Avertissement : Rien à signaler pour ce chapitre...
Bonne Lecture !
Yzan et Lili.
~ Chemins de traverses ~
Chapitre 21 : Quand le chemin s'éclaire...
"Pardonne-moi, Naruto... J'ai une vengeance à accomplir..." Les souvenirs de leur combat dans la vallée de la fin et ses propres paroles prononcées ce jour là se dissipèrent dans une brume légère. Son frère se dressa face à lui, dans les vapeurs de fumée blanche. Son frère, Itachi... vêtu de son t-shirt noir et de son pantalon marron clair. Est-ce qu'il était mort ? C'était pour ça qu'il le voyait ? Il était venu le chercher ? Un fin sourire éclaira les traits de son aîné, ses pupilles noires si semblables aux siennes plongeant dans son regard. Oui, c'était certainement ça.
" Quoi que tu fasses je t'aimerai toujours." Les paroles douces et chaleureuses murmurées s'accompagnèrent d'une sensation fantomatique sur son front. Itachi, Itachi attends... Attends-moi... Reste avec moi, ne me laisse pas seul. "Tu n'es plus... seul". Je te vengerai Itachi, je te le promets, alors reste... reste avec moi... ne me laisse pas... Itachi... Mais il eut beau tendre les mains devant lui, son frère lui échappa et se dissipa dans ces vapeurs inconsistantes, l'abandonnant là, désemparé.
Deux oiseaux pépiaient sur le rebord d'une fenêtre, leur chant enthousiaste traversant la vitre aux rideaux entrouverts. De l'autre côté de la paroi transparente, la lumière chatoyante des rayons du soleil de ce jour d'été baignait la pièce aux murs blancs et au mobilier impersonnel. La chevelure d'or d'un jeune homme brilla de mille éclats mordorés alors qu'il soupirait doucement. A ses côtés, deux berceaux accueillaient deux bébés qui venaient de s'endormir paisiblement.
Sa main tannée caressa chacune des joues potelées des nourrissons enfin repus. Sayuki et Makoto, sa fille et son fils, s'étaient assoupis après avoir adorablement tétés leurs biberons. C'était magique de les voir bouger, respirer, ouvrir leurs petits yeux, remuer leurs lèvres minuscules, vivre tout simplement. C'était incroyable. Ça y était, il était papa. Il avait... Il avait une famille, sa famille. Ses yeux devinrent humides et une larme coula sur sa joue. Il était heureux, si heureux, et en même tant si incroyablement inquiet. Est-ce qu'il serait à la hauteur ?
Il essuya ses paupières d'un revers de manche et se retourna vers le lit une place dont la tête était appuyée contre le mur. Naruto s'approcha doucement et reprit sa position initiale sur la chaise à côté du matelas recouvert de draps blancs. Sa main effleura le front pâle de celui qui était allongé là, celui par qui ces deux petits miracles existaient, le pilier de sa famille. Il glissa sa paume sur le dos de cette main inerte, fine et gracieuse. Il accrocha deux de ses doigts à leurs jumeaux déliés. Sasuke... Ce lien qui avait toujours existé entre eux venait de prendre une nouvelle dimension.
Il plissa les yeux, sentant pourtant confusément qu'il s'accrochait à quelque chose.
- Sasuke... Sasuke...
Cette voix chaude et vibrante qui murmurait son prénom, il la connaissait. Il ne la connaissait même que trop bien. Naruto... Naruto l'appelait... Naruto... Il battit lourdement des paupières. Son regard se fronçant sous la lumière trouble. Des orbes azurées apparurent dans un visage bronzé et souriant, surmonté par des mèches courtes et blondes en batailles.
- Sasuke, tu es enfin réveillé ! Tu m'as fait une peur bleue tu sais !
- … Naruto...
Il sentit une poigne forte et chaude se refermer sur sa main et se mettre sensiblement à trembler.
- Ne me refais plus jamais ça. J'ai bien cru que tu allais y passer, moi ! Et comment j'aurais fait après, hein !
Une étreinte fébrile se referma sur ses épaules alors qu'il était écrasé et serré compulsivement contre un torse recouvert d'orange et de noir. Naruto... Son odeur, sa présence flamboyante et envahissante... aucun doute, il était en vie.
-... Usuratonkachi... tu m'étouffes...
- Ah ! Désolé, Teme. C'est que j'ai eu si peur, tu comprends ? Est-ce que ça va ?
- … Hn...
Il retrouva le confort doux des oreillers pendant que son crétin personnel se grattait furieusement l'arrière du crâne, gêné tout en lui souriant, alors qu'il se rasseyait sur la chaise toute proche du lit.
- Vraiment ? Tu te sens bien, t'es sûr ?
- … combien de fois il faudra que je te le dise, baka.
Un gloussement idiot résonna, s'échappant difficilement de la gorge tannée, alors qu'une main toute aussi bronzée se portait à un œil azuré qui se ferma, une larme s'en échappant.
Naruto était soulagé, soulagé et heureux, terriblement heureux, inconditionnellement heureux même. Sasuke s'était enfin réveillé et il allait bien, parfaitement bien, égal à lui-même. Son cœur se gonfla dans sa poitrine, débordant d'amour. Il était... il était comblé et fou de bonheur, si content que la tête lui tournait. Sasuke avait repris connaissance et allait bien. Le centre de son univers avait enfin reprit sa place. Il nageait en pleine extase euphorique et joyeuse. Tout était rentré dans l'ordre.
Les yeux de Sasuke dépassèrent le visage souriant qui ne cessait de rire bêtement de temps à autre et de le regarder. Les orbes sombres se posèrent sur les deux berceaux de plastiques derrière Naruto. Le blond, suivant la direction des prunelles noires, sourit de plus belle à son ancien coéquipier.
- Ils dorment. Ils ont tété y a pas longtemps. Tu veux les voir ?
Les sourcils finement dessinés dans le visage altier se froncèrent légèrement. Ainsi donc, ce n'était pas un rêve. C'était vraiment arrivé. Il avait rencontré Naruto dans cette forêt, ils s'étaient battus, et le démon renard avait pris le dessus et s'était vengé. Il était tombé enceinte. Il avait vraiment passé tout ce temps à Konoha, Konoha, le village qu'il voulait détruire, avec Naruto. Tout ça était réel, bel et bien réel. Tout, absolument tout... Jusqu'à ces douleurs horribles, et ces deux naissances, qui avaient bien failli avoir raison de lui.
Il était tombé enceinte, enceinte de Naruto, et il avait... accouché... aussi fou que cela puisse paraître. lI avait porté deux bébés dans son ventre, et il les avait... mis au monde... Des enfants, ses enfants, leurs enfants... Ils existaient, ils étaient vraiment là. Sa descendance, ses gênes, son sang, la chair de sa chair, la poursuite de la lignée du clan Uchiwa, liée à tout jamais à celle de Naruto, le jinchuriki, son ancien coéquipier, son rival, son ami, son meilleur ami.
Le shinobi à la chevelure dorée se leva et alla prendre dans ses bras, avec mille précautions, chacun des nourrissons qui dormaient paisiblement. Il revint vers le lit où le nukenin s'était peu à peu redressé sur sa couche, s'asseyant sur le matelas, grimaçant fugacement quand son ventre se mit à tirailler douloureusement. Le blond lui tendit le bébé enveloppé dans une grenouillère bleu ciel ornée d'une petite grenouille verte sur le ventre, emmitouflé dans un bonnet assorti.
Le jeune père se réinstalla sur sa chaise, leur fille, leur petite Sayuki, entre les bras, tout sourire, observant Sasuke faire connaissance avec son fils, leur fils, Makoto. Son compagnon le tenait tout contre lui, allongé dans ses mains fines. Il le regardait, le détaillant avec la plus grande attention du monde, l'observant comme s'il l'étudiait sous toutes les coutures. Ses doigts hésitants frôlèrent ensuite tout doucement la joue du tout petit être, blotti dans son avant bras replié, qui remua inconsciemment ses petites lèvres, se mettant à les téter avec un petit bruit de succion.
