Chapitre 18 : Chevalerie et vieille sorcière.
« Allez, plan numéro... Euh, c'est quel numéro déjà ?
— Le treizième ?
— Ou alors le cent-dix-huitième ?
— Hein ? Mais ce n'est pas la même chose ! C'est bien trop éloigné comme chiffre ! On peut savoir d'où tu tiens un nombre si astronomique, Xavier ?
— Eh bien, j'ai pensé à tes cent-dix-septièmes autres plans qui ont échoués. Que cela soit contre le prof d'EPS ou Byron.
— Quoi, Nathan, tu as fait des plans pour te débarrasser de moi ?
— ... Mince, t'étais pas supposé savoir... marmonna Nathan. Bref, quoi qu'il en soit, cette fois, il va marcher ! Le plan « débarrassons nous des étrangers » commence !
— Tu veux dire, comme les douze autres plans ? rétorqua Byron.
— ... Rappelez-moi pourquoi je vous ai choisi, toi et Xavier, pour m'épauler ?
— Car personne d'autre ne voulait, sauf Mark, rappela Xavier en souriant.
— ... »
Nathan ne commenta pas. Était-ce nécessaire d'expliquer pourquoi il était préférable d'avoir Byron et Xavier à ses côtés à la place de Mark ? Surtout que ces derniers temps, l'un des nouveaux élèves, cet étrange Hector Hélio, aussi jovial que Mark, semblait toujours être à la recherche de leur capitaine.
« Est-ce que Mark Evans est avec vous ?... Oh, il joue sur le terrain, merci j'y vais de suite ! »
Cela sans que Nathan ne lui ait précisé sur quel terrain de foot, puisque Mark n'était pas sur celui de l'école mais à la rivière.
« Hey, Mark Evans, et si on allait faire une partie de football ? »
Cela, en plein cours de M. Hillman. Mais bon, comme il dormait car il avait accidentellement envoyé Jude au tableau, ce n'était pas très important.
Mouais, Hector Hélio semblait très bizarre, autant que l'autre idiot de son groupe, Edgar Partinus. Paolo Bianchi et Mark Krueger, eux, ne le dérangeaient nullement pour le moment, sinon que l'Américain portait le même nom que son meilleur ami, ce qui avait l'habitude de le déstabilisé.
« Hey, regardez ! » s'exclama soudainement Byron.
Nathan se pencha un peu plus à l'angle du mur, derrière lequel ils se cachaient tous les trois, et remarqua l'apparition de la principale (et aussi unique) cible de leur plan : son clone du futur.
Bon, en vrai, c'était sûrement juste une coïncidence qu'ils se ressemblent, mais il trouvait cette ressemblance très troublante et trouvait cela très agaçant d'être comparé à ce type.
Tranquillement, un étrange livre dans sa main droite, Edgar Partinus lisait tout en marchant, son éternel sourire moqueur sur le visage. Il ne faisait absolument pas attention à où il avançait, faisant sûrement confiance à son instinct.
« Fantastique, il regarde pas du tout devant lui ! marmonna Nathan d'un ton excité. Il va tomber ! »
Il faisait référence à une flaque d'eau qui se trouvait par pur hasard en plein dans le couloir. Bien sûr, il n'avait absolument rien à voir avec cette coïncidence qu'un seau d'eau soit tombé pile dans ce couloir, quelques secondes plus tôt.
Pourtant, dès qu'Edgar mit un centième de ses chaussures sur la flaque d'eau, il s'arrêta brusquement et passa une main dans les cheveux qui cachaient son œil droit, ricanant.
« Quel idiot je fais. Salir mes chaussures est indigne d'un gentleman. »
T'as pas le choix, de toute façon, sinon tu devrais faire un détour, pensa Nathan.
L'anglais recula et se retourna. Mais, à la grande surprise de Nathan (qui pensait que Monsieur-Snobisme allait renoncer à passer par ici, et ainsi faire tomber son plan à l'eau) Edgar se mit à faire un salto-arrière, qui le propulsa de l'autre côté sec du couloir.
Tandis que la mâchoire de Nathan se décrocha, non seulement parce qu'il était impressionner par les compétences acrobatique de son clone du futur, mais aussi parce qu'une fois encore son plan venait d'échouer, Byron le tira par son t-shirt pour le cacher à la vue d'Edgar, qui reprit son chemin comme si de rien n'était.
