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Bonne lecture ! j'espère que ça vous plaira !


Chapitre 21

Pov Rosalie

Le regard de Bella valait de l'or. Elle semblait émerveillée par Elisabeth. Et surtout, elle ressemblait à une élève observant avec attention, comme si j'étais son professeur, tous les gestes que je faisais lorsque je m'occupais de ma fille. Ça faisait beaucoup rire Emmett, qui faisait cependant la même chose. Ils écarquillaient presque les yeux lorsque je lui changeais les couches, quand je la nourrissais (moitié lait maternel, moitié lait maternisé parce que je n'avais pas assez de lait), ou même quand je ne faisais que juste la bercer pour qu'elle s'endorme.

-Et ça fait mal ?

Ce jour-là, Bella et moi étions seules chez moi. Je devais reprendre le travail deux semaines plus tard, et je montrai à Bella comment était rangée la maison, afin que le jour où elle viendrait s'occuper d'Elisabeth, elle n'ait pas besoin d'ouvrir tous les placards en catastrophe.

-Sans mentir ?

J'avais deviné immédiatement à quoi elle faisait référence, mais je ne savais pas trop si c'était bien à moi de lui expliquer ces choses-là. Bella reprit la parole.

-Ma mère me répète depuis toute petite que pour le corps d'une femme, mettre un enfant au monde, c'est comparable à la « renaissance » d'un papillon qui déplie ses ailes en sortant de sa chrysalide, mais avec les années, les cours de biologie et … mes propres réflexions, je me doute que c'est un peu plus compliqué que ça. Est-ce que ça fait très mal ?

-Ben, oui, j'ai eu mal, mais peu grâce à la péridurale. Après, j'imagine que sans, ça aurait pu être mille fois pire, et je trouve courageuses les mamans qui refusent la péridurale, ou celles à qui les médecins n'ont pas le temps de la faire.

-Pour celles qui refusent, je dirais plutôt qu'elles sont masochistes !

-C'est bien un avis d'homme, ricanai-je en me tournant vers mon chéri qui venait de s'exprimer. Tu connais le passage d'un état de femme à maman par la douleur ? C'est un peu l'équivalent des rituels que font passer les hommes des tribus amazoniennes aux jeunes garçons pour les faire entrer dans le cercle des hommes.

-Ouais, ben eux aussi, ils sont maso ! Bougonna-t-il avant de m'embrasser.

Un raclement de gorge gêné me fit revenir à la réalité : Bella, qui portait Liz, ne savait pas trop quoi faire du bébé qui commençait à gigoter, signe annonçant des pleurs. Un dernier chaste baiser à Emmett, et je repris ma fille dans les bras.

-Alors, de quoi vous parliez ? S'imposa mon mari.

-De rien, se dépêcha de dire Bella avant de se lever. Rose, je vais y aller, je suis sûre que je croiserais Alice sur le chemin, elle doit passer me prendre alors je vais aller à sa rencontre.

J'aurais pu jurer avoir entendu mon mari rugir de colère.

-Attends, tu veux dire que tu es prête à sortir toute seule, et marcher sur le bord de la route jusqu'à ce que la voiture d'Alice, une parmi de nombreuses autres dont les conducteurs peuvent être n'importe qui, potentiellement des gens à risques, passe à ton niveau ? Mais qu'est-ce qui peut bien se passer dans ta cervelle ?

Bella fit deux pas en arrière, visiblement effrayée par Emmett dont la colère me surprenait. Je posai une main apaisante sur la poitrine de mon époux.

-Calme-toi chéri, Bella n'est pas inconsciente. N'est-ce pas ?

La jeune fille hocha la tête, tentant de se faire toute petite.

-Je n'avais pas envisagé ça comme ça, ronchonna-t-elle en croisant les bras sur sa poitrine. Je t'ai promis de faire attention, et je le fais, la plupart du temps, alors lâche-moi la grappe !

-Je vais donner à manger à Liz, avertis-je en comprenant que ça allait virer au combat de coq. Bella, on se rappelle ?

Elle hocha la tête, et je lui souris en signe de soutien.