Cette image valait bien tout ce qu'ils avaient traversé depuis le retour de Sasuke à Konoha. Les moments de doutes, les disputes, les crises, les paroles blessantes. Tout ça n'avait plus d'importance, parce que maintenant ils étaient parents. Tous les deux, ensemble, ils avaient deux magnifiques enfants, la relève de Konoha, le prolongement de la volonté du feu, la concrétisation de leur lien si fort. Et Naruto ferait tout pour protéger ça, maintenant plus que jamais.
Il aimait Sasuke, encore plus qu'avant, si c'était possible. Si seulement le brun pouvait voir les choses comme lui les voyait, qu'il puisse voir enfin cet avenir radieux qui s'annonçait. Si seulement les ténèbres qui l'habitaient pouvaient enfin disparaître et le laisser en paix, à ses côtés, auprès d'eux trois. C'était là qu'était sa place. Ils formaient une famille maintenant. C'était leurs enfants, à eux deux. Se venger, noyer sa haine dans le sang, est-ce que ça avait plus d'importance que ça ? Cette rage, ce désir de laver le nom de son clan dans une tuerie meurtrière, ne pourraient-ils pas disparaître, remplacés par l'amour qu'il lui portait et celui de ces deux petits êtres qui auraient besoin de lui ?
C'était étrange... Voir cet enfant, ce bébé entre ses bras, et se dire que c'était le sien, que c'était ça qu'il avait porté dans son ventre pendant plus de huit mois. Lui qui n'avait jamais songé à survivre après son combat avec Itachi, lui qui ensuite avait juré la perte de ce village qui était responsable du massacre de toute sa famille, lui qui était à des années lumières d'avoir un jour une descendance, obnubilé par sa vengeance. Il était devenu père... avec Naruto, ce baka de Naruto, qui n'avait jamais cessé de le poursuivre, qui l'avait soutenu sans faillir depuis qu'il était revenu, et qui... l'aimait. Une famille... ils étaient devenus une famille... Lui qui croyait que tout ça appartenait définitivement au passé.
Un sentiment étrange gonfla son cœur, et il releva les yeux, pour plonger dans deux océans azurés remplis de tendresse et d'affection. Il avait un fils et une fille, lui, le renégat, le nukenin, le ninja le plus doué et le plus dangereux pour ce village qu'il avait abandonné et trahi et qu'il avait juré de détruire. Il avait fondé une famille, contre sa volonté, avec le seul être capable de se dresser sur sa route. Et maintenant, qu'allait-il se passer ?
- Ils sont beaux, hein ? Makoto a tes cheveux, mais je crois que Sayuki aura tes yeux. Elle a les yeux beaucoup plus foncés que ceux de son frère. Dis, tu te rends compte ? Ça y est, on est des parents !
- … Hn...
- Oba-chan a dit que tu devais te reposer. Tu vas devoir rester tranquille ici pendant une semaine, à cause de l'opération, au cas où il y aurait des complications et tout ça. Ensuite, je te ramènerai à la maison, avec nos enfants. Si tout se passe bien, tu devrais récupérer rapidement. Ton chakra a déjà retrouvé un aspect un peu plus normal, même s'il est au plus bas. Et puis, celui de Kyuubi a presque disparu, chez toi et chez eux. C'est pas une bonne nouvelle ça ?
- On échange ? proposa ensuite Naruto, en parlant des bébés, son sourire lumineux toujours présent sur ses lèvres.
- … Je suis fatigué...
Le ninja blond n'ajouta rien et hocha juste silencieusement la tête, indiquant par là qu'il comprenait. Il récupéra l'enfant entre les bras pâles, vraiment très pâles, de Sasuke et recoucha les deux bambins dans leurs berceaux.
Oui, il comprenait. Sasuke avait besoin de temps. Il avait frôlé la mort, et l'expérience de l'accouchement n'avait pas été des plus agréables. Il venait à peine de reprendre pied après avoir passé plus de cinq heures d'affilée inconscient. Lui-même avait bien cru que son brun allait définitivement y passer. Il n'oublierait jamais les flots de sang rouge couler et couler encore malgré les efforts incessants de Tsunade et de Shizune, et si elles avaient enfin réussi à endiguer l'hémorragie, il s'en était vraiment fallu d'un cheveux.
Il passa une main douce dans les mèches brunes de celui qui s'était précautionneusement rallongé. Les orbes sombres se détachèrent des deux berceaux de plastiques pour plonger dans ses pupilles azur qui dévisageaient le visage si blême, trop heureux de le voir en vie. Sasuke l'observa mais ne dit rien de plus, se contentant de le regarder de cette manière si particulière, presque perçante. Le jinchuriki souffla doucement et esquissa un nouveau sourire, moins joyeux, juste tendre et amoureux.
Sasuke le vit s'approcher, contourner le lit et y grimper doucement. Et ce fut presque avec soulagement qu'il sentit le poids du matelas s'affaisser lorsque Naruto s'allongea, sur le flanc, tout contre lui, revenant caresser ses cheveux et glisser une main lâche autour de sa taille. Sa chaleur, son odeur, sa présence tout simplement, l'enveloppèrent et il ferma les yeux. Comment faisait-il pour comprendre ce qu'il voulait, quand lui-même ne le savait pas vraiment ? Il était fatigué, si fatigué...
L'hôte du démon renard caressa les cheveux noirs de jais longtemps après que le souffle de son compagnon devint lent et régulier, et bien après que les traits fatigués ne se soient détendus sous l'effet d'un sommeil profond. Kamisama, qu'il l'aimait ! Il sourit tout contre la chevelure sombre, sentant des doigts frais se nouer inconsciemment aux siens et un léger grognement satisfait s'élever de l'être endormi, la tête tournée vers les deux berceaux.
Un mouvement attira l'attention de Naruto sur les berceaux où dormaient les jumeaux. Précautionneusement il se leva, prenant garde à ne pas réveiller son amour, et se dirigea vers ses enfants. Se penchant au dessus d'eux, il constata attendri que ceux-ci dormaient profondément. Rassuré, il s'assit sur la chaise prés du lit de l'homme de sa vie et, croisant les bras sur matelas, il le contempla endormi.
Tsunade était passée pour examiner son patient et prendre des nouvelles de la petite famille. La scène qu'elle surprit quand elle entra dans la pièce fit fleurir un sourire attendri sur ses lèvres. Naruto était endormi sur la chaise toute proche du lit, sa tête alanguie posée entre ses bras croisés sur le matelas, les doigts de l'une de ses mains discrètement entremêlés à ceux plus pâles du jeune père dont le regard sombre était posé sur la chevelure dorée.
Les pupilles noires se fixèrent sur elle dès qu'elle referma la porte de la pièce dans son dos. La Godaime soutint sans ciller les deux billes noires qui l'épinglèrent avec acrimonie dans le visage impassible. Le simple bruit du battant qu'elle avait rabattu suffit à réveiller Naruto qui visiblement ne dormait que d'un œil. Il se redressa et se frotta les paupières, ses orbes azurs vérifiant immédiatement que Sasuke était toujours à sa place, dans le lit.
Ce détail n'échappa pas à la sanin et lui serra le cœur. Son petit protégé n'était pas au bout de ses peines avec un oiseau pareil.
- Oba-chan ! Bonjour, qu'est-ce qui t'amène ? lança joyeusement le jeune homme quand il l'aperçut, un sourire radieux naissant sur sa figure, alors qu'il s'étirait et se levait.
- Bonjour Naruto, je suis venue examiner Sasuke et vérifier que tout allait bien, répondit-elle d'une voix tranquille tout en s'approchant du lit.
