Beaucoup plus qu'un Granger
Written by FerPotter
Translated by Cixy
Résumé: Nathan se réveille et doit faire face à sa nouvelle situation. Comment va-t-il le prendre?
Note de la traductrice:Comme chaque semaine, voici le nouveau chapitre et je vous remercie de suivre cette histoire et de laisser vos avis, impressions, réactions etc... Pour aujourd'hui, c'est un très bon chapitre qui vous attend, enfin c'est mon avis, très long aussi alors je ne vous retiens pas davantage et bonne lecture. ;)
&Mayelle: Il n'a pas un mauvais fond Harry, peut être un peu long à la détente ou peut-être qu'il a besoin que quelqu'un lui remette les idées à leurs places...^^
Eileen19: Comme toujours, merci pour ta review et de suivre cette histoire aussi assidûment. Heu, la réaction de Nathan...je te laisse découvrir ça^^
Serena-Rogue: Tu adore? Tant mieux, voici la suite :)
Miss xXX: Nathan est probablement le meilleur personnage original de fanfic que j'ai lu jusqu'à maintenant, et pour ça, comme pour le reste de l'histoire, tout le mérite en revient à l'auteur (FerPotter). Merci pour ta longue review^^
SiSi: merci pour ta review, voici la suite :)
Chapitre 21: Souffrance
Nathan sentit sa bouche s'assécher et il sortit sa langue pour humidifier ses lèvres. Il inspira profondément mais n'ouvrit pas les yeux. Il s'étira et bailla, et quelque chose était bizarre; ça, fit remarquer son cerveau engourdi. Il roula sur le dos et s'étira encore. Qu'est-ce qui était bizarre? Bien sûr, ce lit était doux et immense. Bien, pensa-t-il, tout comme celui de Maman. Maman? Il ouvrit les yeux et évalua son environnement. Il n'était pas dans son lit. Pourquoi ne suis-je pas dans ma chambre? Il se frotta les yeux en forçant son cerveau à se mettre en route.
Et il regretta cet effort.
Les évènements de la nuit passée lui revinrent à l'esprit, et Rogue était encore son père. Où suis-je? Il s'assit sur le lit, inquiet à présent. Nathan ne se souvenait pas d'être parti de la salle des Trophées. Il regarda autour de lui et comprit finalement où il était. Il ferma les yeux et se laissa tomber sur l'oreiller duveteux. Cela ne pouvait que vouloir dire que sa mère était là. Qui l'avait appelée? Il ne voulait pas la voir!
Nathan ouvrit les yeux pour fixer l'auvent du lit de sa mère. Il fallait qu'il sorte de là. Il s'assit à nouveau sur le lit, cherchant ses habits. Il les trouva sur une chaise et se déplaça pour les enfiler rapidement. Il était habillé, dos à la porte quand il l'entendit s'ouvrir. Merde!
« Nathan, » entendit-il dire sa mère.
Il arrêta de boutonner sa robe et resta debout, sans se tourner vers Hermione.
« Je ne voulais pas te réveiller, » entendit-il dire sa voix, plus proche à présent. « Tu avais l'air très fatigué la nuit dernière. Tu te sens mieux? » sa voix douce ne faisait qu'accroître sa propre colère.
Puis, une main se posa sur son épaule. Nathan se figea avant d'hausser les épaules pour la faire partir.
« Je vais bien, » dit-il simplement et il recommença à boutonner ses robes.
« Nathan, on devrait parler de ce qui s'est passé hier. »
« Je ne veux pas en parler, » l'avertit-il.
« Je sais que tu as de nombreuses questions, et pour la première fois, je peux te donner des réponses. » A ces mots, il se tourna vers elle.
Nathan voulait lui dire à quel point il n'avait pas besoin de ses réponses à présent, mais il se contenta de dire, « je sais ce que je voulais savoir, je dois être en retard pour les cours. »
Il passa près d'Hermione et se dirigea vers la porte mais elle se ferma violemment. Il se retourna, irrité, pour lui lancer un regard furieux.
« Tu es excusé pour tes cours, » lui dit-elle. « Nous avons toute la matinée pour parler. »
« Pour parler de quoi! » cracha-t-il, las. « Alors, Rogue est mon père. Grande nouvelle! »
« Oui, c'est une grande nouvelle. Tu sais que c'en est une, » répondit Hermione avec un regard froid. Elle soupira. « S'il-te-plaît, discutons-en. »
Nathan soutint son regard pendant un moment avant de dire. « Je n'en vois pas la raison. »
Hermione fronça les sourcils. « Ne veux-tu pas que ton père fasse partie de ta vie? Ne veux-tu pas apprendre à le connaître et passer du temps avec lui? Tu peux faire tout cela à présent, voilà la raison. »
Nathan avait rêvé de toutes ces choses que sa mère était en train de lui dire. Il avait désiré un père pendant si longtemps et maintenant il en avait un. Il savait qui était son père et savait qu'il n'en aurait jamais. Je n'ai pas besoin d'eux.
« Je ne veux plus de tout ça. Je ne veux pas et je n'en ai pas besoin. Je n'ai besoin de rien venant de toi, » dit Nathan.
« Veux-tu savoir à quel point il était inquiet pour toi, hier? » elle avança lentement vers lui. « Il était vraiment inquiet. Et moi aussi. Severus se soucie de toi, Nathan. »
Il secoua la tête, refusant de croire ce qu'elle était en train de lui dire. C'est une menteuse, se rappela-t-il. Tu n'as pas besoin de ses mensonges.
Il serra les dents et dit, « Je ne te crois pas. Tout ce que tu dis est un mensonge. Tu n'as jamais voulu que je sache que le professeur Rogue était mon père; tu n'as jamais voulu que je sois heureux avec lui. »
« Nathan, ce n'est pas vrai. » Elle se rapprocha et il fit le tour de la chambre pour s'éloigner d'elle.
« Tu pouvais me le dire. Il n'était pas une menace pour nous! Il n'était pas à Azkaban, il n'était pas dangereux. Tu disais même qu'il était honorable et bon. Tu aurais du me dire! Tu savais que je voulais savoir. J'ai passé un mois avec lui, à poser des questions stupides sur mon père, à passer pour un imbécile! Ça vous faisait rire? Est-ce qu'il te racontait à quel point j'étais pathétique chaque fois que je lui posais des questions sur mon père? » Il était en train de hurler à présent.
« Nathan, » essaya-t-elle de l'interrompre.
« Ça devait être drôle de se moquer de moi, sinon tu me l'aurais dit avant. Comptais-tu me le dire bienôt? Avais-tu l'intention que je le découvre comme ça et me rendre encore plus malheureux? Parce que c'est exactement comme ça que je me sens. Es-tu contente maintenant! » Il haletait. Nathan voulait lui faire du mal physiquement pour qu'elle puisse ressentir à quel point il était triste.
Hermione alla rapidement vers lui, sans lui laisser une chance de s'échapper. Elle le serra fort dans ses bras. Son étreinte était étouffante et la douleur dans la poitrine de Nathan devenait insupportable.
« Je ne suis pas heureuse, je ne suis pas heureuse. Je suis triste moi aussi. Je n'ai jamais voulu te blesser. Je suis désolée, je suis tellement désolée, » lui murmurait-elle à l'oreille.
Il ne voulait pas entendre ses excuses, il voulait qu'elle s'en aille; il voulait que la douleur s'apaise. Nathan se débattit et elle le serra plus fort. Il grogna et lutta avec une détermination nouvelle jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus le tenir.
Il la regarda, respirant laborieusement. Elle était sur le point de fondre en larmes et il n'avait aucune compassion pour elle.
« Ne me touche plus, » dit-il. « Je ne veux plus jamais entendre tes mensonges à nouveau. Je te déteste! » Nathan sortit sa baguette, inspira profondément plusieurs fois et énonça l'incantation qui lui ouvrit la porte. Avant de partir, cependant, il se tourna vers sa mère éberluée et ajouta calmement, « à partir de maintenant, je vivrai avec Oncle Harry. »
Et il fit demi-tour et entendit son sanglot. Et il ne se retourna pas. Il ne se tourna même pas pour la regarder. Elle se sentirait aussi mal que lui, et c'était ce qu'il voulait. A ce moment seulement, Nathan partit.
~oO0Oo~
Severus passa ce qui restait de la nuit précédente à penser à ce qui s'était passé. En une déclaration, il avait pris sa place en tant que père de Nathan et il était sûr d'être maudit à présent. Il jura entre ses dents mais il n'avait pas d'échappatoire cette fois. Il l'avait affirmé, son coeur l'avait clamé haut et fort et maintenant il était officiellement le père de Nathan, indépendamment de ce qui était le mieux et le plus prudent.
Comme Severus l'avait prédit quand il s'était rendu compte qui était Nathan, la première fois, la situation l'incitait à agir, et son besoin de prendre de nouvelles décisions et donc d'accroître le nombre d'erreurs qu'il avait commit dans sa vie, donnait déjà des résultats. Ce qui lui était passé par la tête alors qu'il avait porté Nathan refit surgir la douleur qu'il causait déjà à son fils, et il savait que ce n'était qu'un avant-goût de ce qui allait suivre. Le regard terrifié sur le visage de Nathan dans son bureau, le fait qu'il ait retiré le pendentif, la manière dont il s'était réfugié dans la Salle des Trophées, toutes ces actions en disaient long sur la façon dont serait ce tout va bien se passer, comme le répétait Granger.
Severus leva les yeux au ciel. Cette femme était folle, mais elle aimait le garçon. Si ses réactions précédentes devant le comportement odieux de Nathan devaient être prises comme référence, alors elle serait malheureuse au moment où il se réveillerait.
