Chapitre 21 : Le disciple de l'Empaleur
Le docteur Lecter proposa son bras à Will pour le raccompagner en cellule sous prétexte de ne pas le faire trop s'appuyer sur ses pieds blessés mais il refusa poliment, gêné par l'idée d'un contact avec lui alors qu'il retournait auprès de son petit groupe. Il avait l'impression que le fait de s'être rapproché du meurtrier de façon aussi intime était visible sur tout son corps ou tout du moins sur son visage, comme s'il était écrit « amant d'Hannibal Lecter » en lettres de feu sur son front.
Il essaya de garder un visage impassible et s'installa au fond de sa cellule pendant que le médecin demandait les clés pour emmener Abigail en thérapie et écouta d'une oreille distraite Franklyn interpeller ce dernier.
« Docteur Lecter ! Et moi ? »
« Bonjour, Franklyn. »
« Oh oui bonjour, pardonnez-moi, je suis un peu sur les nerfs...Il faut que vous m'aidiez à sortir d'ici, c'est une terrible méprise... »
« Vous verrez cela avec votre psychiatre. »
« Comment ça ? Ça ne sera pas vous ? »
« Rien n'est encore décidé, vous pourrez être mon patient, celui du Dr Sutcliffe ou celui du Dr Chilton. Ou peut-être celui d'un nouveau collègue, il va y avoir des engagements très bientôt. »
«Mais je veux que vous soyez mon psychiatre ! Je veux dire, j'aimerais beaucoup, si c'était possible. Vous êtes le meilleur, vous comprenez...Et puis dans ces engagements, rien ne dit qu'il y aura un psychiatre, si ? C'est prévu ? »
« Il me semble avoir entendu parler de la venue d'un urologue, d'un psychiatre, d'un chirurgien, d'infirmiers et de gardiens, mais cela reste à confirmer. »
« Est-ce que je ne pourrais pas venir en thérapie maintenant ? »
« Voyons Franklyn, les dames d'abord...Je vais mettre cette incivilité sur le compte de la perturbation engendrée par votre transfert en ces lieux, mais que ça ne se reproduise pas. »
« Non, non bien sûr...Mes excuses les plus sincères, docteur Lecter, mademoiselle Hobbs. »
Abigail intervint, connaissant bien Hannibal et son antipathie profonde pour les personnes manquant de tact ou de politesse de façon générale.
« Je vous pardonne bien volontiers Franklyn, surtout que vous avez été d'une agréable compagnie jusqu'à présent. »
Will vit le sourire, pas dupe, qu'Hannibal adressa à Abigail quand celle-ci lui prit le bras et les regarda disparaître au bout du couloir comme à son habitude, trouvant qu'ils avaient vraiment l'air d'un père et de sa fille. Il sentit une bouffée d'affection à leur égard l'envahir et repensa un instant au tableau idyllique qu'il avait imaginé dans la cellule de contention, mais il se força à ne pas garder son esprit fixé là-dessus parce que c'était tout sauf réaliste. Hannibal avait raison dans un sens, il était trop sensible, et pas seulement à la douleur et au plaisir. Il avait considéré comme de la famille des gens qu'il connaissait depuis moins d'un mois, considérait Abigail comme une sœur après un peu plus d'une année et se sentait presque prêt à ignorer la monstruosité d'un homme qui l'avait conduit droit dans un asile de fous, torturait parfois des innocents par amour de l'art et les lui servait dans de la vaisselle en porcelaine. Il l'avait même laissé le toucher...Quelque chose n'allait vraiment pas chez lui, et il ne savait plus s'il devait lutter contre ou juste se laisser porter par le courant. Un long reniflement le sortit de ses pensées et il haussa un sourcil en voyant Randall le front appuyé sur les barreaux en train de respirer...son odeur ?
« Randall... ? »
« Ton odeur...cela me fait penser à quelque-chose.»
« Comme quoi ? »
« Tu n'aimerais pas que je le dise tout haut. »
Il jeta un regard en coin à Franklyn qui écoutait tout ce qu'ils disaient et Will se leva, posant ses mains sur les barreaux et lui présentant son oreille. Il frissonna quand l'homme-animal chuchota mais seulement parce que son souffle était chaud, il n'avait pas peur qu'il le morde, plus du tout, alors qu'il aurait peut-être dû. La progression de leurs rapports avait été assez...fulgurante.
« Toi et Lecter, vous êtes intimes ? »
« Et tu déduis ça rien qu'avec mon odeur ? A cause de mmh...la sueur ? On peut suer pour différentes raisons, tu sais. »
« Oui, la peur ou le stress mais l'odeur est différente. Il y a l'activité physique aussi mais je ne pense pas que tu fasses des exercices de musculation pendant ta thérapie. Et enfin, il y a le sexe. Alors par élimination... »
« Oui et bien, il m'a laissé seul un moment dans son bureau. Ce n'est pas la première fois que ça arrive. »
« Tu n'as pas d'odeur habituellement. »
« Oui, parce que je prends un bain. Tu es trop curieux... »
« Oh, tu réponds pourtant à toutes mes questions. Je sais que je suis un bon confident. Et je ne dirai rien à Abigail, même si elle et moi nous nous rapprochons. »
« Oui, à propos de ça... »
« Ne fais pas ton grand-frère protecteur avec moi. Elle n'a pas besoin que tu le sois autant. Alors, il ne s'est rien passé avec lui ? »
« Mmh mmh. »
« Il s'est passé quelque chose, donc. Ça doit être particulier, avec quelqu'un comme lui.»
