Bonjour, bonne lecture à vous !
Rentrée et retenues
George bougea lorsque le réveil (Molly hurlant dans les escaliers) le réveilla et Thalia grogna dans son sommeil, agacée qu'on la dérange. George s'extirpa de son lit et Thalia se renfonça dans le lit avec un soupir de bien être. Fred eut un sourire machiavélique et George fit mine de ne rien voir. Thalia sursauta quand le coussin atterrit sur sa tête et regarda Fred avec un air déterminé. Une bataille de polochons mémorable eut lieu -George les avait finalement rejoints- jusqu'à ce que Molly et Sirius ne viennent l'interrompre. Sirius esquissa un sourire nostalgique alors que Molly les enjoignait à se dépêcher afin de ne pas manquer le Poudlard Express.
Avec un soupir, ils rangèrent le désordre qu'ils avaient mis, engloutirent un petit déjeuner et attendirent l'escorte d'Harry qui ne devait pas tarder à arriver. Comme si Voldemort allait l'attaquer à la gare, tiens ! Thalia leva les yeux au ciel. Enfin, une fois ce petit monde prêt, ils se rendirent à la gare Kingscross. Il fallut quelques instants à Thalia avant qu'elle ne se rende compte que Patmol les avait accompagnés. Molly souffla, regardant de tous côtés. Mais personne ne faisait attention au chien qui gambadait autour d'eux.
Le chien fit signe à Harry et Thalia qui le suivirent dans une pièce désaffectée où il reprit forme humaine pour les serrer contre lui.
- Faîtes attention à vous !
Il leur fit ensuite un clin d'oeil puis se retransforma et alla s'asseoir en remuant la queue à côté de Molly. Apercevant les Malefoy, Thalia dit au revoir aux Weasley et à l'escorte d'Harry et se dirigea vers eux.
- Bravo pour ton insigne. Je te dirais bien de t'en montrer digne, mais...Dit Lucius avec un air fataliste.
Thalia esquissa un sourire désolé alors que Narcissa lui replaçait une mèche de cheveux. Drago bombait fièrement le torse pour que l'on voie bien son propre insigne. Thalie retint un rire moqueur.
- Est-ce que je dois rentrer à Noël ?
Sous-entendu est-ce que Voldemort ferait en sorte qu'elle rentre.
- Non. Tu pourras le passer à Poudlard. Allez-y, le train va partir.
Sur ces paroles, Thalia et Drago entrèrent dans le train et les jumeaux rejoignirent Thalia afin de prendre sa valise.
- On se retrouve après ta réunion !
Thalia se rendit directement dans le compartiment des Préfets-en-Chefs où l'attendait son homologue, de Serdaigle, Cameron Smitters. Celui-ci la dévisagea étrangement. Encore un qui lisait la gazette...Thalia l'ignora et les préfets de cinquième année firent leur arrivée. Il y avait forcément Ron et Hermione pour Gryffondor, comme elle le savait déjà. Pour Serpentard, il s'agissait de Drago et de Pansy Parkinson. Pour Serdaigle, de Padma Patil et Anthony Goldstein. Et enfin pour Poufsouffle, Ernie Macmillan et Hannah Abbot.
- Bonjour tout le monde ! Commença Cameron. Black et moi sommes là pour vous expliquer en quoi consiste le poste de Préfet. Et contrairement aux rumeurs répandues aucun préfet, qu'il soit Préfet-en-Chef ou non, n'a jamais eu d'appartements privés.
Vu la façon dont il prononça son nom, il croyait la gazette.
- Les préfets ont toute autorité pour retirer des points et donner des retenues.
- Tout cela en étant impartial, bien sûr. Il ne s'agit pas de retirer des points à quelqu'un que l'on n'aime pas ou de s'amuser à terrifier des première année. Continua Thalia. Vous devrez vous arranger entre vous concernant les rondes que vous aurez à faire. Des questions ?
Hermione prit le monopole et Thalia et Cameron lui répondirent patiemment. Enfin, une fois la réunion terminée, Smitters se tourna vers la jeune fille.
- Tu y crois vraiment, à son retour ?
- Je l'ai vu, souffla-t-elle.