Il savait que la colère de Nathan s'abattrait sur lui également. Que va-t-il faire? Severus savait qu'il était inutile d'essayer de prédire son comportement, il l'avait appris pendant leur mois de retenues. Il n'y avait aucune façon de savoir ce que Nathan allais faire.
Mais il n'y avait aucune façon d'en convaincre son esprit.
La dernière chose que pensait Severus était que Nathan prendrait bien la nouvelle, cependant, des images de son fils lui souriant pendant qu'il travaillait sur une potion, exactement à l'emplacement où se trouvait ce Poufsouffle à ce moment-là, lui traversèrent l'esprit, et il put se voir lui-même approuver de la tête en reconnaissance de la préparation parfaite pour voir le sourire s'étirer davantage.
« , gardez votre bouche fermée jusqu'à la fin du cours. Cinq points de moins pour Poufsouffle, » dit Severus sereinement au Troisième Année qui discutait avec son camarade pour ce qui semblait être la millionième fois pendant qu'ils préparaient la potion attribuée lors de ce double-cours matinal.
Le fait que Nathan l'accepte était également troublant par bien des côtés. Il ne savait pas comment être un père. Et si le garçon attendait plus que ce qu'il pouvait donner? Severus n'allait pas se mettre à enlacer et câliner comme il avait vu Potter le faire. Il ne pouvait s'imaginer faire des courses en balais, jouer à la Bataille Explosive ou n'importe lesquelles de ces choses stupides. Était-ce ce que Nathan voulait? Était-ce qu'il attendait d'un père? Severus se rendit soudain compte qu'il ne le connaissait pas bien et il s'en sentit étrangement triste.
Au lieu de songer à tout ce qu'il avait manquer dans la vie de Nathan, il choisit de se concentrer sur ce qui allait probablement se passer. Si son fils était déjà réveillé, il devait être en train de hurler sur sa mère, la blâmant pour tout ce qui avait été de travers durant sa jeune vie. Il l'avait déjà vu faire auparavant et Severus ne pouvait l'en condamner. A la place de Nathan, il ferait pire que ça. Hurler des accusation n'était qu'une légère brise dans la tempête de sa vie.
Severus cligna des yeux et les maintint fermés plus longtemps que d'habitude pour effacer les images qui lui venaient à l'esprit et quant il les rouvrit, il ne vit que la Serdaigle remuant son chaudron avec une grande concentration au bureau près du sien. Le cours serait bientôt terminé et il découvrirait ce qui allait advenir de sa vie à présent. Granger l'attendrait sûrement pour avoir une discussion, avec ou sans Nathan.
~oO0Oo~
Hermione contemplait la matinée froide et immaculée par la fenêtre. La magnifique vue du parc enneigé l'avait aidée à se calmer après le départ de Nathan, plusieurs heures auparavant. Tout avait été de travers. Nathan n'était pas seulement bouleversé et blessé, il était furieux et sa rage et sa volonté de s'éloigner dans ce moment difficile et déroutant lui brisait le coeur; il avait préféré rester seul.
Un enfant qui venait de subir ce qu'il venait juste de traverser ne devrait pas rester seul mais sa présence semblait faire surgir ce qu'il y avait de pire en lui à ce moment-là. Ça faisait mal. Savoir que votre propre enfant ne pouvait vous regarder sans se sentir en colère, trahi, vulnérable... Ça faisait encore plus mal que ce que Hermione avait pu imaginer. Les choses qu'il avait dites...
Elle était heureuse que Severus n'ait pas été présent avec eux quand Nathan s'était réveillé. Après que les choses se soient calmées la nuit précédente, Hermione s'était repassé dans sa tête les derniers scènes de Severus avec Nathan et elle avait souhaité qu'il soit avec eux à ce moment. A présent, tout ce qu'elle pouvait en penser était que le désastre aurait été bien pire s'il était resté. Elle ne savait pas comment Severus était préparé pour faire face à ce niveau de haine de la part de quelqu'un dont il se souciait, en sachant à quel point ce sentiment était encore ténu pour lui et à quel point il était réservé sur ses sentiments. Il n'aurait pas compris...
Pour changer, Hermione avait pris ces quelques heures pour faire preuve de pessimisme. Ça faisait mal mais maintenant elle se sentait prête à se battre et à remettre les choses en ordre comme elles auraient du l'être depuis le début. C'était entièrement sa faute si toute cette situation avait atteint de telles proportions, et elle arrangerait les choses. Hermione ne laisserait pas leur bonheur s'échapper de ses mains à présent que toutes les cartes avaient été jouées. Elle n'avait plus rien à perdre.
Inspirant profondément, Hermione quitta ses appartements de Poudlard. Elle voulait croire qu'elle n'avait vraiment rien à perdre, mais au plus profond d'elle-même, elle savait que ça faisait mal uniquement parce qu'elle était sur le point de tout perdre. Elle ne voulait plus ressentir ces sentiments. Son anxiété ne la laisserait pas rester à attendre plus longtemps. Elle allait s'y mettre dès maintenant, et le seul qu'elle allait attendre était Severus, dans son bureau.
~oO0Oo~
Harry fixa les rapports qu'il était sensé être en train de remplir. Hermione avait perdu la tête et l'entraînait avec lui dans ses folies. Il se frotta le front, essayant d'atténuer la douleur qu'il y ressentait.
« Mauvaise journée, chef? » demanda Tonks d'un ton réprobateur.
Harry se contenta de soupirer.
Quand elle vit qu'il n'ajouterait rien, la jeune Auror ajouta avec plus de sérieux, « Tu te sens bien, Harry? »
Celui-ci sentit la préoccupation de sa collègue. « Mal de tête, » dit-il simplement, sans lever la tête pour la regarder; Tonks avait pris un siège à présent et était assise dessus, à l'envers, en face de Harry.
« Sais-tu ce qui en est à l'origine? » poursuivit-elle?
« Oui, » dit Harry et finalement, il la regarda. « Ton mari. »
Tonks tint le dossier de sa chaise des deux mains, en se levant du bureau de Harry mais en continuant à le regarder en fronçant les sourcils.
« Et Hermione, » ajouta Harry.
Les yeux de la jeune femme s'écarquillèrent et Harry se rendit compte de son erreur. « Non, non. Tu m'as mal compris. »
Le visage de l'Auror se détendit et elle regardait curieusement Harry à présent, en attente d'une explication.
« J'ai été à Poudlard hier. Depuis Noël, j'avais l'intention de clarifier quelques petites choses. Maintenant je me suis occupé de ce pour quoi j'y étais allé mais tout le reste est aussi clair que de la boue. »
« Harry, tu n'es pas plus compréhensible que Scrimgeour, » fit observer Tonks.
« Que sais-tu à propos du père de Nathan? » demanda Harry.
La jeune femme détourna le regard.
« Je sais que Remus est au courant, si c'est ce que tu te demande, » répondit-il à la question qu'elle n'avait pas posé.
« Je sais que Remus est au courant, moi aussi, mais il m'a dit que ce n'est pas à lui de révéler ce secret. Qu'as-tu découvert? »
« J'ai trouvé, » déclara Harry.
Tonks s'approcha à nouveau du bureau de Harry, le menton posé sur le dossier de sa chaise. « Tu as trouvé, » répéta-t-elle d'un ton conspirateur, ses yeux s'assombrissant légèrement.
« Oui, mais ton mari veut que je me taise. »
Tonks leva les yeux au ciel, se redressant sur sa chaise une nouvelle fois. « Remus n'est pas marrant. Tu vas l'écouter? »
Harry soupira en rejetant sa tête en arrière pendant un moment, puis la ramena en avant. « Je ne sais pas. Hermione est complètement folle! Je ne peux pas croire qu'elle - » il s'arrêta de divaguer et prit une profonde inspiration. Toute cette colère accroissait son mal de tête. « Je pense que Remus a raison à propos de ça. » Il ferma fortement les yeux en se tenant l'arrête du nez.
« C'est Rogue, » déclara Tonks.
Harry ouvrit brusquement les yeux et la regarda longuement.
« Il n'y a que Rogue ou Tu-Sais-Qui qui soient capables de te donner un tel mal de tête, et ouvre les yeux, Nathan a écrit Rogue partout sur lui. »
Il ne pouvait pas le nier. « Je pensais que Rogue pouvait être son père, bien sûr, mais le fait d'en avoir eu la confirmation... » admit Harry.
« J'y ai songé deux fois, à cause des agissements d'Hermione, son déménagement dans le monde Moldu et tout. Ça n'avait aucun sens en sachant tout ce qu'elle avait fait pour lui, ce qui d'une certaine manière appuierait le fait qu'ils aient eu une relation... » Elle analysa les possibilités. « Mais sérieusement, Harry. Ce n'est pas comme si c'était la fin du monde, » ajouta Tonks après un petit moment en lui tapotant le bras.
« Tonks, tu ne comprends pas. Nathan l'a découvert également. Il était là quand Rogue a hurlé qu'il était son père. Tu aurais du voir son visage; il était horrifié, et il y a de quoi l'être, » fit remarquer Harry, en soulignant à quel point la situation était grave. « Et Hermione entretient la folle idée de faire interagir Nathan et Rogue; elle l'a laissé seul avec lui. Elle a perdu la tête! »
« Rogue a hurlé ça à Nathan? » Tonks semblait sous le choc.
« C'est à moi qu'il l'a hurlé et on ne savait pas que Nathan était là, mais quand même... »fit Harry. « Comment Hermione peut-elle avoir confiance en Rogue comme ça? C'est Rogue! »
Tonks haussa les épaules. « S'il est son père... » Elle remarqua l'horloge accrochée au mur derrière Harry et se leva en remettant la chaise à sa place. « Je dois filer. On pourra en reparler plus tard, Harry. » Elle sortit du bureau en appelant un autre Auror qui venait de passer la porte.
