Bonjour/Bonsoir à tous, encore désolée pour l'attente. Je n'ose même pas aller regarder combien de mois sont passé entre la sortie du chapitre 20 et de celui-ci. Pour ceux que ça intéressent sachez que j'ai enfin passé mon Bac S après deux années très pénibles. Pas de mention, mais bon j'en visais aucune. Tout ça pour vous dire que maintenant que les vacances sont arrivées je vais essayer d'écrire plus souvent, malgré la chaleur, la maladie et cet ordinateur qui m'a forcé à réécrire tout une partie de ce chapitre et qui m'a fait perdre un temps fou =.=

Enfin bon, vu qu'on est déjà au 20ème chapitre, je pense accélérer l'histoire. Normalement, les choses intéressantes devraient commencer à partir de ce chapitre ! Plus d'égarements ! Maintenant on se concentre sur la relation entre Yugi et Yami uniquement !

Je compte alterner les chapitres que je poste : un coup ce sera Cours Particuliers, un autre ce sera The Pharaoh's Harem (fiction que j'aime beaucoup écrire, n'hésitez pas à aller y jeter un coup d'œil même si c'est en anglais).

Enfin bref, bonne lecture.


A cet instant, Yugi ne sut quoi répondre. Il fut pris d'un sentiment d'incompréhension, cherchant une quelconque raison qu'avait son ami de dire une chose pareille à propos de son professeur particulier. Il mit de longues secondes à réfléchir à une réplique cinglante, qui clouerait le bec à Jounouchi et qui le ferait s'excuser, mais la seule chose qu'il put dire fut :

"Tu dis n'importe quoi !"

Jounouchi s'indigna.

"Quoi ? Tu me crois pas peut-être ?!"

"Pas une seule seconde !" répondit-il, ne revenant toujours pas qu'il se disputait avec son meilleur ami.

"C'est que t'as de la merde dans les yeux alors !" répliqua ce dernier avant qu'Anzu ne s'interpose entre eux.

"Ça suffit maintenant vous deux !" gronda-t-elle ce qui fit pester Yugi.

"Jounouchi, tu as des preuves au moins de ce que tu dis ?" demanda Honda en lui posant une main sur l'épaule.

"T'étais là, non ? T'as vu comment il a-"

Yugi n'en écouta pas plus. Il se mit à courir vers la sortie de Fun World, ignorant les appels de ses amis qui lui demandaient de revenir. Comment Jounouchi pouvait-il parler de Yami de la sorte ?! Lui qui était si gentil avec lui, si attentionné, si... précieux. En aucun cas son meilleur ami n'avait le droit d'insulter cette personne qui lui était si chère.

Il bouscula quelques personnes, tentant de rattraper son aîné à qui il devait absolument parler. Il ne devait pas, ou plutôt, il ne pouvait pas le laisser partir après ce qu'il venait de se passer.


Lorsque Yami sortit du bâtiment, il remarqua que la nuit était déjà tombée. Les néons de l'arcade au-dessus de lui éclairaient le trottoir recouvert de neige déjà pleine d'empreintes des nombreux clients quittant l'établissement avant la fermeture. Il faisait froid.

Yami s'extirpa de la foule. Il était temps pour lui de rentrer, le dernier bus n'allait pas tarder à passer. Il prit la direction de l'arrêt le plus proche et, bientôt, ses pas l'éloignèrent de la lumière de l'enseigne arrogante qui se trouvait derrière lui.

Il soupira. Son souffle chaud créant un léger nuage de buée devant son visage. Il mit ses mains dans ses poches. La neige commença à tomber.

L'adolescent était bien content d'avoir pris une écharpe avec lui cette fois-ci. Ce n'était d'ailleurs pas n'importe laquelle, puisqu'il s'agissait de celle que Yugi lui avait offert tantôt, avec toute la gentillesse et l'innocence du monde.

Décidément, Yami avait tout gâché. Il avait été stupide d'agir de la sorte devant les amis de Yugi. Il est vrai qu'il avait souvent fait ce genre d'idioties à son jeune élève mais jamais devant des gens qu'il connaissait tout simplement pour éviter ce genre de situation.

