Oha-yoooo ! ヽ( ・∀・)ノ
Merci pour toutes vos reviews~ Décidément vous êtes les plus adorables du monde~ (*´ ω`*) Pour que ma main se repose j'ai bouquiné une journée entière l'autre jour, et ça à plutôt bien marché donc je suis contente~ J'ai mit beaucoup trop de vagues dans ce commentaire d'auteur (≧▽≦) Tout ça pour dire que j'ai bon espoir que ma main soit bientôt guérie ! En attendant je prend mon mal en patience en dessinant de la main gauche... Bon, c'est pas terrible mais c'est pas trop mal non plus (≧ω≦) Demain je regarderais la rediff du dernier live de aventures, j'ai peur qu'un autre membre du groupe soit papa, surtout si ça touche au Thelthazar ( ° A°) Je regarderais jusqu'au bout quand même... Morte et privée de raison de vivre, mais je regarderais (≧▽≦)
(Merci à Nolwenn pour avoir corrigé du chapitre 15 à 20 ! )
Enfin bref, je vous souhaite une bonne lecture et un bon grignotage~ ヾ( ・∀ ・)
- AH ! Revenez ici, bande de vipères !
Le cri de Shin n'alarma pas le moins du monde le reste du groupe. Tous faisaient une petite pause dans leur voyage et apparemment Liebel et Kaly avaient encore décidé d'embêter l'archer, leur passe-temps favori. L'une élevait des filets d'eau, trop mince pour que sa transformation prenne le dessus, et l'autre les électrocutait. Le demi-élémentaire se prenait donc des coups de jus réguliers, se retournant d'un bon en criant de surprise pour voir les deux bambins s'enfuir en courant. Vicieuses, les petites se cachaient derrière Théo et Balthazar, se sachant en parfaite sécurité, riant de voir le regard noir de leur victime.
Le mage ne disait rien, s'amusant de voir son ami devenir paranoïaque, mais surtout parce qu'ainsi les enfants s'entraînaient de leur plein gré. Le paladin ne réagissait pas non plus, constatant que seule la fierté de son ami était blessée. Grunlek et Akela riaient des mésaventures du pisteur, trouvant très ironique que l'eau se retourne contre lui malgré sa nature. Quant à Eden, elle se fichait pas mal du jeune homme, surveillant les petites telle une mère veillerant sur ses bébés.
Après avoir passé une semaine avec eux, Kaly avait accepté d'être vêtue. Elle portait une robe blanche à Liebel pour le moment, mais c'était déjà mieux que les algues dé-séchées qui la couvrait avant. Elle parvenait aussi à canaliser ses dons si elle le voulait vraiment, mais le fait qu'elle ait le sang chaud ne l'aidait pas à garder son calme. Ses colères étaient assez intense pour que Théo soit obligé de maîtriser physiquement l'enfant, la petite queue de poisson claquant rageusement sur son armure. Tous essayaient de la canaliser psychologiquement mais ils peinaient à y parvenir. À force, le demi-diable arrivait à prévoir les crises, les désamorçant avant qu'elles n'explosent. Heureusement, que la gamine l'écoutait un peu, sinon elle aurait été ingérable.
Ce jour ensoleillé fut donc relativement calme, la rouquine sautillant joyeusement avec la blanche. Cependant, les conversations des adultes tournèrent toujours autour du même sujet : où la déposer. Les avis était assez variés et personne n'était d'accord.
- L'église de l'eau n'est qu'une bande d'assassin, siffla Shin en frottant sa cuisse, endroit où il avait reçu la châtaigne. Ils utiliseraient la petite comme une arme, à coup sûr.
- On ne peut pas la laisser à des gens que vous connaissez et qui sauraient accepter sa nature ? demanda Akela.
- Je me vois mal demander à ces quelques pauvres personnes qui ne nous détestent pas encore de garder un danger potentiel pour leur propre sécurité..., répondit Grunlek, réticent.
