Du Nao (ou Zonea) dans ses grands jours. Muhuhu.
Non, plus sérieusement, j'y ai dépensé une certaine dose d'énergie et j'espère vraiment, vraiment, vraiment que ça vous plaira. Parfois j'ai l'impression que Tom parle à ma place et vous savez, je voulais seulement que vous puissez ressentir ces retrouvailles, que vous puissez comprendre à quel point cette fanfiction n'est pas juste une histoire comme ça et que c'est vraiment important pour moi.
Merci pour tous vos commentaires. Merci infiniment.
--- Onzième
saveur
Tout ça n'a pas de sens. Non, vraiment, je ne comprends plus à quoi ça rime, à quoi ça nous amène. Ces sentiments sont trop intimes, nos émotions notre seule oxyène. Tout ça n'a pas de sens et je ne sais plus pourquoi rompre le silence. Mes doigts s'épanchent sur les touches et leur son fait sans cesse mouche. A chaque espace, la barre sous mon pouce me claque, me glace, j'ignore d'où me vient cette audace. Les mots s'enchaînent, s'enroulent, s'envolent et je reste au sol, les mots dérivent, les mots s'écrivent. Comment les retenir ? Je voudrais savoir quel est le pire. Mais mon coeur bat trop vite et mes mains tremblent, mes yeux papillonnent, incertains, mes pieds ne sont plus si sûrs de me soutenir. Je voudrais savoir quel est le pire. Je suis en train de mourir, mon dieu. Je suis en train de mourir de sa présence, alors que je crevais de son absence. Nos agonies n'ont pas de fin, puisque nous ignorons comment échapper au destin. Je voudrais savoir quel est le pire et ça n'a pas de sens. Tout ça n'a pas de sens. Faire naître ces mots sous mes doigts, retranscrire nos émois. Qui êtes-vous ? Qui êtes-vous pour laisser vos yeux couler sur cette histoire, qui êtes-vous pour comprendre nos espoirs mais surtout, qui êtes-vous pour lire notre désespoir ? Pourriez-vous rallumer la lumière quand autour de nous, tout est noir ? Tout ça n'a pas de sens et je ne sais plus pourquoi cette page s'assombrit sous tous ces caractères si froids pour tant de chaleur, je ne sais plus pourquoi écrire cette mélodie que nos quatre âmes reprennent en coeur, je ne sais plus et personne ne pourra jamais me le dire. Et vraiment, j'aimerais savoir quel est le pire.
Peut-être que je refuse qu'on nous efface ou bien de perdre la face. Je suis encore en vie et je ne connais pas l'accalmie. Mes larmes se perdent sur un éternel champ de bataille où d'autres s'amusent à jouer le premier rôle d'un film que personne ne regardera jamais. On pourrait bien me prendre comme cobaye, m'étudier jusqu'à ce que mort s'en suive, et elle s'en suivra vite, puisque je ne sais respirer que lorsque je vois apparaître ses cheveux noir de jais. Tout ça n'a pas de sens mais je veux continuer l'oeuvre d'art de mon existence, avant l'ultime décadence. Même si vous n'êtes pas ceux qu'il faudrait, peut-être, même si finalement toute cette magie venue d'un autre monde reste à vos yeux d'un goût particulièrement mauvais. Tout ça n'a pas de sens mais je refuse qu'on nous oublie. Je refuse que s'éteigne tout ce qui, aujourd'hui encore, nous lie. Tout ça n'a pas de sens mais je veux croire pouvoir vous dépeindre notre dernière espérance. Vous éblouir de nos sourires.
Vous savez, j'ai cru que mon coeur allait exploser, littéralement. Qu'on me retrouverait mort devant sa porte, que Gustav paniquerait et que le souvenir que j'avais de Bill m'emportait, pendant qu'il pleurerait. Attendre, je l'avais fait pendant des années, je croyais qu'une certaine habitude s'était installée mais j'avais tort, cent fois tort, cela n'avait aucune mesure avec tout ce que j'avais pu ressentir et je ne me sentais plus si fort. J'avais dit emène-moi et j'avais tellement peur de l'endroit où il m'avait laissé. J'avais tellement peur de voir cette porte s'ouvrir, j'avais tellement peur de le serrer dans mes bras à nouveau. J'avais tellement peur que ça signe notre arrêt de mort. J'avais tellement peur de sentir ses dernières respirations contre ma peau. J'avais tellement peur d'en avoir tellement envie, de nous embarquer dans cette folie.
