Vous pensiez que j'étais morte, que je ne posterai jamais la suite, que j'allais vous laisser sur votre faim ! Mais vous vous trompiez, parce que je suis de retour ! Avec beaucoup de retard, j'en suis consciente, mais vous l'avez compris, le temps me manque cette année x) J'étais en vacances ces deux dernières semaines, j'aurais pu poster c'est vrai, mais avant j'avais des modifications à apporter à cette fiction. J'ai décidé de changer la fin et quelques passages, pour essayer d'apporter un peu plus de 'surprises'. Je ne veux pas que vous lisiez ma fiction en vous disant 'j'en étais sûr !'. Ca m'a donc pris un peu de temps !

Je vous laisse maintenant à votre lecture, j'espère que vous aimerez !

21

A vrai dire, si, je me suis déjà posée la question. Quand j'ai appris que les loups-garous existaient, je me suis demandée pendant un moment si d'autres créatures surnaturelles pouvaient être réelles, mais j'ai vite préféré ne pas me poser de questions. Et comme il n'en a jamais reparlé, je dois avouer que je n'y ai plus prêtée attention.

Maintenant qu'il me dit ceci, je suis morte de trouille, parce que je me rends compte que les loups-garous ne sont pas les seuls à exister. Et je n'ose pas imaginer qui sont les autres, et pourquoi est-ce que nous devons en être protégé.

Jacob me dévisage comme s'il attendait une réponse, mais je suis incapable d'émettre une parole sensée en ce moment même. Alors, c'est lui qui finit par reprendre la parole.

-Je t'ai déjà dit que les légendes Quileute sont vraies. Mais pas seulement. Quand tu as lu le livre, tu as compris que nous avons été crée afin de protéger la tribu des dangers extérieures, ce qui signifiait protéger la tribu des attaques des tribus ennemies. Nous étions craints, personne ne pouvait nous attaquer parce qu'ils savaient que des forces obscures nous protégeaient. Mais nous avons fini par devoir nous protéger d'autre chose. Des hommes et des femmes qui marchaient dans la forêt, blanc comme la neige, avec des yeux rouges sang. Au début, la tribu se demanda ce qu'ils étaient, mais ils finirent par comprendre quand des enfants de la tribu disparurent et furent retrouvés vidés de leur sang dans la forêt. Ils les surnommèrent les buveurs de sang, et la meute se chargea de les chasser. Depuis ce temps-là, si des buveurs de sang reviennent dans les parages, la meute se reforme afin de les tuer ou de les faire fuir, afin de protéger la tribu mais aussi tous les habitants de cette ville.

La voix de Jacob s'éteint, et il cherche mon regard pour guetter mon expression. Je le regarde d'abord sans comprendre, puis ses paroles finissent par s'intégrer dans mon esprit.

-Des vampires.

Jacob hoche la tête doucement. Je repense à toutes ces morts, il y a des mois. Tout le monde pensait que c'était des animaux sauvages, j'avais même pensé pendant un temps que les loups-garous étaient les meurtriers. Mais je m'étais trompée sur toute la ligne. Des vampires. Des vampires étaient venus à Forks. Quand j'avais cherché à comprendre ce qu'était Jacob, j'avais cherché des informations sur ces buveurs de sang à la peau pale, aux yeux pourpres et aux crocs acérés qui se nourrissent du sang des humains. J'ai vu tellement de films, lu tellement d'histoires à ce propos. Et ils existent réellement.

Je ne suis pas si surprise que ça, en fin de compte. Quand j'ai appris ce qu'étaient les Quileute, j'ai déjà compris que le monde dans lequel je vivais était en partie faux, alors il n'est pas si étonnant que les loups-garous ne soient pas les seuls êtres mystiques. Mais imaginer des vampires à Forks n'est pas si évident.

-Alors, les randonneurs disparus ou morts, c'était eux ? Et vous, vous êtes chargé de protéger la population ?

-Ils sont arrivés il y a deux ans. Deux vampires, qui ont commencé à chasser dans la forêt. Sam a failli être leur première victime. Il se trouvait dans la forêt, et il s'est retrouvé face à un vampire. Il a réussi à s'enfuir, je ne sais pas par quel miracle. Ils ont du sentir qu'il était un Quileute. Peu après il s'est transformé. C'est là qu'on nous a expliqué que les légendes étaient réelles. On a appris que la meute se reformait dès que des créatures surnaturelles faisaient leur apparition à Forks. Mon arrière grand-père s'était transformé quand des vampires ont attaqué la réserve.

-C'est… c'est pour ça que Sam est devenu l'Alpha.

-J'étais trop jeune, acquiesce Jacob. Mais ce n'est pas par hasard que Sam a été choisi. C'est parce qu'il a été le premier en contact avec un vampire. Quand il a fini par accepter ce qu'il était et que d'autres jeunes se sont transformés, ils ont chassé les deux intrus, qui avaient déjà laissé des morts derrière eux.

-Et ils sont revenus.

-Peu après ton arrivée oui. Les mêmes. Ils ont prétexté que la zone était vraiment agréable avec la forêt et les randonneurs, mais ils ne s'attendaient pas à ce que la meute se soit agrandie. On a mis un moment à les chasser parce qu'ils se cachaient. Quand on les a enfin retrouvé, on avait décidé de les tuer, pour être sûr qu'ils ne reviendraient jamais.

-Et… vous l'avez fait ?

-Un seul. C'est… c'est moi qui l'ai tué.

J'écarquille les yeux. Jacob a tué quelqu'un. Un être dangereux, certes, mais l'imaginer en train de tuer me donne des frissons. Un vampire, qui plus est. Je n'ose même pas imaginer le bain de sang.

-L'autre s'est enfui, et je pense qu'il ne remettra plus les pieds ici.

-D'accord… Pourquoi… pourquoi la meute a continué à se former, si les vampires ne sont plus là ?

-Une fois que le processus a commencé, il ne s'arrête plus tant que la meute ne s'est pas entièrement reformée, ce qui compte parfois jusqu'à une trentaine de loups. C'est en train de ralentir, cependant. Il y a de moins en moins de transformations, la dernière en date était Dan et c'était il y a déjà un moment. On commence à penser que ça va s'arrêter, parce que les vampires ne sont plus là et que nous sommes déjà très nombreux. Ca va, Bella ? Tu es toute pale.

-Non, ça va, c'est juste… il faut que je… pourquoi tu ne me l'as pas dit ?

-Regarde, aujourd'hui, tu réagis plutôt calmement, mais est-ce que tu aurais été dans le même état quelques mois plus tôt ?

-Non...