Il la fixa comme si elle était folle et elle haussa les épaules. Peu lui importait s'il la croyait ou non. Elle fit les compartiments à la recherche de son duo préféré, sous les regards curieux, dégoûtés et incompréhensifs de certains. Merci la gazette. Enfin, après ce qui lui parut des heures, elle les trouva en train de faire l'inventaire de leur boîte à flemme avec Lee. Elle soupira et s'installa à côté de George qui passa un bras sur ses épaules.
- J'en ai marre d'attirer l'attention de tous.
- C'est ça d'être une Black ! Soupira fatalement Fred.
Thalia soupira et se colla contre George en regardant par la fenêtre d'un air morose. Elle ne participa guère aux conversations, ressassant les regards auxquels elle avait droit. George la secoua par l'épaule lorsqu'ils arrivèrent et elle émergea d'un sommeil paisible avec surprise, la tête sur les genoux de son petit ami. Elle s'étira, étonnée d'avoir réussi à dormir avec le bruit qu'ils faisaient avec leurs batailles explosives. Le quatuor prit ses affaires et chercha une calèche. George passa une main devant le visage de Thalia quand celle-ci se figea devant une calèche et pâlit brusquement.
- Qu'est-ce qu'il y a ?
- Ce sont des sombrals qui tirent les calèches.
George se contenta de prendre sa main dans la sienne et de la serrer, fort. Ils montèrent en calèche, Thalia regardant le dos de l'animal se mouvoir.
- C'est impressionnant. Dire qu'on pensait qu'elles venaient magiquement à l'école…
Les trois garçons eurent un frisson en imaginant la bête.
- Et concernant Tu-Sais-Qui ? Demanda Lee.
Thalia secoua la tête.
- Je ne peux pas en parler. On m'a jeté un interdit. Sinon, vous comptez commencer ce soir avec les boîtes à flemme ?
- Et pas qu'un peu ! Dit Fred. C'est le meilleur moment, à la veille de la rentrée. On va commencer par les Nougats Néansang.
Thalia esquissa un sourire et suivit le mouvement pour entrer au château une fois que la calèche -ou plutôt le sombral- se fut arrêtée. Ils s'installèrent à la table des Gryffondors une fois arrivés, et McGonagall lança un regard sévère mais inquiet à Thalia. Celle-ci détourna le regard et regarda les première année derrière elle qui suivaient. Ils avaient l'air apeurés. En même temps en pleine guerre…Puis le choixpeau fit son entrée et elle s'intéressa à sa chanson pour une fois.
« Au temps anciens lorsque j'étais tout neuf
Et que Poudlard sortait à pein' de l'oeuf
Les fondateurs de notre noble école
De l'unité avaient fait leur symbole
Rassemblés par la même passion
Ils avaient tous les quatre l'ambition
De répandre leur savoir à la ronde
Dans l'école la plus belle du monde
« Ensemble bâtissons et instruisons ! »
Décidèrent les quatre compagnons
Sans jamais se douter qu'un jour viendrait
Où la destinée les séparerait.
Toujours amis à la vie à la mort
Tels étaient Serpentard et Gryffondor
Toujours amies jusqu'à leur dernier souffle
Tell's étaient aussi Serdaigle et Poufsouffle.
Comment alors peut-on s'imaginer
Que pareille amitié vienne à sombrer ?
J'en fus témoin et je peux de mémoire
Vous raconter la très pénible histoire.
Serpentaird disait : « Il faut enseigner
Aux descendants des plus nobles lignées »,
Serdaigle disait : « Donnons la culture
A ceux qui ont l'intelligence sûre »,
Gryffondor disait : « Tout apprentissage
Ira d'abord aux enfants du courage »,
Poufsouffle disait : « Je veux l'équité
Tous mes élev' sont à égalité. »
Lorsqu' apparur'nt ces quelques divergences
Elle n'eur'nt d'abord aucune conséquence
Car chacun ayant sa propre maison
Pouvait enseigner selon sa façon
Et choisir des disciples à sa mesure.
Ainsi Serpentard voulait un sang pur
Chez les sorciers de son académie
Et qu'ils aient comme lui ruse et rouerie.
Seuls les esprits parmi les plus sagaces
Pouvaient de Serdaigle entrer dans la classe
Tandis que les plus brav's des tromp'-la-mort
Allaient tous chez le hardi Gryffondor.
La bonn' Poufsouffl' prenait ceux qui restaient
Pour leur enseigner tout ce qu'ell' savait.
