Hello! Eh voilà, selon mon humble avis, c'est à partir de ce chapitre que tout par vraiment en cacahuète. Vous serez sans doute meilleurs juges que moi, mais j'arrive pas à retravailler cette fiction, et pour l'instant je suis bloquée au dernier chapitre, mais je compte bien la terminer coûte que coûte même si c'est pas la meilleure fiction que j'aie écrite.
Bon, j'espère que vous trouverez pas ça aussi mauvais que je le pense, et je vous souhaite quand même une bonne lecture!
Encore merci à mes reviewers, même si vous êtes peu nombreux ça fait plaisir :D
-Summer Prevent
CHAPITRE 21 :
Onylia Delavigne :
Stew la fit entrer, et la traîna par le bras jusqu'à moi. Après tout, c'était elle qui avait demandé à me voir, j'allais pas la faire débarquer dans le grand confort. Je lui avais quand même réservé un siège. Enfin une chaise, sans coussin, dos raide, pas d'accoudoirs. Mais au moins elle serait assise. Pis j'avais pas envie de me lever pour me mettre à sa hauteur. J'étais bien installée, j'allais pas me déranger pour elle.
« Alors, sœurette ? T'as décidé de me parler ? T'as fini de hurler ?
-Tu pensais que j'allais réagir comment ? Ça fait onze ans que je pense que t'es morte et que je me sens coupable.
-Je suis pas morte, mais t'as raison de te sentir coupable, répliquai-je en haussant les sourcils. Tout ça c'est de ta faute.
-Oui, bien sûr, je suis pas venue pour t'entendre me pourrir encore une fois, tout à l'heure ça m'a suffi, répliqua Emy en posant son menton dans le creux de ses mains.
-Je sais, tu es venue pour me supplier de vous faire sortir, tes amis et toi.
-Non, répliqua Emy. Je sais très bien que tu donnerais tout pour nous garder dans notre cage pendant je sais pas combien de temps encore. Peut-être pour toute la vie. J'aimerais simplement comprendre tes motivations.
-Je t'ai déjà dit que... commençai-je, agacée.
-Mis à part le fait que tu me détestes au point de vouloir me pourrir la vie, me coupa ma sœur en adoptant une attitude pensive. Y'a forcément autre chose ».
Je croisai les bras et les jambes et lui fis face. Comme si j'allais me confier à elle. Elle croyait quoi, qu'elle pouvait encore prétendre avoir l'attitude de la grande sœur protectrice ? Elle était ridicule.
« Donc paraît que t'es la patronne du petit groupe. T'as pris le frère de Merritt, l'ex de Daniel... au départ je pensais que Stew était mon ennemi dans l'équipe adverse, mais en réalité tu l'as juste engagé parce-que t'en pinces pour lui et que vous êtes en couple depuis onze ans. Félicitations, au fait.
-Quelle faux-cul, ricanai-je. Je t'ai piqué ton mec sous ton nez et je lui ai demandé de te cacher que j'étais encore en vie et qu'il savait où me trouver. Et toi, tu nous adresses tes félicitations.
-Bien sûr que oui, me répondit Emy en haussant les sourcils. Bon, on est d'accord, vous êtes des sacrés connards tous les deux. Mais contrairement à toi j'ai tourné la page. Je me fous que Stew soit parti avec toi, ça allait plus entre nous de toute façon. Je m'en fous, de Stew.
-Oui, bien sûr, t'es passée à autre chose, répondis-je en souriant d'un air narquois. Chase m'a raconté. Alors, tu lui as dit qui t'étais, ou je vais devoir m'en occuper ?
-Je t'aurais pas laissé cet honneur ! me répondit Emy en croisant les bras. Il est au courant.
-Et il a réagi comment ?
-Oh, plutôt bien. Tu connais la théorie des points aveugles ? C'est quand tu regardes quelque-chose sans le voir, pour utiliser des termes assez simples pour que tu les comprennes. Ben il a eu beau me regarder des millions de fois, et avoir cette impression de déjà-vu, il a fallu que je lui en parle pour qu'il comprenne. Et à partir de là ça lui a semblé évident.
-Depuis quand tu connais autant de termes psychologiques ? demandai-je à ma sœur en fronçant les sourcils.
-Depuis que je sors avec un mentaliste. Tu vois ? Finalement, nos relations ne se sont pas tellement dégradées que ça. On peut même avoir des discussions normales entre sœurs ! Sœurette », ajouta Emy avec une espèce de sourire... carnassier.
Je ricanai. Elle était clairement en train de se ficher de moi. Elle n'était quand même pas venue juste pour ça ?