Cela devait crever les yeux qu'il avait un faible pour son cadet. Mais ce dernier, si naïf, n'avait jamais rien remarqué. Quand il avait quitté la piste de danse, les camarades de Yugi l'avait dévisagé, leurs regards étaient semblables à des poignards pour Yami. Surtout celui de Jounouchi qui avait eu un air dédaigneux à son égard.

Alors c'était ça qui l'attendait ? Si jamais des gens venaient à apprendre qu'il avait des sentiments pour un autre garçon, c'était ce genre de réaction qu'on lui réservait ? Du dédain, du dégoût et du mépris ? Qu'est ce qu'il se passerait si jamais Yugi l'apprenait ? Réagirait-il comme tous les autres ? Si Yami était bien sûr d'une chose, c'est qu'un regard pareil sur le visage de son élève le détruirait totalement.

"Yami-sensei !"

Yami s'immobilisa.

Au son de cette petite voix, le cœur de l'adolescent s'emballa immédiatement. Il sentit tout son corps être parcourut de frissons et il ne put empêcher sa bouche de rester entrouverte.

Il n'osa pas se retourner. Il avait trop peur. Peur que ses compagnons lui aient dit quelque chose à propos de lui. Peur que Yugi soupçonne quelque chose. Peur de devoir s'expliquer. Peur d'être confronté à cela alors qu'il n'était pas prêt.

Il entendit la neige craquer derrière lui ce qui lui indiqua que Yugi s'était avancé vers lui. Non..! Il ne voulait pas qu'il s'approche !

"S'il te plait, Yugi... j'ai besoin d'être seul." dit-il en baissant les yeux. Il comprit que son élève s'était arrêté suite à cela.

"Attendez, je.. je suis venu pour m'excuser !" répondit le plus jeune comme s'il avait peur que son aîné ne s'évapore soudainement. Cependant, Yami se retourna cette fois-ci, surpris et curieux. Il le regretta lorsqu'il remarqua à quel point les beaux yeux inquiets de Yugi le transpercèrent comme des lames de rasoir dans sa poitrine.

"T'excuser de quoi ?" demanda le troisième année malgré cette sensation désagréable sûrement causée par le fait que son attitude avait causé du chagrin à son petit protégé.

"Je-je n'aurais jamais dû accepter que Jounouchi et les autres se joignent à nous. J'aurais dû savoir que vous ne vous entendiez pas très bien ! C'est ma faute si vous avez été distant tout l'après-midi et que vous êtes maintenant en conflit, j'ai été stupide." s'expliqua le cadet, un sincère regret dans la voix.

"Ne dis pas ça, ce n'est pas ta faute. Tu ne pouvais pas savoir ce qui allait arriver." rassura Yami en lui faisant complètement face. "En plus, s'il y a un fautif c'est moi. Je n'aurais pas dû m'imposer comme ça alors que tu étais avec Masaki-san, et.. c'était ridicule et puéril."

Il soupira de nouveau. Il avait honte de lui. Il jeta un coup d'œil vers Yugi qui se tenait à une certaine distance de lui. Il remarqua seulement à cet instant que les deux adolescents se trouvaient dans une ruelle étroite et déserte qui était un raccourci pour aller à l'arrêt de bus. Si Yugi continuait à lui tenir la jambe alors qu'il n'avait qu'une envie, s'enfuir, il allait définitivement rater la prochaine navette.

"Mais.. j'aime faire des choses ridicules et puériles avec vous." murmura Yugi avec un petit sourire qui se voulait rassurant. Yami fut gêné et secrètement heureux d'entendre cela, mais il remarqua que son élève s'était inconsciemment rapproché de lui. Sans réfléchir, il recula.

"Ehm.. peut-être mais...", il ne sut quoi dire de plus, trop déconcerté.

"Yami-sensei..!" souffla Yugi ce qui causa de nouveaux frissons du côté de Yami, surtout lorsqu'il s'approcha fermement de lui. "Je vous promet que la prochaine fois qu'on ira quelque part ensemble, ce sera juste vous et moi. Tant pis si je croise des amis, je leur dirais que je veux être seul avec vous !" ajouta-t-il avec un autre sourire qui déstabilisa son aîné. Yugi s'était-il rendu compte que cela ressemblait, une fois de plus, à une proposition de rendez-vous en tête à tête ?

