Bonjour à tous,
J'étais super heureuse des nombreux commentaires reçus pour le chapitre précédent! Comme quoi, il faut vous faire peur pour avoir de vos nouvelles! Enfin bref, ne vous rongez pas plus les sangs, la suite est là! Ça avance, Draco sera bien obligé de faire avec.
Je tiens à m'excuser pour le retard de publication :o mais j'ai de bonnes excuses! D'une part, j'étais en examen toute la semaine précédente auquel il faut ajouter un déménagement chaotique et enfin, le site à bug toute la journée hier, impossible de poster! Non je ne vous ai pas oublié promis!
olga2000: Ah ah :) tu as un faible pour les loups-garous? Ça tombe bien, je compte en exploiter régulièrement dans mes fictions même si j'essaye de varier les thèmes autant que possible, mais j'aime trop Remus pour l'ignorer :o trop longtemps! Je suis également contente que tu ais tout lu d'une traite, j'adore faire ça moi aussi (au dépend de mon travail je le regrette parfois!) et ça me fait plaisir que des gens le fasse pour mes fics. Amy: Encore quelqu'un qui a tout lu d'une traite :) et bien dit donc, je suis gâtée! Ne t'en fais pas, ce n'est pas la fin ;). Je prévois qu'ils rament encore un petit moment avant la délivrance. Paprika Star: Draco se rend très bien compte de la douleur qui leur inflige ... ou plutôt de la portée de ses propos. Après tout, il a été éduqué comme ça et même si les circonstances font qu'il est avec eux, ça s'oppose tout de même à tout son être. Il s'y fait lentement mais ça reste un choix par dépit. La punition est dure, surtout pour lui, mais c'est nécessaire pour qu'il se détache des Malfoy avec un grand M pour commencer une nouvelle génération sur des bases plus "saines". Sinon il se serait condamné à vivre dans le regret et l'amertume même inconsciemment et ça, ça promet une nouvelle génération de gens frustrés, près à basculer du côté obscure de la force au moindre petit coup de vent.Sinon Blaise se sent évidemment mal mais pas forcément pour avoir fait de Draco un loup-garou. Il regrette la forme, mais certainement pas le fond. Après tout, avoir un compagnon comme lui promet un lien finalement quasiment indestructible entre eux et c'est tout ce qu'il a toujours désiré. C'est un mal pour un bien diront nous. Sur ce, bonne lecture, Letki
Blaise s'arrêta à l'entrée de la chambre et laissa tomber ce qu'il avait en main. Il resta un moment immobile puis se pencha pour ramasser ce qu'il tenait un peu plutôt avant de venir s'asseoir sur le bord du lit. Je n'avais pas la force de me lever, je pense qu'il y avait un calmant quelconque dans la perfusion. Je ne pouvais que tourner mon regard vers lui.
-Te tuer reviendrais à mourir et amener Seamus avec nous, me chuchota-t-il en écartant mes mains de mon torse.
Il passa un chiffon humide sur mon torse pour nettoyer le sang séché. Je le laissai faire, je ne pouvais même pas bouger de toute façon. Il était tendre mais je n'en voulais pas, je frissonnais désagréablement sous son contact. Je ne voulais pas qu'il me touche, seulement qu'il me laisse.
-Es-tu prêt à nous entrainer dans la mort avec toi ? Me demanda-t-il en saisissant mon poignet.
Honnêtement ? Je n'en avais rien à faire. Il du lire la réponse sur mon visage car il plaqua mon poignet sur le bord du lit et passa une corde autour qu'il noua au lit. Je tirai dessus mais c'était inutile avec mes maigres forces alors je tentais de cacher mon autre main, mais là encore c'était perdu d'avance. Blaise pris mon bras et attacha mon poignet de force à l'autre bout du lit. Je me débattis, tentant de me défaire des liens mais c'était inutile.
-Je ne te laisserais pas faire Draco, dit-il en caressant mon visage, tu verras, tu réapprendras à vivre et tu pourras enfin être pleinement heureux avec nous.
