Fiction : Quand Je Joue Juliette
Auteur : Yuuki Momoru
Pairing : NaruSasu
Disclaimer : Ils ne sont pas à moi !
Merci pour vos reviews ! ^^ J'espère que cette suite vous satisfera. Comme d'habitude, désolé pour les fautes d'orthographes, je sais que certains m'ont fait la remarque et j'espère sincèrement qu'elles ne gâchent pas trop votre lecture.
Bonne lecture à tous !
ROMEO – L'amour, qui le premier m'a suggéré d'y venir : il m'a prêté son esprit et je lui ai prêté mes yeux. Je ne suis pas un pilote mais, quand tu serais à la même distance que la vaste plage baignée par la mer la plus lointaine, je risquerais la traversée pour une denrée pareille.(Extrait de Roméo et Juliette de Shakespeare)
Chapitre 20 : Roméo, envoûté
Ses mains sont moites et tremblantes si bien qu'il préfère les cacher au fond des poches de son manteau. Il inspire, expire, inspire encore et expire. Ses lèvres se tordent et ses yeux d'une couleur surprenante s'accrochent à la chambranle de la porte en face de lui. Il en examine les détails, comme une fissure ou un copeau de bois qui dépasse. Il voudrait sonner, mais il est beaucoup trop nerveux. Pourtant, il sera bientôt dix-huit heures et il ne veut pas finir en nourriture pour des chiens errants. Tant pis, se dit-il, Gaara pourra se foutre de moi, j'en ai rien à faire. Déterminé, il appuie sur la sonnette et attend dans un silence quasi-insupportable. Des pas approchent derrière la lourde porte qui prend bizarrement des proportions gigantesques, comme s'il s'agissait d'une de ses immenses portes que l'on trouve dans les châteaux ou les temples. Il se pince le haut de la cuisse pour s'éclaircir les idées et se concentrer sur ce qu'il s'apprête à faire. Quand soudain, quelqu'un vient lui ouvrir. Il ne le reconnaît pas et se demande soudainement s'il ne s'est pas trompé d'appartement il jette alors un coup d'œil à l'adresse que la délinquante lui a donné et s'étonne de voir un homme brun et beaucoup plus grand que lui, lui faire face.
- Euh...bonjour, je suis-
- Suigestu ! Oui, ma sœur m'a parlé de toi. Viens, entre, dit le jeune homme en faisant un vague signe de la main.
Suigestu obéit docilement et franchit le seuil de l'appartement. Un appartement très grand et à la décoration peu recherchée. Les murs sont blancs avec quelques photos de grandes villes américaines ou anglaises encadrées de bordures peintes en noir. Le grand couloir qui les sépare du salon et du côté cuisine est longé par des placards fermés aux portes coulissantes et quelques autres photos un peu plus personnelles, montrant de-ci de-là trois personnes que Suigestu reconnaît sans peine ou bien des groupes de gens qui lui sont inconnus. Puis il s'arrête soudain sur un cliché où Naruto prend Gaara par l'épaule avec à leur côté Kiba qui sourit de toutes dents pointues. Un pincement au cœur le saisit sans raison apparente et Suigestu se demande subitement ce qu'il peut bien fabriquer dans un endroit pareil. Le malaise grandit à mesure que Kankuro – le grand frère de Gaara, comme il l'a déduit – continue de lui faire une rapide visite des lieux. Le salon est simple dans sa disposition : le canapé et les fauteuils sont tous drapés de housses soit bleue ou verte ou encore blanche à pois noirs visiblement ils n'ont pas vraiment cherché à uniformiser les couleurs, tous tournés vers la télévision à écran plat, avec une petite table basse un brin bancale. La cuisine – qui fait aussi salle à manger – quant à elle, se trouve dans une pièce à part mais n'est séparée du reste que par une mince cloison.
- Je ne te montre pas les chambres, finit Kankuro, sache juste que les toilettes et la salle de bain se trouvent tout au fond du couloir.
Suigestu opine de la tête, n'osant dire quoique ce soit.
- Reste là deux secondes, je vais chercher Temari. Elle doit sûrement être en train de réviser pour ses examens avec un casque sur les oreilles, ajoute t-il avec un petit sourire désolé.
Le jeune lycéen se plante alors au sol sans oser bouger d'un millimètre et encore moins s'asseoir sur l'un des fauteuils juste à côté de lui. Il voit Kankuro entrer dans la deuxième pièce à gauche du couloir et sursaute violemment en l'entendant hurler comme un fou, auquel Temari répond sur le même ton : « Ouaih bah j'arrive ! Pas la peine de gueuler ! ». Pendant ce temps, Suigestu se met à paniquer. D'habitude il n'a pas si peur des gens et est plutôt de nature avenante – contrairement à Sasuke, pense t-il – mais doucement, il réalise qu'il est dans la maison de Gaara, le même mec qui l'a rejeté avant de défigurer un type à la coupe au bol qu'il avait malencontreusement embrassé pour des raisons stupides. Suigestu hésite à partir en courant avant que Temari n'arrive. Ce n'est peut-être pas une bonne idée, se dit-il tandis que sa tête se met à tourner, j'ai l'impression que Gaara n'est même pas là, alors qu'est-ce que je fous là ? Qu'est-ce que cette fille veut de moi ? Qu'est-ce qu'elle cherche ? Est-ce que c'est une mauvaise blague ?