- Et dans ta famille, Bob ? Après tout, ils ont élevé un demi-diable.
- Et t'as vu le résultat ? soupira Théo avec un air désespéré, son amant vexé le frappant sous les rires des autres.
- Hey ! Pour répondre à ta question : je préfère ne pas donner une charge aussi lourde à ma tante et encore moins à ma mère. En plus, Kaly a besoin d'un entraînement magique.
- Pourquoi pas à la tour rouge, dans ce cas ? proposa l'amazone.
- Ils acceptent les mages, pas les non-humains. J'ai été radié à cause de ma nature et j'ai échappé de peu à l'exécution. En plus, je suis recherché dans la région.
- On a des nouvelles de Viktor ? demanda le nain. Il pourrait peut-être nous aider à trouver un endroit.
- Pas depuis un moment, vu sa parenté avec moi il doit être surveillé, fit le soldat, l'esprit loin d'être tranquille.
- Bon, de toute façon faut qu'on fasse un crochet en ville, déclara l'ingénieur, changeant de sujet en voyant que le mage jetait un regard inquiet à son amant. Faut qu'on se refasse quelques réserves et qu'on trouve de quoi habiller Kaly. Bob, où est la ville la plus proche ?
L'érudit sortit une carte de sa besace et tous se penchèrent au dessus. Ils analysèrent l'endroit avant que Shin ne pointe une ville à quelques heures d'ici.
- Celle là semble pas trop mal, non ?
- Non, elle est mauvaise ! C'est une calamité ! protesta vivement le mage.
- On y restera pas longtemps, et il me semble pas qu'on l'ait déjà visité.
- On ira pas ! Tiens, celle là semble mieux !
- Elle est à trois jours de marche, Bob, on aura pas les vivres nécessaires et faut qu'on trouve du travail.
- Pourquoi tu ne veux pas qu'on aille là bas ? demanda suspicieusement Grunlek, les autres trouvant également son opposition étrange.
- Parce que !
- Quel maturité, et c'est parent..., désespéra Akela en croisant les bras.
- On sera reparti au soir, argumenta Théo vers son compagnon qui était sur la défensive. Si on se déploie, on ne devrait pas en avoir pour longtemps.
Le demi-diable le fixa un instant, réfléchissant au pour et au contre alors qu'il était recroquevillé sur lui même. Il baissa les yeux avant de les relever vers les petites qui jouaient avec le bord du ruisseau à côté d'eux. Son expression se ferma avec contrariété, trahissant sa bataille mentale, alors qu'il s'agita de plus en plus nerveusement.
- Ah ! soupira-t-il en balançant ses bras en l'air, montrant qu'il abandonnait. Fine ! Dépêchons !
Il invoqua Brasier en ignorant le sourire victorieux des autres et tous reprirent la route. Kaly monta avec le demi-diable et Liebel avec le paladin, Grunlek, Akela et Shin marchant à côté des montures. Du côté de la chasseuse et du pisteur, les choses avançaient lentement mais sûrement. Passant par delà l'attirance physique au combien embarrassante, l'archer se fit fureur pour continuer de la séduire par ses actes, comme il le faisait avant. Ils avaient reprit leurs petits combats du soir, animant les soirées autour des feux de camps. Ils se lançaient quelques piques autant pendant ces moments qu'en dehors, étant tantôt taquins, tantôt séducteurs.
Balthazar et Grunlek les trouvaient mignons à se chercher ainsi, n'osant pas encore passer le pas, mais Théo était plus que lassé de toutes ces simagrées. Le soldat avait glissé à son compagnon qu'ils n'avaient pas été aussi casse-couille. Ce à quoi le mage avait répliqué qu'il aurait préféré qu'ils le soient ne serait-ce qu'un peu, que ça aurait préparé ses reins. Comme son amant boudait par la suite, il lui avait attrapé le menton pour l'embrasser et lui souffler qu'il se rattrapait bien avec les années. Le guerrier s'était senti stupide que la réflexion lui fasse plaisir, un sourire idiot étirant ses lèvres. Il se rassurait donc que personne n'y ait prêté attention, trop occupé à s'occuper des terreurs qu'étaient les enfants.