"Attend, j-je ne veux pas que tu laisses tes amis en plan juste parce que je ne suis pas très social." bégaya-t-il. Son élève s'approcha de nouveau, le forçant à reculer, mais il se retrouva très vite acculé contre un mur. Il s'y blottit comme s'il espérait pouvoir creuser dans le béton avec son dos pour s'échapper de la proximité dangereuse avec le garçon de ses rêves, Yugi n'avait pas l'air de s'en soucier car il répondit d'une voix d'ange.

"Ne vous inquiétez pas, ils comprendront parce qu'ils savent que vous... vous êtes spécial pour moi."

A ce moment, le temps s'arrêta.

Est-ce que Yami avait bien entendu ? Ses oreilles ne lui avaient pas joué des tours, pas vrai ?

Peut-être était-ce son cerveau qui se moquait de lui ? Après tout, "spécial" cela pouvait signifier plusieurs choses. Et vu l'innocence et la naïveté de Yugi, cela pouvait être totalement platonique.

Et si ça ne l'était pas ?!

Et si c'était un sous-entendu ?!

Et si c'était un message, ou une invitation ?!

Yami avait l'impression que ça tête allait exploser. Trop d'interrogations sur une simple phrase, mais qu'est ce qu'elle était censé vouloir dire ?! Et comment était-il censé réagir à ça ?! Visiblement, Yugi attendait une réponse. Qu'est ce qu'il devait faire ?

Qu'est ce qu'il devait faire ?!

Il devait trouver un moyen de gagner du temps ! Il devait trouver quelque chose pour lui donner le temps de réfléchir proprement ! Il devait... probablement surtout pas faire ce qu'il venait de faire.


Yugi fut très surpris lorsque, suite à ce qu'il avait dit, certes embarrassant mais vrai, Yami s'approcha subitement pour se coller contre lui et le prendre fermement dans ses bras, posant son menton sur son épaule avant de le serrer. Le cadet ne s'attendait pas à cela. D'autant plus qu'il était persuadé que son sensei n'aimait pas les câlins. Après tout, n'avait-il pas été mal à l'aise le jour où Yugi avait eu sa première bonne note grâce à lui et qu'il l'avait enlacé tellement il était heureux ?

Pourtant, à ce moment précis, son aîné avait l'air d'adoré cela. Il pouvait sentir qu'il s'était relaxé rien qu'en écoutant sa respiration qui, d'ailleurs, lui chatouillait le cou. Yugi ne put s'empêcher de sourire, il passa à son tour ses mains autour de son professeur pour lui répondre et colla sa tête contre la sienne. Un petit gloussement lui échappa lorsqu'il sentit Yami redevenir nerveux suite à sa réponse. Il n'osait pas le dire, mais Yugi adorait quand son aîné réagissait comme cela. Cela lui donnait un côté.. mignon.

Cette dernière pensée embarrassa le première année, heureusement, Yami n'avait aucun moyen de savoir à quoi il pensait. D'ailleurs, ce contact lui permis d'humer une nouvelle fois l'odeur rassurante de son professeur. Rêvait-il ou son ami s'était mis du parfum ? Il est vrai que toute la journée il avait senti une odeur particulièrement plaisante, mais il ne se doutait pas qu'elle venait du troisième année. C'était.. très agréable..!

Une sensation de chaleur jusque là inconnue s'empara du ventre de Yugi. Jamais un câlin n'avait été aussi.. riche en émotions mystérieuses. Il espérait intérieurement pouvoir en avoir plus des comme ça.

Yami brisa le silence après ce qu'il sembla être une éternité. "Tu..."

Yugi l'encouragea, resserrant son étreinte. "Oui ?"

"...Tu es... vraiment très très spécial pour moi aussi..!"

Le petit adolescent ne put s'empêcher d'avoir un léger rire à la maladresse de cette phrase. Yami était vraiment mignon quand il était nerveux. "Merci." murmura-t-il sans se rendre compte que son visage était devenu rose, et ce non pas à cause du froid, et qu'un grand sourire était apparu dessus.

Suite à cela, Yami retira sa tête de l'épaule de son élève qui fut secrètement déçu. J'imagine qu'il doit y aller maintenant. pensa-t-il avant de lever la tête pour regarder son professeur.

C'est alors qu'il vit le plus beau et le plus passionné des regards dirigé vers lui qu'il ait pu voir de toute sa vie. Les yeux de son aîné débordaient d'affection et de tendresse, il crut voir une pointe d'hésitation dans ces ravissants orbes lilas mais la douceur de ceux-ci lui firent tout oublier, probablement même son propre nom.