Mais il n'a le temps que de faire un petit pas sur le côté, que déjà la grande blonde lui tombe dessus tel un hibou sur un rat. Elle passe ses bras autour de son cou et serre à l'en étouffer :
- Te voilà ! J'en pouvais plus d'attendre !
Dit-elle alors qu'elle n'était même pas là pour m'ouvrir la porte, pense Suigestu en levant les yeux au ciel. Derrière la jeune femme, Kankuro se pince les lèvres pour s'empêcher de rire. Elle le lâche pour ensuite lui prendre les poignets et l'obliger à s'installer sur le grand canapé. Suigestu se laisse faire sagement, aussi tendu que le jour où il a dû passer un examen oral dans une langue étrangère au collège. Il déglutit, aligne ses jambes et pose ses mains sur ses genoux serrés. Temari s'assied à côté de lui, en une position beaucoup détendue : une jambe croisée dont le pied est coincé sous sa cuisse. Elle le regarde en souriant béatement et dit à son frère sur un ton amusé :
- C'est lui, le garçon qui fait craquer Gaara. T'en crois pas tes yeux, hein ?
- Oui oui, répond t-il sur un ton las, j'en suis tout éblouis. Sui, tu..., commence t-il avant de reprendre, ah, ça te dérange pas que je t'appelles Sui ?
- ...euh...non, bredouille le dit « Sui » tout en se demandant s'il n'a pas atterris sur une autre planète.
- Donc, Sui, tu veux un café ? Un soda ? Quelque chose à grignoter ?
- ...ben, je...je sais pas trop, je voudrais pas déranger.
- Allons donc ! Fait Temari en lui donnant un coup de coude dans les côtes, c'est moi qui t'ai invité ! Fais pas ton timide ! Mets-toi à l'aise, tiens enlève tes chaussures !
Suigestu fait les yeux ronds et la regarde comme si il lui était poussé une deuxième tête, mais finit par s'exécuter pour ne pas la vexer. Kankuro disparaît dans la cuisine en ricanant. Après avoir fait claquer des placards et tinter des verres, il revient avec un plateau à la main et le pose sur la table basse.
- Bon, causons un peu, déclare Temari pleine d'énergie.
Suigestu saisit un des verres pour reprendre contenance tout en furetant autour de lui à la recherche d'une tête rousse.
- Où est Gaara ? Demande Suigestu.
- Je l'ai envoyé se promener quelques temps, répond la jeune femme en regardant au loin, pour qu'on soit tranquille.
Un peu déçu, Suigestu s'interroge sur les raisons de cet éloignement.
- D'abord, sache que Sakura m'a raconté en gros ce qu'il s'était passé entre vous deux, dit Temari en plongeant ses yeux verts foncés dans les siens, j'ai aussi appris que vous ne vous parliez plus depuis quelques jours.
- Oui, c'est vrai, d'ailleurs je ne sais pas trop ce que je fiche ici, avoue Suigestu.
Temari lui sourit d'un air carnassier :
- Vois-tu, mon très cher petit frère Gaara a tendance à réagir avec un temps de retard.
- Comment ça ?
- Ces derniers jours, il ne fait plus de blagues bizarres, se lève aux aurores pour regarder des dessins animés pour enfants, ne mange presque plus et va même au supermarché avec ses chaussons. Bref, termine t-elle, il est encore plus à l'ouest que d'habitude. Quand je lui parle, j'ai l'impression d'être en face d'un légume avec une perruque rousse. Au début, c'était à mourir de rire, mais à force j'ai quand même commencé à m'inquiéter pour sa santé, tu comprends ?
Pour toute réponse, le jeune homme secoue la tête de haut en bas. Il n'arrive pas à en croire ses oreilles et imaginer Gaara dans un tel état lui donne envie de rire. Pourtant, il se retient en devinant à quel point cette situation peut être préoccupante pour ses proches.
- Et donc ? Qu'est-ce que je fais là-dedans ?
- J'ai demandé à Sakura et à Ino s'il s'était passé quelque chose au lycée et elles m'ont tout de suite parlé de toi. C'est là que j'ai tilté.
- Hé ?
- Mon petit frère est amoureux de toi.
Sa respiration se coupe à ses mots et son cœur entame un rythme endiablé dans sa poitrine. Suigestu la fixe d'un air incrédule en la voyant aussi sûre d'elle. Il tourne ensuite la tête vers le grand frère, Kankuro qui sirote tranquillement dans son verre en les écoutant attentivement. Ses genoux se mettent à trembler sous ses poings et bientôt tout son corps est pris de spasmes.
- J-je...c'est impossible, tu...il m'a déjà-
- Oui, je sais. Calme-toi, d'accord ? Fait Temari en posant une main chaude sur la sienne.
- E-et ça vous dérange pas ?
- De quoi ? Interroge Kankuro.
- Bah, que je sois un mec. Ça vous fait rien ?