-Dégage, crachais-je en tournant ma tête.
Il sortit sans discuter. Je restais donc à regarder le plafond pendant des heures. Le sommeil me fuyait, l'apathie était toujours aussi pesante mais je n'avais rien pour m'en libérer, le calvaire recommençait. J'eus la visite de ma mère à la nuit tombée. Elle m'apportait un plateau repas. Elle se montra intransigeante et me força à m'hydrater en pinçant mon nez. Le réflexe voulu que j'ouvre la bouche et même si j'en recrachais la moitié, elle réussit à me faire boire un peu d'eau. Elle recommença son manège jusqu'à ce qu'elle soit rassurée sur la quantité d'eau que j'avais ingurgité. Je voyais la peine sur son visage. Elle passa ensuite sa main dans mes cheveux que j'avais coupé de manière totalement inégale et me dit que c'était dommage.
-Tu ressemblais tant à ton père avec, me dit-elle, mais c'est mieux. Il est tant que tu commences ta propre vie Draco. Tu vas y arriver.
-Mère, sanglotais-je en appuyant mon visage contre sa main, libère moi.
-Non, répondit-elle en fermant les yeux comme si me voir suffirait à la faire craquer.
-S'il te plait, la suppliais-je alors que les larmes dévalaient mes joues chaudes et brulantes alors que je sentais que mon corps était un désert de glace, laisse moi m'en aller.
-Et perdre mon seul enfant ? Permet moi d'être égoïste Draco, même si tu es un hybride, même si tu es homosexuel, permet moi de vouloir te garder auprès de moi. Mon fils, mon bébé…
-Je suis un hybride, répétais-je alors que les sanglots manquaient de m'étouffer.
-Ce n'est pas la fin du monde Draco, tu es en vie c'est tout ce qui compte, tenta-t-elle de me rassurer alors que je voyais bien que son sourire n'atteignait pas ses yeux.
-Si tu ne veux pas me libérer laisse moi.
-Dr-
-PARS ! Hurlais-je.
Elle sursauta comme si on venait de la frapper puis elle se redressa lentement et quitta la chambre. Je restais encore sur le lit, frissonnant et pleurant silencieusement. Je tirais sur les liens aussi, encore et encore jusqu'à l'épuisement. Je dormis ce qui me sembla être un court laps de temps, je me réveillais en sueur, je me tordais encore sur le lit et quand l'épuisement me gagnait de nouveau, j'hurlais contre l'injustice de la vie. Ce manège dura longtemps je crois. Je ne sais plus.
Puis un matin, ma porte s'ouvrit sur le psycomage. Il me regarda un moment avant de tirer une chaise et de venir s'asseoir à côté de moi. Et il me demanda d'exprimer ma colère. Je me pris au jeu alors que je refoulais tout le monde depuis le début. Je lâchais tout ce que j'avais sur le cœur, je pleurais, j'hurlais, puis je parlais, encore et encore. Je m'arrêtais souvent, cherchant à exprimer des sentiments que je ne comprenais même pas moi-même puis je reprenais. Nous parlâmes jusqu'à ce que je le soleil décline et il m'écouta simplement. Ne me jugeant pas et ça me permis de me libérer.
-Accepterez-vous de vous alimenter si quelqu'un vous apporte de quoi manger ?
-Non, répondis-je honnêtement.
-Vous hydrater.
-Non.
-Ce n'est pas la mort la plus douce que vous choisissez .
-C'est la seule qu'on me laisse effleurer, répondis-je d'une voix lasse.
-Et ce droit va vous être retiré je le crains. Il y a des gens qui vous aime, il serait tant que vous vous en rendiez compte, vous n'êtes pas seul et personne ne vous jugera.
Je me tus, ne voulant pas en entendre plus. Je voulais mourir et rejoindre le néant, là où nous sommes tous égaux. Je tournais la tête vers lui et je le regardais pour la première fois depuis qu'il était rentré dans cette pièce. Il avait toujours cet air doux et compréhensif sur le visage qui me donnait la nausée. J'avais envi de l'envoyer chier mais je ne le fis pas, je ne sais d'ailleurs pas pourquoi. Il ne creusa pas plus le sujet de l'amour et tout ce bla bla horripilant en voyant mon visage hermétique.