J'aurais certainement pris mes jambes à mon cou en apprenant que des vampires attaquaient la population. Cette soirée m'a vraiment ouvert les yeux. Je sais désormais pourquoi la meute s'est réellement formée. Jacob avait essayé de me faire croire à un simple hasard, mais c'est bien plus compliqué que ça. Je sais aussi pourquoi son père me déteste autant, et pourquoi certains loups ont autant de mal à accepter que je sois avec Jacob.

-La meute se reforme souvent ? Enfin, les vampires viennent souvent jusqu'ici ?

-Plus que dans les autres villes d'Amérique, oui. Parce que nous sommes au bord de la forêt, ce qui leur permet de se cacher facilement, et parce que de nombreuses personnes s'aventurent dans les bois. Les vampires font tout pour que les humains ne connaissent par leur existence. Ils évitent la plupart du temps de tuer dans les villes même. Les bois, c'est un bon prétexte pour des animaux sauvages.

-C'est pour ça que ton père est si inquiet pour la meute, qu'il ne veut pas tu sois avec moi…

-Il pense que notre relation pourrait débuter la fin de la meute… Je n'y crois pas, mais il en est persuadé… et si la meute disparaît…

-Plus de protection contre les vampires.

-Oui, mais il ne tient pas compte des autres tribus amérindiennes qui portent aussi ce gêne. Nous ne sommes pas condamnés à l'extinction si nous nous mêlons à l'extérieur. C'est plus une question de principe. Il s'imagine que nous sommes la seule meute des États-Unis. C'est vrai que les autres tribus n'ont plus de meute depuis longtemps, parce que les vampires ne s'aventurent pas là-bas. Écoute, tu ne dois pas t'inquiéter à propos de ça. Il finira bien par t'accepter.

Je ne sais pas qui il essaie de convaincre, mais je n'ai pas envie de m'éterniser sur ce sujet, parce que je sais que nous n'arriverons pas à nous mettre d'accord. Je le suis déjà reconnaissante de m'avoir enfin parlé de cette menace. A l'idée de vampires menaçant la ville, je frémis. Jacob le remarque tout de suite et pose des yeux inquiets sur moi.

-Ca va aller ?

Je hoche doucement la tête.

-Un peu trop d'informations et d'émotions pour la soirée, je crois, je réponds d'une voix calme.

Je ne sais pas vraiment comment je fais pour ne pas paniquer. Je viens d'apprendre en quelques heures que si Jacob et moi avons des enfants, nous détruirons la lignée des Alpha, et notre relation « moderne » pourrait entraîner la lente destruction d'une meute ayant pour dessein de protéger les humains de monstres assoiffés de sang. De quoi glacer le sang de n'importe qui. Pourtant, je me sens plutôt calme. Ou plutôt soulagée. J'ai souvent senti que Jacob ne me disait pas toute la vérité, et cette situation me pesait parfois.

-Plus de secrets, cette fois-ci ?

Jacob réfléchit un moment, et je commence à angoisser à l'idée qu'une autre nouvelle risque de me tomber dessus.

-En fait, si.

Je me fige dans l'instant, espérant tenir le choc.

-Je déteste ton loup en peluche.

Ce n'est qu'en découvrant dans la semi-obscurité son petit sourire en coin que je réalise ce qu'il vient de dire, et je lui frappe l'épaule en laissant échapper un petit rire.

-Idiot, va ! En plus, tu dis toujours que tu le trouves mignon !

-Oui, parce que tu y tiens, mais il s'appelle Alpha ! Si c'est pas flippant ça !

Je hausse les épaules.

-Je dois avouer que c'est une coïncidence assez étrange.

-C'est peut-être le destin, propose Jake en fixant le ciel étoilé, annonçant une belle journée demain.

-Quoi, tu y crois ? je m'enquis.

C'est à son tour de hausser les épaules.

-Avant, non, mais quand je nous vois, je me dis que je me trompe peut-être. Peut-être qu'il était déjà écrit que nous nous rencontrions. Vu ta tête, tu n'y crois pas.

-Pas vraiment, j'avoue.

La musique me paraît soudain plus forte, et j'entends la baie vitrée glisser au même moment. Nous nous retournons en même temps sur les marches pour découvrir Embry, qui soupire de soulagement en nous voyant.

-Vous voilà. Ta voiture était encore là Jacob, et on vous trouvait pas, alors…

-On va bien, je lui assure.

Il nous regarde l'un après l'autre, comme s'il était en train d'évaluer si nous nous étions disputés ou non.

-Très bien. Vous comptez revenir, ou… ?

Jacob se tourne vers moi.

-Je ferais peut-être mieux de te ramener. La soirée a été riche en émotions.

J'acquiesce, ne rechignant pas. Je voudrais rester plus longtemps, mais je ne suis pas sûre de parvenir de nouveau à m'amuser après tout ce que je viens d'apprendre. De plus, avec mon mascara qui a coulé partout, je ne dois plus ressembler à grand-chose.

-D'accord, alors, rentrez bien. Je vais prévenir les autres que… que tout va bien.

-Embry ? je demande.

-Hum ?

-Tu pourrais remercier Emily pour la soirée ? C'était super.

-Pas de soucis. Bonne nuit !

Sur ce, il me fait un petit sourire avant de disparaître dans la maison.

-Embry n'aime pas les… situations gênantes, commente Jacob en se levant. Allez viens, allons-y. On va passer par le jardin.

Il me tend la main pour m'aider à me relever, et je la prends avec gratitude. Un éclair de soulagement passe dans ses yeux. Je devrais être énervée contre lui, mais je n'y arrive pas vraiment.

Il garde ma main dans la sienne en traversant le jardin, et je ne fais aucun geste pour la retirer. J'ai un mal de pieds atroce, et je ne suis pas sûre que j'arriverai à marcher correctement si il me lâche. En plus, même si avec l'émotion j'ai réussi à garder la tête claire pendant un moment, mes quelques verres de vin et de champagne commencent à se faire sentir. Je ne suis pas habituée à boire, et je me sens légèrement nauséeuse. Je n'arrive plus à réfléchir, l'esprit totalement embrumé.

Quand nous arrivons à la voiture, Jacob m'ouvre la portière, mais ce geste me paraît bien moins romantique qu'à notre arrivée. Je me laisse tomber sur le siège passager. Jacob monte en silence, et prend la route. Je fixe sans la voir la route devant nous.

-Tu es en colère ?

Sa voix qui brise le silence me fait tressaillir.

-Non, pas vraiment. Enfin, je suppose que tu aurais dû m'en parler plus tôt, mais…

Et voilà que se pointe un mal de tête. Je n'ai bu que quelques verres en tout, et je suis déjà bourrée.

-Mais ? insiste Jacob en voyant que je ne réponds pas, mais je ne sais déjà plus ce que je voulais dire.

-Mais je n'ai pas la foi d'être énervée. Après tout, tu m'as dit toute la vérité, n'est-ce pas ?

