Merci à tous ceux qui m'ont laissé un commentaire ( fan-de-manga et Worz) qui m'ont fait plaisir ! C'est important d'avoir un avis du public ! Un des derniers chapitres pour vous, mais il n'est pas sûr que ce soit la fin des aventures de Glaster ... Enjoy !
Chapitre 20 : Le Vainqueur
Je me réveille dans une grande chambre blanche. Mon premier geste est de vouloir fuir, sentant encore là une machination des Juges, mais je suis bloqué par des lanières de cuirs. Ont-ils peurs que je m'enfuie ? Le blanc éclatant de cette pièce est troublant presque hypnotique. Je suis à l'hôpital, et je suis en vie. Bon le bras transpercé par de nombreux tubes transparents, mais en vie quand même.
J'ai gagné les Jeux.
Je n'arrive pas à me faire à cette étrange idée. Parce que franchement, je sais que je n'y croyais pas moi-même.
Mon premier geste et de m'inspecter le corps et je découvre que toute trace de cicatrices a disparue ! Et je trouve ma peau légèrement plus foncée que d'habitude.
Un pan de mur s'ouvre pour laisser place à un Muet, complètement chauve, un plateau à la main. Enfin de la nourriture ! Mais la portion est très réduite, et je me rappelle qu'il y a au moins une semaine entre la victoire finale et les différentes cérémonies. Donc je ne sais pas depuis combien de temps, je suis dans cette foutue chambre d'hôpital. Ils suivent un espèce de protocole pour que nous soyons « présentables » lors de la retransmission des Jeux et de l'interview finale. Je pense que ce sera plus dur que de tuer quelqu'un que de faire face à toutes les horreurs qu'on a commises. Je vais devoir revoir tous ce que j'ai fait, et chaque mise à mort des tributs. Mais d'un côté, je suis assez curieux de savoir ce qu'il s'est passé pour les autres. Borvo, Ivory, Annabeth. Ces noms tournent dans ma tête mais pour eux il n'y a plus que Glaster Stevenson, vainqueur des soixante-sixième Hunger Games. Tu parles c'est bien des conneries tout ça. J'avale mon déjeuner en toute vitesse, comme si je n'avais pas mangé depuis un siècle. Mais dès la dernière bouchée avalée, je sens un liquide froid me parcourir le corps et je sombre dans l'inconscient.
Ce processus se répète plusieurs fois, un Muet vient m'apporter à manger, je mange et je suis tout de suite rendormi par des produits. Finalement, un jour, je vois que je ne suis plus attaché à mon lit. Je dois donc devoir me lever et affronter mon destin.
J'ai peur d'avoir du mal à me lever mais bizarrement, mes jambes sont fermes. Les médicaments du Capitole font de véritables miracles, mon corps n'a même plus souvenir des Jeux. J'arrache mon peignoir de papier et je me fais face dans la glace en face de mon lit, complètement nu. Je vois que j'ai perdu beaucoup de kilos et que l'on peut voir mes côtes qui se dessinent sur mes côtés. Mes cheveux ont repoussé et ne semblent même pas avoir souffert pendant les Jeux. Mon nez semble changé, je le touche et je remarque qu'il n'est plus aussi gros qu'avant. Qu'est-ce qu'ils ont fait à mon corps ? Des opérations pour me rendre plus désirables ? Cela me dégoûte et cette forte envie de vomir revient.
Sans attendre, je trouve les vêtements que je dois mettre : ceux de l'arène. Je les dévisage pendant un long moment, comme s'ils étaient une menace pour moi. Je ne veux pas remettre ma tenue, je préfère y aller complètement nu. C'est ce que je m'apprête à faire quand une voix retentit :
« Mr Stevenson, veuillez enfiler vos vêtements avant de quitter la pièce »
Je suis donc surveillé de près. Évidemment qu'il doit y avoir des caméras et d'autres trucs dans le genre. Bon, bah j'ai pas le choix. Avec une extrême lenteur, j'enfile mes sous-vêtements, mon short rouge et mon débardeur moulant. Rien que sentir ces matières moulantes sur ma peau me donne la nausée. Mais bon, au moins je peux sortir. C'est alors que je remarque qu'il n'y a pas de portes apparentes. Et que je ne me souviens pas d'où est arrivé le Muet.
« Pouvez-vous ouvrir la porte ? » je déclare d'une voix paniquée, comme si j'étais pris au piège.