Quelques heures de marche, ainsi qu'une ou deux chansons paillardes, plus tard, le groupe atteignit les portes de la grande cité. L'endroit était plutôt bondé et aucune trace de primes avec leurs têtes placardées sur les murs. Shin et Akela ne furent pas très à l'aise dans la foule, Eden les ayant suivit par fidélité mais regrettant rapidement sa décision en se collant au nain. Afin de ne pas prendre trop de place, Balthazar avait dés-invoqué Brasier et laissé Kaly avec Liebel, sur les genoux de Théo montant Lumière. Ils voulurent se scinder en deux groupes mais la ville était si peuplée qu'ils risquaient de ne pas être capables de se retrouver. Soudés, ils restèrent ensemble, au grand malheur de ceux qui voulaient partir au plus vite.
Ils passèrent sur un marché, trouvant des rations, un peu de matériels et surtout, de quoi habiller et chausser Kaly. L'enfant, contrairement à sa copine, accepta avec plaisir de couvrir ses pieds, s'étant déjà plainte de douleur. Son vocabulaire était rudimentaire mais elle acceptait les mots simple tel que soif, faim, bobo... C'était déjà énorme, même si elle continuait d'imiter les animaux. Liebel, sous sa capuche, dévisagea les bottines en se méfiant de son père mais fut vite rassuré qu'on la laisse tranquille. Le mage soupira en remarquant sa réaction, ne comprenant toujours pas pourquoi elle refusait si obstinément de se chausser. Ce n'était pas faute de lui soigner régulièrement ses pieds manquant encore de corne. La petite ne se plaignait jamais, cela dit, appliquant sa propre magie si elle se coupait. Tant qu'elle se débrouillait et que sa vie n'était pas en péril, les adultes ne voyaient pas l'intérêt d'intervenir.
Sa bourse personnelle presque vide, le demi-diable prévint son amant qu'il devrait lui payer sa bière, disant qu'il aurait dû participer au frais. L'autre l'envoya royalement paître sous les rires du reste du groupe, et ils reprirent leur chemin vers une taverne. Ils se frayèrent un chemin au travers de la foule et visitèrent deux endroits bien trop blindés pour que le moindre travail potentiel ne soit pas prit. Ils s'éloignèrent du centre ville, le mage devenant de plus en plus nerveux et râleur, agaçant ses compagnons. Néanmoins, il parvenait à les diriger, les prévenant d'un cul de sac à certain endroits et trouvant des raccourcis à d'autre. Intrigués et agacés de ses cachotteries ainsi que de l'entendre depuis trop longtemps, les amis du demi-diable se stoppèrent.
- Ah, Bob ! Si tu n'y mets pas du tien, on va finir par rester passer la nuit dans cette ville ! grogna Théo, à bout de nerf.
- Nan ! Je préfères rester loin d'ici !
- Pour une fois, je suis d'accord avec lui, renchéri Shin, Akela acquiesçant derrière lui.
- Comment ça se fait que tu connaisses cette ville ? demanda Grunlek, suspicieux.
- ... Si on pouvait bouger de ce quartier-, commença à se défiler l'érudit avant d'être coupé par une voix féminine.
- Balthazar ?
Le concerné se raidit, son groupe s'échangeant des regards étonnés devant la manière dont il avait été nommé. Les aventuriers se tournèrent pour voir laquelle des nombreuses personnes à côtés d'eux avait prit la parole. Ils virent une femme encapuchonnée, un panier au bras et revenant visiblement de ses courses. Elle était surprise et peinait à croire ce qu'elle avait sous les yeux, dévisageant le mage qui lui tournait encore le dos. Celui-ci pivota lentement, terriblement tendu, et lui jeta un petit regard en biais. Il était très mal à l'aise.