Ma langue est pâteuse, et les mots sortent difficilement.

-Oui.

Je repose la tête sur le siège, et fixe de nouveau la route. Il fait super chaud dans cette voiture, je commence à étouffer. J'ouvre légèrement la fenêtre pour avoir un peu d'air. Je vois du coin de l'œil que Jacob serre le volant. Il a l'air nerveux.

-Bella, s'il te plaît, ne sois pas si silencieuse. Ca me donne l'impression que tu es en colère contre moi…

-Excuse-moi, c'est juste que j'ai… un peu mal au crâne. Et chaud.

Je sens ses yeux se poser sur moi alors que je cherche de l'air à la fenêtre.

-Tu as bu combien de verres au juste ?

Je hausse les épaules.

-Pas tant que ça. Quelques verres de vin, et de champagne. J'ai pas trop l'habitude de boire.

-Je vois ça. Je vais me faire tuer par ton oncle.

-Roh, ça va, j'ai bien le droit de boire de temps en temps non ?

Une idée me traverse soudain l'esprit.

-Tu sais, quand tu as dit que tu préférais attendre parce que tu ne veux pas me faire de mal.

Il n'a pas l'air de suivre, car il fronce les sourcils.

-Pour coucher ensemble, je précise d'une voix forte. Tu penses qu'on devra attendre combien de temps ?

Là, il est carrément surpris, parce qu'il s'étouffe à moitié. A vrai dire, je suis aussi surprise que lui par ce que je viens de dire. Ca m'a paru une bonne idée sur le moment, mais maintenant je me rends compte à quel point c'était idiot. Non, hilarant en fait, puisque maintenant il se marre carrément.

-Qu'est-ce qu'il y a drôle ? je bougonne, et il redouble de rires.

-Bella bourrée, rien de plus marrant !

-Hé, mais je plaisante pas, je voudrais savoir, moi ! je proteste d'une voix de gamine de 5 ans.

Je sais qu'il faudrait que je me taise, mais j'ai la sensation que ma bouche est indépendante et s'ouvre toute seule, ce qui me frustre encore plus.

-Et après tu dis que tu n'es pas pressée, rigole-t-il. Je ne vais pas t'en tenir rigueur pour cette fois, tu as clairement trop bu ! Pourtant, tu semblais plutôt bien tout à l'heure.

Je hausse les épaules.

-C'est toutes ces révélations, ça m'a maintenu éveillée, je suppose. Tu n'as pas répondu.

-Tout à l'heure, tu t'inquiétais de savoir si j'en avais vraiment envie, et maintenant tu me demandes quand est-ce que je serai d'accord. J'ai un peu de mal à suivre.

Je marmonne, sachant pertinemment qu'il cherche à m'embrouiller, et il y arrive très bien.

-Si tu crois que j'arriverai à t'expliquer… Je trouve juste que c'est frustrant. C'est pas le garçon qui est sensé refuser !

-Ca, c'est super cliché, Bella.

La voiture s'arrête, et je remarque avec surprise que nous sommes arrivés. Frustrée, j'ouvre la portière et essaie de sortir de la voiture, mais talons + alcool + maladresse légendaire me font presque tomber, et je me raccroche comme je peux à la voiture, avant que Jacob ne vienne à ma rescousse. Il essaie de m'attraper par la taille, mais je le repousse.

-Quoi, tu ne vas pas bouder quand même ?

-Et pourquoi pas ?

-Attends, je t'apprends que des vampires ont tué des gens à Forks, et toi tu boudes parce que je… refuse de te faire l'amour ? Alors ça, c'est la meilleure !

Je suis consciente de l'idiotie de la situation, mais j'ai bien trop de fierté pour l'avouer.

-Je boude si je veux, je rétorque en m'éloignant vers la porte, et il éclate de rire.

Je marche doucement pour éviter de me casser la figure, mais Jacob est quand même obligé de me rattraper plusieurs fois, même si je le repousse à chaque fois. Sans lui, je n'aurais certainement jamais atteint la porte, qui s'ouvre d'ailleurs sur John.

-Oh, vous voilà. Je pensais que vous rentreriez plus tard.

-La faute à qui ? je marmonne en fusillant Jacob du regard, et je ne sais pas vraiment si je râle à cause de ses mensonges ou de mon petit caprice d'adolescente.

-On est rentré parce que Bella a un peu trop bu.

Alors là, j'ai clairement envie de le tuer ! John concentre tout de suite son attention sur moi.

-Sérieusement, Bella ? Pourtant tu le sais que tu n'as pas l'habitude !

-Jacob, je vais te tuer !

Je passe devant John pour entrer dans la maison, et découvre Mary qui arrive du salon.

-Hé ! Oh, Bella, t'as l'air… énervée.

-Bien sûr que je suis énervée ! Jacob raconte à tonton que j'ai trop bu, et en plus il refuse de…

Je m'arrête juste à temps, et me tourne instinctivement vers Jacob qui est rouge tomate et me supplie du regard de me taire.

-Refuse de ? insiste John.

Le rouge me monte aux joues, et j'espère qu'ils vont prendre ça pour l'alcool.

-Non, rien. Je crois que j'ai vraiment trop bu. Je… je vais aller me coucher.

-On en parlera demain, m'assure John.

-Ca va, je suis grande.

-Et tu n'as pas l'âge pour boire, dois-je te le rappeler ?

-Quoi, tu ne vas quand même pas leur attirer d'ennuis ? C'était un mariage quand même !

John marmonne mais sous un regard de sa femme ne dit rien de plus.

-Bonsoir Jacob, dit-il d'un ton sans appel.

-Je suis désolé Monsieur, j'aurais dû faire plus attention.

-Rejette pas la faute sur lui, je marmonne, remarquant que Jacob est passé de 'John' à 'Monsieur'.

-Je… je vais y aller. Bonne nuit Bella.

-Ouais, c'est ça, marmonne John en refermant la porte.

Puis il se tourne vers moi.

-Ca, c'était pas juste !

-Va dormir, tu as l'air vraiment mal.

-Je vais t'aider, propose Mary.

-Non, ça ira. Bonne nuit.

Je monte rapidement les escaliers (enfin le plus rapidement possible vu mon état), et quand j'arrive dans la chambre, Jacob est déjà là. J'avais laissé la fenêtre ouverte.

-Tu m'as dit bonne nuit, je pensais pas que tu viendrais.

Il hausse les épaules pour toute réponse, et je ne lui dis pas de partir. Je suis tellement habituée à sa présence que je préfère qu'il soit là désormais. Je m'attaque à la fermeture de ma robe, n'ayant pas la foi d'aller jusque dans la salle de bains.

-Euh, Bella…

-Ca va, je marmonne, t'as qu'à fermer les yeux.

