La triste fin du crapaud transformé en tortue
Le matin même, plus tard, beaucoup plus tard, aux alentours de midi, Harry débarqua dans la Grande Salle avec le coeur léger, cette impression que plus rien n'a d'importance autour de vous sauf cette personne si particulière et un horrible sourire niais qui lui valut quelques remarques sarcastiques qu'il entendit à peine. Il s'approcha de ses deux meilleurs amis. Il s'installa tranquillement et se servit comme si de rien n'était. Ron et Hermione échangèrent un regard, puis le roux se décida à parler.
- Salut, vieux. T'étais encore dans un de ces foutus couloirs ? Je t'ai pas vu de toute la soirée, nuit comprise.
- Est-ce que, sans te forcer, tu pourrais nous expliquer ou tu étais fourré pour ne réapparaître qu'à l'heure du déjeuner ? renchérit Hermione.
- Je finis de massacrer ce morceau de bœuf et je réfléchis à une réponse, couina Harry - oui, le sourire niais faisait partir sa voix dans les aigus.
- Pas le temps d'attendre que tu continue de bouffer, coupa Ron. T'étais avec lui, hein ? Encore avec lui. Tu foutais quoi ?
- Je t'ai dit d'attendre mais c'était peine perdue que de te demander de faire preuve pour une fois dans ta vie d'un peu de patience – quelle déception.
- Réponds ! insista l'autre.
- A quelle question ? répliqua Harry, plein d'innocence.
- Tu sais très bien à quelle question. Qu'est-ce que tu foutais avec lui ?
- Devine.
- C'est fait, mais dis-le.
- On s'aimait.
- Mais encore ?
- Je sais très bien que tu le sais, donc je ne dirais rien de plus. On s'aimait.
- C'est tout ?
- C'est pas mal.
- Bon.
- Tu ne vomis pas ?
- Non.
- Tu ne pars pas ?
- Non.
- Tu ne te sens pas mal ?
- Non.
- Tu ne m'insulte pas ?
- Non.
- Tu ne me frappe pas ?
- Non.
- Putain, tu sais dire quoi à part 'non' ?
- J'ai une question.
- Pose-la.
- Qui était dessus ?
- Quel con, mais quel con. T'es irrécupérable, sérieusement. Moi.
Alors Ron se leva, contourna la table des Gryffondor et serra Harry dans ses bras en le félicitant à voix basse. Puis il vint se rasseoir en face de lui, la fierté se lisant clairement sur son visage.
- Ron, enfin ! s'exclama Hermione, outrée.
- Ben quoi ? se défendit-il en se tournant vers elle. J'adore ce mec ! Il a réussi à soumettre Malfoy !
- Eh ! Je l'ai pas soumis, espèce de crétin tordu !
- Excuse. Je pensais pas à mal. J'suis fier de toi, vieux, c'est tout. C'était comment ?
- Je sais pas comment expliquer ça en quelques mots, répondit l'intéressé. Tu comprendrais pas, de toutes façons. Pas que tu sois con – quoique – mais c'est… étrange.
- Merci du compliment, grommela Ron. Non mais dis, comme ça, qu'on se fasse une idée…
- Personnellement, les détails ne m'intéressent pas ! trancha Hermione. A mon avis, Harry a droit à sa vie privée, et je le respecte totalement. La curiosité est…
- … une qualité ridicule, trancha le roux. J'ai simplement demandé comment c'était, pas dit que je tenais à avoir toutes les précisions glauques.
- Ca n'avait rien de glauque ! protesta Harry.
- Si tu le dis, concéda l'autre en haussant les épaules.
- Je le dis en le pensant, et si tu l'avais vécu, tu me croirais.
- Je n'y tiens pas, merci. Je préfère Mione.
- Je sais.
- Et après, vous avez fait quoi ? s'enquit Ron, toujours aussi curieux.
- Parlé. Insulté le ciel, méprisé les étoiles, critiqué la lune pour lui. Joué avec le bouton de sa chemise arraché par mes soins en l'écoutant pour moi.
- Et c'était bien ?
- Oh non. C'était beaucoup, beaucoup, beaucoup plus que ça.
- Je comprends pas comment tu peux l'aimer à ce point, mais je le réalise un peu en te regardant quand tu parle de tout ça.
- 'Ronald Weasley et la maturité', le retour ! ironisèrent Harry et Hermione en chœur.
