Merci à tous pours vos reviews, vos avis sont importants et me motivent pour écrire la suite de l'histoire. On avance un peu, mais aucune grosse révélation, pas encore.
Bonne lecture
Le prochain chapitre très bientôt
- « Je voulais juste savoir qui était ce chauffard... et quand j'ai su qu'il s'agissait de quatre femmes...si jeunes..avec l'avenir devant elles....c'est horrible à dire mais ça n'avait plus aucune importance. »
Au coeur de son agonie, il avait ressenti de l'empathie pour ces femmes pourtant co-responsables de sa funeste existence.
- « Syndrome de Stockholm » conclut Ducky
- « Il s'est entiché d'elles! » s'exclama Tony qui ne comprenait pas ce phénomène bien qu'il savait cela possible.
- « Oui Anthony. C'est parfois le seul moyen que trouve l'esprit d'une personne pour atténuer sa souffrance, pour mieux vivre une situation qui la dépasse. Les prendre en empathie était plus tolérable que les dénoncer car au final, il savait que ça n'aurait pas ramené sa fiancée. »
- « Et le soulagement alors?! »
- « Ephémère »
Tony hocha de la tête, comprenant ce point de vue, un peu seulement. Certes, la justice les aurait condamné, mais ça n'aurait été finalement qu'un acquittement de leur dettes vis à vis de la société. La douleur de la perte demeurait, elle. Rien n'aurait pu l'effacer.
- « Tout le monde n'est pas enclin à appliquer la loi tu Talion, Anthony » poursuivit Ducky qui comprenait les réticences du jeune Italien.
Traduction : tout le monde n'est pas comme Gibbs d'une nature à poursuivre aux quatre coins du monde le responsable du meurtre de sa famille. Toutefois, il garda pour lui ce commentaire, sachant que Tony ignorait cette partie du passé de son patron.
- « Ça n'avait plus aucune importance de les tuer » reformula Gibbs
- « Non, plus aucune.... » concéda Mayers, son visage se figea dans une expression d'horreur. « ...pourtant je les ai tué. »
- « Pourquoi? » demanda l'homme aux yeux bleus acier sans se décontenancer.
- « Vous le savez pourquoi! » s'écria Mayers en se renversant violemment contre le dossier de sa chaise.
- « Non, je ne sais pas pourquoi » répondit Gibbs sans se départir de son calme. « Vous aviez un mobile certes, mais c'était il y a deux ans. Aujourd'hui, vous en avez aucun. »
- « Puisque je vous dis que c'est moi! » le contredit Mayers en tapant du poing sur la table.
Gibbs sourcilla à peine. A croire que l'auto-flagellation de Mayers le laissait de marbre, qu'il ne bougerait pas un petit doigt dans le cas où ce dernier se jetterait au bûcher. Il ne le montrait peut être pas, mais son esprit s'emballait, explorant divers possibilités. Il en excluait néanmoins une : Mayers.
- « Est ce que ça vous évoque quelque chose, si je vous parle des fleurs du mal »
- « Euh... ce n'est pas un recueil de poèmes » répondit l'accusé une fois son ahurissement passé.
- « De Baudelaire oui, mais à part ça. »
Il haussa des épaules, ignorant où l'agent voulait en venir.
- « Et si vous je vous dis qu'il s'agit également d'un folklore » expliqua l'ancien marine, satisfait de percevoir de la surprise sur son interlocuteur. « Une légende glauque »
- « C'est quoi le rapport. »
- « Le rapport?! » fit Gibbs en se levant, montrant ainsi que l'interrogatoire était fini. « Vous n'avez rien à voir avec ce qui est arrivé à ces trois femmes. »
- « Trois ...femmes » bafouilla Mayers se décomposant sur place. « Qui d'autre? »
- « Mindy. Elle a été empoisonnée avec des fleurs contenant de l'arsenic, reproduction identique d'une légende qui raconte qu'une femme est morte empoisonnée par les fleurs qu'elle recevait chaque jour de son fiancé » expliqua Gibbs, se souvenant des informations que Tony lui avait fourni sur cette histoire. « Le seul bémol c'est que dans le cas de Mindy, l'empoisonnement était volontaire. »
Les yeux de Mayers bougèrent, seule partie de son corps d'ailleurs. Lorsqu'ils se fixèrent sur Gibbs, suppliants, interrogateurs, ce dernier anticipa correctement sa question et lui répondit impuissant.
