Le lendemain matin, quand il ouvrit les yeux, Harry crut d'abord qu'il était encore au Manoir. Ce fut seulement quand il vit le terrain de Quidditch et le lac par la fenêtre de la chambre qu'il se rappela qu'il était à Poudlard, dans les quartiers privés de Griffondor.

La veille au soir, quand lui et Hermione étaient passés derrière le tableau que leur avait indiqué Mac Gonnagall, il avaient été stupéfaits par la ressemblance de ces appartements avec le Manoir Potter.

Les quartiers de Griffondor étaient constitués de cinq pièces. La chambre et la salle de bain étaient les répliques exactes de celles du Manoir. Il y avait une petite salle juste derrière le tableau qui était décorée des mêmes couleurs que la Salle Commune, avec les mêmes fauteuils confortables, des tables pour travailler et une cheminée marquée des armoiries de la famille. Comme Sirius l'avait dit, la bibliothèque était aussi présente, au plus grand plaisir d'Hermione qui avait déjà remarqué que la plupart des livres de la Réserve de Poudlard y étaient inclus. Enfin, la dernière salle était vide de tout mobilier, mais les murs et le sol avaient étaient soumis au Sortilège Coussin, ce qui en faisait une excellente salle d'entraînement pour les duels.

Harry sortit de ses pensées, et un bref coup d'œil à l'horloge sur le mur de la chambre lui indiqua qu'ils avaient encore une heure avant que le petit déjeuner ne soit servi.

Lui et Hermione avaient pris l'habitude pendant l'été de se lever à l'aube pour aller se promener ensembles sur le domaine alors que le soleil levant baignait de sa lumière orangée la nature recouverte de la rosée de la nuit. Cette heure était aussi idéale pour apercevoir la faune nocturne qui passait le relais à la faune diurne.
Harry se tourna vers la droite, et il aperçut, avec toujours autant de plaisir, Hermione qui était serrée contre lui et qui dormait paisiblement. Comme à son habitude, il lui dégagea le visage de ses cheveux et la réveilla doucement.

Une demi-heure plus tard, ils étaient tous les deux prêts et descendirent main dans la main vers la Grande Salle.

Comme ils s'y attendaient, elle était presque déserte, mis à part quelques professeurs qui voulaient parler un peu avant le début des cours, dont Tonks qui se dirigea vers eux avec son sourire habituel.

-Alors les amoureux, dit elle en signe de bonjour, vous avez passé une bonne nuit ? Minerva m'a dit que vous aviez réquisitionné les quartiers privés de Griffondor. J'espère que vous me ferez visiter un de ces jours…

-Il n'y à pas grand-chose à visiter Tonks, répondit Hermione. Ces appartements sont la copie parfaite des quartiers du maître de maison du Manoir…

-C'est vrai ? s'exclama Tonks avec une expression envieuse sur son visage. Ouah ! Vous êtes certainement mieux logés que les professeurs alors… Je suis jalouse…

Sa fausse moue fit rire Harry et Hermione, et ils lui promirent qu'elle était la bienvenue quand elle le désirait.

-Alors on vous a annoncé que vous allez devoir passer des tests ? demanda Tonks d'un ton plus sérieux quand ils se furent calmés. Ils n'ont pas voulu m'écouter quand je leur ai dit que vous n'en aviez absolument pas besoin. Mais j'imagine que cela ne vous inquiète pas plus que cela…

-Non, répliqua Harry. Ce n'est pas comme si nous ne connaissions pas déjà tout ce qu'il y a à savoir sur la septième année, sans parler de la sixième…

Tonks, qui savaient très bien que Harry et Hermione avaient facilement le niveau d'Auror, leur fit un sourire machiavélique.

-J'ai préparé un duel entre vous et deux professeurs pour mon test, avoua-t-elle. Et devinez qui a voulu être contre vous.

-Euh…

-Rogue ! devina Hermione.

-Gagné ! s'exclama Tonks.

-Mais pourquoi a-t-il fait cela ? demanda Harry perplexe. Mac Gonnagall a sûrement dû lui raconter ce que j'avais fait à ma sortie de prison…

-Il ne voulait pas croire que tu étais meilleur que les professeurs, expliqua Tonks sans perdre son sourire. Cela va lui faire un sacré choc… C'est bien fait pour lui, il se croit plus intelligent que tout le monde.

