Chapitre 21
PDV: Annabeth
Le ciel baignait notre chambre d'une douce clarté lunaire. Les fenêtres, légèrement entrouvertes, faisaient soulever les rideaux blancs au-dessus de nous. Le spectacle en était presque envoutant.
Dehors, la Sicile semblait s'être endormie. On entendait plus les enfants rirent à gorge déployée et les gens ne chantaient ni ne dansaient. C'était de nouveau le calme dans ces rues endiablées. Le calme qui me donnait envie de sortir marcher et me vider l'esprit.
Doucement, sans aucun mouvement brusque pour ne pas le réveiller, je sortis du lit où le jeune homme était profondément endormi. Couché sur le ventre, le drap roulé en boule à ses pieds, la scène prenait les abords d'un film romantique.
Il n'avait fallu à Percy que trois semaines d'hospitalisation et deux mois entiers de réhabilitation et de repos total pour le remettre sur pied. Depuis, la peau avait repoussé ne lui laissant que plusieurs cicatrices roses. Des fois, je me demandais s'il n'avait finalement pas du sang divin dans les veines.
Pourtant, bien que son corps se soit entièrement guéri de lui-même il en était autrement pour son meilleur ami Grover.
Son courageux camarade avait survécu, merci aux dieux, néanmoins avec quelques complications. Sur la précieuse photo dans le porte-monnaie de Percy on discernait nettement un Grover avec des béquilles aux côtés de sa petite-amie Genièvre. Tout sourire, il semblait croquer la vie à pleine dent malgré la paralysie partielle de sa jambe gauche. Etant donné les pronostiques funèbres d'avant son réveil, personne n'oser trop se plaindre. Car on pouvait le dire, Grover était un miraculé survivant d'une expérience bioterroriste suite au projet "Triangle des Bermudes". Consistant vaguement à développer un virus s'attaquant au système immunitaire, dérobé par Cronos et récupéré par son Commandant afin de dominer la terre et devenir le maitre du monde…bla…bla…bla. Vous connaissez la chanson, ce n'est pas si différent.
J'appuyais sur le bouton de l'élévateur. Les portes s'ouvrirent.
Simplement habillée d'un short et d'une petite veste je priais pour que le vent frais se fasse discret.
Demain, j'aurais 18 ans. Près d'un an au total s'était écoulé depuis les événements post-Alaska et pourtant et au diable le cliché, je m'en souvenais comme si c'était hier.
Mon regard tomba sur mes baskets piétinant le sol pavé de Syracuse. Brusquement, sans prévenir, mes démons s'emparèrent de moi et la pierre sous mes pas se convertit en neige. Épaisse, glacée, je m'y enfonçais comme un couteau dans du beurre. Les jolies maisons construites en pente le long de la côte faisaient peu à peu place à de géants séquoias et sapins menaçants. Des grands arbres désossés et dépourvus de feuilles, dramatiquement sinistres et intimidants. À cause d'eux, je ne pouvais plus voir le ciel qu'à travers un grillage de branche. Ainsi il faisait de nouveau sombre et froid autour de moi. Je frissonnais. Incapable de discerner le vrai du faux, mon monde du sien.
D'autres pas que les miens martelèrent la neige derrière moi et la peur m'envahit. Elle me pénètre tout doucement et sans faire de bruit, s'immisce dans chaque pore de ma peau, prend possession de mes émotions, sensations et électrise mon cerveau m'empêchant de raisonnée correctement. Je la vois, cette peur immonde. La voila qui s'assoit à mes côtés dans le noir, me caresse les cheveux. Elle s'enroule autour de moi tel un boa, me serre si fort que je peux à peine respirer, que je n'entends presque plus la pulsation du sang dans mes veines. C'est vicieux vous savez? Ça sait comment vous berner et mieux vous torturez. La peur s'installe dans votre cœur, s'allonge près de vous la nuit, dévore comme une sangsue la lumière dans le moindre recoin.
IL s'approche de moi et je devine son horrible cicatrice lui coupant le visage en deux se reflétait au clair de lune. Son sourire s'élargit tandis qu'il se dresse dans mon dos. Je suis paralysée, le moindre mouvement pouvant révéler ma présence dans ma fuite. Lors de mes nombreuses tentatives pour lui échapper, la forêt restait toujours l'obstacle infranchissable. Je m'y perdais, y trébucher, y tomber à quatre pattes, vaincus par le froid, le noir et le désespoir de ne pas savoir où me dirigeais.
