CHAPITRE VINGT ET UN: LES FLAMMES DU DESESPOIR
C'était un véritable enfer, une fournaise géante dans laquelle ils étaient pris au piège. À cause de la fumée environnante, Harry avait déjà du mal à respirer et les flammes autour de lui étaient tellement gigantesques qu'il avait l'impression qu'elles pouvaient s'emparer de lui à tout moment. Il ressentait déjà d'ailleurs une sensation de brûlure au niveau de son visage et de ses mains, les endroits de son corps où sa peau était exposée. Les maisons du village dans lequel ils étaient apparus s'effondraient les unes après les autres, et au loin sur une petite colline, l'immense QG de l'Ordre, bien que paraissant plus robuste, était dans un état presque similaire, les fenêtres explosant une par une avant que n'en s'échappent d'immenses flammes rougeoyantes dansant jusqu'au ciel.
Avant que quiconque puisse dire quoi que ce soit dans le groupe, Rogue et McGonagall apparurent à leurs côtés. On pouvait lire la surprise, l'effroi et l'inquiétude sur leur visage, mais ils reprirent rapidement leurs esprits. Rogue sortit sa baguette de sa poche et la pointa sur le petit groupe, puis sur lui même. Harry sentit aussitôt un liquide froid se répandre sur tout son corps, le chatouillant légèrement au niveau de la nuque. Il regarda ses mains, ses bras, tout son corps et constata qu'il était recouvert d'un liquide inconnu, translucide, inodore mais légèrement plus épais que de l'eau. Et il se rendit compte la seconde d'après qu'il ne ressentait plus cette sensation de chaleur et de brûlure sur sa peau, la substance devait certainement le protéger des flammes.
-Merci Severus, lança McGonagall.
-Je vous en prie. Je précise néanmoins que le sortilège vous protège des flammes à une distance raisonnable, et ne vous permet pas de vous jeter dans une maison en feu pour secourir des gens coincés à l'intérieur. Au cas où certains auraient le syndrome du sauveur de pauvres âmes en perdition, ajouta-t-il en se tournant vers Harry.
Oui bon bah ça va j'ai compris le message, inutile d'en rajouter.
-Arthur, essayez de vous rendre près des falaises, c'est là-bas qu'est le point de rendez-vous en cas d'urgence.
-Entendu.
-Remus, Severus, vous m'aidez à secourir les dernières personnes dans le village.
-Pas question ! s'exclama Remus. Je vais au QG tout de suite !
-C'est hors de question ! lança Rogue. On a besoin de toi ici, on a besoin de tout le monde pour gérer la crise.
Plusieurs explosions se firent entendre un peu plus loin, et également des cris. Il était clair pour tout le monde maintenant que les Mangemorts ne s'étaient pas contentés de mettre le feu à toute la zone, ils combattaient aussi en duel les sorciers et les membres de l'Ordre qui se trouvaient là.
-Non je vais au QG ! Tonks y était avant que je parte pour Paris !
Il commençait à prendre la direction de la colline où se trouvait la grande bâtisse mais Rogue l'attrapa par la manche de sa robe de sorcier.
-J'ai dit non ! On ne sait pas encore combien de Mangemorts et combien d'Aurors il y a ici. On a besoin de toutes les baguettes disponibles.
-Qu'est ce qui te prend Severus ? Elizabeth était dans le QG quand tu es parti toi aussi ! Tu n'as pas envie de savoir? D'être rassuré ?!
L'espace d'un instant, Harry vit de l'inquiétude dans le regard du Maître des Potions, une inquiétude qui disparu cependant bien vite. Rogue avait eu l'air vraiment concerné, mais il faisait passer ses propres intérêts après la mission qu'il devait accomplir, en refoulant toute émotion qu'il pouvait ressentir. Est ce que c'était pour cela qu'il avait réussi à jouer les agents doubles pendant des années et à tromper Voldemort ? Certainement.
-Regarde dans quel état est le QG ! vociféra Rogue. Si elles ont été prises au piège on ne peut plus rien faire pour elles et ça je ne préfère pas le savoir. Et si elles s'en sont sorties, elles ne sont plus là-bas alors ça ne sert à rien d'y aller.
Encore une fois il montrait son sang froid légendaire et sa gestion des situations de crises de façon exemplaire. Remus parut convaincu par ses propos, et tous les deux se dirigèrent vers l'endroit où les combats faisaient rage, disparaissant à l'angle d'une rue. Et pendant ce temps là, Harry pesta intérieurement. La maîtrise de Rogue ne faisait que lui renvoyer se propre image puérile, et il détestait ça. Malgré toute la confiance que l'Ordre portait au sorcier, Harry détestait voir que c'était lui qui avait toujours raison, il détestait voir que de tous les sorciers qu'il connaissait, sans prendre en considération Dumbledore, c'était Rogue le plus doué en magie. Heureusement, McGonagall le coupa dans ses pensées négatives, sauf qu'il n'apprécia pas du tout son intervention.
-Mr. Potter ! Il apparaît clairement maintenant que vous ne pouvez pas rester ici.
-Quoi ? Mais…
-Il n'y a pas de mais ! Durant une crise pareille vous ne pourrez pas vous en sortir, et vous allez mettre la vie des sorciers qui tenteront de vous protéger en danger.
-Je n'ai pas besoin qu'on me chaperonne !