Pov Emmett

Cette gamine était… Qu'est-ce qu'elle m'énervait ! Elle se savait en danger, mais étonnamment, par moment, on aurait dit qu'elle ne s'en souvenait pas. Peut-être avait-elle repris confiance en elle, et en la situation puisque le FBI avait indiqué dans ses derniers rapports que James Connor et Laurent Ruiz se tenaient tranquilles, mais quoi qu'il en soit, je comptais tenir ma promesse de lui botter les fesses à chaque fois qu'elle prendrait ne serait-ce que l'ombre d'un risque. Sans compter que Rosie faisait une excellente alliée… pour Bella : elles avaient un caractère très proche, et autant avec ma femme, ça se finissait au lit, autant avec Bella, ben ça finissait en combat de boxe sur la Wii, parce que la petite Bella voulait se battre avec moi en toute équité.

Je comptai calmement jusqu'à cinq dans ma tête, en expirant bien fort comme me l'avait appris Jasper lorsque j'étais très énervé, avant de parler d'une voix qui me surprit par son calme.

-Bon, écoute darling, ça ne sert à rien de s'énerver : tu visses ton cul dans ce fauteuil, et tu en bougeras quand Alice arrivera. Elle ne devrait pas tarder, non ?

Bella hocha la tête, consciente sûrement qu'elle avait perdu sur ce coup-là, avant même de jouer. Je fis signe à ma femme que j'allais arriver, mais que j'attendais qu'Alice vienne chercher notre amie. Ma sœur arriva trois minutes plus tard, me permettant de rejoindre Rose, dans notre chambre : la jeune femme berçait notre enfant sur un rocking-chair en chantonnant des comptines.

-Vous êtes magnifiques toutes les deux, assurai-je d'une voix douce. Si quelqu'un m'avait dit un jour que j'aimerai toute cette merde de meubles, jouets et vêtements de bébé fille, je l'aurais tabassé, ou j'aurais éclaté de rire.

Je m'approchai, avant de prendre Elisabeth délicatement dans mes bras, puis déposai un baiser sur son front minuscule pour ensuite la coucher dans son lit. Nous préférions la garder quelques semaines dans notre chambre, afin de rassurer Rosalie qui avait terriblement peur de la mort subite du nourrisson. Nous nous couchâmes, et après s'être câlinés un long moment, je réfléchis, laissant Rosie dormir tranquillement. Je devais parler à Edward, et lui expliquer que nous devions rappeler à Bella à quel point sa sécurité était en jeu. Ce n'était pas parce qu'on n'entendait plus parler des dealers qu'ils avaient renoncé, au contraire.

Pov Edward

-Ne bouge plus…Et voilà ! M'écriai-je en pressant le déclencheur de l'appareil photo.

Je ne pus résister à la tentation de regarder sur le petit écran de l'appareil numérique le rendu de la photo : le ventre de Bella était légèrement rebondi, un petit renflement, cependant ça se voyait mieux sur le modèle. Ramenant mon regard sur ma petite-amie qui avait pris la pose, je souris, incapable de dissimuler la joie et la fierté qui m'animaient. Bella me regardait, l'air moqueur, puis décida de me narguer : elle fit quelques pas dans ma direction, pencha la tête malicieusement tandis que ses mains soupesaient ses seins, une lueur lubrique dans les yeux.

J'étais assis sur un des tabourets de la cuisine, où je l'avais prise en photo. Doucement, elle écarta mes cuisses, pour se planter devant moi, m'obligeant à lever la tête. Elle était en slip et pantalon, son soutien-gorge et son chemisier sagement posés sur le comptoir de la cuisine.

-Tu es magnifique, lui assurai-je d'une voix sérieuse avant de déposer un baiser léger sur son ventre.

-Non, je suis affamée, miaula-t-elle presque.

-Tu es insatiable, rétorquai-je. Tu as de la chance, mon père est à son club, quant à ma mère, elle est partie faire les boutiques pour trouver un cadeau pour Elisabeth. Et mon service est à deux heures cette après-midi, alors je vais pouvoir te faire à nouveau des choses indécentes.

Je ponctuai ma phrase à l'aide de petits baisers, qui suivaient une ligne : du ventre, je remontai vers ses seins, embrassant chacun d'eux, avant de continuer vers le cou, puis derrière une de ses oreilles, avant de fondre sur sa bouche. J'aimais la nouvelle personnalité de ma petite-amie, et j'avouai que je ne me serais jamais attendu à ça le jour où je l'avais trouvée, peut-être à tort à cause de son jeune âge. Cependant, je n'oubliais pas qu'elle était à peine majeure, et qu'elle avait seulement commencé à profiter de sa jeunesse. Et c'est ce qu'elle faisait, depuis quelques temps, encouragée par ma sœur et ma belle-sœur.

