Hello vous tous!
Tout d'abord, désolée pour la semaine de retard, et merci donc de votre tolérance.
Je vous propose donc enfin le dernier chapitre de cette fiction, qui j'espère vous a plu jusque là, et qui vous satisfera jusqu'à la fin.
Merci donc à tous ses lecteurs qui presque chaque semaine ont pris le temps de déchiffrer mes écrits, et double merci à ceux qui ont pris un peu plus de leur temps pour me faire partager leurs impressions/avis. N'hésitez d'ailleurs pas à me dire maintenant votre avis général sur cette fic', sur mon style, ce qui ne va pas, les détails à améliorer, histoire que mes prochaines histoires - si jamais il devait y en avoir - soient de meilleure qualité.
Une dernière chanson pour la route? C'est un peu vieux,mais je l'ai découverte il n'y a pas longtemps, et je trouvais qu'elle collait pas trop mal... "Because the Night" de Patti Smith Group.
Je n'ai par ailleurs toujours pas trouvé la chanson représentative de 'The Fallen Angel'. Si jamais ma quête se soldait par un succès futur, je vous la communiquerais.
Encore merci à tous!
Bonne lecture.
"Edward, tu ne saurais pas où se cache Jasper? Alice me tanne pour que je récupère des mains de ton frère un bouquin, ou je ne sais quoi..." demanda, distraite, les yeux sur le bouquet de fleurs qu'elle tenait en main, Bella. Elle pénétra un peu plus dans la pièce, laissant la porte se refermer derrière elle, se dirigeant vers le canapé pour rejoindre son interlocuteur."D'ailleurs, merci pour les fleurs, c'est vraiment adorable de ... " Elle releva le visage dans le but d'embrasser les lèvres de son amant quand elle aperçut du coin de l'oeil un mouvement, qui la fit se retourner. "...ta part..." termina-t-elle dans un souffle.
Cela faisait maintenant un quart d'heure qu'elle était arrivée chez les Cullen, pour leur maintenant habituel déjeuner quotidien, comme chaque jour de ses deux dernières semaines qui avaient suivies la sortie de l'album, mais avait été immédiatement accostée par Esmee, lui offrant sans la moindre hésitation son aide quant aux déplacements de certains cartons dans le garage. Elle avait maintenant accompli sa bonne action de la journée, et comptait bien dire convenablement bonjour au chanteur, son petit ami, et s'était donc précipitée en direction de l'étage, non sans que la jeune mère du chanteur ne la retienne encore quelques instants.
"Elles sont pour toi, je pense..." avait-elle souri à la jeune fille en désignant une composition légère, fraîche, et raffinée de fleurs blanches et de feuillage ainsi que leur maintenant traditionnel napperon, qui trônait majestueusement sur la petite table du salon.
Remerciant Esmee d'un signe de tête, et ayant pris soin d'attraper le bouquet au passage, la jeune fille avait gravi l'escalier avec autant de grâce que la nature voulut bien lui accorder, ce qui ne se révélait pas être très conséquent, pour enfin ouvrir la porte qui la séparait, supposait-elle, d'Edward. Mais Bella était Bella, et resterait donc une Bella pour le reste de sa vie. A savoir une Bella distraite.
Car bien entendu, en arrivant sur le porche de la maison, après, il fallait le reconnaître, une longue marche, longue, mais bienfaisante, dans cette douce chaleur de début automne, la jeune fille n'avait donc pas remarqué la voiture qui n'appartenait à aucun des membres Cullen. Quant bien même l'eut-elle remarquée, elle ne réagit pas face à cette donnée. Elle n'avait donc pas un seul instant songé que quelqu'un d'étranger à la famille était là, sous leur toit, pour un laps de temps plus ou moins court. L'idée ne l'avait donc pas même effleurée que cette personne soit là pour Edward. Elle n'avait donc pas pu imaginé qu'elle aurait pu devoir annoncer sa présence avant de débouler dans la salle.
"Non Bella, je ne sais pas où est Jasper. Tu as été voir dans la petit salon?" sourit doucement le jeune homme, se relevant du canapé pour se mettre au même niveau que Bella. "Et de rien, mon ange..." murmura-t-il dans son oreille.
Il y eut une inspiration soudaine, puis un râclement de gorge.
"Bella...comme dans Isabella Swan?" demanda la voix en apparence calme, mais pleine de curiosité, se délectant du futur scoop, d'un journaliste qui observait depuis son canapé le couple, un sourire épaté aux lèvres.
Bella se mordit la lèvre, complètement mortifiée. C'était justement le genre de situation qu'elle voulait éviter. S'exposer ainsi aux journalistes, les obligeant presque à poser des questions auxquelles elle ne voulait pas répondre.
Foutu journaliste. Leur voiture devrait porter de gros stickers fluos sur leur carrosserie. "Attention, présence de journalistes!".
"Hum..." commença Bella, hésitante. Que dire? Que faire? Ils avaient parlé de ça avec Edward et sa famille, mais c'était comme tout exercice théorique: ce n'était qu'au moment d'appliquer qu'on se rendait compte que finalement, ce n'était pas si simple qu'on ne le pensait.
"Oui, effectivement." confirma d'une voix sûre, et presque fière, le chanteur, attirant la jeune fille sous son bras. "Bella, je te présente Laurent Coven, journaliste auprès d'un magazine spécialisé..." introduit Edward, la jeune fille serrant avec réticence la main de l'homme à la peau noire et au sourire hypocrite. "Il est là pour le nouvel album."
"Entre autre..." ajouta pour lui même le journaliste, étudiant la jeune fille du regard. "C'est donc vous, Isabella Swan, la voix inconnue de cette chanson qui fait tant parler d'elle?"
'La chanson ou la voix?' eut envie de répondre la jeune fille, mais par soucis de diplomatie, préféra se taire.
"Bon, et bien, je reviendrai plus tard..." suggéra-t-elle au chanteur, du moins, essaya-t-elle, puisqu'elle fut interrompue par le journaliste.