- Ha-ha. Ha-ha. Ha-ha. J'aime qu'on se foute de moi.
- C'est vrai ? sourit le brun. Parce qu'on peut continuer, si tu veux.
- Eh ! Pas parce que tu t'es tapé Malfoy qu'il faut te croire tout permis, toi !
- Je ne me crois pas tout permis, je me fous de toi. Et ne parle pas de lui comme ça. Je me foutais de toi avant de passer la nuit dans ses bras. J'aime me foutre de toi. J'ai le droit, non ?
- J'imagine que si je dis non, ça t'empêchera pas de continuer ?
- Excellente imagination ! s'esclaffa Harry.
- J'aimerai vivre des idylles compliquées, passionnées et ridicules comme tu le fais si bien, moi aussi ! soupira Ron en battant des cils très vite, d'une voix faussement rêveuse.
- Eh ! grogna Hermione. T'en vis une ! Pas compliquée, pas passionnée, pas ridicule, mais une quand même !
- Je sais, sourit le roux. Et ça me va très bien, t'inquiète pas. Parce que je t'aime. C'est le principal, non ?
- Oui, mais si t'étais gay, ça aurait été plus fun ! releva-t-elle avec sa sagesse légendaire.
- Si j'étais gay, je t'aimerais pas, idiote.
- J'aurais aimé t'aimer sans être aimée de toi, ça aurait été plus fun.
- Et depuis quand tu réutilise deux fois le mot 'fun' dans la même minute ?
- Euh, depuis… maintenant ?
- Bien observé, ironisa Ron.
- Merci.
- Modeste.
- Oui, je sais.
« Ils sont vraiment mignons, tous les deux. »
Perdu dans ses pensées attendries, Harry sursauta en croisant le regard de Drago, à la table des Serpentard. Il lui sourit tranquillement, et l'autre répondit, les yeux brillants. Il remarqua que Pansy s'était assise loin de lui et semblait renfrognée. Soudain, une réflexion lui traversa l'esprit.
« Il faudra que je pense à penser à Ginny, tout à l'heure. Je lui dirais ce qui s'est passé. Ou peut-être pas. Elle sera sûrement déçue. Ca serait pas très classe de ma part. J'en parlerai à Hermione, parce qu'elle a toujours une solution logique, ou peut-être à Luna, parce que Luna est prévoyante. Enfin non, pas besoin de demander des conseils, je peux très bien me débrouiller tout seul pour lui expliquer ça. Putain, je pourrais rester des heures rien qu'à regarder ses yeux. Il est tellement… donc, oui, penser à penser à Ginny. Plus tard. »
- Ginny ? J'ai à te parler.
- De quoi ?
- Tu le sais.
- C'est vrai, admit-elle en s'adossant contre un arbre près de lui. Je t'écoute.
- Je n'ai pas envie de te le dire. Regarde-moi et comprends, s'il te plaît.
Elle obéit et conclut rapidement :
- T'as couché avec lui.
- Oui.
- Quand ?
- Y'a trois jours.
- Et tu me le dis maintenant ?
- J'ai oublié de penser à y penser, désolé.
- Je t'en veux pas d'avoir oublié de penser à y penser.
- Mais tu m'en veux pour l'avoir fait, hein ? Je sais que tu m'en veux.
Elle soupira et regarda ailleurs. Il faisait beau, et le parc était rempli d'élèves désireux d'apprécier le soleil à sa juste valeur.
- Pourquoi je t'en voudrais ? dit finalement Ginny. Tu n'es pas à moi. C'est ta vie.
- Oui.
- Tu fais ce que tu veux, ajouta-t-elle.
- Oui.
- Tu l'embrasse si tu veux, tu te le fais si tu veux.
Sa voix commençait à trembler.
- Oui.
- Ca ne me regarde pas. Je m'en fous. Ta vie, répéta-t-elle.
- Oui.
Elle craqua.
- MAIS MERDE, DIS AUTRE CHOSE QUE 'OUI' OU ALORS TAIS-TOI !
- Tu m'en veux.
- JE DEVRAIS ?
- Si tu m'aimes, oui.
Elle ferma les yeux, les rouvrit, le fixa. Il s'efforça de soutenir son regard.
- Est-ce que tu t'amuse bien, Harry, dis-moi ?
- Pardon ?
- C'est drôle, comme jeu ? T'as rien trouvé de mieux à faire ? Je trouve ça dégueulasse, et un peu immature de ta part, franchement. Et plus qu'innatendu, mais tu as beaucoup changé.