« Ce type est aussi increvable que le grand-père de Mark ! gémit Nathan alors qu'ils se retrouvèrent à la cafétéria à l'heure du déjeuner. Comment je suis censé me débarrasser de lui après ces treize plans échoués ? Le fer à cheveux dysfonctionnant a raté, car ce type se contente d'avoir une brosse à cheveux (alors que Byron utilise un fer à cheveux, donc ça aurait été logique qu'Edgar aussi) ; le coup de pimenter son plat marche pas non plus car il semble aimé le piment (du moins, s'il n'aime pas ça, il n'en a montré aucune réaction) et même l'absence de thé ne lui a rien fait alors que c'est un ANGLAIS et que donc, ça aurait dû le mettre en rogne ! (après tout, à quoi servent les clichés s'ils ne peuvent même pas être vrais, franchement !) Qui est ce type sérieusement ?
— ... Quelqu'un de chiant, lui répondit Byron du même ton geignard.
— Un anglais, donc, conclua Xavier avec un sourire, amusé par le comportement de ses deux coéquipiers. Allons, ne vous découragez pas si vous n'arrivez pas à le blesser assez pour qu'il ait envie de partir, ce n'est pas si grave.
— Je suis le seul qui trouve qu'il y a quelque chose de malsain dans ta phrase ? demanda Nathan.
— Sans doute, moqua Caleb.
— Enfin, quoi qu'il en soit, tu ne devrais pas abandonner, Nathan, reprit Xavier.
— Ah, et pourquoi donc ?
— Car revoilà l'anglais chiant qui revient. »
Nathan releva brusquement la tête, fusillant du regard Edgar qui venait d'entrer dans la cafétéria, ses yeux toujours rivés vers son livre. Avec une adresse impressionnante (c'est-à-même se demander si la chance ne lui souriait pas un peu trop), il esquiva les verres envoyés par Bryce et Claude, chacun d'eux d'un bout de la salle (car oui, quand on n'a pas de boule de neige, on utilise des verres. C'est un très bon substitue).
Il s'arrêta, semblant intrigué d'une phrase, ce qui lui permit de ne pas cogner dans Aiden qui pourchassait Tod et, dès l'instant où le Schizophrène sortit du chemin pour tuer sa proie, reprit sa route vers la table où se trouvaient l'Ikemen (Paolo), le clone de Mark (Hector) et son homonyme Américain (Krueger).
« C'est pas possible, il a gardé un fer à cheval après sa partie de polo ou quoi ? s'exclama Nathan.
— Edgar fait du polo ? demanda Mark, étonné.
— J'en sais rien et je m'en fiche ! rétorqua le défenseur. Qu'est-ce qu'il y a de si passionnant dans ce bouquin pour qu'il réussisse inconsciemment à rester en dehors du danger ? C'est tellement injuste, on dirait le grand-père de Mark !
— Ah, lui aussi est invulnérable ? demanda innocemment Shawn.
— ... Tiens, t'es pas transformé en Aiden toi ? s'étonna Axel.
— Mmh ? Je ne vois absolument pas de quoi tu parles.
—... Les gars, on s'en fiche ! intervenu Nathan. Aidez-moi plutôt à trouver un moyen de me débarrasser de l'autre snobinard d'anglais et de son fichu livre !
— Je me demande ce qu'il lit... clama distraitement Xavier.
— Aucune idée. En tout cas, il doit vraiment l'aimer pour ne pas le lâcher des yeux, dit Jordan, qui mangeait à côté de son meilleur ami (comme d'habitude).
— Qu'est-ce que tu veux dire ? questionna Nathan.
— Si à sa place on me prenait mon repas, je serais en colère. Enfin, je crois...
— Arrête de parler de bouffe et... »
Nathan se stoppa brusquement, ses yeux s'écarquillant de surprise.
« Mais bien sûr ! J'ai trouvé, c'était évidant ! Merci Jordan !
— De rien ! répondit joyeusement le garçon aux cheveux verts, avant de se rappeler d'une chose. Euh, de quoi ? »
Mais Nathan ne lui portait déjà plus aucune attention, se tournant vers Shawn et Axel.
« Vous deux, j'ai besoin de votre aide ! Vous vous rappelez du plan Pimenter l'entraineur ?
— Non, répondirent honnêtement les deux attaquants vedettes de Raimon.
— Arg ! Mais si, c'est celui où toi, Axel, tu as envoyé un ballon dans la tronche du grand-père de Mark parce que le plan avec Shawn avait raté.
— Oh, tu parles du jour où tu as fait une dépression ?
— ... Oui, Shawn, c'est ça.
— Que veux-tu qu'on fasse ? » demanda Axel, maintenant qu'il était au courant qu'il devrait sans doute envoyer un ballon de foot dans la tronche de quelqu'un (et si c'était sur Edgar, cette idée lui plaisait beaucoup. Il n'appréciait pas son côté snob).
Deux minutes et un sourire sadique de Nathan plus tard, le duo feu et glace d'attaquant se préparait au plan « Se débarrasser du snobinard anglais, enfin ! » (oui, les noms de plan manquent encore cruellement d'originalité et de style). Tous deux étaient postés aux opposées de la salle, chacun observant un objet rond qui se situait au centre de la salle.