Ne voient-ils rien? Pensa-t-il, ennuyé. Il lui semblait qu'il était le seul à penser à Nathan dans cette situation. Hermione avait perdu la tête, Remus n'intervenait pas, comme toujours et maintenant, Tonks ne s'en souciait pas. Hé bien, ce n'était pas son cas.
~oO0Oo~
Severus entra dans son bureau et ne fut pas surpris d'y trouver la jeune femme, regardant d'un air absent les flocons de neige tomber par la grande fenêtre circulaire, peut-être un peu déçu par le fait qu'elle soit seule, mais pas du tout surpris.
« Severus, » elle remarqua sa présence, l'air un peu surpris mais également soulagé.
Il marcha jusqu'à son bureau, prit place derrière celui-ci, face au fauteuil qu'elle occupait. « Granger, » dit-il enfin, ne sachant pas quoi dire d'autre.
Le silence tomba entre eux pendant qu'il l'observait alors qu'elle luttait pour trouver ses mots.
« Il était vraiment bouleversé, » lui dit-elle finalement. « Il ne savait pas comment réagir à la nouvelle. »
Severus ne dit rien. C'était prévisible, comme il le lui avait dit auparavant, mais il préféra en écouter davantage avant de le lui dire.
Elle poursuivit, « Il essaye de faire semblant que ça n'a pas d'importance pour lui, et il s'est mis sur la défensive quand j'ai essayé de lui dire le contraire. Il ne m'a pas laissée lui expliquer quoique ce soit non plus. » Son regard se durcit quand elle eut terminé de dire cela mais tout autre changements échappa à Severus car elle baissa les yeux vers ses genoux.
« Vous a-t-il déjà dit à quel point il vous hait? » demanda Severus après un moment.
Elle prit une profonde inspiration et le regarda, le menton levé. « Il ne me hait pas vraiment, » dit-elle, « ni toi. »
Alors, il a dit qu'il me haïssait aussi, en conclut Severus. « A quel point nous déteste-t-il? » demanda-t-il en haussant un sourcil.
« Elle soupira. « Beaucoup, » admit Granger.
« Puis-je le dire à présent? » osa-t-il plaisanter.
« Non, tu ne peux pas! » se rebiffa-t-elle fermement, son regard fatigué regagnant un peu de sa lueur habituelle. « Si tu m'avais écoutée, cela ne serait pas arrivé. Tu ne peux absolument rien dire, Severus Rogue! »
Severus se recula vers le fond de sa chaise en haussant un sourcil pour feindre une surprise qu'il ne ressentait pas réellement après cette explosion de colère d'Hermione. « Il nous déteste à ce point? »
« Il a dit qu'il allait vivre avec Harry. Voilà à quel point! »
Ces paroles le surprirent vraiment, le faisant froncer les sourcils. « Il n'ira pas vivre avec Potter. »
Hermione leva les yeux au ciel. « Je suis là à te dire que Nathan est bouleversé, perdu et renfermé et toi, tu ne fais attention que quand tu entends le nom de Harry! » Elle était bien plus qu'agacée, nerveuse et peinée. « Il est grand temps que tu fasses le point sur tes priorités, Severus! »
Celui-ci plissa les yeux devant le ton qu'elle avait employé mais au lieu de répondre à ses accusations, et pour lui faire ouvrir enfin les yeux, il dit plutôt. « Vous savez bien que tout cela est de votre faute, Granger. Vous avez décidé de garder cet enfant et de l'élever dans un cocon de mensonges et de faux espoirs. Comment pouviez-vous espérer qu'il ne nous haïsse pas? » Et, sentant son envie de l'interrompre, il ajouta rapidement, « Oui, il vous hait vraiment, et il me déteste tout autant, bien sûr mais il y a rien de nouveau de ce côté là. Grandissez un peu! Vous ne pouvez pas continuer à vivre dans ces contes de fées! »
La lèvre inférieure d'Hermione trembla et il savait que c'était à cause de l'effort qu'elle fournissait pour essayer de retenir sa riposte. Mais c'était vrai; tout ce qu'il avait dit n'était que la vérité.
Après un moment de silence tendu, elle parla d'une voix étrangement contrôlée, « Connais-tu Nathan, Severus? » demanda-t-elle et elle fit une pause. « Je sais que non et je n'en suis pas heureuse, mais je suis heureuse, oui, du fait que je le connais bien. Je sais à quel point il a un grand coeur, à quel point il est sensible et affectueux. » L'étincelle de vérité qui brillait dans ses yeux ne lui permit pas de douter de ses paroles.
« Il est en colère, se sent trahi. Nathan est blessé. » Sa voix perdit un peu de sa fermeté. Elle se leva pour arpenter la pièce et, après quelques profondes inspirations, elle poursuivit, « il est également perdu, Severus. Aussi avisé qu'il soit, je ne pense pas qu'il ait prévu quoique ce soit pour un scénario tel que celui-ci. » Elle leva les bras en l'air pour amplifier ce qu'elle venait de dire. « Il a besoin de nous dès maintenant, pour l'aider à arranger les choses. Il ne va pas nous rendre les choses faciles mais si nous le laissons à ses propres avis, il va se faire de fausses idées et pourrait en venir à vraiment nous haïr alors. Nathan est trop introspectif, Severus. Si nous n'agissons pas maintenant, il n'y aura pas de retour en arrière. Il est trop têtu et une fois qu'il a pris sa décision, ce sera vraiment difficile de le faire revenir à la raison. »
Granger faisait toujours les cent pas mais elle se calma pendant un court moment. Elle semblait troublée par un souvenir ou quelque chose du genre. Elle ferma les yeux et dit, « Je ne veux plus jamais entendre Nathan me dire qu'il me déteste, » et, en le regardant, elle ajouta, « surtout si le sentiment est vraiment présent. » Elle eut l'air égaré. « Je sais que tu te soucie de lui, Severus. Tu ne voudras pas l'entendre toi non plus, crois-moi. »
Severus aurait pu lui dire qu'il était habitué à ce que les gens le détestent ou essayer de la dissuader de penser qu'il se souciait de Nathan mais il n'en eut pas la volonté. C'était une prise de conscience étrange mais il voulait vraiment faire attention au garçon et voulait que les gens, ou du moins la femme présente avec lui, sachent qu'il se souciait de son fils. « Cessez de radoter et dites-moi quel est votre plan. »
Et le sourire qui emplit le visage de la jeune femme fut éblouissant.
« Sourire comme une folle ne va pas me rassurer. » De manière irritante, cela ne fit que rendre son sourire encore plus sincère, il atteignait à présent ses yeux noisettes.
Elle se rassit. «Tous les deux, vous devez passer du temps ensemble, hors de la salle de classe, bien sûr. Il a besoin de te voir autrement que comme un professeur. » Elle se tapota les lèvres avec un doigts, manifestement en train de réfléchir.
Severus mit à profit ce moment pour comprendre ce qu'elle venait de dire. Passer du temps avec Nathan hors de la salle de classe? Cela voulait dire qu'il agirait comme...un père! Et la réalité de l'instant le terrassa. Je suis un père.
« Des livres! » s'exclama Granger, le surprenant. « Il adore les livres et tu en as une collection incroyable dans tes appartements. » Elle sourit à nouveau.
« Je ne peux pas faire ça, » s'entendit-il dire.
Elle se calma. « Bien sûr que si, tu peux, » lui affirma-t-elle. « Tout ce que tu as à faire et de lui dire que tu as des livres à lui donner et il te suivra comme une abeille derrière du miel. »
« Je ne peux pas, c'est tout, » ré-affirma-t-il, il se leva et lui tourna le dos, ressentant le besoin d'avoir un peu d'intimité dans ses pensée. Severus put sentir son regard braqué sur son dos mais les images d'échecs étaient prépondérantes. Il échouerait avec son fils, il le savait. Maudit soit le jour où Potter s'était ramené! Tout était parfait avant que cette nuisance ne se décide à le défier. Imbécile de Potter!
Nathan n'avait pas besoin de lui. Son fils s'était bien porté sans connaître la vérité. Severus se remémora la nuit passée une nouvelle fois et se rappela à quel point son fils avait paru sans défense. Quand il avait porté Nathan au lit, Severus avait songé à quel point le garçon dans ses bras était vulnérable. Quand il avait aidé à le préparer pour le coucher, il avait été rassuré par le poids de son fils reposant sur sa poitrine; la façon si affectueuse avec laquelle Granger manipulait Nathan... A présent il ne pouvait que songer combien son fils était fragile... Des expressions spontannées, naturelles; Nathan avait semblé tellement paisible quand il dormait, tellement innocent...
Et maintenant, Severus allait certainement détruire ce qui restait de bon dans la vie de son fils. Il ne pouvait le faire mais il ne pouvait empêcher que cela arrive – il n'était pas un père. Il ferma les yeux, pleins de regrets. Il ne pouvait répéter ce que son père avait fait avec lui.
Une main se posa sur son épaule droite et Severus recula presque. « Tu seras un bon père, Severus. C'est déjà le cas. » Sa voix était une caresse mais ses mots ne lui apportaient aucun réconfort. Il ne pouvait la croire. « Je sais que tu penses que non mais être de bons parents c'est de prendre soin de son enfant et de vouloir ce qu'il y a de mieux pour lui, et c'est déjà ce que tu fais. » La main quitta son épaule après une petite pressions réconfortante, et effleura son visage, ramenant ses cheveux derrière son oreille et lui fit ouvrir les yeux une nouvelle fois. « Tu peux le faire, Severus. Je crois en toi, » ajouta-t-elle, et sa voix, sa main et ses mots l'atteignirent efficacement cette fois.
