Après tout, c'est son nouveau rôle aussi!

Aalana: tonton Cho ? Oo mdr le pauvre!

Sssssy: comme promis, ma fidèle Ssssy, voici la suite !

Bonne lecture!


POV de Lisbon

Le trajet en voiture avait été des plus silencieux. A de nombreuses reprises j'avais jeté un coup d'œil vers Sarah qui gardait résolument la tête tournée vers la vitre. Il fallait que nous parlions, cela devenait nécessaire, bien que je ne susse comment aborder le sujet.

Une fugue. Sarah venait de fuguer. J'avais été confrontée à de nombreuses fuites de la part d'adolescents, mais je ne pensais pas qu'un jour cela m'arriverait. Encore moins un jour de Noël. Comment avions-nous pu en arriver là ? Avais-je fait quelque chose qui l'avait poussée à agir ainsi ? J'étais partagée entre le soulagement et la colère. Je pensais que ces derniers mois avaient créé entre nous une complicité, une certaine proximité. M'étais-je leurrée ?

Rentrant dans la rue de notre immeuble, je retins un soupir en distinguant la voiture de Jane, et celui-ci adossé contre la carrosserie. Je devais lui parler, à lui aussi. Je me garai derrière lui, intimai à Sarah de sortir et de monter directement à l'appartement. Je descendis à mon tour, et m'approchai de lui, non sans une légère appréhension de ce qui allait s'ensuivre. Il fallait qu'on parle, certes, mais je ne pensais pas avoir cette discussion au milieu de la rue, et il pensa visiblement comme moi en jetant un œil autour de nous.

- Je peux repasser si tu veux…

- Non, soufflai-je. Je pense que la conversation que je dois avoir avec Sarah te concerne aussi. Il est normal que tu sois là.

A dire vrai, et j'en avais un peu honte, j'avais surtout besoin de sa présence. Moi, l'agent Teresa Lisbon, j'avais peur de ne pas contrôler mes émotions durant ces explications.

Une fois à l'intérieur, je notai la présence de Sarah dans l'entrée de la cuisine. Tendue, elle restait debout, se tordant les mains, et je remarquai ses yeux rougis.

Je jetai un coup d'œil à Jane, celui-ci se tenait en retrait, les mains dans les poches.

Il me fallait à présent faire preuve d'autorité, comme chaque parent devait se comporter tôt ou tard avec ses enfants. Je ne savais pas vraiment de quelle manière m'y prendre. Sarah n'était pas un suspect dans une affaire de meurtre, et je ne pouvais pourtant pas laisser passer cet écart de conduite. Sans compter la peur que j'avais pu ressentir à l'idée qu'il puisse lui arriver quelque chose. Inspirant un bon coup, je décidai de me lancer.

- Sarah…

- Je sais que je mérite d'être punie et tu peux même m'envoyer dans un foyer, je comprendrai, me coupa-t-elle.

- Laisse-moi parler, tu veux ? Intervins-je d'une voix froide et ferme qui la surprit. Il n'est pas question que je t'envoie dans un foyer, tu es ma fille, pas un objet dont je devrais me débarrasser. En devenant ta tutrice j'ai accepté toutes les contraintes que ce rôle incombait. Ton comportement, jusque-là, était celui que j'attendais de ta part, mais ce matin, tu as agi d'une manière totalement inconsciente. Jane m'a raconté ce qu'il s'était passé, nous aborderons ce sujet dans quelques minutes, ajoutai-je en voyant qu'elle ouvrait la bouche. Je pense qu'une punition est nécessaire. Aussi, je veux que tu rentres directement du lycée chaque soir, tu ne traîneras plus à la bibliothèque ou avec tes amis après les cours, et ce jusqu'à ce que je le décide.

- Mais…

- Il n'y a pas de mais.

- Tu sais que j'aime aller bosser à la bibli !

- Justement. Ah, j'oubliais ! Je confisque également ton portable pour deux semaines. C'est compris ?

Regard noir contre regard émeraude. Elle ne lâche pas, me toise, duel silencieux duquel elle sortira perdante. Je tiens bon, pendant de longues secondes au bout desquelles, elle baisse la tête, soufflant un « oui » quasi inaudible.

- Maintenant file dans ta chambre. Tu redescendras quand je t'appellerai.

Un coup d'œil à Jane, puis à moi, elle se précipita dans les escaliers sans rien ajouter.

- Tu crois que j'ai bien fait ? M'enquis-je en m'asseyant sur le canapé.

- Tu lui as montré les limites, c'est ce qu'il fallait faire, répondit-il toujours immobile.

- Pourquoi lui as-tu dit ça aussi ? Tu sais qu'elle tient à toi ! Elle a besoin de savoir où se trouve sa place, et bien qu'elle ne le dise pas je suis persuadée qu'elle est effrayée à l'idée que tu ne l'aimes pas autant que le bébé.

- C'est faux ! Sarah est adorable et je l'aime autant que j'aimerai notre enfant !

- Mais…

Jane était mal à l'aise, et ma question accentua cette gêne. Il soupira, se passa la main dans les cheveux. Dans une autre situation, j'aurais ri de voir le grand Patrick Jane incapable de trouver ses mots et complètement déstabilisé. Là, j'attendais qu'il m'explique où se trouvait le problème.

- Ca fait beaucoup de choses… en peu de temps. D'abord l'arrivée de Sarah, puis Red John, ce bébé… Je… Les choses se précipitent, et je ne suis pas habitué à cela, je ne sais pas si je suis prêt.

- Tu ne veux pas de cet enfant ?

Son regard s'ancra au mien et j'y lus une si grande détresse que j'en frissonnai. Notre échange dura quelques secondes, seulement quelques secondes, une éternité où je pus lire ce qu'il tentait vainement de me dire, et je compris.