« 3...2...1... Allez-y ! » s'écria Nathan.
Sans la moindre compréhension, Shawn et Axel s'entourèrent tous d'eux d'une sphère de glace et de feu et coururent l'un vers l'autre, tous deux tentant d'atteindre le ballon de foot posé à la distance absolument parfaite entre eux d'eux.
Ils ne comprirent pas comment ils arrivèrent à courir dans une petite cafétéria, encore moins en esquivant les autres élèves mais, par la magie de... l'animation des jeux japonais (ainsi que de la fanfiction) ils parvinrent à la balle et frappèrent tous deux dedans.
Un ballon entouré de flammes de glace et de feu se précipita vers la table des étudiants étrangers, visant particulièrement Edgar. L'anglais, totalement plongé dans sa lecture, ne remarqua que tardivement l'apparition du ballon, seulement par l'intervention de son ami Hector, qui lui cria :
« Edgar, attention ! »
Avant que l'anglais ne puisse réagir, Hector apparut devant lui et, l'air confiant et déterminé, forma un X avec ses bras en s'écriant :
« Main Céleste X ! »
Une main rouge géante semblable à la main d'énergie de Mark apparue et stoppa le Feu Glacé de Shawn et Axel. A la grande surprise de tous les Raimons, cela suffit à totalement arrêter la Supertechnique combinée.
Un silence se fit dans la salle, avant qu'Hector relève la tête d'un air gêné en s'exclama :
« Ha, ha, c'était un super tir ça !
— C'ÉTAIT GÉNIAL ! HECTOR, ALLONS JOUER AU FOOTBALL ! » s'écria le plus grand fan de football au monde en se précipitant vers l'originaire de Costail.
Et ainsi, Mark et Hector entreprirent de discuter avidement de football, comme les deux fans qu'ils étaient.
« Pff, ce n'est pas cool... marmonna Axel en rangeant ses mains dans ses poches avec une mine boudeuse. C'est pas drôle s'ils arrivent à arrêter mes tirs...
— Au fait, qui a réalisé un tir pareil ? demanda Paolo, plus intriguer qu'autre chose.
— C'est eux, déclara Kruger en désignant Shawn et Axel (ce dernier qui d'ailleurs tentait de se barrer discrètement, seulement pour être retenu par Nathan, le défenseur n'étant pas heureux de l'échec monumental de son plan). Hey les gars, vous pourriez recommencer cette Supertechnique ? C'est pour que je puisse la montrer à ... »
En un éclair, l'Américain disparu dans un coin, où il se morfondit en marmonnant le nom de son meilleur ami resté au pays.
« Et sinon, pourquoi avoir fait ça ? J'avoue que c'était drôle, mais j'ai un peu de mal à comprendre le concept, avoua Paolo. C'est une sorte de rituel de passage ou quelque chose comme ça ?
— ... Ouais, c'est ça ! clama nerveusement Nathan en posant ses bras autours des épaules des deux attaquants de Raimon. C'est un rituel ! Si vous réussissez à l'arrête, ça prouve que vous êtes des vrais... euh... Fans de foot ! conclua-t-il en jetant un coup d'œil à Mark.
— Oh, cool alors ! s'exclama joyeusement Paolo, ne semblant pas du tout avoir remarqué le mensonge de Nathan. Hey, Edgar, t'en dis quoi ? Allez, lâche ton livre et rejoins-nous. On va bien s'amuser ! »
L'anglais fit mine de réfléchir avant d'hausser les épaules et de poser son livre sur la table, toujours grand ouvert, en rejoignant ses amis. Bénissant... euh... La déesse qui a pitié d'eux quand ils foirent leur plan, Nathan se précipita (avec discrétion, bien sûr) vers le livre. Il allait enfin savoir comment se débarrasser d'Edgar !
Pourtant, lorsqu'il eut un bref aperçu du contenu du livre, il ne pût s'empêcher de demander à haute voix :
« ... On peut savoir pourquoi tu lis un truc pareil ?
— Pourquoi tu demandes ça, Nathan ? Il est bizarre son livre ? demanda Jordan.
— À moins que tu ne trouves des livres sur des potions pour endormir des gens et les ensorceler, oui. dit sarcastiquement Nathan, passant l'étrange ouvrage.
— On dirait un livre de recette... fit remarquer Jordan en lisant quelques passages. Tu l'as eu où, Edgar ?
— C'est une vieille dame ressemblant à une sorcière dans la forêt qui me l'a donné, répondit simplement Edgar en haussant les épaules. Elle est partie dans l'obscurité avec un rire maléfique avant que je ne puisse dire quoi que ce soit. Et donc, en tant que Gentlemen, je n'ai pas pu refuser ce cadeau, cela aurait été impoli et indigne de moi.