Severus était une nouvelle fois dérouté devant cette Hermione Granger. Comment peut-elle croire en moi comme cela? Et étrangement, il se sentit comme s'il devait croire en elle également. Le pouvait-il? Severus tourna la tête et la vit le fixer du regard avec une inquiétude non dissimulée. Qui est cette femme? Il ne put que la regarder longuement.
Granger sourit. « Viens, essayons de trouver d'autres moyens pour que Nathan parle avec toi, » dit-elle en lui saisissant l'avant-bras et en l'invitant à revenir à son bureau. « Il adore les potions, mais c'est hors de propos vu que c'est déjà tout ce que vous faites ensemble en cours. »
Severus la suivit jusqu'au bureau et la regarda, fasciné par la confiance qu'elle avait dans les gens et par son courage. Peut-être que toutes ces caractéristiques qui lui avaient toujours fait penser que les Gryffondors étaient des imbéciles téméraires, étaient en effet un trait à admirer chez eux. Granger parlait toujours avec animation, comme si tous les problèmes qu'elle avait dans sa vie étaient sur le point d'être résolus de la meilleure façon possible, alors qu'en vérité ils allaient seulement en empirant.
« ...mais je ne suis pas sûre. Ça devrait l'intéresser de parler de - »
« J'essaierai, » parvint-il à dire, interrompant ses divagations quant aux nombreux moyens pour atteindre Nathan. Mais qu'est-ce que je suis en train de faire? J'ai perdu la tête!
Elle le regardait à présent, le scrutant, et il se sentait mal à l'aise devant cet examen si minutieux jusqu'à ce qu'elle finisse par acquiescer. « C'est tout ce dont nous avons besoin. »
Severus baissa les yeux vers le bureau en voulant que le silence qui suivait cette brève déclaration, ainsi que toute cette conversation, prenne fin. Merde! Il était en plein dedans; il n'y avait pas moyen de faire marche arrière maintenant.
« Bien que je n'en ai pas du tout envie, je dois retourner à Londres à présent, » répondit-elle, comme une réponse à ses prières silencieuses. « Je resterai en contact avec toi pour des nouvelles ou quoique ce soit d'autre, » ajouta Granger.
Severus l'entendit se lever pour partir et se leva également. Il garda le silence en l'accompagnant à la porte de son bureau devant laquelle elle attendait qu'il lui ouvre la porte, ce qu'il fit. Elle passait à côté de lui lorsqu'elle se retourna vers lui une nouvelle fois avec une lueur perturbante dans ses grands yeux bruns. « Merci, Severus. » Et elle lui adressa un demi-sourire avant de se diriger vers le bout du couloir qui menait au Hall d'Entrée.
Il la suivit du regard jusqu'à ce qu'il ne puisse plus la voir. Au moment où il se rendit compte qu'il n'était pas seul, il était déjà trop tard. Severus regarda la jeune Serpentard qui l'observait d'une manière étrange. « Vous avez perdu quelque chose, Miss Yaxley? » La jeune fille secoua la tête pour toute réponse et se hâta de partir. Severus claqua la porte.
~oO0Oo~
« Nathan! » s'exclama Andy en le voyant près de la fenêtre du dortoir.
« Hey, Andy, » répondit Nathan, avec moins d'enthousiasme.
« Qu'est-ce qu'il t'es arrivé? Harry Potter te cherchait la nuit dernière, et puis tu n'es pas revenu dormir. Le professeur Lupin est venu nous dire que tu étais excusé pour les cours de ce matin mais il n'a pas voulu dire pourquoi. Tu as des ennuis? »
« Non. » Nathan avait oublié ses amis. Il ne pouvait pas leur dire qu'il avait finalement découvert qui était son père. Il ne dirait pas qu'il était le fils de Rogue. « Je... » Trouve quelque chose! « J'étais avec ma mère, » finit-il par dire.
Andy le regardait toujours, dans l'attente du reste de l'explication. Nathan ouvrit la bouche pour dire ce qui lui passerait par la tête mais Kevin arriva au même moment. « Nathan! Où étais-tu? »
« Il était avec sa mère, » le devança Andy.
« Ta mère? C'était pour ça que Harry Potter te cherchait la nuit dernière? » poursuivit Kevin.
« J'étais avec ma mère. Elle... est venu me rendre visite. » fit-il pour gagner du temps pour trouver quelque chose pour expliquer son absence.
« Est-ce que quelque chose ne va pas? » demanda prudemment Andy.
Nathan songea à prétendre que sa mère était malade mais en réfléchissant aux conséquences de ce mensonge, il pensa qu'il ne valait mieux pas. Ils la verraient lors du prochain week-end de toutes façons. « Pas vraiment, » répondit-il. « Ma mère va bien mais...elle voulait me voir. »
« Mais elle est là tout les week-end, n'est-ce pas? » commenta Kevin. « On peut être excusé de cours si nos parents viennent nous rendre visite? » L'expression du jeune garçon passa de l'étonnement à un air songeur. « Ce serait utile... »
« Tu sais comment sont les mères, » fit Nathan en haussant les épaules. « Peu importe, j'étais en retard et je suis restée dans ses quartiers pour la nuit. Elle restait toute la matinée alors elle a demandé au professeur Lupin de me dispenser de cours. » C'était parfait. C'était vrai sans être toute la vérité. Excellent! Se félicita-t-il lui-même.
« T'as de la chance! » dit Andy. « Peut-être que je pourrais convaincre mes parents de me venir me rendre visite un lundi matin. Ce serait génial d'être dispensé du cours de Rogue. »
Rogue. Nathan se figea. « On peut descendre à la Grande Salle pour déjeuner? Je n'ai pas beaucoup mangé ce matin; j'ai faim, » dit-il en voulant oublier cet homme et reprendre le cours de sa vie normale.
Il n'y eut pas d'objections à sa proposition et ils parlèrent de ce qu'il avait manqué ce matin-là en cours pendant qu'il descendaient vers la Grande Salle. Rien d'inhabituel ne se produisit sur leur chemin, comme attendu. Bien sûr que rien n'a changé dans la vie de l'école! Pensa Nathan, agacé contre lui-même. Pourquoi quelque chose aurait-il changé au château parce que le professeur Rogue était son père? Ça ne changeait rien. Mais il ne pouvait faire face à ceux qui les croisaient dans les couloirs. Nathan marcha en regardant ses pieds.
Ce ne fut que quand il vit que Andy venait de mettre le pied à l'étage de la Grande Salle qu'il réalisa que le professeur Rogue serait là. Il ne suivit pas Andy ou Kevin. D'autres élèves passèrent à côté de lui et ce ne fut qu'après plusieurs minutes à se convaincre qu'il devenait un petit froussard que Nathan osa lever les yeux. Son regard se posa directement sur le siège à la gauche de la Directrice – le siège vide. Soulagé, Nathan il le reste du corps enseignant rejoindre la Directrice pour le déjeuner et vit que le professeur Lupin l'observait. Cela le mit une nouvelle fois mal à l'aise.
« T'avais pas faim? » appela Kevin, et Nathan se dirigea finalement vers la table et s'assit près de lui. Kevin l'observait, ainsi qu'Andy, mais, distraits par les conversations autour d'eux, ils en oublièrent son comportement étrange.
Nathan mangea peu. Il pouvait toujours sentir le regard du professeur Lupin se poser sur lui de temps en temps. Que veut-il? Maman doit lui avoir demandé de garder un oeil sur moi, pensa-t-il, à nouveau en colère après Hermione. Il ne mangea rien de son dessert. Les autres finirent le leur et ils étaient sur le point de se rendre aux cours de l'après-midi quand Andy, assis en face de Nathan, salua, « Bonjour, professeur Lupin. »
« Bonjour, Andrew, les enfants, » répondit-il au-dessus de la tête de Nathan. « Comment allez-vous aujourd'hui? »
Diverses réponses suivirent cette question mais Nathan garda le silence.
« Et toi, Nathan? » entendit-il alors. « Tu n'aimes pas la tarte aux pommes? »
« Pas vraiment, Monsieur. Il n'y a pas de chocolat dedans. »
« J'ai toujours du chocolat dans mon bureau si tu as veux, » dit le professeur Lupin, lui faisant comprendre du regard le vrai sens de cette invitation.
Nathan voulut accepter l'offre du professeur Lupin mais il savait qu'il travaillait sur les ordres de sa mère. Il ressentit le besoin de le remercier toutefois. « Merci, Monsieur. »
Lupin acquiesça solennellement et sortit de la Grande Salle par la porte principale. Nathan baissa les yeux vers la tarte qu'il n'avait pas touché. Il voulait faire confiance au professeur Lupin, mais... il n'avait vraiment personne.
« Je t'ai déjà vu manger de la tarte aux pommes avant. C'est pas la tarte le problème, n'est-ce pas? » lui demanda Kevin.
« Je ne veux pas manger cette stupide tarte! C'est pas possible d'avoir un jour sans tarte! » cracha Nathan, à nouveau en colère après ses parents mais avec seulement Kevin sur qui passer sa frustration.
« D'accord, d'accord! » fit Kevin en s'éloignant de lui. « Ne mange pas la tarte. »
Nathan prit une fourchette massacra la pâtisserie incriminée. Il s'en moquait que ses amis reculent; il avait juste besoin d'un moment pour lui seul.
Après que Nathan a quitté la Grande Salle, Josephina se tourna vers Andy et demanda, « Qu'est-ce qui ne va pas chez lui? »
« Je ne sais pas, Jose. Il est comme ça depuis qu'il est rentré après avoir passé du temps avec sa mère, » répondit Andy.
« Peut-être qu'on devrait aller avec lui... » suggéra-t-elle.
« Bonne chance! » dit Kevin.
