NDA :
Rating : K+
Cette fiction a été écrite dans sa totalité par trois auteures différentes :
POV Alyssa - Charliflex
POV Louna - DoraFlickFlack
POV Léna - Tanounette
Elle se situe à la fin de la saison 6 et c'est donc la SUITE DE LA SÉRIE, attention aux possibles spoilers.
Elle respecte entièrement le script et le canon de la série, les personnages morts resteront donc morts (désolées).
Disclaimer : Teen Wolf ne nous appartient (malheureusement) pas.
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Hellooooow, nous revoici cette semaine -un peu en retard, certes, mais ce n'est qu'un détail- avec un nouveau chapitre (et oui, parce que si on débarquait avec un potiron en chocolat, il y aurait comme un problème quelque part...Bref)
Au programme ; de la gueule de bois, encore de la gueule de bois, et des marmottes.
Merci à ceux qui ont pris la peine de nous laisser une review (que ce soit pour nous donner des conseils ou simplement pour nous dire que vous nous lisez avec plaisir), ça nous a ému du plus profond de notre cœur. Littéralement.
Voilà, on vous laisse à votre lecture ;)
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Chapitre 21
« Il y a des choses qu'il vaut mieux ignorer que savoir »
~POV Louna~
Lorsque mon réveil sonne le lendemain matin, je grogne, frappe dans le vide tout en cherchant à détruire cet objet de malheur avant de finalement enfouir ma tête sous l'oreiller. J'ai l'impression qu'on m'a cisaillé le crâne à l'aide d'une petite cuillère pour passer ma cervelle à la moulinette, et tout ça après m'être fait percuter par un TGV lancé à peine vitesse. Génial. Qu'est-ce que j'ai fait pour me retrouver dans un état pareil, déjà ?
Ah oui, la fête. Fête dont je n'ai presque aucun souvenir, précisons-le. J'espère que je n'ai pas été trop bizarre. Ni trop normale. Ou bien gentille. Beurk, si j'apprends que j'ai été gentille avec qui que ce soit, je me jette par la fenêtre.
Une fois que j'ai trouvé la motivation nécessaire, je me redresse dans mon lit. Aussitôt ma chambre se met à tanguer autour de moi et j'aplatis mes paumes sur mon crâne, en fermant brusquement les yeux. Je vais mourir ou quoi ?
Je prends quelques minutes pour m'habituer à ces nouvelles sensations pas des plus agréables, puis je rouvre précautionneusement les yeux, prends mon courage à deux mains et sors mes jambes de sous la couette. C'est alors que je remarque que je porte toujours mes vêtements de la veille. Génial. Je songe sérieusement à replonger sous ma couette chaude et protectrice pour hiberner durant les dix siècles à venir. Mais ce n'est pas comme ça que ça marche, on ne peut pas s'endormir et se réveiller l'année suivante. Les problèmes ne vont pas disparaitre d'eux même, et ce, même si certains ont pour philosophie de les ignorer jusqu'à ce qu'ils n'existent plus. Et là, je ne parle pas uniquement de ma gueule de bois. Même si avoir les mêmes symptômes que les humains c'est carrément chiant et … chiant.
A pas d'éléphant, je me dirige jusqu'à la salle de bains, rasant les murs pour avoir quelque chose à quoi m'accrocher pour avancer. Après une douche laborieuse pendant laquelle le savon a failli avoir ma peau, je rejoins la cuisine pour y prendre un petit déjeuner. Mais rien que l'idée d'avaler un cookie me dégoute. Oui, c'est maintenant certain, il y a un truc qui cloche chez moi.
Je ne me sers finalement qu'un simple verre d'eau, bougeant au ralenti, avec des pas lourds et hésitants. Puis c'est alors que je me rappelle que j'ai un match de Lacrosse pas plus tard que ce soir, et je réalise que je suis vraiment dans la merde. Le coach avait bien spécifié « pas d'alcool avant le match », pourquoi je n'écoute donc jamais les personnes sensées ?! Non, rectification, le coach est tout sauf sensé, avec ses idées déjantées. Il n'empêche que je risque de me faire virer de l'équipe si quelqu'un me voyait dans cet état, vu que je suis la dernière arrivée dans l'équipe et que je n'ai pas encore eu le temps de faire mes preuves dans les vraies conditions.