Harry était plutôt amusé de voir Tonks dans cet état à l'idée de le voir ridiculiser Rogue devant tous les autres professeurs. Hermione, cependant, était plutôt inquiète à l'idée d'affronter des professeurs. Elle n'était pas sûre d'être à leur niveau.

-Euh… Tonks, qui sera le second duelliste ? demanda-t-elle d'un air tendu.

-Moi, répondit Tonks avec un sourire brillant. J'étais obligée de superviser mon test, même si je sais que nous allons perdre en nous ridiculisant devant nos confrères…

-Je ne pense pas que nous devrions révéler notre vraie force, annonça Harry au bout d'un moment. Même si l'idée de faire manger la poussière à Rogue paraît tentante, nous ne pouvons pas laisser Voldemort connaître la véritable étendue de mes pouvoirs, et je préfèrerais que tout le monde sous-estime Hermione, juste au cas où…

-Oui, je suis d'accord, ajouta Hermione. Quelle est la prestation minimale pour que nous passions le test ? demanda-t-elle à Tonks.

-Tout dépend de la manière dont vous vous défendez contre nous, répondit Tonks en haussant les épaules. Si vous réussissez à mettre un des deux professeurs hors d'état de nuire, vous aurez obligatoirement une excellente note.

-Parfait, reprit Harry. Nous n'aurons plus qu'à trouver un plan pour stupéfixer Rogue et nous faire battre par toi.

Les deux filles approuvèrent avec un air pensif.

-Cela sera pareil en classe Hermione, ajouta Harry. Personne ne devra connaître tes habilités en magie sans baguette. A part ça, tu ne devrais pas te retenir beaucoup puisque tout le monde est habitué à ce que tu réussisses du premier coup.

-D'accord, répliqua Hermione, mais tu ferais mieux de cacher aussi le fait que tu n'aies pas besoin de baguette ni d'incantations. Tu devrais prendre un bout de bois qui ressemble à une baguette pour faire semblant de l'utiliser... Si Voldemort pense t'avoir à sa merci en t'ayant désarmé, il pourrait baisser sa garde…

-Hermione tu es un vrai génie ! s'exclama Harry en la prenant dans ses bras et la soulevant dans les airs alors que Tonks riait aux éclats et Hermione paraissait surprise et flattée. Nora ! appela-t-il.

Il n'eut pas à attendre longtemps, car Nora atterrit quelques secondes plus tard sur son épaule.

-Bonjour Nora, reprit Harry en la caressant. J'ai besoin que tu me trouves un bout de bois qui ressemble à une baguette magique. Le type de bois n'est pas important.

Aussitôt, Nora reprit son envol et disparut de la Grande Salle.

-Bon, annonça Tonks, c'était très sympa de parler avec vous, je vous retrouverai dans ma classe plus tard… Je vous ai préparé quelque chose qui pourrait vous plaire et vous entraîner à faire semblant ce week-end, ajouta-t-elle en s'éloignant vers la table des professeur avec un petit sourire.

Harry et Hermione, contents d'apprendre qu'ils avaient cours avec Tonks dans la journée, se dirigèrent calmement vers la table des Griffondor où la nourriture venait d'apparaître.

Quelques minutes après le début du repas, ils furent rejoints par Ginny et Aurore et leur souhaitèrent le bonjour alors qu'elles s'asseyaient.

-Où étiez-vous hier soir ? demanda Ginny. Je vous ai attendus dix minutes dans la Salle Commune…

-Pardon Ginny, répondit Harry. Je me suis rappelé qu'il existait des quartiers privés de Griffondor, et j'ai demandé à Mac Gonnagall où ils se trouvaient.

-Et elle a accepté de vous laisser dormir tous les deux ensembles dans des appartements privés ? s'étonna Ginny.

-A vrai dire, expliqua Hermione avec un petit sourire, nous ne lui avons pas demandé la permission, simplement l'emplacement de la chambre…

-Mais elle savait très bien que vous y dormiriez ensembles ! s'exclama Ginny.

-Bien sûr, répliqua Harry. On le lui a même dit. Ce que voulait dire Hermione c'est qu'on ne lui a pas laissé le choix de refuser ou d'accepter… Elle sait très bien qu'on le ferait même si elle refusait, alors elle je pense qu'elle essaye de nous montrer sa bonne volonté pour se faire pardonner.