Jose le regarda d'un air désapprobateur. « Était-ce pour ça que Harry Potter était là hier? » demanda-t-elle alors. « Il est le parrain de Nathan, n'est-ce pas? »
« Peut-être, » répondit Kevin en fronçant les sourcils. « Je pense que quelque chose ne va pas mais il ne veut rien nous dire. »
« Tu penses que ça a quelque chose à voir avec Malefoy? Harry Potter en parlait avec lui hier, vous vous rappelez? » suggéra Andy.
« Oui, tu dois avoir raison mais pourquoi ne voudrait-il pas nous le dire alors? » rétorqua Kevin.
Andy haussa les épaules. Jose resta silencieuse pendant un moment mais elle se tourna rapidement pour parler de quelque chose d'autre avec d'autres filles. Kevin était perplexe mais il fut tiré de ses pensées par une discussion concernant les derniers résultats des matchs de Quidditch professionnels.
Nathan alla à la bibliothèque. C'était calme, seulement quelques élèves, des Serdaigles pour la plupart. Il choisit une table isolée dans un coin sombre et s'assit en prenant sa tête entre les mains, les coudes posés sur la table. Ils ne peuvent pas m'avoir comme ça! Se gronda-t-il lui-même. Comment sa vie pourrait-elle revenir à la normale si il ne pouvait pas ignorer ses parents? Et le professeur Rogue n'était même pas là! Nathan frappa la table de frustration, attirant les regards curieux des autres occupants de la bibliothèque. Il leur jeta un regard mauvais, puis soupira. Merde!
C'était plus difficile que ce à quoi il s'attendait mais il y arriverait. Il n'avait pas besoin d'eux et il vivrait très bien sa vie sans eux. Il fallait juste qu'il essaye de toutes ses forces. Nathan avait toute l'après-midi pour ignorer ses parents et être lui-même en cours et avec ses amis. Il se leva et sortit de la bibliothèque d'un pas déterminé, prêt à affronter un Troll, ou du moins c'est ce qu'il pensait.
Les cours de l'après-midi se déroulèrent sans incidents pour lui. Ses problèmes refirent surface quand il arriva dans la Grande Salle pour le dîner. Il était là – son père. Nathan ne pouvait pas entrer. Sans même regarder il savait que le professeur Rogue le fixait. Il devait partir.
« Je... j'ai oublié quelque chose en classe. Je vais aller à la bibliothèque après ça, je vous verrai plus tard, » dit rapidement Nathan à ses amis et sans leur laisser le temps de poser des questions, il reprit le chemin par lequel il était venu.
Deux volées d'escaliers plus tard, il s'arrêta, la respiration laborieuse. « Qu'est-ce qui ne va pas chez moi? Murmura-t-il. Il eut beau se réprimander lui-même, Nathan ne retourna pas dans la Grande Salle ce soir-là.
Le matin suivant, il se leva avec une nouvelle résolution. Il prendrait son petit-déjeuner, peu importe qui serait dans la Grande Salle. Il n'avait pas bien dormi, il avait faim et il ne laisserait aucune chauve-souris en train de le dévisager rendre sa journée encore pire!
Nathan sourit quand il ne le vit pas dans la salle. Super! Encore mieux! Il en était au milieu de son petit-déjeuner quand la grande chauve-souris entra par une porte latérale. Leurs regards se croisèrent quand Rogue s'arrêta avant d'arriver à sa chaise. Nathan avala son jus de fruits avec difficultés. Le moment ne dura que quelques secondes mais cela lui sembla durer des heures. Sentant une force lui broyer la poitrine, Nathan se leva. Rogue ne le quitta pas des yeux. La sensation se renforça et le jeune garçon dut quitter la Grande Salle pour respirer.
Severus regarda Nathan partir en soupirant et il atteignit enfin sa place. Le garçon le fuyait toujours, prouvant qu'il était aussi imprévisible qu'il l'avait pensé. Qui aurait pensé qu'un Gryffondor, l'un des seuls de sa carrière d'enseignant à ne pas l'avoir craint, s'enfuirait de la Grande Salle en le voyant? Son fils, un froussard? Il savait que Nathan n'en était pas un, mais...
Les pensées de Severus furent interrompues par le Hibou Postal. Pour être plus précis, par la lettre qu'un des oiseaux lâcha dans ses oeufs brouillés. Severus leva les yeux au ciel quand il vit qui en était l'expéditeur.
Cher Severus,
Comment ça se passe à Poudlard? J'espère que tu as parlé avec Nathan et qu'il se sent mieux.
S'il-te-plaît, envoie moi des nouvelles.
Sincèrement,
Hermione Granger.
Comment puis-je lui parler s'il me fuit? Et elle sera à Poudlard l'après-midi même; elle pourra juger la situation d'elle-même! Severus chiffonna la lettre sans y réfléchir à deux fois. Il savait qu'il avait perdu la tête quand il avait accepté de suivre son plan farfelu. Mais la vérité était que Severus voulait parler à Nathan, c'est juste qu'il ne savait pas comment s'y prendre.
Il chassa le hibou qui attendait sûrement une réponse qu'il n'avait pas l'intention d'écrire. Il reporta son attention sur son assiette et trouva son repas éparpillé partout et gâché. En marmonnant dans sa barbe, Severus sortit de la Grande Salle pour une autre matinée de cours. Au moins il n'aurait pas à supporter d'imbéciles cet après-midi là.
Pendant les cours, il décida de ne pas déjeuner dans la Grande Salle. Il s'était dit en lui-même que c'était parce qu'il ne voulait côtoyer personne après le cours qu'il avait eu, mais s'il voulait être honnête, il savait que la raison était toute autre: il ne voulait déranger son fils par sa présence.
Préférant passer l'après-midi dans son laboratoire, la maître des Potions appela un Elfe de maison et commanda un sandwich et du thé. Un peu plus tard dans la journée, alors que Severus était en train de relire quelques notes sur ses recherches, Granger arriva.
« Pourquoi n'as-tu pas répondu à ma lettre? » demanda-t-elle en laissant tomber son habituel bonjour.
« Pourquoi y répondre alors que vous serez ici en personne pour me questionner? » répondit Severus.
Elle inspira profondément. « Tu lui as parlé? »
Il la regarda en faisant l'inventaire de ses options qui s'offraient à lui, puis baissa la tête pour rassembler ses notes. « Non. »
La lumière fut alors cachée par le corps d'Hermione, debout juste devant son bureau. Il ne lui accorda pas d'attention mais il fut impossible de l'éviter quand elle se pencha et baissa son visage au niveau du sien en se tenant aux rebords du bureau.
« N'attends pas trop, Severus. Il ne viendra pas à toi. Je t'ai dit qu'il ne nous rendrait pas les choses faciles. » Sa voix était triste, teintée de tristesse.
Severus releva la tête vers Granger. « Je fais déjà tout ça contre ma volonté. Ne me poussez pas. »
« Moi non plus je ne voulais pas que les choses en arrivent à ce point. Je ne te pousse- » Il plissa les yeux, l'interrompant dans sa tirade. « D'accord, je te mets la pression, mais on n'a pas tout notre temps, Severus. » L'air de reproche dans le regard de celui-ci s'intensifia. « Ne me regarde pas comme ça! C'est toi qui as merdé cette fois, à ton tour de réparer! Tu ne vois pas que ça n'a plus d'importance ce que tu veux? Tu as dit que tu étais son père, maintenant, tu l'es. »
« Ne me dites pas ce que je peux faire ou non! » cracha-t-il.
Elle se redressa devant le bureau. « Alors, toi, dis-moi ce que tu ne peux pas faire, Severus. »
« Je ne peux pas approcher quelqu'un qui n'est pas prêt à me faire face sans gâcher votre plan parfait! Je ne peux pas devenir quelqu'un que je ne suis pas du jour au lendemain juste parce que vous le pensez! Je ne peux pas réparer vos erreurs! »
« Et que peux-tu faire, Severus? » Sa voix était forte mais le ton n'était pas sec.
Un silence suivit cette question, mais elle continua de le regarder dans les yeux, le regard éloquent, fort, perspicace, ennuyeux. Il pouvait lui jeter un sort jusqu'à la semaine suivante. Il pouvait l'expulser de son labo. Il pouvait ignorer qu'elle soit jamais entrée dans sa vie. Il pouvait mais il n'en fit rien, car elle décida de partir d'elle-même. Parfait! Pensa-t-il sarcastiquement.
~oO0Oo~
Nathan passa tout le week-end dans son dortoir. Il ne voulait risquer de croiser sa mère dans les couloirs ou à la bibliothèque. Il ne voulait même pas qu'on puisse le trouver dans la salle commune, au cas où l'un d'entre eux osait venir l'y chercher. Oui, eux, parce que les professeurs Lupin et Rogue étaient aussi sur sa liste des personnes à éviter. S'il voulait être honnête avec lui-même, il devait admettre que même ses amis le mettaient mal à l'aise ces jours-ci. C'était comme si tout le monde le regardait et voyait Rogue écrit sur son front. Nathan savait que ce n'était pas le cas, mais... Il pouvait le voir chaque fois qu'il s'observait dans le miroir ou dans le reflet d'une vitre, comme maintenant.
Il se détourna de la fenêtre et retourna à son lit. Les livres l'occupaient pour le week-end. C'était presque fini; bientôt l'heure du déjeuner de ce dimanche ennuyeux. Il se rendait dans la Grande Salle pour les repas mais il n'entrait que quand il était certain qu'aucun d'entre eux n'y étaient. Il avait du attendre durant le dîner précédent que sa mère parte mais les autres repas s'étaient déroulés sans incident.
Il entendit des rires. Les autres garçons montaient au dortoir.
« ... et n'a rien dit! Imagine le professeur Flitwick en train de courir sur ses minuscules jambes et dire: 'Ne touchez pas la chose poilue! Ne touchez pas la chose poilue!' » glapit Malcolm Lesner dans une imitation du professeur Flitwick. Tous les garçons éclatèrent de rire. « C'était vraiment trop drôle! » ajouta Malcolm.