Je le sentais se rapprocher et j'entendais ses pas marteller le sol de l'autre côté, je sentais son coeur battre à nouveau en unisson avec le mien, enfin, enfin, j'en avais tellement besoin. En dehors de ce bruit le silence régnait et comme dans un cauchemar, je sentais son emprise sur moi, je me courbais sous ses assauts et ce n'est pas trop de dire que je souffrais. Les secondes étaient des heures entières, de longues et impitoyables attentes, j'en aurais pleuré, crié, si j'avais su comment laisser échapper cette angoisse sans précédent. Le temps se jouait de moi et j'aurais parié entendre quelqu'un ricaner au loin, se moquer de ce sentimentalisme à fleur de peau. Bill. Bill allait ouvrir la porte. Un infini à portée de main.
C'est un grincement rauque qui s'est fait entendre, comme une vieille voix cantonnée dans le silence depuis des lustres. Lentement, d'abord, plus rapidement ensuite, le bois lourd a pivoté et m'a laissé le voir. J'ai cherché son regard et je l'ai trouvé immédiatement, j'ai plongé dans ses yeux et j'ai su, avec certitude, que je m'y noierais. C'étaient des retrouvailles comme personne ne pourrait en imaginer, comme si la fin du monde allait survenir d'un moment à l'autre et je vous le jure, je ne respirais plus, je ne savais plus comment le faire, je le regardais et d'une certaine façon, je crois que je ne voulais pas comprendre. Non, je ne voulais pas comprendre. Il se tenait devant moi, aussi beau que dans ma mémoire et moi je ne pouvais pas réaliser tout ce que ça voulait dire et tout ce qui allait en découler. Je ne pouvais pas bouger, j'étais complètement tétanisé. Si j'avais pu, je l'aurais pris dans mes bras avec toute le puissance dont je suis capable, mais c'était bien au dessus de mes forces. Je l'ai vu abaisser les sourcils comme on baisse les armes et j'ai su qu'il allait pleurer. Je le connaissais toujours par coeur, oui. Je le connaissais toujours par coeur et d'une certaine façon, ça me faisait mal.
Et c'est lui qui a courru vers moi et qui m'a enserré dans ses bras. Je me suis dit que je ne pourrais plus jamais en partir. Que je ne pourrais jamais en guérir. Oui, je me suis dit qu'il était ma maladie, ma douleur incurrable, ma source de joie et de rêves, comme une drogue à laquelle il me suffit d'une seconde pour m'accoutumer. Je ne sais pas comment mais si je dois vous l'écrire alors, du haut de mes lettres, je voudrais que vous puissiez entrevoir son immensité. Oui, je voudrais que vous puissiez imaginer ne serait-ce qu'un millième de son infini. Puisque Bill est un ciel sans limites. Vous savez, si je dois le quitter une nouvelle fois, je fermerais simplement mes ailes et je me laisserais tomber. C'est de tout cela dont j'avais peur. Si je dois lui dire adieu, c'est la chute qui me tuera et c'est mort que j'irai le retrouver. Vous comprenez ? C'est un ciel sans limites dans lequel je veux voler pour l'éternité. Notre éternité.
Laissez-moi croire que vous n'oublierez jamais ça, surtout quand vous vous souviendrez qu'un jour, vous nous avez condamnés. Et même si j'ai l'impression de vous l'avoir déjà dit des milliers de fois, laissez-moi croire que cette fois, vous comprenez combien je l'aime, combien je suis amoureux de l'impossible qui dort dans son ventre et de ses larmes où savent si bien se mêler la détresse et l'espoir. Comme une mélodie oubliée, la mélodie de toute une vie, la notre.
Il me tenait dans ses bras et je ne bougeais toujours pas, je sentais ses mains se crisper sur mon t-shirt et tout ce que je craignais c'était qu'il s'efface et me réveiller seul dans mon lit. Je devinais ses pleurs qui allaient bientôt traverser le tissu pour toucher ma peau et me rendre fou, mais je l'étais déjà depuis longtemps. J'étais totalement perdu dans ces sentiments et je ne savais plus qui j'étais, jusqu'à ce qu'il me le rappelle et me le rappelle encore.
- Mon amour, mon amour,
mon amour, mon amour...
Jusqu'à
ce que je sente ces deux mots magnifiques s'inscrire partout,
partout, partout et anihiler tout le reste. Alors, quelque part, les
barrières ont cédé et j'ai fondu en larmes comme
un nouveau né, en fermant sporadiquement mes bras sur son dos
qui suivait les soubresauts de mes sanglots. En renaissant dans ses
bras.
Et je me suis dit qu'après tout, la vie n'était peut-être pas si mal. Entre deux douleurs.
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