-Elle a peut-être raison Harry ! lança Edgar. Tu n'as rien à faire ici, tu ne peux pas lutter contre tout ça.
-Exactement! s'exclama McGonagall. Mr. Downfield, je vous laisse le soin de l'amener jusqu'en lieu sûr. Ensuite vous pourrez partir en utilisant les Portoloins mis à disposition.
-Vous pouvez compter sur moi.
Et sans un mot ou un regard de plus pour eux, elle s'éloigna à son tour.
-Allez viens Harry ! Il faut qu'on y aille, on n'est pas à l'abri ici.
-Il est hors de question que je parte comme ça !
-Et qu'est ce que tu vas faire hein ?
Edgar s'était approché de lui avec une lueur folle dans les yeux, comme s'il était particulièrement en colère en apprenant qu'il n'avait pas l'intention de laisser ses amis. Il aurait dû se douter pourtant qu'Harry n'était pas du genre à abandonner les autres derrière lui.
-Pense un peu à tes amis qui t'attendent là d'où tu viens. Qu'est ce qu'ils vont faire sans toi si tu ne reviens pas ? Qu'est ce qu'ils vont faire si tu meurs dans cette réalité ?
-Je n'en sais rien mais…
-Et bien tu devrais y réfléchir ! Tu ne fais pas partie de l'Ordre. Et tu ignores à quel point ce monde est cruel et hostile. Tu ne tiendras pas cinq minutes si tu restes ici ! Tu ne peux rien faire pour leur venir en aide.
Harry n'ajouta rien, il se contenta juste de regarder autour de lui. Maintenant que les flammes aux alentours n'avaient plus d'impact physique sur lui, il pouvait regarder plus en détail ce qui était en train de se passer. Il voyait des dizaines de personnes courir dans tous les sens pour tenter de se mettre à l'abri : des femmes, des enfants, des familles entières complètement perdues et apeurées même quand des Aurors venaient à leur rencontre pour les aider. Edgar avait peut-être raison, qu'est ce que lui pouvait bien faire pour leur venir en aide ? Il n'était pas Auror, il n'était même pas membre de l'Ordre et dans cette réalité, son nom ne représentait absolument rien, si ce n'est une anomalie temporelle pour ceux qui voulaient bien croire à son histoire, et Harry avait la désagréable impression qu'il n'y avait pas beaucoup de personnes dans ce cas là.
À contre cœur il se tourna vers Edgar, et acquiesça à sa demande. Ce n'était pas son genre d'abandonner le combat comme cela, mais il avait déjà vécu tellement de choses ces dernières 24 heures qu'il n'était même pas sûr de pouvoir tenir debout encore bien longtemps. Et il ne voulait surtout pas être un boulet à traîner pour les autres. Ils prirent donc tout les deux la direction de la falaise, où ils pouvaient voir au loin un groupe de sorciers en train de monter la garde alors que derrière, tout le monde s'activait pour préparer des Portoloins et faire évacuer les habitants du village. Pour les rejoindre, Harry et Edgar empruntèrent des sentiers déserts, où les Mangemorts étaient passés depuis longtemps, leurs baguettes toujours tendues par précaution.
-Pourquoi est ce que les Aurors ne transplanent pas tout simplement ? demanda Harry. C'est tellement long de créer un Portoloin.
-Motus Prohibeo.
-Quoi ?
-C'est un sortilège d'entrave renforcé. Il n'est pas lancé sur une personne mais sur toute une zone. Une fois que c'est fait, tous les sorciers qui étaient présents ne peuvent plus transplaner.
-Je vois…
-C'est le premier sortilège que les Mangemorts lancent maintenant quand ils s'en prennent à l'Ordre et aux Aurors.
-Et comment vous êtes au courant de ça ? Vous, vous ne combattez pas, vous restez caché à Paris.
Harry eut tout de suite honte de ses propos, et il s'excusa la seconde qui suivit. Il avait tellement l'habitude de fréquenter l'Ordre qu'il oubliait parfois que la majorité des sorciers avaient peur et n'étaient pas fait pour le combat. Et il ne pouvait pas leur en vouloir.
-Je suis vraiment désolé, je n'aurais pas dû. C'était injuste de dire ça, surtout que je ne sais rien de vous au final.
-C'est pas grave. Tu as raison je me cache. J'ai combattu les Mangemorts autrefois, mais tout ceci n'est plus de mon âge maintenant.
Il eut un petit rire forcé en disant la fin de sa phrase, et Harry su tout de suite qu'il lui cachait quelque chose mais il n'insista pas. Après tout, c'était la vie privée d'Edgar, ça ne le regardait pas. Un peu plus loin, ils passèrent près d'une maison en flammes, et ils entendirent des cris provenant de l'intérieur des lieux. Harry, ayant déjà oublié les avertissements de Rogue, commença à courir dans cette direction mais Edgar le rattrapa, pour lui rafraîchir la mémoire.
-Harry tu ne peux pas rentrer. Souviens toi de ce qu'on t'a dit.
-Mais on ne peut pas les laisser !
Edgar soupira et tendit sa baguette, d'où s'échappa un puissant jet d'eau mais comme il s'y attendait, le feu était beaucoup trop vigoureux et son sortilège pas assez puissant.
-On ne peut plus rien faire pour eux ils sont pris au piège.
-Essayons tous les deux ! s'exclama Harry.
-Hey par ici ! Relancez de l'eau par là !
