Dans ce chapitre, petit clin d'œil à la série « Inspecteur Barnaby » que j'adore.
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Rating pour ce chapitre : M
Chapitre 20 : Dans une grange – Masturbation dans les règles de l'art
Ou comment trouver un peu d'originalité dans une pratique quotidienne.
(John & Sherlock)
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Sherlock et moi étions dans le paisible village de Causton, depuis deux jours, pour un peu de vacances – avec beaucoup d'insistances de ma part ; je voulais que Sherlock fasse une pause sur ses enquêtes qu'il enchaînait depuis plusieurs semaines à un rythme effréné –, et profiter d'un cadre vivifiant loin de la pollution et de l'effervescence de Londres.
Parce que c'est connu : il ne se passe jamais rien à la campagne, n'est-ce pas ?
Alors que nous étions tranquillement assis à notre table au salon de notre hôtel, comprenant quelques couples et habitués, en train de prendre notre petit-déjeuner, le gérant – un homme très bavard qui connaît le village et ses alentours comme sa poche – vient nous parler du meurtre qui a eu lieu la nuit dernière.
OK, pour la tranquillité, c'est raté !
J'ignore si c'est pour faire de la publicité à leur petit village pittoresque pour attirer les touristes par le bouche à oreille, mais je le fusille du regard le plus noir dont je suis capable. Il ne se rendait pas compte des conséquences que ses déblatérations allaient engendrées.
Celui-ci semble comprendre qu'il était temps pour lui de prendre congé, mais le mal était fait : l'éclat dans les yeux de Sherlock annonçait clairement que la perspective d'un meurtre à résoudre avait réveillé le détective en lui.
C'est dans un profond soupir de résignation que je suis Sherlock au commissariat pour rencontrer ceux qui étaient chargés de l'enquête.
L'inspecteur-chef Tom Barnaby, un homme d'une soixantaine d'années, a très mal vu l'arrivée du célèbre détective londonien dans ses pattes – et dans le village, tout court. Pourtant, il connaissait ses compétences et a souhaité le voir à l'œuvre pour constater si tous les éloges de la police de Scotland Yard à son encontre, étaient justifiés. Le fait est que oui, c'était hautement mérité, tout comme sa réputation d'être un véritable « emmerdeur. »
Quant à moi, j'appréciais le jeune Sergent Gavin Troy, beaucoup plus ouvert et qui vouait pour Sherlock une véritable adoration. Rien que son prénom me faisait penser au lapsus de Sherlock à propos de Lestrade. Pourtant, avec étonnement, Sherlock l'appelle Greg Troy. Le fait-il exprès ou a-t-il un problème avec ces prénoms pour ne pas les attribuer à la bonne personne ? Mystère.
Il s'agissait d'une affaire de meurtre particulièrement sordide : un couple très heureux en ménage d'une quarantaine d'années vivait paisiblement dans leur domaine familial. Le mari a été décapité pendant la nuit, alors qu'il faisait le tour de sa propriété. Sa femme a expliqué que les chevaux étaient anormalement bruyants, et son mari s'était rendu à l'écurie pour voir ce qui se passait. Ne le voyant pas revenir, sa femme est allée voir ce qu'il faisait, quand elle découvrit le corps décédé de son mari.
Pendant l'enquête, j'ai eu l'occasion de discuter avec l'épouse après l'interrogatoire des policiers – en général, les gens se confient plus facilement à des étrangers qu'à des policiers. C'était une femme adorable et vraiment très belle. J'avoue que je n'ai pas pu résister à lui offrir une épaule sur laquelle pleurer. Les soupçons se sont portés sur l'ami du mari dont l'alibi et la présence à proximité des lieux étaient suspectes. Il fut emmené en détention.
Sherlock a affirmé que l'ami n'avait rien à voir dans cette histoire. Même s'il a avoué être amoureux de la femme de son ami, il n'aurait jamais commis un meurtre de sang-froid sachant que tous les soupçons allaient forcément converger sur lui.
Nous avons décidé de surveiller la maison de la veuve aux côtés de Barnaby et Troy afin de vérifier une hypothèse de Sherlock, à savoir que la véritable victime n'était autre que la veuve.
Quand la femme se mit à hurler au beau milieu de la nuit, nous avons tous convergé vers la maison, bloquant toutes les issues. Malheureusement, il n'y avait plus trace de la pauvre victime.