"Allons donc! Et vous n'allez pas un peu nous parler de vous?" pressa Laurent, faussement outragé.
La jeune fille lança un regard suppliant à Edward, mais sans succès. Celui-ci retenait à grande peine un sourire. Tout choix de sa part lui fut complètement refusée quand elle se retrouva assise sur le canapé, aux côtés du chanteur, son bras autour de ses épaules empêchant toute fuite furtive.
"Ah, sage décision, mon enfant..." acquiesça le journaliste, ce qui eut le don d'énerver la jeune fille, mais qui prit sur elle. 'Pour Edward', chantait-elle dans sa tête, 'pour Edward'. "Alors, si vous vous présentiez?"
Bella s'humidifia les lèvres avant de plonger de nouveau ses dents dedans. "Il n'y a pas vraiment grand chose à dire..." Edward la serra un peu plus contre lui, en signe de soutien.
"Voyons, tout le monde a forcément quelque chose à dire sur soi même!" insista Laurent. "Isabella Swan, inconnue de tous, se retrouve sur un album du groupe montant du métal... Comment en arrive-t-on là?" commença-t-il.
"A vrai dire, je m'en pose encore la question." plaisanta-t-elle, levant les yeux au ciel face au sourire moqueur du chanteur. "Les chemins du hasard, les chances d'une rencontre..." reprit-elle. "Peu importe comment vous appelez ça... Ça s'est fait, et c'est tout ce qui est à savoir."
"Mais on ne rencontre quand même pas un artiste comme Edward Cullen et ses frères à chaque coin de rue! Avez-vous contacté le groupe, ou est-ce le groupe qui a fait appel à vos services? Et comment ont-ils eu connaissance de votre nom?" insista Laurent.
"Ils m'ont proposé de donner ma voix à ses textes, et j'ai accepté de leur rendre ce service, voilà tout ce qu'il y a à savoir." répondit froidement Bella, espérant que le journaliste finirait par lâcher le sujet de leur rencontre. "Quant à croiser des artistes dans la rue, vous n'avez qu'à aller vérifier par vous même, les trottoirs n'attendent que ça!" se moqua-t-elle, en toute politesse, bien sûr.
Edward lui caressa doucement le bras, la jeune fille imaginant parfaitement son sourire face à sa réplique.
"D'où tirez-vous ces magnifiques textes, par ailleurs? On ne peut s'empêcher de se demander ce qui a pu vous inspirer autant de tourment. N'est-ce pas pour toucher un plus large public?" retenta le journaliste, à l'intention du jeune homme.
"Comme toutes nos autres chansons, on s'inspire de ce que l'on voit, ce que l'on entend, de nos vies, nos ressentis, et en aucun cas nous n'écrivons pour attirer tel ou tel public." expliqua calmement la voix très professionnelle du chanteur. "Nous faisons la musique qui nous plaît, et nous sommes d'autant plus heureux quand cette même musique touche d'autres personnes."
"Que pensez vous des réactions du public?" s'interrogea alors le journaliste.
"Au sujet de?" s'enquit le jeune homme.
"Parce qu'il y a plusieurs choses à commenter?" réagit, faussement intrigué, Laurent.
"Si vous parlez des réactions du public face à l'arrivée de Bella dans cette aventure, alors je me contenterai de dire que je ne cautionne pas ce genre de pensées, et que je ne me fatiguerai pas à y répondre..." commença à expliquer Edward.
"Comment ça?" interrompit Laurent. "De quoi parlez-vous? Si vous m'expliquiez..." pressa-t-il.
"Est-ce vraiment nécessaire..." marmonna la jeune fille, regardant ses pieds.
"Je parles des attaques verbales qui ont été écrites par certaines personnes à l'encontre de Bella, en tant que chanteuse et petite amie..."
"Bella et vous êtes donc officiellement dans une relation amoureuse?" demanda fébrilement le journaliste.
"Non pas que ce soit le sujet de cet entretien, mais oui. Et ce sera Isabella, pour vous..." confirma froidement Edward, avant de se tourner vers la jeune fille, et de lui embrasser doucement le front. "Tu n'as qu'à demander à Esmee pour un vase, je te rejoins bientôt, nous n'en avons plus pour longtemps..." ajouta-t-il, prononçant les derniers mots avec cette même froideur.
D'un dernier signe de tête, elle acquiesça, puis salua le journaliste le plus poliment possible, se levant avant de sortir de la pièce. Une fois la porte fermée derrière elle, Bella respira un bon coup, puis partit en quête de la mère du chanteur pour ce fameux vase. Un quart d'heure lui fut nécessaire pour repérer Esmee dans l'immense bâtisse, puis pour retrouver le placard dont parler cette dernière, posant finalement le bouquet sur le bureau dans la chambre du jeune homme. Elle s'installa dans le canapé, et cinq minutes plus tard, Edward faisait son entrée dans la pièce, la rejoignant immédiatement pour s'installer à ses côtés.
"Je suis désolée, j'aurai du frapper..." s'excusa timidement la jeune fille.
Le jeune homme se contenta de l'embrasser pour toute réponse.
"Depuis quand les journalistes viennent chez vous? Vous ne craigniez pas les photographes et autres paparazzis?" s'interrogea Bella.
"Contrat" répliqua le chanteur. "Ils signent tous un papier leur interdisant la divulgation de notre adresse ou d'une quelconque information sur lequel nous ayons donné notre accord..."
"Et ils respectent vraiment cet accord?" s'étonna, incrédule, la jeune fille, se blottissant un peu plus contre le jeune homme.
"Il faut croire que oui..." conclut-il en l'embrassant doucement. Doucement, avant que Bella ne se décide à répondre à son étreinte, et qu'elle ne se retrouve à cheval sur le jeune homme.