IL allait me trouver, comme toujours, comme à chaque fois que je réussissais à échapper à ses soldats. Les empreintes de pas dans la neige me trahissant continuellement.
Je sens son souffle s'écrasait contre mes vêtements tandis qu'il file sur ma peau et effleure de ses lèvres le fin duvet de ma nuque. C'en est trop. La Peur et Luke, c'est comme le froid, il faut bouger, s'agiter pour ne pas se laisser emprisonner par eux.
Alors j'ordonnais à mes jambes de sortir de leur paralysie et je cours. Oui je cours pour fuir. Lui et le reste.
Je dévalais sans le savoir les rues désertes siciliennes à la recherche de quelque chose, noyée, aveuglée et presque engloutie par mes cauchemars. Je le cherchais du regard, étouffé par un habituel sentiment de détresse. Soudain, au détour d'une ruelle, il me semble apercevoir quelqu'un. Je cours toujours. Rien ne peut me retenir. J'ai besoin de lui maintenant.
J'arrive sur la place, haletante. Et bien sûr, il est là.
Debout sur une balustrade, à quelques pas de la mer Ionienne. Légèrement dos à moi, le visage serein et les yeux fermés, il était finalement le calme dont je nécessitais réellement.
Percy se retourne doucement, les mains dans les poches il baisse les yeux sur moi en un demi-sourire. Tellement beau que cela frisait l'indécence. Je reste là, transie et éblouie, littéralement.
Quelque part, une cathédrale commença à sonner les coups de minuit. Percy me prend la main. Me tire à lui. En un geste, il écarta toutes mes peurs, me retira mes doutes, m'arracha des ténèbres comme lui seul savait le faire. Dans ses bras, je me sentais enfin en sécurité. Luke ne pouvait plus m'atteindre, mes démons se faisaient minuscules et insignifiants.
"-Puits de Sagesse?" dit-il dans un murmure.
Les larmes aux yeux, je m'accrochais à lui comme à une bouée dans la tempête.
"-Hmm?" était la seule chose que je pouvais répondre dans cette état.
"-Joyeux anniversaire."
Ses paroles firent jaillir un flot de larmes que j'épanchais sur son épaule tandis qu'il me serrait davantage dans ses bras.
Après plus d'un an post-Alaska, nos âmes commençaient tout juste à se réveiller. Comme après un sommeil comateux. Nos cicatrices se refermaient tout doucement et un rien pouvait les ouvrir et les faire saigner. Nous avions entamé ensemble un long processus de guérison en Sicile. Très simplement là-bas parce qu'un de mes parents, un brillant architecte du nom de Dédale, y avait trouvé refuge et repos, pour guérir la perte de son fils Icare. Oui, casi exactement comme la vraie histoire grecque, on sait, ne venez pas remuer le couteau dans la plaie.
Percy, quant à lui, se remettait encore lentement. Il était de nouveau capable de rire, pleurer et faisait même quelques blagues qui m'arrachaient le sourire.
Ses cauchemars s'espaçaient de plus en plus. Particulièrement lorsque j'étais dans la même chambre que lui. C'était ainsi devenu comme une évidence que l'on dorme ensemble dorénavant. Même si la première fois, dans le wagon numéro 3 du Train resta la plus mémorable de toutes.
Pour ce qui en est, je pense qu'on peut conclure en disant qu'on va mieux. Il est maintenant devenu évident que l'on ne peut vivre l'un sans l'autre. En attendant, on a eu le bac en même temps que tous les autres, qui vont bien eux aussi. Plusieurs couples se sont formés après notre départ. Et Nico a fait son coming-out à la surprise de tous, sauf peut-être de Thalia et Percy.