La voix s'élevait de la bâtisse, un peu sur le côté, près de la porte. Harry et Edgar s'y rendirent, avant de lancer un nouveau sortilège d'eau. L'instant d'après, la porte vola en éclats laissant apparaître un homme à la stature imposante, tenant dans ses bras ce qui semblait être deux enfants. Harry le reconnu tout de suite et eut un soupir de soulagement ce n'était pas un homme, mais un demi-géant.
-Hagrid…
Harry n'eut pas le temps d'ajouter quoi que ce soit, l'ouverture violente de la porte avait fragilisé l'ensemble de la structure de la maison qui restait encore debout, et le toit commençait à s'effondrer, les débris fonçant droit sur le demi-géant. Grâce à ses bons réflexes, Harry fit apparaître un mur invisible de protection au dessus de lui, pour lui laisser le temps de s'éloigner de l'endroit sans être blessé.
-Merci beaucoup, c'était moins une !
Le demi-géant était absolument comme le Hagrid que Harry connaissait, mise à part le fait qu'il avait le visage noircit à cause de l'incendie. Il reconnaissait bien ses petits yeux pétillants et surtout son grand cœur dans l'acte qu'il venait d'accomplir.
-C'était de la folie d'entrer là alors que vous n'avez pas de baguette !
-Ouais ben j'allais pas rester là sans rien faire quand même ! Et puis, comme sais-tu que je n'ai pas de baguette ? Est ce qu'on se connaît nous deux ?
Edgar leva les yeux au ciel, avant d'attraper Harry par la manche.
-Oui vous vous connaissez, mais c'est une longue histoire et on n'a pas le temps. On se rend près des falaises, au point de rendez-vous d'urgence.
-Je viens avec vous pour y amener ces deux là.
Il montra les deux enfants qu'il tenait encore contre lui, inconscients.
-Avec un peu de chance leurs parents sont là-bas eux aussi.
Ils s'éloignèrent tous ensemble, Harry et Edgar toujours sur le qui-vive, ne se doutant pas un seul instant de tous les combats et de toutes les atrocités qui étaient en train de se produire un peu partout dans le village. Au bout de quelques pas cependant, ils furent séparés par une violente explosion, qui propulsa Harry quelques mètres plus loin. Une violente douleur traversa son flanc droit et son crâne quand il retomba sur le sol, et il resta un moment allongé par terre, complètement sonné par le choc.
C'est la baguette tendue vers lui qui lui fit reprendre ses esprits, celle d'un Mangemort qu'il n'avait encore jamais vu. Il chercha en tâtonnant la sienne mais elle avait atterri un peu plus loin, hors de portée. Harry vit le Mangemort sourire, mais avant qu'il prononce la moindre formule magique, il fut propulsé violemment plus loin, contre les décombres d'une maison qui s'était entièrement consumée. La seconde d'après, c'était un jeune garçon qui se tenait devant Harry, et ce dernier ne pût s'empêcher d'écarquiller les yeux. Il avait beau savoir que cette réalité pouvait lui réserver des surprises comme celle qu'il avait eu en voyant Sirius, c'était toujours un choc. Le garçon lui sourit et lui tendit la main pour l'aider à se relever.
-Ca va rien de cassé ?
Harry accepta son aide et se redressa avant de récupérer sa baguette. Il se tourna ensuite de nouveau vers le garçon, il n'avait vraiment pas changé, et était dans un état aussi lamentable que la dernière fois qu'il l'avait vu. Impossible pourtant de ne pas le reconnaître avec ses cheveux bruns toujours bien coiffés, ses yeux gris et ce petit sourire qu'il arborait toujours même dans les situations les plus difficiles. Cédric Diggory se tenait là, juste devant lui, et bien vivant.
-T'es pas très loquace dis donc, t'es sûr que ça va ? Tu dois encore être en état de choc ! Il faudrait que tu te rendes au point de rendez-vous, c'est là-bas près des falaises juste un peu plus loin. Tu penses pouvoir y arriver tout seul ?
Harry fronça tout de suite les sourcils. Bien sûr qu'il pouvait y arriver, il n'était pas débile tout de même ! Il savait qu'il ne devait pas être en colère contre Cédric, qu'il ne faisait rien de mal et qu'à ses yeux Harry était probablement qu'un habitant du village mais il n'aimait pas la façon dont il s'était adressé à lui.
-Bien joué Cédric ! J'ai vu comment tu t'es débarrassé d'Anderson ! Fantastique ! Ca c'est mon fils, c'est mon grand garçon !
C'était bien évidemment Mr. Diggory qui venait d'apparaître, félicitant chaleureusement son fils comme il avait eut l'habitude de le faire autrefois.
-Allez viens ! On continue ! s'exclama-t-il en tapant fièrement l'épaule de Cédric. Toi tu devrais aller te mettre à l'abri, ajouta-t-il à l'intention de Harry.
Et sans un dernier regard pour lui, ils disparurent à l'angle d'une ruelle. Il aurait dû être heureux de cette rencontre inattendue, mais tout ce que Harry gardait au fond de lui c'était de la frustration, et également cette pointe d'amertume. Etre sous-estimé et rabaissé ne lui était encore jamais arrivé, excepté durant les cours de Rogue ou bien quand il s'était retrouvé en face d'Ombrage, et c'était précisément des situations qu'il avait toujours détesté. Il commençait à ressentir grandement le poids de son manque de notoriété dans cette réalité, et ça l'agaçait énormément. Il aurait cependant dû s'estimer heureux de ne pas être le célèbre Harry Potter à ce moment là, vu les combats qui faisaient rage un peu partout dans le village.