Ce soir là, et bien que ce ne fut pas prémédité, elle passa la soirée et la nuit chez les Cullen. Autant dire qu'Esmee avait bien fait de lui conseiller de laisser quelques vêtements et affaires de première nécessité dans un des placards d'Edward. Au cas où, avait-elle justifié. Bella espérait seulement que la mère du jeune homme n'avait pas imaginé ce genre de 'au cas où' là...
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Bella avait longuement hésité. A vrai dire, elle n'avait toujours pas choisi. Depuis maintenant près d'un quart d'heure, elle était restée indécise, perdue, les gens s'activant autour d'elle, la contournant, tandis que son regard passait d'un point à un autre.
Assise sur une chaise au fond de la salle, en face de l'espace délimité d'un délicat ruban rouge, mais en public, ou posée contre une malle, dans le couloir juste à côté, caché, tout proche, mais sans aucune visibilité?
La foule ne cessait de s'accroître, et les techniciens de fourmiller. Il était grand temps pour elle se s'installer, finit-elle par juger, se décidant à rester debout contre le mur de la pièce principale, en public, donc, mais avec la facilité de fuite si besoin était. Elle se faufila donc hors des couloirs qu'occupait l'équipe technique, et finit par se fondre dans le foule, trouvant rapidement l'emplacement duquel elle voyait correctement, contre le mur, donc. Elle fut bientôt rejointe par Esmee, qui était la seule de la famille Cullen à encore pouvoir apparaître en public sans être reconnue, et toutes deux observèrent d'un sourire compatissant les trois frères finalement investir les lieux, l'échauffement et les cris de la foule permettant d'avoir l'assurance qu'ils étaient maintenant bien devant leurs instruments respectifs, sous les lampes de l'endroit.
Ce qui n'était qu'une petite présentation d'un nouvel album pour le groupe se révélait être l'évènement marketing de l'année pour cette boutique de Seattle. Il y avait en une après-midi autant de fréquentation que pour l'équivalent de deux mois lors des périodes de fêtes. Une bonne opération, en somme. La salle était maintenant pleine à craquer, les flashs des appareils photos crépitant perpetuellement, illuminant sans cesse davantage les visages des trois frères qui persistaient, imperturbables, leur show, enchaînant plusieurs chansons d'affiler, s'arrêtant à peine pour remercier la présence de chacun.
Le coeur de Bella se serra quand ils commencèrent la chanson. The Fallen Angel. Leur chanson. A Edward et elle. Elle n'en revenait toujours pas. C'était la première fois qu'elle était jouée en public, en vrai, devant des gens autres que la famille Cullen. Cela faisait donc drôle dans le ventre à Bella. Il se serrait, se tordait, s'entortillait, bref, elle se sentait toute chose. Elle ne manqua cependant pas le regard perdu, pendant quelques instants, du jeune homme, qui scruta quelques secondes durant la foule et l'arrière scène, comme à la recherche de quelqu'un. A sa recherche.
Durant toute la chanson, la main de Bella se serra sur le médiator, le tortillant, celui s'incrustant presque dans sa peau, tandis qu'elle murmurait les paroles, les yeux, embuées de larmes, fixés sur le jeune homme. Tous les sentiments qu'elle sentait et se mélangeaient en elle furent davantage troublants encore quand elle entendit sa partie à elle, sa voix enregistrée, résonnait dans la salle, le jeune homme se concentrant alors uniquement sur le piano, le regard ailleurs.
Bella ne savait pas ce qui faisait le plus mal. Que tout le monde puisse entendre cette chanson, et donc ses doutes, ses malheurs, sa vie, ou que la masse de fans montrant avec fierté leur féminité écrasée à l'avant de la scène, pour ne pas parler plus vulgairement, chanter avec ce qu'elles voulaient comme de la passion, ces mêmes paroles venant de son coeur, de son âme.
Elle se contenta donc de fixer, encore et encore le chanteur, et sur son dernier refrain, comme s'il avait senti le poids de ses yeux, Edward releva les siens pour accrocher son regard avec celui de la jeune fille, un sourire, discret, intime, mais toujours présent, s'affichant doucement sur ses lèvres. Rien que pour elle. Rien qu'à elle. A son tour, elle sourit, lui envoyant un baiser quand il joua les dernières notes du morceau.
La fin du morceau fut accueilli par une hystérie de la population féminine du public, à savoir la très grande majorité du public, tout comme le reste de la prestation, par ailleurs. Le mini concert ne tarda pas à prendre fin, la foule ne se dissipant que très lentement tandis que l'équipe se chargeait de ranger, les trois musiciens s'étant réfugiés dans une salle interdite aux clients, que Bella ne tarda pas à rejoindre.
La porte refermée derrière elle, elle alla doucement félicité Emmett et Jasper, qui retrouvait à leur tour Rosalie et Alice, avant de rejoindre les bras accueillants d'Edward.
"Jolie prestation..." proposa-t-elle dans un murmure, la tête contre son cou.
"J'aimerai en dire autant..." murmura à son tour le jeune homme dans son oreille, et elle ne put retenir un frisson. De plaisir, et de peur. Elle, chanter en public? Autant demander au père noël de nous présenter la petite souris. Fort peu probable, donc.
"L'espoir fait vivre..." répondit d'un sourire la jeune fille.
"Et tu es ma seule espérance..." conclut le jeune homme avant de lui embrasser les cheveux.
"Heureusement que les fans et les journalistes n'entendent pas ça, car sinon, ce serait de nouveau l'apocalypse!" commenta Emmett tandis qu'il récupérait un sac derrière son frère, et Bella ne put s'empêcher de rougir, s'éloignant légèrement du chanteur.
"Ils ne se calment donc jamais?" demanda la jeune fille, à personne en particulier.
"Les journalistes?" Ce fut Jasper qui prit la relève, et Bella acquiesça. "Oh non, bien au contraire..." Il rigola, mais d'un rire jaune, plein d'amertume. "Ce dont tu as eu droit la semaine dernière n'était qu'un avant gout, une mise en bouche...Car c'est bien ça, ils cherchent absolument une histoire dans laquelle planter les dents, un scoop, tel un os à ronger..."