Le nez tout contre son abdomen, j'expirai profondément, avant d'inspirer tout autant, absorbant l'odeur corporelle de Bella. Elle sentait merveilleusement bon, mais elle sentirait encore meilleur plus tard, après avoir fait l'amour. Gémissant tout bas, ses mains vinrent se loger, une sur ma nuque, l'autre dans mes cheveux, pour guider mon visage vers le sud, vers le lieu de ses plaisirs. Le bouton de son jean's ne fut pas longtemps un obstacle, puis Bella se tortilla, m'aidant à lui retirer le vêtement, entrainant son string dans le mouvement. Quand ce fut au tour de mon slip, je me déshabillai avec l'aide de Bella, puis nous pûmes passer aux choses sérieuses : nourrir ma petite-amie comme elle le désirait.

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Je finis de rédiger l'ordonnance, signai, puis invitai la maman du petit garçon bagarreur à se rendre à la pharmacie.

-Les antalgiques agissent vite, lui expliquai-je. S'il casse son plâtre, il doit revenir immédiatement, sinon je le revoie dans trois semaines pour l'enlever. A bientôt champion ! Lançai-je au garçonnet en m'accroupissant pour être à sa hauteur.

Le petit bonhomme me sourit de toutes ses petites dents, accepta le bonbon que je lui tendais, avant de suivre sa mère, sans jamais lui lâcher la main. Quand il fut hors de ma vue, je me levai, pour compléter le dossier médical du jeune patient avant de prendre la consultation suivante. Chaque jour, j'étais heureux de pouvoir travailler auprès des enfants, de voir leur courage face aux pires maladies, mais aussi les entendre rire pour une futilité. Et je savais que je serais encore plus heureux lorsque naîtrait notre enfant. Je me sentais plus que prêt à l'accueillir, tout en sachant que Bella n'y était peut-être pas tout à fait préparée, mais c'était plutôt normal pour son âge, aussi mature soit-elle.

Les visites se succédèrent, et je rédigeais une ordonnance pour une adolescente quand mon téléphone personnel bipa, indiquant un message. Je n'en tins pas compte, me concentrant sur la jeune fille en face de moi, et lui expliquant les posologies, quand ce fut au tour de mon bipper de sonner. Intrigué, je jetai un regard au numéro entrant, et constatai qu'il s'agissait du numéro des urgences. Estimant que je pouvais terminer avec ma patiente, je continuai à lui donner des conseils, jusqu'à ce qu'une sonnerie stridente retentisse depuis mon bureau. Je décrochai mon téléphone fixe, les sourcils froncés.

-Docteur Cullen, me présentai-je.

-Docteur, commença une voix féminine, c'est Abby, des urgences. On m'a demandé de vous avertir que Marie est dans le box numéro trois.

-Vous me dérangez pour me dire où travaille ma cousine ? M'énervai-je.

-Non non, dit précipitamment Abby. Elle a eut une syncope, et on m'a demandé de vous prévenir. Elle va…

Je raccrochai, l'interrompant grossièrement, pour m'excuser auprès de ma patiente.

-Excusez-moi, une urgence. Posez toutes vos questions à ma secrétaire, et reprenez rendez-vous dans trois mois. N'oubliez pas d'en parler à vos parents.

Je la plantai là sans un mot de plus, et fonçai au rez-de-chaussée, inquiet. Je me rendis directement dans le box indiqué, pour voir ma petite amie rire avec une aide-soignante. Quand elle me remarqua, son rire cessa mais elle me fit un grand sourire.

-Edward ! S'exclama-t-elle. Je leur avais pourtant dis qu'il était inutile de t'appeler. Je vais bien !

-Menteuse ! Rétorqua l'aide-soignante, Nancy si le badge qu'elle portait était bien le sien. Tu as perdu conscience et tu es tombée par terre !

-Vous allez lui faire des examens ? M'enquis-je.

-Oui, le docteur Adam veut que nous fassions une échographie, et un scanner pour être certains que Marie n'a pas de traumatisme crânien, parce que sa tête a frappé le sol plutôt durement.

-Ohé ! Je suis là ! Arrêtez de parler comme si ce n'était pas le cas !

Un sourire en coin en guise d'excuse, je m'approchai d'elle et lui embrassai le front, à défaut de pouvoir me montrer plus intime.

-Désolé. J'étais juste inquiet, et les réflexes du médecin sont gravés dans mes gènes.

Un gloussement me parvint, et je vis Nancy se cacher derrière le calepin sur lequel elle prenait des notes. Je ramenai mon attention sur Bella.