Depuis quand Yami avait-il ce regard qui causait un tel désordre chez son cadet ?

Et pourquoi est-ce qu'il le fixait aussi longuement ?

Et pourquoi Yugi ne faisait rien à part le fixer bêtement ?

Cette fois, c'était bien le plus jeune qui était pris d'une nervosité inexplicable. Il commençait à réaliser que son visage était sûrement écarlate, ce qui le gêna encore plus, il tourna alors la tête vers une direction opposée. Il s'aperçut alors qu'ils étaient seuls dans cette sombre ruelle où le vent s'engouffrait facilement, ce qui fit que Yugi avait froid malgré la douce chaleur venant de son estomac.

S'il faisait si froid, comment cela se faisait-il que, lorsque Yami pris le visage de Yugi avec l'une de ses mains, celle-ci était si chaude..? Doucement, il ramena le regard de son élève dans le sien qui était toujours aussi magnifique. Le plus jeune ne savait pas quoi faire. Comment devait-il réagir ? Où est-ce que son aîné voulait en venir ?

Puis, Yami approcha lentement son visage du sien. Yugi sentit son pouls s'accélérer à la vue de ses yeux parfaits qui étaient de plus en plus près de lui. Qu'est ce qu'il se passait ? Pourquoi s'approchaient-ils autant ? Qu'est ce que son ami voulait faire ?

Il fut tellement absorbé par ces beaux yeux qu'il ne put se remettre à réfléchir que lorsque ceux-ci se fermèrent. Cependant, il réalisa trop tard la situation.

Les lèvres de Yami étaient déjà sur les siennes.

Une immense incompréhension le prit soudainement ainsi qu'un stress indescriptible. Il se figea complètement.

Une centaine de questions volèrent dans tous les sens dans sa tête et il avait l'impression d'être frappé par un raz-de-marée d'émotions contradictoires. Mais le plus puissant sentiment qu'il ressentit fut la peur lorsqu'il réalisa.

Yami-sensei est en train de m'embrasser !

Tremblant de tout son corps, il fut paralysé et ne put rien faire si ce n'est laisser son professeur faire de lui ce qu'il voulait. Il n'avait jamais embrassé personne, il gardait cela pour une personne qui lui serait des plus chères dont il serait amoureux, notamment Anzu pour qui il craquait depuis des années. Pour lui, son premier baiser était des plus importants.

Alors pourquoi son propre professeur le lui volait-il ?!

L'indignation commençait à le saisir. Par peur il ne put rien faire, mais il ne cessait de répéter ces mots dans sa tête.

Arrêtez ! Allez vous-en ! C'est mal !

Son impuissance dégoûta Yugi qui ne put retenir ses propres larmes.

Pourquoi..? Pourquoi vous faites ça ?

Il avait de plus en plus de mal à respirer, il ne savait pas si cela était dû à la panique ou au fait que Yami l'empêchait d'ouvrir la bouche. Car il refusait de le laisser entrer à l'intérieur. Il avait trop peur.

Soudain, il sentit quelque chose de chaud et humide contre ses lèvres. Il ne mit pas longtemps à comprendre de quoi il s'agissait. Libéré de sa paralysie par le choc, il tourna brusquement la tête, séparant enfin sa bouche de l'emprise de son aîné. Un gémissement lui échappa lorsqu'il put enfin respirer, ses yeux fermés par l'essoufflement. Son corps, en revanche, ne s'arrêtait pas de trembler.

Quand il sentit Yami bouger de nouveau, il se braqua, plaqua ses paumes contre le torse de son aîné pour l'empêcher de s'approche de nouveau et cria.

"Non ! Ne me touchez pas !"

Puis il le poussa avec ses petites forces et s'écarta de lui. Il ne pouvait stopper les larmes qui coulaient de ses yeux dont il ne savait toujours pas si elles étaient des larmes de tristesse, d'autre chose, ou de colère.

"Qu'est ce qui vous a pris ?!" pleura-t-il, cherchant définitivement une réponse claire.