« En quoi ça t'intéresse ? » demanda Will un peu sèchement, et il le regretta immédiatement.
« Tu te souviens de ce que tu m'as dit ? Que tu serais mon ami et que tu te soucierais de moi ? Et bien il en est de même pour moi. Je t'aime, Will. Pas romantiquement, la romance est un concept un peu abstrait pour moi. Mais sincèrement. Et je me soucie de ce que tu ressens et aussi à quoi tu t'exposes. Etre très intime avec un être comme Lecter n'est pas sans conséquences. »
« Je m'excuse, je ne voulais pas être...cassant. Et je te remercie de te soucier de moi, mais je peux gérer ça. Du moins j'essaie de le gérer...Et nous ne sommes pas très intimes. »
Will aurait aimé pouvoir dire à l'homme-animal qu'il l'aimait aussi, de cette sorte d'amour familial qu'il avait pour les membres de son groupe, mais ce n'était pas aussi facile pour lui. La nature particulière de Randall lui donnait cette spontanéité et cette absence de gêne que peu de personnes possédaient.
« Suffisamment. C'est difficile pour toi, l'idée d'une relation comme celle-là. D'un côté, la moralité, de l'autre, les instincts. »
« Non ce n'est pas comme ça. Ce ne sont pas heu...les instincts qui me poussent vers lui. »
« Plus profond et plus complexe...Seulement le sexe aurait été moins dangereux. Reste lucide à propos de ce qu'il est. »
« J'essaie, l'idée que j'ai de lui...je sais qu'elle est différente de ce qu'il est vraiment. »
« Ce n'est pas l'idée que tu en as, je pense qu'elle est assez correcte vu ton don et tes capacités d'observations. Le problème, c'est ce que tu voudrais qu'il soit. »
« Exact, docteur Tier »
« Mmh, je savais que j'aurais dû faire psy plutôt qu'employé de musée. »
« Tu as l'air d'aller un peu mieux. »
« Ouais, ça peut aller. »
« Qu'est-ce que vous vous racontez, tous les deux ? Vous savez, je peux tenir un secret moi aussi. » se plaignit Franklyn.
« S'ils ne veulent pas vous le dire, ils ne veulent pas. Ce n'est pas la peine d'insister. » intervint Peter.
L'homme était plutôt timide et il intervenait peu dans les conflits, aussi Will l'encouragea pour cette prise de parole. Il avait l'impression que doucement, il prenait de l'assurance à leur contact.
« Peter a raison Franklyn, il est inutile de poser la question. »
A la surprise de Will, Randall les contredit tous les deux.
« Oh, ce n'est rien de si mystérieux... Je parlais à Will de sa sœur, qui me plaît beaucoup. Comme Will est mon ami, c'est plus facile pour moi de lui confier certaines choses, alors que vous, je ne vous connais pas. Ce n'est pas que nous tenions spécialement à vous tenir à l'écart. »
« Mais nous pouvons être amis, peut-être ? »
Will comprenait maintenant : Randall préférait donner une fausse explication à Franklyn que de lui laisser imaginer de quoi ils avaient parlé, si jamais il avait pu saisir un ou deux mots malgré leurs murmures. Mais il n'y avait pas que ça. Un bref instant, il lui sembla voir une ombre derrière le jeune homme, comme une queue de loup s'agitant. Randall avait envie de jouer. Il était encore silencieux et très calme dès qu'un gardien était dans les parages, mais comparé à la veille où il parlait à peine, il reprenait déjà du poil de la bête. Après avoir passé six jours en isolement, Will trouvait ça assez extraordinaire.
« Si vous saviez ce que j'ai fait, vous ne voudriez pas être mon ami. » déclara-t-il, de sa voix toujours basse et rauque.
« Dites-le moi toujours. »
« Randall a du mal à parler, ne l'épuisez pas. »
Will raconta à Franklyn pourquoi l'homme-animal avait été admis ainsi que ce qu'il avait fait à Cordell, et la punition qui s'en était suivie : les six jours en isolement et les bains glacés, curieux malgré lui de voir comment l'homme corpulent allait réagir.
« Je suis désolé que l'on vous ai fait ça...Selon Will, ce Cordell semblait avoir largement mérité ce qui lui est arrivé. »
« Et les autres victimes, elles le méritaient, selon vous ? » ne put s'empêcher de demander l'empathe.
