Chapitre 21
Après déjà quatre mois, la discrète Olivia avait relativement trouvé ses marques. Madame Bailey la laissait désormais tranquille vu la qualité de son travail mais elle n'épargnait pas les plus faibles.
Fin février, peu avant les congés de printemps, madame Bailey l'interpella.
- J'aimerais que vous restiez après les cours mademoiselle Benson
- Très bien madame
Pendant que les autres remballèrent rapidement leurs affaires, Olivia attendit patiemment.
- approchez mademoiselle Benson, je ne vais pas vous manger.
- dites-moi, vous avez plutôt l'air de vous être très bien intégrée malgré votre silence et votre timidité
- oui madame
- très bien, vous savez qu'il existe au sein de ce lycée des cours de soutien et je pense très sérieusement que vous seriez une excellente candidate pour parrainer un autre étudiant en difficulté scolaire. Voici l'adresse de l'étudiant que j'aimerais que vous aidiez. J'attends donc que vous vous y rendiez tous les samedis après-midi de 13h à 15h. Mademoiselle Cabott et monsieur Henderson ne devraient pas être les seuls à profiter de votre aide.
- tous les samedis ?
-tous les samedis mademoiselle
- mais….
Elle lui coupa sèchement la parole
- Je sais que vous avez votre soccer mademoiselle mais vous pouvez vous y rendre par la suite….cela dit vous êtes libre de refuser ma proposition mais ce sera un atout dans votre cursus scolaire
- D'accord
- Jérémy vous attendra donc
- Jérémy, le Jérémy….
- Oui celui de votre classe Benson, cela vous contrarie-t-il ?
- Non madame
- Je n'en attendais pas moins de vous
Le samedi suivant, elle se rendit donc à l'adresse convenue. Au moins son cours de soutien se déroulerait avec quelqu'un qu'elle connaissait. On ne pouvait pas non plus dire que Jérémy se montrait d'une nature extrêmement sociable.
Aussi taiseux qu'une tombe, il passait la plupart de son temps seul, cela semblait nullement le déranger. Quelques-uns avaient bien tenté de l'intimider, surtout les sportifs, après tout le lycée restait le lycée. Mais il avait su se défendre sans l'aide de personne et depuis, tout le monde le laissait tranquille.
Avec son expérience, Olivia avait rapidement compris que Jérémy devait certainement s'armer, mais elle ne pouvait pas deviner de quoi ou de qui il se protégeait mais elle pouvait certainement le comprendre. Peut-être qu'en travaillant tous les deux, elles découvriraient la source de ce qui le rendait tellement solitaire.
Elle sonna à la porte et attendit un moment avant qu'il ne vienne lui ouvrir.
- Salut Olivia
- Salut
- Entre
- Merci
- On va travailler dans la véranda si ça ne t'ennuie pas , il y fait clair et c'est chauffé.
- Ça marche pour moi
Il l'invita à s'asseoir
- Je peux t'offrir quelque chose
- Non merci, mettons-nous directement au travail
- Je sais que ce n'est pas cool mais mes notes ne sont pas terribles, désolée qu'elle t'y ait obligée.
- Je pensais que c'était ton idée ?
- Non pas du tout, tout ce que je veux, c'est entrer dans une école d'art
- Et tes résultats t'en empêchent
- Légèrement, encore faudrait-il que je réussisse à convaincre ma tante de m'y laisser entrer
- Ta tante ?
- Elle préfère la filière traditionnelle
- Et tes parents ?
- Ils sont morts Olivia
Elle le regarda fixement se rendant compte qu'il venait probablement de lui confier une partie de lui-même qu'il n'avait probablement pas encore révélé à quelqu'un d'autre.
- On se met au travail
Et pendant deux heures, ils travaillèrent d'arrache-pied se concentrant uniquement sur les leçons de chimie dont les formules restaient pour Jérémy une torture mentale.
- Je pense qu'on a largement dépassé l'horaire Olivia, il est 15h30.
- Ne t'inquiète pas pour ça, je préférais clôturer ce chapitre
- Merci, comme tu peux le voir, j'ai pas mal de retard dans cette matière
- Je suis certaine que tu le rattraperas
- Je n'en suis pas certain, ce cours n'est qu'une partie du fossé….
- Si tu veux, je n'ai rien prévu pendant cette semaine, alors je peux passer tous les jours
- T'es sérieuse
- Je ne propose jamais quelque chose à la légère Jérémy
- Comment pourrais-je te remercier
- En restant toi-même Jérémy
- Je te le promets
Il alla, tel un gentleman, lui chercher son manteau
- Merci
- C'est toi que je devrais remercier
- Je pense qu'on devrait arrêter avec les mercis
- D'accord, alors ami
- Ami
Arrivé au hall d'entrée, elle eut la surprise de voir la porte d'entrée s'ouvrir laissant apparaître madame Bailey, ce qui laissa Olivia bouche bée.
- Olivia, vous faites des heures supplémentaires
- j'en avais bien besoin tante Jenna
- quelle matière avez-vous travaillez ?
- la Chimie, ça ne t'ennuie pas qu'Olivia revienne demain
- pas du tout, répondit-elle en se dirigeant vers le salon
Olivia regarda Jérémy
- Madame Bailey, c'est….
- Ma tante, la sœur de ma mère, c'est la seule famille qui me restait après l'accident de voiture
- Tu aurais ….
- Si je te l'avais dit, je ne suis pas certaine que tu serais restée
- J'en sais rien Jérémy, mais je déteste les…..
- Mensonges ? c'est ce que tu allais dire
- J'en sais rien, mais….
- Ça change quelque chose
- Absolument pas ….
- A demain alors
- A demain, lui lança-t-elle avant de disparaître dans la rue.
si elle regarda Eliott , je n'aurais jamais crû qu'un jour je vivrais avec eux