Le repoussement de Yugi fut telle une claque pour Yami. Il n'arrivait pas à croire qu'il l'avait embrassé.. et qu'il avait été rejeté de la sorte. Dans le cas d'un refus, Yami espérait que Yugi le pousse gentiment en disant "Désolé, je ne suis pas intéressé" au lieu de le jeter contre le mur en le maudissant.

De plus, pendant les quelques secondes qui s'étaient écoulées pendant le baiser, il pensait que Yugi appréciait cela étant donné qu'il s'était entièrement laissé faire jusqu'à ce qu'il ne mette la langue. C'était peut-être ça son erreur ? Néanmoins, rien n'enlevait le fait qu'à présent son élève le regardait avec peur et, le pire de tous, de l'écœurement.

Il se sentait affreusement minable. Il avait l'impression d'avoir profité de Yugi comme l'aurait fait un pervers sexuel.

Il avait envie de vomir.

Qu'est ce qu'il pouvait dire pour tout réparer ? Il ne revenait pas que vingt secondes plus tôt, chacun était dans les bras de l'autre et que maintenant Yugi le fuyait comme la peste.

Il tenta de s'excuser, mais la honte, le chagrin et le dégoût qu'il avait pour lui même lui embrouillaient la voix.

"Y-Yugi je... Je suis désolé ! J-je sais pas ce qui m'a pris. Je...", il déglutit, cherchant ses mots. "T-tu aurais dû me faire comprendre que tu n'aimais pas ça, je.. j'aurais tout de suite arrêté si j'avais su que..."

"Comment vous avez pu me faire ça ?! J-j'avais confiance en vous !" gronda Yugi d'une voix encore apeurée, tout tremblotant ce qui fit culpabiliser Yami d'avantage.

"Yugi, calme toi... Ce.. ce n'est pas bien grave. Je veux dire, c-c'était juste un baiser et en plus c'était...", il perdit ses mots en voyant la colère sur le visage de son élève.

"Juste un baiser ?! C-c'était mon premier ! Et vous vous êtes dit que je voudrais bien me le faire voler par un garçon comme ça ?!" fulmina-t-il. "Pourquoi est-ce que vous avez pensé ça ?!"

"P-parce que j'ai cru que... j'ai cru que quand tu as dit que j'étais spécial tu voulais dire que.. tu m'aimais comme moi je t'aime !"

Il l'avait dit. Il n'en revenait pas qu'il l'avait dit ! Pourquoi est-ce qu'il l'avait dit ?! Cela allait forcément empirer les choses ! A présent, Yami n'avait plus le courage de regarder Yugi dans les yeux. Il baissa la tête, fixant ses pieds plongeant dans la neige. Le silence de son élève le tuait.

Ce n'est qu'après de longues secondes qu'il put entendre sa courte réponse.

"Eh..?"

Yami tenta de deviner quelle émotion pouvait bien refléter ce.. mot et il fut soulager de ne discerner aucune méprise dans celui-ci. En revanche, il avait peur que ce soit un avertissement avant que Yugi n'explose de colère. Il resta alors immobile, craignant cette tempête.

"Ce... c'est vrai ?"

Yami fut surpris par cette phrase qui n'avait absolument rien d'hostile. Il osa alors jeter un coup d'œil vers son cadet qui se trouvait toujours éloigné de lui et remarqua que celui-ci avait tout simplement l'air étonné.

Très étonné visiblement.

Il se rappela, alors, que Yugi attendait une réponse.

"Emh oui. Je.. pensais que c'était évident vu ce que je viens d'essayer de te faire..." murmura-t-il, toujours très honteux.

Yugi se mit à jouer timidement avec ses propres mains, apparemment très gêné par la situation.

"O-oh. C'était ça alors..." dit-il faiblement ce qui interpella son aîné. Yugi n'avait pas compris la signification de sa tentative ?

"Qu'est ce que tu pensais que c'était ?" demanda-t-il, complètement perdu.

Yugi se mit à rougir, comme s'il se trouvait idiot.

"Eh bien.. je ne sais pas vraiment. J'ai cru que.. vous faisiez ça pour vous moquer de moi." avoua-t-il, cette fois ce fut son tour de ne plus pouvoir regarder l'autre dans les yeux.

"Pourquoi j'aurais fait ça ?!" répondit Yami, s'indignant presque que son élève ait pensé un seul instant qu'il était capable d'une telle chose.

"Je ne sais pas !" couina le plus jeune, l'évitant encore plus du regard.

