« Euh, Burt ? »
Burt leva les yeux et vit Blaine qui se tenait dans l'embrasure de la porte du salon, se mordant la lèvre inférieure.
« Oh Seigneur, Blaine, qu'est-ce que tu as encore fait ? », demanda Burt en soupirant.
Blaine agita ses mains devant lui. « Rien ! Je n'ai rien fait cette fois ! C'est juste que... » Il se frotta l'arrière du cou. « Mes parents veulent vous rencontrez, vous et Carole. »
Burt soupira de soulagement. « Oh...D'accord alors. Eh bien, toi et tes parents pourriez venir dîner demain soir. »
Blaine acquiesça, mais il ne semblait pas content. « Merci Burt. »
Burt fronça les sourcils. « Ouais. Je te vois demain. »
Après que Blaine fut parti, Burt appela Carole et lui fit part de leurs projets pour le lendemain soir. Elle semblait vraiment excitée à l'idée de rencontrer les parents de Blaine, mais Burt ne pouvait partager ses sentiments. Quelque chose dans l'expression de Blaine l'avait dérangé, mais il supposa qu'il découvrirait le lendemain.
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Le lendemain soir, Burt alla répondre à la porte tandis que Carole finissait le dîner et que Kurt et Finn attendaient dans le salon.
« Bonsoir Mr et Mrs Anderson. Blaine. » accueillit Burt en ouvrant la porte. Blaine l'enlaça brièvement, ce qui surprit Burt,
avant de se dépêcher d'entrer dans la maison.
« Puis-je prendre vos manteaux ? », offrit Burt aux Anderson alors qu'ils entraient dans la maison.
« Oui, merci Mr Hummel », dit Mrs Anderson, enlevant son manteau.
« S'il-vous-plaît, appelez-moi Burt », dit Burt avec un sourire en accrochant les manteaux.
« Je suis Roger », dit Mr Anderson. « Et ma femme s'appelle Arlene. »
« Ma femme s'appelle Carole. Elle finit le dîner dans la cuisine. »
Les Anderson suivirent Burt dans le salon où ils trouvèrent Blaine assis sur le canapé à côté de Kurt, lui tenant fermement la main. Avec sa main libre, Kurt frottait le dos de Blaine tout en lui murmurant dans l'oreille. Dès que Blaine remarqua que ses parents étaient dans la pièce, il retira sa main de celle de Kurt et bougea afin qu'il y ait plus d'espace entre eux.
Quelque chose que Blaine avait dit presque un an auparavant revint à l'esprit de Burt. Vous croyez vraiment que mon père est un passionné de voitures ? Non, il pensait qu'en mettant mes mains dans le cambouis il ferait de moi un hétéro.
Burt jeta un coup d'œil à Roger qui, lui, examinait Kurt et Blaine du coin de l'œil. Son regard se dirigeait occasionnellement vers leurs mains, où leurs petits doigts étaient liés. Un sourire méprisant apparut sur son visage, et
Burt détesta instantanément l'homme.
« Bonsoir, Kurt », dit Arlene.
« Bonsoir », répondit Kurt d'une voix douce.
« Comment vas-tu ? »
« Bien, merci. » Avec sa main libre, Kurt jouait avec l'ourlet de sa chemise. Blaine semblait vouloir lui prendre la main pour le calmer, mais le regard de son père l'empêcha de bouger. Burt compatit avec le garçon. Il ne devrait pas avoir à se cacher de quiconque, surtout pas de ses parents.
« Ta tenue est très inhabituelle, Kurt », lança Roger. « Cela te va bien. »
Les yeux de Blaine se fermèrent tandis que Kurt répondit. « Ce n'est pas exactement la réaction que j'attendais, Mr Anderson, mais merci je suppose. »
Kurt appelait toujours le père de Blaine Mr Anderson ? Blaine avait commencé à l'appeler Burt dès que les deux garçons avaient commencé à sortir ensemble
« J'aime bien la tenue de Kurt », dit Finn de là où il était assis sur le fauteuil. « Ouais, c'est inhabituel, mais Kurt est un gars inhabituel. Mais de la meilleure façon qu'il soit. » Kurt lui fit un grand sourire, et Blaine lui souriait comme s'il voulait l'embrasser
C'était une autre raison pour laquelle Burt aimait son beau-fils. Finn défendait Kurt sans même s'en rendre compte.
Avant que quoi ce soit d'autre puisse être dit, Carole entra dans le salon pour annoncer le début du repas.