- « Je ne sais pas. A votre avis? »
- « Je... je... je suis désolé, je ne peux pas vous aider. »
- « Etes vous resté en contact avec la famille de votre fiancée. »
- « Non, ils me reprochaient sa mort.
OoO
Tous les éléments du dossier s'imbriquaient à la perfection, confirmant alors la signature du tueur. De toute évidence, il accordait une grande importance aux légendes urbaines criminelles, les imiter ou du moins les adapter relevait d'une nécessité impérieuse presque égale au but qu'il recherchait. Un but qui n'était pas la vengeance à l'état brut, Mayers étant mis hors de cause. En s'appropriant cette signature, le tueur n'essayait-il pas de brouiller les piste afin que les soupçons se tournent vers le pauvre homme? Une manière pour lui de gagner du temps pour parachever son oeuvre? De se faire passer pour une personne dérangée. Alors que selon l'opinion de Ducky – identique à celle de Gibbs d'ailleurs - pour avoir pensé et réaliser un tel plan, il s'agissait d'une personne méticuleuse, patiente, rigoureuse, à l'intelligence aiguisée.
Retour au point de départ, ou presque. Le mobile restait un mystère, bien que la vengeance ne soit pas exclue, peut être s'agissait-il d'une autre forme d'application de la loi du Talion? Mise à part Mayers, d'autres personnes avaient soufferts de la mort de Elisa. Or les recherches expresses lancées sur les proches de la victime n'avaient, hélas, pas pu confirmer cette théorie. Parents décédés, sans frère et soeurs, Elisa était pour ainsi dire seule au monde. Ce qui ne leur facilitait pas la tâche.
Il était rare que l'équipe se retrouve sans indices, mais pas rare qu'une affaire se révèle plus compliquée qu'il n'y paressait à prime abord. Compliquée oui, mais ils avaient d'ordinaire de quoi se mettre sous la dent pour avancer d'autre hypothèse, ce qui était loin d'être le cas dans cette enquête. Rien. Nada. Niente. Les recherches sur l'expéditeur des roses avaient fait choux blancs, commandées par internet, l'adresse IP avait été soigneusement dissimulée. Idem pour l'envoie des chocolats. Sans parler de la scène du premier crime, le tueur ayant « travaillé » proprement, n'avait pas laissé derrière lui le moindre indice pouvant le conduire à lui. Un travail de pro.
Impuissant, désabusé, l'esprit de Gibbs marchait à toute allure à l'instar des ses jambes qui faisaient les cents pas dans la morgue en présence de Ducky. Ce dernier patient comme toujours, infusait du thé. Les yeux plissés, il recomposait les pièces du puzzle dans sa tête, tout comme Gibbs, la différence étant que le médecin ne donnait pas l'impression d'être sur le point de mordre. Cette affaire l'intriguait, un véritable cas d'étude pour cet expert psychologue qui prenait autant de plaisir à autopsier un corps que l'esprit d'un criminel.
- « Il est clair que cette mise en scène, très soignée, nous aveugle. Peut être qu'il ne faut pas voir aussi loin. La réponse est là, devant nos yeux. » constata Ducky. « En trouvant le mobile, on trouvera le tueur. »
Pour quelles autres raisons une personne pourrait tuer? Tout est subjectif mais il existait forcément un lien entre ces trois femmes, leurs meurtres - ou tentative - une autre raison que celle de la vengeance. L'appât du gain, la jalousie, et bien d'autres encore lui venaient à l'esprit.
- « Tu penses à quoi? » questionna Ducky, remarquant une mimique significative chez son ami.
- « Qui d'autres était au courant de cet accident? » demanda Gibbs bien que ses inflexions sonnèrent comme une révélation. Une affirmation.