Un pan de mur s'écarte alors et je me précipite en dehors de ma chambre toute blanche. Le couloir est de la même couleur immaculée mais il n'y a personne. Je commence à avancer dans le grand couloir. Et si cela était encore un piège des Juges, que les Jeux n'étaient pas finis.
« Ohé, il y a quelqu'un ? » je hurle de toutes mes forces. Le rythme de mon cœur s'accélère, et je sens la sueur qui se forme sur mon front.
Soudain, une voix me répond. Je suis alors cette voix, en courant de toutes mes forces. J'arrive alors devant une grande pièce où je les vois tous. Lextor, Blight, Ambootia et Kimy. Ils sont en train de m'applaudir à tout rompre. Je tape le sprint et je me jette dans les bras de ma styliste. Je ne sais pas pourquoi elle mais je trouve du réconfort dans ces bras maigre qui me sert pourtant si fort.
« Tu as gagné ! S'écrie Kimy tout en pleurant comme une enfant
- Je savais que tu pouvais le faire, Glaster. Nous sommes très fiers de toi et tout le District Sept avec, m'accueille Blight, mon mentor
- Chéri, je savais que tu allais réussir, et merci car même si c'est interdit, j'ai misé toute ma fortune sur toi. Je suis maintenant encore plus riche que le Président Snow, murmure Ambootia très faiblement dans mon oreille. Cela me réconforte de savoir qu'ils ont cru en moi.
- Ne nous attardons pas, tu dois maintenant aller te faire beau avec ton équipe de préparation, déclare Lextor en jetant un coup d'œil à sa montre. Toujours le rabat-joie de service.
Ambootia m'accompagne alors jusqu'à l'ascenseur. L'hôpital est situé en dessous du terrain d'entraînement. Je monte, direction douzième étage pour me préparer.
« - Tu te souviens quand cette affreuse fille du Onze a finis par être éliminé par le gros costaud du Deux ?
Me revoilà entre les griffes acérées de mon équipe : Néron, Claudia et Cornélia.
- Oui oui, mais moi j'ai vraiment eu très peur lorsqu'il y a eu les météorites, déclare Cornélia d'une voix enfantine.
Ils sont tous en train de reparler des gens avec une telle excitation qui me dégoûte d'eux.. Au fond de moi, je sais que s'ils savaient la vérité sur nos conditions de vie et de notre manière de vivre les Jeux, ils ne seraient pas comme ça. Les premières victimes du Capitole, ce sont ses habitants eux-mêmes. Ils doivent être manipulés. Cela ne doit pas être trop dur vu leur niveau intellectuel. J'essaye de ne pas écouter les conneries qu'ils débitent.
Je ne bouge même pas quand ils me passent sous une douche brûlante. Je suis comme éteint, dans ce monde absurde. Ils m'appliquent une crème sur l'ensemble de la peau et commencent à me maquiller. Juste pour « faire ressortir mon regard ». Ils passent à mes cheveux qu'ils coiffent en brosse. C'est Néron qui dirige cette opération ardue, tout en me disant que depuis le début, il savait que j'allais gagner. Mon œil ouais ! Ils sont tellement ridicules.
Quand ils en ont finis avec moi, Ambootia arrive dans la chambre avec des habits sous le bras. Elle dit aux autres de sortir et je me retrouve seul avec cette prédatrice.
« - Glaster, tu veux voir la tenue que tu vas porter ?
- D'abord, je voudrais savoir ce qu'il est arrivé à mon nez.
Elle semble surprise par ma question.
- Euh, et bien, tu as juste subis une petite opération pour que tu sois encore plus beau.
- Putain, Ambootia, c'est quoi ces conneries ?
C'est la première fois que je lui parle comme ça, et vu son sourire, cela ne la dérange pas du tout.
- Tu sais Glaster, on n'a pas eu le choix. Tu sais ce qui t'attend de toute façon non ?
- Qu'est-ce que tu veux dire, je réponds d'une voix inquiète.
- La prostitution ! Tu crois qu'ils vont te laisser tranquille ! Tu es désiré par la moitié du Capitole qui rêve de t'avoir dans ton lit. Et à ta place, je ne résisterais pas. Lextor n'a pas voulu et il a perdu toute sa famille. Tu verras à quel point le Capitole est cruel.
Venant d'une capitolienne, c'est très étrange d'entendre ça. Je m'en doutais pour la prostitution, mais je ne pourrais jamais faire ça.
- Mais je ne pourrais jamais faire ça, je ne sais pas comment on fait, je lui avoue
- Tu apprendras bien assez tôt. Si tu as besoin de quelque chose pour surmonter le coup, appelle moi. Beaucoup de vainqueurs en ont besoins, et je connais beaucoup de monde.