- Vous êtes avec lui ? Suivez-moi..., fit-elle en les devançant pour que eux seuls entendent.
Ce mystère survenu de nul part et visiblement lié à l'étrange envie du demi-diable de fuir la ville attira le groupe à emboîter son pas. Ils furent emportés dans un quartier plus reculé sur les quais, le monde se faisant plus rare dans ce coin de la ville laissa les jeunes gens soupirer de soulagement. Leur guide posa son panier devant une maison et abaissa sa capuche, dévoilant un visage peu marqué par le temps même si l'expérience se lisait dans ses prunelles noisettes. Une chevelure brune et ondulée cascadait sur ses épaules, mais ce qui fit tiquer la bande fut cette longue mèche rebelle qui revenait devant son visage. Tous se tournèrent vers le mage, possédant la même mèche et qui se sentit horriblement mal, levant sa main en direction de la femme avec un sourire tordu.
- Salut maman..., lâcha-t-il enfin, tendu.
- Oh bon sang... Je ne pensais pas te revoir un jour..., sourit-elle, émue.
Elle se bloqua subitement alors qu'elle allait faire un pas, le dévisageant. Ses yeux semblèrent ressortir plus que quelques secondes auparavant, transperçant son fils qui se raidit et se figea d'angoisse. Elle fronça les sourcils, se tournant ensuite vers Théo qui se tenait à côté de son amant, avant que ses yeux ne voyagent entre eux. Le paladin n'en menait pas plus large que son voisin, se demandant ce qu'il devait faire. Il n'avait pas du tout prévu d'être présenté à la mère de son conjoint.
La brune explosa brutalement d'un rire aussi claquant et crépitant de joie de vivre que celui de son fils. Elle se tint le ventre, ne pouvant plus arrêter l'euphorie qui enfonçait son enfant dans une gêne démentielle. Complètement perdu, les membres du reste du groupe s'échangèrent un regard, n'osant pas bouger. Visiblement, ce que craignait le mage était arrivé, mais ils ne surent pas quoi jusqu'à ce que la femme prenne la parole.
- Oh par tout les dieux ! Si j'avais su en te voyant partir de la maison que tu me reviendrais comme ça ! rit-elle, les larmes passant ses yeux.
- Maman je t'en pris, il n'y a rien de drôle !
Liebel choisit alors ce moment pour se frayer un chemin et prendre la main de son père dans la manche rouge, se collant à sa jambe en regardant celle qui leur faisait face. La mère du mage se stoppa brutalement en la voyant, écarquillant les yeux avant d'observer la réaction parlante de son fils. Elle repartie dans un nouveau fou rire, se retournant pour frapper contre le mur en n'arrivant plus à s'arrêter.
- Maman ! cria Balthazar, rouge de honte, sentant ses amis complètement interloqués.
- Oh pardon ! se reprit-elle doucement. Mais comprends moi ! Tu pars en hurlant que tu vas être le mage qui dominera le monde et un tombeur de ces dames, engrossant la plupart d'entre elles... Pour revenir treize ans plus tard, au bras d'un homme avec une fille adoptée ! Moi je trouve ça très drôle !
- Elle a pas tord, Balthou' ! pouffa Shin avec les autres.
- Ah, vous, ne vous y mettez pas ! râla le demi-diable en se tournant à demi vers eux pour les fusiller du regard, portant sa fille.
- Ne restons pas ici, entrez je vous en prie. Pour le cheval, vous pouvez le placer dans la cour par ici.
Théo hocha la tête pour la remercier, nerveux, et emporta Lumière. Il entendit la femme rire de plus belle alors que ses invités la suivait à l'intérieur de la maison, et soupira à l'avance. C'était bien la mère de Balthazar, aucun doute. Il rejoignit le groupe en passant par la porte arrière après avoir dessellé sa monture, la laissant avec l'âne dans la cour qui faisait office d'écurie.