« Non, j'imagine que non. Mais vous êtes quand même son ami, parce qu'il n'est pas responsable, n'est-ce pas ? C'est sa pathologie qui le fait agir ainsi et je suis sûr...je suis sûr que vous éprouvez des regrets, Randall. »
« Oh oui, beaucoup. Je regrette de ne pas avoir pu en tuer plus. J'ai besoin de ça pour me sentir vivant, vous comprenez, je suis parfaitement incapable de m'arrêter. Hum, vous devez me trouver monstrueux à présent... » soupira-t-il, feignant la tristesse.
Will échangea un regard avec Peter qui essayait autant que lui de ne pas montrer son amusement, et il pensa qu'Abigail aurait eu beaucoup de mal à conserver son sérieux si elle avait été là. Randall flirtait carrément avec Franklyn et c'était à la fois drôle et vaguement effrayant.
« Non, non. Enfin, ce que vous avez fait est terrible mais je vous trouve plutôt mmh...fascinant. »
« Vous êtes bien aimable. Vous m'excuserez, j'ai mal à la gorge et je me sens fatigué, je vais me reposer. »
« Je comprends Randall, je peux vous appeler Randall. »
« Mais oui, vous l'avez déjà fait d'ailleurs. »
« Oh oui, hum, reposez-vous bien. »
Randall alla s'allonger et, malgré qu'il avait semblé en meilleure forme, il s'endormit sur l'espace de quelques minutes, en plein jour. L'empathe ne voulait pas le déranger, pas plus que Peter, et ils s'allongèrent eux aussi. Will n'avait pas sommeil et pas non plus envie de se torturer l'esprit avec ce qu'il ressentait ou non pour Hannibal et évita autant que possible de repenser à sa main étroitement serrée autour de son sexe. Malgré lui, l'idée lui traversa l'esprit à plusieurs reprises.
Il s'occupa l'esprit de son mieux pendant tout le temps de la sieste de l'homme-animal qui s'éveilla au moment où le docteur Lecter raccompagnait Abigail, une petite cage à la main. Randall attira son attention poliment et lui demanda s'il pourrait avoir juste une séance de thérapie avec lui, ce à quoi Lecter répondit qu'il essaierait de lui trouver une place dans son agenda. Will était certain qu'il aurait sa séance plus vite que Franklyn et réprima un sourire, observant Abigail qui retournait dans sa cellule. Elle semblait détendue et de bonne humeur, et Will ne manqua pas le long regard qu'elle échangea avec Randall, puis il reporta son attention sur Hannibal. Ce dernier avait ouvert la cage et attendait patiemment que Peter fasse ses adieux à Kévin.
« Docteur...vous êtes sûr que l'enfant s'occupera bien de lui ? »
« Absolument certain. C'est une jeune personne très douce, qui a l'habitude des rongeurs. Je passerai leur rendre visite, à elle et à ses parents, et comme ça je pourrai vous donner des nouvelles de Kévin, mh ? »
« Oui, merci. Merci beaucoup. Au revoir Kévin...Sois sage et n'embarrasse pas le docteur Lecter. »
Hannibal s'éloigna, ne prolongeant pas le moment plus que nécessaire et sembla se diriger vers la salle d'attente, sans doute pour aller chercher Margot. Il était encore tôt, mais il arrangeait souvent ses horaires à sa guise. Il demandait un salaire très raisonnable pour un homme aussi qualifié, alors Chilton lui laissait une assez grande liberté d'actions. Ce n'était pas comme s'il avait vraiment besoin d'argent ou de ce travail qui était juste une source d'amusement et de distraction pour lui. La fortune d'Hannibal était conséquente, constituée au départ des biens hérités de ses parents et il n'avait fait que l'accroitre depuis avec des actions, l'achat et la revente de biens immobiliers, des locations et le fruit de son travail comme chirurgien puis comme psychiatre. Il avait d'ailleurs donné une somme très généreuse à Chilton la veille pour faire passer la pilule à propos de Margot car un patient qui s'en allait, c'était une perte de subsides accordés par l'état. Et une partie de ces subsides, détournés de leur fonction première, allaient droit dans les poches du directeur.
« Peter ? Viens par ici.»
Randall était appuyé sur les barreaux du côté de la cellule de Peter et ce dernier s'approcha sans méfiance, ne tresaillant même pas quand ce dernier l'entoura de ses bras et lui fit poser la tête sur son épaule. L'homme-animal lui murmura quelques paroles consolatrices et ils restèrent assez proches pendant le reste de l'après-midi et la soirée, même si Randall échangea encore quelques œillades amoureuses avec Abigail en regrettant qu'elle soit aussi loin de lui, et quelques nouvelles paroles séductrices avec Franklyn. La jeune fille semblait amusée par cet échange, tout comme Will et Peter, parce que pour le moment ce n'était qu'un jeu, mais au fond de lui, Will songeait qu'il tiendrait cet « amusement » à l'œil parce qu'il pourrait prendre une tournure bien moins drôle. Peut-être que Randall voulait juste jouer, c'était probablement le cas parce qu'après six jours à l'isolement il n'était sûrement pas prêt à commettre un autre carnage, mais d'ici quelques temps, ses instincts meurtriers risquaient fort de se manifester à nouveau.
