Beta Anelo7
PDV HERMIONE
- Maintenant ?
- Non non, dans quatre ans… ! »
Il me fusille du regard mais sa bouderie finit rapidement pour le faire un sourire et courir derrière papa.
« Il lui veut quoi ? »
Je hausse les épaules ne voulant pas répondre. D'une parce que je ne peux pas lui mentir et de deux parce que je ne veux pas non plus lui dire. C'est un secret que Drago m'a confié.
« Qu'importe. Merci. Papa était super en colère.
- À juste titre, tu ne crois pas ?
- Oui. » dit-elle d'une petite voix.
Je n'aime pas jouer les moralisatrices mais il va bien falloir.
« Ce que tu as fait n'est pas correct, tu n'aurais jamais dû. C'est dangereux ! Même si je suis contente de ce que tu as fait, elle aurait pu être blessée.
- Mais c'était bon. Elle n'avait pas à s'approcher.
- Oh punaise oui, souris-je. Mais n'oublie pas pourquoi nous avons cette force en nous.
- Pourtant nous n'avons pas de limites ou de lignes de conduite.
- Non c'est vrai, si tu as envie de la tuer, personne ne t'en empêchera. Mais n'oublie pas ce qui se passe dans ta tête. Tu aurais des remords Astoria, tout ce que tu as en toi ne justifie pas tes actes.
- Mais ce n'était pas si méchant, dit-elle triste.
- Non, tant que tu ne vas plus loin. »
Je lui prends la main pour la rassurer.
« Mais ça défoule.
- Astoria...
- Quoi ? Tu n'as pas eu envie de faire exploser la tête de quelqu'un ?
- Je te signale que j'ai passé toute ma vie enfermée à la maison...
- Désolée, grimace-t-elle.
- Pas grave. Ce sont des petites choses que je peux faire avec ma baguette alors que ce que tu as fait et d'où tu étais...
- Oui, bon ça va, je ne recommencerai pas. Tu es chiante, tu deviens vieille. Fais gaffe, tu as même un cheveu blanc là. À moins que tu veuilles avoir la même couleur de cheveux que ton blond… ? »
Je la frappe sur le bras, elle me rend les coups.
« Stop ! Je me rends, dis-je à bout de souffle.
- Je suis trop forte ! »
On rigole. J'en profite pour observer ma sœur, je ne l'ai jamais vu si épanoui.
- Tu es heureuse, commenté-je.
- Oui, parce que je comprends enfin ce que tu vis, et parce que le futur a l'air prometteur.
- Avec ton chéri ?
- Ouiiii ! couine-t-elle.
- Tu vas me trouver encore rabat-joie mais tu es correcte ? Tu crois que tu pourras retourner en cours ?
- Je pense, je vais bien et si ça ne va pas, je fuis tout le monde. »
Elle me fait un clin d'œil et nous rentrons dans l'appartement.
PDV HARRY
Ron, après m'avoir dit qu'il ne comprenait pas ce qui est arrivé, m'a laissé en cours de chemin pour rejoindre Luna. Lorsque j'arrive dans le hall, je surprends une conversation. Astoria est en train de se faire punir par son père… ? Je ne comprends pas pourquoi… Qu'a-t-elle fait pour recevoir un mois de colle et que le directeur intervienne en sa faveur ? C'est grâce à l'intervention d'Hermione dans la discussion que je suppose de plus en plus que c'est Astoria qui a déchiré les vêtements de Ginny.
Je vais pour m'avancer vers elles lorsque tout le monde les laisse mais la Serpentard fait la leçon à sa sœur ce qui me permet d'en savoir plus sur leur secret, bien que je ne comprenne pas tout.
Ce qui est sûr, c'est qu'elles sont plus puissantes que le commun des sorciers, qu'elles n'ont aucune limite et qu'Astoria n'a pas aimé que Ginny s'approche de moi.
Je les suis sans faire de bruit et heureusement qu'elles ne font pas attention parce que parfois je ne peux pas me cacher.
Je souris comme un crétin, néanmoins, je veux encore plus découvrir ce que se passe dans sa vie et, plus leur conversation avance, plus je doute du fait qu' elle ait été malade.
Un sentiment de fierté m'envahit et ça ne vient pas de moi. Bizarre. Encore une fois. Décidément.
Je la regarde jusqu'à ce qu'elles rentrent dans l'appartement. Quand je reprends mes esprits je regarde tout autour de moi pour me repérer.