« Layla a eu de la chance, » commenta Kevin. « Vous imaginez ce que Rogue aurait fait si elle avait fait une erreur comme ça en Potions? »
Diverses expressions de douleur suivirent cette déclaration et ils retrouvèrent leur sérieux. Nathan observait les garçons du coin de l'oeil en faisant semblant de lire son livre.
Andy décida de détendre un peu l'atmosphère. « Vous êtes en train de détruire ma salle de classe, petite idiote! Cent points de moins pour Gryffondor! » dit-il en essayant sans succès d'imiter le maître des Potions. Les garçons gloussèrent.
« Tu as oublié les sourcils, » dit Kevin et il répéta la phrase d'Andy en y ajoutant des mouvements exagérés de sourcils. Tout le monde éclata de rire.
Enfin, pas tout le monde. Nathan ne riait pas. En fait, il était très concentré à essayer de ne pas attirer leur attention. Et cela échoua.
« Nathan le fait bien mieux! » fit remarquer Kevin. « Montre leur, Nathan. »
Tous ceux présents se tournèrent vers lui, dans l'attente. Nathan fixa son livre, ne sachant pas quoi faire. En fait, ce qu'il savait c'est qu'il n'imiterait sûrement pas son père. Sûrement pas!
« Pas maintenant, Kevin. J'essaie d'étudier là, » dit-il et il fit semblant d'être concentré sur sa lecture.
Il put voir du coin de l'oeil qu'ils se regardaient entre eux. Il pouvait même en entendre certains faire des commentaires sur quelque chose mais Nathan ne leva pas les yeux de son livre.
Les mouvements dans la pièce cessèrent quand la plupart des garçons redescendirent les escaliers. Seuls restaient Andy et Kevin, avec Nathan.
« Qu'est-ce qui va pas chez toi? » demanda Kevin d'un ton accusateur. « Tu ne veux plus rigoler? Où est Nathan et qu'as-tu fait de lui? »
Celui-ci soupira en levant enfin les yeux de son livre. « Je ne suis pas d'humeur à plaisanter, d'accord? Je suis désolé si le fait que des gens essaient d'étudier dans cette école vous dérange, » dit-il plus sèchement que ce qu'il aurait voulu. Il ne put se résoudre à regarder ses amis après ça.
« Je ne pense pas que nous soyons les bienvenus ici, Andy. Ne dérangeons pas le petit génie, » dit Kevin en attrapant les robes de Andy et en le tirant vers la porte. Le jeune garçon résista mais finit par abandonner.
Dès qu'il fut seul, Nathan ferma le livre et le jeta au pied de son lit. Il voulait faire comme si rien n'avait changé. Il le voulait mais n'y arrivait pas. Que se passerait-il quand ses amis le découvriraient? Et il devaient encore aller en cours de Potions... Le lendemain aurait lieu son premier cours après ce qu'il avait entendu dans le bureau de Rogue, et il ne savait pas à quoi s'attendre.
Il décida de ne pas y penser pour le moment et se prépara à descendre dans la Grande Salle pour le déjeuner. C'était le milieu de l'heure du déjeuner quand il atteignit le haut du dernier escaliers qui menait au Hall d'Entrée. Et il s'arrêta. Sa mère se tenait devant la porte principale de la Grande Salle et elle l'avait vu.
Nathan envisagea de retourner à la tour de Gryffondor mais quand il vit qu'elle ne venait pas immédiatement dans sa direction, il ne sut pas quoi faire, ou quoi penser. Il décida alors que si elle ne lui parlait pas, il n'avait pas non plus de raison de lui parler. Comme si Hermione n'était pas là, Nathan reprit sa route vers la Grande Salle.
Quand il arriva au niveau du Hall d'Entrée, il entendit, « Nathan. » Il l'ignora et continua de marcher. Nathan ne quitta pas son but des yeux, la table des Gryffondors, et ne sut qu'Hermione ne l'avait pas suivi que quand il fut assis. Il relâcha ses épaules et poussa un soupir. La tourte au poulet était la seule chose à laquelle il voulait penser pour le moment.
~oO0Oo~
Le lundi matin arriva et Nathan put voir les premiers rayons du soleil envahir la chambre. Il n'avait pas du tout dormi. Même la charmante soirée qu'il avait passé la veille ne lui avait pas ôté de la tête le cours qu'il avait ce matin-là. Oui, après la rencontre avec sa mère dans le Hall d'Entrée, qu'il avait qualifié de réussie, Nathan avait retrouvé un peu de liberté et s'était joint aux autres Gryffondors dans la salle commune pour la soirée. Il ne pensait pas que le professeur Rogue viendrait le chercher dans la salle commune, bien qu'il l'ait déjà fait par le passé.
Mais rien de ce qui s'était passé la veille n'avait d'importance à présent. Pas maintenant que c'était à lui d'aller à la rencontre du professeur Rogue, et pas l'inverse. Qu'allait faire Rogue? Qu'allait-il dire? Comment allait-il pouvoir faire face à cet homme? Nathan ne savait pas et n'était pas pressé de le découvrir.
La chambre était plus ensoleillée à présent. Plus le temps passait, moins Nathan savait quoi faire. Le premier de ses camarades remua dans son sommeil, s'éveillant en cette nouvelle journée. D'autres mouvement. Des voix. Nathan ne bougea pas cependant. Il pouvait voir par l'interstice de ses rideaux que certains de ses camarades étaient debout et s'habillaient pour la journée. Je peux le faire. Il se leva de son lit et commença à enfiler son uniforme comme il le faisait chaque jour de classe. Je suis un Gryffondor. Je peux le faire.
Il entra dans la salle de bain. Tout ce qui restait de son rituel matinal était de se brosser les cheveux et les dents, et rien ne repousserait alors l'échéance du petit-déjeuner et du cours avec son père. Il sentit quelque chose s'agiter dans son estomac quand il goûta le dentifrice. Il passa plus de temps que d'habitude à rincer sa bouche et à nettoyer son visage, et quand Nathan se regarda enfin dans le miroir, il ne put plus retenir son dîner dans son estomac. Il courut vers les toilettes.
Il n'entendit pas Andy entrer. Il était toujours concentré sur sa respiration, voulant que la nausée s'en aille.
« Nathan? » appela Andy. « Tu es malade? »
Celui-ci était sur le point de répondre quand une autre vague de nausée le submergea.
« Je vais appeler Cornwell, » dit Andy et après quelques minutes, il fut de retour avec le Préfet.
« Que ressentez-vous, Mr. Granger? » demanda celui-ci.
« Nausée, » réussit à dire Nathan entre de rapides respirations.
« Quel cours avez-vous ce matin? » entendit-il l'autre garçon demander.
« Potions, » répondit Andy.
« Le professeur Rogue ne voudras pas croire que vous êtes malade, » lui dit le Préfet et Nathan perdit une nouvelle fois le contrôle de son estomac. « Allez chercher le professeur Lupin. » Ordonna-t-il à Andy qui partit aussitôt.
Nathan s'assit, les yeux fermés, adossé au mur près des toilettes quand le Directeur de Maison arriva.
« Il est vraiment malade, Monsieur, » informa Cornwell à l'intention du professeur.
« Merci, Michael, » fit le professeur Lupin en congédiant le Préfet.
Nathan n'ouvrit pas les yeux; l'agitation dans son estomac était toujours présente. Il sentit une main froide lui toucher le front.
« Sais-tu ce qui t'a rendu malade? » demanda Lupin.
Nathan fit lentement non de la tête. Bientôt il sentit un picotement de magie le frapper; le professeur Lupin lui lançait quelques sorts. Nathan poussa un soupir quand son estomac s'apaisa, se sentant plus calme qu'il ne l'avait été depuis longtemps. Il savoura cette sensation pendant un moment puis il ouvrit les yeux et vit le professeur en train de l'étudier, comme s'il réfléchissait à ce qu'il devait faire de lui.
« Ça va mieux? » demanda-t-il.
« Oui, merci. »
Le professeur Lupin lui tendit la main et Nathan la prit. Son Directeur de Maison l'aida à se mettre debout, attendit pendant qu'il se lavait la bouche et le suivit hors de la salle de bain. « Penses-tu pouvoir aller en Potions? »
Nathan s'arrêta, se tourna et fut de retour dans la salle de bain en un instant. Son corps passa outre le fait qu'il n'avait plus rien dans l'estomac. Le professeur Lupin fit apparaître une serviette et la lui tendit, Nathan l'accepta sans un mot. Quand il fut un peu calmé, le professeur Lupin reprit la parole, « Je sais que ça doit être dur pour toi, Nathan, mais tu ne peux pas éviter ton père plus longtemps. »
Nathan se concentra sur le mur en face de lui. Pourquoi cela lui arrivait-il à lui? Pourquoi fallait-il que ce soit si dur?
« Même si tu pouvait continuer à l'éviter, il est professeur ici, » poursuivit le professeur Lupin. « Que ferais-tu? Tu laisserais tomber les Potions? »
Nathan leva les yeux vers son Directeur de Maison avec un regard plein d'espoir et implorant.
« Non, tu ne peux pas laisser tomber les Potions, » dit Lupin en fronçant les sourcils. « Je devrais déjà te demander pourquoi tu l'évites. Je pensais que tu voulais savoir qui était ton père, le rencontrer, parler avec lui. Je me trompais? »
« Non, » répondit Nathan dans un murmure.
« Alors, qu'attends-tu? » insista le professeur.
« Je ne veux plus rien de tout ça, » répondit-il et il inspira profondément.
