Chapitre 21 Cadeaux Surprises.
Lorsque que Morgan sortit du doux rêve qui l'avait bercé tout au long de la nuit, il lui fallut un temps avant de se rappeler où il était. Après plusieurs minutes de tentatives de réveil, il se souvint des cadeaux qui devaient sûrement l'attendre, et du délicieux diner de ce soir. Il se leva donc en hâte et se précipita dans la salle commune. Tom l'attendait déjà, un livre entre les mains :
- Enfin, sourit celui-ci, pendant un instant j'ai cru que tu reniais noël.
- Pff, comme si c'était possible, renifla Morgan en se précipitant près du sapin.
Tom déposa son livre, non sans avoir pris soin d'y mettre un marque page, et rejoignit son ami qui tremblait de bonheur devant la dizaine de cadeaux.
- Tout ça… c'est vraiment pour nous ? demanda t'il abasourdi.
- Oui, déclara Tom en s'asseyant près de lui, le visage amusé. J'ai bien vérifié, ils sont tous à nos noms.
- Alors qu'est ce qu'on attend pour les ouvrir ? demanda Morgan aussi excité qu'un enfant de cinq ans.
Pour toute réponse, Tom prit un paquet et le tendit à Morgan :
- C'est de ma part.
Morgan s'empressa de déchirer le papier cadeau et découvrit une boite immense de bonbons de toute sorte, pour son plus grand bonheur.
- Tu t'abstiendras de tous les manger comme la dernière fois, annonça l'Héritier de Serpentard. Je ne voudrais pas que tu sois de nouveau malade.
- Oui, pas de problème, répondit il en dévorant tout de même un chocolat.
Avec un soupir de désespoir, Tom se servit et prit une dragée de Berti Crochu, cependant il dut la recracher aussitôt : elle était à l'huile de foie de morue. Pris d'un fou rire devant l'air déconfit du garçon, Morgan lui présenta un paquet emballé avec du papier jaune, qui ne tarda pas à être arraché.
- Pas mal, s'exclama Tom en ouvrant la boite.
Morgan lui avait acheté une nouvelle plume d'oie pour écrire, assortie de bouteilles d'encres de différentes couleurs, il y avait également un petit livre noir qui ressemblait à une sorte de journal intime.
- Je sais que tu n'écris pas tes mémoires, dit Morgan un peu gêné, mais comme tu as pas mal de traduction… je pensais que ça pourrait te servir de brouillon, enfin fais en ce que tu veux.
- Hum, je lui trouverai bien une utilité, annonça t'il en feuilletant les pages vierges.
L'ayant reposé, il prit l'autre boite que le garçon lui tendit. C'était son deuxième cadeau :
- Le Latin : dictionnaire complet version Sorcière et Moldu. Voila qui va m'être plus utile que les vieux livres de la bibliothèque.
- Je crois oui. Mes cadeaux te plaisent ? demanda Morgan un peu mal à l'aise.
- Ils sont parfaits, le rassura t'il. Tu as fait un bon choix. Pour te récompenser, voici ton deuxième présent.
Morgan se dépêcha de l'ouvrir et vit une paire de gant en cuir noir.
- Ils sont en peau de dragon, l'instruisit Tom. Tu me feras plaisir de les mettre chaque fois que tu es sur le point d'utiliser ton poignard, ça évitera de te faire empoisonner à l'avenir.
- D'accord, promit le garçon en les enfilant. Ils sont très confortables.
Ils prirent ensuite les autres cadeaux et regardèrent le nom de ceux qui les avaient envoyés.
- J'ai un cadeau avec les initiales G.G, avoua Morgan. Qui ça peut être ?
- Morgan, triple imbecile!! S'écria Tom. G.G comme Gellert Grindelwald! Ouvre-le vite.
Il ne se le fit pas répéter deux fois. Il découvrit un livre intitulé Astuces et pratiques des armes blanches pour sorcier débutants ainsi qu'un message.
Je pense que cela vous sera utile, bien que ça ne remplace jamais la pratique. Il vient de ma collection personnelle, prenez en donc soin.
Au plaisir de vous revoir,
Gellert Grindelwald.
- Je n'en reviens pas. il m'a offert quelque chose. S'exclama Morgan, très étonné. Il t'en a envoyé un aussi ?