La soirée était longue et, il fallait l'avouer, assez ennuyeuse. Ils décidèrent de se raconter des histoires pour faire passer le temps et Will qui avait tendance à s'isoler et à ne pas prêter attention aux sons en provenance des autres cellules (celles qui n'étaient pas occupées par les membres de son groupe) entendit quelques chuchotements et murmures étouffés. Les paravents installés fonctionnaient plutôt bien, mais le son circulait quand même via le couloir. Leur but premier était seulement de couper la vue, pourtant même sans eux le petit groupe de Will n'avait pas eu de vraies interactions avec les autres. C'était à peine si le jeune homme savait qui se trouvait après la cellule de Peter (c'était une vieille femme assez silencieuse) ou après celle de Thomas (un grand type qui semblait toujours de mauvaise humeur), mais maintenant qu'il y réfléchissait, ce n'était pas si curieux.
Aussi loin, s'il avait voulu discuter avec eux, il aurait dû élever la voix, ce qui aurait attiré l'attention des gardiens et il voulait autant que possible avoir la paix. Cela aurait pu gêner Peter et Thomas qui étaient aux extrémités mais Thomas n'était pas en condition pour se lier d'amitié avec qui que ce soit et Peter semblait craindre la vieille femme, donc ce nouvel arrangement était pour le mieux.
Alors que la soirée avançait, Will ne se sentait franchement pas à l'aise et Abigail non plus. Elle avait parlé avec Hannibal de Margot et de Mason et malgré les promesses du médecin, elle redoutait de voir arriver le chirurgien d'un instant à l'autre. Ils n'avaient pas vraiment la tête à raconter des histoires, mais c'était mieux que de ne faire que penser et se ronger les sangs et ils essayèrent de leur mieux de divertir les autres. Franklyn ressentit néanmoins l'atmosphère assez pesante qui régnait et il proposa tout naturellement :
« Hey, vous voudriez que je vous chante quelque chose ? Je chante vraiment bien vous savez. »
« Ca va attirer l'attention... C'est votre premier jour, restez tranquille. »
« Je me tairai s'ils disent quelque chose, personne ne m'a formellement demandé de ne pas chanter. »
« Oh, comme vous voudrez. » abandonna Will.
Il haussa les sourcils avec stupéfaction quand Franklyn commença parce que s'il faisait quelques fausses notes de temps à autre, et bien...il fallait avouer qu'il avait une voix agréable. Randall bailla néanmoins, peu sensible à la chanson romantique choisie et Franklyn changea radicalement de registre pour une chanson à boire qui fit sourire l'homme-animal, révélant toutes ses dents pointues. Franklyn les avait déjà vues puisque Randall lui avait parlé, mais là, elles étaient bien visibles et le petit homme les regarda avec fascination et frayeur, comme un lapin fixerait les phares d'une voiture. Néanmoins, il continua à chanter, provoquant les rires chez les autres détenus, ceux qu'ils ne voyaient plus à cause des paravents. Bientôt, alors que le contenu des chansons se faisait plus salace, le volume dans le couloir augmenta et les gardiens, immanquablement, arrivèrent pour remettre un peu d'ordre.
Franklyn eut la chance de ne pas tomber sur un gardien très strict comme Richard et il n'eut droit qu'à une remontrance. Après ça ils allèrent se coucher, en déplaçant les matelas au sol pour Will et Abigail qui dormirent l'un contre l'autre, ou plutôt somnolèrent car ils redoutaient l'arrivée de Mason. Les heures s'égrenèrent mais le boucher en blouse blanche ne vint pas, ruminant sans doute sa vengeance.
Le lendemain, il ne donna pas signe de vie non plus et Will remarqua qu'Alana Bloom, le docteur Lecter et Barney passèrent plusieurs fois par leur couloir alors qu'ils n'en avaient pas spécialement besoin. Alana s'arrêta pour leur donner des nouvelles de Margot qui allait très bien et se reposait dans sa nouvelle maison (Hannibal avait insisté pour qu'elle prenne au moins une semaine pour récupérer et se réhabituer à vivre à l'extérieur de l'Asile). Hannibal lui, s'arrêta pour annoncer à Randall qu'il pouvait l'intercaler entre deux patients, mais que la séance serait courte.
Pour que cela ne paraisse pas curieux après son agression sur Cordell, il ne le fit pas sortir de cellule lui-même et demanda aux infirmiers de le lier à son siège dans son bureau. Quand ils furent seuls, il s'excusa pour les désagréments d'une telle procédure.