L'endroit était plutôt grand à son étonnement, la cuisine par laquelle il passa était très organisée et moderne, un repas mijotant. La salle à manger, la pièce suivant celle où il était, avait une grande table ronde pouvant accueillir la milice que ses amis et lui étaient devenus. La dernière place disponible était à côté de l'érudit qui portait les enfants, ce dernier lui jetant un regard empli de honte et d'excuses. Le soldat soupira et le rejoignit, Liebel se tirant de suite sur ses genoux.
Un lourd silence prit place alors la maîtresse de maison apportait quelques biscuits et du thé froid pour les rafraîchir de cette journée d'été. Elle s'assit face à son fils pour le dévisager avec un large sourire, faisant voyager son regard sur son gendre en le détaillant de haut en bas. Peu habitué à être déshabillé du regard ainsi, Théo se sentit très mal à l'aise, reculant un peu sa tête en se raidissant. Leurs amis restèrent en retrait en admirant la scène, trouvant que ce qui se passait était plutôt amusant à voir.
- Si tu choisissais tes femmes comme tu as choisis ton conjoint, tu as du taper haut, mon garçon ! lança-t-elle alors avec un rictus grivois sensiblement similaire à celui de son fils.
- Maman ! rougit ce dernier, les autres pouffant tandis que son voisin mourrait d'embarras en détournant les yeux.
- La vie nous réserve toujours des surprises, soupira la brune en secouant la tête, loin d'être gênée par son comportement déplacé. Bon, au moins, tu ne me reviens pas enceinte d'un riche héritier... Vous êtes riche ?
- Maman, je t'en prie..., geignit le demi-diable en s'affalant sur la table, pleurnichant.
- Non, répondit catégoriquement le paladin.
- Pardonnez-nous, commença le nain compatissant en venant en aide à son ami, ayant assez profité du spectacle. Je suis Grunlek Von Krayn. Voici Akela, Shinddha Kory, Liebel, Kaly, Eden et pour finir, Théo de Silveberg.
- Silveberg..., réfléchit la femme avec un petit air malicieux. Je devrais y faire un tour si leurs récolte masculines sont aussi prometteuses.
- Maman, non !
- Niveau caractère, y'a pas photo ! rit l'archer, la chasseuse morte de honte à côté de lui, Théo n'en menant pas plus large.
- Je ne me suis pas non plus présenté, et je suppose que mon fils n'a pas vraiment parlé de moi..., bouda la mère de l'érudit qui marmonna un "on ne se demande pas pourquoi", qu'elle ignora pour faire une révérence. Je suis Aguatha Sabine Veronna Lennon, magicienne à la retraire mais soigneuse-apothicaire en fonction. Tout le monde m'appelle Vero.
- Vous faites..., commença Akela. Tellement jeune...
- La beauté des enchantements ma chère, je n'ai pas le même âge que mon fils, vous vous en doutez.
- C'est grâce à vos dons que vous avez su pour..., fit Shin en n'osant pas finir sa phrase, jetant un coup d'œil au couple encore raide et mal à l'aise.
- La clairvoyance est une de mes capacités avec pré-disposition, oui. Je ne voulais pas que mon fils suive la voie des mages comme je l'avait fais, pour des raisons évidentes, mais il n'en a toujours fait qu'à sa tête. La seule chose à laquelle il a obéit est : "Ne me ramène pas de greluche à la maison !".
- Sans commentaire, merci, sourit largement son fils, sentant la réplique salace sur son amant arriver.
- Ton père t'as recontacté, je présume.
- Oui mais je le déçois régulièrement, rassure-toi.
- Il a plutôt l'air d'être heureux, rectifia le demi-élémentaire, Grunlek riant avec lui. Surtout depuis qu'il est grand-père.