Yami n'en dit pas plus même s'il le voulait. Il ne voulait pas énerver son ami d'avantage. Il baissa de nouveau les yeux. La ruelle replongea dans un long silence gênant, mais l'atmosphère avait changé.

"Tu n'es plus fâché ?" osa l'aîné sur un ton prudent.

"Je ne sais pas. Est-ce que je suis censé l'être ?" questionna Yugi qui était tout aussi perdu que le troisième année. "Je veux dire, vous.. vous avez fait ça alors que pourtant vous saviez que j'aime Anzu. Mais.. d'un autre côté, vous êtes la seule personne à m'avoir dit ça... Ça me touche beaucoup."

Yami lui donna un faux sourire. "Mais ça n'est pas réciproque."

Le cadet baissa la tête. "...Non. Je suis désolé, Yami-sensei... Je ne suis pas.. comme ça."

Il le savait à présent, à vrai dire il s'en doutait depuis un moment. Mais cela lui faisait bien plus mal de l'entendre qu'il n'aurait pu le croire.

"Je vois." dit-il.

Yugi lui donna un regard compatissant mais Yami ne le vit pas, il avait l'impression qu'une partie de son existence s'était brisée. Plus rien n'avait d'importance.

"Je.. je vais y aller maintenant. Je pense que je me suis bien assez ridiculisé comme ça pour aujourd'hui..." dit-il avant de se retourner, il ne voulait plus le voir en face.

"Attendez, Yami-sensei ! On est.. on est toujours amis, pas vrai..? On peut faire.. comme si rien ne s'était passé.. pas vrai..?"

Chacun de ces mots furent telles des épées transperçant sa poitrine. Comment ? Comment pourrait-il faire comme si rien ne s'était passé ? Comment pourrait-il continuer à côtoyer l'individu qui jouait inconsciemment avec ses émotions ? Comment pourrait-il supporter de voir un être aussi cher avec quelqu'un d'autre que lui ?

Yami ne put lui répondre. Il se dirigea vers la sortie de la ruelle sans se retourner.

"Yami-sensei !" l'appela Yugi qui attendait sa réponse. L'aîné sentit dans sa voix de l'inquiétude, mais c'était un sentiment bien faible comparé à tous ceux qui le traversaient en ce moment même.

Ce n'est que lorsqu'il entendit son cadet s'approcher qu'il comprit qu'il ne pouvait pas partir sans lui donner sa réponse. Mais il ne pouvait toujours pas parlé, et encore moins lui faire face. Il s'arrêta alors, causant ainsi l'arrêt de son élève derrière lui. Tandis qu'il était censé donner de claires explications à Yugi, pour ne pas se quitter dans d'encore plus mauvais termes, pour ne pas être brusque, pour ne pas le blesser, tandis qu'il devait faire cela, il ne le put. Tout ce qu'il put faire, ce fut un geste simple dont il était sûr que l'on comprendrait.

Sans même se retourner, il lui fit non de la tête.

Il sentit de la peine se former derrière lui, mais insignifiante face à la sienne qui lui prenait sa gorge, ses yeux et sa fierté qui en était d'ailleurs la cause. Il reprit alors son chemin, toujours sans se retourner, en priant pour ne plus être vu par Yugi lorsqu'il se mit à sangloter.


Lorsque Yugi fut de retour chez lui, il était vingt heure. Le magasin était déjà fermé, sa mère et son grand-père préparait la table pour dîner. L'adolescent leur avoua qu'il n'avait pas faim car il avait déjà beaucoup mangé à l'arcade. Il monta ensuite les escaliers et se préparait déjà pour aller au lit. Il avait hâte de dormir. Tout simplement parce que cela lui permettrait d'oublier pendant un moment ce qu'il venait de se passer entre son professeur et lui.

Mais, une fois confortablement installé sur son matelas, il ne put trouver le sommeil, ressassant la fin de la journée sans arrêt dans sa tête. Alors, Jounouchi avait raison ? Yami était bel et bien.. attiré par les hommes..? Et par lui-même, qui plus est ? C'était impensable. Pour Yugi, Yami était la définition même de quelqu'un de parfait, autant physiquement que mentalement. Alors comment était-ce possible qu'une telle personne soit attiré par lui ? Lui qui était faible, petit, pas très doué en cours et loin d'avoir un corps attrayant.