De toute évidence je ne connais pas encore tous les couloirs de Poudlard même après sept ans passés dedans. Je décide de faire demi-tour, je tomberai sûrement sur un endroit que je connais et après quinze minutes, je me retrouve enfin.
Foutue école bizarre. Pourtant je ne changerai rien.
PDV DRAGO
« Je peux vous parler professeur ? »
Mon prof de potions me regarde de haut en bas avant de me faire signe de rentrer dans ses appartements.
« Assieds-toi. »
Mon prof part dans une pièce mais c'est sa femme qui revient. Je n'en reviens toujours pas qu'il soit marié, à une femme par ailleurs loin d'être vilaine. Je me lève pour la saluer.
« Oh, Drago, comment vas-tu ? » dit-elle en me prenant dans ses bras.
Je suis étonné de son comportement mais apparemment, ça fait rire mon prof qui est revenu changé d'un jean et d'une chemise. C'est la journée des surprises. Je ne sais pas si je pourrai m'y habituer.
« Tu veux manger avec nous, Drago ? Demande Mme Rogue amusée.
- Oh... Je ne veux pas déranger. »
Lorsque je prononce cette phrase je reviens forcement en arrière lorsque j'ai discuté avec Hermione.
« Mais non, reste, ça nous fera plaisir.
- Bien, dis-je gêné.
- Parfait. »
Mme Rogue me fait un sourire éclatant, qui me fait comprendre d'où ses filles tiennent leur sourire. Nous passons à table. Je reste en silence, trop gêné pour ouvrir la bouche. Ça me fait bizarre d'être là, bien que j'ai déjà dîné avec mon parrain sauf que là quelque chose à changer.
« Sinon Drago, avec Hermione, ça va ? demande Mme Rogue.
- Alina, gronde son mari.
- Quoi ? Je veux savoir comment va ma petite fille chérie.
- Ça ne te regarde pas. Laisse-les tranquilles. »
S'il y a quelques minutes, je croyais être gêné, ce n'est rien comparé à maintenant.
« Tu n'es pas drôle Severus ! » dit-elle en le frappant.
Je crois être tiré d'affaire mais Mme Rogue se retourne vers moi.
« Alors ?
- Tu n'es pas obligé de répondre.
- Mais si, sinon je te colle un mois ! »
J'écarquille les yeux, choqué mais leurs rires me font me détendre.
« Allez, détend-toi, je plaisante.
- Je n'ai pas vraiment l'habitude de ce genre de comportement, à la maison c'est plus... froid. »
Ils me font un sourire contrit mais mes mauvais souvenirs partent vite avec leur bonne humeur.
« Hermione et Astoria ont de la chance de vous avoir, laissé-je échapper.
- Merci ! » dis sincèrement Mme Rogue.
Le reste du repas se passe dans la bonne humeur et je ne pensais pas être aussi à l'aise avec les deux professeurs les plus stricts de l'école. Mme Rogue nous laisse dans le salon.
« Tu voulais me parler de la lettre de ton père, je suppose.
- Oui.
- As-tu les lettres ? Parce que je suppose qu'il y en a plusieurs. »
Je sors les lettres qu'il y a dans ma poche et lui donne. J'attends en silence qu'il finisse sa lecture.
« Je vois. »
Il m'observe en silence.
« Pardonne ma question mais je dois être sûr. Veux-tu rejoindre Tu-Sais-Qui ?
- Non, dis-je ferme. Et je ne l'ai jamais voulu, mais je me dis que ça faciliterait les choses. »
Il hausse un sourcil.
« Ne crois pas ça. Tu ferais beaucoup de sacrifice en le rejoignant et tu perdrais pas mal de personne à qui tu tiens et qui tiennent à toi. Mais tout ça tu le sais et tu ne penses pas à le rejoindre sérieusement sinon tu ne m'aurais pas montré ces conneries. N'est-ce pas ?
- Non professeur, dis-je en baissant les yeux.
- Tu n'es plus seul Drago, on te l'a déjà dit, me dit Mme Rogue qui nous apporte du thé.
- Ce n'est facile de me le faire rentrer dans la tête vu ce que m'a dit mon paternel.
- Oh, pauvre chéri. »
Encore une fois Mme Rogue me prend dans ses bras.
« Alina, tu le mets mal à l'aise et ça pourrait être mal interprété.
- Oh, tu es jaloux ! »
Elle se lève et va s'asseoir sur les genoux de son mari pour l' embrasser.
« Je vais peut-être vous laisser.