Je ne sais pas s'il suit mon conseil, et à vrai dire je m'en fiche. Sauf que bien entendu, ma fermeture est bloquée, et je ne peux clairement pas appeler ma tante maintenant.

-Jake… j'appelle d'une voix lourde.

-Besoin d'aide ?

Donc, il n'a pas fermé les yeux. Je note. En effet, il s'avance déjà, et je me tourne pour lui exposer mon dos. Je sens enfin la fermeture de ma robe descendre. Il semble bien faire attention à ne pas toucher mon dos de ses mains.

-Tu pourrais m'aider pour les pinces dans mes cheveux aussi ? je demande.

Il marmonne dans sa barbe des mots que je ne comprends pas, mais je saisis 'fais exprès', 'torture'. Un sourire vient se coller sur mon visage. Quand je sens ses mains dans mes cheveux, une chaleur apaisante me traverse. Il enlève les épingles une par une pour défaire mon chignon, et enfin mes cheveux se libèrent dans mon dos. Je me tourne vers lui tout en enlevant ma robe. Il est bien là, les yeux ouverts, même grand ouverts. Il m'a déjà vu une fois en soutien gorge, et avec l'alcool, je ne ressens aucune gêne. Une fois la robe à mes pieds, je m'approche de lui langoureusement. Il esquisse un pas en arrière, mais je le retiens en pressant ma main contre sa nuque. J'essaie de capturer ses lèvres, mais je perçois tout de suite son refus.

-Tu crois vraiment que je vais t'embrasser dans cet état ?

-En fait, je n'ai pas juste envie que tu m'embrasses, je lui murmure à l'oreille.

Je le regarde droit dans les yeux, et passe mes mains sur ses hanches avant d'atteindre la ceinture de son jean. Quand je commence à essayer de défaire sa ceinture, il m'arrête tout de suite en capturant mes poignets entre ses mains. Je les ramène près de mon visage, mais il ne les lâche pas.

-Non, Bella, dit-il d'une voix claire.

-Tu n'as pas envie de moi, je proteste.

-Ne dis pas ça. Tu as trop bu, je ne me permettrai pas d'en profiter.

-Si j'avais pas bu, t'aurais accepté ?

-Déjà, tu n'aurais pas été si…

Il cherche ses mots, semble gêné, et je trouve ça trop mignon.

-Si quoi ?

-Entreprenante. Alors, maintenant, va sous la couette.

-Pourquoi ? Tu n'aimes pas me voir en sous-vêtements juste devant toi ? Tu as peur de ne pas résister à la tentation ?

Il grogne, et les papillons dans mon estomac se réveillent d'autant plus. Je sens dans ses yeux qu'il en meurt d'envie. Il s'oblige à ne pas baisser les yeux, à ne pas me regarder.

-Arrêtez ça, Isabelle Swan.

-Et pourquoi devrais-je vous obéir, Jacob Black ?

-Roh, c'est pas vrai…

Pendant un moment, je m'imagine qu'il va céder, mais au lieu de ça, il resserre sa poigne et me tire jusqu'au lit. Il lâche un de mes poignets pour ouvrir la couette, et me fait tomber sur le lit. J'essaie de l'entraîner avec moi, mais il se rattrape au bord du lit, lâche mon autre main, et referme la couette sur moi. J'essaie de me redresser, mais il est déjà accroupi devant le lit et me retient d'un bras sur la cage thoracique.

-Tu arrêtes et tu dors, me menace-t-il.

-Sinon quoi ?

-Bella… me supplie-t-il. Sinon, je m'en vais.

Il m'aurait balancé un seau d'eau sur la tête, j'aurais eu la même réaction. Tout désir s'échappe, et j'arrête d'essayer de me redresser. Une lueur espiègle s'allume dans son regard.

-Tu as peur que je parte, hein ?

-Ne pars pas, je demande.

Maintenant qu'il a réussi à me faire redescendre sur terre, mon mal de tête recommence, et j'ai la nausée. Je ferme un instant les yeux quand la chambre commence à tournoyer. Quand je les ouvre de nouveau, toute trace d'amusement a disparu de son visage. Il a l'air un peu plus inquiet.

-Ca va aller ?

-Promis, je ne bois plus de champagne, je marmonne. Tu… tu veux bien venir avec moi ?

-Tu ne vas pas me sauter dessus ?

-Promis, je soupire, honteuse de mon comportement depuis tout à l'heure.

Je soupire de soulagement quand Jacob éteint la lumière, et encore plus quand je le sens me rejoindre sous la couette. Il m'amène contre lui, et je remarque qu'il a enlevé son tee shirt. Sa peau brûlante m'assaille, et vite je me redresse, ne supportant pas la chaleur qu'il dégage, déjà que je bouillonne.

-Excuse-moi, mais j'ai trop chaud, je murmure.

-Je vais remettre mon tee shirt, ça ira mieux, m'assure-t-il.

En effet, c'est bien plus supportable. Mais je ne me blottis pas contre lui autant que d'habitude. J'ai simplement la joue appuyé contre son torse, et une de mes mains est sur son ventre. Nos pieds ne se touchent pas, comme j'avais l'habitude de le faire quand j'avais un peu plus froid. Jacob caresse doucement mes cheveux, ce qui me berce.

-Je t'aime, Bella.

Je voudrais répondre, mais j'ai la la langue bien trop pâteuse. Je ne dors pas, mais je me sens progressivement tomber, et je suis incapable d'ouvrir la bouche ou de lui faire comprendre que je l'ai entendu.

-J'ai… j'ai cru que j'allais te perdre, Bella, chuchote d'une voix si basse que j'ai du mal à l'entendre. Que c'était le mensonge de trop, que tu en aurais assez et que tu me laisserais tomber… Tu étais si énervée, et… j'ai été idiot de ne pas t'en parler avant. J'aurais pu te perdre avec mes bêtises…

Il parle si doucement qu'il pense certainement que je dors. Trop épuisée pour parler, je me contente de chercher sa main sous les draps. Je finis par attraper sa main et par la serrer du plus fort que je peux, pour essayer de lui transmettre ce que je ressens. Oui, moi aussi, je l'aime, et je ne le laisserai pas tomber à la moindre difficulté.


Quand les rayons du soleil qui entrent par la fenêtre ouverte me réveillent le lendemain matin, je me redresse difficilement, avec un gros mal de crâne. Première gueule de bois de ma vie, même avec le peu de verres que j'ai bu. Pathétique. Quand je repense au mariage, je me rappelle avec précision la cérémonie, le repas, la danse, puis tout ce qui s'est ensuivi, ces découvertes qui ont bouleversé le cours de la soirée, mais ce qui a suivi me paraît assez… embrumé. Je me rappelle être montée dans la voiture, puis être arrivée à la maison, et… Mon dieu, est-ce que j'ai vraiment boudée comme une gamine et failli lâché à mon oncle et ma tante ma frustration quant aux restrictions imposées par Jacob au sujet de notre relation ? Et est-ce que j'ai vraiment essayé de… allumer Jacob ? Rien que d'y penser, j'en suis rouge de honte. J'étais vraiment fatiguée et sous l'emprise de l'alcool.