Toute la journée du lendemain, Sherlock et l'inspecteur Barnaby comparèrent leurs arguments et observations, ainsi que les preuves trouvées sur les lieux, pour finir par comprendre qui étaient les ravisseurs : deux hommes qui travaillaient dans la même entreprise qu'elle. Elle n'avait jamais pris au sérieux les blagues qu'ils lui faisaient et les sous-entendus qui en découlaient. Bien qu'elle en a parlé aux policiers qui sont venus l'interroger, c'était un point qui n'avait pas été suffisamment pris en compte, ayant trouvé le coupable idéal.
Nous arrivons juste à temps sur les lieux, avant qu'elle ne se fasse violer par les deux hommes. Ils furent arrêtés, et la femme, bien que traumatisée, libérée.
Nous restons un moment dans la maison appartenant à l'un des tortionnaires pour enquêter et surtout comprendre les motivations des deux hommes.
C'est dans une des chambres que nous trouvons leur véritable objectif : la pièce contenait tout un arsenal d'instrument destiné à une pratique sexuelle des plus dépravées qui devait être filmée. De nombreux enregistrements d'autres victimes étaient rangés dans la vidéothèque. Les deux hommes devaient les visionner pendant leur temps libre.
Depuis presque un an que je me soumets aux expériences de Sherlock, ma libido s'est exacerbée et mon corps réagit plus facilement à des stimuli sensoriels… Les mises en scène de criminel dans le même acabit ne me laissaient plus indifférent. Et dans ce cas précis, plus que d'habitude.
Je me sens particulièrement à l'étroit dans mon pantalon. Mon manteau cachait heureusement la bosse qui déformait le tissu… Une situation que Sherlock remarque tout de suite.
Face à mon inconfort de rester dans la pièce et en voyant le sourire en coin de mon associé qui ne me disait rien qui vaille, je sors hors de la maison sous l'œil amusé de l'inspecteur Barnaby.
— Un coup de chaud, Docteur Watson ? me dit-il avec un sourire.
— Je dois couver quelque chose, j'ai un peu de fièvre depuis ce matin, mens-je.
Cet inspecteur était un peu trop perspicace à mon goût. Je m'éloigne pour reprendre contenance dans ce froid hivernal.
Accoudé à une barrière, j'observe le paysage gris et blanc des environs. L'hiver était vraiment très froid cette année. Heureusement, personne ne vient me déranger et c'est tant mieux. Je ne suis pas policier et mes compétences ne sont pas requises dans cette affaire.
Après une dizaine de minutes, j'entends des pas qui craquaient sur le sol gelé, venir vers moi.
Sherlock s'adosse à la barrière tout en gardant son regard fixé sur la maison, et la police qui œuvrait autour. Son travail était terminé.
— Tu as déjà vu pire, John. En quoi cette chambre t'incommode-t-elle ?
— C'est ce qu'il y a dedans. C'est trop ! Comment peut-on s'adonner à une telle perversité ?
— Les hommes sont faibles, incapable de maîtriser leurs pulsions. C'est pour ça que je considère mon intelligence au-dessus de tout. Je contrôle mon corps et pas l'inverse.
— Crois-moi qu'en cet instant, je ne contrôle rien du tout !
— Oh ! Encore ? Tu as besoin de régler ce… petit problème, maintenant ?
— Je pourrais plonger dans la rivière en bas de…
Sherlock me prend par le bras et me tire en direction de notre voiture de location.
— Je plaisante, Sherlock ! Une douche froide me suffira largement !
Sherlock reprend le volant et nous ramène au village. Enfin, c'est ce que je croyais au départ, car quand je le vois bifurquer sur une autre route juste avant d'arriver, je me demande où il compte nous emmener.
— Où est-ce qu'on va ? L'hôtel est au village.
— On y retournera plus tard. En nous baladant avant-hier, j'ai vu qu'il y avait une vieille grange isolée près de la forêt. J'ai pensé que ça changerait de d'habitude.
— Tu veux faire quoi au juste ? m'inquiètè-je.
— À la campagne, les gens batifolent dans la paille.
— Ah, non ! Je ne crois pas ! Les paysans peut-être autrefois, mais de nos jours, ça ne se fait plus. Et puis, c'est pas très hygiénique, et puis… Quoi ? Batifoler ? Toi et moi ? m'affolè-je, rouge de gène.