Tom farfouilla parmi les paquets et en découvrit effectivement un. C'était aussi un livre mais le sujet était Apprentissage des Informulés. Un mot y était également glissé.
Vous sembliez fort intéressé par ce savoir-faire, c'est pourquoi je n'ai pas pu m'empêcher de vous envoyer cet ouvrage. Tachez tout de même de ne pas pratiquer trop souvent : cela demande une énorme quantité de magie.
Il me tarde de vous affronter dans un véritable duel pour voir tenir votre promesse,
Gellert Grindelwald
- Mais c'est qu'il me cherche en plus, grogna Tom.
- C'est sympa de sa part, sourit Morgan. Mais j'ai la désagréable impression de me faire acheter.
- Je parie qu'il aimerait nous avoir dans son armée. Il peut toujours courir, je suis seul maitre, mais je ne dirais pas non s'il nous apprend certaines choses.
- Hum. C'est de qui les autres paquets ?
- Alors… tiens, en voila un de Slug.
- J'en ai un aussi de sa part, annonça Morgan.
Ils les déballèrent et découvrirent un cadeau en commun : un manuel avancé de potion. Ils lurent aussi la même lettre.
Je n'ai pas pour habitude de favoriser mes élèves, mais je pense que cela vous permettra de satisfaire votre soif de connaissance.
Horace E. F. Slughorn
- « Pas l'habitude de favoriser mes élèves », ricana Tom. La bonne blague.
- Il ne s'est pas foulé non plus. La même lettre et le même cadeau…
- Bah, qu'importe. Ça nous sera toujours utile. Il faudra penser à le remercier ce soir.
- Tu ne devineras jamais qui m'envoie le dernier cadeau, annonça Morgan.
- Ne me dit pas que c'est Mêle Tout Dumbledore !? S'horrifia Tom.
- Non c'est de Walburga Travers. Tu te souviens, celle qu'on a piégée dans la forêt interdite.
Intrigué, il prit le paquet des mains de Morgan et sortit sa baguette afin de s'assurer que le colis n'était pas dangereux. Après plusieurs examens, il n'en découvrit aucune menace. Son ami put alors l'ouvrir, rassuré. Ils découvrirent une épée de la taille d'un crayon sculpté en cristal.
- Pourquoi elle m'envoie ça ? demanda Morgan, interloqué.
- Morgan Eliacin !! Siffla Tom de mauvaise humeur. Tu n'as pas fini ton livre sur les coutumes des Sang Pur. Avoue !
- Euh, non… enfin pas tout à fait, se justifia le garçon pris en faute. Pourquoi ?
- Parce que tu saurais que c'est un objet de provocation en duel. Quand une famille de haute lignée te l'envoie, ça veux dire qu'elle a été offensée d'une quelconque manière. Lorsque le cristal devient rouge, ça signifie un appel au combat dans la minute qui suit ; quand le cristal est brisé, ça signifie que l'offenseur est pardonné pour sa faute.
- Donc elle me provoque en duel, compris Morgan.
- Je dirais plutôt qu'elle nous l'expédie pour tous les deux, mais c'est ça.
- Du moment que le duel n'a plus lieu devant toute l'école, je m'en fiche, déclara Morgan en haussant les épaules.
- On réglera ce détail en temps et en heure. Je pense que ce duel aura lieu après la rentrée. Pour l'heure, concentrons-nous plutôt sur le parchemin de Serpentard.
Morgan fut évidemment d'accord, cela faisait trop longtemps que cette énigme les narguait. Il avait hâte de pouvoir enfin la résoudre.
Le reste de la journée fut consacré au rangement de chaque présent et surtout à l'amusement. N'ayant aucune envie de s'atteler de suite à lire les livres reçus, Morgan avait décidé que le château était décidément trop calme. Il retrouva Peeves en train d'écrire des grossièretés sur un tableau dans l'une des salles et lui proposa de faire tourner en bourrique certains membres du personnel choisis « soi disant » au hasard. Personne, même pas Tom, ne savait que Morgan avait réussi à se faire apprécier de l'esprit frappeur, il avait suffit de lui proposer un défi et de rire de ses blagues pour que ce dernier en vienne à le respecter suffisamment pour lui obéir quelques peu, enfin « obéir » était un grand mot… mais du moment que l'ordre semait le chaos sur Poudlard ça lui convenait. Malfoy en avait fait les frais plus d'une fois.