« Tu te poses des questions ! J'adore quand tu te poses des question, s'esclaffa Emy en ramenant sa tête en arrière. T'as ton petit air penseur comme ça... voilà. Ça se lit sur ta figure. Qu'est-ce que tu te demandes ? Tu te demandes pourquoi je t'ai dérangé ? J'avais juste envie de te parler et de te montrer que je vais bien. Et aussi je voulais essayer de comprendre ton raisonnement et je crois que je commence à saisir. En fait t'attendais juste le moment de te venger de moi. Je parie que t'as entendu parler de Chase aux infos, quand il s'est fait envoyer en tôle. C'est toi qui a réussi à le sortir de là, ou Stew ? Puis de fil en aiguille il t'a mené vers Henley. C'était son idée à lui de pourrir le groupe ? Il avait une dent contre eux. Et toi t'as approuvé en te disant que plus ça me faisait mal, et mieux c'était. Donc Merritt, Daniel, moi... et la suite ? ».
Je commençais vraiment à en avoir marre. Et en plus elle se permettait encore de prendre ma main d'un air compatissant. Comme si elle savait pertinemment qu'elle était en train de me mettre les nerfs en pelote. Et elle le savait. Et elle n'attendait que ça.
La porte claqua soudain, et Chase entra en trombe dans la pièce. Il avait l'air vraiment paniqué. Et c'était assez rare pour que je me sente en droit de m'inquiéter sérieusement.
« Ony, ne lui parle plus, ne lui dit plus un mot et RETIRE DE SUITE TA MAIN ! ».
J'obéis non sans surprise et plus par réflexe qu'autre chose, et un instant plus tard Stew débarquait en trombe, fondait sur ma sœur et lui faisait une clé de bras, l'éloignant de moi.
« Mais tout va bien, on était juste en train de discuter, soupirai-je.
-C'est pas elle, me répondit Chase.
-Comment ça c'est pas elle, j'ai qu'une seule sœur, je sais encore la reconnaître...
-C'est pas elle ! répéta Chase. Moi aussi j'ai qu'un seul frère, un jumeau, et crois-le ou non mais je le sens quand il prépare un coup foireux, celui-là ».
Je ne voyais pas le rapport entre ma sœur et son frère, si ce n'était qu'ils sortaient apparemment ensemble.
Ils sortaient ensemble.
C'était bien ce que ma sœur m'avait dit. Mais... elle ne me l'aurait jamais dit même si c'était vrai. Trop de fierté. Et trop de méfiance.
Et c'est là que je compris.
Je m'approchai de ma sœur, et lui allongeai une droite bien sentie.
Sa tête fit un quart de tour sur sa droite, très violemment, et elle cligna des yeux plusieurs fois avant de porter la main à sa joue et de regarder tout autour d'elle, l'air étonné. L'air presque endormi. Puis elle posa les yeux sur moi, et elle sembla comprendre. Elle pâlit.
« Espèce de sale garce, sifflai-je. T'es vraiment qu'une sale garce.
-Et toi? répondit ma sœur (réellement elle, cette fois), reprenant sa véhémence naturelle. On en parle de toi ? Entre garce et salope, y'a beaucoup de différence ?
-Tu te crois en position de me balancer des insultes ?
-Ben vas-y, frappe moi, si c'est ça qui manque, me cracha ma sœur comme si elle tenait à expulser son venin dans ma direction.
-Ce serait tellement jouissif, lui répondis-je. Mais... t'as raison. Je vais le faire. Je vais frapper. Là où ça fait mal. Chase ? ».
Ma sœur se tourna instantanément vers Chase, et je vis son expression se décomposer alors que ce dernier, affichant un large sourire, sortait de la pièce pour aller chercher les autres.
« Non tu peux pas faire ça, siffla Emy. Tu peux pas.
-Ici t'es sur mon territoire. Donc... je peux ! lui répondis-je d'un air théâtral.
-Espèce de GARCE ! », me hurla-t-elle en se débattant comme une furie.
Je lançai un regard à Stew, qui hocha la tête, et lui mit un bâillon dans la bouche, avant de lui menotter les mains. Si seulement elle savait à quoi s'attendre. Je me demande si elle aurait pu avoir une expression plus horrifiée que celle-là.
Elle ne bougeait plus. Elle avait épuisé toutes ses forces à hurler et à gigoter dans tous les sens en deux secondes, et quand ses camarades arrivèrent, escortés par ma bande, elle était quasiment amorphe, debout devant moi, tenant à peine sur ses jambes, ses cheveux devant sa tête baissée. Elle ne se tourna même pas vers eux quand ils firent leur entrée, et je vis le regard de Leyna Stevens exprimer tour à tour l'inquiétude quand il se posa sur Emy, et la haine quand il se posa sur moi. C'était généralement ce que j'inspirais à mes ennemis : la haine. Parce-que je parvenais toujours à mes fins. Toujours. Et personne ne m'en empêcherait, surtout pas aujourd'hui. Surtout pas elle.
Elle avait essayé de se moquer de moi ? Elle allait le regretter amèrement.