« Bonsoir, Mr et Mrs Anderson », dit-elle avec un sourire chaleureux. « Je suis Carole. Enchantée de vous rencontrer. »
Blaine grogna, assez bas pour que ses parents n'entendent pas, mais Burt qui était juste à côté de lui l'entendit haut et fort. Burt posa une main sur l'épaule du garçon et la pressa, le rassurant que quelqu'un d'autre que Kurt était là pour lui quand ses parents ne l'étaient pas. Blaine toucha brièvement la main de Burt en un merci silencieux
Burt et Carole s'assirent à chaque bout de table avec les Anderson d'un côté et les trois garçons de l'autre. Arlene et
Blaine étaient de chaque côté de Burt, et Kurt se trouvait à côté de Blaine.
« Servez-vous », dit Carole une fois que tout le monde était installé.
« Ça sent très bon, Carole », dit Arlene en se servant une cuillerée de purée, puis du poulet.
« C'est encore meilleur, maman », fit Finn la bouche pleine.
« Finn », dit Burt sur un ton d'avertissement alors que Kurt le fusillait du regard.
« Merci, Arlene », répondit Carole. « Finn, on ne parle pas la bouche pleine. »
Roger regardait de nouveau Kurt, mais Burt n'aimait pas la façon dont il le faisait. Burt pouvait voir que les mains de Kurt et Blaine étaient jointes sous la table; leurs absences étaient certainement la cause du regard fixe de Roger.
Au cours du dîner, les Anderson posèrent des questions à Burt et Carole auxquelles ils répondirent par leurs propres questions.
« Avez-vous assister à toutes les performances de Kurt ? », demanda Roger à Burt.
Burt força un sourire. « Oui Roger. C'est mon travail de ne pas manquer un seul des spectacles de mon fils. » Il espéra que l'insistance sur le mot fils n'avait pas été manquée.
Roger acquiesça. « Oui, eh bien, j'ai des affaires plus importantes à régler que d'aller voir des spectacles de chorale », dit-il en prenant une bouchée de son dîner.
La fourchette de Blaine s'immobilisa à quelques centimètres de sa bouche, et il la reposa. Il déplaça sa main sous la table et fixa du regard un endroit de la table. Burt vit Kurt lever la tête vers les Anderson, voir qu'aucun des deux ne les regardait, puis se pencher pour placer un baiser sur l'épaule de Blaine. Blaine leva la tête vers Kurt avec un sourire reconnaissant et articula silencieusement Je t'aime.
Je t'aime aussi, articula Kurt en retour.
Burt sourit avant de se retourner vers Roger. « Vous savez, Roger, je suis sûr que Blaine est plus important que n'importe quelles...affaires...que vous ayez à régler. »
Roger le regarda en retour sans expression. « Bien sûr », dit-il d'une voix monocorde.
« Arlene ! », dit soudainement Carole, voyant le feu se formant dans les yeux de Burt. « Dîtes-moi, où avez-vous eu ces boucles d'oreilles ? »
Les conversations redevinrent polies, mais Burt remarqua que Roger regardait maintenant Kurt et Blaine, qui avaient tous deux fini leurs repas. Ils discutaient calmement dans leur coin, murmurant et riant doucement. Ils étaient si absorbés par l'un l'autre que leurs mains jointes étaient désormais sur la table.
« Tu sais, Blaine », dit Roger avec une voix qui fit arrêter tout le monde pour le regarder. « Je pense que je peux m'habituer au fait que tu sortes avec Kurt...sortir avec lui est comme sortir avec une fille. »
Burt sursauta presque quand le point de Blaine frappa la table et qu'il se leva de son siège. Il commença à hurler sur son père. Mais c'était dur de le comprendre, parce qu'en même temps, Finn criait sur Roger, et les deux garçons étaient très bruyants. Kurt fixait simplement ses genoux du regard.
Burt agrippa le poignet de Blaine, ce qui le fit taire. Il se tourna pour regarder Burt, de la souffrance et de la colère dans ses yeux. Il se rassit, semblant vaincu, tandis que Finn continuait à s'énerver contre Roger.
« Finn ! », hurla Burt.
« Quoi ? », siffla Finn sans ôter son regard de Roger.
« Assieds-toi. »
Finn fit ce qu'on lui dit. Il passa un bras autour des épaules de Kurt et lui murmura : « ça va ? » Kurt acquiesça simplement, mais Burt pouvait voir des larmes dans ses yeux.
Burt se retourna vers Roger. « Roger- »
« Vas te faire foutre. »
Tout le monde se tourna vers Blaine, qui fixait son père d'un regard déterminé. Les yeux de Finn étaient grand ouverts.
« Blaine ne jure pas », murmura-t-il.