Ainsi les maisons et leurs fondateurs
Connurent de l'amitié la valeur.
Poudlard vécut alors en harmonie
De longues années libres de soucis.
Mais parmi nous la discorde grandit
Nourrie de nos peurs et nos folies.
Les maisons qui sont comme quatre piliers
Soutenaient notre école et ses alliés
S'opposèrent bientôt à grand fracas
Chacune voulant imposer sa loi.
Il fut un temps où l'école parut
Tout près de sa fin, à jamais perdue.
Ce n'étaient partout que duels et conflits
Les amis dressés contre les amis
Si bien qu'un matin le vieux Serpentard
Estima venue l'heur' de son départ.
Et bien que l'on vit cesser les combats
Il laissait nos coeurs en grand désarroi.
Et depuis que les quatre fondateurs
Furent réduits à trois pour leur malheur
Jamais plus les maisons ne fur'nt unies
Commes ell's l'étaient au début de leur vie.
Maintenant le Choixpeau magique est là
Et vous connaissez tous le résultat :
Je vous répartis dans les quatr' maisons
Puisque l'on m'a confié cette mission.
Mais cette année je vais en dir' plus long
Ouvrez bien vos oreilles à ma chanson :
Bien que condamné à vous séparer
Je ne peux m'empêcher de douter
Il me faut accomplir ma destinée
Qui est de vous répartir chaque année
Mais je crains que ce devoir aujourd'hui
N'entraîne cette fin qui m'horrifie
Voyez les dangers, lisez les présages
Que nous montrent l'histoire et ses ravages
Car notre Poudlard est en grand péril
Devant des forces puissantes et hostiles
Et nous devons tous nous unie en elle
Pour échapper à la chute mortelle
Soyez avertis et prenez conscience
La répartition maintenant commence. »
Les anciens élèves échangèrent des regards surpris. Et pour cause : c'était bien la première fois que le Choixpeau chantait une chanson aussi longue. Et qui les enjoignait à tous s'unir sous le même drapeau, maisons confondues. Même les jumeaux étaient restés sérieux durant la chanson. Ils le furent cependant moins pendant la répartition, Thalia également. Elle fixait juste les première année terrifiés s'avancer vers le Choixpeau et se faire répartir, le regard absent. Puis Dumbledore leur souhaita un bon appétit et le repas apparut, par magie, comme toutes les années. Il y eut plus de bruit, même si la chanson fut commentée de tous côtés. Puis le repas fini, Dumbledore se leva une nouvelle fois.
Thalia ne s'intéressa pas vraiment à ce qu'il racontait jusqu'à que le professeur de défense contre les forces du mal -toute de rose vêtue- ne soit présente et n'ait le culot d'interrompre le directeur.
- Hum hum. Merci, cher directeur pour ces aimables paroles de bienvenue. Je dois dire que c'est un grand plaisir de revenir à Poudlard et de voir tous ces joyeux petits visages levés vers moi !
En regardant, on s'apercevait qu'aucun visage levé vers elle n'était joyeux mais plutôt agacé de se voir traité comme des gamins de cinq ans.
- J'ai hâte de vous connaître tous et je suis sûre que nous deviendrons vite de très bons amis !
Thalia étouffa un ricanement et attira momentanément l'attention d'Ombrage.
- Le ministère de la magie a toujours accordé une importance primordiale à l'éducation des jeunes sorcières et des jeunes sorciers. Les quelques dons que vous avez pu recevoir à votre naissance ne se révéleraient pas d'une très grande utilité si une instruction attentive ne se chargeait pas de les cultiver et de les affiner. L'ancien savoir dont la communauté des sorciers est l'unique dépositaire doit être transmis aux nouvelles générations, si nous ne voulons pas qu'il se perde à jamais. Le trésor de la connaissance magique amassé par nos ancêtres doit être conservé, enrichi, bonifié par ceux qui sont appelés à la noble mission de l'enseignement. Chaque directeur, chaque directrice de Poudlard a apporté quelque chose de nouveau en accomplissant la lourde tâche de gouverner cette école historique et c'est ainsi qu'il doit en être car l'absence de progrès signifie la stagnation puis le déclin. Mais le progrès pour le progrès ne doit pas être encouragé pour autant, car nos traditions éprouvées par le temps n'ont souvent nul besoin d'être modifiées. Un équilibre entre l'ancien et le nouveau entre la pérennité et le changement, entre la tradition et l'innovation…
Qu'est-ce que c'était que ce discours ? Se demanda Thalia en décrochant et en échangeant un regard lourd d'ennui avec ses amis.