- Oh oui, réalisa Vero en regardant la blanche. La petite... Bon sang, si j'avais su que je serais grand-mère un jour... Ou du moins, que je puisses voir ça. Tu semblais tellement enthousiaste à l'idée de fonder un foyer de sang un jour, je me demandais comment tu ferais.
- Tu savais ? demanda son fils, désagréablement surpris.
- Je ne suis pas n'importe qui, je l'avait préssenti depuis le début. C'est pour ça qu'à ton départ je t'ai dit " Qu'importe à quoi elle ressemblera, ce sera ta famille".
- Tu aurais pu me prévenir...
- Tu m'aurais écouté ? rit-elle doucement avec un brin de désespoir.
Il pouffa. C'est vrai qu'il n'écoutait rien à l'époque. Les autres sourirent avant de tiquer, se demandant soudainement de quoi l'ex-magicienne parlait exactement. S'agissait-il bien de la capacité à concevoir ou de sa sexualité ?
- Et l'autre petite, qui est-elle ? Je n'arrive pas à bien distinguer les choses...
Kaly dévisageait effectivement l'adulte, se tenant au bord de la table qui ne laissait dépasser que ses yeux. L'attention portée directement sur elle ne lui plu que peu et les tasses commencèrent à vibrer, les vases comportant des fleurs trempées dans l'eau également. Elle gronda plus fort, menaçant son opposante en montrant sa force. Vero se redressa avec surprise, une lueur similaire à celle que pouvait avoir son fils brillant dans ses yeux. La curiosité scientifique la rongea et elle reporta son attention sur sa progéniture qui caressa la tête de la petite, la calmant doucement. Le vrombissement s'arrêta avec le phénomène et le calme revint.
- Elle est à moitié sirène. C'est un cas unique, je n'ai encore jamais vu ça.
- Comment est-ce possible..., souffla la brune avec intérêt.
- On ne sait pas vraiment, les sirènes ne sont pourtant pas des créatures qui se laissent séduire par des humains. Kaly ne contrôle que partiellement ses dons, sa colère lui fait défaut. On lui cherche actuellement une famille.
Le demi-diable aspira sa lèvre et leva les yeux vers elle qui explosa de rire.
- Oh, chéri, non ! Je n'ai plus l'âge d'élever un enfant, encore moins magique ! J'avais la vingtaine quand je t'ai eu et pourtant je t'assure qu'à ton départ j'ai eu l'impression d'en avoir quatre-vingt !
- Ah bah putain, ça fait plaisir..., dépita le mage sous le rire de ses amis.
- Toi par contre, tu es encore jeune et tu sembles savoir t'y prendre...
Le silence s'abattit brutalement sur la table. L'idée que tous avait déjà eu mais que personne n'avait osé évoquer flotta dans l'air, Grunlek, Akela et Shin observant le couple d'un œil en coin. Ces derniers s'échangèrent un regard, pris au dépourvu et rendus muet par le choc. Le refus de Théo pouvait se sentir à plusieurs kilomètres, mais le soldat percevait l'hésitation chez son compagnon, ce qui ne l'aida pas à prendre la parole. Les amants commencèrent à échanger juste en se fixant, ouvrant parfois la bouche mais sans prononcer plus que des bruits d'une phrase étouffée dans l'œuf. Le tout s'accompagnait de gestes avortés, en suspends, rendant la scène plutôt comique.
Vero explosa à nouveau de rire et se leva en leur proposant de dîner en vu de l'heure tardive. L'évocation d'une tarte aux pommes fit de suite réagir Shin qui accepta au nom du groupe. Encore pétrifié, le couple ne fit rien de plus que de fixer la demi-sirène qui ne comprenait rien. La petite préféra largement le jeu de main de Liebel qui l'amusa bien plus, elles n'avaient que deux ans après tout. Le repas fut servit une fois la table dressée, laissant Théo et Balthazar se reprendre un minimum. La maîtresse de maison étala une couverture dans un coin de la cuisine pour Eden, lui servant un bol de viande avec du bouillon qui ravis ses papilles.