- Mais de quoi tu parles ?
- En effet, ça a l'air particulièrement hilarant. Tu sais très bien que depuis le début, tu t'amuse, mais moi, je joue pas, et là, tu viens et tu me fais clairement comprendre que cette fois, c'est bon, achevée. Comme quand un jeu ne t'amuse plus alors que tu sais que tu peux gagner à tout moment mais tu traîne en longueur pour faire en sorte que l'autre en souffre bien, et quand ça t'ennuie, tu gagne, d'un coup, comme ça. Parce que c'était qu'un jeu, hein ? Depuis le début. Entre lui et toi. Et moi, ajoutée comme ça dans la partie. J'avais rien demandé. Je t'aimais, c'est tout, et toi, tu jouais, avec lui. J'ai perdu depuis longtemps, mais là, officiellement. Est-ce que t'as un cœur pour venir foutre le mien en l'air en venant me dire ça ? T'aurais pas dû. Enfin, si, comme ça au moins, je sais à quoi m'en tenir.
- Je croyais que c'était fini, tout ça, Gin'… Je croyais que t'avais compris. Le prend pas comme ça, j'aime pas quand tu le prend comme ça. Je croyais que tu t'en foutais, que t'avais oublié, effacé, gommé, rayé, jeté. Me culpabilise pas, c'est pas ma faute si je l'aime et si je t'aime pas, merde. T'as pas à m'en vouloir. Le but, c'était pas qu'à la fin, tu pleure, c'était que nous, on sourit, c'est tout.
- Je pleure pas, salaud.
- Je sais, tu pleure pas. Tu pleure jamais, quasiment. C'est ta voix qui pleure, et tes yeux qui gueulent. Et c'est pas ma faute. Cherche pas à me culpabiliser, je t'aime pas de la même façon que lui, et si je suis venu, c'est pas contre toi, c'est pour que tu sache, c'est tout.
- Je le sais, maintenant. Je peux partir ou t'as encore autre chose à lâcher ?
- Non, c'est tout. J'attendrais un peu, le temps que tu ai rayé tout ça. J'attendrais que tu reviennes me parler comme à un ami et pas comme à quelqu'un que tu aime désespérément depuis tes douze ans en sachant très bien qu'il ne sera jamais pour toi, jamais à toi. J'attendrais que tu comprenne comme tu semblais avoir compris quand on a passé l'accord. Je t'ai tout expliqué, je n'ai rien d'autre à te dire. Après, si tu t'obstine, ce n'est pas mon problème. Au moins, j'aurais essayé. Au revoir, Ginny.
Elle se leva et partit, avec un dernier regard à la fois dégoûté et incertain, ce qui laissa comprendre à Harry qu'elle reviendrait, un matin, avec son sourire enjoué, et son regard de la petite sœur et de sa dernière découverte extraordinaire. Un matin, mais plus tard. Il s'en foutait, de toutes façons, elle reviendrait.
- Je t'aime.
- Ouais, dit Harry. Je sais. Moi non plus.
- J'aurais jamais pensé dire ça à quelqu'un un jour.
- Ben pourtant, tu l'as dit.
- C'est un fait. Tu te rends compte de ce que tu me fais dire ?
- Oui.
- Et t'es tout fier de toi, en plus.
- Tu te sens comment ?
- Pousfouffle, répondit Drago après réflexion.
- J'ai l'impression que le temps passé sans avoir été avec toi, c'était du temps perdu.
- Je fais souvent cette impression, acquiesça le Serpentard en toute modestie. Le temps perdu, c'est du temps gagné.
- C'est vrai.
- Oui. Je ne mens que si la situation m'y oblige et en l'occurrence, ce n'est pas le cas, donc en effet, c'est vrai.
- Je t'aime, lança soudain le brun.
- Pff, copieur.
- DAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAA !
Ce hurlement doux et tendre qui résonna dans le dortoir des garçons de Gryffondor le lendemain matin eut pour effet d'ouvrir immédiatement les yeux de pauvres adolescents ensommeillés.
- Pas fou, non ? S'quiss'pass' ?
- On égorge le lama ou l'elfe de Noël ?
- Achevez-le, en tout cas !
- Kékiya ?
Telles furent les paroles proférées par ceux que nous baptiseront pour un temps nos fabuleux héros (ha-ha) les Ensommeillés.