Puis j'ai une illumination tout droit venue du ciel. Si personne ne peut voir que j'ai la gueule de bois, personne ne saura que j'ai la gueule de bois. Pas bête, tout ça. Bon, je suppose que porter des lunettes de soleil en plein hiver –ou printemps ?- risquerait de paraître suspect, mais un bon maquillage de camouflage devrait le faire. Sauf que je ne me suis, ô grand jamais, achetée ce genre de truc, et ceux de Léna ne sont malheureusement pas compatibles avec ma peau trop claire. Aly ce n'est même pas la peine d'en parler, je ne suis pas sûre qu'elle soit plus calée que moi dans le domaine.
J'hésite une fraction de seconde, pesant le pour et le contre, puis, me rappelant de la scène de jeudi soir, je me décide à appeler Isaac pour qu'il m'accompagne au centre commercial. De toute manière, je n'ai pas le choix, puisque les marmottes qui me servent de colocataires, et accessoirement de meilleures amies, sont toujours dans les bras de Morphée et que l'arrêt de bus est à plusieurs pâtés de maisons, d'après internet. Après avoir expiré une bonne fois, j'appuie sur le petit téléphone vert et colle mon smartphone à mon oreille en attendant qu'il décroche.
- Lou ? retentit sa voix après la deuxième sonnerie.
- Euh… oui, ce n'est pas le père Noël. Tu pourrais me rendre un service ? Enfin, non. Tu vas me rendre un service. Viens me chercher. S'il te plaît, je débite à une vitesse qui me fait pratiquement tourner la tête.
- Où ? Quand ? Pour quoi faire ?
- Arrête de poser des questions et amène-toi, je lui ordonne d'un ton las.
- Okay, abdique-t-il, sans plus me cuisiner. Je suis là dans quinze minutes, a-t-il le temps de me dire avant que je ne lui raccroche au nez.
Comme il l'a dit, un quart d'heure plus tard je vois le SUV se frayer un chemin sur le parking de l'immeuble. Sans perdre un instant, je m'installe côté passager et balance négligemment ma sacoche sur le siège arrière, avant de faire face au visage perplexe d'Isaac.
Je pourrais presque me voir à travers ses yeux, mes cheveux encore presque dégoulinants entortillés sur le sommet de mon crâne, des cernes de trois kilomètres et un teint pâlichon à en rendre un mort jaloux. Un zombi, voilà sans doute à quoi je ressemble. Heureusement que j'ai rabattu la capuche de mon sweat de Lacrosse sur ma tête pour y cacher une partie des dégâts.
- Où veux-tu aller ? demande-t-il après avoir fini sa petite inspection.
- Je sais pas. Un centre commercial, peut-être. J'ai quelques achats à faire.
Il opine du chef, puis nous nous engageons sur la route principale.
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Nous franchissons la porte vitrée de l'hypermarché, le pas assuré d'Isaac me détend légèrement. Je ne suis pas à l'aise là-dedans. C'est trop grand, il y a beaucoup trop de bruit, et il y a surtout beaucoup trop de gens, comme si la population de cette ville avait décidée d'un rassemblement annuel au beau milieu du rayon frais du magasin. C'est dans de telles conditions que je me rappelle le pourquoi du comment je déteste les gens et d'où me vient cette génophobilie.
- Ça va ? me demande Isaac, ayant sûrement noté ma démarche raide.
- Je déteste les magasins.
- As-tu au moins déjà fait des courses dans ta vie ? me questionne-t-il avec amusement.
- Des salades et des radis à l'épicerie du coin, ça compte ?
- Non, rit-il. T'as besoin de quoi ?
- D'un truc pour camoufler le zombie que je suis.
- Euh, je ne suis pas un expert en la matière, mais je suis sûr qu'on va trouver.
- J'espère, je marmonne, j'ai l'impression que tout le monde me dévisage comme si je venais d'un autre monde.
- C'est un peu le cas, réplique-t-il, t'es une surnat'. Et même si tu étais humaine, tu serais une fille à part.
- Pourquoi ça ? C'est écrit sur mon front que je suis antisociale ? je l'agresse
- Pas antisociale, juste différente, me corrige-t-il.
- Différente ?
- En bien. Enfin…la plus part du temps. T'es pas le genre de fille qui fait tout un plat pour pas grand-chose. Tu défends les idées que tu trouves justes, tu détestes les personnes qui te semblent hostiles et pas seulement parce que détester les gens ça fait passer ton temps.
- Comment tu peux en être si sûr ? Si ça se trouve, je déteste tout le monde parce que j'aime ça.
- Si c'était le cas tu me détesterais aussi, réplique-t-il avec un air doux.