Un pleur poupin résonna dans la pièce, presque immédiatement suivi d'un deuxième, et ce fut dans un concert de petits braillements que l'Hokage assista aux activités du jinchuriki qui prenait son rôle de père très au sérieux. Ce dernier réagit au quart de tour et se précipita vers les berceaux, prenant dans ses bras les deux êtres minuscules, tordant le nez quand une odeur nauséabonde se dégagea de l'un des deux bébés.
Curieuse de voir comment le ninja le plus puissant de sa génération allait gérer ça, elle l'observa, amusée, tout en abaissant le drap blanc qui recouvrait le corps pâle semi allongé. Un clonage plus tard, la situation était amplement maîtrisée, même si voir Naruto aux prises avec une couche était des plus comique. Deux blonds bercèrent bientôt chacun des nourrissons, leur murmurant des paroles réconfortantes, le tout sous la surveillance accrue d'un regard noir.
La femme médecin ausculta le ventre blême qui avait largement désenflé depuis la délivrance. Il était à présent traversé d'une cicatrice encore boursouflée sous le pansement. La ligne horizontale rougie se situait sous le nombril, à la limite du pelvis, et mesurait un peu plus d'une dizaine de centimètres. Elle passa sa main recouverte de chakra médical au dessus pour accélérer la guérison et vérifier qu'il n'y avait pas d'infection. Le reste de l'auscultation de son patient se fit dans le calme, le jeune homme renfrogné répondant à peine à ses questions.
- Alors ? questionna soudain Naruto, plantant son regard dans les yeux de sa grand-mère de cœur.
- C'est en bonne voie de guérison. Ne t'inquiètes pas Naruto, Sasuke se porte comme un charme, ou en tout cas aussi bien qu'un homme fraîchement accouché peut l'être.
Elle tourna ses yeux noisette vers le premier concerné et prit un air sévère, pour être sûre de bien se faire comprendre.
- Tu dois te reposer, et éviter de tirer sur les points, le temps que ça se résorbe. On t'enlèvera le pansement d'ici deux jours. Ton chakra est redevenu stable mais tu es encore très faible, je vais te laisser le temps de te retaper un peu, tu as perdu beaucoup de sang. Mais ensuite, je te remettrai les bracelets anti-chakra. J'espère que tu ne feras pas d'idioties d'ici là.
Seul un sifflement indigné lui répondit.
- Je te le confie Naruto, veille à ce qu'il s'alimente bien. Il lui faut du calme et de la tranquillité.
- Compte sur moi ! rétorqua le ninja plein d'entrain.
La femme blonde engoncée dans son sempiternel haut de kimono vert esquissa un sourire, et se prépara à partir, laissant tout ce petit monde s'ajuster à sa nouvelle vie.
- Ah ! Une dernière chose, les hormones de Sasuke sont en train de redescendre et de se stabiliser. Tu risques de te sentir un peu à fleur de peau et émotif pendant quelques temps mais ça devrait vite te passer, ajouta-t-elle tout en les quittant, rassérénée.
Le brun fusilla la Godaime du regard alors qu'elle s'en allait, croisant ses bras sur son torse. Kamisama, qu'il avait hâte de redevenir enfin lui-même. Son crétin personnel s'approcha de lui, détournant son attention de son introspection.
- Tu veux la prendre ? Regarde, elle est toute mignonne, dit le blond en lui présentant leur fille.
Perplexe, Sasuke se retrouva avec son bébé dans les bras, pendant que Naruto récupérait leur fils, faisant disparaître son clone qui avait été bien utile.
Le descendant du clan décimé observa la petite chose minuscule qui s'agitait doucement dans une grenouillère vert pâle, serrant ses petits poings minuscules. Il ne résista pas à la tentation de débarrasser le petit crâne du bonnet qui masquait le duvet blond et caressa la petite tête chétive. Le jinchuriki se réinstalla sur la chaise proche du lit, berçant doucement leur fils.
- Elle est très calme, beaucoup moins agitée que celui là, dit Naruto.
Le masque impassible sembla se détendre peu à peu et l'hôte du démon renard souffla intérieurement. Il avait un peu craint le réveil de Sasuke et sa réaction face à leurs enfants. Après tout, il n'avait pas choisi d'en avoir et encore moins de les porter. Mais finalement, ce dernier semblait accepter les bébés que pourtant il avait tenté d'éradiquer au début de sa grossesse. Sa grand-mère de cœur lui avait dit que d'ici quinze jours, trois semaines au plus tard, son ancien coéquipier serait totalement remis sur pieds. Et il savait pertinemment que ce n'était qu'un sursis supplémentaire, avant que ce dernier ne reprenne sa route, de son côté.
Il ne pouvait s'empêcher d'espérer que ces quelques semaines passées avec lui et avec leurs enfants, unis, formant une vraie famille, le convaincraient de rester à leurs côtés. Mais il n'était pas stupide au point de se leurrer, rien n'était moins sûr. Pourtant, il avait espoir. Il avait foi en l'avenir. Peut être qu'être père retiendrait Sasuke à Konoha ? En même temps, il ne voulait pas le voir malheureux et triste, et si rester au village devait le faire souffrir, alors peut-être qu'effectivement partir serait la meilleure solution pour lui.
Sa fille... Elle avait les cheveux blonds et ses yeux étaient d'un bleu très sombre. Naruto avait raison, il y avait de fortes chances pour qu'elle ait les yeux aussi noirs que les siens. Du bout du doigt il caressa une joue rose, un peu surpris par la douceur de la peau. C'était si étrange... Sa fille... Une famille... Lui qui avait perdu la sienne soi-disant au nom de la paix de ce village. Ce village qu'il s'était juré de détruire...
Est-ce qu'il pourrait détruire Konoha en sachant que ses propres enfants s'y trouvaient ? Non, probablement pas... Il savait déjà qu'il ne le pourrait pas. Alors quoi, que faire ? Malgré le fait qu'il tenait sa propre fille entre ses bras, son cœur n'était toujours pas apaisé. Et maintenant qu'ils étaient là, ses enfants, il ne pouvait s'empêcher de ressentir une vague d'inquiétude l'étreindre. Ici, à Konoha, ils n'étaient pas en sécurité. Et il ne pouvait se fier à Naruto, ce crétin était bien trop naïf et faisait bien trop confiance à tout le monde.
Ils portaient ses gênes, ils développeraient peut-être un jour le Sharingan. Sa famille, son frère, tout son clan, étaient morts pour cette pupille à virgule et le pouvoir qu'elle conférait. Le conseil ne tarderait pas à venir mettre son nez dans leurs affaires. Un élan protecteur déborda de tout son être. Même sans chakra, il les protégerait ! Il ne laisserait personne faire du mal à son fils et à sa fille, ça au moins c'était clair. Et puis, même si le blond était un idiot, il était certain que lui aussi les protégerait si besoin était. Supprimer le conseil, voilà une chose qui le soulagerait sans doute. Il faudrait qu'il y pense... Quand il aurait retrouvé toutes ses capacités, il pourrait à nouveau agir...
Sayuki ouvrit ses yeux bleus marine et le fixa sans bouger. Hypnotisé par cette toute petite fille qu'il tenait dans le creux de son bras, Sasuke sentit une étrange tendresse lui serrer le cœur. Son doigt fut saisi par la toute petite mimine et enserré dans une poigne enfantine étonnamment forte. Les orbes indigo se fermèrent et sa fille s'endormit paisiblement, sa main agrippant toujours son index.
Pourquoi avait-il soudainement envie de pleurer ? C'était quoi cette émotion qui l'étreignait ? Ce fut le bruit d'un coup frappé à la porte qui le tira de sa contemplation fascinée. Levant la tête, il se tourna vers le battant de bois qui s'ouvrit sur Iruka. Naruto salua joyeusement son père de cœur et l'invita à s'asseoir. Doucement, il déposa son fils dans son berceau avant de faire de même avec sa fille, l'enlevant des bras de son brun qui ressentit une impression bizarre de vide intense.