Drogues en tout genre c'est ça ? Est-ce que je devrais en arriver à ce point ? Je commence à me dire que j'aurais mieux fait de mourir sur ce rocher, plutôt que de revenir.
- Assez parlé de ça, voici ta tenue !
C'est un costume noir avec une chemise blanche et un nœud papillon bleu roi. Il y a seulement mes chaussures qui sont en or qui ressortent de cet ensemble sobre, je ne fais pas remarquer à ma styliste que je les trouve tout à fait horribles. Vaut mieux que je reste en bons termes avec ma styliste car je sais que ma victoire est en partie grâce à elle. Je suis fait prêt maintenant.
On m'emmène jusqu'au niveau où nous avons suivi notre entraînement, où juste au-dessus ce trouve la scène qui servira pour la retransmission des Jeux. Tout cela est très codifié. D'abord les préparateurs, ma styliste, Blight et moi. Je serais propulsé sur scène par une plaque métallique, qui n'est pas sans rappeler les tubes de lancement du premier jour des Hunger Games. J'entends la foule qui hurle et crie mon nom. C'est un sentiment très étrange de se sentir acclamer mais de savoir qu'on ne le mérite pas. Dans l'obscurité, le stress monte en moi. Je n'ai qu'une hâte : revenir au District, et laisser tout ça derrière moi. Mais jamais je ne pourrais oublier.
L'hymne de Panem résonne alors : l'émission commence. Caesar Flickerman salue la foule et parle pendant quelques instants. Il rappelle en gros que j'ai gagné alors que je n'étais pas un favori et que j'ai fait preuve de courage, honneur et de force. Toutes les conneries habituelles qu'on nous sert chaque année.
On appelle alors mon équipe de préparation. Ils doivent être aux anges de pouvoir crâner devant tout Panem, j'imagine que c'est le plus beau jour de leur vie. Vient ensuite Kimy qui est très applaudie et pendant longtemps. Elle connaît pas mal de gens au Capitole, d'après ce qu'elle m'a dit. Et puis elle doit savoir qu'elle sera peut-être mutée dans un District de Carrière, car elle a vraiment fait du bon boulot, je suppose. C'est elle qui s'est occupé de me trouver des sponsors avec Blight et sûrement Lextor qui a dû essayer d'aider. En même temps, Agatha ne lui a pas donné trop de travail. Ensuite Ambootia qui déclenche la folie dans la foule. Tout le monde connaît la styliste du District Sept, et son style particulier. Son ovation dure très longtemps, et je comprends que l'avoir avec moi a été un plus durant les Jeux.
C'est au tour de Blight. C'est la première fois qu'il ramène un tribut. Il doit être soulagé de se dire qu'au moins une fois, il aura réussi à avoir un vainqueur. Je me rend compte alors que je suis devenu un mentor, et qu'à mon tour je vais devoir coacher les tributs. Et affronter leurs morts à l'écran, je rejette cette pensée, je suis déjà assez angoissé comme ça. Blight est très applaudi lui aussi mais moins que ma styliste. Après un moment, j'entends Caesar qui commence à m'introduire, et mon nom est clamé par un tonnerre humain.
La plaque métallique s'élève alors dans les airs et je suis aveuglé par les lumières vives et le brouhaha de la foule en délire. J'entends mon nom qui est scandé comme un slogan. Je suis grisé, et je salue alors la foule avec ma main droite. Celle-ci redouble d'applaudissements. Tout ça juste pour moi ! J'envoie des baisers dans la foule. Ce n'est tellement pas moi ! J'ai l'impression de jouer un rôle. Mais c'est plus facile de faire ça que de s'exprimer sur ce que j'ai ressenti pendant les Jeux de la faim.
Caesar m'indique alors un trône doré, qui a l'air très confortable, et me donne un air royal. Je m'assois dessus et la foule explose une nouvelle fois en applaudissements.
« - Bonsoir Panem ! Hurle Caesar
La foule rugit comme un lion, et fait trembler littéralement le sol.
- Nous sommes honorés de recevoir le tout nouveau vainqueur des soixante-sixième Hunger Games : Glaster Stevenson !
Une nouvelle fois, je salue la foule tout en restant assis. On dirait vraiment que je suis leur roi, ou quelque chose comme ça.
- Puisse le sort vous être favorable, scande Caesar, bientôt repris par la foule en délire.
Les lumières s'éteignent et la retransmission des Jeux commence.