- Mais je te déteste ! j'affirme avec conviction.
- Oui, tu me détestes sans doute autant que les cookies aux pépites de chocolat au lait.
- Mais j'adore tous les cookies ! je m'exclame, outrée.
- C'est bien ce que je disais, s'amuse-t-il.
- T'es le pire des manipulateurs.
- Je sais.
- Et arrogant en plus de ça.
- Je sais ça aussi, acquiesce-t-il avec un sourire en coin qui me donne envie de le frapper avec ma crosse.
Mais il a raison sur un point. Ou même sur plusieurs, en fait. Je ne le déteste pas. Et je ne déteste pas les gens juste pour le plaisir, même si ça s'avère parfois assez amusant.
- Je devrais prendre lequel d'après toi ? je lui demande en louchant avec hésitation sur deux tubes de fond de teint, presque identiques.
- J'en sais fichtre rien, s'amuse-t-il. Essaye les pour voir.
J'acquiesce d'un hochement de tête. Pourquoi je n'y ai pas pensé plus tôt ?
J'ouvre le premier petit tube et le compresse jusqu'à en faire sortir une pointe de produit dans ma paume. En essayant de ne pas trop montrer mon air dégoûté par cette texture gluante, j'étale la noisette de crème sur ma joue. C'est super bizarre.
Tandis qu'Isaac explore le reste du rayon, je m'atèle à l'autre joue, avec le deuxième tube, avant de regarder le résultat dans le petit miroir qui me fait face.
- Alors ? retentit la voix d'Isaac, debout dernière moi et observant mon reflet par-dessus mon épaule.
- Je trouve que c'est la même chose.
- Ouais, je trouve aussi.
- C'est vraiment débile ce genre de truc, ils en mettent 3000 juste pour nous embrouiller, je râle.
- Tiens essaye ça.
Il me lance un énième tube que je réceptionne de justesse. Un anticerne. Bah c'est sûr que ça va m'être utile avec mes nuits de cauchemar. Je m'en tartine un peu sous les yeux, puis attends quelques instants avant d'admirer le résultat. Je n'ai plus l'air d'une droguée qui s'est jetée sous un train. C'est déjà ça, non ?
- C'est mieux, commente-t-il sans se départir de son sourire.
Je lui renvoie un petit sourire puis me dirige vers le rayon des cookies. Comment je sais où ils sont ? Le talent. Et mon super odorat. Surtout mon super odorat.
J'en prends plusieurs paquets, quelques autre trucs que je juge importants -fruits frais, beurre de cacahuète et papier de toilette (mine de rien, c'est hyper important)- puis me dirige vers la caisse. Heureusement que j'ai reçu ma paye hier.
- Ça fera 32 dollars, marmonne la caissière avec son visage de constipée, après avoir scanné tous mes achats dans une lenteur immesurable.
Je lui tends son dû puis tourne les talons et sors au plus vite de cet endroit surpeuplé, Isaac à mes côtés.
Lorsque je rouvre la porte de l'appart dans un grand fracas et que je lance un appel, seul le silence de l'appart me répond. De vraies marmottes. Je suis sûre qu'un cambrioleur aurait pu s'introduire chez nous, voler tous mes cookies et faire exploser le reste du bâtiment, elles n'en auraient même pas sursauté. C'est ça de se coucher à pas d'heure !
Lorsque je prends conscience que je vais me retrouver seule pour le déjeuner, je commence légèrement à paniquer. Qui dit seule pour le déjeuner, dit sans déjeuner. Parce que, la cuisine et moi, ça fait à peu près trois mille.
J'allais entrer en fanfare dans la chambre à Léna pour lui ordonn…demander avec gentillesse et condescendance de me faire à manger, lorsque je me rappelle par l'illumination du saint esprit, que les livraisons à domicile existent. Et c'est vraiment un concept génial. Encore faudrait-il savoir qui appeler. Mais pour ça je dois savoir ce que je veux manger. Et puis, trouver un annuaire, aussi. Oh, et puis merde ! Si j'ai acheté des cookies ce n'est pas pour rien.
Après mon déjeuner de cookies, je reprends un petit cachet que m'a très généreusement passé Isaac un peu plus tôt dans la journée. Il me les a tendus en disant « t'en as besoin, vu ta tête. ». Sur le coup je ne savais pas si je devais le remercier ou lui casser le nez. Mais ça atténue le mal de crâne et c'est un véritable petit trésor, alors je ne vais pas en plus me plaindre. En attendant le réveil des marmottes, je m'attèle à un nouveau dessin. Ça fait longtemps, que je n'ai pas pris le temps de dessiner, en dehors des petits personnages vite faits sur mes feuilles de cours. Ça me manque.