Les deux frangins se regardent un instant et éclatent de rire simultanément. Après s'être essuyé une petite larme, Temari répond en toute sincérité :
- Au collège, il y avait des tas de filles qui craquaient pour lui et ça a un peu continué au début du lycée. Mais Gaara étant ce qu'il est – c'est-à-dire un mec tellement chiant que même-moi je me retiens pas pour l'envoyer crécher dehors toute une nuit – aucune d'elles ne se sont vraiment accrochées à lui et n'ont vus en lui qu'une pauvre brute un peu plus originale que les autres. Et toi, tu débarques et tu fous le bordel dans sa vie. C'est la toute première fois qu'un être humain lui porte autant d'intérêt et parvient à le supporter. Alors un mec ou une fille, on s'en branle comme d'une guigne.
Elle passe son bras autour de son cou et doucement pose sa tête sur son épaule. Suigestu la laisse faire en sentant ses cheveux blonds lui chatouiller la mâchoire.
- Merci, dit-elle.
Pris au dépourvu, il ne peut pas prononcer un mot. Le silence s'étire dans le salon. Il ne pensait pas que quelque chose de ce genre arriverait. Il avait imaginé tous les pires scénarios, mais était loin de se douter qu'ils l'accepteraient aussi facilement. Pourtant, en y réfléchissant, elle ne l'aurait pas invité ici pour lui refaire le portrait. Soulagé, Suigestu détend ses bras et ses jambes un à un et se laisse aller à cette petite étreinte. Quand soudain, un cliquetis résonne depuis le hall d'entrée.
- Oh merde ! Il est déjà là cet abrutit ? S'exclame Temari en se relevant.
- On fait quoi ? On le planque ? Demande Kankuro en s'agitant dans tous les sens.
Suigestu les regarde faire, figé par le brusque changement d'atmosphère. Et tandis que Temari cris un : « bloque la porte ! » à son frère qui court alors comme un dératé dans le couloir, elle force son invité à se mettre debout, mais se prend les pieds dans la table basse et renverse tout le plateau, brisant en milles morceaux les verres et répandant une demi-bouteille de soda sur le sol. Elle hurle des « putains ! » à la pelle tout en tirant sur la housse d'un des fauteuils pour se relever. Suigestu vient l'aider en toute hâte, quand un bout de verre s'enfonce dans son pied. Il ouvre grand la bouche comme pour pousser un cri et y enfonce son poing pour le mordre avec force. Il se rassoit alors sur le canapé en se tenant le pied dont la chaussette s'imbibe peu à peu d'un liquide écarlate. Un grand fracas lui fait tourner la tête vers l'entrée où Kankuro mène un combat acharné contre son petit frère qui vocifère des : « mais c'est quoi ce bordel ? Laisse-moi entrer connard ! ». Temari, décoiffée par sa chute tente de récupérer un de ses élastiques sous le fauteuil tout en trempant dans le soda dont la flaque grandit de seconde en seconde.
Suigestu les regarde un à un en n'en croyant pas ses yeux. Puis n'en pouvant plus, éclate d'un rire tonitruant en se tenant le ventre. Le fou rire l'empêche de respirer si bien qu'il se penche en avant et va jusqu'à s'allonger sur le canapé. Kankuro, déconcentré par sa réaction, relâche sa prise et se prend violemment le battant dans le dos. Gaara entre alors impérieux, tout essoufflé et chargé de courses dans les bras.
- Non mais ça va pas ! Bande de cinglés congénitaux !
Il cesse tout mouvement lorsqu'une tête blanche morte de rire sur le canapé se relève pour lui faire face :
- T'aurais vu ça, Gaara ! Dit-il prit de soubresauts, ils t'ont entendu arrivé et ça a été un bazar international. J'ai jamais vu ça de ma vie ! Je me suis même pété le pied !
Suigestu essuie ses yeux mouillés de larmes, son sourire mangeant la moitié de son visage. Il n'entend pas les pas précipités de Gaara se diriger vers lui, ni même les sacs en plastiques tomber brusquement au sol. Le monde s'éclaire enfin, quand soudainement deux grandes mains blanches et osseuses prennent son visage en coupe, tout de suite suivies par deux lèvres charnues et gercées par le froid qui viennent l'embrasser à pleine bouche.
Gaara, tu es bel et bien le type le plus incompréhensible de la terre, pense alors Suigestu en fermant les yeux.
Je monte les marches en direction de l'auditorium. L'écharpe orange de Naruto repose dans mon sac, car j'ai pensé qu'il était tout de même temps que je la lui rende. Je souris dans le vide tandis que mon cœur bondit dans ma cage thoracique. On ne s'est pas beaucoup parlé depuis vendredi soir, à part via quelques SMS. Mais tout comme lui, je préfère le contact direct. Mes paupières se ferment à demi tandis que je m'arrête devant l'une des grandes fenêtres. La lumière des fenêtre du bâtiments d'en face attire mes pupilles tout comme un papillon de nuit est fasciné par une ampoule électrique et je me perds dans mes songes. Naruto agit assez étrangement. J'ai l'impression qu'il attend quelque chose de ma part. N'étant pas non plus né de la dernière pluie, je pense savoir de quoi il s'agit. Je serre la bandoulière de mon sac et plante mes ongles dans ma paume. Ce n'est pas que ça me déplaît qu'il soit attirer par moi de cette manière, après tout c'est naturel et on doit tous y passer un jour au l'autre, non ? Je soupire et reprends ma marche vers la salle de répétition. Au moins, Naruto attend. Il n'a rien dit à ce sujet peut-être parce qu'il veut que ce soit moi qui l'aborde. Mais je crois qu'il préfère que ce soit moi qui fasse le premier pas, pour être sûr de cette façon de ne pas me forcer. Du moins, c'est ce que je pense vue la complexité extrême qu'est la logique de ce type. Parfois, je me demande par quel miracle il n'est pas victime de migraines.