Jacob n'est plus là, il a du s'enfuir au petit matin. Seul problème au fait que Jacob passe la nuit ici, c'est que je suis obligée de dormir avec les volets ouverts ce qui signifie plein de lumière le matin. Heureusement, Jacob essaie de tirer les rideaux quand il s'en va.

Je me lève et m'étire, essayant d'ignorer la douleur lancinante dans mes tempes. Quand je descends au salon, Mary est déjà dans la cuisine, préparant le déjeuner. Je fais enfin attention à l'heure.

-11h30 ! je m'exclame, surprise d'avoir dormi aussi longtemps et avec la lumière baignant dans la chambre.

Je n'ai jamais été dérangée par la lumière dans mon sommeil, mais de là à dormir si longtemps.

-C'est ce qui se passe quand on veut jouer aux adultes, me réprimande gentiment ma tante. Alors, dans quel état es-tu ?

Je m'appuie contre le plan de travail, ramenant mes cheveux en arrière qui n'arrêtent pas de me tomber sur le visage.

-Un peu mal au crâne…

-Tu m'étonnes. Bouge pas, je vais te chercher une aspirine. Ton oncle est dans les parages, sois gentille avec lui.

-Quoi, il est fâché ?

-En fait, il a appelé ton père ce matin.

Il me faut quelques secondes pour mesurer ses paroles.

-Quoi ! Mais pourquoi il a fait ça ?

Mary lève les bras pour m'apaiser.

-Pas pour lui parler de ta petite soirée. Ton père avait appelé il y a quelques jours et John a oublié de le rappeler, alors il l'a fait ce matin.

-Il lui a parlé du mariage, c'est ça ?

-Pas du fait que tu aies trop bu, précise-t-elle, mais cela n'enlève rien à ma frustration.

-Mais pourquoi ? Il sait très bien que papa n'aime pas les Quileute !

-Ton père veut que tu le rappelles. Ils se sont un peu disputés, alors, vas-y mollo avec ton oncle…

-Disputés ? Pour le mariage ?

Elle semble hésiter à me répondre, et cela m'énerve encore plus.

-Je n'en sais trop rien.

-Moi, je le sais. Papa ne veut pas que je les fréquente, et quand je l'appellerai il va me refaire son discours !

Je n'ai aucune envie de l'appeler. Je n'ai aucune envie qu'il me fasse de nouvelles remarques sur ma relation avec Jacob. Comme si on n'avait pas déjà assez de soucis avec la meute, la tribu et le père de Jake !

-Appelle-le, me demande Mary comme si elle lisait dans mes pensées.

-Pas tout de suite, j'ai trop mal au crâne. Ce soir peut-être.

Elle semble à peu près satisfaite de ma réponse parce qu'elle sort enfin chercher mon aspirine. Quand elle revient, John est avec elle. Effectivement, il semble de mauvais humeur.

-Le mariage était bien ? me demande-t-il les dents serrés.

Je repense à la fin de la soirée, quand j'ai appris l'existence des vampires.

-Super, je réponds à la place. La cérémonie était sublime, et il y avait une bonne ambiance. Et tout le monde a été très gentil.

-Pas… de regards en coin de la part des Quileute ? insiste-t-il alors que Mary me tend le sachet d'aspirine.

-Non, pas vraiment. J'ai vraiment passé une agréable soirée. Peut-être que tu aurais mieux fait d'attendre que je te dise ça avant d'appeler Charlie, tu aurais pu le rassurer.

Il grimace aussitôt, et Mary me lance un regard noir, mais je n'ai pas pu m'en empêcher.

-Écoute, je me doute que tu n'es pas contente que je lui en ai parlé, mais je joue sur deux bords différents. Je ne suis pas d'accord avec ton père, mais je lui ai promis de le tenir au courant de tout ça.

Je comprends son dilemme, mais cela ne le rend pas plus supportable pour autant. Ce n'est pas lui qui risque de se disputer avec Charlie toute la soirée.

Quand l'heure du déjeuner arrive, je suis toujours autant sur les nerfs. En plus, je n'ai pas eu de nouvelles de Jacob. Je pensais qu'il m'enverrait un message pour prendre de mes nouvelles, mais rien. Il doit être occupé avec la meute. Sous forme lupine, il ne peut clairement pas m'envoyer de messages.

C'est au cours du repas, alors que Mary et John discutent comme si de rien n'était, que je n'arrive plus à me retenir :

-Est-ce que vous allez me dire un jour pourquoi papa déteste les Quileute ?

Immédiatement, la température diminue de quelques degrés dans la pièce, et le raclement des couverts s'arrête. Rien que ça, ça m'énerve.

-Visiblement, non.

-Ce n'est pas à nous de te parler de ça, ma chérie, dit doucement Mary.

-Sauf que Charlie ne m'en parlera jamais.

-Arrête de l'appeler par son prénom, demande John.

Je serre ma fourchette avec force.

-C'est ton père, me rappelle Mary.

-C'est une habitude. Pourquoi est-ce que tu essaies d'éviter la question, tonton ?

J'insiste bien sur le dernier mot, ce qui le fait grimacer parce que je n'ai pas non plus pour habitude de l'appeler comme ça.

-Je n'aime pas ton ton, Bella, rétorque-t-il. Je comprends ta colère, mais c'est entre ton père et toi. S'il ne veut pas te parler de ça, c'est son choix.

-Et pourquoi je n'aurai pas mon mot à dire ?

Je ne comprends pas pourquoi John est si irrité. D'habitude, il est bien plus compatissant. Sa conversation avec mon père a du bien plus le secouer que je pensais. Je me demande pourquoi ce mariage soulève autant de problèmes.

-Et ne répondez pas 'tu comprendras plus tard', je vous en supplie.

Ils reprennent leur fourchette et continuent de manger, plus que gênés, ce qui alimente d'autant plus ma colère.

-Je suppose que j'aurai droit au même mur ce soir quand j'appellerai Charlie.

-Ca suffit, Bella, me rabroue John comme une petite fille. Si tu crois que c'est facile.

-Mais justement ! Je ne sais rien, c'est bien ça qui me rend folle !

Je repose brutalement mes couverts.

-Vous savez quoi, j'ai plus faim, je vais aller faire un tour.

Je me lève, et Mary essaie de me retenir, mais elle comprend d'un simple regard que je n'ai plus envie de discuter. Je monte dans ma chambre chercher mon téléphone avant de sortir dans le jardin. J'appelle Jacob, et cette fois-ci il répond presque immédiatement.