Pendant que tous mangeaient, l'ambiance revint, la mère du mage prenant des nouvelles de sa petite sœur. La tablée fit également connaissance et rapidement, le groupe constata que le côté dragueur du demi-diable ne venait pas de nul part. Dès que Shin eut enlevé son masque, il eut aussi le droit à des compliments salaces, l'embarrassant un peu et ne plaisant pas trop à Akela. Grunlek rit en disant que la tante avait fait mine de rentrer dans l'épaule de Aldo pour l'aborder, lui faisant la cour toute la soirée par la suite. L'érudit était heureux de retrouver sa mère, cependant les anecdotes qu'elle ressortait ne lui faisait pas honneur. Ses amis, et encore moins son amant, avait besoin de savoir qu'il tripotait son caca à huit mois. Il sentait d'avance que les railleries n'allaient pas cesser avant un long moment.
Comme elle tenait une sorte de petit hôpital, la maîtresse des lieux avait quelques chambres d'hôte, acceptant de prendre les petites avec elle. Ainsi, Grunlek eut une chambre pour lui, et le pisteur et la chasseuse en partagèrent une, tout comme le couple. Les cadets du groupe furent un peu gênés d'être dans la même pièce mais rassurés de voir que les lits étaient séparés. Théo ne demanda pas l'accord de Vero et mit les deux matelas par terre quand il fut dans la pièce avec son compagnon, l'emportant avec lui sur la couche. Les matelas étant assez large, en s'enlaçant ils purent facilement tenir sur un seul.
Si le paladin trouva le sommeil après une méditation sommaire, le mage en fut incapable, la proposition d'adoption tournant en boucle dans sa tête. Il savait que sa mère avait raison. Kaly était une enfant difficile, colérique et magique par dessus le marché, il n'y avait que lui pour l'éduquer. Aussi, il était l'un des rares à pouvoir comprendre sa part de monstre qu'elle aurait à accepter. Cependant, ce n'était pas une décision à prendre à la légère, plus d'enfants voulait dire plus de charges et de responsabilités. Plus de vie à protéger, de combats difficiles et dangereux à éviter ou à maîtriser.
Il fallait aussi voir le côté financier, le groupe entier arrivait au fond de leurs bourses après ces quatre mois de voyage. La prime qu'ils avaient réclamé dans la ville non-humaine avait été ridicule, et ils ne pouvaient pas vivre que de la nature. Il se sentirait être le père le plus horrible du monde s'il voyait ses filles mourir de faim. Les réserves d'or pour leur auberge était en sécurité dans les coffres chez Tantine au Comptoir d'or, et ils ne voulaient pas commencer à tirer dessus sans risquer de faire couler leur futur affaire.
Ces pensées tournaient en boucle dans sa tête, et ne le lâchaient pas malgré tout ses efforts pour se concentrer sur l'étreinte de son conjoint dans son dos. Il se retourna un peu, espérant pouvoir lui parler mais constata qu'il dormait profondément. Pour une fois que l'un d'eux n'était pas prit d'insomnie, il en aurait eu besoin. En discuter avec Théo était primordiale mais ce dernier n'avait pas répondu à ses tentatives de délibérations. Le voir fuir ainsi le problème prouvait qu'il y réfléchissait et qu'il préférait être tranquille pour le moment.
Ne tenant plus, le mage se leva, du moins il essaya à peine que Théo le rattrapa et resserra sa prise autour de lui. La réaction possessive le fit rire un peu, même endormit ce type s'accrochait à lui comme une moule à un rocher. Il tourna un peu la tête pour embrasser le front du soldat qui avait plongé son visage dans sa nuque, et caressa délicatement les bras soudés autour de lui. Il dut passer à l'étape supérieure, et venir effleurer la joue du guerrier avec ses doigts pour que celui-ci le laisse enfin partir. Une fois debout, Balthazar se retourna vers son amant avec un sourire amusé, trouvant qu'il était pire qu'un piège à loup dans son sommeil. Sa liberté retrouvée, il descendit à la cuisine pour prendre un verre d'eau, caressant un peu Eden qu'il avait réveillé. L'air endormi de la louve le fit craquer et il ne résista pas à la papouiller en devenant gaga.