— Non, juste régler ton petit accident de parcours avec une petite expérience, si tu veux bien. Autant joindre l'utile à l'agréable ! Tu te laisses trop contrôler par tes émotions. Il va vraiment falloir qu'on travaille là-dessus.
J'acquiesce. Il a raison, mon corps réagit trop excessivement. Je n'ai pas souvenir qu'avec ma femme, nous ayons eu une sexualité si forte. Enfin, je ne m'en plains pas vraiment, tant que c'est Sherlock qui s'occupe de moi, sa main qui me prend avec fougue et ses doigts qui s'enfoncent en moi avec délectation… Et rien que d'avoir eu cette image en tête, mon bas-ventre me rappelle son bon plaisir.
« Foutu cerveau ! Arrête d'imaginer des trucs cochons ! » me fustigé-je mentalement en roulant des yeux.
Sherlock se gare devant la grange. Personne ne venait ici en hiver étant donné qu'il n'y avait aucune moisson à faire. D'ailleurs, à l'intérieur, on ne trouvait que du matériel agricole, et à l'étage de la paille mise en tas recouvrait tout le plancher.
J'emboîte le pas à Sherlock qui monte sur une échelle en bois. Arrivé en haut, je le vois en train de nous concocter un nid douillet. Finalement, c'est un peu plus romantique que de visiter un cimetière. La dernière expérience m'a suffisamment donné un goût amer pour apprécier davantage d'autres lieux insolites comme celui-ci.
— Mets-toi à l'aise et installe-toi là.
Je déboucle ma ceinture, défais le bouton, descends la braguette et baisse le pantalon aux chevilles. Je le fais tellement naturellement que je ne suis même plus gêner de me montrer dénudé.
Je m'installe sur la paille. Ça pique un peu, mais Sherlock l'a suffisamment aplati pour que ce ne soit pas trop désagréable. Je baisse mon boxer en soulevant les hanches et souffle de soulagement en libérant mon sexe tendu.
Sherlock sort de sa poche un sachet fermé contenant un objet oblong assez petit. Il l'ouvre avec ses dents et je découvre l'objet en question en me le mettant en main. Il n'est pas très lourd et sa surface est lisse et douce.
— C'est pour quoi faire ?
— C'est un stimulateur de prostate. Je l'ai trouvé dans un des tiroirs d'une armoire de la maison. Il est neuf donc sans risque.
— Tu l'as volé ! me fâché-je. Combien de fois t'ai-je dit d'arrêter cette pratique ? Un jour, tu vas te faire choper !
— Je l'ai pris avant que la police ne le recense. Ils ne s'apercevront même pas qu'il manque à l'appel. Bon, on s'y met ? Je te laisse te l'insérer.
— Trop aimable !
J'hésite un peu. Je n'ai jamais utilisé d'objets pour me soulager. Ça sera une première. En même temps, je pense que, connaissant Sherlock, c'est le début d'une longue série.
Je le mets dans ma bouche pour l'enduire de salive avant de l'insérer à l'intérieur de moi. Je me rends compte qu'il s'insère sans possibilités de l'enlever à la main. Comparés à d'autres de mêmes utilités, qui sont plus gros et munis d'un support pour les retirer. Dans ce cas, précis, il n'y avait rien pour l'attraper. De toute façon, j'y réfléchirais plus tard, car je ressens immédiatement une montée du plaisir qui me fait oublier ce petit problème technique.
C'est vraiment bizarre comme sensation, mais pas désagréable. Je m'allonge un peu mieux sur la paille et j'essaie de me détendre.
J'ignorais qu'un jour, je m'en servirais, mais je suis curieux d'en découvrir les effets sur moi. En tout cas, je sais quoi faire pour obtenir leur plein potentiel.
Je respire profondément et mes premières contractions volontaires me donnent de petites vagues de plaisirs au début et au relâché.
— John, décris-moi tout le processus : ce que tu fais, ce que tu ressens, où cela se situe… Soit le plus précis possible.
— Tu n'as qu'à les essayer toi-même ! Tu serais mieux placé pour juger de leurs effets, m'offusqué-je en rougissant.
— Je n'ai franchement aucune envie d'avoir cette chose incontrôlable dans mon corps. Et puis, je préfère avoir ta version plus imagée.
Je lève les yeux au ciel en soupirant. Ce qu'il peut être pénible des fois. Souvent. Tout le temps !