-Je sais ce qui vous tourmentait autant, votre crainte la plus profonde qui vous faisait faire des crises d'angoisses et qui vous ne laissait pas vivre en paix, me dit-il finalement en se levant.
J'haussais un sourcil pour montrer mon intérêt. Savait-il une chose sur moi que j'ignorais ? Je ne pensais pas honnêtement mais je l'invitais à continuer, peut-être pourrait-il me surprendre.
-Vous avez une peur phobique des loups-garous .
-Quoi ?
Pour être surpris je l'étais. Evidemment que j'avais peur des loups-garous, comme tout le monde mais pas au point de me rendre malade! Je vivais avec Blaise depuis des années merci bien, je savais totalement comment le gérer et je n'en avais pas peur ... enfin sauf quand il m'agressait. Alors je trouvais cette réflexion totalement idiote et sans fondement.
-Vous avez peur des loups-garous, répéta-t-il, et cela depuis la mort de votre premier compagnon. C'est la rencontre avec ceux de son espèce qui a amené les changements que vous détestez tant dans votre vie et vous assimilez les loups au mal, cela n'a rien arrangé avec la torture et vos altercations avec la forme lupine de votre compagnon. Vous êtes terrorisé face aux loups et vous avez peur de ce que vous êtes maintenant. Vous êtes votre pire cauchemar.
Moi qui disait qu'il avait un air doux et compréhensif. Chaque mot sortant de sa bouche était un coup de poignard dans le corps. Ma respiration devint hacher alors que je serrais et desserrais mes doigts dans le vide à la recherche de quelque chose de tangible auquel me raccrocher. Lentement mon corps fut parcouru de frisson puis vint les spasmes. J'entrais dans une nouvelle crise. J'avais l'impression que mes yeux roulaient dans leur orbite alors que je me contorsionnais sur le lit à la recherche d'air.
-Votre réaction ne fait que confirmer mon hypothèse, me dit-il doucement en fouillant dans sa poche pour en sortir une fiole. Calmez-vous. Vous apprendrez à vivre.
C'est la deuxième fois que j'entendais ça « apprendre à vivre ». Qu'entendaient-ils tous par là ? Je ne vivais pas jusque là ? Ce n'était pas moi ? Que je me retrouverais plus en tant qu'hybride qu'en tant que l'homme que j'étais ? Qu'étais-je censé faire ? Je ne sais plus, je ne voulais pas savoir.
Il me lança un petrificus totalus et fit couler la potion dans ma gorge avant d'appeler à l'aide. Une infirmière pénétra dans la pièce et m'ausculta alors que j'étais toujours pétrifier. Elle s'inquiéta de ma sous-alimentation puis de mon état en général. J'eus droit à une nouvelle perfusion pour me nourrir artificiellement vu que je refusais de manger. Puis elle me fit boire des potions de régénération sanguine et de nutrition. On me soigna contre ma volonté puis, ils quittèrent la chambre et je me retrouvais seul encore. Mais le sommeil me gagna bien vite à cause d'une potion de sommeil sans rêve.
Et ça continua ainsi.
Encore et encore.
J'étais attaché, on me nourrissait, on me soignait, on me parlait, on me maintenait en vie contre ma volonté. Mais je lâchais prise. Mon corps subsistait mais mon esprit glissait lentement mais surement ailleurs. Où ? Je ne le sais pas. Mais je réussissais à m'évader. J'avais des absences plus où moins longues et je reprenais pieds lorsqu'on me parlait où encore quand on nettoyait mon corps. Pouvais-je mourir de mort cérébrale en restant ainsi allongé ? Ou étais-je simplement entrain de devenir fou ? Je l'ignorais mais j'étais satisfait ainsi.
Je ne voulais pas être un hybride. Je ne voulais pas être ma plus profonde peur.