- Bhou', tu ne dors pas ?
Il se redressa en entendant ce surnom d'enfance que seules les deux femmes qui l'avaient élevé lui donnaient. D'un sourire, il accueillit sa mère, la maigre bougie qui éclairait faiblement la pièce jouant d'ombres sur sa chemise de nuit pourpre. C'était elle qui lui avait donné le goût du rouge, il trouvait cette couleur d'une élégance somptueuse et subtile car pouvant vite penser à un sentiment érotique. Associer à l'or, le rouge était puissant, vif, et sulfureux. C'était un assemblage parfait.
- J'ai un peu de mal, ça peut se comprendre, non ? répondit-il avec un rictus en posant son verre.
- Ah, viens donc sur la table des nocturnes !
Elle l'emporta sur la petite table servant de plan de travail pour cuisiner et sauta dessus pour s'asseoir. La nostalgie le prit et il sourit en montant avec elle, entrelaçant ses doigts sur ses jambes tandis qu'elle croisait élégamment les genoux. Petit, quand ses cauchemars l'empêchait de dormir, il s'asseyait sur cette table avec sa mère ou sa tante, et ils bavardaient jusqu'à ce que le sommeil les gagne.
- Avoir un enfant n'est pas des plus facile, d'autant plus lorsque ses ascendances sont particulières, dit-elle avec compréhension.
- On n'a pas une vie des plus faciles..., ajouta l'érudit en fixant le sol. J'ai peur de ne pas être à la hauteur pour elles. Liebel est plutôt simple, c'est une petite fille joyeuse, mais Kaly a le sang chaud et perd facilement patience... Elle pourrait blesser quelqu'un, gravement, peut-être même l'un d'entre nous...
- Qu'en pense ton compagnon ?
- Il me parlera lorsqu'il sera prêt, le brusquer n'engendre rien de bon.
- Depuis combien de temps êtes-vous ensembles ? Vous semblez tellement fusionnel, j'étais impressionnée, se confia sa mère en s'appuyant dans sa paume, accoudé à sa cuisse.
- Neuf ans, sourit tendrement le demi-diable malgré lui.
- Oh bah, merde, rit doucement la brune. Ça tient la route votre histoire... Raconte moi un peu comment ça s'est fait, vous deux, votre groupe, ta fille, raconte moi tout.
Balthazar se redressa et entama sa tirade, relatant ses aventures depuis son départ de la maison. Sa mère l'écouta en silence, buvant la moindre de ses paroles en retraçant son parcourt. Même si elle pouvait voir magiquement par sa mémoire certain événement, elle ne pouvait pas connaître les sentiments qui y était liés. Elle préférait donc qu'il lui raconte ce par quoi il était passé plutôt que de fouiller dans sa tête, s'amusant de toutes les expressions qu'elle pouvait voir sur son visage.
Lorsqu'il eut fini de parler, le mage se tourna vers sa mère qui le couvait d'un doux regard chaleureux et maternel, le faisant frissonner. L'admiration et l'envie qu'il lisait dans ses yeux l'intrigua un peu, aussi la questionna-t-il silencieusement. Elle prit une grande inspiration et soupira, trahissant qu'elle aurait aimé connaître certaine chose qu'il avait eu la chance de vivre. C'est alors qu'elle ouvrit la bouche pour prononcer quelques mots qui firent bondir le cœur de son enfant.
- Ce regard que tu as juste en parlant de lui... Tu es vraiment magnifique, l'amour te sied bien, Balthazar...