Bella ne put retenir un frisson. Le ton du bassiste était certes un peu trop dramatique, mais il n'avait pas tout à fait tort, et ne voulait certainement pas en faire l'expérience. La dernière semaine avait déjà été bien assez pénible pour vouloir revivre la même chose voir plus.
Car la semaine dernière, l'annonce avait été faite dans un magazine que la chanteuse de 'The Fallen Angel' était la petite amie d'Edward Cullen, alias Isabella Swan, alias l'inconnue sur la photo. L'auteur de l'article? Une auteure. Victoria. Les réactions sur le forum ne s'étaient pas faites attendre, ainsi que les appels sur son portable, sur le fixe de sa mère, de son père, à son université, chez les Cullen, et la jeune fille avait été à deux doigts de la paranoïa, y regardant à deux fois avant de sortir sans des lunettes et un couvre-chef, se retournant souvent dans la rue ou dans les magasins, par crainte d'un photographe. Personne ne savait comment cette Victoria avait eu son information, mais les Cullen suspectaient des relations entre Laurent Coven et cette journaliste. Mais comme il n'y avait ni preuve, ni véritable enfreint du contrat, rien ne pouvait être fait.
Elle fut tirée de ses pensées quand Esmee lui fit doucement remarquer qu'il était temps de rejoindre les véhicules. La salle était maintenant vide, et l'équipe, ainsi que la famille, pouvaient maintenant rentrer. Se glissant sur le fauteuil passager, aux côtés d'Edward, elle regarda les rues de Seattle silencieusement défiler jusqu'à ce qu'ils arrivent enfin à la demeure du clan Cullen. Elle aida à décharger, goûta la toujours aussi bonne cuisine d'Esmee, et rejoint le jeune homme sur son canapé.
"Ca va?" l'interrogea le jeun homme, la serrant contre lui.
"Oui oui..." répondit-elle distraitement. "Ça se passe toujours comme ça?"
"Quoi donc?"
"L'installation, les fans qui hurlent, les flash des photos, les cris, les soupirs, les...sous-vêtements.." finit-elle avec un frisson.
Il sourit quelques instants avant de répondre. "Ça a toujours fait rire Emmett...Les sous-vêtements" précisa Edward devant le sourcil haussé de la jeune fille. "Je me demande d'ailleurs ce qu'ils deviennent..." ajouta-t-il, amusé. "Mais oui, ça se passe toujours plus ou moins de cette manière...Pour les présentations, du moins...pour les concerts..." commença-t-il, s'interrompant, perdu dans ses pensées.
"Pour les concerts?" pressa Bella.
"Je suppose que les cris sont doublés, voire triplés, que dis-je, bien plus encore, les flash aussi, mais que ça dure plus longtemps." haussa-t-il les épaules. "Mais c'est tellement puissant, d'être sur la scène, la musique résonnant dans tes entrailles, les fans t'accompagnant comme si leur vie en dépendait..." Il se perdit une nouvelle fois dans ses souvenirs, serrant la jeune fille un peu plus fort.
"Et ça ne te...dérange pas, que ces gens qui ne sont là que dans l'espoir de te retrouver après pour une séance privée chantent tes paroles, celles dans lesquelles tu as tout mis, tout donné? Ça ne te blesse pas, ne te révolte pas?" questionna Bella, incertaine.
"C'est comme ça que tu l'as vécu?" s'assura sérieusement le jeune homme, et comme la jeune fille plongeant sa tête contre son torse, se cachant derrière ses cheveux, il prit ça pour une confirmation. "Je suppose que ça ne fait pas la même chose quand tu la chante toi même. Parce qu'à ce moment là, c'est toi qui leur donne ces mots, ces idées, et eux ne font que te suivre, t'accompagner. Ils ne peuvent pas alors pas me voler ces bouts de moi..." proposa-t-il. "Je suppose que ça a du être perturbant..."
"Si tu savais..." murmura-t-elle, avant qu'il ne fredonne doucement dans son oreille.
"Si ça peut te faire sourire, dis-toi que j'ai reconnu ta voisine de palier dans le public" rigola le chanteur.
Bella sourit, malgré elle. "Je suppose que c'est ça de vouloir jouer dans sa ville..." répondit-elle. "D'ailleurs, tu préfères jouer dans ta ville ou ailleurs?" demanda-t-elle avec curiosité.
"C'est une bonne question..." Il réfléchit quelques instants. "Jouer devant des gens qu'on connaît peut avoir ce côté rassurant, mais il y a toujours derrière ce jugement, cette comparaison qu'ils font avec le petit garçon qu'ils ont connu, quand il jouait encore dans le bac à sable, ou je ne sais quoi..." commença-t-il. "Devant des inconnus, ils ne peuvent que se baser sur ce qu'ils voient... Et ce qu'ils entendent par les magazines, bien sûr... Mais il n'y a aucun visage sur lequel t'appuyer..." Il se tut quelques secondes. "Non pas que tu réussise vraiment à distinguer clairement des visages au delà des premiers rangs lors d'un concert." sourit-il, lui caressant doucement le visage. "Tu étais très intriguante, ce soir là, tu sais?"
La jeune fille releva la tête, perplexe.
"Bien sûr que oui, je t'avais remarqué... Tu ne te souviens donc pas de ce regard durant le fameux morceau au piano?"
"Oui, je m'en souviens..." répondit-elle fermement. "C'est juste que je pensais que c'était le fruit de ma pathétique imagination s'accrochant à une improbable illusion" sourit-elle doucement en signe d'excuse, auquel il répondit par un soupir, levant les yeux au ciel.
"Je n'arrive plus à imaginer un concert sans ta présence..." finit-il par annoncer, après plusieurs minutes de silence. "Je ne sais pas comment ni si je pourrais..."