— Très bien, puisque tu insistes. Je te fais le topo médical et rien d'autre, je te laisse déduire le reste, précisé-je. Devant son assentiment, je commence : Je ressens des pulsations sur la prostate qui lance une boule d'excitation dans mon pénis. Ça entraîne des contractions involontaires fessiers/abdos qui me font ressentir un plaisir augmenté (comme lors d'un orgasme éjaculatoire, mais en plus court). Les muscles du corps sont tendus… Une douce chaleur dans le bas-ventre… et…
Je n'arrive plus à parler. Et pendant ce plaisir si intense qui dure quelques secondes… je ne vois plus rien… N'entends plus rien… sauf mes cris que je ne peux retenir !
Après cette vague de jouissance qui m'a fait gémir comme un fou, la tension diminue un peu.
Mon stimulateur se remet à faire des rodéos. Je le sens bouger à l'intérieur, mais jamais il ne franchit le sphincter. Parfois, il se fixe sur un point érogène avant de changer de position. La prostate est sollicitée systématiquement.
Ça monte, mon corps convulse avec un plaisir orgasmique (en effet légèrement en deçà d'un orgasme éjaculatoire, mais bien plus long). La bouche ouverte, je respire profondément pour reprendre le contrôle.
— Je… je ressens… Mmm… comme un gonflement de la prostate, et… Mmm.. P'tain ! C'est bon !
Sherlock voit très bien que je suis en phase d'orgasme, car je ne contrôle plus mon corps qui se trémousse. Et il me devient difficile de tenir mon monologue.
J'ai les jambes qui tremblent et je ne sais pas quoi en faire. Je gémis et je serre la paille dans mes poings. Je laisse l'orgasme exploser sans pouvoir contrôler ni mes spasmes, ni mon rythme cardiaque, ni mon plaisir. Cela entraîne aussi chez moi de fortes contractions du périnée que j'essaye de baisser, car j'ai remarqué que cela augmentait la durée de mon orgasme.
En quelques minutes mon nouvel ami commence à prendre le contrôle sans que je fasse quoi que ce soit. Les vagues de plaisir s'accumulent les unes après les autres. Je ne fais que me concentrer sur ce que je ressens, cherchant à approfondir mon état de détente, parallèlement à l'augmentation de l'intensité du plaisir qui m'envahit.
Je prends conscience des contractions anales qui enfoncent le stimulateur de plus en plus fort en moi. Mes vagues de plaisir, habituellement calmes et douces, me font onduler sur la paille comme un serpent. Ma respiration m'échappe complètement.
Brusquement, je jouis. Je sens mon pénis submergé par des spasmes violents, qui se succèdent sans fin. Je suis incapable de dire si cet épisode a duré trente secondes ou cinq minutes.
Maintenant, mon organe est à moitié flasque et complètement sec. Pendant que je me remets d'une émotion nouvelle et incroyablement profonde, le stimulateur poursuit son travail et me fait à nouveau plonger dans la béatitude.
Chaque séquence commence par une vague de plaisir, qui prend de plus en plus d'intensité et déclenche d'extraordinaires pulsations périnéales qui envahissent le pénis.
Sous une forte pulsion, je me retourne. Allongé sur le ventre, de bonnes respirations abdominales et un abandon de soi, je fais de légères contractions anales assez longues. La sensation de glissement du stimulateur se fait sentir, leur appui sur la prostate… Puis les contractions arrivent et je n'ai plus qu'à essayer de relâcher mon sphincter pour profiter du plaisir qui monte.
C'est incroyable ! C'est comme si le stimulateur me faisait l'amour tout seul. Je sens son appui saccadé dans les zones érogènes. J'ai la sensation aussi qu'il gonfle à l'intérieur de moi pour me remplir, même si c'est juste une impression. Mes fesses tremblent, se lèvent, se rabaissent… Mon pénis frotte sur la paille, et mon gland en rajoute à mon plaisir avec des sensations de sortie de sperme.
Je m'arrête pour reprendre mon souffle, je respire… Et ça repart plus fort encore. Une bonne heure comme ça, qui m'a donné l'impression d'en vivre deux… Avec sept, peut-être huit vagues, donc, j'en déduis que mes vagues durent cinq bonnes minutes…
Alors que j'étais concentré dans mon plaisir, une voix vient me glacer les sangs.
— Il y a quelqu'un ?