- Merde, Nev', qu'est-ce qui t'arrive ?
Premier Ensommeillé, aussi appelé Dean Thomas.
- QUI A FAIT CA ? JE VEUX LE COUPABLE !
Deuxième beuglement de la matinée. Qui aurait cru que Neville pouvait crier aussi fort ?
- Lâche encore un seul couinement comme ça et je t'étripe, assura Seamus-Deuxième-Ensommeillé en se tortillant dans ses draps pour se redresser. Explique.
- Ne faites pas les innocents ! s'écria Neville, à la fois paniqué et hors de lui. Je me suis réveillé à cause d'un bruit bizarre qui venait de sous mon oreiller, et j'ai trouvé Trevor !
- On sait que ce crapaud est immonde, nos yeux meurtris se le tapent tous les jours depuis des années, et c'est aujourd'hui que tu te rends compte à quel point il est affreux ? se plaignit Dean en s'étirant. Putain, mais t'as vu l'heure ? ajouta-t-il en regardant par la fenêtre.
- JE NE TROUVE PAS CA DRÔLE ! hurla Neville. VOUS SAVEZ TRES BIEN POURQUOI C'EST GRAVE ! VOUS L'AVEZ TRANSFORME EN TORTUE !
- Cette fois, c'est bon ! marmonna Seamus en se levant.
Il s'approcha de celui que nous surnommeront Celui-Qui-Beugle, pour ne pas se compliquer la vie. Les deux derniers Ensommeillés réagirent au quart de tour, le devançant. Un éclair roux fonça sur Neville en un rien de temps, le plaquant au sol, tandis que l'autre Balafré le secouait de toutes ses forces.
- MEURS, POURRITURE COMMUNISTE ! gueula Ron en frappant Celui-Qui-Beugle. NE T'AVISE PLUS JAMAIS DE ME REVEILLER A UNE HEURE PAREILLE !
Notons au passage que Celui-Qui-Beugle n'est pas communiste, mais c'est une autre histoire.
- J'aurais aimé dormir, renchérit doucement Harry sans cesser de secouer le malheureux Neville. Il faut pas réveiller les gens qui dorment, tu sais, c'est pas bien. J'étais en plein rêve tout à fait délicieux dont je ne préciserais pas les détails, et tu m'as réveillé. Je n'ai pas trop apprécié, tu sais. Ron a raison. Meurs.
Ainsi mourut Neville, aux côtés de son crapaud – pardon, sa tortue…
Non, quand même pas.
Il survécut. Plein de sang, une bonne dizaine de fractures – oui, les Ensommeillés pouvaient parfois se montrer excessifs le matin –, mais il était vivant. Il passa quelques jours à l'infirmerie. Il était tombé sur sa tortue, poussé par Seamus qui s'était jeté sur lui, et avait croulé sous le poids d'Harry et de Ron qui s'étaient ajoutés à l'écrasement. Celle-ci avait succombé – une petite pensée pour Trevor, mort dans toute sa dignité. Dean n'avait finalement pas participé au massacre de Celui-Qui-Beugle, ayant renoncé à le punir – après tout, pour lui, le sommeil n'était pas une chose si sacrée. Il s'était laissé glisser par terre et avait sortit de sous son lit une réserve cachée de pop-corn au caramel, et avait admiré la scène en silence, comme on regarde un vieux film pas regardé depuis longtemps – quelques années auparavant, Seamus et Ron avaient coloré Trevor en un sublime rose bonbon, et Neville avait pété un câble. Le spectacle était quasiment le même ; réveil à trois heures du matin, hurlements, réaction un peu excessive. Pop-corn au caramel.
Pendant que Harry, Ron et Seamus transportaient le corps dans l'escalier pour le descendre à la salle commune avant de faire disparaître les preuves – balancer le crapaud-tortue par la fenêtre –, il se demanda vaguement si Neville rachèterait un jour un autre animal. Il se dit que si c'était le cas, lui, il rachèterait du pop-corn.
- Chut ! souffla Harry. Pose-le là, doucement. Attention à la tête, faut pas vraiment le tuer non plus. Y'a une tache sur le tapis, là. Essuie un peu… voilà, c'est bon. Vous avez révisé ?