"Moi non, moi non plus..."murmura-t-elle, se blottissant encore davantage contre lui, redoutant ce futur et les décisions qui seraient à prendre, préférant pour le moment les éloigner par une étreinte passionnée.
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"Je te promets que demain, je fais changer le numéro de la ligne!" annonça une nouvelle fois Renee, l'exaspération clairement distincte dans sa voix.
"Tu sais que ça ne durera pas..." rigola doucement Bella, imaginant parfaitement le visage de sa mère à l'instant même.
"Durera ce que ça durera, ça fera déjà des vacances!" râla de nouveau la femme au travers du téléphone. "Tu sais que j'ai encore droit à l'appel de certains 'anciens camarades' à toi? Je les ai bien envoyé bouler, tiens... Un certain James...et un Michael...Newton, je crois... Comme quoi vous auriez été dans la même classe et qu'il se demandait comment ça se passait pour toi... Comme si j'allais tombé dans leur panneau!" s'énerva une nouvelle fois Renee.
Bella ne put cependant pas retenir son fou rire. "Mike était vraiment un ancien camarade!" parvint-elle à dire entre deux rires "mais tu as bien fait de l'envoyer paître quand même, il ne mérite pas mieux!" rigola-t-elle encore, et sa mère ne tarda pas à rire à son tour.
"Bon, et sinon, comment ça se passe? Tu as eu des nouvelles de..." commença Renee.
"Ça se passe comme ça peut... C'est parfois dur, mais bon, on le savait quand on a pris cette décision... Et non, j'attends toujours leur appel... Je vais d'ailleurs pas tardé, au cas où... On ne sait jamais, avec le décalage horaire..." soupira doucement la jeune fille.
"Oui, c'est vrai que l'europe n'est pas à côté, hein?" plaisanta doucement la mère.
"Et non... malheureusement..." soupira une nouvelle fois Bella.
Après des dernières salutations et une énième promesse de rappeler bientôt, la jeune fille put enfin raccrochée, posant son portable à ses côtés, laissant tomber sa tête sur le matelas. Oui. Elle avait fait son choix, il y a un peu plus de sept mois maintenant, avant que la tournée de promotion, et la tournée en elle même ne commence, et ne s'éloigne petit à petit de Seattle, et chaque jour, elle se demandait si elle avait fait le bon choix. Ce n'était certainement pas ce qui avait été de plus facile, mais c'était pour le mieux.
Le matelas ne tarda pas à bouger, indiquant que quelqu'un venait de s'installer dessus.
"Alors, toujours pas de nouvelles de l'université?" demanda la voix grave du chanteur tandis qu'une main, qu'elle supposa comme sienne, se plongea délicatement dans ses cheveux.
Non, elle ne regrettait pas d'avoir suivi le groupe dans ses déplacements. Au diable ses études, elle était jeune, elle pouvait toujours les reprendre un peu plus tard. Elle avait même commencé à se renseigner pour des cours par correspondance. Renseignements qu'elle attendait, justement.
"Non, pas encore..." répondit-elle, tournant la tête pour croiser le regard du jeune homme. "Renee vient de me demander la même chose." sourit-elle.
"Tout va bien pour elle?" s'enquit-il, souriant à son tour.
"Toujours...Avec elle, de toute façon..." Ils se turent quelques instants, avant qu'un coup ne soit donné à la porte.
Avec réticence, Bella se leva, et traversa la suite, majestueuse, qu'elle partageait avec le chanteur. A chaque ville que le groupe visitait, ils logeaient dans un hôtel de haut standing - "Il nous faut le meilleur pour être au top" avait insisté Emmett - et ce palace ne faisait pas exception. L'endroit était juste immense, la décoration des plus raffinées, et l'emplacement idéal, au milieu de la capitale.
Quand la jeune fille atteignit enfin la porte, ce qui prit un certain temps puisqu'il avait fallu traverser la chambre, puis le salon, puis le hall, elle put enfin accueillir Emmett, tout sourire.
"Allez les jeunes, la gastronomie allemande nous attend!" s'exclama-t-il, avant de faire signe qu'il les attendait dans les secondes suivantes.
Bella rigola doucement avant de se rétracter dans la chambre pour récupérer son sac, et son homme, au passage. Puis ils suivirent le batteur jusqu'au restaurant, sur une table légèrement isolée, à la demande de Carlisle, pour ne pas être dérangé, bien que le risque soit faible dans ce genre d'hôtels.
Cela faisait quatre mois que le groupe avait entamé sa tournée. La vraie, pas la promotion. Après quelques dates aux Etats-Unis, ils étaient parti sur les routes asiatiques, traversant le Japon et la Chine. Un passage par la Russie, et ils se retrouvaient déjà en Europe, commençant par l'Allemagne, avant de tourner un peu sur le vieux continent. Ils avaient donc une date de prévue sur Berlin, avant de partir dans une ville légèrement plus provinciale d'Allemagne, avant un futur passage en Belgique, entre autre.
Le repas fut pris dans la même bonne humeur que celle qui planait depuis le début. Bella avait crains, au départ, d'être un poids, d'être extérieure à tout ça, et que l'ambiance s'en ressente, mais tout se passait pour le mieux, et chacun lui montrait chaque jour qu'elle faisait bien partie de l'aventure. Car c'était une aventure.
La troupe ne tarda alors pas à rejoindre leurs appartements, une fois le repas fini, la journée du lendemain s'annonçant très chargée, puisque c'était le jour du concert. Bella et Edward saluèrent rapidement la famille, se contentant d'un signe de main en direction de Jasper puisque celui-ci était au téléphone avec Alice. La jeune fille n'avait pu venir, car ses études ne pouvaient acceptées une année sabbatique, et elle tenait trop à ses études et tous les efforts qu'elle y avait consacré pour pouvoir les abandonner aussi vite. Bella se chargeait donc, avec Jasper, de lui faire un compte rendu détaillé des évènements.