-...Car certains changements seront pour le mieux alors que d'autres, à l'épreuve du temps, apparaîtront comme des erreurs de jugement. De même, certaines coutumes anciennes seront conservées à juste titre tandis que d'autres, usées et démodées, devront être abandonnées. Aussi, n'hésitons pas à entrer dans une nouvelle ère d'ouverture, d'efficacité, de responsabilité, avec la volonté de préserver ce qui doit être préservé, d'améliorer ce qui doit être amélioré, et de tailler dans le vif chaque fois que nous serons confrontés à des pratiques dont l'interdiction s'impose.
Et enfin s'acheva ce long discours qui ne disait qu'une chose finalement : le ministère allait se mêler des affaires de Poudlard.
Allongée sur son lit à baldaquin, Thalia fixait le plafond. Elle aurait du mal à dormir, elle le savait. George ne serait pas près d'elle pour la rassurer. Angelina et Alicia se préparaient pour la nuit sans pour autant sembler se soucier d'elle. Thalia les connaissait. Elle savait qu'elles ne croyaient pas ce que disait la Gazette. Mais qu'elles ne savaient pas non plus que croire. Alors elle préféra les laisser cogiter et se tourna sur le côté en serrant un tee-shirt de George entre ses doigts crispés.
Le lendemain, Angelina et Alicia se firent plus chaleureuses avec elle. Thalia leur fit un sourire reconnaissant, cela changeait de tous les autres élèves. Une fois prête, elle descendit rejoindre ses amis dans la salle commune et perçut le regard chargé de colère d'Hermione se poser sur elle et plus particulièrement sur son insigne. Elle se planta devant elle et lui mit un parchemin entre les mains.
DES GALLIONS A FOISON
Votre argent de poche n'arrive pas à suivre vos dépenses ?
Un peu d'or en plus serait le bienvenue ?
N'hésitez pas à prendre contact
avec Fred et George Weasley et Thalia Black, pièce commune des Gryffondors,
pour petits travaux à temps partiel,
simples et quasiment sans douleur.
( nous avons le regret de préciser que les candidats devront agir à leurs risques et périls).
- Eh bien ?
- Que comptes-tu faire ?
- Faire ? Mais rien, Hermione. C'est moi qui ai rédigé ce parchemin, c'est pour nos affaires tu sais. Les élèves sont prévenus de ce qui les attend je ne vois donc pas où est le problème.
- Le problème c'est que tu es Préfete-en-Chef, tu n'es pas censée cautionner ça ! Se scandalisa Hermione.
- J'ai toujours été comme ça, je ne changerais pas pour un titre, même si je suis fière de succéder à ma mère. Autre chose ?
Hermione croisa les bras d'un air rageur et ne redit rien. Fred et George prirent chacun un bras de Thalia et ils quittèrent la salle commune en riant alors qu'Hermione déchirait le parchemin d'un air rageur.
Angelina s'installa à côté de Fred et fixa les trois Gryffondors, tout en saisissant la main de Fred.
- J'ai été nommée capitaine de l'équipe de Quidditch de Gryffondor.
Thalia et George la félicitèrent alors que Fred semblait déjà au courant.
- Maintenant qu'Olivier est parti, nous avons besoin d'un nouveau gardien. On fera des essais vendredi à cinq heures et je veux que l'équipe soit là au complet, d'accord ? Comme ça on cherchera quelqu'un avec qui tout le monde puisse s'entendre.
- Ca marche !
Fred et George essayèrent une fois de plus de convaincre Hermione des bienfaits des boîtes à flemme, mais ce fut sans succès. Thalia se leva pour distribuer les emplois du temps sous le regard approbateur de sa directrice de maison. Ils finirent le déjeuner et se dirigèrent vers leur premier cours, défense contre les forces du mal.
- Bonjour ! Rangez vos baguettes et sortez vos plumes !
Tout le monde échangea un regard lourd de sens et d'ennui. Pas de baguette signifiait pas de pratique. Rien de bien intéressant pour un premier cours. Cette femme l'horripilait, songea Thalia. Tout ce rose faisait mal aux yeux et semblait trop...Trop joyeux par les temps qui couraient. Et surtout, ça ne correspondait pas à la personnalité de la femme.