« Oh je ne vous en veux pas le moins du monde, docteur Lecter. »
« Ça fait longtemps que nous n'avons pas eu l'occasion de discuter. Qu'est-ce qui vous a décidé ? »
« J'ai besoin de l'avis de quelqu'un comme vous. »
« Un meurtrier ? »
« Quelqu'un de lucide surtout. Will est trop sentimental...Et puis j'aimerais parler de lui. De ce qu'il m'a fait... »
« Il vous a changé d'une façon surprenante en si peu de temps, à moins que le changement ne soit feint. »
« Il ne l'est pas. Il m'a réellement...apprivoisé. J'ai toujours été très solitaire même si de nombreuses personnes ont tenté de se rapprocher de moi, sans savoir qui j'étais. Des collègues, des connaissances...Cela ne m'intéressait pas. Ils ne me connaissaient pas vraiment, ils ne connaissaient que Randall, ma...façade humaine. Will sait qui je suis, et il accepte ça. »
« Il voit ce que vous êtes, l'animal, mais pensez-vous réellement qu'il l'accepte pleinement ? Je ne le crois pas. Il l'accepte momentanément. C'est la situation qui l'a fait se rapprocher de vous, le besoin d'avoir des alliés, de ne pas être seul. L'affection qu'il a pour vous est réelle, mais elle n'est pas à toute épreuve. »
« Comment ça ? »
« Si Will vous avait connu en-dehors de cet endroit, il vous aurait arrêté et conduit ici. »
« Bien sûr, c'était son travail, et il n'aurait pas eu le temps de me connaître. »
« Et il aurait vu vos victimes. Il lui est plus facile de s'attacher à vous ici, loin de la vue de ces innocents déchiquetés par vos soins. N'évoquons même pas Cordell ou Gideon, leurs morts servaient ses intérêts. Mais soyez vous-même...choisissez vous-même votre proie, tuez...et vous le perdrez. »
« Bien, tuer c'est tuer. Une victime qu'il aurait choisie ou une autre, cela m'importe peu. »
« Vraiment ? Vous n'avez pas déjà la proie à l'esprit ? Vous serez capable d'attendre que Will vous en offre une autre ? Vous n'êtes pas venu juste pour me parler, Randall. »
« Non, c'est vrai...J'aurais pu attendre que Will me désigne une autre victime, s'ils ne m'avaient pas fait ça. »
« L'isolement. »
« Six jours...L'immobilisation, les bains glacés, le silence...Cela m'a épuisé, brisé, mais pas seulement. La seule chose à laquelle je pouvais penser, la seule chose qui me calmait...C'était la pensée des meurtres que j'avais commis. Le goût de la chair, les cris, la couleur du sang...Cela forme comme une sorte de chant, une mélodie qui se répète encore et encore dans votre esprit. Vous connaissez ça. »
Hannibal hocha la tête, invitant l'homme-animal à poursuivre.
« J'ai besoin de tuer à nouveau, docteur. Les meurtres de Cordell et Gideon, ils étaient comme une bouffée d'air mais insuffisants, trop rapides, trop...encadrés. J'ai besoin de courir après une proie, de sentir la terreur et de pouvoir...déchirer et mordre longuement. Après ça, je pourrai à nouveau être calme et patient. Je pourrai attendre une prochaine victime des mois entiers, s'il le faut. Mais si je n'en ai pas une maintenant, je vais devenir fou. Je sais ce qui va se passer...J'attaquerai le premier gardien venu, je retournerai à l'isolement et je perdrai complètement la raison. J'ai besoin de votre aide. »
« Vous avez déjà quelque-chose en tête. Demandez, Randall. »
« Mason a tué Georgia dans les sous-sol...Je me disais que vous en auriez peut-être la clé, vous aussi. Est-ce que Franklyn a de la famille ? »
« Oui, mais ce n'est pas un problème. A l'heure qu'il est, ils doivent déjà être en train d'essayer de s'accaparer ses bien, maintenant qu'il est considéré comme aliéné. Ils viendront à l'enterrement pour les apparences. »
« Ils demanderont peut-être à ouvrir le cercueil pour le voir. »
« La cause officielle de la mort sera une septicémie. Un empoisonnement du sang causé par une infection. Le cercueil restera fermé pour éviter les risques de contagion. »
« Parfait. Quand ? »
« Laissez-vous un peu de temps pour récupérer. Randall...Je ne vous apprend rien en vous disant que Will tient beaucoup à Abigail.»
« Je ne ferai aucun mal à Abigail. »
« Quelle est la nature de votre penchant pour elle ? »
« Un mélange d'attraction et d'affection. Elle est intelligente et elle a du cran. Que je me rapproche d'elle, cela vous déplait ? »
« Non. »
L'homme-animal fit un petit signe de tête à l'homme en face de lui, soulagé de ne le contrarier en aucune façon. L'entretien était terminé, et il attendit patiemment que les infirmiers viennent le détacher et le reconduire en cellule. Lorsque Will l'interrogea sur le contenu de sa discussion avec Lecter, il resta évasif et l'empathe n'insista pas. Il ne se passa rien de marquant du reste de la journée, de même que le jeudi, qui fut un jour calme et ennuyeux sauf pour Peter qui resta dehors dans le parc du matin jusqu'à tard dans l'après-midi. Il était ravi de pouvoir travailler à nouveau et il expliqua à son petit groupe (ainsi qu'à Franklyn) tout ce qu'il avait fait, ne s'interrompant que pour leur demander si le récit ne les ennuyait pas. Ce qui n'était pas le cas, au contraire, ça leur changeait agréablement les idées.