-Je voulais justement te rappeler. Désolé, j'étais avec la meute puis on a déjeuné chez Emily.

-Pas de soucis, je me doutais que t'étais occupé.

-Alors, tu te sens à peu près bien ?

-Après une bonne aspirine, ça va mieux, oui.

-T'es sûre ? T'as l'air sur les nerfs.

Jacob et sa maudite manière de détecter les émotions des gens autour de lui.

-Oh, c'est rien, encore mon père.

-Ah. Il t'a appelé ?

-Non, mais ça ne saurait tarder. Il a appris pour le mariage.

-Je vois… Tu veux passer à la maison avant de l'avoir au téléphone ?

-Je veux pas déranger.

-Tu ne déranges jamais, Bella. Je suis encore avec les autres, mais je pars bientôt. On peut se rejoindre à la maison.

-Et, ton père ?

-T'inquiète, il est pas là.


Je gare ma camionnette devant chez Jacob et pars toquer à la porte. Il est certainement arrivé avant moi, même en partant après. En effet, j'entends le parquet grincer dans la maison. La porte s'ouvre, mais je suis obligée de baisser les yeux pour découvrir Billy Black sur son fauteuil roulant. J'en reste coi. Je cherche désespérément Jacob des yeux, mais il n'est clairement pas encore là.

-Bonjour.

Je frémis.

-Bonjour monsieur Black. Je ne voulais pas vous déranger, je pensais que Jacob était arrivé. Je pensais que la maison serait vide.

Il me lorgne quelques instants.

-Je suis rentré plus tôt que prévu. Tu veux entrer ?

Je ne sais pas si je dois le remercier d'essayer d'être agréable, alors qu'il doit certainement me haïr plus que tout.

-Je ne voudrais pas vous déranger, je peux attendre dehors.

-Non, entre. On devrait peut-être discuter tous les deux.

Sur ce, il ne me laisse pas vraiment le choix et fait demi tour pour disparaître dans la maison. Je déglutis, et décide de prendre mon courage à deux mains. Je suis encore un peu énervée par ma dispute avec John, mais bon, il faut que j'essaie de mettre les choses au clair.

Quand je referme la porte derrière moi, j'ai l'impression de m'être jetée dans la gueule du loup. Pitié, Jacob, dépêche toi, je supplie intérieurement. Billy est en train de servir du jus de fruits dans deux verres sur la table basse. Je décide de prendre le taureau par les cornes afin d'éviter tout malaise.

-Vous avez certainement de nombreuses raisons de me détester…

Il lève la main pour me couper.

-Je t'en prie, prends ton verre et assieds-toi.

J'obéis, parce que je n'ai pas envie de le froisser davantage. Son calme me fait un peu peur, je dois l'avouer.

-Est-ce que le mariage t'a plu ?

-Oui… Oui, c'était vraiment très bien.

-Les membres de la tribu n'ont pas été trop durs avec toi ?

-Eh bien, non, loin de là.

Il me dévisage, semblant sceptique.

-Tu lui ressembles beaucoup, lâche-t-il.

Perplexe, je fronce les sourcils.

-A qui ça ? Mon père ? Vous le connaissez ?

C'est à son tour de froncer les sourcils. Il semble hésiter à parler, et je ne sais pas ce que je suis sensé lui dire. Et si il connaissait mon père, et qu'il y avait vraiment un problème entre eux, ce qui expliquerait pourquoi Charlie déteste autant les Quileute ? Je ne crois pas avoir déjà parlé à Charlie du père de Jacob. Ni de son nom de famille. Cette pensée me fait frémir.

-Pourquoi es-tu venue ici, Bella ?

Je m'attendais à tout, sauf à ça.

-Je parle de Forks. Venir habiter à Forks.

-Jacob vous en a déjà peut-être parlé. Je voulais m'éloigner de Phoenix, donner un peu plus de liberté à mon père. Sérieusement, vous le connaissez ?

-Oui, je le connais, répond-il simplement.

Je voudrais le supplier de me donner plus de détails, mais il ne semble pas prêt à m'en donner.

-Je sais ce que tu essaies de faire.

-Je… je vous demande pardon ?

-Venir à Forks, t'approcher de mon fils, faire en sorte de sortir avec lui… Je suppose que ce n'est qu'une question de vengeance.

Alors là, je suis plus que perdue.

-Je…

-Je ne t'en veux pas, à vrai dire, me coupe-t-il. Je suis juste étonné que tu ne sois pas venu me parler plus tôt. Je pensais que tu viendrais me demander des explications bien avant. Et pas qu'à moi d'ailleurs. Je suis vraiment étonné que tu ne sois pas allée les voir.

-Mais… de qui parlez-vous ? Attendez, vous pensez que… que je suis avec Jacob pour une raison bien précise ?

-Ne joue pas à ça avec moi. Je vois clair dans ton jeu.

Des flammes de colère semblent danser dans ses yeux.

-Je ne suis pas idiot. Pourquoi reviendrais-tu à Forks pour une autre raison ?

-Mais pour quelle raison ? je rétorque, m'impatientant. J'aime Jacob, il n'y a rien de plus !

Il semble enfin un peu déstabilisé par mes paroles.

-Si tu dis vrai, alors c'est ton père qui a été idiot de te laisser revenir.

-Mais quel rapport avec mon père !

-Soit tu es très bonne comédienne, soit tu ne sais vraiment rien… murmure-t-il, soudain pensif.

Je frémis. Qu'est-ce qu'il veut dire par là ? Qu'est-ce qu'il a à avoir avec mon père ? Est-ce qu'ils ont… un différend ?

-Écoutez, je… je ne comprends rien à ce que vous dîtes, mais vous vous trompez. Si vous avez un problème avec mon père, je… je ne sais rien de tout ça. Je sais que vous ne m'aimez pas, que vous ne pouvez pas accepter que j'ai un avenir avec Jacob, mais… J'ai cru comprendre que quelque chose opposait mon père à votre tribu, mais je ne suis pas au courant de ce que c'est. D'ailleurs, si vous pouviez m'éclairer...

-J'ai du mal à y croire, me coupe-t-il. Tu veux vraiment me faire croire que tu traînes autour des Quileute sans raison particulière ? insiste-t-il, les yeux plissés.

Là, il me fait carrément peur, avec ces histoires de raison et de mensonges. J'ai tout de suite très envie d'appeler mon père, et de lui hurler dessus jusqu'à ce qu'il m'explique enfin quel est le problème !

La porte s'ouvre soudainement, me faisant sursauter. Je me lève d'un bond pour découvrir Jacob sur le pas de la porte. Son regard se pose sur moi, et ce qu'il doit voir sur mon visage doit le troubler parce qu'il se tourne immédiatement vers son père :

-Qu'est-ce que tu lui as dit, papa ?