Mon cœur se met à battre la chamade, tout mon corps se tend. Sherlock me fait signe de rester allongé, hors de vue. Il se lève pour que le visiteur importun le voie.
— Inspecteur Barnaby ? Sergent Troy ? Que faites-vous ici ?
— C'est plutôt à nous de vous le demander. Quand nous avons vu votre voiture devant la grange, nous nous sommes demandés si vous n'étiez pas sur une nouvelle enquête.
— Vu que l'affaire du couple était résolue, John et moi avons repris le cours de nos vacances.
— Docteur Watson ?
— Euh… Oui, Oui, je suis là !
— Je vous demanderais de partir. Vous êtes sur une propriété privée et il est formellement interdit d'y entrer sans l'autorisation du propriétaire.
— Je comprends et nous partons.
Pendant qu'ils discutaient, je m'habillais à la hâte, tout en restant allongé pour qu'ils ne puissent pas me voir d'en bas – un exercice pas très facile.
Sherlock s'avance vers l'échelle et se retourne pour descendre les marches, en me jetant un coup d'œil pour constater que j'étais prêt à le suivre.
Alors que Sherlock atteignait le sol, j'enjambe la première marche. Je me rends compte de l'énorme gaffe que j'ai faite : j'ai laissé le stimulateur en moi.
Comme j'ai été angoissé par l'arrivée impromptue des deux policiers, de peur d'être découvert dans une position délicate, tout mon corps s'était contracté, arrêtant complètement l'appareil de fonctionner (c'est l'avantage pour pouvoir les garder toute la nuit en soi, pendant que le corps est en repos).
En me remettant en mouvements, il s'est, par conséquent, remis en fonction. Et tandis que je descendais les marches, le stimulateur faisait les yo-yos à l'intérieur de moi.
Je dois garder un visage impassible et éviter tous gémissements qui me trahiraient.
Une fois sur le plancher des vaches, Sherlock semble comprendre mon malaise par je ne sais quelle déduction, et il décide de prendre congé plutôt que de taper la causette aux policiers.
— Bien ! Nous rentrons au village et…, commence-t-il.
— Que faisiez-vous, là-haut ? demande Troy.
La question nous arrête tous les deux.
— Nous sommes des gens de la ville et j'ai entendu dire que s'allonger dans la paille était confortable. Nous avons décidé de vérifier l'exactitude des on-dit, répond Sherlock.
— Très bien ! Je vous souhaite de terminer tranquillement vos vacances. Et ne faites pas de bêtises ! nous lance l'inspecteur.
Nous les saluons et retournons à notre voiture. Alors que j'attache ma ceinture, Sherlock me dit :
— Je crois que cet inspecteur a des soupçons sur les raisons de notre présence ici. De toute manière, nous ne reviendrons plus ici, ça n'a aucune espèce d'importance.
— Je ne pense pas non plus !… Hum… Je n'ai pas envie d'avoir des remarques sur le couple que nous ne sommes pas… Oh ! Bon sang ! Roule Sherlock ! Faut qu'on rentre pour que j'enlève ce machin infernal !
— Tu aurais pu l'enlever avant !
— Tu m'excuses, mais sur le moment, j'ai surtout préféré ne pas rester à poils.
Pendant le trajet du retour, je me suis demandé si Sherlock ne faisait pas exprès de rouler dans toutes les ornières qu'ils trouvaient, car tous les chocs, qui se répercutaient dans la voiture, se répercutaient aussi en moi. C'est vraiment délectable, mais mon envie a été comblée depuis un moment et j'aimerais que ça s'arrête.
La nuit était presque tombée lorsque nous arrivons au village.
En entrant dans le Pub, nous sommes accostés par de nombreux villageois qui nous attendaient pour connaître tous les détails de l'affaire de meurtre. Étant tous au courant des qualités de détective de Sherlock, celui-ci ne put se débiner et entame tout un monologue sur les détails de ses déductions.
Quant à moi, coincé entre Sherlock et tous ces gens, je ne pouvais que prendre mon mal en patience et attendre le moment de m'esquiver, qui, malheureusement, n'arriva qu'une heure plus tard, car bien sûr, nous avons été priés de fêter ça avec une tournée générale offerte par le gérant.
Dans mon malheur, j'ai réussi à rester assis sur une chaise et éviter tout mouvement qui remettrait l'appareil en fonction. Les seules pulsations que je ressentais étaient légères et agréables, sans plus.