Le couple ne tarda pas à se glisser sous les draps frais de l'immense lit qui trônait au milieu de la pièce, et après un dernier baiser, s'endormir dans les bras l'un de l'autre.
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"Non, ça ne va pas le faire, ça ne va vraiment pas le faire..." marmonnait sans cesse la jeune fille, faisant les cent pas dans la loge, tandis qu'Edward avait rejoint un technicien pour régler quelques derniers détails.
"Qu'est-ce qui ne va pas le faire?" finit par demander Jasper, un sourire aux lèvres.
"Je ne peux pas le faire, je ne vais pas le faire!" paniqua finalement la jeune fille, s'arrachant presque les cheveux.
"Arrête de massacrer tes cheveux qui ont demandé tant de préparation" commanda le bassiste en posant une main rassurante sur son épaule, faisant référence à la presque heure entière consacrée à la coiffure, à l'hôtel, de Bella. "Et puis arrêtes de paniquer. Tu peux le faire, et tu vas le faire."
"Non, je ne peux pas. Désolée, mais je vous lâche." conclut Bella dans un soupir, s'affaissant dans un canapé fortuitement présent dans la salle.
"Tu vas le faire, un point c'est tout!" conclut à son tour le jeune homme. "Pas de choix ma belle, tu es programmée, et tu le resteras" Devant le regard de nouveau paniquée de la jeune fille, il reprit. "Enfin tu sais ce que je veux dire..."
Elle se détendit de nouveau, et se força davantage à paraître aussi détendue qu'habituellement quand Edward fit son retour dans la salle, l'embrassant tendrement avant de chercher un tee-shirt dans une valise et de se changer.
C'était devenu un rituel, maintenant. Elle restait avec le groupe, dans les loges, jusqu'à leur entrée sur scène, et restait durant le show dans les coulisses, aux côtés d'un technicien, quand il n'avait rien à faire, ce qui était généralement rare. Mais la solitude ne la dérangeait pas, elle préférait profiter du concert seule, et passer seule le moment de sa chanson. Ca faisait toujours aussi mal. D'autant qu'on entendait bien plus, malgré le volume sonore des instruments, les chants du public.
Il était enfin temps pour les trois frères de monter sur scène. Quand Edward vint l'embrasser une dernière fois, comme il en avait l'habitude, elle s'accrocha un peu plus désespéremment à son cou, ne voulant plus le lâcher des lèvres. Elle finit cependant par se reculer quand Emmett se râcla la gorge, le public ne pouvant plus attendre. Le guitariste jeta un regard intrigué à la jeune fille, avant de lui sourire doucement, et de franchir le rideau de lumière qui le séparait de la scène.
Elle s'installa sur une malle, et s'autorisa alors quelques minutes de divaguation. Tous les concerts se déroulaient pratiquement de la même manière, la liste des morceaux joués ne changeant quasiment jamais. Elle avait donc encore un peu de temps devant elle. Elle laissa un sourire hanter ses lèvres avant de se relever brutalement à la fin du premier morceau et de retourner dans les loges. Prenant soin de fermer la porte derrière elle, elle se précipita sur un sac qu'elle avait posé discrètement dans un coin, en sortit la tenue qu'elle y avait glissé, et entreprit de se changer.
Quand elle revint derrière la scène, elle reconnut le cinquième morceau de la liste. Elle avait mis du temps pour se changer, mais n'était pas en retard. Elle prit soin de rester dans un coin sombre, duquel elle pouvait observer la scène, mais d'où elle n'était pas vue, et profita du spectacle pendant encore quelques chansons.
Quand elle releva les yeux, au milieu d'un morceau, ce fut pour croiser celui de Jasper, qui dirigea rapidement le sien vers une tasse de thé qui se trouvait maintenant aux côtés de la jeune fille. Elle ne prit même pas la peine de lever le sourcil à l'intention du bassiste. Elle avait compris le message. C'était l'heure. Plus qu'une chanson, lui criait sa conscience, sa panique, son appréhension, et même un peu de son impatience. Plus qu'une chanson, et ce serait le commencement, la fin, le tout. Autant dire que le noeud dans son ventre n'en menait pas large, ni même son égo.
Faux.
L'égo de la jeune fille était, paradoxalement, au plus bas du gouffre, et au meilleur de sa forme. Jamais le doute ne l'avait autant assailli, et pourtant jamais elle n'avait eu de meilleurs boosters, de meilleur soutien. Et puis, de toute façon, ce n'était pas comme ci elle le faisait pour une quelconque fierté personnelle. Enfin. Bien sûr que si il y avait en jeu un peu de fierté, elle ne pouvait le nier, mais si peu. En tout cas, il n'avait guère d'importance par rapport au reste...
Le liquide chaud s'écoula lentement dans sa gorge, tandis qu'elle entamait un nouveau débat personnel, qu'elle savait par avance perdu, sur les pours et contre de son acte si proche maintenant. Il y avait tout à gagner, et presque rien à perdre. Ou si peu, en comparaison. Simple, donc. La tasse finie, elle alla la reposer dans les loges, en profitant pour se racler la gorge de manière fort peu gracieuse et silencieuse, mais au combien nécessaire après cette épreuve de la chaleur, et fredonna quelques phrases, avant de se forçer à retourner derrière le rideau avant que la lâcheté ne prenne le meilleur d'elle.
La chanson prenait enfin fin, et jamais la jeune fille ne se sentit si prise au piège qu'à cet instant. Celui où Edward introduisait la future chanson, pour le plus grand bonheur de tout le public, celui où son frère de bassiste faisait un discret signe à l'équipe technique, celui où Emmett lui faisait maintenant un clin d'oeil.
Puis Edward se tourna vers elle, la jeune fille prenant soin de ne laisser apercevoir que son visage au chanteur, avant qu'il ne lui envoie un baiser, et qu'il n'entame la chanson.