— ... Car toi tu acceptes de prendre quelque chose qu'une vieille grand-mère qui ressemble et qui a un rire de sorcière te donne ? résuma Nathan. Tu n'as jamais vu Blanche-Neige par hasard ?
— Blanche quoi ?
— Laisse tombé, la seule chose qui a dû lire de sa vie, ça doit être la Quête du Graal, dit Xavier en souriant.
— Oh, cette Blanche-Grêle est dans la Quête du Graal ? J'imagine que cela doit être une sorte de magicienne comme la dame du Lac. Étrange, je n'en ai aucun souvenir... s'exclama Edgar.
— ... Waouh, niveau connerie, t'es pas mal toi non plus... remarqua Nathan. Bref ! Sinon, outre le fait que tu ais accepté le cadeau offert par une sorcière... On peut savoir pourquoi tu le lisais ? »
Avant que l'anglais ne puisse donner de raison à Nathan, un étrange cri de Xavier les interrompu.
« Non, Jordan, ne bois pas... ! »
Trop tard, Jordan venait de boire un verre posé sur la table d'Edgar. Et si cela inquiétait Xavier, c'était à cause de l'étrange couleur bleutée de la boisson, ce qui n'avait absolument pas dérouté Jordan de la boire.
« Jordan !... Pourquoi tu as bu ça ? demanda Xavier d'un air choqué.
— ... J'avais soif ? répondit logiquement son ami d'enfance.
—... Oh Dieu, mordre la balle ...marmonna Edgar.
— Qu'est-ce que tu dis ? demanda Nathan.
— C'est une expression anglaise expliqua Jude. Cela peut se traduire par Serrer les dents mais, en un sens global veut dire : supporter une situation douloureuse ou désagréable qui est inévitable.
— ... Je le sens très mal. On peut savoir pourquoi il dit ça, et en anglais ?
- Eh... Basket case... Sorry, répondit Edgar.
— Jude ? Traduction ?
— Il dit qu'il est impuissant face à cette situation. »
Avant que quiconque ne puisse demander à l'anglais son étrange comportement, il partit sans se retourner, un sourire crispé sur les lèvres.
« ... J'ai l'étrange impression qu'il nous cache quelque chose, annonça Axel.
— Belle déduction, félicita sarcastiquement Nathan. Qu'est-ce qui t'a mis la puce à l'oreille ? Son départ précipité ou le fait qu'il se soit soudainement mis à parler anglais ?
— En tout cas, cela a un lien avec l'étrange boisson qu'à bu Jordan, intervenu Shawn. Tu te sens bien ?
— Moi ? Très bien, répondit Jordan. Enfin, j'ai un peu faim mais bon...
— Ouais, parfaitement normal du coup, résuma Nathan. Bon, il faut espérer que cette étrange mixture n'ait aucun effet, sinon il risque d'avoir des morts.
— Pourquoi ? demanda Mark.
— Car Xavier risque sans doute de tuer Edgar. Et bien que ça m'arrangeait de me débarrasser de ce snobinard, ce n'est pas vraiment comme ça que je m'imagine son départ.
— Ah oui, ça serait problématique... » avoua Jude.
Le soir venu, sur l'Inabook...
Mark Evans est connecté.
Mark Evans. Salut les gars ! Ça va ?
Jude Sharp. Oui, si tu exclus le fait qu'Edgar risque de mourir si son étrange comportement se relève être la raison d'un changement flagrant chez Jordan.
Shawn Froste. Je n'imagine pas Xavier devenir un meurtrier.
Jordan Greenway, Jude Sharp et trois autres personnes aiment ça.
Nathan Swift. C'est sûr. J'ai toujours cru que ça serait toi ou Caleb qui finirait en prison le premier.
Shawn Froste. Moi ? Pourquoi ça ?
Nathan Swift. ... Demande à Aiden, tu comprendras.
Jordan Greenway. Mais franchement les gars, faut pas vous inquiétez. Je me sens très bien !
Xavier Foster. Tu en es certain ? Si tu ressens la moindre douleur, préviens-moi.
Nathan Swift. Ouais, on sait ce que tu feras ensuite...
Xavier Foster. Un problème, Nathan ?
Nathan Swift. ... N-non, au-aucun problème...
Xavier Foster. Tant mieux.
Nathan Swift. Beurk, parfois tu es encore plus flippant que Caleb et Aiden...
Jude Sharp et Jordan Greenway aiment ça.
N/B : On ne dirait sûrement pas mais cette intrigue se déroule en deux chapitres. Et le prochain AlieaGakuenAliens, tu le reconnaitras sans doute ! (Enfin, normalement après un petit Hors-Sujet que j'ai prévu de faire.)