-Tu es sûre que ça va ? M'assurai-je en faisant rouler un tabouret à roulettes pour m'asseoir dessus. Qu'est-ce qui s'est passé ?

Bella baissa le regard, un peu coupable.

-J'ai oublié de manger ce matin, grommela-t-elle. Et il se peut que ma pause repas ait aussi sauté. Eh ! Nancy vient de prendre mes constantes, pas la peine de recommencer !

Elle dégagea son poignet, parce que oui, j'avais posé mes doigts dessus presque de manière inconsciente. L'aide-soignante nous avait laissés, alors après avoir vérifié que le rideau était correctement tiré et empêchait quiconque de nous voir, je m'autorisai à l'embrasser, goûtant ses lèvres sans remord. Bella gémit, avant de s'éloigner vivement.

-Edward ! Chuchota-t-elle, ce n'est pas prudent !

Je haussai les épaules.

-J'avais envie de faire ça depuis un moment, me justifiai-je laconiquement. Est-ce qu'ils t'ont donné à manger ?

-C'est limite si Abby n'est pas venue en personne pour me gaver comme une oie. Et dès que je serais passée au scanner, je compte aller acheter un sandwich à côté.

-Pas question, refusai-je fermement. Je vais voir pour m'arranger avec mes consultations, et me libérer une heure, et moi, j'irais nous acheter quelque chose pour manger, le plus tôt possible.

Je ne lui laissai pas le temps de rouspéter, et partis au pas de course dans mon service. Après avoir consulté mon planning avec ma secrétaire et les patients, je libérai une heure et demie, repoussant les rendez-vous, puis commandai des pizzas. Une fois fait, je redescendis retrouver ma petite amie, et demandai un fauteuil roulant à Abby, qui sut où elle devait l'amener.

-Allez attendre auprès d'elle, docteur Cullen, me dit-elle avec un clin d'œil, mais si je commence à bien la connaître, je suis certaine que Marie se mettra à hurler en me voyant avec le fauteuil roulant.

Effectivement, c'était bien le genre de Bella, mais je ne voulais prendre aucun risque. Elle attendait notre enfant ! La future maman était d'ailleurs debout, auprès d'un autre patient, et l'aidait à se redresser sur ses oreillers. Je fus persuadé qu'elle entendit mon grognement devant son manque total de jugeote, parce qu'elle se retourna en mordillant sa lèvre inférieure.

-Je sais ! Se défendit-elle avant même que je puisse dire un mot. Je dois me reposer, mais il avait besoin d'aide, et…

Sa voix mourut lorsque je levai un sourcil, clairement narquois. Elle promit au vieux monsieur que quelqu'un viendrait vite le voir, avant de revenir vers moi. Abby arriva au même moment, mais comme le téléphone se mit à sonner, elle laissa le fauteuil roulant pour se précipiter à son poste.

-T'es sérieux, là ?

La voix peu amène de Bella en disait long sur ce qu'elle pensait, mais je ne cédai pas.

-Marie, s'il te plaît ! Je veux juste prendre soin de toi… comme un cousin bien élevé.

Bella éclata de rire devant mon excuse foireuse, un rire clair, un de mes sons préférés. Elle reprit son sérieux rapidement, alors qu'elle pâlissait un peu. Voyant que ses jambes tremblaient, je la soutins d'une main tout en la forçant à s'asseoir sur le fauteuil apporté par Abby. Bella se laissa faire, et quand elle fut assise, je m'agenouillai.

-Sois raisonnable. C'est juste pour aller jusqu'à mon bureau, une fois là-bas, tu pourras faire des pirouettes si tu en as envie.

Elle hocha juste la tête, me donnant son accord pour la conduire où je le voulais. Moins de dix minutes plus tard, nous étions attablés, occupés à dévorer nos pizzas.

-Merchi ! Lança Bella, brisant le silence qui s'était installé à partir du moment où notre repas avait été livré. Ça fait du bien.

Je soupirai d'aise, me rejetant en arrière contre mon dossier. Je ne m'étais pas rendu compte à quel point j'étais affamé avant d'attaquer ma pizza.

-Il me semblait pourtant que Rosalie t'avait donné l'astuce pour ne pas tomber dans les pommes, critiquai-je doucement. Tu dois toujours avoir quelque chose dans l'estomac.

-Je sais, je sais, soupira-t-elle. Mais tu sais à quoi ressemble le travail dans ce service, à quel point on ne sait pas quand on pourra manger.