-Bella et moi discutions. De choses privées. Mais je suppose que nous avions fini.

Je me tourne vers lui, les yeux toujours écarquillés.

-Qu'est-ce que… ?

-Non, ça va, je le calme de la main. Je… On devrait y aller, Jake. Bo… Bonne journée, monsieur, je balbutie avant de tourner les talons brusquement.

Je cours quasiment jusqu'à la porte, suffoquant presque dans cette pièce. Quand l'air de l'extérieur entre enfin en contact avec mon visage, je pousse enfin le soupir que je retenais depuis un moment. La porte se referme derrière moi.

-Ca va ? me demande Jacob. Je suis désolé, je ne pensais pas qu'il était là.

-Je crois que le fait qu'il me déteste va bien plus loin que ce dont on a parlé hier soir, je balbutie.

-Qu'est-ce qu'il t'a dit ?

-Est-ce qu'on peut aller marcher ?

Je descends les marches de la terrasse sans attendre sa réponse et m'engage sur le petit sentier qui mène à son garage et à la forêt. Jacob marche à côté de moi, et je le remercie de ne pas insister davantage. J'essaie de démêler les paroles de Billy, mais je n'y comprends décidément rien. Arrivés au garage, je tourne vers la forêt.

-Est-ce qu'on peut rejoindre la clairière par ici ?

-Oui. A droite.

Je suis ses instructions.

-S'il te plaît, Bella…

-Oui, excuse-moi. J'essaie juste de comprendre ce que ton père m'a dit.

-Et... tu y arrives ?

-Absolument pas. C'était très étrange.

J'essaie de lui répéter au mieux les paroles de Billy, et il est aussi surpris que moi.

-Alors, quoi, il pense que tu es venu à Forks pour une raison particulière ?

-Apparemment, oui. Ca a un lien avec mon père, qui plus est. Décidément, il faut que j'ai une conversation avec lui.

-Tu crois qu'il acceptera de t'en dire plus ?

-Franchement ? Non.

-Si tu lui parles de mon père, peut-être que…

-Même pas en rêve. Il flippe déjà assez comme ça, si je lui dis que ton père m'a fait des sortes de menaces à double sens, je ne vais faire qu'empirer les choses.

Nous ne sommes pas arrivés jusqu'à la clairière, mais je m'arrête quand même et avisant un gros rocher, m'installe dessus.

-Avec tout ça, je ne t'ai même pas dit bonjour, je dis lorsqu'il me rejoint.

Je me penche vers lui pour l'embrasser, et le contact de ses lèvres contre les miennes me fait oublier pendant un instant cette journée chaotique. Une parenthèse enchantée, je pourrais dire. Lorsque relâche ses lèvres, Jacob m'attire contre lui, et j'inspire son odeur avec délice, m'abandonnant entre ses bras.

-Il y a forcément une explication aux comportements étranges de nos pères.

-Oui, mais ils ne semblent pas décidés ni l'un ni l'autre à s'expliquer… je soupire.

Nous passons le reste de l'après-midi dans les bois, sans rejoindre la clairière. Nous évitons le plus possible de parler de nos pères respectifs, et je lui demande plutôt de me parler des vampires. Il répond à mes questions avec plaisir, content de pouvoir enfin se libérer de tout ça. J'apprends que les vampires ne sont pas tous des tueurs. Certains vampires se rassemblent en clans et se disent végétariens, ce qui signifie dans leur jargon qu'ils ne se nourrissent que de sang animal. Il m'explique qu'un clan de vampires a déjà élu domicile dans la région il y a de ça plusieurs décennies, à l'époque de la meute de son arrière grand-père. Ils avaient même réussi à s'allier pendant un moment pour lutter contre d'autres vampires qui eux ne voulaient causer que mort et destruction. Ils avaient établi un pacte avec la famille Cullen, leur interdisant de s'approcher de trop près des humains et les obligeant à lutter contre des tueurs s'ils voulaient rester dans la région. Ils avaient fini par repartir pour s'installer dans une autre région, avant que des rumeurs ne circulent à leur sujet, surtout sur les adolescents qui venaient au lycée mais qui ne vieillissaient pas. J'essayais d'imaginer une telle vie. Être transformé à un âge précis, et ne plus jamais vieillir. Être condamnée à me nourrir de sang, à ne jamais dormir, jamais pleurer. Jacob m'a donné le plus d'informations possibles à leur sujet. Leur déplacement si rapides qu'on ne les voit qu'en coup de vent, leur ouïe et leur odorat sur-développé comme celui des loups-garous, leur peau brillante comme des diamants au soleil, leur peau blafarde, leur physique si parfait et leur visage d'ange. La panoplie parfaite pour attirer les proies. A l'inverse des loups-garous, ils paraissent plutôt frêle et faible avec leur peau si pale, mais en réalité leur force est surhumaine. Jacob m'a également confié qu'ils ont généralement besoin de plusieurs loups-garous pour venir à bout d'un seul vampire tellement ils sont forts et rapides.

Une description plutôt morbide en fin de compte, si on y ajoute le fait que le seul moyen de les tuer est de leur arracher la tête et de les faire brûler.

Avant de rentrer, je lui demande si je peux appeler mon père avec lui. Je n'ai aucune envie de me disputer avec lui à la maison, ce qui s'enchaînerait par une dispute certaine avec John. Je m'installe donc dans son garage, alors que Jacob bricole sur sa moto et prévoit de nettoyer sa voiture.

Il répond au bout d'une sonnerie seulement, alors que j'espérais intérieurement tomber sur sa messagerie.

-Allo ?

-Salut papa.

-Oh, Bella ! Ca fait longtemps, dis donc.

-Oui, excuse-moi, j'étais pas mal occupée ces derniers temps. Comment tu vas ?

-Plutôt bien, on est pas loin de toi en ce moment. On pensait peut-être venir faire un petit coucou.

-On ?

-Avec Vero, enfin !

-Ah, oui. Pourquoi pas !

-Et toi, tu vas bien ?

Aïe. Au ton de sa voix, je sens que la conversation 'Quileute' ne va pas tarder.

-Super ! je m'exclame pour essayer d'éviter un sujet sérieux. Tout baigne au lycée, j'ai hâte que les cours soient fini à vrai dire. Je vois souvent mes amis, et il fait beau depuis pas mal de temps, donc c'est plutôt agréable.

-Tant mieux, tant mieux. Avec ton petit ami, tout va bien ?

Je déteste sa façon de dire 'petit ami', avec tant de mépris.

-Oui, c'est parfait, papa, je dis entre mes dents.

Jacob regarde dans ma direction et esquisse un sourire qui se veut encourageant. J'étire mes lèvres du mieux que je peux, ce qui le fait rire.