« Tu te sens mieux? » lui demanda le professeur Lupin. « Pense-tu qu'on puisse sortir de la salle de bain sans risque? Ce n'est pas l'endroit que je préfère pour discuter... » plaisanta Lupin.
Nathan prit une autre inspiration avant d'acquiescer pour dire qu'il se sentait mieux. Ils sortirent et allèrent dans le dortoir où ils s'assirent sur le lit de Nathan. Le professeur Lupin recommença à le fixer d'une manière qui le mettait mal à l'aise. Le jeune garçon bougea sur son lit.
« Pourquoi évite-tu ton père, Nathan? » demanda son professeur une nouvelle fois.
Ses yeux bruns braqués sur lui montraient une telle ténacité que Nathan se sentit obligé de répondre. « Je ne l'évite pas vraiment, » dit-il et il savait que c'était ridicule au moment même où ces mots quittèrent sa bouche. Il se tut alors, ne voulant pas empirer les choses.
« Et si Severus venait te chercher ici? Que ferais-tu alors? » demanda Lupin.
Nathan regarda finalement son professeur dans les yeux. « Il ne viendra pas. » C'était un souhait qu'il aurait aimé rendre vrai.
« Pourquoi pense-tu cela? »
Et Nathan fut une nouvelle fois confronté aux vérités qu'il avait bâti depuis le jour où il avait découvert que le professeur Rogue était son père. Il ne viendrait pas le voir parce qu'il s'en moquait complètement de lui. « Le professeur Rogue ne viendra pas ici, parce que... » Ça lui faisait mal d'y repenser, et ce serait encore plus douloureux de l'admettre à voix haute. « Il ne veut rien avoir à faire avec moi, Monsieur. » Le couteau qu'il avait l'impression d'avoir dans la poitrine depuis le jour où il avait tout découvert, s'enfonça davantage.
« Comment peux-tu le savoir? » insista Lupin.
« J'ai passé un mois en retenue avec lui, Monsieur. Je le sais. » Nathan ne voulais pas discuter de ça. Il ne voulait pas que le professeur Lupin lui sorte une excuse du même genre que celles que trouvait sa mère.
« Je connais Severus depuis que j'ai ton âge, » commença le professeur Lupin. « Il se soucie de toi, si j'ose dire, comme il ne s'est jamais soucié de personne. Ça ne doit pas être évident. Comme je te l'ai dit, ce n'est pas un homme facile, et il bien trop compliqué pour être compris aisément. Quoiqu'il se soit passé pendant ce mois de retenue, ça ne devait pas être ce qui semblait. »
Nathan était sceptique devant les paroles de son professeur. Personne ne savait ce qu'il s'était passé durent ce mois de retenues avec son père.
« Ne serait-ce pas mieux de lui demander vraiment, de l'entendre vraiment dire ce qu'il pense de toi? Je ne peux pas croire que cela te fasse peur, tu es un Gryffondor, » lui dit son Directeur de Maison en penchant la tête pour montrer qu'il ne pensait absolument pas que Nathan n'était pas assez courageux pour le faire. « Peut-être que tu devrais essayer. Peut-être que Severus te surprendra; il l'a déjà fait par le passé. » Lupin lui sourit.
« Je ne vais pas te forcer à aller en Potions aujourd'hui mais ne t'attends pas à en être dispensé la semaine prochaine, » ajouta le professeur avec plus de sérieux. « Ne pense pas à ce qui peut aller de travers alors qu'il y a bien plus de choses qui peuvent bien se passer. » Lupin se leva. « Je te verrai en cours. » Et sur ce, il laissa Nathan qui avait beaucoup à penser.
~oO0Oo~
Même avec les paroles de Remus, Nathan évita Severus toute la semaine, ne regardant jamais vers lui, évitant toujours les cachots pour ne pas le croiser dans les couloirs, cependant il pouvait sentir son regard froid posé sur lui chaque fois qu'ils se trouvaient dans la même pièce. Au moins, il s'était convaincu qu'il irait en cours de Potions quoiqu'il arrive. Ce n'était pas comme si il avait le choix mais il ne laisserait pas Rogue transformer ça en cauchemar.
La même chose s'appliquait à sa mère, particulièrement après la lettre qu'il avait reçu de son parrain. La bibliothèque était un endroit où il aimait aller et il n'arrêterait pas de s'y rendre le week-end uniquement à cause d'elle. Elle l'y avait attrapé le samedi matin; ça avait été difficile mais Nathan avait réussi à échapper à ses tentatives de parler avec lui.
Ayant de nouveau foi dans sa force, Nathan sortit de la Grande Salle pour sa première vraie rencontre avec celui qu'il savait maintenant être son père. Il entra dans la salle de classe comme si de rien n'était et prit sa place habituelle au premier rang. Nathan était très confiant jusqu'à ce que le maître des Potions passe la porte et entre dans la classe. Nathan ne regarda pas vers lui. Il retint sa respiration et fixa sa table de travail tâchée.
« Ouvrez vos livres à la page deux-cent-dix, » dit le professeur Rogue et il commença la leçon comme il le faisait habituellement.
Nathan ne pouvait nommer le sentiment de vide que cette attitude normale avait fait surgir. Il avait placé tant d'attentes dans cette rencontre qu'il était en quelques sortes déçu par la faculté de l'homme à agir comme si rien n'avait changé. A mesure que le cours avançait, la frustration confuse de Nathan se mua en un mécontentement et une haine contre l'apparente indifférence de son père.
Sa colère contre l'homme ne fit que grandir quand ils en arrivèrent à la préparation de la potion du jour. Il n'y avait aucune grâce dans les mouvements de Nathan alors qu'il hachait, coupait et broyait. Il suivait mécaniquement la recette, sans même penser à la raison pour laquelle il mettait toutes ces racines et ses morceaux d'animal ensemble dans le chaudron.
Severus marchaient dans les rangés, faisant des commentaires sur les gestes de chaque élève comme il le faisait à chaque cours. Il retirait aussi des points quand cela était nécessaire. Il ne voulait pas que Nathan sente que les choses étaient différentes maintenant qu'il savait qu'il était son père. Il était le même professeur que celui que lui ou sa mère avaient rencontré lors de leur premier cours. Cela ne changerait pas.
Il n'y avait rien eu d'anormal jusqu'à présent. Severus ne lui avait posé aucune question directement et Nathan ne s'était pas porté volontaire pour y répondre, à aucune d'elle, ce qui, pensait Severus, était cohérent avec le petit jeu de l'ignorance auquel jouait le garçon depuis ce fameux soir. Il était presque au niveau du chaudron de Nathan à présent. « La potion ne va pas se mélanger toute seule, Miss Parks, » commenta-t-il à l'intention de l'élève qui se mit à remuer frénétiquement le contenu de son chaudron, et il continua vers le premier rang d'élèves, s'arrêtant derrière son fils.
Severus remarqua aussitôt le manque de soin que Nathan avait apporté à la préparation des ingrédients qui se trouvaient tous mélangés dans un coin de sa table de travail. Le garçon coupait une racine avec une force superflue, faisant des morceaux inégales et sans s'en préoccuper. Severus examina attentivement l'intérieur du chaudron, toujours en silence. Son contenu était d'une horrible couleur marron, comme il l'avait prédit.
« De quelle couleur est supposée être la potion à ce stade de la préparation, Mr. Granger? »
« Jaune clair, Monsieur. »
Bien sûr que son fils le savait, et cette réponse correcte ne le surprit pas, cependant, le ton sur lequel il lui avait parlé attira son attention.
« Et de quelle couleur est la vôtre? » demanda alors Severus.
« Vous pouvez le voir vous-même, Monsieur, » répondit Nathan sans lever les yeux de la racine qu'il était en train de lacérer.
Severus contourna le bureau pour se tenir devant lui. « Cinq points en moins pour Gryffondors. De quelle couleur est votre potion, Mr. Granger? » redemanda-t-il.
Nathan regarda à l'intérieure de son chaudron. « Brunâtre, je pense mais vous le savez déjà, Monsieur, » dit le garçon, et, comme si rien ne s'était passé, il prit une poignée de racine déchiquetées et la jeta dans le chaudron, faisant siffler le mélange. Quand il fut sur le point d'y jeter une queue entière de salamandre, Severus lui attrapa la main. Nathan leva finalement les yeux vers lui, ses yeux d'un noir profond étincelaient d'une rage pure.
La classe entière faisait semblait de travailler en observant cet échange.
« Que se passera-t-il si je vous laisse ajouter ceci à cette soupe que vous êtes en train de préparer? » interrogea Severus en soutenant son regard et sans lâcher sa main.
« On verra bien, » dit Nathan en s'efforçant d'approcher sa main du chaudron.
Severus le tint fermement. « Je ne vous laisserai pas faire exploser ma salle de classe juste parce que vous vous en sentez l'humeur. » Il sortit sa baguette de ses robes et fit disparaître le contenu du chaudron d'un Evanesco. « Dix points en moins pour Gryffondor, Mr. Granger, et vous avez raté ce devoir, » ajouta-t-il en sifflant et en relâchant enfin le poignet de son fils. « Je veux une dissertation sur les réactions que peuvent produire ces ingrédients s'ils ne sont pas mélangés correctement, sur mon bureau, à la fin du cours. »
Severus réprimanda les autres élèves qui retournèrent rapidement à leur travail. A quoi joue-t-il? Pensa-t-il en se ré-asseyant à son bureau. Il allait vraiment faire exploser son chaudron. C'était une pensée dérangeante, surtout que Severus savait que son fils en était pleinement conscient. Vengeance? C'était une possibilité. Il observa Nathan en train d'écrire avec une inquiétude dont il ne laissa rien transparaître sur son visage.
Plus tôt que ce que à quoi Severus s'attendait, Nathan fut devant son bureau, lui tendant un morceau de parchemin et se tournant pour rassembler ses affaires et partir.