Iruka s'extasia sur les faux jumeaux, les enfants de Naruto et de Sasuke. Il n'aurait jamais imaginé voir ça un jour. Ils étaient tout simplement adorables, mignons comme tout. Et celui qu'il considérait comme son fils adoptif semblait avoir la situation bien en main, avec son énergie et sa bonne humeur habituelles. Finalement, ce jutsu de multiplication appris à l'académie était vraiment devenu un atout majeur, même dans sa vie de tous les jours. Il sourit aux souvenirs des premiers essais de Naruto sur les bancs de l'école. A l'époque, ce n'était qu'un enfant turbulent et pas très prometteur, et aujourd'hui, c'était un ninja accompli et... un père.
Il était sans cesse à l'écoute de ses deux enfants, veillant sur eux, sans jamais oublier de garder un œil sur l'autre parent, Sasuke. Il se pliait en quatre pour toute sa petite famille et ça faisait plaisir à voir, même si le nukenin ne manquait pas une occasion de l'assaisonner de remarques assassines. Pourtant, rien ne semblait pouvoir entamer la joie de vivre et l'optimisme du jinchuriki. Il n'y avait vraiment que lui pour supporter le tempérament taciturne de Sasuke. Ils formaient un drôle de couple tous les deux, mais l'amour que Naruto portait à son brun et à leurs enfants était aussi visible que flamboyant.
~oOo~
Le sourcil du brun se souleva et tiqua légèrement. Depuis hier, il avait l'impression que sa chambre était devenue le lieu de rencontre de tout Konoha. Toute l'équipe de surveillance étaient venue leur rendre visite, un par un, sans compter son ancienne coéquipière, et maintenant c'était à nouveau le tour d'Iruka. Un fort sentiment de possessivité et de protection l'étreignit. Ils ne pouvaient pas les laisser tranquilles tous là ! Il avait besoin de repos et de calme, et voir tous ces gens le dérangeait au plus haut point.
Et pour couronner le tout, l'Hokage s'était bien foutu de sa gueule. Un peu émotif ? C'était une véritable catastrophe oui ! Il ne pouvait s'empêcher de pleurer pour un oui ou pour un non. Et c'était de plus en plus embarrassant, surtout quand en prime, il se payait des spectateurs !
- … Elle est affreuse cette grenouillère. Change-la... lança-t-il à Naruto qui rhabillait Sayuki.
- Quoi ? Pourquoi ? Ça lui va très bien ! Je ne vois vraiment pas ce que tu lui reproche moi, c'est très joli sur elle ces rayures vertes et rouges, lui répondit gentiment le papa attentionné.
Et comme de bien entendu, sous les yeux ronds de son ancien instituteur mal à l'aise, Sasuke sentit ses yeux s'emplir de larmes et une tristesse incroyable l'envahir. Tout ça pour une fichue grenouillère que Naruto s'entêtait à ne pas vouloir changer. Mais elle était vraiment moche cette grenouillère ! Il fallait être aveugle pour ne pas s'en rendre compte. Pourquoi cet idiot s'ingéniait à enlaidir leur bébé ? Il trouvait sans doute que ce n'était pas assez difficile comme ça ? Il avait l'impression que Naruto faisait tout pour le faire pleurer.
Devant les gros sanglots incontrôlés qui commencèrent à sourdre du jeune homme brun récemment accouché qui se recroquevilla sur lui-même dans le lit pour masquer son désarroi, Iruka décida prudemment de battre en retraite. Il aurait tout le temps de revenir prendre des nouvelles un peu plus tard. Naruto se dépêcha de finir d'emmailloter sa fille dans l'habit incriminé et de la déposer dans son berceau pour venir consoler pour la énième fois un Sasuke qui n'en menait pas large.
Même si Tsunade les avait prévenus, voir celui qu'il aimait larmoyer pour des choses sans réelle importance était des plus étrange. Ça venait sans prévenir et ça se calmait ensuite, sans aucune logique. Mais un Sasuke secoué par des hoquets irrépressibles alors que ses yeux étaient noyés de perles salées, ça lui crevait le cœur, et il avait hâte que ça se calme un peu. Car même s'il trouvait ça adorable, son amour avait l'air authentiquement éperdu quand ça lui arrivait. Et voir le père de ses enfants dans cet état, il n'aimait pas ça, il n'aimait même pas du tout, car ça ne lui ressemblait absolument pas.
Naruto le prit dans ses bras et Sasuke se retrouva abrité dans les replis du tissu noir et orange qui recouvrait le torse contre lequel il fut blottit. Il détestait ça, il détestait vraiment ça. Il se faisait l'effet d'être un gamin de quatre ans, et il y avait longtemps qu'il n'était plus un gamin. Quand est-ce que ses hormones le laisseraient enfin tranquille ? Il n'en pouvait plus ! Il frisait le ridicule. Il n'était pas un faible, il avait passé l'âge de pleurer comme un enfant perdu, surtout pour une histoire de couleur de grenouillère en plus !
Deux pouces bronzés essuyèrent ses yeux embués de larmes, glissant doucement sur les joues pâles, les lèvres charnues baisèrent tendrement le front encadré par deux lourdes mèches noires. Naruto souffla doucement des excuses à son bien-aimé, lui promettant de changer la grenouillère de leur fille la prochaine fois. Plongeant ses yeux azurés dans les onyx de celui qui était le centre de son univers, il se pencha vers la bouche fine et l'embrasa chastement.
Quand les lèvres douces et sucrées du blond quittèrent les siennes, Sasuke n'eut qu'une envie, les reprendre avec plus de passion. Cette envie pressante le surprit, il pensait que ce n'était dû qu'à ses hormones en folie, mais celles-ci étant en berne, il ne pouvait pas les incriminer. Pourtant, il avait l'envie irrépressible de sentir la bouche du jinchuriki sur la sienne, de sentir leurs langues danser ensemble, que les mains de son blond parcourent sa peau et l'enflamment comme elles le faisaient si bien.
Ne sachant que faire de cette envie, ni comment l'exprimer, il posa sa bouche sur celle de Naruto, en un baiser plus insistant. Il soupira de bonheur en sentant les lèvres charnues bouger sous les siennes. Tendrement, leur échange s'approfondit, leurs langues se redécouvrant avec une avidité grandissante. Leurs deux corps se rapprochèrent, se moulant l'un à l'autre, les mains fines se glissèrent dans les mèches blondes alors que les paumes puissantes enserraient la taille bien plus fine qu'auparavant.
Pourquoi, pourquoi fondait-il encore sous les sensations toujours étourdissantes que son crétin personnel déclenchait chez lui ? N'aurait-il pas dû ne plus rien ressentir ? Voir être dégoûté ? Pourtant le tourbillon délicieux était toujours là, bien présent, noyant son esprit, rallumant ce feu dans ses reins qu'il connaissait bien. Il ne put retenir un léger gémissement quand les paumes chaudes se moulèrent sur ses fesses. Kamisama, que lui arrivait-il ?
Lentement, Naruto détacha ses lèvres de celles de l'amour de sa vie, souriant à l'entente de la légère plainte de frustration de celui-ci. Les yeux noirs s'ouvrirent, brillants d'envie, et le fixèrent un peu interrogatif. Le blond souffla tendrement :
- Je t'aime ! Merci... Pour ces beaux enfants que tu m'as donné...
A sa grande honte, il sentit ses joues pâles rougir. Plus gêné qu'autre chose, Sasuke grommela :
-... Usuratonkachi...
~oOo~
Tsunade retira précautionneusement le pansement qui couvrait le bas ventre de son patient, vérifiant au passage la cicatrisation. Ne voyant rien d'anormal, elle se redressa et s'adressa aux deux garçons :
- Tout va bien. Tu peux laisser la cicatrice à l'air libre maintenant. Il faudra que tu la masses régulièrement avec une pommade pour qu'elle s'assouplisse et ne devienne pas une gêne par la suite.