Ginny parut un peu envieuse, mais elle finit par leur sourire.

-Alors comment est votre nouvel espace privé ? demanda-t-elle enfin.

-C'est le même que celui du Manoir, dit Hermione. On y est bien. J'ai même cru qu'on était chez nous quand je me suis réveillée ce matin…

-Ouah, tu as de la chance, reprit Ginny. J'espère que vous me laisserez venir de tems en temps quand vous n'êtes pas trop occupés… Bonne journée, ajouta-t-elle avec un sourire malicieux en se levant et rejoignant ses amies avant qu'Hermione ou Harry ne lui réponde.

-Qu'est-ce qu'elle voulait dire en disant que vous êtes occupés ? demanda Aurore d'un air perplexe.

-Euh… dit Hermione qui avait rougit de la tête aux pieds.

-Elle voulait dire si l'on n'a pas trop de devoirs, compléta Harry. Alors Aurore, tu es prête pour ton premier jour de classe ? ajouta-t-il dans l'espoir de s'éloigner de ce suet délicat.

A son soulagement et celui d'Hermione, le visage d'Aurore s'illumina d'une passion que Harry n'avait vu que sur celui de Hermione quand elle parlait des cours.

-Oh oui ! s'exclama-t-elle. J'ai hâte de découvrir tout ce que nous allons apprendre. Les livres semblent très intéressants.

Harry sourit alors que Hermione, oubliant son embarras, se mit à raconter à Aurore ce qu'elle apprendrait dans chaque matière.

Ils furent stoppés dans leur discussion quand Mac Gonnagall passa devant eux et leur tendit leurs emplois du temps.

En y jetant un rapide coup d'œil, Harry vit qu'ils avaient Métamorphose juste après, suivi de Défense Contre les Forces du Mal. Leur journée se poursuivait par un temps libre après le repas de midi pour finir avec potion avant le dîner.

-C'est une journée plutôt tranquille, remarqua Hermione.

-Oui, approuva Harry. Mais en même temps, j'ai l'impression que toutes nos journées seront plutôt tranquilles…

Hermione lui sourit et se retourna vers Aurore pour lui demander ce qu'elle avait dans la journée.

-J'ai Sortilèges juste après et Métamorphose, répondit Aurore. Cela devrait être bien. Puis j'ai Vol juste après le repas de midi… Ca c'est moins bien… Je me demande comment je peux faire ça, je n'ai jamais tenu un balais de ma vie…
-Ne t'inquiète pas, la rassura Harry. Les leçons de Vol ne sont pas notées et ne durent pas plus d'un mois. Et Mme Bibine est un bon professeur, tu ne risques rien.

-Harry nous n'avons rien à ce moment là, remarqua Hermione, on pourrait aller la voir.

-Merci ! s'exclama Aurore quand Harry eut accepté. Ce sera bien de vous voir…

Elle s'arrêta soudain de parler et regarda en l'air, ses yeux agrandis par la surprise en voyant les hiboux entrer dans la Grande Salle pour délivrer le courier. Hermione vit Harry suivre son regard et pâlir quelques instants plus tard.

-Oh non… dit-il d'une voix étranglée en laissant tomber sa tête sur la table.

-Harry, qu'est-ce qu'il y a ? demanda Hermione, inquiète de son comportement étrange.

-Le courrier…répondit-il simplement.

Aussitôt, Hermione compris ce qu'il voulait dire et couvrit sa bouche avec sa main, en regardant avec inquiétude les Hiboux voler au-dessus de leurs têtes.

Il était su dans tout le pays que ce jour là était le premier jour à Poudlard, et tout le monde savait aussi que Harry Potter était à Poudlard…

Aussitôt que cette pensée traversa la tête d'Hermione, l'enfer commença. Des lettres commencèrent à pleuvoir sur eux par centaines puis par milliers. La Salle était remplie par les bruits des hiboux qui étaient trop nombreux pour voler sans se rentrer dedans et qui se disputaient tous pour arriver en premier pour donner leur lettre à Harry.