À quelques mètres de Harry, Fred et George étaient en mauvaises postures. Enfin, surtout le deuxième à vrai dire. La jambe en mauvaise état bloquée sous de nombreuses poutres d'une maison totalement carbonisée où les flammes s'étaient éteintes, la cheville probablement cassée, et dans l'incapacité de se défendre, George essayait tant bien que mal de se dégager. Il entendait son frère un peu plus loin, livrant un combat hors de son champ de vision, et il espérait de tout cœur qu'il ne lui arrive rien. Quand il entendit des bruits de pas juste à côté de lui quelques minutes plus tard, George se crispa une fraction de seconde, avant de constater que c'était son frère qui s'approchait.
-Fred !
Il était dans un sale état, mais il tenait bien debout, avec quelques blessures sans grande gravité. Il semblait néanmoins épuisé, au bord de l'évanouissement.
-J'ai réglé son compte à ce sale bon à rien de O'Brian.
-Bien joué Fred ! Mais il faut que tu t'en ailles maintenant. Il y en a d'autres qui vont se pointer.
-Quoi ? Et que je te laisse là ? Ca va pas non ! Où est ta baguette ?
-Elle est tombée sur le sol un peu plus loin.
Après l'avoir récupéré, Fred se rapprocha de nouveau de George pour regarder l'état de sa jambe.
-Est ce que ça te fait mal ?
-Non. Je…Je ne ressens plus rien.
-T'es sérieux ?
-J'ai pris un sale sortilège au niveau de la cuisse avant que les poutres ne me tombent dessus.
George avait l'air particulièrement inquiet, mais Fred tenta de le rassurer.
-T'inquiète pas ! Les guérisseurs de Ste Mangouste vont t'arranger ça en moins de deux !
-J'espère. Je ne veux pas finir avec une jambe de bois comme Fol' Œil !
-Ce serait pas si mal. Tu devras te déplacer avec une belle canne, ça pourrait te donner un certain style.
-Arrête tes conneries c'est vraiment pas le moment ! s'exclama George en rigolant malgré tout.
-Déjà il faut que je te fasse sortir de là !
Il brandit sa baguette pour tenter d'extraire George des décombres, mais ce dernier hurla de douleur quand les premières poutres se mirent à bouger, alors son frère renonça aussitôt.
-Laisse tomber ça sert à rien ! Tu n'y arriveras pas tout seul Fred, il faut que tu partes maintenant.
-Je ne te laisserai pas là George, alors arrêtes tes jérémiades !
Un craquement se fit entendre juste à côté d'eux, et en une fraction de seconde, Fred se baissa pour se dissimuler dans la pénombre des ruines de la maison. En entendant des bruits de pas se rapprochant de lui et son frère, il serra sa baguette fortement dans sa main même s'il ne voyait toujours personne. Il entendit un simple murmure, puis un rayon lumineux fonça droit sur lui. Par manque de reflexe il ne put ni l'éviter, ni le contrer et il se retrouva propulser un peu plus loin.
-FRED !
En criant ainsi, George révéla sa position à son assaillant qui envoya un nouveau sortilège qui manqua de peu de le toucher au niveau du visage, alors que Fred gémissait en se tortillant sur le sol un peu plus loin. George commença à envoyer plusieurs sortilèges tout autour de lui dans l'espoir de toucher leur ennemi mais il ne réussit qu'à fragiliser la structure de la maison. Le toit commença à s'effriter dangereusement, avec de s'effondrer juste au dessus des jumeaux dans un fracas assourdissant. Mais avant que les débris ne les touchent, un halot de lumière se forma autour d'eux, les protégeant de la chute d'objets. S'en suivit un duel entre le Mangemort qui les avaient attaqué et la personne qui venait de les sauver et dont ni l'un ni l'autre ne connaissait encore l'identité. Après quelques échanges, George entendit un corps tomber lourdement sur le sol. Ne sachant pas qui était vainqueur et qui était vaincu, il garda toujours sa baguette bien en main, levée devant lui. La seconde d'après il fut heureux de voir apparaître le visage familier d'Elizabeth, qui était non seulement membre de l'Ordre, mais également Guérisseuse.
-Ca va, vous n'avez rien ? demanda-t-elle inquiète. Il n'y a que vous ici ?
-Moi et mon frère oui. Il est là-bas un peu plus loin, allez l'aider s'il vous plait !
Elle se précipita tout de suite vers Fred, constatant qu'il n'avait que des blessures mineures qu'elle réussi sans mal à guérir, tout comme son mal de crâne depuis qu'il avait été touché par le sortilège du Mangemort.
-George a plus besoin de vous ! Sa jambe est sévèrement touchée.
Elle regarda rapidement l'état du deuxième jumeaux, avant de réussir à extraire tous les débris qu'il avait au dessus de lui, sans le faire davantage souffrir contrairement à la fois où Fred avait essayé.
-C'est assez sévère effectivement ! s'exclama Elizabeth en fronçant les sourcils.
-Vous…vous pensez quand même arriver à arranger ça ?
-Oui mais je ne peux pas le faire ici. Il faut que je vous amène jusqu'au point de ralliement pour qu'on vous fasse évacuer. Fred, approchez-vous. Vous allez m'aider à soutenir le poids de votre frère. Et restez en alerte, on risque d'avoir de la compagnie durant le trajet.