Sortant de sa poche deux bandes noires gravées de seaux complexes, elle poursuivit :
- Étant donné que tu récupères bien, et que les jumeaux se portent comme un charme, vous pourrez rentrer chez vous dès demain. Sasuke, en attendant qu'une décision ferme et définitive ne soit prise à ton sujet, tu vas devoir reporter ces bracelets anti-chakra.
Sans un mot, le brun laissa la Godaime lui passer les bracelets aux poignets. De toute façon, il n'avait pas la moindre idée de ce qu'il voulait faire, et il comprenait parfaitement qu'au vu de ses antécédents, la Hokage prenne des précautions.
- Le conseil tient à être informé de l'évolution de ta situation, repris la blonde, je leur annoncerai la naissance des jumeaux demain, quand vous serez rentrés chez vous. Bien entendu, l'équipe de surveillance vous raccompagnera.
- Obaa-chan... Peut-on prévenir nos amis ? Juste eux ? demanda Naruto.
Les sourcils noirs se froncèrent, prévenir leur amis ? Il n'avait pas d'amis, lui, et n'avait pas vraiment envie de voir les si précieux amis du blond débarquer chez eux.
Face au regard suppliant de son protégé, la médic-nin céda mais posa la condition que ce serait elle qui leur annoncerait. Elle quitta la pièce sous les remerciements enthousiastes de Naruto et le silence renfrogné de Sasuke. Arrivée dans le couloir elle soupira profondément, les amis du jinchuriki allaient avoir un sacré choc à l'annonce de la nouvelle. Une migraine pointa le bout de son nez rien qu'à penser à la réaction des shinobi.
Une fois seul, Naruto se pencha sur le ventre dégonflé de son amour et regarda de près la cicatrice encore rouge et légèrement enflée.
- Je vais te la masser, d'accord ?!
-... Tss, je peux le faire tout seul, baka ! répliqua le brun.
- Ah mais Sas'ke, j'adore te dorloter ! Laisse-moi faire s'il-te plaît !
Maugréant dans sa barbe inexistante, le jeune accouché rendit les armes et se rallongea sur le lit, acceptant muettement que son crétin personnel s'occupe de lui. Plus qu'enchanté de pouvoir bichonner celui qui était le centre de son univers, le jinchuriki prit la pommade que Tsunade avait laissée. S'en étalant généreusement sur le bout des doigts, il posa ses mains sur la peau pâle et étonnamment flasque du ventre qui avait donné naissance à ses deux petites merveilles.
Doucement, petit à petit, il massa la zone couturée, avec mille précautions. Ses doigts chauds roulèrent sur l'épiderme martyrisé, frottant légèrement pour faire pénétrer la lotion grasse réparatrice. Voyant qu'il ne faisait aucun mal à son bien aimé, il prit de plus en plus d'assurance, pinçant délicatement la peau, appuyant dessus, la faisant rouler entre ses doigts, cherchant à l'assouplir sur tout l'endroit incriminé. Ce serait une nouvelle cicatrice à ajouter au palmarès de Sasuke, mais une belle cicatrice, une cicatrice synonyme de vie.
Sasuke se détendit, sentant les mains chaudes malaxer agréablement sa peau malmenée. Bizarrement, ça lui fit du bien de sentir les paumes de Naruto palper, presser et pétrir son épiderme. Une pointe de désir le traversa, le surprenant totalement. Il avait envie que ces mains-là naviguent sur son corps, d'une manière... beaucoup plus intime. Il mordilla sa lèvre inférieure, perturbé, sentant les doigts chauds dériver vers la vergeture qui partait de son nombril et se perdait en ligne droite jusqu'à la limite de son pubis.
Naruto en profita pour masser aussi la craquelure qui fendillait l'épiderme laiteux, ne descendant pas plus bas que l'amas du draps qui s'accumulait à la limite des hanches, masquant le bas du corps qui n'était plus rebondi et qui disparaissait sous le tissu blanc.
- Ah, c'est vrai que tu en as d'autres à l'intérieur des cuisses. Ça va leur faire du bien si je les masse aussi avec ça, lança-t-il au nouvellement accouché en relevant soudainement sa tête.
Ses orbes sombres croisèrent les pupilles azurées et Sasuke se sentit légèrement rougir. Pourquoi se sentait-il si mal à l'aise tout à coup ? Il avait fait bien pire que ça avec lui, n'est-ce pas ? Alors pourquoi avait-il cette réaction presque prude à l'idée que le blond touche ses cuisses ? Ces paumes tannées l'avaient parcouru de nombreuses fois déjà, et dans des endroits bien plus intimes que ça en plus. Il se rendit compte que ce qu'il anticipait au final, c'était sa réaction à lui, la sienne, celle qu'il pourrait avoir si Naruto continuait à le masser.
Voyant qu'il ne réagissait pas, ni dans un sens, ni dans l'autre, le ninja à la chevelure dorée fit peu à peu glisser le drap blanc, découvrant définitivement le bas du bassin de son brun et ses jambes, nues. La tenue d'hôpital bleu ciel que portait Sasuke et qui se fermait dans le dos avec des pressions était remontée au dessus de son ventre. La peau d'albâtre des cuisses un peu empâtées apparut, ainsi que les attributs tout ce qu'il y avait de masculin.
Tout doucement, Naruto plaça sa main au creux d'un genoux qu'il écarta légèrement avant d'étaler un peu plus de crème sur ses doigts et de venir masser l'épiderme velouté marqué de deux autres zébrures à l'intérieur de la cuisse. Il prit grand soin du derme couleur de neige, jalonné par les deux petites crevasses qui avaient un peu perdu de leur teinte violacée. La pulpe de ses doigts fit pénétrer la pommade avec application, débordant largement de la zone incriminée.
Non, pas de doute. Même si ses hormones étaient soi-disant en train de redevenir normales, il ressentait parfaitement ces douces ondées chaudes qui naissaient lentement mais sûrement et se répandaient en lui. Ces vagues qu'il savait pouvoir devenir si puissantes et dévastatrices étaient là, bel et bien là. Et ce désir aussi, cette envie, de sentir les mains de Naruto partout sur lui, pleinement, caressantes, fiévreuses, sulfureuses. Alors soit ses hormones lui jouaient un mauvais tour, soit... soit... il en avait vraiment envie... lui.
Le souvenir d'une de ses discussions avec Néji lui revint. Le porteur du byakugan lui avait fait remarquer que ses hormones avaient bon dos, et s'il en croyait ses réactions actuelles, il était fort possible que celui-ci ait eu raison... Parce qu'il avait envie de plus que ces chastes caresses... Pourquoi Naruto ? Pourquoi l'idée même que quelqu'un d'autre que lui ne le touche de cette façon le révulsait ? Pourquoi ces envies là ? Un léger soupir désabusé lui échappa. De toute façon ça ne changeait pas vraiment, le blond avait toujours été le seul à le faire réagir, d'une manière ou d'une autre... Même s'il ne savait pas vraiment quoi faire de ce constat... troublant.
Naruto étouffa un sourire soulagé. Alors qu'il massait généreusement la peau de son compagnon, l'intérieur de ces cuisses couleur de gypse, le corps de Sasuke réagissait. C'était idiot, mais ça le rassurait. Ça voulait dire que quelque part, que de ce côté là, malgré l'accouchement pour le moins douloureux et impressionnant, tout fonctionnait encore, comme avant. Il se sentit coupable de prendre son brun un peu en traître, mais il avait eu besoin de cette confirmation.
Coulant un regard vers le visage visiblement plongé dans une profonde réflexion intense, Naruto décida de pousser un peu plus loin son investigation. Il connaissait le corps de Sasuke alourdi par la présence de leurs jumeaux dans son ventre, mais il ne savait pas ce que ça donnerait maintenant que leurs enfants étaient nés. Il releva un peu plus haut la tenue d'hôpital, toujours avec autant de douceur et de précaution. Le torse glabre se dévoila sous ses yeux, avec ses deux aréoles rosées.