Le vendredi le nouveau personnel arriva, composé comme prévu d'un chirurgien, d'un urologue, d'un psychiatre et de nouveaux infirmiers et gardiens. Chilton leur fit faire le tour de l'établissement de sorte que le petit groupe pur les voir : le chirurgien était un homme grand, noir, l'air très soigné et répondait au nom de Tobias Budge. L'urologue était un homme petit et mince, l'air discret et la psychiatre, car il s'agissait d'une femme, était blonde et plutôt jolie. Chilton ne prononça pas leurs noms, pas plus que ceux des soignants et gardiens qui suivaient et il ne s'attarda pas beaucoup dans le couloir des détenus.
Il y revint néanmoins beaucoup plus tard, accompagné d'un gardien seul, déjà en tenue de travail et Will nota qu'il ne portait pas l'habituelle veste blanche par-dessus son t-shirt tout aussi blanc mais une veste bien plus longue qui lui arrivait aux chevilles. Il avait l'air de se sentir chez lui et Chilton semblait l'apprécier.
« Matthew, tu pourrais avoir n'importe quel poste ici... »
« Mais je veux celui-ci, mon oncle »
« Gardien en chef de la section des détenus, ce n'est pas une sinécure. Ce ne sont pas juste des aliénés comme... »
« Je sais. J'ai déjà travaillé en prison, avec des détenus dangereux. Et gardien en chef, ça n'existe pas normalement, mais j'apprécie.»
« Oh, je sais que tu as déjà fait ce travail ton père m'en avait parlé. Mais quand même... »
« Ne t'en fais pas, j'ai de quoi calmer ceux qui seraient difficiles. »
Il sortit de sa poche une longue matraque télescopique chromée, probablement en acier inoxydable.
« Les armes sont interdites. »
« Les armes à feu oui, mais pour celle-ci, tu pourrais revoir un peu le règlement ? »
« Oh après tout, je n'y vois pas d'objections. Bon...si tu as besoin de moi, tu sais où me trouver. Sois prudent, d'accord ? Et n'oublie pas d'aller signer ton contrat chez Freddie. »
« Bien sûr mon oncle. »
Chilton s'éloigna, laissant seul le jeune homme qui se présenta :
« Je suis Matthew Brown, mais juste Matthew suffira. Ne me faites pas chier et je ne vous ferai pas chier. Quand quelqu'un passe dans le couloir, qu'il s'agisse de moi ou de quelqu'un d'autre, vous reculez dans vos cellules et je ne veux pas voir vos mains sur les barreaux. Maintenant passons aux choses intéressantes...Qui est Will Graham ? »
« C'est moi. »
Will observa le jeune homme qui ne devait pas avoir plus de de la vingtaine comme Randall, et il sentit confusément qu'il était aussi dangereux que ce dernier. De plus, puisque Chilton ne l'appréciait pas beaucoup et qu'ils étaient de famille, il supposait que Matthew ne l'apprécierait pas non plus, mais il se trompait lourdement sur ce point. Alors qu'il approchait, les yeux clairs du gardien brillèrent de curiosité et de...plaisir ?
« L'Empaleur. Je suis enchanté, j'ai lu toutes les coupures de presse à votre sujet. »
« Moi aucune, la lecture est interdite ici.»
« Plus maintenant. Vous aurez tous les livres et les journaux que vous souhaiterez. »
« Je ne suis pas l'Empaleur. »
« Nous discuterons de cela seul à seul, un peu plus tard. J'ai de la paperasse à aller signer et à consulter. »
Le jeune homme s'en alla et cassa deux doigts à un détenu qui n'avait pas respecté sa règle et avait les mains posées sur les barreaux à son passage. Ses gémissements de douleur raisonnèrent un moment, jusqu'à ce qu'un soignant passant par-là décide de s'en occuper.
Will ne revit pas Matthew avant une heure plus que tardive car ce dernier avait été se reposer dans sa nouvelle maison au village après sa journée. Will avait perçu qu'il était de nature...audacieuse, mais il ne s'était quand même pas attendu à ce qu'il vienne le retrouver en pleine nuit.
« Que voulez-vous de moi, Matthew ? »
« Une discussion d'égal à égal. Je suis comme vous, monsieur Graham. »
Il introduisit la clé dans la serrure et ouvrit la porte, reculant prudemment, sa matraque argentée à la main. Will secoua doucement l'épaule d'Abigail et lui chuchota qu'il partait discuter avec le gardien, préférant largement la réveiller maintenant que de prendre le risque qu'elle se réveille un peu plus tard et panique en découvrant la cellule vide.