Mais le temps me rattrapa. J'étais pris d'une certaine agitation depuis déjà quelques heures. Mon corps entier me démangeant et une sensation désagréable parcourant mon épiderme. Puis la nuit était tombée et j'avais compris. C'était la pleine lune.
-Non, non ! Suppliais-je en essayant à me soustraire aux rayons de la lune alors que la sensation de démangeaison se changeait en douleur.
La porte de ma chambre s'ouvrit alors sur Blaise. J'ignorais depuis combien de temps je ne l'avais pas vu mais il me semblait avoir minci, son visage était hanté par une ombre. Cela devait être l'effet de la pleine lune. Il s'approcha de moi et je reculais sur le lit, ramenant mes jambes contre moi pour garder la distance entre lui et moi. Il me lança un regard accablé mais il ne s'arrêta pas. Il contourna le lit et défit les liens qui retenaient mes poignets. Mes bras retombèrent mollement le long de mon corps. Cela faisait si longtemps qu'ils n'avaient pas été libre que je n'arrivais pas à les mouvoir comme je le désirais. Je me sentais gauche et faible.
-Ta mère est partit, souffla Blaise en retirant ses vêtements un à un lentement comme si aller un peu plus vite produirait une catastrophe.
Le son de sa voix fut comme un déclic. J'arrachais la perfusion de mon bras et je bondis à l'opposé de lui. Je ne fis pas deux pas que je me retrouvais à genoux. Mes muscles étaient atrophiés et j'étais trop mince pour soutenir mon propre poids. Je n'eus pas l'occasion d'aller plus loin cependant car mon épiderme commençait soudainement à me bruler. Je serrais les dents en récitant la liste des ingrédients de la potion de la mort liquide pour garder toute ma lucidité alors que je sentais le changement opérer en moi.
Blaise s'écroula alors que des craquements sonores se faisaient entendre de son côté. Il gémissait de douleur. Qu'est-ce que je faisais là ? Pourquoi moi ?
Mes mains me faisaient affreusement souffrir et je les frottais l'une contre l'autre comme si ça pourrait effacer l'horreur de la situation. Mais quand je portais mes doigts devant mon visage pour découvrir l'origine de la douleur, je tombais sur des griffes, des griffes noires qui se frayaient un chemin sous ma peau. C'est plus fort que moi, je vomis de la salive, me déchirant la trachée avant que je me roule en boule pour hurler. Pas de douleur non, ma colère, ma peur, mon sentiment d'être arrivé au bout de ma vie. J'hurlais encore et encore jusqu'à ce que ma gorge n'ait plus la force de produire le moindre son. Je pleurais, je gémis, je m'arrachais les cheveux. Mais rien n'y fis, le processus ne s'arrêta pas. Je rampais donc jusqu'à la fenêtre, tant que j'avais encore la totale possession de mon corps. Je l'ouvris et je me redressais tant bien que mal sur mes genoux pour regarder en bas. Ce n'était pas assez haut mais j'étais certain que si je me laissais tomber la tête la première je pourrais me tuer, ou du moins devenir un débile assez profond pour mériter qu'on abrège mes souffrances. Je me hissais sur le rebord de la fenêtre et me penchais avec mes dernières forces sur le bord.
Je n'eus pas glissé sur 5 centimètres que je fus tiré en arrière. Je me retrouvais dans la minute allongée sur le dos, sous un loup-garou. Mais il se passa quelque chose auquel je ne m'attendais pas du tout. Quand je croisais son regard jaune, mon esprit céda à quelque chose d'autre.
Je me réveillais le lendemain aux alentours de midi, vu la position du soleil, totalement nu, allongé sur le corps de Blaise au milieu de la forêt. Comment étais-je arrivé ici ? Je ne réfléchis pas plus longtemps car je me pliais en deux sous l'assaut de mon estomac et je régurgitais des restes animaux à peine broyés. Des os, des poils, tout y était. Je vomis une seconde fois en voyant ça puis une autre fois, jusqu'à ce que mon estomac soit bien vide. Pris de fatigue et de tremblement, je rampais plus loin et m'allongeais dans la mousse.