J'ignore si c'était dû à la pression que j'ai exercée pour les bloquer ou si la pause l'avait réinitialisé, mais au moment de me lever, il s'est remis en marche en cadence accélérée et j'ai bien cru défaillir tant la première vague de jouissance m'envahit avec force en quelques secondes.
Je me mords la lèvre inférieure pour éviter de gémir devant tous ces gens.
— Vous allez bien, Docteur ? me demande un des villageois. On dirait que vous avez de la fièvre.
Je n'ai pas le temps de répondre que Sherlock me devance :
— Le Docteur Watson est quelque peu souffrant. D'ailleurs, il est tard et il est temps de prendre congé.
Sachant que j'allais enfin pouvoir retirer l'objet, je le laisse librement m'envahir pendant la montée des escaliers jusqu'à ce que j'atteigne ma chambre.
Une fois seul à l'intérieur, je descends vite fait mon pantalon et mon boxer. Je mets une main sous moi pour récupérer l'appareil, mais il reste obstinément dans mon corps.
J'introduis deux doigts en moi pour tenter de l'en faire sortir, mais je n'arrive qu'à le pousser plus profondément, tant il est glissant. Je soupire d'exaspération. Je me doutais bien que ce serait trop simple.
Marchant comme un canard, avec mon pantalon aux chevilles, je donne trois coups rapides contre la cloison qui me sépare de la chambre de mon ami. Nous avions loué chacun une chambre séparée, mais l'un à côté de l'autre pour plus de praticité.
Quelques instants après, il débarque dans ma chambre. Je suis assis sur mon lit, jambes et pieds nus, mes mains sur mon entrejambe. Je suis vraiment mal à l'aise de demander ça à Sherlock. Heureusement, je n'ai pas besoin de dire quoi que ce soit.
— Allonge-toi et respire à fond ! (ce que je fais sans hésiter) Maintenant, tu vas pousser comme si tu mettais un bébé au monde.
— Tu plaisantes, j'espère ?
— Non. C'était écrit sur la notice. Une fois à l'intérieur, le stimulateur ne ressort pas tout seul, car il est possible de le garder tout le temps en soi. Bon, à éviter quand tu dois aller aux toilettes parce que tu l'expulserais.
— Mais c'est insupportable ! Dès que je fais un mouvement, ça bouge !
— Il existe une méthode pour les rendre moins actifs, mais comme je ne comptais pas te les laisser, je ne t'ai rien dit.
— Oh ! OK ! Mais franchement, là, j'en peux plus et je veux vraiment l'enlever !
— En es-tu sûr, John ? dit-il en pointant mon sexe dressé.
— C'est pas vrai ! Ça ne s'arrêtera donc jamais !
— Avec cet objet, tu peux prendre du plaisir toute la journée, sinon plus.
— Oui et ben non ! Stop ! J'aimerais pouvoir retrouver le contrôle de mon corps !
— Alors pousse !
Je pousse, comme je l'ai dit à quelques femmes enceintes dont j'ai eu l'occasion de m'occuper lorsque j'étais médecin militaire sur le sol afghan. Le stimulateur sort sans problème. Il n'émet plus aucune vibration ni mouvement, comme si sortir à l'air libre l'avait réduit au silence.
Je souffle enfin, pourtant je ne pouvais ignorer la pression qui continuait de pulser en moi. Je prends mon pénis d'une main et je pulse frénétiquement pour assouvir le désir qui m'emplit complètement. Sous mes gémissements, Sherlock m'observe sans rien dire.
Normalement, j'aurais dû dire à Sherlock de sortir, mais je n'en avais pas envie. Je voulais au contraire qu'il me regarde.
J'évite de trop faire de bruit à cause de la finesse des murs, je ne voulais pas que mes voisins se rendent compte de ce qui se passait ici.
Une fois repu, la fatigue me prend tout à coup, comme un coup de masse.
Sherlock me passe mon pantalon de pyjama que j'enfile gauchement. Je retire mon pull et mon chemisier, mais garde mon tee-shirt. Je m'allonge et ferme les yeux, tout en appréciant l'oreiller sous ma tête.
Il me couvre avec la couverture et éteint la lampe de chevet. Je sens à peine sa main me caresser les cheveux et son souffle près de mon visage – peut-être juste mon imagination en fait – au moment où je plonge dans un sommeil profond.