Elle se leva, pour venir s'asseoir sur mes genoux. Je comprenais son envie d'être rassurée, entourée, mais ce n'était pas possible. Pas ici, si nous voulions que son alibi tienne la route. Même si j'avais tiré les rideaux, il y avait toujours un membre du personnel pour essayer de me voir, soit à titre professionnel, soit à titre personnel. Bella ne chercha même pas à être subtile : elle me força à lui faire face et commença à m'embrasser, de plus en plus langoureusement, ses mains essayant de se faufiler sous mes vêtements.

-Surveille tes hormones ! Sifflai-je en m'éloignant.

-Mais elles n'ont pas envie d'obéir ! Se lamenta ma « malheureuse » petite-amie. Peut-être que si…

Je ris doucement, non sans lui avoir accordé un dernier baiser.

-Attendez-moi ce soir, toi et tes hormones, et vous aurez un traitement digne d'une reine. Tu as assez mangé ?

-Tu sais comment prendre soin des gens, mon cousin, rigola-t-elle. J'ai assez profité de toi. Merci.

Son dernier mot n'était plus du tout sur le ton de la plaisanterie, mais très sérieux. J'embrassai son front, avant de l'aider à se relever doucement, suivant le mouvement.

Pov Bella

Oui, mes hormones étaient en ébullition. Est-ce que ça me dérangeait ? Pas du tout. Les nausées étaient agaçantes, les malaises étaient pires, mais avoir envie d'un lit et d'Edward en même temps… Que demander de mieux ?

Chaque jour, je posai pour mon docteur aux yeux verts, qui, appareil en main, prenait plaisir à prendre un cliché de mon ventre, que l'on devinait de plus en plus rond, autant qu'il pouvait l'être à quatre mois de grossesse. Au départ, j'étais réticente, mais peu à peu, Edward m'avait contaminée avec ce simple bonheur, et cette nouvelle passion permit de provoquer certains de nos meilleurs orgasmes. Et je me sentais libre, parce qu'en sécurité.

En effet, dès le lendemain de mon retour chez les Cullen, après mon kidnapping, de nouvelles mesures avaient été prises pour renforcer ma sécurité. Doublement du nombre des agents de sécurité à l'hôpital même (dont des agents incognito), des traceurs camouflés dans des vêtements, des chaussures, et même dans des accessoires à cheveux. La seule chose qui ne me plaisait pas, c'était que je devais mentir sur l'identité du père de mon futur enfant : puisque j'étais censée être la cousine d'Edward, celui-ci ne pouvait pas être le papa du bébé que je portais. J'avais inventé une histoire d'un coup d'un soir, ce qui me permettait de continuer à bosser, au lieu de m'arrêter dès que mon état se verrait beaucoup plus. Pour ce qui était d'être surveillée dans mes moindres faits et gestes, j'en avais pris l'habitude, quitte à parfois craquer un bon coup, devenir une furie, et ensuite recommencer à être calme.

Nous nous prenions à imaginer le futur : où nous habiterions, quel modèle de chambre nous prendrions pour le bébé, son prénom même, et Edward était terriblement mignon quand il prenait des gants pour me parler mariage, histoire de me ménager, moi et mon âge… Au départ, nous avions suggéré à Esmee et Carlisle que nous louerions ou achèterions une maison ou un appartement bien à nous, mais ceux-ci poussèrent de grands cris, nous conseillant de garder notre argent et de rester avec eux, le temps d'un an ou deux, surtout tant que j'étais mineure. Peut-être pensaient-ils aussi à l'épée de Damoclès au-dessus de ma tête, les dealers, le procès, etc…Mais si tel fut le cas, pas une fois ils n'en firent mention. Et puis, ce n'était pas comme si nous ne nous entendions pas, ou bien que nous nous marchions sur les pieds, au contraire : nous avions toute la place nécessaire à la villa, et je pouvais passer des heures avec Esmee ou Carlisle, sans me lasser.

Et puis, un soir, pendant les vacances d'avril, tout s'écroula.

Edward m'avait fait la surprise de m'offrir un séjour à la montagne, au Mont Baker, dans un chalet typique mais très confortable. Emmett et Rose, ainsi que Jasper et Alice, nous avaient rejoints pour les trois derniers jours de notre séjour, et nous faisions la fête : cochonneries à manger, musique, danse, alcool et sexe étaient au programme (chaque couple dans son coin bien sûr). Esmee et Carlisle étaient heureux comme des rois, parce qu'ils gardaient la petite Elisabeth.