Je pousse la lourde porte et pénètre dans l'auditorium. Plusieurs regards se tournent vers moi. Visiblement, je ne suis pas le seul à être en avance. Puis je descends nonchalamment les gradins pour atteindre le premier rang. Suigestu est déjà là avec sa meilleure amie la bonne humeur qui ne l'a pas lâché depuis hier.
- T'en a mis du temps, Sasuke !
Je le fixe d'un air blasé en le voyant sautiller sur place comme une puce.
- Naruto et les autres sont là ? Demandé-je en prenant place à côté de lui.
- Pas encore, par contre Sakura est déjà là, me répond t-il avec un grand sourire, elle voulait te voir, ça avait l'air urgent.
Je me lève pour partir à sa recherche. Soudain elle déboule de nul part et court vers moi avec une expression horrifiée. Je commence à avoir peur. Qu'est-ce qui se passe ? Il y a un problème avec mon rôle ? Ou la pièce en générale ? Je fronce les sourcils, m'attendant au pire alors qu'elle me saisit violemment par les épaules.
- Il faut absolument que tu fasses quelque chose !
- Sa-
- Je sais ! Je sais que ce n'est pas facile et que tu appréhendes, mais crois-moi il arrive un moment où il faut se lancer.
- Je ne comprends pas où tu veux en venir, avoué-je en la repoussant sans aucune brutalité.
Tout d'un coup, j'entends la grande porte s'ouvrir derrière moi, me retourne et vois Naruto, Gaara, Kiba et même Neji entrer en file indienne. Ce dernier a une sale mine, il marche la tête basse, cachant ses grosses valises sous ses yeux gris. J'allais m'avancer vers lui pour lui demander ce qui ne va pas quand Sakura me retient de toutes ses forces et me montre Naruto du doigt qui discute avec les autres membres du club pour les saluer. Son sourire est immense, comme toujours et ses fossettes n'en sont que plus charmantes. Les quelques filles en face de lui rougissent et gloussent en l'écoutant plaisanter. Je fronce les sourcils en les observant lui lancer des regards mielleux.
- T'as vu ça ? M'interroge Sakura en chuchotant.
- Quoi ? C'est...toujours comme ça, non ? Hésité-je alors que je ressens une pointe de jalousie.
- Tu n'as pas été avec lui toute la journée, dit-elle sur le ton de la confidence, c'est pire qu'hier.
- Qu'est-ce qui est pire qu'hier ?
- Ses phéromones ! Il en dégage encore plus qu'hier ! Toutes les filles sont à ses pieds. Ce midi, j'en ai même vu une lécher sa cuillère en le regardant d'un air bourré de sous-entendus.
- Ses...phéromones ? Naruto n'est pas un animal, tu sais ? Je lui réponds, gêné.
Elle fait les yeux ronds et inspire profondément :
- Tu dis ça, mais je suis sûre que tu en as déjà été victime.
Je déglutis en repensant à toutes les fois où il m'a touché et où j'ai sentis que j'allais m'évanouir dans ses bras.
- Crois-moi Sasuke, il a envie de toi.
- Sakura...
- Quoi ? J'te demande juste de céder un peu à ses avances ! Même pour moi c'est dur, tu sais, je commence tout juste à le trouver sexy.
Ses yeux verts brillent de désespoir. Déstabilisé, je jette un coup d'œil vers Naruto qui à la seconde même, tourne la tête vers moi et m'adresse un sourire paresseux. J'écarquille les yeux tandis que mon cœur se met à battre comme un diable qui tenterait de s'échapper de sa boîte. Mes joues deviennent cramoisis et j'évite son regard en me mettant dos à lui. Sakura s'éloigne de moi après m'avoir asséné d'un grand coup à l'épaule comme pour me dire : « je n'oublierai jamais ton sacrifice ». J'essaye de respirer normalement. Cette fille exagère. Naruto est comme d'habitude. Pourtant, moi aussi je l'ai remarqué : cette façon étrange qu'il avait de ne pas trop m'approcher même s'il en mourait d'envie. Qu'est-ce que je dois faire ?
Soudain deux bras entourent ma taille et m'emprisonnent dans un étau de chaleur. Une chaleur si intense qu'elle se propage en moi et me prend aux tripes. Mes genoux tremblotent d'eux-mêmes alors que je sens sa poitrine s'appuyer contre mon dos. Il pose son menton sur mon épaule, me murmure un : « salut, ça va ? » et sans attendre de réponse, m'embrasse juste derrière l'oreille. Je me tords le cou pour pouvoir poser mes lèvres contre sa bouche humide, puis me tourne complètement. Longuement, je la suçote tout en passant mes bras sur ses larges épaules. Est-ce que ça a toujours été comme ça ? Est-ce que nos échanges ont toujours été aussi langoureux ? Non, je ne m'en souviens pas. Mais ça ne me déplaît pas. Au contraire, j'aimerais que ça dure. J'aimerais fermer les yeux et l'embrasser, le dévorer pendant des heures et des heures. Je presse mes mains contre ses clavicules tandis qu'il caresse mon dos de haut en bas, puis de bas en haut. Tout s'arrête quand soudain, Neji se plante devant nous avec sa tête de mort-vivant et geignit :
- Aaaaah...la chance...moi aussi, je veux un bisou.