- Vite fait, acquiesça Ron avant de réciter le texte qu'ils avaient improvisé. Il s'est levé tôt. Remarqué l'absence de son crapaud. Descendu comme un malade pour le chercher. Trébuché dans l'escalier. Tombé. Un peu endommagé. Mrs Pomfresh réparera tout ça. Juste le temps qu'il recommence et qu'on le défonce pour de vrai, cette fois. C'est vrai, c'est qu'un crapaud, après tout. Pas de quoi nous réveiller à trois heures du mat', merde.
- Je suis d'accord, approuva Seamus. Bon, tout est prêt, on peut remonter ? S'il nous accuse, on fait comme d'habitude.
- Ouais, on sourit et on plaide non-coupables ! récitèrent Harry et Ron en chœur.
- Parfait. On y va, on fout sa tortue par la fenêtre et on se recouche discrètement.
Il jeta un regard désolé à Neville.
- Désolé, mais c'est pour ton bien.
Les deux autres hochèrent la tête avec enthousiasme et tous les trois disparurent dans l'escalier qui menait au dortoir.
- Pour une tortue ?
Six heures plus tard, à la sortie de la Grande Salle ; Drago, incapable d'aligner plus de trois mots, écoutait très attentivement Harry qui lui faisait le récit de ce qui s'était passé très tôt dans la matinée.
- Pas exactement, en fait, au départ, c'était un crapaud. Tu sais, cette horreur qu'il trimballait toujours partout. On a voulu lui faire une blague, c'est tout. On imaginait pas qu'il recommencerait à gueuler comme en troisième année, quand Ron et Seamus l'avaient changé de couleur. On pensait qu'il avait compris la leçon. Ne me dis pas qu'on a mal fait, il s'en remettra. Et puis, plus de raison de recommencer à gueuler, on a foutu la tortue par la fenêtre.
- C'était quelle couleur ?
- Euh… rose, je crois.
- Ils sont cool, tes potes.
- Ouais.
- Et il est où, Londubat ?
- Ben, à l'infirmerie.
- Pour longtemps ?
- Non. Quelques jours.
- Quelques jours, ça peut vouloir dire une semaine et trois ans.
- Je dirais un peu moins de trois ans, quand même.
- Il a dit que c'était vous ?
- Ca va pas, non ? s'emporta Harry. Tu crois quoi ? Tu le prends pour qui ?
Drago sourit.
- Sympa de sa part…
- Oui. Quand on y pense, oui, très. Surtout après ce qu'on lui a fait…
- Serais-tu pris de remords ?
Harry réfléchit un moment, sceptique. Drago en rajouta légèrement :
- N'oublie pas qu'il vous a réveillé par deux fois à trois heures du matin pour une raison absolument stupide qui ne méritait pas votre interruption de précieux sommeil et…
- C'est bon ! coupa le Gryffondor. Je regrette rien.
- J'ai parfois l'impression que tu as douze ans, soupira l'autre en secouant la tête. Et tes amis aussi.
- Je t'interdis de nous critiquer ! Pas de ma faute si vous savez pas vous amusez, vous ! Parce que vous faites quoi, quand y'en a un qui beugle à tuer des hippocampes à trois heures du matin parce que son crapaud est rose ? HEIN ?
- On ne fait rien, absolument rien, parce que personne ne beugle à tuer des hippocampes dans notre dortoir ; personne n'a de crapaud, et encore moins rose. Mais sinon, d'habitude, c'est très joyeux. Ca se voit que tu ne connais pas Théo…
- Pourquoi ?
- Tu devrais l'entendre engueuler le soleil le matin. Quand y'a du soleil. Et puis, je te parle pas de Blaise. Ce mec a un don pour provoquer des envies de meurtres… Mais bien sûr, tout ça, à côté de tes énormes problèmes apocalyptiques qui t'empêchent de dormir, qu'est-ce que c'est ?
- Rien du tout, en effet ! sourit Harry en passant son bras autour de l'épaule de Drago. Tu compte rester planté ici longtemps ?
- Nan. On va où ?
- N'importe où. J'm'en fous. Tant que c'est avec toi.
- Poétique, Potter. J'en vomirai presque, si c'était pas de toi que ça venait.
- Merci du compliment.
- Mais de rien.
- Alors, où ?
- Je sais pas, marche, on verra bien.
Harry hocha la tête et, sans enlever son bras, commença une lente ascension dans l'Escalier, en quête d'une destination encore floue.
Peu importait, de toutes façons.
J'suis désolée pour l'attente =$
Si vous voulez une suite, faut le dire, parce que je sais pas trop quand m'arrêter en fait.
Enjoy =)