Emmett et Rose avaient été chargés de ramener à boire (des bières, de la vodka, du vin blanc, et des jus de fruits sans alcool), Alice et Jasper s'étaient occupés de la nourriture (pizzas, hots dog maison, salades de pâtes, rondelles d'oignons frits, cake au jambon, chips, et en dessert, cookies, et brownies), et Edward et moi avions prévus la musique et la logistique. Après une journée de ski, nous nous retrouvâmes tous au chalet, pour nous changer et nous réchauffer, et après avoir allumé le feu dans l'âtre de la cheminée, Emmett l'impatient passa en revue toutes les chansons téléchargées sur la clé USB, pour mettre un clip à son goût. Nous passâmes notre soirée à manger, à boire, à danser et à rire, redevenant d'insouciants adolescents, même si je n'estimais pas être encore devenue une adulte réellement.

Et puis, comme Rose et moi étions tout à fait sobres, et que certains avaient plus que bu, nous décidâmes de ramener les moins vaillants à l'hôtel. Rosalie m'aidait à ranger un peu quand Emmett eut une fabuleuse idée, selon son avis.

-Dites, il y a un casino dans l'hôtel, si on allait se faire quelques parties de roulettes ?

-T'es bourré Emm' ! Rigola Alice. Tu verrais trois boules au lieu d'une seule !

Evidemment, Emmett donna une réponse « à la Emmett », mais comme une majorité voulait le suivre, nous prîmes deux voitures, pour nous rejoindre à l'hôtel. Seuls les garçons allèrent jouer, nous les filles préférant aller boire un dernier verre avant de monter dans la chambre d'Alice et Jasper. Nous nous installâmes confortablement pour papoter tranquillement. Il était plus d'une heure du matin quand Alice s'endormit.

-Alors, comment tu te sens maintenant ?

Tant qu'Alice était éveillée, nous avions plaisanté et étions restées sur un ton léger, cependant dès que nous fûmes les deux seules debout, Rose redevint sérieuse. Il était deux heures et demie du matin, et nous patientions en attendant le retour de nos hommes. Je compris qu'elle parlait de ma grossesse. J'enviais Jasper, parce qu'il avait une sœur qui faisait preuve de beaucoup d'empathie, mais c'était peut-être de famille, puisque le frère avait également cette grande qualité. Alice aussi savait faire preuve d'empathie, mais pas forcément au même niveau. Sans compter que Rose avait eu un enfant, et avait donc une expérience.

-Mes nausées se sont calmées, mais je crois que j'ai eu de la chance, parce que finalement j'en ai eu peu et pas très fortes. On a fait la première échographie, tout va bien. Edward est complètement gaga de mon ventre !

Rosalie rit doucement, pour ne pas réveiller Alice.

-Oui, Emmett était pareil. Qu'est-ce qu'il était prévenant !

-Il ne l'est plus ?

-Si, je ne peux pas le nier. Mais certaines fois, j'avais l'impression d'être en cristal, et qu'il avait presque peur de me toucher. Ça changeait de l'époque pas si lointaine où il me prenait pour son pote ! Quand j'étais enceinte, plus je grossissais, plus il était en admiration devant mon ventre.

Des cris et des bruits de pas firent taire la jeune femme, qui se leva, l'air inquiet. Je l'imitai, inquiète tout à coup.

-Putain de merde ! Entendis-je Emmett jurer dans le couloir. Edward, tu fais chier !

Un gros fracas résonna, puis Jasper poussa un juron à son tour. La porte s'ouvrit violemment, pour laisser le passage au mari de Rosalie qui soutenait Edward, lequel titubait. Éberluée, je vis Emmett laisser tomber mon petit-ami sur le lit, à côté d'Alice qui grogna sans se réveiller. Jasper apporta aussitôt ce que je supposai être des poches de glace, qu'il appliqua sur le visage d'Edward.

-Mais qu'est-ce qui s'est passé ? Murmura Rosalie, sans doute aussi horrifiée que moi.

En effet, la peau d'Edward était tuméfiée à de nombreux endroits, son nez saignait, et il semblait encore vouloir se relever.

-Appledown a appelé quand nous étions au bar, marmonna Emmett tandis que Jasper essayait de soigner son beau-frère. Je ne sais pas ce qu'il lui a dit, mais visiblement, ça ne lui a pas plu.

Le temps sembla s'arrêter tandis que je m'étais figée, incapable de réfléchir ou même d'émettre une parole : quelle tempête allait s'abattre sur nous ?