Je le fusille du regard et Naruto éclate de rire. Ses fossettes se creusent et sans prévenir, je les embrasse tendrement une à une, complètement sous le charme. Il cesse tout d'un coup de rire et me fixe bizarrement. Ses yeux céruléens pétillent joliment comme si des étoiles en abondance y brillaient. Quelque chose gonfle en moi et accélère ma respiration. Il le remarque. Honteux, j'enfouis mon nez dans son pull pour éviter son regard trop beau pour mon bien. Mais ce n'était pas une bonne idée. Son odeur me titille les narines, rend mes paupières lourdes et fait monter ma chaleur corporelle. Il faut que ça s'arrête. Il y a trop de monde autour de nous. Depuis quand me rend t-il aussi fou ? Est-ce que c'est l'effet de ses phéromones comme dit Sakura ? Non, c'est impossible. Je dois le lâcher, je serais un peu plus maître de moi-même s'il reste à une distance raisonnable de moi. Pourtant, je n'y parviens pas. J'ai envie de rester là et d'y passer ma vie entière.
- Bon, tout le monde est là ? Fait Sakura en frappant des mains, on va commencer dès que nos deux acteurs principaux daigneront m'écouter...ajoute t-elle sur un ton suggestif.
- Dé-désolé..., dis-je en me séparant de Naruto.
Il ne prononce pas un mot, se contente de me suivre des yeux tandis que je me dirige vers Suigestu, Gaara et Neji qui sont assis sur les sièges du premier rang.
- Sasuke ? Fait Suigestu collé au bras de Gaara.
- Quoi ?
- Naruto te bouffe du regard.
- Mê-mêle-toi de tes affaires, crétin ! Baragouiné-je le rouge aux joues.
Il ricane tout en posant son crâne contre l'épaule du rouquin qui ne dit rien, écoute distraitement Sakura qui donne ses instructions pour la suite des répétitions. Neji se morfond à côté d'eux, les toise avec amertume et renverse sa tête en arrière en jurant un : « qu'est-ce qu'ils ont tous à se faire des papouilles ces pédales ? ». Je hausse un sourcil et interroge Suigestu sur son état dépressif inquiétant en le montrant du doigt. Mais c'est Gaara qui répond d'un air absent :
- C'est parce qu'il est mort dans le manga original, du coup il a peur que l'auteur le tue aussi.
- Hé ?
- La ferme ! C'est déjà assez dur comme ça, n'en rajoute pas ! Fait Neji en lui jetant des éclairs, et ce n'est même pas pour ça que je me sens mal.
- Normal que tu te sentes mal, avec tous les pieux qu'on t'a enfoncé dans le bide.
C'est moi ou la conversation est surréaliste au point que je n'en comprends pas un traître mot ? Je fais une grimace tandis que mon cerveau tourne à plein régime. Et encore une fois, je me pose sérieusement la question sur la santé mentale de Gaara. La discussion s'arrête subitement lorsque Suigestu frappe la nuque du rouquin.
- Arrête de dire des âneries !
Puis il se tourne vers Neji dont les cernes violettes font ressortir la pâleur de sa peau.
- Alors qu'est-ce qui t'arrive ?
- Hinata m'a rejeté.
- Oh...
- Je l'ai invité au cinéma quand nous sommes allés à la réunion vendredi, mais elle a refusé.
C'est donc pour ça qu'il était aussi mal à l'aise quand je l'ai vu avec son oncle ? Ce n'est pourtant pas dans la nature de Hinata de refuser une invitation, à moins qu'elle ait deviné que ce n'était innocent. Peut-être a t-elle tout découvert ? Après tout, Neji n'est pas vraiment un modèle de discrétion. Et c'est une jeune fille perspicace. Les longues mèches noires de Neji se confondent en une seule et tombent sur sa joue gauche. Je me souviens de ce fameux jour où je me suis enfermé dans les toilettes et où j'ai appris qu'il aimait Hinata. J'ai tout de suite pensé que nous étions pareils. Aujourd'hui, les choses sont beaucoup plus différentes. Mes mains se joignent l'une à l'autre. Nous avons évolué tous les deux. Nos relations réciproques ont aussi progressé ou bien régressé. Je sors avec mon tout premier amour et je crois que je ne pouvais pas espérer plus grand bonheur. Mais Neji s'est empêtré dans cet amour à sens unique. Je peux imaginer que ce ne soit pas simple vue qu'il est question de sa cousine puisque moi-même j'aime un homme tout en étant un. J'aurais peut-être dû l'aider, qui sait ? Il a l'air de l'aimer avec tant de profondeur, tant de sincérité ; il serait prêt à tout faire pour elle. Et moi, à côté de ça, comment ma relation avec Naruto a t-elle évolué ?
- Et tu t'es pas dit que peut-être elle avait déjà quelque chose de prévu ? Propose Suigestu.
- Je ne m'appelle pas Sasuke, non plus. Je sais quand c'est sans espoir.
- Hé oh ! Je ne te permets pas ! Et qu'est-ce que tu veux dire par là au juste ? Exclamé-je d'un ton offusqué.