Fred et George échangèrent un regard inquiet, mais Elizabeth leur fit un grand sourire pour tenter de les rassurer. Le point de ralliement n'était pas loin, avec un peu de chance, ils y arriveraient sans encombre.
Au point de ralliement d'urgence justement, c'était l'effervescence Harry n'en croyait pas ses yeux. Il venait d'arriver près des falaises, et entre le précipice et le village en flammes, c'était une mini ville qui s'était organisée alors que les combats avaient redoublaient d'intensité. Harry voyait des dizaines de personnes qui s'activaient autour de sorciers blessés, allongés ou assis de façon ordonnée, visiblement en fonction du type et de la gravité de leurs blessures. Après avoir été examinés et soignés, certains repartaient aux combats, les Aurors et les membres de l'Ordre, alors que d'autres attendaient leur tour pour pouvoir prendre un portoloin et quitter enfin cet enfer. Certains avaient l'air d'être dans des états beaucoup plus graves, et ne pouvaient pas être transportés tout de suite. Tout autour de cette fourmilière humaine, il y avait un halot de lumière dorée, presque imperceptible mais pourtant bien présent et à la limite du sortilège de protection, se tenaient plusieurs sorciers qui interpellaient chaque personne qui s'approchait.
En regardant plus attentivement les personnes qu'il y avait, tout en s'approchant, Harry reconnu dans un coin Hagrid qui était en train de se faire soigner. Il ne voyait en revanche plus les deux enfants que le demi-géant avait secouru peu de temps auparavant, et il espérait qu'ils avaient pu retrouver leurs familles. Juste à côté il y avait Edgar, qui était également en train de se faire soigner une vilaine blessure à la jambe, apparemment il y avait eu du mouvement pour lui et Hagrid aussi. Edgar restait tranquille pendant que le guérisseur l'examinait mais il regardait activement tout autour de lui, comme s'il cherchait Harry du regard.
À quelques mètres de là, Harry reconnu sans difficultés plusieurs petites têtes rousses et il fut tout de suite soulagé en voyant que chez les Weasley, tout le monde s'en était plutôt bien sorti également. Il y avait Mrs. Weasley, qui gesticulait dans tous les sens en discutant tour à tour avec Mr. Weasley et avec le guérisseur qui s'occupait de Percy. Harry la vit ensuite se figer une fraction de seconde avant de prendre Elizabeth dans ses bras alors que cette dernière venait de ramener les jumeaux sains et saufs. George avait l'air d'avoir une vilaine blessure à la jambe, et Harry espérait que ce n'était pas trop grave. Ron était quant à lui absent, mais Harry pensa aussitôt que son ami avait dû être parmi les premiers à être évacué après le début de l'attaque. Mr. Weasley demanda de l'aide à un guérisseur pour qu'il vienne examiner la jambe de George et juste après, Harry le vit quitter le groupe puis sortir du périmètre de sécurité. Au bout de quelques pas, il le vit et lui fit signe de le rejoindre à quelques mètres de là, un peu plus loin.
-Ah Harry, te voilà ! Edgar et Hagrid nous ont dit qu'ils t'avaient perdu en chemin.
-Oui j'ai eu quelques soucis avec un Mangemort, mais rien de grave. Tout le monde va bien chez vous ?
-Oui, c'est gentil de demander. George est gravement blessé, on va tout faire pour qu'il puisse être évacué rapidement. Mais il devrait s'en sortir sans trop de séquelles.
Mr. Weasley était très pâle, Harry l'avait rarement vu dans état pareil malgré tout ce que la famille Weasley avait traversé. Il semblait tout de même soulagé d'avoir récupéré les jumeaux et Percy sains et saufs, la perte d'un nouveau membre de la famille aurait été insupportable pour chacun d'eux. Il ouvrit ensuite la bouche pour reprendre la parole, mais plusieurs explosions l'interrompirent. Des sortilèges venaient de s'écraser à différents endroits sur le halot lumineux de protection, visiblement les Mangemorts voulaient s'en prendre aux blessés et aux guérisseurs.
-Ils ne s'arrêteront donc jamais !
-Vous savez où en est la situation ? demanda Harry. Vous avez eu des nouvelles de Dumbledore ?
-Non aucune nouvelle. Mais de toute façon il ne pourra pas transplaner pour arriver jusqu'ici, j'ignore quand il sera là. Il y a eu pas mal de pertes des deux côtés, mais les Mangemorts semblent vouloir s'acharner jusqu'à ce qu'on ait fait évacuer tout le monde. J'espère que la protection va tenir !
-Je vais aller rejoindre les autres pour voir si je peux être utile.
-Non Harry tu ne peux pas !
-Pourquoi ça ?
-Tu vois les sorciers à la limite de la protection ? Ils vérifient l'identité de chaque sorcier avant de les faire entrer dans le périmètre de sécurité. Pour être sûr qu'il n'y a aucun Mangemort déguisé.
-Et alors ? Je ne suis pas fiché comme étant Mangemort !
-Non. Mais tu n'es répertorié nulle part. Tu n'es pas Auror, tu n'es pas membre de l'Ordre et tu n'es pas un habitant de ce village. Et en plus tu as une baguette volée ! Ils ne te laisseront pas passer.
-Je n'ai pas volé ma baguette, j'ai payé Ollivander avant de partir !