- Votre enseignement dans cette matière n'a pas été des meilleurs. Je vais tâcher de rectifier cela. Ouvrez votre livre et lisez le premier chapitre.
Thalia leva la main et Ombrage jeta un regard dégoûté sur elle.
- Oui ? Miss Black ?
- Et pour la pratique ?
- La pratique ? Mais la théorie vous suffit amplement à votre âge voyons !
- Et on se défendra comment contre Voldemort ? Continua Thalia.
- Ne prononcez pas ce nom ! Et tout le monde sait que ce mage noir est mort et enterré depuis quatorze ans maintenant.
- Je l'ai vu ! Voldemort a tué Cédric devant moi ! S'énerva Thalia.
- NE PRONONCEZ PAS CE NOM !
- VOLDEMORT, VOLDEMORT, VOLDEMORT ! Hurla Thalia en claquant les mains sur son bureau et en se levant.
- Assez ! Retenue tous les soirs de la semaine avec moi. Asseyez-vous et lisez votre chapitre !
- Vous comptez étouffer son retour ? Et que se passera-t-il quand il assassinera vos familles ?
- Je vous ai dit de vous asseoir !
Sous les yeux ébahis des élèves, Thalia se baissa et ramassa son sac.
- Je ne m'assiérais pas sans rien dire dans un cours aussi inutile que le vôtre !
- Vingt points en moins pour Gryffondor ! Asseyez-vous et je fermerai les yeux sur votre attitude.
- Gardez-les grands ouverts et ne manquez rien du spectacle. Ce ne sera pas la première ni la dernière fois !
Et sur ces mots, elle quitta le cours en claquant la porte avec une violence toute calculée. Ombrage mit plusieurs minutes à calmer les élèves qui commentaient ce qui venait de se passer à grands cris. Black était donc vraiment devenue folle après le tournoi comme le disait la Gazette ? Il paraissait que la mort de Cédric l'avait rendue folle et qu'elle avait convaincu Potter du retour de Vous-Savez-Qui grâce à un sort de confusion. Il y en a même qui assuraient que c'était elle qui l'avait tué.
Elle fut convoquée dans le bureau de McGonagall par la suite. Celle-ci la fixa d'un regard insondable. Elle voulait battre Dumbledore ou quoi ?
- Faîtes attention à vos faits et gestes, Miss Black. Un professeur comme le professeur Ombrage ne doit pas être mis à dos. Elle a les pouvoirs de vous faire vivre un véritable enfer à Poudlard.
- Ca m'est égal. Je n'ai fait que dire la vérité.
- Dire la vérité n'est pas toujours le meilleur angle d'attaque, sachez-le. Que je n'apprenne plus que vous l'avez défié ou je vous mettrais moi même en retenue. Or, vous avez vos ASPIC cette année, sans oublier la coupe de Quidditch que je veux revoir sur mon bureau cette année.
Thalia ne répondit pas et quitta le bureau.
Le soir même, elle était plutôt morose dans la salle commune des Gryffondor. Harry était dans le même état qu'elle et pour cause : il avait fait exactement la même chose. C'était bon de se sentir soutenu par quelqu'un. Des éclats de voix attirèrent leur attention. Fred, George et Hermione.
- Je vous ai dit ce matin que vous n'aviez pas le droit de les utiliser sur des élèves !
- Mais on les paye ! S'indigna Fred.
- Je m'en fiche, ça peut être dangereux !
- N'importe quoi !
- Calme-toi, Hermione ! Ils sont en pleine forme !
- Je ne peux pas vous laisser faire ça ! Imaginez que l'un d'entre eux tombe réellement malade ?
- Ca ne peut pas les rendre malades, on les as déjà testés sur nous, c'est simplement pour voir si tout le monde réagit de la même façon.
- Si vous n'arrêtez pas tout de suite, je vais…
- Nous faire copier des lignes ? Demanda Fred d'un air moqueur.
- Nous donner une retenue ? Continua George.
- Non, mais je vais écrire à votre mère.
- Tu ne ferais pas ça ?
- Oh que si, je le ferais. Je ne peux pas vous empêcher de manger vous-mêmes vos cochonneries, mais il n'est pas question que vous en donniez aux premières années.