À vrai dire, je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve et s'il nous reste encore beaucoup d'obstacles à franchir mais on a donné de nous. Et on en donnera encore s'il le faut. La vie a depuis pris un goût plus sucré. On a mal, on souffre et on en chie toujours en ce moment mais on est en vie. En vie et ensemble! Et c'est franchement notre plus belle récompense. Souvent lorsque qu'on se promène en ville, les gens s'imaginent pas qu'une attaque bioterroriste aurait pu leur tomber sur la tête et qu'ils auraient pu en mourir simplement. Ils s'imaginent pas et nous non plus avant. Je veux dire, en suivant ce principe, on finirait tous bon pour l'hôpital psychiatrique. Mais nous on le sait. Et c'est parce qu'on le sait qu'on peut se permettre de sourire, rire, s'embrasser, essayer de jouer les adolescents insouciants qu'on était auparavant. En bref, on profite de la vie parce qu'on ne sait jamais, jamais lorsque va tenir ta famille en otage dans un pays étranger, quand la prochaine catastrophe va te tomber sur la tête.
Si c'est la fin? C'est la fin de cette aventure oui, mais juste le début d'une nouvelle histoire.
Fin. Final officiel de cette merveilleuse fiction "Un Amour Rebel". Merci pour tous vos encouragements, vos commentaires constructifs qui m'ont permis de sans cesse m'améliorer. Il y a une évolution du lexique, du scénario et aussi du style d'écriture depuis mon tout premier chapitre à maintenant et juste pour cela, parce que vous y êtes aussi pour quelque chose, un grand MERCI. Car qu'est-ce qu'un bon écrivain sans de bons lecteurs? J'envisage peut-être de mettre un petit épilogue, mais je ne sais pas encore. C'est pas plus mal de vous laisser imaginer la suite de leurs aventures dans vos têtes. Qui s'est finalement mariés? Des enfants? Ou au contraire d'autres aventures encore plus dangereuses. Qu'en est-il de Luke et de ses partisans? Il reste encore quelques questions sans réponses. A vous de me les mettre en review pour voir si j'en fais effectivement quelque chose… :) Retrouvez moi sur mes autres fictions en cours!
Encore merci :')
Adieu et Paix dans l'Univers
Ps: Oh mes dieux, ce que je peux être dramatique! Excusez mon insupportable désir de mise en scène.
Réponses aux (peut-être) derniers commentaires (8):
Eva31: Tu avais deviné mes plus nobles intentions (comme à chaque fois haha) mon manque d'imprévisibilité est à améliorer ^_^ Merci infiniment pour tous tes glorieux commentaires mon amie :D As-tu apprécié *musique de fond dramatique* cet ultime chapitre? Convient-il à tes exigences?
Raang: J'ai changé le "Rating" comme tu me l'as dit et merci ^_^ contente que ma fiction malgré ses "quelques fautes de frappes, ou d'orthographe" te plaise :) Avec l'espoir et le plaisir de te relire pour ce chapitre-ci!
Guest: La suite pour toi :) et merciiii
Lalunatique: D'abord, j'aime beaucoup ton nom ^^ ensuite, heureuse que ma fanfiction te convienne alors merci à toi :P
Guest: Si la finnnnnnn x') ça dépend (pour répondre à ta question: si c'est dur d'écrire une fic) non ce n'est pas difficile. Tu dois juste avoir ton scénario du début bien en tête et ne pas te lancer au hasard. De toute façon la fin n'est jamais officiellement déterminée, encore moins au début, ma fin prévue est diamétralement opposé à cette fin donc x'D Mais c'est pas plus mal. La seule chose qu'il te faut, c'est un usage correct de la langue française :)
NYC17: Si c'est la fin malheureusement : / Mais juste la fin de cette fiction rassures-toi haha Les Gardiens Célestes débute à peine et je vais m'en donner à coeur joiiiiiiiiiiiiie ;P En tout cas, vraiment merci merci merci pour absolument tous les commentaires à chaque insignifiante publication de mes chapitres, tu m'as apporté énormément de soutien!
Marly: 20 chapitres lus d'une traite?! Si je pouvais t'offrir un oscar, sois sûre que je le ferais ^^ De plus tu dis que mon histoire est "Super, originale, pleine d'action" B-) Haha mais merci! Tu mérites un oscar en chocolat même.
Tarazed: Tu es la première personne à citer ainsi presque un paragraphe entier de ma fiction ^^ Ce passage que tu as adoré et aussi un de mes passages favoris (celui de la tromperie) :D Lorsque tu as écrit ce commentaire tu étais au chapitre 15, es-tu finalement arrivé jusqu'au chap 21? ^_^ D'autres de tes passages préférés à me faire partager :D