Le garçon put ainsi voir le garde chasse Ogg se faire voler la plupart de ses ustensiles de jardinage sous son nez, à essayer de les récupérer par tous les moyens. Á la poursuite de Peeves, il ne vit pas le piège que lui avait préparé Morgan, et se fit enfermer dans les toilettes pour fille au quatrième étage.
La deuxième victime fut le concierge, Apollon Picott, qui avait eu le malheur de s'en prendre à Morgan un jour où il s'était perdu dans le château, depuis, il s'était toujours promis de le lui faire payer. Peeves avait accepté avec plaisir les bombabouses que Morgan lui avait donnés et en avait lancé partout dans l'aile ouest. Fulminant de colère, pestant contre l'esprit frappeur, il le poursuivit également jusqu'à ce qu'il se fasse enfermer dans un placard à balai au bon soin de Morgan qui lui avait jeté discrètement un sort de confusion au passage.
- Hé, gamin !! S'exclama joyeusement Peeves alors qu'ils quittaient le lieu de leur crime. Regarde ce que je lui ai pris !!
- Un trousseau de clé ?
- Mais pas n'importe lequel, précisa l'esprit en tournoyant dans les airs. C'est le passe partout du château, ce crétin de concierge s'en sert pour aller paaaaaarrtout. Avec tu peux ouvrir toute les salles interdites.
- Même la réserve ? demanda son complice intéressé.
- Partout, partout, partout ! Chanta Peeves. Picott picore, il nettoie, il mord ! Picott picore…
- Et que vas-tu faire de ces clés ?
- Picott picore! Picott picore! Ah, ah, ah. Rien, pas besoin, pas besoin…
Sur cette stupide et ridicule chanson, Peeves lança les clés au loin, Morgan se précipita pour les ramasser, conscient que ça pourrait un jour lui servir et les cacha dans sa poche.
Quand 18h30 sonna, le garçon retourna dans sa salle commune afin de se préparer au banquet, il retrouva Tom qui avait passé l'après midi à lire.
- Mais où est ce que tu étais ? demanda celui-ci.
- Euh, je me suis amusé un peu.
Soupçonneux, il ne rajouta cependant plus rien et laissa Morgan retourner dans sa chambre.
Le réveillon fut un succès. Entre les dindes rôties, les saucisses grillées, les sauces onctueuses et les légumes cuits, Morgan ne savait plus où donner de la tête tant c'était délicieux. Grâce aux pochettes surprises magiques, ils avaient reçu des jeux d'échecs version sorcier, des ballons lumineux increvables, et des pétards. Ils eurent même droit à des souris vivantes et, d'un commun accord, ils avaient décidé de les garder pour permettre à Shad de faire un bon repas. Quand Dippet, rouge à cause du vin qu'il buvait, s'était étonné de l'absence du garde chasse et du concierge, Morgan était resté impassible mais le sourire qu'il fit discrètement au souvenir de sa mauvaise blague n'échappa pas à Tom qui le soupçonna d'y être pour quelque chose. Quand ils quittèrent la table, les bras remplis de gâteaux et de jouets, Tom lui fit part de son impression, bien entendu Morgan ne chercha pas à lui mentir, c'était inutile :
- Bon j'avoue. J'ai enfermé Ogg et Picott dans des pièces différentes, comme je m'ennuyais, j'ai décidé de m'amuser un peu.
- Rassure moi, ils ne t'ont pas reconnu ? demanda Tom, un sourire amusé sur le visage.
- Bien sur que non. J'ai eu un professeur hors pair pour m'apprendre à jouer de vilains tours en toute discrétion, dit-il en regardant Tom avec malice.
- Vraiment, fit Tom d'un air faussement surpris. C'est drôle, je ne vois pas de qui tu parles. Mais puisque tu t'ennuies tant que ça, laisse moi te rappeler qu'on actionne le mécanisme demain à 9h du matin alors tache de ne pas être en retard.
- Compris, my lord ! annonça Morgan en riant.
Bizarrement, Tom aima particulièrement le titre que venait de lui donner son ami. Qui sait, peut être que plus tard, il se ferait appeler ainsi… qui sait.