-Peu importe. Tu sais bien ce que je veux dire.
-Bon ben je vous accompagne alors.
Bien évidemment, Harry ne s'attendait pas à ce que Mr. Weasley soit particulièrement enthousiaste face à sa proposition.
-C'est hors de question. Tu es un sorcier de premier cycle, je ne peux pas te laisser venir. C'est beaucoup trop dangereux.
-Alors quoi ?
-Trouves toi un endroit un peu à l'écart pour te cacher, en attendant que ça se calme.
-Quoi que je me cache comme un sale rat ? Alors là pas question ! Je ne m'appelle pas Pettigrow !
-Je n'ai pas le temps de discuter avec toi. Fais ce que je te dis !
Et sans rien ajouter de plus, il s'éloigna à toute vitesse. Comment est ce que Mr. Weasley pouvait-il envisager le fait qu'il reste caché dans une maison en ruine en attendant qu'on vienne le chercher ? D'accord dans cette réalité là il ne le connaissait pas bien, mais Harry avait quand même prouvé depuis qu'il était arrivé qu'il savait se battre. Non c'était décidé, il allait combattre.
Il emboita le pas à Mr. Weasley, en prenant cependant une autre direction pour rejoindre les combats les plus proches, en passant par des petites ruelles. Il pesta intérieurement contre lui même, conscient que sa cape d'invisibilité lui aurait été bien utile dans cette situation, s'en voulant de ne pas l'avoir récupéré à l'Ambassade. Bien sûr elle n'était vraiment pas pratique pour les combats, mais l'effet de surprise était garanti.
Il arriva rapidement près d'une cour pavé, au milieu de laquelle trônait une grande fontaine, mais il ne s'attarda pas davantage sur les détails des lieux, l'horreur de la situation éclipsant tout le reste. Dans cette partie du village les Mangemorts avaient pris l'avantage, et se délectaient visiblement de la situation. Harry se dissimula dans une maison abandonnée, près d'une fenêtre, un endroit depuis lequel il pouvait voir tout ce qui se passait alors que les Mangemorts eux, ne semblaient pas avoir remarqué sa présence. Finalement il était bien caché dans son trou comme un rat, mais pas question de rester ici.
Son cœur se mit à battre plus fort quand il reconnu la personne qu'il y avait par terre, par très loin de là où il se trouvait. Sirius était inconscient, allongé sur le dos, couverts de blessures, baignant dans son propre sang. Penché au dessus de son parrain, il y avait un Mangemort qui disait vaguement quelque chose à Harry. Il avait un crane rasé, un bouc brun parfaitement taillé et surtout une immense cicatrice scindant son sourcil droit en deux, partant du front et descendant jusqu'à son menton. Avec la cicatrice plus de doute possible, il l'avait reconnu, c'était l'un des Mangemorts qu'il avait vu le soir de son arrivée dans cette réalité. L'homme attrapa violemment le visage de Sirius en rigolant, un geste qui mit Harry hors de lui. Il s'apprêtait à sortir de sa cachette pour lui faire regretter ce qu'il venait de faire mais la voix qui s'éleva l'interrompit.
-Ca suffit arrêtez ça ! Ne le touchez pas !
C'était Remus qui venait de parler. Il était à genoux, les mains ligotées dans le dos, tenu en joue par le Mangemort qui avait tenté de s'en prendre à Harry avant que Cédric ne vienne l'aider. Le sorcier à la cicatrice lâcha le visage de Sirius, et s'approcha de lui en souriant.
-Qu'est ce qui t'arrive ? Tu veux que je m'occupe de ta copine plutôt c'est ça ?
En disant cela il se pencha vers Tonks, qui était juste à côté de Remus, également à genoux et ligotée.
-Je vous interdis de la toucher !
-Sinon quoi ? lança le Mangemort en agrippant Tonks par les cheveux avant de la tirer en arrière, révélant sa gorge qu'il commença à caresser.
La jeune sorcière ne se laissa pas faire, et lui cracha au visage. Hors de lui, le Mangemort la frappa violemment au visage avant de brandir sa baguette devant elle.
-Qu'est ce que tu fais ? demanda le Mangemort qui tenait déjà Remus et Tonks en joue.
-On n'a pas besoin de la ramener vivante elle, on peut s'en débarrasser.
De là où il était, Harry ne pouvait rien faire sans prendre le risque de toucher ses deux amis, mais il avait parfaitement entendu la discussion. Ce Mangemort voulait bien de débarrasser de Tonks, et la peur qu'il voyait dans le regard de Remus ne faisait que confirmer ce qu'il avait compris.
-Moi je m'amuserais bien avec elle un petit peu.
-Remarque oui, c'est pas une mauvaise idée.
Les deux Mangemorts se mirent à rire, mais ils furent rapidement coupés dans leur amusement par Bellatrix Lestrange qui venait d'apparaître.
-Ca va je vous dérange pas trop ? demanda-t-elle en avançant de sa démarche toujours excentrique. Vous avez besoin d'aide peut-être ?
Aucun de ses deux camarades ne répondit quoi que ce soit, même chez les serviteurs de Voldemort, elle inspirait la crainte.
-On se détendait juste un petit peu, y a pas de mal à ça.
-Si justement ! On n'est pas là pour s'amuser ou se détendre. Tout est presque en place mais vous ne devez pas baisser votre garde.