Je me tournai vers son copain mentaliste, qui l'appelait sans recevoir de réponse.
« Je crois que j'aurais peut-être pas dû la sortir de sa transe aussi brutalement, fis-je remarquer en adoptant une attitude faussement inquiète.
-Qu'est-ce que tu lui as fait? gronda le mentaliste. C'est quoi votre problème avec la fratrie dans ce gang ?
-Mon problème c'est que je la déteste, répliquai-je. Et tout ce qui a trait à elle je le déteste. Donc techniquement je te déteste aussi.
-Je m'en fous, déteste moi tant que tu veux, mais fous-lui la paix !
-Il fallait y penser avant d'essayer de m'hypnotiser par son intermédiaire. C'était très con, sans doute une idée à elle ? T'aurais jamais dû accepter.
-T'as pas l'air de la connaître, elle l'aurait frappé à mort s'il avait refusé », me lança la troisième fille de l'équipe... Lula, oui.
Je m'apprêtais à lui répondre lorsque j'entendis un marmonnement indistinct. Je remarquai alors que ma sœur avait redressé la tête, et me regardait. Mais elle avait toujours son bâillon.
Je soupirai, et lui retirai le bout de tissu qu'elle avait dans la bouche, alors que Stew se tenait à proximité au cas où.
« Tu disais quoi ? demandai-je en la regardant d'un air méprisant.
-Je voulais te remercier, répéta ma sœur, à ma grande surprise.
-Tu... je peux savoir pourquoi ?
-A une époque où je pensais n'être qu'une bonne à rien, tu as toujours vanté quelque-chose chez moi et ça m'a beaucoup servi.
-Je n'ai jamais rien vanté chez toi, répliquai-je en croisant les bras, levant les yeux au ciel.
-Mes réflexes, précisa ma sœur en haussant les sourcils.
-Tes réflexes ne te seront pas utiles. J'ai une arme, et toi pas, fis-je remarquer avec un sourire.
-...C'est vrai », concéda ma sœur après un instant de réflexion.
A cet instant je sentis une douleur dans le creux de l'estomac, tellement fulgurante que je fus pliée en deux et que mes larmes me brouillèrent la vue, mais je ne compris pas instantanément pourquoi. Et c'est à cet instant que je sentis des doigts fins, mais pourtant forts, se refermer autour de ma gorge et la serrer jusqu'à ce que pas même un filet d'air ne puisse y passer.
Alors que je pensais m'évanouir par manque d'air, je sentis les doigts relâcher leur emprise, et un coup me fut porté au garrot. L'instant d'après, mon arme m'était retirée, et pointée contre ma tempe.
« Mais l'avantage c'est qu'il y en a toujours une de nous deux qui a une arme, sœurette », entendis-je siffler Emy.
Alors que ma vision redevenait à peu près nette, j'entendis Stew crier quelque-chose et je le vis sortir son arme et courir vers moi.
« BOUGE-PAS, OU JE TIRE ! lui cria Emy, et ses menottes lui tombèrent brusquement des mains, à ma grande surprise.
-Elle me tuera pas, articulai-je.
-Encore une fois, c'est vrai », répondit Emy.
Le coup de feu partit, et l'instant d'après je m'effondrai sur le sol en hurlant de douleur. J'avais l'impression que mon pied venait d'exploser. Je tentai d'y porter la main, mais tout ce que je sentis ce fut le sang qui dégoulinait. Et la douleur, lancinante...
« La prochaine elle est pour le genoux, et je continuerai à monter à chaque pas, alors on continue ou tu te décides à RANGER TON ARME ! TOI AUSSI, CHEESE !
-C'est Chase, lança cet abruti.
-Je dis cheese parce-que si tu fais un seul geste suspect je vais te trouer comme un gruyère, crétin », siffla ma sœur.
Je levai la tête, et la secouai de droite à gauche. Non. Ils ne devaient pas abandonner. J'étais prête à souffrir plus que nécessaire pour enfin faire payer à ma sœur le seul fait d'être venue au monde. Ils ne pouvaient pas abandonner...
Je les vis déposer leurs armes, et les faire glisser au centre de la pièce. Dylan en récupéra une (après tout c'était lui l'ancien flic), et Leyna l'autre. Soudain, elle se précipita vers Stew et lui envoya un coup de crosse dans l'estomac, avant de le saisir par les cheveux et de ramener sa tête en arrière.
« Maintenant je vais te poser une question simple, et je veux que tu me donnes une réponse simple », siffla-t-elle.
Et la question qui suivit en effet me fit plus mal que tous les coups qu'Emy aurait pu me donner. Parce-que je compris que je n'avais en réalité jamais eu la moindre longueur d'avance sur eux. Qu'ils étaient plus forts. Qu'ils seraient toujours plus forts.
« Où se cachent mes parents ? ».