C'est comme si mon crayon décidait pour moi. J'aurais très bien pu dessiner la meute, ma mère, les filles, pourquoi pas même Isaac. Mais non, au lieu de cela mes coups de crayons se transforment peu à peu en un paysage, simple, vide. Une route de ville, de campagne ou même un désert, ça n'a pas d'importance. C'est juste ce que je ressens en ce moment, du vide. Je pourrais mentir et dire que tout va bien, mais j'ai choisi de ne pas le faire. Il faut avouer que depuis quelques temps, de mon côté, ça va tout de même un peu mieux. Mes cauchemars sont moins violents, moins effrayants même s'ils m'empêchent toujours autant de passer une bonne nuit de sommeil. Il y a des jours où ça va à peu près, d'autres où je suis d'une humeur massacrante. Je pense que c'est pareil pour les filles. On n'en parle pas. Ça fait encore trop mal.
Je dessine juste pour exprimer ce que je ne peux dire avec des mots. Mais même mes dessins, je les garde pour moi, comme si les montrer à quelqu'un me rendrait plus faible, vulnérable. Ce serait comme de laisser tomber mon masque, et ça ce n'est pas du tout une bonne idée.
~POV Alyssa~
J'émerge doucement de mon sommeil et regarde l'heure sur mon portable. Je lis 13:43. Pardon ?! Je cligne des yeux. Il est si tard que ça ? Je me lève énergiquement, mets mes chaussons, et vais dans la cuisine. Je vois Lou à table, en train de dessiner je ne sais quoi.
- Salut, je lui dis en baillant.
- Salut.
- Léna n'est pas réveillée ?
- Si, elle est allée prendre une douche. Tu ne l'as pas entendue ?
- Je viens juste de sortir du lit, alors excuse-moi de ne pas avoir mes super sens de loup garou activés quand j'ai encore la tête dans le cul.
- Est-ce que je t'ai déjà dit que t'étais beaucoup trop vulgaire ?
- Deux ou trois fois, ouais.
Nous rions toutes les deux à cet échange, qui a déjà eu lieu bien trop souvent à notre goût. Je me fais des toasts beurrés couverts de confiture de fraise, et un thé noir, où j'ajoute du miel pour donner un petit goût sucré. Une vingtaine de minutes plus tard, Léna sort de la salle de bains et nous rejoint dans la cuisine. Elle prend elle aussi son petit déjeuner, qui se constitue de tartines de beurre de cacahuète avec une tasse de café. Comme tous les matins et soirs depuis mercredi, elle arbore un air triste. Elle essaie de faire bonne figure devant tout le monde, mais au fond, elle va toujours aussi mal. Tout ça à cause de ce Théo Raeken. Enfin, j'ai déjà dit tout ce que je pense de lui, alors je ne vais pas m'attarder.
Puis, je me rappelle de la soirée d'hier, et un sourire mirobolant étire mes lèvres. Je crois qu'on peut dire que je sors avec Nolan. Et ça faisait bien longtemps que quelque chose qui me rend réellement heureuse ne m'était pas arrivé, surtout depuis la fameuse soirée où toute notre vie a basculé. Même d'avoir gagné la course la semaine dernière ne m'a pas rendue aussi heureuse. Après avoir mangé, je vais dans ma chambre pour m'habiller. Ce soir, Lou joue son premier match, et je ne manquerai ça pour rien au monde. Et puis, non seulement c'est le premier match de ma meilleure amie, mais c'est aussi le tout premier match de crosse que je vais voir de toute ma vie, puisqu'au lycée à Eureka, on ne pratiquait pas ce sport. Sans oublier que c'est accessoirement la première fois que je vais voir mon petit-ami – c'est bizarre de désigner Nolan comme ça – jouer.