Le regard de Bellatrix s'était posé sur Remus et Tonks quand elle avait parlé, mais tout de suite après elle se tourna vers Sirius, tout en s'approchant de lui.
-Qui s'est occupé de mon cousin ?
Timidement, l'un des deux leva la main en baissant les yeux, comme s'il s'attendait à recevoir un châtiment pour cela. Mais au contraire, Bellatrix lui sourit avant de revenir à côté d'eux.
-C'est bien Anderson tu l'as laissé en vie. Je vais pouvoir m'amuser un peu avec lui. En attendant, tu vas venir avec moi, Baxton peut bien s'occuper d'amener ces deux là et mon cousin dans un endroit où on sera sûr qu'ils ne pourront pas s'échapper.
Avant qu'ils fassent quoi que ce soit cependant, plusieurs sortilèges les obligèrent à s'éloigner un petit peu, déclenchant de nouvelles hostilités entre les deux clans. Harry reconnu Elizabeth, Mr. Weasley, Fol Œil, ainsi que Cédric et un peu plus loin, Rogue, qui était déjà en combat contre Lucius Malefoy et un autre homme qu'il ne connaissait pas. Impossible pour Harry de rester cacher plus longtemps, il allait participer aux combats aux côtés des autres.
Enfin. Encore fallait-il qu'il puisse toucher les Mangemorts sans prendre le risque de blesser un de ses alliés. Ils se déplaçaient tous avec une telle rapidité qu'Harry avait presque du mal à les suivre du regard. Impossible pour lui dans ces conditions de faire quoi que ce soit. Le premier à être blessé du côté de l'Ordre fut Cédric, touché de plein fouet par un sortilège lancé par Bellatrix. Le jeune homme resta figé un instant mais sa blessure n'avait pas l'air sérieuse, il saignait juste un peu du nez. Bellatrix par contre avait eut l'air satisfaite, arborant un grand sourire machiavélique avant de disparaître rapidement pour réapparaître quelques mètres plus loin, pour aller aider Lucius et son acolyte qui peinait à se débarrasser de Rogue.
Quand Baxton apparut devant Tonks et Remus pour s'en prendre à eux, Harry en profita pour lui jeter un sortilège que le Mangemort évita cependant. Sa position démasquée, il sortit de sa cachette pour commencer son duel. Pour l'effet de surprise c'était raté mais il n'avait pas eut le choix, Tonks et Remus étaient toujours les mains ligotées dans le dos et on avait certainement dû leur prendre leur baguette. Après plusieurs échanges de sortilèges, Harry réussit à neutraliser le Mangemort et il se précipita ensuite vers ses deux amis pour tenter de les libérer. Sauf que pendant son duel, il s'était focalisé sur son assaillant et n'avait pas vu que les combats n'avaient clairement pas tourné à l'avantage de l'Ordre. Mr. Weasley était à terre, inerte, Fol Œil était entravé par des cordages puissants et Anderson, l'autre Mangemort que Harry ne connaissait pas, avait gagné son duel contre Elizabeth. Il poussa d'ailleurs la jeune femme à genoux à terre près de Tonks, avant de brandir sa baguette devant Harry.
-T'es qui toi ? Pas touche à mes jouets je te préviens gamin !
Harry ne l'écouta pas et commença à lever sa baguette mais c'était déjà trop tard, il s'écrasa sur le sol quelques mètres plus loin, le souffle coupé et la vue brouillée à cause de la douleur. Quand il se releva il vit que le Mangemort le tenait toujours en joue, prêt à lui asséner le moindre sortilège s'il se rebellait de nouveau. Un peu plus loin, Rogue tombait à son tour à genoux, vaincu après avoir combattu trois ennemis à lui tout seul, et pas des moindres. Le Mangemort que Harry ne connaissait pas était inconscient, Lucius Malefoy était en piteux état mais Bellatrix trônait fièrement devant son ancien camarade.
La situation n'était pas vraiment reluisante pour l'Ordre mais c'était difficile de leur en vouloir. Les Mangemorts avaient commencé les combats avec énormément davantage, ayant ouvert les hostilités en premier, nombreux et très entraînés. À l'inverse en face, l'Ordre et les Aurors avaient été pris par surprise, sans parler de leur infériorité numérique dû au fait que beaucoup étaient allés mettre les Nés-moldus en sureté. Et finalement ils ne s'en étaient pas trop mal tirés. Bien sûr beaucoup d'entre eux étaient gravement blessés ou pris au piège mais au moins, ils avaient réussi à mettre la majorité des civils en sécurité avant qu'ils puissent être envoyés ailleurs. C'était déjà ça.
Harry reporta son attention sur Rogue, il était salement amoché avec une vilaine blessure au niveau du front, dont le sang s'écoulait le long de sa tempe et de sa joue. Harry ne l'avait jamais vu aussi fatigué, et bizarrement, jamais aussi en colère qu'à ce moment précis. Devant le Maître des Potions, Bellatrix avait sa baguette pointée vers lui, au niveau de son menton, un sourire triomphant dessiné sur son visage.
-Enfin on a réussi à t'avoir sale traître ! Tu mériterais une mort violente et atroce sur le champ.
-Arrêtes Bellatrix. Tu sais bien que le Maître veut s'occuper de lui personnellement ! s'exclama Anderson.
-C'est vrai, ajouta Lucius. Et on aura une belle récompense quand on le ramènera avec nous.