Bientôt, la table était couverte d'une couche de lettres épaisse de plusieurs dizaines de centimètres et qui dépassait largement les bords et couvrait le sol de missives. Pourtant, malgré la quantité effrayante, les lettres ne s'arrêtaient pas d'arriver et les hiboux affluaient toujours par les ouvertures surpeuplées qui leur étaient réservées.

Tout le monde s'était arrêté de manger pour regarder ce spectacle hallucinant. Hermione ne savait pas quoi faire. Elle avait mal à la tête à cause du bruit et des colis qui lui rebondissaient sans cesse sur le sommet du crâne. Tout ce qu'elle voulait était que cela s'arrête. Elle tourna son regard vers l'endroit où elle avait vu Harry pour la dernière fois elle faillit recracher tout ce qu'elle avait encore dans la bouche à la vue qui s'offrait à elle. Elle apercevait vaguement une silhouette humaine se débattre sous un tas gigantesque de lettres et colis qui ne cessait de grossir. A partir de ce moment, elle décida qu'il fallait faire quelque chose.

-Aurore ! cria-t-elle pour couvrir le bruit infernal. Va voir Mac Gonnagall ! Il faut faire fermer les entrées pour les hiboux et évacuer la Salle avant que les Beuglantes n'explose.

A travers le flot continu de lettres, elle vit la petite fille se diriger vers la table des professeurs avec toute la vitesse que lui permettaient ses petites jambes. Elle se retourna ensuite vers le tas de lettre et commença à paniquer quand elle remarqua que Harry et ne se débattait plus et qu'on ne pouvait plus le voir sous les lettres. Elle précipita vers lui et commença à creuser quand elle aperçut une lumière blanche qui filtrait à travers la masse de papier. Elle eut juste le temps de sortir sa baguette et de jeter un Protego autour d'elle avant que les lettres ne soient expulsées à plusieurs dizaines de mètres dans toutes les directions, laissant apparaître un Harry encore plus décoiffé que d'habitude et qui paraissait essoufflé d'avoir lutter si longtemps contre les lettres.

Ce fut seulement à ce moment que le flot de lettre diminua progressivement jusqu'à l'arrêt total et que la voix magiquement sonorisée de Mac Gonnagall ordonnait à tous les élèves de quitter la Grande Salle.

Tout le monde était trop occupé à parler avec son voisin de ce qui venait de se passer pour obéir, et Mac Gonnagall dut avoir recours à des menaces de pertes de points et détentions pour que la foule commence à se diriger à contrecoeur vers la sortie.

Cependant, le sort semblait vouloir s'acharner sur Harry car la moitié des élèves était encore présente quand des dizaines de Beuglantes éclatèrent en même temps.

-HARRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRRYYYYYYYYY… MARIAGE… JE T'AIME… TOI ET MOI… VACANCES…

Il ne fallait pas être un devin pour pouvoir dire que le sujet des Beuglantes n'était pas de blâmer Harry pour une fois. Cela mit Hermione dans une colère noire.

Comment ces sorcières sans cervelle osaient-elles envoyer de telles propositions à Harry alors qu'elles avaient été celles qui l'avaient roulé dans la boue l'année précédente ? Comment pouvaient-elle lui parler en face quand il sortait à peine de Azkaban où il avait passé neufs mois de sa vie à revivre ses pires cauchemars ? Comment pouvaient-elle espérer que Harry s'intéresse à elle ? Comment osaient-elle essayer de prendre sa lace à ses côtés alors qu'elles ne savaient rien de tous ce qu'ils avaient vécu ensemble ?

Elle prit Harry, qui avait l'air encore un peu choqué, par la main et le mena vers les derniers élèves qui étaient poussés vers l'extérieur par les professeurs.

Ils allaient sortir à leur tour quand Mac Gonnagall les interpella.

-M. Potter, il faut trouver une solution à ce problème avant demain matin, annonça-t-elle. Nous ne pouvons pas subir cela tous les jours…

-A qui le dites vous… marmonna Harry qui avait l'air de mauvaise humeur. Rendez-moi incartable, annonça-t-il enfin. Faites en sorte que les hiboux qui me sont adressés ne me trouvent pas. Et vous feriez mieux de faire de même pour Hermione. Une fois que les nouvelles auront circulé pour nous deux, les lettres de menace et de vengeance commenceront à arriver. De toute façon, nous n'avons personne avec qui correspondre à l'extérieur, et si c'est le cas, je demanderai à Nora ou Hedwige de faire le messager, elles sauront me trouver.