Sa chanson. Leur chanson.
Toujours cette même émotion, cette même torsion à l'estomac, ce même vide qui s'installe dans la tête, cette même chaleur et ce même frisson qui l'envahissaient et jamais autant de pression. Car c'était ça. Elle avait l'impression d'être compressée, chaque seconde un peu plus, sa tête lui en faisant presque mal, un sifflement résonnant dans ses oreilles.
Bella secoua la tête, fermant les yeux, inspirant profondément. Ce n'était plus le moment. Elle souffla lentement, écoutant les trois frères jouaient, se laissant berçer par ce morceau qu'elle connaissait par coeur, de toute son âme. Mais ce qui faisait que cette écoute ci différait des autres, c'était peut être ce battement de coeur, le sien, qu'elle entendait davantage, plus fort, presque, que la musique elle même, accélérant de seconde en seconde, ou cette respiration, la sienne, qui se saccadait, se coupant à certains passages, pour s'approfondir et s'interrompre quelques instants lorsque le jeune homme finissait le premier refrain, après avoir chanté son couplet, avant que la voix féminine ne reprenne la parole.
La sienne.
Bella franchit, les yeux fixés sur Edward, les quelques pas qui la firent passer de l'ombre à la lumière, de l'obscurité à la clarté. Jamais sa voix n'avat sonné si fausse, ni si fragile,mais jamais elle n'avait sonné plus juste. Elle l'entendait, en démultipliée, encore et encore, de toute part, ne la reconnaissait presque pas, et pour cause. L'effet des micros n'avait rien à voir dans ce phénomène. C'était bien les émotions qui bataillaient en elle qui débordaient, et qui maintenant faisait taire quelques instants la salle, rendant un public étonnament silencieux, le temps qu'il comprenne que la voix venait de la jeune fille, et qu'il ne l'accueille comme il se doit.
Ce même temps fut nécessaire à Edward, non pas pour comprendre qu'il se passait quelque chose, il avait tout de suite remarqué que la bande sonore de la voix ne s'était pas déclenché, et que la voix qu'il entendait maintenant n'était définitivement pas pré-enregistrée, mais bien pour se convaincre que ce n'était pas un rêve, une illusion
Oui, le sourire qu'il afficha quand leurs regards se croisèrent valait bien toutes les peines du monde, se rassura la jeune fille, qui ne le lâcha pas du regard de toute sa prestation, ayant trop peur de perdre pied, de se perdre, dans le public, dans ses émotions. Elle n'entendait plus la foule chanter avec elle, elle ne voyait plus ses fans se trémousser dans tous les sens. Elle ne sentait que le regard du jeune homme sur elle, et la confiance qu'il lui inspirait.
Jamais son coeur ne vibra autant que quand ils finirent par conclure la chanson ensemble, les yeux dans les yeux, Bella ayant posé sa main sur l'épaule du jeune homme pendant qu'il jouait les dernières notes de piano, leur voix s'entrelaçant, jouant des mots qu'ils avaient échangé, partagé, créé et vécu ensemble. Les larmes apparurent dans ses yeux quand il laissa résonner la dernière note de piano dans le silence quasi religieux de la salle, avant que le public ne finisse par exploser en acclamations, que la jeune fille ne remarqua cependant pas, tant elle se perdait dans le regard qu'elle partageait avec le chanteur.
Elle sursauta presque quand il finit par se lever, lui attrapant la main pour la diriger vers le centre de la scène, la montrant bien à tout le monde.
"Merci pour elle!" lança-t-il, et le public n'hésita pas à applaudir, comme il en avait tant l'habitude.
"Merci à toi..." murmura enfin Edward dans l'oreille de la jeune fille, tandis qu'ils s'enlaçaient avant qu'elle ne s'éclispe.
Elle aurait presque pu se trouver ridicule, en plein milieu d'une scène, devant des miliers d'inconnus, en robe à corset blanc, dont les dentelles tombaient en rangées sur ses chevilles, ses longs cheveux flottant sur ses épaules et dans son dos, à rougir ainsi à la phrase du jeune homme, si elle n'était pas trop occupée à frissonner de ce contact.
Quand il la relâcha enfin, elle se précipita dans les coulisses, non sans recevoir les sourires et clins d'oeil d'Emmett et Jasper. Jamais les loges ne furent si rassurantes et reposantes qu'elles ne le furent à ce moment là. Elle resta dans le canapé un certain temps, un temps certain même, puisque quand elle reprit enfin conscience de sa propre existence, ce fut pour entendre la porte de la loge s'ouvrir presque brutalement, avant de se refermer avec autant de fermeté.
Relevant les yeux, elle tomba dans ceux toujours aussi verts du jeune homme, et elle ne put qu'observer, impuissante, son avancée, tandis qu'il se précipitait dans ses bras.
"Oh, mon ange..." murmurait-il sans cesse, lui embrassant les cheveux, la serrant contre lui comme s'il n'y avait pas de lendemain. "merci, mon ange, merci..."
Puis ses baisers se firent plus insistants, et plus ciblés, d'abord sur son front, puis sur ses joues, son nez, avant de trouver sa bouche et ses lèvres, pendant de longues minutes, ne s'éloignant que pour explorer son cou.
"Edward..." finit soupirer, à bout de souffle, la jeune fille.
"Le concert est fini.." réussit à articuler le jeune homme. "Jazz et Em sont occupés avec la technique..."
Et sans un mot de plus, il entreprit de défaire le corset de la jeune fille. Elle n'eut par ailleurs ni la force ni l'envie de l'en empêcher, et elle se contenta donc d'oberserver le corps majestueux, brillant de sueur, de son homme, tandis qu'il explorait à son tour ses formes et sa peau.
Le canapé n'était certainement pas des plus spacieux ou confortables, mais il leur suffit, leur passion les aveuglant complètement, et quand ils reprirent enfin leur esprit, et leur souffle, ils s'enlaçèrent tendrement pendant quelques minutes encore, avant que le jeune homme ne finisse par se relever, se séparant à regret de la jeune fille, pour aller chercher dans un sac voisin une serviette et des vêtements.