Reprenant toujours le prétexte du tube de crème, déjà bien entamé, il déposa une noisette de texture blanche à l'odeur légèrement médicamenteuse sur le bout de ses doigts et osa les poser sur la pointe d'un mamelon gonflé et un peu irrité. Il se souvenait encore du fou rire qui avait bien failli lui échapper quand il avait découvert pour la première fois les sparadraps renforcés de coton sous le tissu du kimono de son amant. Il savait d'expérience que les deux bulbes rosâtres étaient particulièrement sensibles.
Son souffle fit un accroc dans sa respiration quand il sentit les pulpes chaudes se poser sur son torse. A quel moment Naruto avait-il découvert sa poitrine ? Son bassin bascula insidieusement vers l'avant alors que son dos se creusait sensiblement sur le matelas. Une courte plainte sourde et souffreteuse s'échappa de ses lèvres mordillées quand les vagues qui ondoyaient au creux de ses reins s'intensifièrent. Oui, il désirait Naruto... Il avait envie de lui, qu'il le touche, qu'il lui fasse encore toutes ces choses... Et il savait de moins en moins quoi faire de tout ça.
Naruto ne s'attarda pas plus. Il n'avait pas besoin de plus. Il enduisit rapidement de crème les deux monticules maltraités et remit en place la tenue d'hôpital et le drap, refermant le tube de crème et le déposant sur la table de chevet non loin de là. Il aurait tout le temps de réapprendre à connaître le corps de son amour quand ils seraient à la maison, si tant est que Sasuke le désire lui aussi. Il savait que son corps réagissait, mais il n'était pas sûr que les choses soient aussi claires qu'elles l'étaient pour lui pour le nukenin.
Il n'eut que le temps d'en arriver à ces conclusions que des pleurs vagissant retentirent dans le calme de la chambre aseptisée, lui rappelant également qu'il y avait deux nouveaux facteurs, et de taille, à rajouter dans son équation. Les jumeaux se réveillèrent dans un concert de pleurs déchirants, accaparant toute son attention. Le réveil des deux nourrissons donna lieu à un petit remue ménage auquel Naruto fit vaillamment face. Le jinchuriki se dédoubla et changea son fils et sa fille, leur donnant ensuite le biberon. Pour une fois, les couleurs des grenouillères ne déclenchèrent aucune crise de larme, le brun définitivement absorbé et absent.
Un soupir satisfait s'éleva de la bouche du nouveau papa, Sayuki et Makoto étant à nouveau dans leurs berceaux, paisiblement rendormis sous ses bons soins. Il se retourna vers le lit et un sourire attendri et amoureux fleurit sur ses lèvres. Sasuke s'était également endormi, sa tête calée tout contre sa couette colorée que le brun avait inconsciemment stockée le long de son corps, s'y agrippant dans son sommeil. Naruto caressa les mèches brunes, son geste faisant s'enfoncer le visage pâle et détendu plus profondément encore dans les plis de l'édredon avec un grognement de bien-être.
~ oOo ~
Naruto poussa une exclamation de contentement joyeux :
- Enfin à la maison !
Il entra dans la petite bâtisse, portant sa fille dans ses bras, Sasuke sur ses talons, leur fils soigneusement lové contre lui. L'équipe de surveillance au grand complet suivait derrière eux, transportant avec eux le sac de maternité et la couette bariolée. L'hôte du démon renard était authentiquement heureux de ramener ici toute sa petite famille.
La nuit était tombée sur le village, leur permettant d'effectuer le trajet en toute tranquillité et avec une discrétion bien plus grande que quand ils l'avaient fait quelques jours plus tôt. Naruto se dirigea vers la chambre de ses enfants, préparée pour les accueillir par ses clones qui avaient complété le matériel qui manquait pour pouvoir y accueillir deux bébés.
- Et voilà ma toute belle, te voilà enfin chez toi, dans ta chambre ! lança-t-il fièrement à sa fille quand il la déposa dans l'un des petits lits à barreaux.
Sa fille s'agita un peu puis se rendormit alors qu'il la bordait soigneusement dans une petite couverture rose pâle ornée de petits nuages blancs. Sasuke entra à son tour dans la pièce, surprit de voir que le jinchuriki avait anticipé leur retour et s'était occupé de tous les détails. Un deuxième lit, une deuxième table à langer et une deuxième petite commode occupaient la chambre, à l'identique des meubles qu'ils avaient choisis ensemble en premier.
Naruto lui décocha un sourire radieux et sortit de la pièce, sûrement pour échanger quelques mots avec les cinq ninjas qui les avaient raccompagnés et reprendraient très bientôt leurs postes dans le jardin. Avant de partir, son ancien coéquipier avait pris soin de le débarrasser de la cape sombre qui l'enveloppait. Sasuke laissa son regard errer sur le mobilier, presque admiratif. Naruto n'avait pas quitté son chevet durant tout le temps qu'il était resté à l'hôpital, prenant à peine le temps de rentrer pour se changer et prendre une douche, et pourtant, il avait quand même prévu tout ça, pour leur retour.
Il se pencha pour déposer son fils dans le petit lit aux draps bleu ciel. Kakashi l'avait porté durant tout le trajet, ne le lui confiant que sur le pas du portail. Tsunade avait accepté de le laisser quitter l'hôpital plus tôt à condition qu'il fasse extrêmement attention. Et Naruto avait appliqué à la lettre, ne lui laissant même pas transporter l'édredon bariolé qui l'avait suivi il ne savait trop comment jusqu'à la grande clinique, les cinq ninjas se liguant à lui pour être certains qu'il ne forcerait pas en marchant pour rentrer.
Quand le dos frêle du nourrisson effleura le matelas, le bébé ouvrit de grands yeux surpris alors qu'il le pensait paisiblement endormi et se mit à brailler. Sasuke, étonné, reprit l'enfant contre lui et ce dernier s'apaisa peu à peu, lovant sa frimousse poupine dans les plis du yukata paternel. Dubitatif, l'héritier de la pupille à virgule attendit quelques minutes que son fils se rendorme. Lorsqu'il fut certain que c'était bien le cas, il fit une nouvelle tentative... qui eut le même résultat.
Les petits cris vagissants cessèrent à nouveau dés que petit bonhomme fut blotti dans le giron de Sasuke. Les yeux noirs du jeune homme fixèrent les petits yeux bleus clairs du nourrisson, celui-ci le regardant avec insistance. Résigné le jeune père s'assit dans le rocking-chair présent dans la pièce, gardant précieusement son fils contre lui. Le fauteuil se balança doucement au rythme que lui donna l'adolescent, un léger sourire étira ses lèvres quand les orbes azurs se refermèrent.
- Dis donc toi... Tu ne comptes quand même pas passer la nuit comme ça, si ? souffla le brun, attendri.
Il ne fit pourtant rien pour recoucher Makoto dans son lit, son regard ne le quittant pas. Son fils... La même émotion qu'il avait ressenti en tenant sa fille dans ses bras à la maternité l'étreignit. Son fils... Il avait une touffe de cheveux noirs, aussi noirs que les siens, sur le haut de son crâne. Du bout du doigt, il caressa le visage paisible du petit être qui visiblement le prenait pour un berceau. Il était papa... C'était une sensation si étrange et tellement... puissante.
- Sas'ke ?!
La voix grave et basse le sortit de sa contemplation, lui faisant relever la tête vers Naruto qui lui souriait tendrement.
- Tu comptes passer la nuit ici ? demanda le blond.
-... Hn...
Avec précaution, Sasuke se releva et déposa son fils dans son lit, prenant bien soin de ne pas le réveiller. Le petit bonhomme ronchonna doucement quand les bras paternels le lâchèrent, mais ne se réveilla point, restant cette fois au pays des songes. Les deux garçons sortirent de la chambre, non sans allumer le baby phone qui leur permettrait d'entendre ce qu'il se passait dans la pièce. Naruto passa son bras autour de la taille de Sasuke et lui embrassa légèrement la tempe, l'entraînant dans leur propre chambre pour se coucher.