-Ton oncle m'a dit que tu t'étais fait de nouveaux amis.

Ca, c'est la façon typique Charlie d'amener le sujet avec le plus de douceur possible.

-Oui, ce sont les amis de Jacob. Ils sont tous très gentils. Je suis allée au mariage de deux d'entre eux ce week-end. C'était incroyable, je me suis bien amusée !

Jacob me fait les gros yeux et je hausse les épaules. Il m'en aurait parlé de toute façon.

-Ah oui, il me semble que ton oncle m'en a parlé.

Je lève les yeux au ciel et retiens un soupir de frustration.

-Je suppose que tu sais que mon opinion sur les Quileute n'a pas changé.

-Oui, je m'en doute bien. Mais avant que tu ne me fasses une nouvelle remarque, je tiens à te signaler que je pense que je peux être ami avec qui je veux. Ils sont vraiment gentils, il faut que tu me croies.

-Je te crois. Mais je suppose qu'il y avait beaucoup de Quileute au mariage.

-Oui, presque toute la tribu je crois, pourquoi ?

Silence au bout du fil.

-Tu as parlé à beaucoup de gens ?

Cette fois, c'est moi qui met du temps à répondre.

-De quoi as-tu si peur, papa ? Qu'est-ce que les Quileute pourraient bien me dire qui te poserait problème ?

-Je… Eh bien…

Il soupire.

-Papa, je voudrais que tu me parles, que tu me dises d'où vient le problème, ou ça va me rendre folle !

-Je… Je ne peux pas Bella…

-Et pourquoi ça ?

-Bella, s'il te plaît, n'insiste pas.

-Mais bon sang, je pense que j'ai quand même le droit de savoir pourquoi tu veux que je me tienne éloignée des Quileute !

-Ils sont étranges, Bella. Ils font des choses… Je ne leur fais pas confiance.

Jacob lève tout de suite les yeux, alarmé. Je suis dans le même état.

-Étrange ? je demande d'une voix plus calme. Comment, comme si… ils cachaient des secrets?

-Exactement. Ils cachent des tas de choses, tu devrais vraiment rester loin d'eux. J'ai dit que je voulais bien que tu sois avec Jacob, mais ça ne veut pas dire que tu dois côtoyer toute la tribu, bien au contraire!

Mon sang se glace dans mes veines. Et si j'avais raison quelques mois plus tôt quand j'avais confié à Jacob que mon père pourrait être au courant pour la lycanthropie ?

-Quel genre de choses, papa ?

-Je ne sais pas vraiment…

-Alors comment peux-tu en être sûr ?

-Je le sais Bella, c'est tout. Je veux que tu restes loin d'eux.

-Tu sais quoi, je sais ce que je vais faire ! Si tu refuses de me donner des explications, je vais aller les chercher moi-même !

Je pense tout de suite au père de Jacob. Peut-être que lui me donnera plus d'infos.

-Non, Bella, ne va pas essayer d'en savoir plus. Ce ne serait pas… judicieux. Ecoute-moi, tu dois me croire, ils ne…

Mais il ne termine pas sa phrase.

-OK, dit-il soudain. Si tu me promets que tu ne leur demanderas rien, je te dirai tout quand je viendrai te voir.

Quoi ? Mon regard croise celui de Jacob, et je sens la même surprise dans ses yeux.

-Tu… tu ferais vraiment ça ?

-Je crois que oui. J'en ai assez de garder ça pour moi, je te dois la vérité, pour…

-Pour ?

-Tu comprendras. Promets moi que tu vas rester éloignée d'eux, et je te dirai tout.

-D'accord. Quand est-ce que tu viens ?

-Je te rappellerai pour te dire, dans quelques semaines tout au plus.


Quand je m'éveille le lendemain matin, Jacob n'est plus là. Je l'ai entendu partir en plein milieu de la nuit, après que son téléphone ait commencé à vibrer, ce qui m'a un peu inquiété, mais le temps que je sorte du sommeil il avait déjà disparu. J'entends des pas dans le salon, ils doivent être en train de préparer le petit-déjeuner. J'ai du mal à m'imaginer retourner au lycée après ce week-end mouvementé. Je suis toujours autant angoissé par mon père, Billy et tout le reste.

Et mon angoisse ne diminue en rien quand j'arrive dans le salon et que je découvre le visage inquiet de John assis à la table de la cuisine, le journal entre les mains.

-J'espère que ça ne va pas recommencer, dit Mary qui est en train de faire des œufs brouillés. Oh, Bella, te voilà ! Tu as bien dormi ?

-Qu'est-ce qui se passe ? je demande en jetant un coup d'œil à John qui grimace.

-Tu n'as qu'à lire toi-même, me dit-il en me tendant le journal.

Au vu de son expression, ça doit être grave.

En effet. A peine je lis le titre qui fait la première page du journal local que mon estomac se retourne.

Un randonneur retrouvé mort dans les bois hier soir. Début d'un nouveau cycle de disparitions inquiétantes ?

Je n'ai même pas besoin d'appeler Jacob. Son téléphone a sonné et il est parti au milieu de la nuit. Je n'ai aucun doute sur ce que ça signifie, et ça me glace le sang.

Les vampires. Les vampires sont de retour à Forks.


NA: Alors, qu'en avez-vous pensé ?

J'aimerais remercier tout le monde pour vos commentaires, je vais essayer d'y répondre personnellement, mais je ne suis pas sûre d'en avoir la possibilité ! Mais n'arrêtez pas surtout, ça me fait un bien fou ! A chaque fois que je vais voir mes mails et que je lis vos reviews, le sourire me revient J

Je vais essayer de poster plus régulièrement, mais je n'ai pas que des problèmes d'emploi du temps… Niveau technologie, ça coince aussi. Sur mon ordi portable, impossible de charger les chapitres sur le site, je suis donc obligée de le faire désormais sur l'ordinateur fixe, qui marche une fois sur deux et qui plante régulièrement, m'obligeant à passer une heure pour réussir à vous parler et à vous poster quelque chose (je viens juste de vivre ce petit désagrément ^^). Ordi fixe qui… est chez moi, et… je n'habite plus chez moi pour mes études x) Je rentre de temps en temps, donc, ça risque d'être compliqué, j'espère que mon ordi portable va reprendre du service rapidement ! Est-ce que ce genre de choses vous est déjà arrivé ? Le site marche très bien sur le fixe, mais pas sur le portable, c'est très étrange x)

J'arrête mon blabla, je vous laisse, à bientôt, et merci encore à tous, à ceux qui me suivent depuis le début et aux nouveaux qui 'dévorent' ma fiction en quelques jours comme ils le disent, ça me fait énormément plaisir ! Pour ceux qui reprennent comme moi les cours lundi, bon courage, pour les autres, courage aussi ah ah ^^

A bientôt !