-Très bien M. Potter, approuva Mac Gonnagall. Ce sera fait.

Elle s'éloigna ensuite pour rejoindre les autres professeurs qui regardaient tous Harry comme s'il était un extraterrestre mise à part Tonks qui avait l'air de beaucoup s'amuser et Rogue qui le regardait avec plus de haine que jamais.

Hermione se remit de nouveau en marche, entraînant Harry avec elle vers la sortie et la classe de Métamorphose.

-Ca va ? demanda-t-elle, s'inquiétant de son état en se rappelant qu'il avait été enterré vivant sous un tas de lettre.

-Ca pourrait aller mieux mais je vais bien physiquement en tout cas, répondit Harry en souriant pour la rassurer.

-Tu m'as fait peur quand tu as disparu sous les lettres, reprit elle en se serrant un peu plus contre son épaule.

-J'ai juste hésité à me servir de mes pouvoirs, répliqua Harry. Je ne voulais pas les montrer à moins que ce ne soit nécessaire pour rester vivant et à l'air libre… Mais avec tout le bruit et la panique qu'il y avait, je en pense pas que quelqu'un ait vu que je n'ai pas utilisé ma baguette pour expulser les lettres…

-Tu t'es presque laissé étouffer pour ne pas montrer tes pouvoirs ? demanda Hermione d'un ton incrédule.

-Les lettres auraient pu s'arrêter de tomber toutes seules, dit Harry en haussant les épaules. Et puis je savais que j'avais ce dernier recours.

Hermione allait lui répondre qu'il était le garçon le plus fou qu'elle ait jamais rencontré quand ils furent distraits par quelqu'un qui appelait Harry. Ils se retournèrent et virent une vingtaine de filles qui se dirigeaient vers eux en traversant le Grand Hall en courant.

-Oh non, murmura Harry, pas encore…

Hermione regarda avec stupéfaction, trop abasourdie pour réagir, les filles commencer à les encercler, se battant pour être au premier rang et pour pouvoir être le plus près de possible lui. Elles lui demandaient toutes s'il avait reçu leurs lettres et ce qu'il en disait.

Si Hermione avait été en état de penser correctement, elle aurait bien ri. Comment pouvaient-elles s'attendre à ce que Harry trouve leurs lettres parmi les milliers, les ouvre et les lise, et réfléchir à quelconque proposition qui lui été faite, le tout en cinq minutes ?

Son cerveau se remit en route quand elle aperçut une des filles qu'elle reconnut être une Serdaigle mettre la main sur l'épaule de Harry, se pencher vers lui et lui murmurer quelque chose à l'oreille. Elle ne savait pas ce qu'elle lui avait dit, mais le regard de détresse que lui lança alors Harry la décida à mettre les choses au point une bonne fois pour toute.

Elle agrippa la main de la fille, la retira fermement de l'endroit où elle était posée, puis, avant que la fille ne puisse dire quoi que ce soit, elle la repoussa plus violemment qu'elle ne l'aurait voulu sur les autres filles en sortant en même temps sa baguette d'un geste rapide.

-Maintenant écoutez-moi toute, grogna-t-elle en pointant sa baguette droit devant elle et se plaçant devant Harry. Si une seule d'entre vous ou n'importe quelle autre fille ose encore toucher Harry de la façon dont elle vient de le faire, continua-t-elle en pointant la Serdaigle du bout de sa baguette, je vous promets qu'elle passera un long séjour à l'Infirmerie avec un mauvais souvenir de moi. Est-ce que vous m'avez bien comprise ? Je pense qu'il vaudrait mieux pour vous ne pas trop vous approcher de lui en fait…

-Et qui te donne le droit de décider pour lui ? la coupa la Serdaigle qui ne se laissait apparemment pas impressionner par la baguette.

-Oui, ajouta une autre à sa droite, pour qui te prends-tu ? Tu n'es pas la seule sur la liste d'attente pour Harry.
-Quoi ? demanda Hermione confuse.

Elle avait pourtant eu l'impression d'être très claire. Harry était avec elle et elle ne voulait pas que les autres essaient de le séduire comme elles étaient en train de le faire.