Elle lui chuchota d'être prudent et le suivit des yeux lorsqu'il sortit de la cellule, de même que Matthew dont la main libre vint se placer un instant devant sa bouche. Will avança dans le couloir mais pas dans sa direction pour ne pas l'inquiéter, et il resta à une distance respectueuse de lui quand il marcha à ses côtés.
« Vous êtes vraiment de famille avec Chilton ? Vous avez du cran... »
« Il est le demi-frère de mon père, même mère, père différent. Mais oui, nous sommes extrêmement différents. Et pas seulement physiquement. »
« Où allons-nous ? »
« Il y a une petite pharmacie, là-bas. Si quelqu'un passe, je dirai que vous vous êtes cogné le pied et que cela a rouvert vos blessures. »
« Vous êtes déjà au courant de tout... »
« En grande partie. »
« Etes-vous un meurtrier ? »
« Disons, un apprenti comparativement à vous. Votre œuvre est impressionnante. Œuvre, c'est vraiment le mot qui vient à l'esprit vous savez, il y a une telle...violence et un tel raffinement dans vos mises en scène. Moi je n'ai rien fait de tout ça. »
« Moi non plus. »
« Oh allez, on est entre nous. Je comprends que vous vouliez continuer à nier les faits devant les autres mais avec moi, ce n'est pas nécessaire »
« Vous ne m'en avez pas dit beaucoup sur vous non plus. Racontez-moi ce que vous avez fait, même si ce n'était pas grand-chose selon vous. »
« Dans l'établissement où je travaillais avant, il y avait un détenu qui perdait complètement la tête...du genre qui aurait dû se trouver ici. J'ai dû m'en occuper et me rapprocher de lui et il m'a fait ceci... »
Matthew caressa la fine cicatrice qui barrait verticalement son menton, à peine visible quand on avait pas les yeux dessus.
« Je vois. Continuez. »
« Il a eu un accident, une chute dans les escaliers. Sa tête formait un angle si improbable avec son corps...Et une de ses dents avait jailli hors de sa bouche. Ça m'avait demandé si peu de temps et d'effort que je me suis dit que c'était bien plus facile que ce que tout le monde en disait. Et après ça, j'ai eu envie de recommencer. J'ai observé un vieux couple de voisins mais...ils étaient trop proches, et puis tuer des vieux ça aurait été, hum... »
« Lâche. Et trop facile. Vous aviez besoin d'un challenge supplémentaire. »
« Oui. Alors j'ai choisi un fermier qui vivait seul. Le coin était vraiment tranquille, isolé...J'ai utilisé du chloroforme parce qu'il était vraiment costaud et puis j'ai utilisé ses propres outils pour...faire comme vous. Mais je ne m'y connais pas en anatomie, ce n'était pas si simple. J'ai dû forcer pour faire entrer certains outils et il a perdu beaucoup de sang avant d'être pleinement réveillé. Il n'avait plus la force de beaucoup crier. C'était maladroit... »
« Mais est-ce que c'était agréable ? Et votre cœur, est-ce qu'il battait plus vite ? »
« Oui et non. Simplement, j'étais capable de le faire. Je me disais que ça allait être...stressant, mais ça ne l'était pas. Je ne pense pas que mon cœur battait rapidement. »
« Bien. Qu'avez-vous fait du corps ? »
« Je l'ai laissé là. On devrait le retrouver d'ici quelques jours...Je me suis montré très prudent, il n'y a rien qui puisse me relier au meurtre. J'avais des gants, j'avais couvert mes cheveux, j'ai porté des chaussures qui n'étaient pas les miennes. Je n'ai rien fait de trop différent de ce que vous faites habituellement, sauf une chose. J'ai pris une dent. Je les garde, une par victime. »
« Un trophée, mmh. Classique. Je vous remercie d'avoir pensé à me disculper. »
« Je vous en prie. Les trophées, vous, vous n'en preniez pas ? Il n'y a rien à ce propos dans la presse. »
« D'une certaine manière, si, j'en prenais. Mais on ne risque pas de les retrouver. Je les mangeais ensuite. »
Le jeune homme en face de lui ouvrit la bouche mais seulement sous le coup de la surprise. Il n'était pas choqué le moins du monde et un large sourire étira ses lèvres fines un instant plus tard.