- Rien, rien, répond t-il en détournant les yeux d'un air désintéressé.
Je le fixe suspicieusement. Même si je me doute qu'il voulait juste me lancer une vanne, je saisis de suite l'allusion. J'admets que j'ai tendance à trop réfléchir et à toujours pressentir le pire. Si Naruto n'était pas là, je serais constamment sur mes gardes avec la menace qui pèse sur nous deux comme un nuage toxique qui s'avancerait vers nous à chaque poussée du vent.
- Si tu penses tant que ça que c'est sans espoir, qu'est-ce que tu fiches ici ? Demande Gaara, son regard turquoise toujours tourné vers la scène.
- ...ah...attrapé, fait Neji en se tirant ses mèches de cheveux en arrière.
J'observe la scène à mon tour et vois Naruto et Kiba répéter ensemble. Un sourire prend place sur mon visage tandis qu'il fait de grands gestes et s'amuse sur les planches comme le ferait un enfant de cinq ans. Je cherche un peu Hinata, puis la trouve aux côtés de Ino et d'une autre fille que je ne connais pas. Ses orbes grises sont elles aussi toutes deux figés sur les deux jeunes hommes qui jouent et se lancent les répliques, ponctués parfois par des : « merde, c'est quoi après déjà ? » de la part de Kiba qui n'a visiblement pas appris son texte. Elle rit discrètement en ne le lâchant pas. Mon sourire s'affaisse. J'ai la désagréable sensation qu'elle est plus concentrée sur Kiba que sur la répétition en générale. Non, je dois me tromper. Je tourne la tête vers Neji dont le visage a pris une mine désabusée. Il a compris la même chose que moi.
Il penche lentement la tête sur le côté sans me lâcher du regard et m'embrasse doucement, enserrant ma lèvre supérieure entre les siennes comme pour la garder captive. Je respire plus fort et ferme les yeux, envoûté par l'odeur de sa peau. Je passe ensuite mes bras autour de son cou, enfouis mes doigts graciles dans ses cheveux dorés et soyeux. Il me serre fort contre lui, délaisse mes lèvres pour inspire profondément mon crâne, son nez frôlant la peau de ma nuque, puis chacune de mes mèches noires jusqu'à mon front. Nous nous sommes réfugiés dans la loge après la répétition. Je voulais simplement lui demander si Hinata et Kiba sortaient ensemble pour être certain que ce que j'ai vu n'était pas une erreur d'interprétation de ma part. Puis, je ne sais pas trop comment, nous nous sommes retrouvés l'un contre l'autre à s'embrasser comme si nous ne nous étions pas vus depuis des années.
C'est chaud et doux. C'est bleu, orange et doré. C'est Naruto. Dos contre le mur, je suis prisonnier sans aucune chance de fuite. Je suis emporté par des vagues de chaleur successives et de plus en plus puissantes. Ce doit être ses mains qui viennent et reviennent le long de mes côtes et qui enferment mon corps dans un étau de chair. Bientôt, il mordille mes lèvres, s'attaque à l'une de mes oreilles. J'aimerais en faire autant. Je ne veux pas juste être dévoré. Je veux dévoré moi aussi. Appuyé sur la pointe des pieds, je me dresse contre lui et pour la première fois, mords et lèche son oreille gauche jusqu'à la rendre délicieusement rouge. J'en ai rêvé. Fermant les yeux au monde connu, je découvre celui du goût, du touché, de l'olfactif. C'est bon. Sa chair fond sous ma langue, elle est savoureuse, élastique. Je cesse tout mouvement lorsque subitement Naruto émet un faible gémissement. Mes yeux s'écarquillent de stupeur, s'ouvrent de plus en plus à un monde emplis de délices et de sensations doucereuses. Malgré moi, mon sexe commence à durcir contre mon jean. Je veux encore l'entendre gémir, je veux sentir la vibration de sa voix dans sa gorge, y collé mon oreille pour mieux m'en imprégner.
Soudain, ses grandes mains passent sous mes cuisses et me soulèvent avec aisance. Instinctivement, j'entoure ses hanches de mes jambes tandis que ses pouces font un léger mouvement, me caressant juste en dessous des fesses. Ma raison s'envole par bribes, je ne parviens même plus à penser convenablement. Son érection se frotte à la mienne, accentuant ma respiration qui peu à peu devient soupirs et geignements. Le souffle chaud de Naruto fait frissonner ma peau, me fait perdre tous mes repères. Je ne sais plus où je suis. Je lève mes yeux vers le plafond, mais ma vision est floue. La bouche ouverte, je tente de reprendre de l'air mais plus j'en prends, plus j'en manque. Sa bouche découvre mon cou, y suçote la peau, suce encore, embrasse ma mâchoire puis revient au niveau de ma veine jugulaire. Je pousse un petit cri quand sentant que je glissais, il me remonte d'un coup brusque en tendant les muscles de ses bras. Les paupières à demi-fermées, les lèvres entrouvertes, la respiration haletante nous nous faisons face. Il me sourit paresseusement et fond sur ma bouche sans se précipiter. Le temps se suspend. Et lentement, je passe mes mains dans ses belles boucles blondes, joue un peu avec en l'embrassant. La tension descend pour mieux grimper lorsque ses mains montent le long de mes cuisses pour toucher mes fesses et les palper avec des gestes fermes. Un gémissement plus fort que les autres m'échappent. Personne ne m'avait jamais caresser ici. C'est une sensation toute nouvelle. En réponse, mon érection grandit encore. J'ai chaud, putain, j'ai trop chaud.