« Comment oses-tu venir chez Burt et insulter son fils, le garçon – non, l'homme – que j'aime. Kurt est la meilleure chose qui me soit arrivée. Je l'aime, et il m'aime. Kurt a été là pour moi à chaque fois que j'avais besoin de lui. Il m'écoute quand je lui parle, il me réconforte quand tu me parles comme à un chien.
« Donc tu dois t'habituer à quelque chose maintenant, Papa. J'ai l'intention d'être avec Kurt pendant très longtemps. Probablement pour le reste de ma vie, s'il me l'autorise. Il est la seule chose qui me donne la motivation pour me lever le matin et faire face à un nouveau jour. Il est la lumière de ma vie, et je tombe de plus en plus amoureux de lui chaque jour. Tous les jours que j'ai partagés avec lui sont les meilleurs de ma vie, le meilleur d'entre eux étant il y a quelques semaines...quand nous avons fait l'amour pour la première fois. »
Les yeux de Roger et d'Arlene s'écarquillèrent, mais il y avait des sourires sur les visages de Carole et Finn, et Burt savait qu'il souriait probablement lui aussi. Kurt regardait Blaine avec des larmes de ses yeux.
Blaine souriait aussi, maintenant. « C'était merveilleux, Papa. Je...J'ai pu montrer à Kurt à quel point je l'aime, et il m'a montré en retour. » Il leva les yeux vers son père avec un regard douloureux. « Ne...Ne peux-tu pas juste accepter que j'aime Kurt ? »
Dès que Blaine eut fini de parler, Kurt jeta ses bras autour de Blaine, pleurant sur son épaule. Blaine enroula ses bras autour de sa taille et murmura dans ses cheveux : « Je t'aime. Tellement. »
« Nous partons, Blaine », dit Roger froidement en se levant de sa chaise. « Et tu peux en finir avec Kurt maintenant parce que tu ne le reverras plus jamais. »
Kurt s'éloigna de Blaine sous le choc, et tous sauf Arlene regardaient Roger avec leurs mâchoires grandes ouvertes.
Tous sauf Blaine qui le regardait avec haine.
« Putain de trou du cul », cracha-t-il. « Tu penses vraiment que je vais faire ça ? » Il se leva de sa chaise et se dirigea vers son père. « Vas te faire. »
« Mon fils ne sera pas une tapette », dit froidement Roger.
Et ce fut ce qui fit craquer Blaine. Il prépara son bras pour frapper Roger au visage, mais Burt se jeta sur lui pour le retenir.
« Lâchez mon fils ! » cria Roger. « Vous lui avez fait penser que c'était normal d'aimer les garçons ! Lui donnant la permission de sortir avec votre fils ! »
« Je ne touche pas votre fils, Mr Anderson », dit Burt. Roger allait parler, mais Burt l'interrompit. « Blaine n'est plus votre fils. Il est mon fils. »
Tous s'immobilisèrent. Blaine arrêta de se débattre dans ses bras, alors Burt le relâcha. Il s'avança vers Roger et le regarda droit dans les yeux.
« Vous avez perdu le privilège d'être le père de Blaine il y a très longtemps. Un vrai père aurait supporté son fils, et ne l'aurait pas repousser ou essayer de le changer. Blaine a le droit d'aimer qui il veut aimer. »
« Blaine devrait aimer les filles. C'est la chose normale à faire », dit Roger en serrant les dents.
« Dégagez de ma maison », répondit Burt. « Et je ne veux plus jamais vous revoir. »
« Avec plaisir. Arlene, Blaine, allons-y. »
« Oh non », dit Burt. « Blaine ne vient pas avec vous. Il reste ici, où il est aimé et apprécié. » Burt regarda Carole, cherchant son approbation, qui lui sourit simplement à travers ses larmes. « Au revoir, Mr Anderson. Nous viendrons chercher les affaires de Blaine demain. »
Alors que Mr et Mrs Anderson se dépêchaient de partir, Blaine jeta ses bras autour de Burt.
« Merci », murmura-t-il dans l'épaule de Burt.
« Pas de problème, gamin », dit Burt, serrant Blaine contre lui avant de le laisser partir. Kurt se tenait derrière Blaine, alors qu'en Burt le relâcha, Kurt l'enlaça de nouveau.
« Viens, mon chéri », dit Kurt doucement, en gardant un bras autour de la taille de Blaine. « Allons à l'étage. »
Burt ne prit pas la peine de leur dire de laisser la porte ouverte. Ils se réconforteraient l'un l'autre probablement toute la nuit, et Burt leur faisait confiance pour ne pas faire quelque chose quand il y avait d'autres personnes à la maison.
Ce soir-là, ils avaient juste besoin de liberté.