Décidément, Yugi n'arrivait pas comprendre. Ni le pourquoi, ni le comment de cette histoire. Tout ce qu'il savait, c'est qu'il avait blessé son ami à tel point qu'il ne voulait plus le revoir.

Yugi se détestait pour cela.

Mais comment aurait-il pu ne pas heurter son professeur ? Jamais il n'aurait pu accepter qu'un garçon l'embrasse ! Ce genre de chose était très mal, Yami ne le comprenait pas ? La preuve que c'était mal était que lorsque Yami avait posé ses lèvres sur les siennes, Yugi avait senti son pouls accélérer comme jamais, comme s'il était en danger et s'il avait été paralysé c'était bien de peur ! Peur d'être tenté..!

Rien que d'y penser ça me fait le même effet ! pensa-t-il, inquiet de constater que son cœur s'emballait de nouveau. Pour se calmer, il essaya de se focaliser sur l'instant d'avant, lorsque son aîné l'avait regardé avec tant de tendresse et qu'il était dans ses bras. Ça c'était rassurant ! Pourquoi Yami avait-il tout gâché ?

Ah oui, c'est vrai. Parce qu'il était amoureux.

Yugi n'arrivait toujours pas à le croire. Aurait-il agis de la même manière s'il avait été dans la même situation mais avec Anzu ? Non, ce n'était pas pareil, jamais il ne pourrait prendre la jeune fille dans ses bras comme il l'avait fait pour son professeur. Il était trop timide pour ça. Alors qu'avec Yami, il avait parfois l'impression que sa timidité s'envolait. Il se sentait tellement bien avec lui.

Et voilà que maintenant, ce dernier ne voulait plus le fréquenter... Comment Yugi allait-il faire s'il ne pouvait plus voir son ami ? Il ne pouvait même pas en parler à Jounouchi et les autres, il n'avait rien dit mais Yami voudrait sûrement garder cela secret. Que pouvait-il faire pour réparer les choses ? Il ne voulait pas perdre Yami qui lui était si important, si spécial..!

Yugi se souvint alors que c'était précisément ce mot qui avait fais croire à Yami que ses sentiments étaient peut-être réciproques. Peut-être devrait-il arrêter de dire cela, d'autres personnes pourraient croire la même chose que son aîné. Pourtant, c'était le mot exact pour décrire Yami. Spécial.

Si cela avait été un autre garçon qui avait embrassé Yugi, il se serait sûrement défendu et débattu. Mais puisque cela avait été Yami, Yugi ne lui en voulait pas maintenant qu'il connaissait ses raisons. Il aurait aimé s'en rendre compte plus tôt au lieu de repousser son ami comme il l'avait fait. Il n'aurait pas dû avoir aussi peur de son professeur qui ne lui a jamais rien fait de mal. Mais il n'y pouvait rien, cela avait toujours été l'une de ses pires peurs secrètes. Se faire embrasser par un autre garçon. Il ne savait pas vraiment pourquoi, mais finalement, lorsqu'il se rappela de comment cela s'était passé avec Yami, il n'y avait pas vraiment de raison d'avoir peur.

Oui, c'était mal, mais Yugi avait juste eu à lui expliquer que ce n'était pas ce qu'il voulait. Et puis, c'était plus un bisou qu'un baiser étant donné que c'était juste les lèvres.

Il ne savait pas pourquoi, mais cette dernière remarque fit rire l'adolescent. Mais il se rappela très vite qu'il n'y avait pas de quoi rire. Il avait blessé cet être si spécial, et il pourrait peut-être ne plus jamais le revoir ou parler avec lui. C'était peut-être Yugi qui avait tout gâché finalement.

Il soupira. Il était tellement désolé pour Yami. Lui qui n'avait cherché que de l'affection et qui avait tant apporté à Yugi, voilà comment il l'avait remercié..! Il n'avait aucune idée de comment il pourrait se faire pardonner.

Yugi commença enfin à se sentir somnolant. Il décida d'arrêter de penser à tout cela au moins pour l'instant. Il espérait simplement que Yami ne lui en veuille pas trop et qu'il parvienne à trouver le sommeil comme lui.

La dernière pensée que Yugi eut avant de s'endormir fut d'imaginer ce qui aurait pu se passer s'il avait accepté le baiser de Yami.