Je décide de mettre une jupe en jean – pour changer -, un tee-shirt à l'effigie de l'équipe de Beacon Hills – l'association des élèves en vendait jeudi et vendredi dans la cour -, et mes traditionnelles chaussettes hautes. Je pioche dans mon armoire une veste en jean du même bleu que ma jupe – si, si, c'est hyper important ! -. Je vais dans la salle de bains afin de coiffer ma tignasse, et lorsque je me retrouve face à mon reflet, je reste plantée là, à me fixer moi-même. Mais qu'est-ce que je vais faire de ces cheveux ?! Ils ne ressemblent absolument à rien ! Finalement, je les démêle au mieux et les attache en une tresse partant du haut de ma tête, afin qu'ils ne m'aillent pas dans les yeux s'il y a du vent ce soir. Après ça, je passe me une crème hydratante sur le visage afin de ne pas ressembler à un lama mal luné.
Et puis, la question fatidique se pose. Est-ce que je mets du maquillage ? D'un côté je déteste ça, parce que j'estime que le maquillage est fait pour les filles qui n'ont pas confiance en elles et qui veulent montrer je ne sais quoi. Mais de l'autre, peut-être que ça ferait plaisir à Nolan que je me maquille pour lui. Bon Dieu, deviendrais-je comme toutes ces adolescentes pubertaires ? Non. Je ne compte évidemment pas me tartiner de fond de teint – je n'en ai pas, de toute façon -. Peut-être un peu de mascara et de rouge à lèvres. Oui, c'est décidé, je vais me maquiller. Et ça va pas être de la tarte.
J'ouvre donc le premier tiroir, et tombe sur tout le maquillage de Léna. Génial ! Après cela, je farfouille dans les rouges à lèvres et trouve un superbe rouge sang. Je me l'applique avec soin, et sans dépasser, s'il vous plaît ! Je fixe mon reflet. Pour peu, je me trouverais presque sexy. Je m'applique du mascara dans un effort surhumain, et range la trousse à maquillage, préférant me limiter à ça de peur de tout gâcher. Quand je rejoins les filles dans la cuisine, Léna émet un sifflement appréciateur.
- Ouh, Aly ! rit-elle.
- Pourquoi est-ce que tu te maquilles par aller voir un match de crosse ?
Je rougis légèrement. Oups, je ne lui avais pas encore dit, étant donné qu'elle était complètement bourrée hier soir. Comment lui dire de façon à ce qu'elle ne pète pas un câble ? Je crois bien que c'est inévitable. Je lui raconte donc l'épisode de la veille, sans n'omettre aucun détail. Je raconte donc qu'après qu'elle ait dit à Nolan où me trouver, il est venu me voir. Je poursuis mon récit, sous son regard désapprobateur, et lorsque j'en arrive au moment où j'ai failli embrasser le garçon, mais qu'un crétin de l'équipe nous a interrompus, elle pousse un cri de joie.
- Ah ! Tant mieux !
- Parles pas trop vite, pouffe Léna. Elle n'a pas fini.
- Ne me dis pas que tu sors avec cet idiot ?!
- Laisse-moi finir !
Je termine donc mon récit, et la grimace qu'elle fait au moment du baiser me donne envie de rire. On dirait qu'elle hésite entre tuer Nolan en lui déchirant la gorge avec ses crocs, et être soulagée qu'il m'ait aidée à calmer ma colère. Même si je pense qu'elle aurait préféré que je ne me calme pas et que je tue Nolan dans un élan de colère. En tout cas, ça donne une grimace assez comique, je trouve.
- Je te jure que s'il te fait souffrir, je lui arrache le cœur, et le pends par ses propres boyaux.
Léna et moi éclatons de rire, puis je rétorque :
- J'attends encore de voir ça !
Elle me lance un regard qui, dans le langage Lou, signifie : « Tu veux parier ? ». Je sais qu'elle ne ferait pas ça. Elle a de fréquentes envie de frapper Nolan, mais de là à le tuer, il y a encore un pas. Elle serait éventuellement capable de tuer les chasseurs qui ont décimé la meute, mais un garçon qui ne lui a rien fait directement, je suis certaine que non. Peut-être qu'elle lui donnerait un coup de poing dans le nez, mais le tuer, non. Bref, elle l'a beaucoup mieux pris que je ne le pensais, car même si je sens la colère irradier d'elle, elle l'intériorise et fait un effort pour ne pas exploser.
Après ça, je décide d'aller faire mes devoirs, puisque le match ne commence qu'à dix-neuf heures, et que moi et Léna n'allons y aller que peu de temps avant le début. Lou va aller en entraînement de dernière minute cette après-midi, donc Léna et moi allons être seules. Lou quitte l'appartement vers quinze heures, et Léna m'appelle à la rescousse pour que je l'aide à faire ses devoirs de bio, matière dans laquelle, il faut l'avouer, elle est une vraie quiche.