Le lendemain, Tsunade avala une gorgée de saké pour se donner du courage avant d'aller affronter les deux vieux séniles du conseil. Quelques minutes plus tard, assise face à eux, elle leur annonça la naissance de Makoto et Sayuki Uzumaki, les jumeaux du couple Uchiwa-Uzumaki. Elle retint un sourire moqueur en voyant la tête plus que surprise de ses deux vis-à-vis.
- Des jumeaux ! s'exclama Koharu, choquée.
- Des faux jumeaux, pour être exacte. Une fille et un garçon. Le choix du Roi, précisa la Godaime.
- Comment se fait-il que tu ne nous l'ai pas dit plus tôt ? rugit Koharu.
- Tout simplement parce que je l'ignorais moi-même. Le chakra de Kyuubi, associé à celui des deux parents, rendait illisible toute échographie. Et je n'ai toujours entendue qu'un seul battement de cœur. Maintenant que j'y pense, je le trouvais assez fort pour un cœur de fœtus. Mais vu le patrimoine génétique, je ne m'inquiétais pas outre mesure, répliqua calmement la blonde.
- Ils sont donc nés aujourd'hui, le vingt-et-un juin ? dit Homura.
- Pas exactement, contredit la sannin. En fait Sasuke et ses enfants ont regagné leur logis hier soir. Les enfants sont nés le quatorze juin, à vingt-deux heure pour Sayuki et vingt-deux heure trente pour Makoto.
Les deux vieillards fixèrent, estomaqués, la Hokage, qui leur parlait d'un ton tranquille. Leur plan d'éliminer l'Uchiwa durant son séjour à la maternité tombait à l'eau.
Leur équipe d'ANBU les avait prévenu que le brun partait à l'hôpital, mais ils leur avaient aussi affirmé l'avoir vu repartir quelques heures plus tard, un blond énergique et l'équipe de Tsunade le raccompagnant en lui disant que tout allait bien et que ce n'était qu'une fausse alerte. La surveillance de la maison n'avait rien donné d'anormal, le petit couple vivant sa vie comme à son habitude.
Tsunade fut obligée de se mordre les lèvres pour ne pas rire devant les expressions incrédules des deux membres du conseil. Son plan avait fonctionné à la perfection. Après la naissance plus que mouvementée, Kakashi et elle-même avaient décidés d'éloigner les ANBU du conseil de la chambre où se reposait l'Uchiwa, préférant que le conseil en sache le moins possible. Le ninja copieur et son équipe avaient donc repris le chemin de la maison, accompagnés de deux clones de Naruto, dont l'un transformé en Sasuke enceinte.
Le chakra quasi inépuisable du jinchuriki avait permis de jouer la comédie durant six jours entiers, dupant ainsi le conseil et son équipe de surveillance. Le séjour de la petite famille à la maternité avait donc été paisible et loin de tout danger. Et au vu de la tête déconfite que faisaient les deux singes face à elle, la Godaime se dit qu'elle avait eu plus que raison de se méfier. Ces deux là n'auraient pas hésité à agir s'ils en avaient eu l'occasion.
Se reprenant, Koharu s'enquit de la santé des deux enfants et de l'essence de leur chakra. La plantureuse blonde répondit triomphalement :
- J'ignore encore qu'elle est l'essence de leur chakra, mais il y a une certitude, ils ne possèdent ni l'un, ni l'autre la moindre parcelle du chakra de Kyuubi. Celui-ci n'a semble-t-il pas imprégné les fœtus, juste crée une enveloppe protectrice autour d'eux durant la grossesse.
La déception fut largement visible sur les visages parcheminés des deux vieillards. Ils avaient pourtant espéré que la progéniture du jinchuriki porterait le chakra démoniaque. Il était encore trop tôt pour savoir si les enfants seraient porteurs du sharingan, Itachi lui-même ne s'y était éveillé qu'à l'âge de huit ans. Et c'était le plus précoce à ce jour.
- Et maintenant que comptez vous faire de Sasuke Uchiwa ? demanda la blonde.
Les deux conseillers échangèrent un regard entendu et Koharu répondit d'une voix froide et claquante :
- Nous allons y réfléchir. Après tout, il nous a donné des informations, et a éliminé quelques ennemis du village. Cependant, sa désertion et l'assassinat de Danzo ne peuvent pas rester impunis. Nous te ferons part de notre décision dés que nous l'aurons prise.
Pas convaincue du tout, Tsunade prit congé du conseil. Elle avait d'ors et déjà ordonné à Kakashi de maintenir une surveillance accrue autour de la maison. Sa confiance en ces deux roublards était inexistante. Elle espérait que l'Uchiwa récupérerait rapidement ses capacités, parce qu'en cas d'attaque il serait un atout non négligeable, et ce même sans pouvoir activer de jutsu. Il lui restait maintenant à annoncer l'heureux évènement aux amis de son protégé. Là encore, elle aurait bien besoin d'un petit verre de remontant alcoolisé.
Shizune fixait, anxieuse, les jeunes gens debout devant le bureau de leur supérieure hiérarchique. Les équipes huit, dix, neuf ainsi que Sakura et Sai attendaient que la reine des limaces leur expose les raisons pour lesquelles elle les avait convoqués ici tous ensemble. Chacun avait sa théorie, certains pensaient à une attaque du village, d'autres une mission de sauvetage, et d'autres encore ne pensaient rien, préférant ne pas spéculer inutilement.
Prenant une profonde inspiration, Tsunade commença à parler.
- Vous tous ici, savez que Naruto suit un entraînement particulier avec Kakashi et Yamato. En fait, ce n'est pas tout à fait exact, et si je vous ai convoqué aujourd'hui c'est pour vous dire la vérité sur ce qu'il se passe. Sachez que je ne le fais qu'à la demande de Naruto.
Elle marqua une pause, jugeant du regard les réactions des jeunes shinobi dans son bureau. Ils étaient tendus et attendaient la suite en silence.
- Il y a environ six mois, en revenant de son entraînement avec Killer-Bee, Naruto a ramassé quelqu'un d'inconscient sur le bord de la route et l'a ramené au village, reprit la blonde. Suite à un examen approfondi, j'ai découvert que cette personne attendait un enfant, et le père de cet enfant n'est autre que Naruto.
Le silence choqué qui accueilli la nouvelle fut brutalement brisé par le bruit sourd d'un corps tombant au sol. Tous se retournèrent pour voir Hinata, inanimée, étalée sur le parquet du bureau de la Hokage. Shizune se précipita et la ranima, l'asseyant sur une chaise, craignant un nouvel évanouissement à la suite du discours de sa compagne. Avec un soupir désabusé, Tsunade reprit ses explications laborieuses.
- Durant tous ces mois, Naruto a vécu avec la personne qui portait son enfant dans une maison à l'écart du village. L'accouchement a eu lieu, il y a une semaine, et j'ai le plaisir de vous annoncer que Naruto est l'heureux papa de faux jumeaux, une fille et un garçon.
Une chape de plomb tomba sur la pièce. La plantureuse chef du village caché de la feuille profita que ses subordonnés soient trop choqués pour réagir pour leur asséner l'ultime nouvelle.
- J'ai composé une équipe qui est en charge de la surveillance de Naruto, de la personne avec qui il est en couple ainsi que de leurs enfants. Vous pourrez leur rendre visite dès demain si vous le souhaitez.
- Mais qui est la mère des jumeaux ? demanda Ino qui coula un regard curieux vers Sakura qui se tenait bien droite, ne montrant aucune émotion.
- Justement, j'allais y venir, soupira la Godaime. En fait la personne que Naruto a ramené et qui a porté ses enfants, n'est autre que...