- Na...ruto, chuchoté-je, s'il te plaît...évite de...aah..., soufflé-je en sentant son érection proéminente contre la mienne.
Tout s'arrête subitement lorsque la porte de la loge s'ouvre dans un horrible grincement. La voix de Sakura s'élève dans un grand cri de frayeur :
- Oh mon Dieu ! J-je suis désolée ! Je venais pour ranger les...enfin, je...je m'en vais !
Naruto me lâche brusquement. Mes jambes étant encore faibles, je m'écroule au sol comme le ferait un verre qui se brise en mille morceaux. J'ai l'impression d'avoir pris une douche glaciale, mon souffle se coupe et je me crispe de douleur en sentant ma température corporelle chuter à une vitesse folle. La honte me submerge et avant que Naruto n'ait le temps de m'aider à me relever, je me remets debout tout seul et me précipite vers la sortie. Il m'appelle, mais je ne m'arrête pas et traverse tout l'auditorium en courant. J'ai l'air con maintenant. Qu'est-ce qu'a bien pu penser Sakura en nous voyant dans cette position ? Et si ça avait été quelqu'un d'autre ? Un des autres membres que l'on connaît beaucoup moins ? Même si la plupart savent déjà que nous sortons ensemble, je ne crois pas que je l'aurais supporté. J'atterris dans le couloir après être sortis de la salle, certains me regardent bizarrement en me voyant tout essoufflé et débraillé. On dirait un débauché. J'ai même oublié mon manteau et mon sac. Mince, je ne lui ai pas rendu son écharpe. Qu'est-ce que je fais ? J'y retourne ? Non, surtout pas. Je dois d'abord reprendre mes esprits. J'ai dérapé, c'est vrai. Je viens de vivre quelque chose que je n'aurais jamais cru vivre un jour, du moins pas aussi tôt. Je fixe mes mains qui tremblent violemment. Puis sentant ma bouche toute collante, je l'essuie rageusement avec ma manche. Soudain, Naruto apparaît derrière moi et soupire de soulagement en me voyant.
- Est-ce que ça va ? Je ne t'ai pas fais mal ?
- Qu'est-ce qui t'a pris de me sauter dessus comme ça ? Et ici en plus ? Lui dis-je, la voix cassée par la honte et ma gorge bloquée par une énorme boule invisible.
Il s'approche de moi, saisit tout doucement mon bras et m'attire un peu à l'écart.
- Je suis désolé, terriblement désolé. J'ai perdu les pédales, t'étais là complètement irrésistible et je...excuse-moi.
Il vient pour me prendre dans ses bras, je le repousse un peu trop brutalement :
- Non, ça suffit, laisse-moi.
- Sasuke, écoute-moi...
- J'ai dis : ça suffit !
Je ne veux pas lui crier dessus. Mais c'est plus fort que moi. J'ai l'impression d'avoir fait une énorme bêtise. Et si mon père m'avait vu ? Qu'aurait-il pensé de moi ? Mon corps n'est plus sous mon contrôle, ses réactions, ses attentes me dépassent alors qu'il m'appartient, alors que c'est moi qui suis dedans. Pourtant, je suis loin d'être le Sasuke du temps du collège. L'ancien Sasuke ne se serait jamais abaissé à faire ça dans un lieu public. J'ai envie de pleurer, tant j'ai honte de moi. Mes joues chauffent et mon nez me pique. Naruto a un trop grand pouvoir sur moi. Il me transforme, fait de moi quelqu'un que je ne connais pas et je ne veux surtout pas devenir. Serait-ce cette peur qui grandit ? Cette angoisse ? Je sors de ma torpeur quand la voix éraillée de Naruto arrive jusqu'à mes oreilles encore rouges :
- Sasuke, j'ai envie de le faire avec toi. J'y pense de plus en plus.
- T'es vraiment qu'un sale obsédé, lui fais-je remarquer en affichant une mine dégoûtée.
Il se fige, seule une de ses boucles blondes glisse lestement sur son front, juste au-dessus de son nez. La physionomie de son visage change de tout au tout. Des nuages noirs et immenses planent dans ses iris bleus clairs et les rendent sauvages, orageux. C'est la première fois que je le vois comme ça. Décontenancé et fasciné à la fois par cet aspect de lui que je découvre à l'instant, je recule d'un pas.
- Non, je suis humain c'est tout, déclare t-il en élevant la voix. Je n'ai pas eu de relations depuis des mois et ça commence à me peser, essaye de comprendre !
Je me reprends et réplique sur le même ton :
- C'est bien que je dis, t'es qu'un pervers. Tu ne penses qu'à ça !
Il serre la mâchoire, détourne les yeux un instant puis revient vers moi en me scrutant durement, mêlé à quelque chose que je n'arrive pas à nommer. De la déception ? De la tristesse ?
- Je t'aime Sasuke, vraiment.
Mes lèvres tremblent tandis que mon cœur fait des bonds dans ma poitrine alors que ces mots me pénètrent et rendent ma respiration douloureuse. Des mots qu'il me dit pour la toute première fois. Des mots que je n'aurais pas voulu entendre en de telles circonstances.