La dispute s'arrêta là, les jumeaux rangèrent leurs affaires tout en jetant un regard mauvais à la nouvelle préfète. Angelina arriva d'un air fâché et se planta devant Thalia et Harry.
- Bravo à tous les deux. Ton numéro de ce matin était-il vraiment nécessaire, Thalia ? Et toi, Harry ? Vous avez pensé aux sélections ? Je vous avais bien dit que je voulais tout le monde, non ?
- Je ne vais pas dire que Voldemort n'existe pas juste pour te faire plaisir et aller à l'entraînement, dit Thalia.
- Eh bien dans ce cas, sache que tu n'es pas indispensable dans l'équipe dit Angelina avant de quitter la salle commune.
Thalia soupira et se rendit à sa retenue, avec une boule dans la gorge. Elle ne savait pas pourquoi, mais elle ne la sentait pas cette colle. Harry avait seulement hérité du vendredi, lui. Elle toqua et entra.
- Bonsoir, Miss Black. Installez-vous. Vous allez recopier des lignes. « Je dois rester à ma place. »
- Bonsoir. Combien de fois ?
- Oh, jusqu'à ce que le message...Rentre. Vous vous en rendrez compte toute seule.
Thalia haussa les épaules et prit la plume.
- Il n'y a pas d'encre, madame.
- Vous n'en aurez pas besoin, assura Ombrage avec un étrange sourire.
La Préfète-en-Chef se mit au travail et écrivit donc sans encre, jusqu'à sentir une douleur dans la main et le message s'y inscrire. Lucius lui avait un jour parlé de ces plumes. C'était donc Ombrage qui avait inventé un tel instrument de torture ?
- Oui ? Demanda Ombrage avec un horrible sourire quand Thalia émit un petit gémissement.
- Rien, professeur.
- Vous savez que vous méritez cette punition. Ce ne serait que de moi, je vous aurais retiré votre insigne de Préfète-en-Chef. Mais je n'ai malheureusement pas encore ce privilège.
Et ses paroles lui firent froid dans le dos parce que cela signifiait qu'elle finirait par avoir ce pouvoir. Et même si elle ne faisait pas le travail de Préfet-en-Chef aussi parfaitement qu'il devait être fait, elle y tenait. Elle faisait la fierté de son oncle, de son père et de son parrain avec cet insigne. Pas question d'y renoncer !
Elle cacha du mieux qu'elle le put sa blessure à ses proches et cela marcha. Il n'y a qu'Harry qu'elle mit en garde. Le vendredi arriva. Ils croisèrent Ron, qui cachait un balai dans son dos. Visiblement, il allait tenter sa chance comme gardien de l'équipe de quidditch de Gryffondor. Il n'y avait donc plus qu'à espérer qu'il soit pris au poste.
Harry ne reçut pas la même phrase que Thalia. « Je ne dois pas dire de mensonges » s'inscrivit à l'encre rouge sur sa main. Malgré que Thalia l'eut prévenu, il fut surpris par la douleur. Quelques heures plus tard, ils sortirent de son bureau et cheminèrent en silence jusqu'à leurs dortoirs. Arrivés à la salle commune, ils se mirent à travailler sur leurs devoirs. Thalia n'en pouvait plus. Avec les ASPIC, ils étaient surchargés de devoirs et elle rentrait toute la semaine à onze heures du soir à cause de ses retenues avec Ombrage. Elle se demandait encore comment elle avait tenu le coup cette semaine.
Elle se sentit lâcher sa plume et s'endormir sur son devoir de potions.
- Thalia ? Mais c'est quoi sur ta main ?
Elle sursauta et ouvrit un regard ensommeillé, les marques de son devoir sur la joue. George tenait sa main droite et la fixait avec horreur.
- C'est ça, ses retenues ?
- T'en fais pas, je mettrais de l'essence de Murlap dessus et ce sera comme si de rien n'était.
- Tu dois le dire ! Insista George en caressant sa peau boursouflée.
- A qui ? Elle agit au nom du ministère, George. Sur ce coup nous sommes totalement seuls.
Et c'est à ce moment que George se rendit compte que la guerre avait lieu au sein même de Poudlard. Et que c'était eux qui la menait.
Le règne du crapaud est arrivé ! Et elle n'a pas fini de se faire détester :) A demain !