-Si tu veux Harry, tu vas devoir accepter la concurrence, répondit une troisième. Tu n'es pas la seule fille d'Angleterre à vouloir être avec lui.

Hermione cligna des yeux plusieurs fois et faillit se pincer pour être sûre qu'elle ne rêvait pas. Ces filles pensaient qu'elle était l'une d'entre elles. Elles pensaient qu'elle était en train d'essayer de le séduire.

-Vous n'avez rien compris, lâcha-t-elle d'un ton à la fois incrédule et méprisant. Je vais être un peu pus claire. Harry est déjà pris. Il n'y a pas de place pour vous ici.

-Ce n'est pas à toi de le décider, annonça fermement la Serdaigle. Tout le monde a le droit d'avoir une chance.

Hermione eut beaucoup de mal à ne pas vérifier si elle se rappelait bien des sorts qu'elle avait appris au cours de l'été en se servant de ces filles comme cibles. Elle n'avait pas voulu en arriver là car elle n'aimait pas se donner en spectacle et surtout elle ne voulait pas embarrasser Harry, mais elle ne voyait pas d'autre moyen pour convaincre ces sorcières que ce qu'elle disait était vrai.

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Harry regardait les échanges de paroles entre Hermione et ces filles sans comprendre pourquoi elles ne voulaient pas écouter ce que disait Hermione. Si elles savaient le nombre de sorts que Hermione connaissait depuis cet été, elles auraient peut-être pris sa menace au sérieux. Hermione lui avait pourtant parut très claire.

Il aurait bien aimé lui venir en aide, mais il ne savait pas quoi faire, et on lui avait toujours répété qu'il était désespérant dans l'art de comprendre les filles. Il resta donc muet, regardant le débat, se demandant quand Hermione perdrait patience et mettrait sa menace à exécution.

Soudain, après un bref silence, il vit Hermione se retourner vers lui.

-Harry, murmura-t-elle d'une voix douce mais assez forte pour que tout le monde entende, ces filles ne veulent pas comprendre. Est-ce que tu peux les aider un peu et m'embrasser ?

Harry sentit sa gorge devenir sèche. Il avait embrassé Hermione un nombre incalculable de fois, mais jamais devant un auditoire. Il se sentait nerveux. Cependant, quand il aperçut le regard plaidant de Hermione, il se rappela de tout ce qu'elle représentait pour lui, et de combien il l'aimait, et tout son entourage et sa nervosité furent vite oubliés pour ne laisser que Hermione et lui. Hermione qui venait de lui demander de sa si belle voix de l'embrasser.

Il s'avança lentement vers elle et mit ses mains sur sa taille sans jamais perdre son regard alors qu'elle mettait ses bras autour de son cou. Quand leurs lèvres se touchèrent, Harry éprouva l'incroyable sensation qu'il avait ressenti la première fois qu'il avait embrassé Hermione à Azkaban et toutes les autres fois depuis.

Quand ils se séparèrent, trop tôt à son goût, pour reprendre leur souffle, il sourit à Hermione et elle lui fit ce sourire qu'il aimait tant.

Ce fut seulement quand il la lâcha enfin et qu'elle se retourna vers les filles qui les encerclaient qu'il se rappela qu'ils n'étaient pas seuls.

-Cela vous suffit comme preuve ? entendit-il Hermione demander.
Aucune ne répondit. Toutes la regardaient avec des regards montrant clairement la colère, la déception et l'envie.

-Harry et moi sommes ensembles depuis quatre mois, déclara froidement

Hermione, qui ne semblait nullement impressionnée par ces regards. Alors vos stupides compétition et concurrence n'ont pas lieu d'être. Et ma menace tient toujours, alors laissez-nous, je pense que les cours vont bientôt commencer.

La majorité des filles commencèrent à se diriger vers leurs classes respectives en lançant un dernier regard noir ou envieux à Hermione, mais quelques unes restèrent où elles étaient.

-Harry, dit l'une d'entre elles, pourquoi restes-tu avec elle ? Tu vaux tellement mieux qu'elle. Tu as besoin de quelqu'un qui te donnerait l'attention dont tu as besoin et qui ne serait tout le temps en train d'étudier.