- Mais parfois, tu agis et pense comme un gosse. Et ça m'énerve. J'ai envie de te secouer pour que tu sortes enfin de ta bulle.
J'ouvre grand les yeux, mais ma vision est obstruée par des larmes. Je cligne des paupières pour les chasser, mais ne réussis qu'à les faire couler le long de mes joues. Il a raison sur toute la ligne. Notre relation n'a pas avancé d'un iota à cause de moi qui refuse de grandir, de changer. Finalement, c'est Naruto qui fait sans cesse des efforts vis à vis de moi. Il ne me force jamais en quoique ce soit, me traite comme si j'étais fait de porcelaine. Le monde s'obscurcit autour de moi, un manteau noir m'enveloppe et me coupe de la réalité. Je voudrais m'accroupir et pleurer comme un le gosse que je suis. Soudain, une main à la peau tannée fait craquer la membrane noire qui m'entoure et atteint mon poignet pour ne plus le lâcher. J'ouvre les yeux vers Naruto qui grimace. Il essuie mes larmes à l'aide de ses pouces avec une infinie douceur. Puis il ébouriffe mes cheveux comme il le faisait autrefois et s'en va après un ultime baiser sur la joue.
- Je t'enverrai un message ce soir, dit-il tout en me contournant.
Je crois que je n'ai jamais autant pleuré que cette nuit-là.
Dans un décor traditionnel, une vieille femme inspire lentement. Assise sur ses genoux, les yeux fermés, elle s'ouvre à la méditation. Les portes coulissantes sont grandes ouvertes et l'air frais de janvier pénètre agréablement dans la pièce. Les grands cerisiers nus semblent frôler du bout de leur branches noires le ciel gris et cotonneux. Va t-il neiger aujourd'hui ? Se demande t-elle en l'observant avec sérénité. Les pans de son kimono rouge et ocre s'étendent comme la marée sur les tatamis. Elle n'y prête pas attention, ne pense qu'à l'herbe gelé et blanc, aux tulipes qu'elle a planté il y a quelques jours avec son l'une de ses domestiques la plus jeune et la plus gentille de toute. L'état de ses tulipes ne l'inquiète pas, elle sait pertinemment qu'elles résisteront à l'hiver. Et puis, la neige est toujours très jolie à regarder. Soudain, une voix étouffée l'appelle de derrière les cloisons de papiers :
- Madame Shima ? J'apporte votre thé.
- Entrez.
La jeune fille pousse lentement la porte et avec grâce et adresse, elle entre, reprend son plateau, se rassoit pour fermer à nouveau, se relève et pose la tasse à côté de la vieille femme. Et ce dans un silence complet.
- Je me suis permise de vous faire du thé noir parfumé à la cannelle et à l'orange, explique la domestique.
Shima Namikaze lui sourit en inspirant l'odeur du breuvage :
- Merci beaucoup.
La jeune fille incline discrètement de la tête et son regard noir se perd un instant sur les longues branches des cerisiers.
- Où se trouve mon mari ?
- Je crois qu'il est au téléphone, Madame Shima.
- Ne le trouvez-vous pas agité ces temps-ci ?
- Oui, Madame Shima, je ne connais pas les détails mais il est vrai qu'il semble particulièrement préoccupé.
- Ne mentez pas, fait Shima Namikaze en laissant échapper un petit ricanement, je suis certaine que vous en savez plus que vous ne voulez l'admettre.
Prise sur le fait, la domestique ouvre de grands yeux contrits et avoue sur un ton désolé :
- C'est en rapport avec votre petit-fils, Monsieur Ryuugamine s'inquiète beaucoup sur ses fréquentations.
- Je vois, répond distraitement la vieille femme.
Elle prend une autre gorgée de son thé puis inspire en relevant son menton, altière.
- Dites-moi, Ruka, demande t-elle indirectement pour attirer l'attention de la domestique.
- Oui, Madame Shima ?
- Avez-vous déjà lus Roméo et Juliette de Shakespeare ?
- Non, Madame, j'en ai pas eu le loisir.
La vieille femme sourit tout en se relevant. Elle lisse le obi de son kimono avec précaution, se tourne vers les premiers flocons de neige qui tombent avec lenteur comme s'ils cherchaient à s'envoler pour repartir vers le ciel.
- Dans ce cas, dit-elle en la regardant de toute sa hauteur, contentez-vous d'observer et de tendre l'oreille comme vous le faites toujours. Ainsi, vous aurez droit à la représentation la plus étrange que l'on peut faire de cette magnifique pièce.
Bon...euh...comment dire, qu'en pensez-vous ? Est-ce que ça va ? On avance quand même un peu là non ? :S, non ? Ce n'est pas trop bizarre ? Je veux dire le début et la fin et même le milieu ? XD Je veux dire, comment trouvez-vous Shima Namikaze ? Et la "réconciliation" de Suigestu et de Gaara ? (Je mets entre "" parce que, hein...enfin vous verrez) et bien sûr, la scène hot entre nos deux protagonistes ? Rassurez-vous d'ailleurs, le lemon n'est pas dans trop longtemps, peut-être dans le suivant ou celui d'après, je ne sais pas encore.
Reviews ? Tomates ? Courgettes ? Caca de chien ?