- « Mayers, et les quatre femmes dans la voiture passager. » répondit Ducky tout naturellement mais apparemment il se trompait. Il oubliait quelqu'un.
OoO
Sous l'escalier, lieu de prédilection pour passer ses coups de téléphones privés, Tony regarda une dernière fois autour de lui, s'assurant que personne ne pourrait le déranger. Il inspira et expira lentement, puis avant de se raviser une nouvelle fois, composa tout de go un numéro pré- enregistré dans son téléphone. On répondit à la deuxième sonnerie.
« Tony? »
« Ziva, comment ça se passe là-bas? »
« Bien, Mindy attend toujours ses résultats. »
« Tu ne l'as pas encore tuée? » fit-il sarcastique, entendant un grognement depuis l'autre bout du fil, il comprit avoir été trop loin. « Mayers n'est pas notre homme. »
Tony attendit une réaction de sa partenaire. Elle soupira d'exaspération.
« Donc on a rien. Retour à la ligne de départ »
« A la case départ, Ziva. Et oui en gros c'est bien ça sauf qu'on ne touche pas les 2000 dollars de bonus . Mcgeek est en train de fouiller le passé des amis et collègues de la fiancée de Mayers. »
« Tu pourrais l'aider! » le morigéna t-elle.
« C'est du boulot pour rien. On aura plus de chance avec Abb's, elle cherche à savoir d'où provient l'arsenic. »
« Tu me téléphones pour m'avertir de l'avancée de l'enquête? » l'interrogea-t-elle soupçonneuse.
« Pas que pour ça... » avoua t-il avant de rajouter, plus bas. « Je me demandais si tu voulais qu'on envoie un agent te remplacer... c'est vrai elle doit te rendre dingue, non? »
Comment faire simple quand on peut faire compliquer. Elle lui manquait, terriblement. Cruellement. Douloureusement. Ironique quand on pense qu'ils ont été séparés plus de quatre mois, sans aucune nouvelle de l'autre. Quelques heures sans se voir n'était donc rien en comparaison. En théorie. Sauf que Tony avait besoin de la voir, au minimum d'entendre sa voix. Un besoin primaire, insaisissable et effrayant car ça lui rappelait douloureusement son histoire avec Jeanne. Un souvenir intarissable en dépit de l'année passée depuis sa séparation avec le médecin bien que ses sentiments pour elle se soient estompés. On ne peut pas oublier son premier amour, ni la douleur de l'avoir perdu. Tony avait eu du mal à s'en remettre, voilà pourquoi il n'imaginait pas subir une telle épreuve avec Ziva, car cette fois-ci, il ne pourra pas se relever. Pour la simple et bonne raison qu'il savait que celle-là était la bonne. Intrinsèquement, il l'avait toujours su d'ailleurs.
« C'est la vraie raison, Tony? » questionna Ziva qui savait percée le vrai du faux aussi bien en examinant le visage d'une personne qu'en entendant sa voix, chez Tony encore plus.
« Non » confessa t-il dans un murmure en se passant une main dans ses cheveux blonds déjà bien en bataille. « Ziva? »
« Je suis toujours là » fit-elle d'une voix anxieuse. « Ecoute, si vous avez vraiment besoin de moi, envoyez un agent prendre mon relais à Bethesda.
« Tu cherches à m'éviter » conclut-il, blessé. « Je n'ai pas la peste enfin je ne l'ai plus » ironisa t-il pour se reprendre et ne pas afficher clairement ses faiblesses.
« Je tiens à rester au chevet de Mindy... jusqu'à ce qu'elle soit fixée du moins. »
« J'avoue que je ne te comprends pas, Ziva. Tu l'as traitée d'écervelée et là... »
« Tony » la coupa t-elle tranchante. « En cas de besoin tu m'appelles. »
Il allait répliquer quelque chose, mais sentant une présence derrière lui, il se retourna et vit Gibbs l'observait en catimini. L'air furibond autant que impatient.
« Je te laisse mon coeur, désolé encore pour ce soir » fit Tony en raccrochant promptement.
Son patron ne dit rien, droit comme un « i », attendait que son agent s'explique. Mais quoi dire? Qu'avait-il entendu?