Je n'avais pas de souvenir de cette nuit. Un vague sentiment d'exaltation et de joie restait, mais je savais que ce n'était pas les miens. C'était la chose qui partageait mon corps. Rien que me dire ça suffit à faire couler les larmes sur mon visage. Je portais mes mains à mon visage et je constatais avec soulagement que mes ongles avaient repris leur place habituelle. J'étais de nouveau moi. Draco Malfoy. Oui, j'étais abîmé, même cassé irrémédiablement, mais je me sentais humain et c'est avec soulagement que j'accueillis ce nouveau jour.
Je tournais mon regard vers Blaise quand des bruits de régurgitations me parvinrent. Lui aussi vomit plusieurs fois avant de se laisser tomber sur le côté. Il frissonnait et chacun de ses gestes lui tirait une grimace de douleur. Je n'avais pas mal moi, je me sentais en forme, enfin autant que j'avais pu l'être depuis le début de mon enfer. J'avais un peu froid alors que le soleil était haut dans le ciel.
-On est en Septembre, annonça soudainement Blaise en regardant les arbres. Ça c'est bien passé.
Ainsi donc j'avais passé un mois au lit. Un mois complet. Comment avais-je pu l'ignorer ?
-Ta transformation est plus lente j'ai eu le temps de te voir, continua-t-il, tu te ressembles.
Je ne lui avais rien demandé mais il se mit à parler.
-On a chassé, j'évite de le faire normalement mais le loup à du juger que tu avais besoin de manger, m'expliqua-t-il. Mais sous forme humaine on ne digère pas les os et les poils. Je vomis toujours tout quand je mange quelque chose.
Génial, ça me donnait envi tient.
-On c'est fait un nid.
Je relevais la tête pour voir ce qu'il me montrait et je constatais effectivement qu'à l'endroit où nous étions couché un peu plus tôt, à l'abri de rochet, nous avions apparemment empiler de la mousse et des feuilles pour nous faire un nid douillet. Je reposais ma tête sur le sol et soupirant. La chose vivait donc sa vie avec joie pendant que moi je dépérissais. C'était ironique.
J'entendis Blaise se lever et il apparu bientôt dans mon champ de vision en tenu d'Adam. Il s'accroupie face à moi et me demanda l'autorisation de me toucher. J'acceptais. Je n'avais plus la force de lutter de toute façon. Mon corps était si faible que je ne pourrais pas me lever même si je le voulais et ça servait à quoi de toute façon. La chose semblait vivre tranquillement, j'étais redevenu la loque que j'étais. A quoi bon forcer alors que tous s'évertuaient à me tirer vers une direction qui ne me plaisait pas.
Il passa ses bras sous mes jambes et autour de mes épaules et me souleva sans forcer. Je restais immobile les bras ballant à profiter de la chaleur de son corps alors qu'il semblait marcher sur le chemin de la maison. Je le laissais me ramener encore une fois.
-Arrête de lutter, me dit-il, a deux se sera simple.
-Tu l'as fait exprès ?
C'était une question qui me taraudait depuis longtemps mais j'avais si peur de la réponse.
-Non, répondis-je, je ne peux pas te faire de mal Draco, je dois te protéger.
-Alors pourquoi m'avoir fait ça, demandais-je alors que ma voix se brisait de nouveau.
-Ce n'était pas moi à ce moment, dit-il avant de plisser les sourcils d'un air soucieux, mais le loup à du juger que c'était nécessaire. Et je commence à le comprendre Draco, ne lutte pas et ça ira.
-Je ne veux pas, sanglotais-je, je ne veux pas.
-Je sais, répondit-il misérablement. Je le sais.