Son regard noisette scruta sévèrement les visages curieux des amis de son protégé, avant de lâcher ce qu'elle savait être une véritable bombe :
-... Sasuke Uchiwa.
Le bruit des mâchoires qui tombèrent brutalement au sol fut assourdissant. Shizune n'eut que le temps de rattraper Hinata avant qu'elle ne touche à nouveau le sol, la nouvelle ayant eu raison de son état de veille. Ino se tourna brutalement vers son amie aux cheveux roses et lui demanda inquiète :
- Tu le savais ?
Sakura plongea ses yeux verts dans ceux de son amie d'enfance et, calmement, répondit :
- Depuis le début.
Une veine pulsa furieusement sur le front de la blonde qui s'exclama :
- Et tu ne m'as rien dit ! Traîtresse ! Sasuke-kun était dans le village depuis tout ce temps, et tu l'as gardé pour toi toute seule !
Sai se permit d'intervenir entre les deux amies :
- Techniquement, je crois plutôt que c'est Naruto qui a gardé Sasuke-kun pour lui tout seul.
Kiba serra ses poings, rageur, avant de s'adresser, furieux, à la sanin :
- Et vous l'avez laissé revenir ? Ce traître ! Après tout ce qu'on a enduré pour le ramener, les missions et tout le reste ! Tous ces efforts pour rien ! Lui qui a juré la perte de Konoha !
Shino posa une main apaisante sur l'épaule du propriétaire d'Akamaru. Lui, il espérait seulement que le brun se souviendrait de son prénom. Choji plongea sa main dans son sempiternel paquet de chips, en avalant une pleine poignée, dubitatif. Il verrait bien ce que Shikamaru en pensait, mais son petit doigt lui disait que la fameuse mission de surveillance au sein du village que son ami effectuait devait probablement beaucoup à voir à faire avec cette histoire.
Lee ne put s'empêcher de prendre une pose énergique, s'extasiant sur la fougue de la jeunesse dont avait fait preuve son ami blond, même si ça le surprenait un peu d'apprendre quelles voix avaient emprunté cette fougue. Tenten posa sa main sous son menton, songeuse, puis dévisagea la sanin légendaire avant d'exprimer tout haut ses interrogations.
- Dites, Tsunade-sama, si je ne m'abuse Sasuke était un homme aux dernières nouvelles, non ? Alors comment il a fait pour "tomber enceinte" et "porter" un enfant ? Est-ce qu'il a changé de sexe pendant son absence et ses tribulations chez Orochimaru ?
Sai intervint une deuxième fois, certain de détenir une information capitale, qui pourrait aider la jeune fille.
- Ah non, nous avons pu constater que Sasuke-kun est toujours un homme, même si effectivement dans ce cas précis, il joue plutôt le rôle de la femme.
Tsunade passa une main sur son front, fatiguée, avant de répondre à la disciple de Gai.
- C'est dû à sa préparation en tant que futur réceptacle d'Orochimaru.
Tenten ne put se retenir de pouffer de rire, se tournant vers ses deux camarades féminines qui se disputaient toujours à voix basse.
- Et bien ! Il devait être beau votre Sasuke-kun, enceinte jusqu'aux yeux ! Au revoir l'idole masculine qui faisait battre vos cœurs de midinettes ! Ah Ah Ah Ah...
Sai se sentit en devoir d'intervenir encore une fois pour éclairer les lanternes décidément bien obscures de ses consœurs.
- En fait, il était réellement magnifique. La grossesse lui allait vraiment bien. Je crois que Sasuke-kun est ce genre de personne à qui de toute façon, tout va extraordinairement bien tellement ils sont naturellement beaux.
Kiba regarda éberlué ses camarades et assena un grand coup de poing sur le bureau de la Godaime, s'exclamant de manière virulente :
- Qu'est-ce qu'on s'en fout de tout ça ! Cet enfoiré nous a trahis et il revient la bouche en cœur et sous prétexte qu'il s'est fait engrosser on devrait lui dérouler le tapis rouge et tout lui pardonner ! Je ne suis pas d'accord !
Shino qui n'avait encore rien dit, calma la colère de son coéquipier :
- Je ne pense pas que c'est ce qu'il s'est passé. De plus, Tsunade-sama n'a pas encore parlé de réintégration ou de pardon. Naruto est notre ami et jusqu'à présent nous avons toujours pu nous fier à son jugement. Faisons lui encore confiance, il connaît Sasuke mieux que personne, il saura nous dire s'il faut se méfier ou pas. Rien ne nous dit que l'Uchiwa n'est pas revenu à de meilleures dispositions envers le village.
L'Inuzuka croisa les bras sur son torse et déclara boudeur :
- Mouais ! Moi je me méfie quand même ! Hein, Akamaru ?
Le canidé ainsi interpellé aboya bruyamment en réponse, approuvant visiblement les propos de son maître.
-... Moi, je suis contente pour Naruto-kun...
La voix éthérée d'Hinata ramena l'attention de tous sur elle, la faisant rougir jusqu'aux oreilles.
-... J'irai leur rendre visite demain... J'ai hâte de voir à quoi ressemblent leurs bébés...
Ino et Tenten, enthousiastes et curieuses, approuvèrent énergiquement, commençant d'ors et déjà à spéculer sur l'apparence des enfants et à se disputer sur les cadeaux qu'elles leurs amèneraient.
To be Continued...
Commentaires des auteurs :
Et voilà, un chapitre reposant, tout en douceur ! Et... non, Sasuke n'est pas mort ! Il a survécu ! Quand même, on n'est pas si cruelles... Si ? Non...
Pour votre information : Sayuki signifie Petite neige, et Makoto signifie Sincérité.
Vous en pensez quoi des prénoms, ils vous plaisent au moins ? Nous on a longuement hésité, que c'est dur parfois la vie d'auteur...
On vous remercie de nous lire et on en profite pour vous rappeler que les reviews sans profil sur ce site auront une réponse sur notre profil.
Bureau des plaintes et réclamations des personnages martyrisés :
Alors que les deux auteurs tapent frénétiquement sur leurs claviers, dans un coin de la pièce, Jiraya, Kakshi et Iruka se disputent.
- Non, non, non ! Le grand-père c'est moi ! Naruto me l'a dit ! Je suis comme son père donc c'est moi le grand-père !
- Allons Iruka, tout le monde sait que vous vous rapprochez plus de la mère que du père ! Vous êtes donc la grand-mère !
- Vu comme ça, vous serez l'arrière-grand-père, Jiraya !
- Non, je suis le tonton gâteaux, moi !
Kakashi soupire et câline Iruka en lui disant :
- Allez, tu fais la grand-mère et moi je fais le grand-père !
- Tu veux pas que je mette des bigoudis tant que tu y es ? rugit Iruka.
Le débat entre les trois hommes se poursuivit jusqu'à ce que Fugaku n'arrive, tout droit sorti de la tombe et tout sharingan dehors :
- C'est quoi cette merde ? Depuis quand mon fils n'est qu'une femmelette et me pond des chiards ?
Mikoto qui suit de près son mari, s'extasie :
- Regarde chéri ! Ils sont trop choupi ! Et puis c'est notre seule chance d'être grand-parents.
- A choisir, j'aurai préféré que se soit Itachi la mère ! bougonne le patriarche Uchiwa.
Les poings sur les hanches, sa femme lance :
- Arrête de te plaindre, tu n'es jamais content ! Ils sont beaux comme tout ces enfants, c'est tout ce qui compte !
Se tournant vers les lecteurs, elle tend un doigt menaçant vers eux et dit :
- Et vous derrière votre écran, je vous interdis de dire le contraire ! Et reviewez !
Rendez-vous au prochain chapitre, chapitre 22 : … Les choses ne sont pas forcément plus simples.
Même si les obstacles et les difficultés disparaissent, Sasuke a toujours une décision à prendre... Décidera-t-il de s'engager définitivement dans ce chemin de traverse sur lequel il se retrouve...