« Vous n'êtes pas encore dispensé de cours, Mr. Granger, » lui dit-il. « Asseyez-vous. »
Nathan avait l'air furieux mais il n'eut pas besoin de se le faire dire deux fois. Severus regarda le parchemin sur son bureau. C'était loin d'être une dissertation convenable. Tout ce qu'elle contenait étaient des lignes d' 'ingrédients x + ingrédient y = quelque chose'. » Tout était correct mais ce n'est pas le problème. C'était un autre affront à un de ses ordres.
Le cours était maintenant terminé et Severus en était arrivé à une décision. « Vous pouvez partir, » dit-il mais il ajouta, « pas vous, Mr. Granger. »
Ils furent bientôt seuls dans la salle de classe. Severus s'approcha de son fils qui refusait délibérément de le regarder. « Je ne sais pas ce que vous espériez obtenir avec un tel comportement mais soyez assuré que cela ne sera pas toléré. »
Nathan ne réagit pas. Severus posa ses mains sur le pupitre. « Si je vous avais laissé jeter cette queue de salamandre dans le chaudron, vous, plusieurs de vos petits amis et moi-même serions à l'infirmerie en ce moment-même, mais je pense que vous n' avait pas songé à cela. » Il fit une pause pour que le message parvienne bien à destination. « Bien sûr que vous n'y avez pas songé, la sécurité de tous n'est pas votre problème mais le mien. »
Nathan refusait de le regardait. C'était déroutant. « Regardez-moi, » ordonna Severus. Nathan ne bougea pas la tête mais ses yeux remuèrent pour rencontrer ceux de son professeur. « Ignorez-moi tant que vous voulez, soyez autant en colère que cela vous chante mais n'essayez pas de faire exploser de chaudron dans ma classe. » La voix du maître des Potions était dangereusement basse. La bouche de Nathan ne formait plus qu'une fine ligne. « Maintenant, partez. Vous êtes déjà en retard. »
Le jeune garçon prit ses affaires, se leva et avant de se retourner pour partir, il dit, «Qu'est-ce que ça peut vous faire? »
Severus regarda le garçon se hâter de partir. Apparemment plus que je ne devrais, répondit Severus à lui-même.
~oO0Oo~
Chaque jour, la tension entre le père et le fils grandissait. Severus devait gérer non seulement l'attitude détestable de Nathan mais aussi les lettres quotidiennes de Granger. Le troisième week-end depuis cette nuit fatidique approchait et les seuls mots qu'il avait échangé avec son fils étaient ceux qu'ils avaient échangé en cours.
Au moins une chose avait changé depuis ce jour-là. Nathan ne l'ignorait plus à présent comme avant. Non, ils ne parlaient pas mais ils pouvaient être vus dans la même pièce, notamment dans la Grande Salle pour les repas, comme maintenant. Pour une question de lutte de pouvoir, Severus faisait en sorte de passer près de la table des Gryffondors quand il sortait de la salle après chaque repas. Il voulait s'assurer que Nathan savait qu'il était surveillé, qu'il était dans les parages.
La première fois qu'il avait fait ça, il avait senti le calme de Nathan. Les fois suivantes, il ne put sentir que la colère qu'éprouvait son fils à son égard. Ce jour-là, toutefois...
Quand Nathan vit que le professeur Rogue quittait sa chaise, il se leva également. Cette nouvelle routine de passer près de la table des Gryffondors chaque fois qu'il quittait la Grande Salle l'irritait grandement. Mais Nathan en avait assez de ce petit jeu, et aujourd'hui, il allait lui faire payer.
Ses amis se levèrent avec lui; ils se dirigèrent vers la porte principale et ils y étaient presque arrivés quand Nathan sentit que son père était assez proche pour entendre ce qu'il allait dire. « J'ai quelque chose à vous dire, » dit-il à ses amis. « J'ai découvert qui était mon père. »
« C'est vrai? » s'exclama Andy.
Nathan put voir du coin de l'oeil qu'il avait la pleine attention de son père. « Oui, » il hocha la tête. « Mais malheureusement, il est mort. » Ses amis se lamentèrent de cette nouvelle comme il s'y était attendu et il ajouta, « C'est rien, vraiment. Ce n'est pas comme si ma vie allait changer beaucoup de toutes façons s'il ne l'était pas. Il n'était personne. »
Et la réaction que cela provoqua chez le maître des Potions, Nathan ne l'avait pas prévue. En quelques secondes, il fut agrippé par le bras. « C'est tout simplement ridicule! Arrêtez ces mensonges maintenant, » siffla son père.
« Ou quoi? » rétorqua Nathan. « Que ferez-vous? » le défia-t-il.
« Vous ne pouvez pas me parler comme ça, jeune homme! J'ai perdu ma patience à votre petit jeu de cache-cache et je ne tolérerai plus davantage de manque de respect de votre part! »
« Comme si je vous devais le moindre respect! Vous vous êtes moqué de moi chaque fois que j'entrais dans votre salle de classe en me regardant me rendre ridicule. Vous auriez pu me dire mais tout ce que vous avez fait a été de me traiter comme un imbécile! »
« Alors, donnez-moi une raison de ne pas vous traiter de la sorte! Dix points en moins pour Gryffondor! » gronda Rogue.
« Retirez-en dix, retirez-en cent, retirez autant de ces foutus points que vous voulez! Je m'en fous! » La voix de Nathan était assez forte pour attirer l'attention de toute l'école. « Vous êtes le monstre que tout le monde dit que vous êtes! Je ne vous respecterai jamais! Je vous déteste! » gronda Nathan. « JE VOUS DETESTE! Laissez-moi partir! » hurla-t-il et il libéra son bras.
Severus relâcha son fils, le regard perdu dans l'expression de pure haine qu'affichait le regard de Nathan, même après que le jeune garçon se soit enfui en courant. Il resta simplement là, les paroles de Nathan blessait son coeur anéanti. Il sentit une main sur son coude, et pendant un bref instant, il souhaita que ce fut celui de Granger et non celui de Minerva.
« Severus, que vient-il de se passer? » Le ton sérieux de la Directrice le fit revenir à sa mauvaise humeur et Severus prit conscience de tous les regards qui étaient braqués sur lui.
« C'est une longue histoire, Madame la Directrice. Si vous voulez bien m'excuser, » lui dit-il en quittant la Grande Salle.
Minerva le suivit. « Professeur Rogue, » l'appela-t-elle. Il s'arrêta, irrité. « Je veux savoir ce qu'il s'est passé, maintenant. » lui dit-elle du même ton que celui qu'elle employait en cours. « Je vous attendrai dans mon bureau, » lui dit-elle et elle partit.
Severus sentit quelqu'un s'approcher, en provenance de la Grande Salle. « Je ne veux pas entendre ce que tu as à dire, Lupin, » fit-il sans même se tourner vers son collègue, sa présence ne faisait qu'accroître son irritation.
« Je vais m'occuper de Nathan, » lui dit néanmoins le Loup-Garou et il partit vers les escaliers.
Severus soupira et suivit le chemin de Minerva.
~oO0Oo~
« Tu es en train de me dire que Hermione... qu'elle a...avec Rogue! C'est tout simplement choquant! » s'exclama Ron, indigné par la nouvelle apportée par Harry.
« Dis-le plus fort! Je crois que les passants moldus ne t'ont pas entendu! » le gronda son ami.
Ron était toujours stupéfait. « Elle était avec moi! Pourquoi aurait-elle voulu sortir avec Rogue? »
Harry leva les yeux au ciel. « Ron, ce n'est pas le problème. Je m'inquiète pour Nathan là. »
« Bien sûr, je suis désole. C'est juste que... c'est Rogue. Pauvre Nathan, il ne mérite pas d'être apparenté à cette chauve-souris! »
« Oui, et Hermione veut qu'ils interagissent. Nous ne pouvons pas laisser Rogue avoir une quelconque influence dans la vie de Nathan. Hermione se fait des idées si elle croit que je vais rester les bras croisés juste parce que Rogue est le père de Nathan, » commenta Harry. « Elle est venue chez moi pour me dire de les laisser, elle et Rogue, s'occuper de ça. Je crois qu'elle pense vraiment que Rogue est capable d'être un bon père! »
« Elle t'a dit ça? » demanda Ron, incrédule.
« Elle était vraiment hors d'elle quand je lui ai dit que Rogue n'était pas capable de prendre soin d'un rat. »
« Mais qu'est-ce qu'on peut faire si elle décide de faire entrer Rogue dans la vie de Nathan? Je veux dire, Hermione est sa mère et ... et Rogue est son père. » Ron grimaça une nouvelle fois. « Je n'arrive toujours pas à croire qu'elle ait été capable de faire ça! »
« Hé bien, il doit y avoir un moyen de la convaincre. Nathan m'a envoyé une lettre vraiment troublante. Je la lui ai montré et tout ce qu'elle a fait c'est de se mettre à pleurer, » le ton de Harry était plus indulgent à présent. « Je veux juste l'aider à voir l'erreur qu'elle est en train de commettre. »
« On va trouver quelque chose, mec, » assura Ron en tapotant l'épaule de Harry.
Ils terminèrent leur boisson et quittèrent le Chaudron Baveur.
Mais même après leur départ, une plume écrivait avec frénésie, une plume enchantée pour prendre note de chaque détail qui était dit.
Une sorcière, fière d'elle, attendait que la plume ait terminé avec une certaine impatience. « Peut-être que l'on pourra faire la une, ma chère. Oui, certainement la une. »
Note de l'auteur: Oui, j'ai crée un monstre! Ce chapitre était énorme! J'espère que ce n'était pas ennuyeux. :0P
A venir... La nouvelle se répand et les choses se compliquent.