- Fini ton thé d'abord.
- Ne t'occupe pas des lettres, il fait tout pour te faire peur. Et après Poudlard, si la guerre n'est pas finie, tu viendras à la maison, me dit sérieusement mon parrain.
C'est la soirée choc. Heureusement que je suis assis.
« Je... Euh... Merci. Sincèrement. »
Ils me sourient et je prends rapidement congé. Je fais tout le trajet perdu dans mes pensées, je ne me rends alors pas tout de suite compte que je suis maintenant encerclé par une bande de Serpentards. Je sors ma baguette, prêt à en découdre quand celui que je suppose être leur chef s'avance et dévoile son visage. Blaise Zabini, l'organisateur de cette petite entourloupe.
« Que veux-tu Zabini ?
- Tu pactises avec l'ennemi. D'abord la fille Rogue et ensuite tu dînes chez tes beaux-parents... Ton père ne sera pas content de savoir ça, tu ne crois pas ?
- C'est ça, va tout rapporter comme un bon toutou. Tu n'es bon qu'à ça, le provoqué-je pour cacher la peur qui commence à monter en moi.
- Espèce de traître !
- Je préfère être qui je suis plutôt que toi ! »
J'évalue mes chances de m'en sortir sans trop de dégâts et je dois avouer qu'elles ne sont pas brillantes. Il faut dire qu'à cinq contre un, mes chances sont plutôt faibles.
Mon moment de calme ne pouvait pas durer, Blaise m'envoie un sort que j'arrive à esquiver mais en bon Serpentard qu'ils sont, ils m'attaquent à plusieurs. Heureusement qu'ils ne sont pas tous bon en sortilèges, je ne m'en sors pas trop mal. Seulement, arrivé un moment, un sort frôle mon bras me faisant saigner.
Une vague de colère me submerge mais ça ne vient pas de moi. Je commence à reconnaître mes émotions et celle de je ne sais pas trop qui.
Je me protège comme je peux avec un bouclier en priant pour que l'on me vienne en aide, chose probablement ridicule puisqu'impossible, personne ne doit m'entendre là où je suis.
Pourtant, on entend tous une énorme explosion qui vient de l'autre côté du mur et sous le choc, le mur tremble. Je ne sais pas ce qui se trouve de l'autre côté mais je suis comme les autres, en train de flipper.
Un autre coup aussi violent retenti contre le mur, si ça continue le mur va s'effondrer et pourtant Poudlard est solide. Merlin merci, certains « courageux » Serpentards ont pris la fuite. Ils ne sont plus que deux.
Après les coups, on entend un grondement qui résonne dans le couloir, je n'ai jamais entendu un tel bruit de toute ma vie et pourtant j'ai grandi au Manoir Malefoy. Moi aussi j'ai envie de partir en courant pourtant je reste comme si quelque chose au fond de moi me dit que ce qui se trouve derrière ce mur ne me fera rien. Néanmoins, je n'ai pas envie de tester mes théories douteuses.
Je sursaute lorsque j'entends un coup dans le mur ainsi qu'un grondement. Blaise hésite entre continuer ce qu'il a commencé et partir à toute jambe. Son dernier acolyte est déjà en train de faire demi-tour pour fuir le plus loin possible. Finalement, le métis me jette un dernier regard puis rejoint son ami en courant comme un dératé.
Un double sentiment de soulagement me submerge et bizarrement, il n'y a plus de coup contre le mur, ni de bruit.
Je rejoins mon dortoir et protège mon lit de divers sorts. Une fois en sécurité, je me soigne rapidement comme je peux avant d'essayer de trouver le sommeil qui ne vient pas.
Je savais que les ennuis allaient arriver, mais même si je ne suis même plus en sécurité dans mon propre dortoir, je risque de ne pas finir l'année. Quel brillant avenir : mourir ou rejoindre un fou. Merlin, si je pouvais changer de vie.
Je suis sorti de mes pensées par une ombre qui passe par la fenêtre. Je ne sais pas ce que c'est mais, ça semble énorme. Est-ce que c'est la chose qui m'a sauvé la vie tout à l'heure ?
OoO
A suivre...
Prochain chapitre avec un PDV d' Hermione et d' Astoria.
Vous pensez quoi de ce chapitre ? Le petit passage avec le couple Rogue ? J'ai beaucoup aimé l'écrire, j'espère que vous avez aimé.
Et Harry, en mode fouineur ? Va-t-il découvrir la vérité avant qu'il ne le sache ?
Bisous