Devant les propos de ses camarades, Bellatrix fit une petite moue de déception mais elle n'abaissa pourtant pas sa baguette.
-Une fois qu'on l'aura ramené on ne pourra plus y toucher. Et moi…j'aimerais vraiment m'amuser un petit peu.
-On a dit non Bellatrix.
-Allez, juste un petit sortilège ! Le Maître nous a demandé de le ramener vivant, mais il n'a pas précisé dans quel état. S'il a quelques bout de chair en moins, ou des entailles peu profondes ca ira.
Sans attendre l'aval de ses petits camarades, elle leva un peu plus sa baguette alors que devant elle, Severus déglutit difficilement en la voyant faire, le visage toujours impassible cependant.
-NON !
Bellatrix interrompit aussitôt son geste, abaissant doucement son bras tout en se tournant vers la personne qui venait de crier, c'était Elizabeth. Il y avait une lueur démente dans les yeux de la Mangemort, qu'Harry avait déjà vu auparavant et qui ne présageait rien de bon. Elizabeth devint tout de suite très pâle en voyant Bellatrix s'approcher d'elle, alors que Rogue, lui, restait toujours impassible. Harry avait cependant vu de l'inquiétude dans son regard, l'espace d'un instant, une fraction de seconde à peine, et la Mangemort ne l'avait pas remarqué.
-Tiens tiens tiens, comme c'est intéressant ! Mais c'est qu'on a une admiratrice dis donc ! lança Bellatrix à l'intention de Rogue, avant de poser de nouveau son regard sur Elizabeth pour la détailler entièrement. Et pas des plus affreuse en plus, loin de là !
-Ouais je suis d'accord ! J'en ferais bien mon quatre heures ! lança Anderson amusé.
Bellatrix ne fit pas attention à la remarque, attrapant violemment Elizabeth par la gorge, cette dernière incapable de bouger car toujours ligotée. Juste à côté Rogue serrait les poings et les dents, essayant de garder son calme.
-Tu ne devrais pas t'attacher comme cela à quelqu'un somme Severus tu sais ! susurra Bellatrix. C'est un homme froid, cruel, qui ne pense qu'à lui et qui n'aime personne. N'est ce pas Severus ?
Rogue ne disait toujours rien, mais Harry était presque sûr qu'il bouillonnait intérieurement. D'accord c'était Rogue, mais il savait bien pour les avoir vu ensembles que même lui d'habitude cynique, froid et solitaire tenait à Elizabeth et il ne devait certainement pas apprécier l'intérêt soudain que Bellatrix avait pour la jeune femme. Rogue gardait ses émotions enfouies au fond de lui pour ne pas aggraver la situation parce que si la Mangemort les découvrait, elle allait s'en prendre à Elizabeth pour l'atteindre. C'était évident, et si Harry avait été à sa place, il aurait probablement réagit de la même façon. Enfin il aurait du moins essayé…
-Par exemple, continua Bellatrix, si je fais ça – elle gifla violemment la joue droite d'Elizabeth – il ne va pas broncher.
Et ce fut effectivement le cas.
-Ou si je fais ça – elle lança un sortilège qui blessa Elizabeth au bras, une grande entaille profonde apparaissant sur environ cinq centimètres – il ne va même pas essayer de te secourir.
Rogue ne bougea toujours pas, mais visiblement ce n'était pas l'envie qui lui manquait et Harry ne savait pas ce qui était le pire pour lui, voir Elizabeth se faire torturer comme cela, ou bien imaginer que la jeune femme puisse croire les propos de la Mangemort.
-Tu vois ? Les hommes, tous les mêmes !
Avant qu'elle puisse rajouter quoi que ce soit, une violente détonation retentit derrière eux, un peu plus loin sur la colline où se trouvait le QG de l'Ordre. Harry s'était tourné par là-bas en entendant l'explosion, tout comme les autres personnes présentes à côté de lui et il soupçonnait que dans le reste du village, et également dans la zone de sécurité, tout le monde avait également fait la même chose.
La seconde d'après Harry se figea, complètement crispé par la silhouette qui venait d'apparaître devant lui. Celle d'un homme au visage presque difforme, à la peau étrangement pâle et aux pupilles rouge flamboyant. Lord Voldemort venait d'apparaître aux yeux de tous. L'atmosphère se fit soudainement beaucoup plus lourde, beaucoup plus oppressante comme si il existait une aura maléfique autour du Mage Noir et qu'elle se répandait peu à peu dans tout le village alors qu'il s'avançait vers le petite groupe. Juste après son apparition des dizaines de cri de panique s'élevèrent au loin, provenant de l'endroit où avaient été amenés les habitants du village et les blessés.
Harry, lui, avait la gorge beaucoup trop serrée pour pouvoir crier, mais sans cela il était presque sûr qu'il aurait été capable de laisser entendre lui aussi toute sa peur et tout son effroi. Voldemort n'avait rien à voir avec celui qu'il avait déjà rencontré à maintes reprises. Dans cette réalité, il paraissait beaucoup plus sombre, beaucoup plus puissant et beaucoup plus cruel. Mais ça ne devait être qu'une impression, il s'agissait bien du même Voldemort. Celui qu'Harry avait déjà combattu, et contre qui il avait déjà emporté la victoire. D'ailleurs, étrangement, sa baguette qu'il tenait toujours fermement dans sa main s'était mise à trembler, comme si elle avait déjà reconnu son vieil ennemi de toujours.