Harry fronça des sourcils en entendant cela. Il se foutait des attaques personnelles, mais quand on critiquait Hermione devant lui, cela le rendait hors de lui. Il ne pensait pas valoir mieux qu'Hermione, bien au contraire. Il se demandait tous les jours qu'est-ce qu'il avait fait pour la mériter. Il se força à rester calme. Il fallait finir cette conversation au plus vite avant que cela dégénère.

-Hermione a abandonné sa vie pour venir avec moi à Azkaban, personne ne pourrait montrer plus d'attention que cela, répondit-il simplement dans ce qu'il espérait être un ton qui ne permettrait pas de réplique.

-Mais regarde la ! s'écria une autre. Comment peux-tu être avec quelqu'un d'aussi banal ? Tu as besoin d'une fille plus subtile, plus raffinée et surtout plus belle !

Ce coup-ci, Harry sentit Hermione se tendre à côté de lui et il eut du mal à se retenir de montrer à celle qui avait dit cela ce que cela faisait de voler sans balais. Mais il réussit tout de même à rester relativement calme et opta pour une réplique dont il était sûr qu'elle serait finale.

-Dans ce cas, cela ne serait certainement pas l'une d'entre vous que je choisirais.

Il prit la main de Hermione et força le passage entre les filles qui se demandaient encore pourquoi il les avait rejetées. Il marcha le plus rapidement possible à travers les couloirs, attirant les regards de nombreux élèves curieux, et entra dans une salle de classe vide qui ne servait pas pour les cours.

Une fois à l'intérieur, il se retourna et fit face à Hermione qui avait des larmes aux yeux et qui semblait totalement détruite.

-Hermione regarde-moi, dit-il d'une voix douce.

Hermione releva la tête, et l'expression peinée de son visage lui serra le cœur.

-Hermione, tu sais que tout ce qu'on dit ces filles n'est que le fruit de leur jalousie et que rien n'est vrai, pas vrai ? Hermione tu ne dois pas les laisser gagner. C'est exactement ce qu'elles veulent que tu fasses, leur laisser le champ libre…

-Je…Je sais, Harry, répondit Hermione en essayant de sécher ses larmes. Mais même si j'essaye de me dire que ce qu'elles ont dit sur moi est faux, je ne peux pas m'empêcher d'être blessée… Tout le monde avant toi m'avais toujours dit ce qu'elles ont dit. Tu es le premier à me dire que je suis belle, et au fur et à mesure, j'ai commencé à le croire… Entendre cela a fait revenir les vieux démons de mon enfance…

-Hermione…soupira Harry en la prenant dans ses bras alors qu'elle commençait à pleurer. Je te trouve belle, et même plus que belle, et ce sera toujours le cas. Je vais te poser quelques questions d'accord ?

Hermione hocha silencieusement de la tête contre sa poitrine.

-Est-ce que tu aimes que je te dise que tu es belle ? demanda Harry.

Hermione approuva de la même manière.

-Est-ce que tu veux être belle pour moi ? continua-t-il.

Encore une fois elle approuva.

-Est-ce que tu voudrais être belle pour que d'autres garçons que moi te remarquent ?

Hermione répondit en secouant sa tête de droit à gauche.

-Est-ce que tu es intéressée par l'avis des autres filles sur ton physique, et est-ce que tu veux qu'elles te remarquent ?

Hermione secoua de nouveau sa tête. Harry sourit et se pencha vers son oreille droite.

-Je résume ce que l'on vient d'établir Hermione, murmura-t-il. Tu veux être belle pour moi et rein que pour moi. Tu veux que je te trouve belle, ce que tu sais être la vérité, et tu te moques de l'avis des autres personnes, qu'ils soient garçons ou filles. J'ai bien peur de ne pas voir où est le problème Hermione, finit-il en déposant un baiser sur sa joue.

Lentement, il vit Hermione relever son visage vers lui et il fut soulagé de voir un petit sourire timide sur ses lèvres. Ils se regardèrent dans les yeux pendant un long moment, puis Hermione l'attira à elle pour l'embrasser.

-Je t'aime Harry, dit-elle simplement quand ils se furent séparés.

-Moi aussi Hermione, n'en doute jamais, répondit-il en la menant vers la sortie de la classe. Nous devrions aller en Métamorphose. Je ne pense pas que la relative faiblesse de Mac Gonnagall à notre égard aille jusqu'à nous autoriser à être en retard en cours.