« Je vous cuisinerai quelque-chose, bientôt. »
« Vous allez tuer à nouveau ? Alors que la dernière fois était décevante ? »
« J'ai tout de même l'envie de recommencer. »
« Vous savez Matthew, ce n'était pas bien parce que ce n'était que de la copie. Vous avez besoin de trouver votre propre voie...Il ne faut pas précipiter les choses, vous avez besoin de réfléchir. Avez-vous besoin de haïr votre victime ou non ? Son apparence vous importe-elle ? Son sexe, son âge, son ethnie, sa profession ? Quelles sensations recherchez-vous ? Ne répondez pas maintenant, prenez votre temps pour penser à tout ça. Et venez me voir avant de faire quoi que ce soit. En attendant, j'aimerais vous demander une faveur. Me l'accorderiez-vous ? »
« Bien sûr. »
« Pourquoi ? »
« Parce que vous et moi, nous sommes des faucons parmi les petits oiseaux, monsieur Graham. Avez-vous déjà vu un faucon assailli par plusieurs d'entre eux ? S'ils sont assez nombreux, ils peuvent s'en débarrasser. »
« Les faucons sont solitaires. »
« Et c'est là leur faiblesse. Imaginez si les faucons commençaient à travailler ensemble... »
« Pauvres, pauvres petits oiseaux... »
Matthew rit, ses yeux verts clairs étincelants sous la lumière artificielle de l'ampoule unique qui éclairait la petite infirmerie, puis il redevint sérieux.
« Demandez, monsieur Graham. »
« Je veux que vous tuiez Mason Verger. »
« Le chirurgien, hein ? Après ce qu'il vous a fait, vous ne préfèreriez pas le tuer vous-même ? »
« Et bien si j'en avais l'occasion, oui. Mais me donner l'occasion serait peut-être plus difficile que de le tuer, vous. Faites ce qui est possible. Et si c'est faisable...tuez-le lentement. Oh, une dernière chose...Si le docteur Lecter devait s'interposer, renoncez. Ne vous opposez surtout pas à lui. »
« Tout ce que vous voudrez, Will. »
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Réponses aux reviews :
Vevarda : Owi, merci beaucoup ^_^ (l'en faut peu pour être heureux XD). Mason rumine et attend le bon moment pour agir, mais il est quand même de plus en plus dans la merde. Merci pour le lemon, et je crains fort que Will reste encore un moment à l'ombre.
Artemis : Voui, elles vont avoir un peu la paix toutes les deux. J'avoue que j'avais pensé à faire la scène mais il y avait déjà beaucoup de contenu dans ce chapitre donc bon, m'voilà, j'ai préféré me concentrer sur autre chose. Ehéhéhé.
Vianaha : Oui, pas mal d'agitations et de choses qui se préparent ! Moi je l'aime bien Alana (depuis que je sais qu'elle ne reste pas en couple avec Hannibal, en saison 2 j'ai quand même tiré la gueule, j'avoue.) Je ne sais pas si Hannibal se fiche de ce qu'elle dit mais bon, il fait souvent ce qui l'arrange peu importe le personnage en face de lui (le seul moment où il s'en fiche vraiment je trouve c'est quand il ramène Abigail chez lui contre son avis. Elle ne se laisse pas faire quand même, j'aime bien quand elle lui dit que c'est vulgaire et de ne plus refaire ça ^^.)
La relation Will-Alana est plutôt mignonne et je me dis qu'elle aurait pu marcher. Clairement, Alana est la personne qui s'inquiète le plus pour lui quand il ne va pas bien (enfin, Hanni aussi mais à sa façon, ahum) et s'ils avaient été en couple, je crois que cette histoire d'encéphalite n'aurait pas été aussi loin. Mais bon, c'est amusant qu'elle se soit méfiée du moins pire des deux.
Pour son aveuglement, il y a quand même un gros truc à prendre en compte, c'est que contrairement à Jack, Katz ou Chilton, elle a une relation avec Hannibal. Forcément, elle n'a pas envie d'admettre ce qu'il est, surtout qu'il représente quelque-chose de rassurant pour elle (elle le connaît depuis plus longtemps que Will, il est posé là ou Will est instable, ils font le même boulot, ils ont déjà des points communs...) donc bon, moi je trouve ça « normal » qu'elle se fasse entuber^^. Comme le dit Hannibal lui-même, il a tout fait pour. Je partage ton analyse pour la saison 3.
C'est bien résumé pour 'mon' Alana. Je la vois un peu comme l'Alana de la saison2 ayant fait le choix de ne pas tirer sur Hannibal (mais elle apprend aussi beaucoup plus vite qui il est vraiment, il la dupe moins longtemps et à côté de ça, il a toujours été une aide pour elle. C'était peut-être aussi son premier amour (ou pas, je me suis pas posée la question x)) et c'est sûrement elle qui a voulu mettre fin à la relation. Bref, elle a beaucoup moins de raisons de lui en vouloir que dans la série.
Pour le Hannigram, yess, ça progresse. Pour apprendre à contrôler son plaisir, sûrement des exercices de relaxation (je rigole ! Quoi que...)
Adonis Pendragon en Guest x) : C'est pas grave pour le retard, c'est gentil d'avoir laissé une review quand même:) !
YuuKyun : Ah, c'est intéressant, d'habitude les gens l'aiment plutôt bien x). Je suis curieuse, tu la détestes de façon générale (dans la série aussi) ? Elle est proche d'eux c'est vrai, mais elle n'a jamais été une menace pour leur rapprochement jusqu'à présent. Peut-être qu'il lui arrivera quelque-chose plus tard...(ou pas), je ne suis pas encore décidée sur son sort. Merci pour ta review !