Il me déposa dans la baignoire à la maison et me lava méticuleusement avant de me couper les cheveux pour égaliser. Ils m'arrivaient encore sous les épaules. J'avais des mèches plus courtes devant mais il n'avait pas eut le cœur à couper plus. Il m'avait rhabillé et m'avait recouché sur le lit. Il ne m'avait pas rattaché avant de quitter la chambre. Je ne bougeais pas jusqu'à ce que la porte s'ouvre. Seamus entra suivi de Blaise. Le rouquin vint immédiatement grimper sur le lit et se coucha contre moi en prenant une de mes mains dans les siennes.
-Je suis désolé, me dit-il, tellement désolé. J'ai fait aussi vite que j'ai pu mais j'avais oublié que ta maison était protégée. Je n'ai pas pu faire venir le psycomage. Et lorsque j'ai trouvé Harry c'était trop tard.
Moi qui pensais qu'il m'avait abandonné pour mes paroles sur son sang. Je me sentais tellement bête … Je l'avais fait souffrir inutilement. Je n'eus pas la force de m'excuser et je me contentais d'hocher la tête. Il resta à mes côtés et Blaise resta debout dans la pièce. Je ne lui dis pas de venir, je ne pouvais pas. Pas tout de suite.
-Ça va ? S'inquiéta le rouquin, la transformation n'a pas été trop difficile ?
-Juste une vague douleur, répondis-je doucement, je n'ai pas de souvenir mis à part mes mains.
Comme pour effacer ce mauvais souvenir, il se mit à frotter doucement la peau de mes mains avec son pouce. Je l'en remerciais du regard et il me raconta son mois. Il avait été dur pour lui. Il avait fait une rechute mais pas aussi terrible que la mienne, juste une déprime passagère et il avait découvert le déclencheur de ses crises dans le souvenir. Apparemment, c'était le mot « Mangemort » qui était responsable de ses rechutes. Alors le psycomage avait usé de la légilimencie sur lui pour bloquer ce souvenir en particulier. Il se rappelait de ses actes mais il ne se souvenait plus de la torture qui l'avait précédé même s'il se rappelait l'avoir subit. Si bien que le formatage de son esprit n'était plus opérant. Il me dit qu'ils avaient fait de nombreux test jusqu'à bloqué efficacement tous les souvenirs nécessaires et que ça avait fonctionné (après 2 agressions d'infirmières sang-mêlé mais bon). Il me dit aussi qu'il apprenait l'occlumencie pour maintenir les verrous lui même et pour apprendre à ce protéger. C'était une bonne chose.
-Je vais bien, finit-il, et quand toi aussi tu iras bien, nous pourrons vivre heureux tous les trois. Je reviens vivre avec vous.
Il était si naïf, si candide que je n'avais pas envi de le décevoir alors je lui dis que oui. Quand j'irais mieux … si je vais mieux.
-Qu'est-ce que tu fais ? Demanda soudainement Seamus en voyant Blaise se diriger vers un placard pour en sortir des draps et des coussins.
Il revint sans un mot et me souleva pour m'asseoir momentanément sur un fauteuil avant de demander à Seamus de faire disparaître le lit. Seamus ne posa pas de question même s'il lui lança un regard septique et fit disparaître le lit. Blaise jeta des couvertures sur le sol, dans un coin et y ajouta des coussins de toutes les formes et toutes les tailles. Puis il fit plusieurs allés retour dans les différentes pièces de la maison, ramenant toujours plus de choses à empiler dans ce petit coin. Mon air septique s'effondra en voyant apparaître au milieu du fouillis une forme déjà rencontrée.
Il me pris la main et m'aida à m'allonger au milieu des couvertures et des coussins. C'était chaud, c'était moelleux, c'était agréable. Je passais mes doigts sur les broderies d'un coussin et je sentis un poids à mes côtés. Blaise c'était allongé à côté de moi et Seamus ne tarda pas à l'imiter. Et je me trouvais là, allongé, complètement vide entre deux corps chauds. J'étais allongé entre deux personnes qui m'aimaient dans un petit cocon de chaleur.
-Dans notre nid, murmurais-je en tournant la tête vers Blaise.
Pour toute réponse, il me sourit et la douleur reflua.