Une fois présentables, tous deux rejoignirent le reste de l'équipe, pour aider à ranger la scène et le matériel, et la jeune fille ne put éviter la ronde d'applaudissements de tous. Rougissante de tout son être, elle garda le regard baissé, et un léger sourire gêné aux lèvres, tandis que le bassiste et le batteur les rejoignaient.
"Bravo la miss!" s'exclama Emmett
"On te l'avait bien dit que tu y arriverais!" confirma Jasper, tandis qu'il grimaçait sous le coup de son frère chanteur.
"Traîtres..." accusait celui-ci "Vous auriez pu me prévenir."
"Mais ça n'aurait plus été une surprise, frérot!" plaisanta Emmett "Comme si tu t'en plaignais!"
Le chanteur se contenta de sourire, avant de prendre la jeune fille dans ses bras.
"Non, là où tu devrais nous remercier, c'est pour la surprise que nous avons faite à Bella..."sourit machiavéliquement Jasper. Au goût de Bella, bien sûr. Peut être parce qu'il parlait d'elle, et d'une surprise...
"Pardon?"demandèrent en même temps Edward et Bella, tous deux perplexes, mais Bella étant légèrement plus paniquée que le chanteur.
"Oui, on ne t'a peut être pas dit ce que l'on préparait avec Bella, mais nous n'avons pas dit à Bella ce que nous préparions avec toi..." continua Emmett, tout sourire, fier de semer davantage le trouble chez la jeune fille, qui n'apprécia pas la tournure des choses, surtout quand elle vit Edward sourire à son tour.
"Vous voulez dire... qu'elle ne sait pas qu'on... que c'était... vraiment?" vérifia Edward, et devant les sourires de ses frères, ne put retenir un rire.
"Qu'est-ce que je ne sais pas?" finit par demander, angoissée, la jeune fille.
"Tu devais être trop stressée pour remarquer..." commença Edward.
"Trop occupée à te déshabiller du regard, oui!" coupa Emmett, aussitôt tapé par Jasper.
"...trop prise par la chanson" reprit le chanteur "pour noter la présence de points rouges, et de boites noires à certains endroits, près de la scène, au dessus du public, au fond de la salle..."
Devant le regard toujours perdue de la jeune fille, qui s'accrochait maintenant désespérément à son bras, il soupira, un sourire aux lèvres.
"C'était filmé, mon ange..." souffla-t-il doucement
Bella mit quelques instants avant de prendre la parole, n'ayant pas d'autre choix,puisque tout le monde attendait sa réaction, avec un grand sourire, put-elle noter.
"Filmé... filmé..." murmura-t-elle "Mais pourquoi?" interrogea-t-elle, toujours dans l'incompréhension.
Emmett explosa de rire, et Edward ne cacha pas son propre sourire d'amusement.
"Le concert était filmé..." reprit Jasper "comme pour un DVD, par exemple..." sourit-il.
"Ah, vous allez faire un DVD de ce concert, c'est chouette!" s'exclama-t-elle, tout sourire. Avant que son cerveau quelque peu perturbé ne réagisse. "Vous allez faire un DVD de...CE concert?" vérifia-t-elle, et comme tout le monde s'évertuait encore à lui sourire, elle n'eut qu'une seule conclusion possible. "Oh mon Dieu..." maugréa-t-elle, se cachant le visage contre le torse d'Edward. "Traîtres" finit-elle par accuser à son tour, tapant de toute sa force le dos d'Emmett, ce qui ne fut que très substanciel, il faut le dire.
Tandis que les rires des trois frères résonnaient dans toute la salle, depuis longtemps vide, maintenant, elle se permit d'y jeter pleinement un coup d'oeil. Debout, perdue au centre de la scène, seule, elle analysa tout ce qu'elle venait d'apprendre.
Non, elle ne regrettait pas d'avoir chanté. Que ce soit sur DVD ou non, cela ne changeait rien. Elle n'avait pas chanté pour faire parler d'elle, ni dans le but de devenir chanteuse. Si elle avait chanté, c'était pour Edward. Pour lui montrer qu'elle allait mieux, qu'elle avait surmonté ses doutes, ses inquiétudes, ses craintes. Elle avait chanté pour lui, et donc pour elle.
Elle ne voulait pas attendre le haut de l'échelle. On ne l'atteignait jamais. Ou du moins, jamais pour longtemps. Non. Elle n'avait pas cherché à atteindre ce haut de l'échelle par la chanson. Elle avait juste voulu gravir cette échelle, pour atteindre cet échelon précis, celui sur lequel elle se trouvait maintenant, si challengeant, si utopique, mais qui avait fait ses jours et ses nuits. Au prix de beaucoup d'efforts, certainement, elle y avait perdu des plumes, au prix de beaucoup de chute, dont elle avait craint ne jamais en ressortir. Mais ce qui ne tue pas rend plus fort, et elle avait repris encore et toujours sa marche, accompagné d'Edward, de sa musique, de ses napperons. De simples mots, sortis de son esprit, pour se retrouver sur papier, mais qui avaient été les pierres sur lesquelles elle avait marché, lui permettant cette ascension si illusoire.
Aujourd'hui, elle était Bella. Une Belle composée des restes de celle qu'elle avait pu être, et dont les restes feraient un jour la future Bella. Car elle savat qu'elle chuterait, encore. Elle ne comptait peut être plus gravir l'échelle, mais celle-ci risquait de faiblir sous son poids, et il lui faudrait se battre pour la maintenant. Elle y était prête.
Un sourire hanta ses lèvres, et d'un dernier soupir, se retourna, et partit rejoindre Edward.
Elle n'était peut être pas un ange, mais certainement pas un démon. Juste un ange déchu.
A Fallen Angel.
THE END
