Je ne possède aucun des personnages des films ou des livres.
Un recueil de textes courts sur l'univers de Tolkien et de la Terre du Milieu nous plongeant dans un instant ou une pensée des protagonistes de l'histoire.
Il y avait des baisers plus importants que d'autres, des baisers qui transmettaient de la force ou qui redonnaient vie.
Ce texte a été écrit sur un ancien thème des Nuits du FoF : "Baiser". Ce serai presque une suite au texte précédent finalement ;)
(Rappel des règles : 1 thème pour une 1 heure entre 21h et 4h du matin)
En espérant que cela vous plaise
Bonne lecture
PS : Au fait j'ai commencé à faire du tri et à remettre de l'ordre dans mes publications en faisant une sorte de table des matières dans mon profil alors n'hésitez pas à y faire un tour ;)
Le pouvoir d'un baiser
Il y avait des baisers plus importants que d'autres, des baisers qui transmettaient de la force ou qui redonnaient vie. Pourtant, à ce moment précis, Thranduil, devenu Roi sans l'avoir voulu ne pensait pas à ça. Il ne pensait même pas connaître l'amour. Il se voyait seul pour l'éternité et tout ce qui s'était déroulé jusqu'à présent semblait lui donner raison.
Il avait présidé les cérémonies en hommage à son père défunt. Il avait pleuré avec chaque elfe qui avait perdu l'un des siens lors de cette boucherie que certains s'obstinaient à appeler « bataille ». Il avait aussi eu besoin de prendre du temps pour lui, pour panser ses propres plaies, parce qu'il n'était pas revenu indemne de ce chaos. La douleur et la fièvre lui avaient tenues compagnie pendant des jours, des semaines, des mois.
Le nouveau roi de Vertbois le Grand le savait. Les conséquences de ce désastre seraient longues à s'effacer. Il doutait même qu'elles ne s'effacent un jour… pas pour lui en tout cas.
Depuis ce marasme, Gil Galad était déjà revenu vers lui, afin de lui demander de renouer l'alliance passée avec son père, mais Thranduil, qui tenait à peine debout à ce moment-là, avait refusé. En jetant un dernier coup d'œil à cette marée de corps mutilés, juste avant de rassembler ses hommes et de s'évanouir à cause de la gravité de ses propres blessures, il s'était juré que plus aucun elfe des bois ne tomberaient dans cette guerre futile. Oui, futile parce que Thranduil savait que le Mal ne serait pas aussi facile que ça à faire tomber, il avait bien perçu sa puissance, et son côté fataliste, lui donnait l'impression que c'était le sort de Doriath qu'on leur réservait en s'entêtant…
Celui qui portait le titre de Roi pour les autres elfes que les siens n'avait pas prit sa décision de bonne humeur, mais quelle importance… Il était destiné à être seul de toute façon…
Seul à jamais.
C'était ce qu'il avait pensé avant de croiser son sourire et son regard, avant d'entendre son rire et son ton enjoué où pointait toujours une pointe d'insolence. C'était déroutant pour l'elfe un peu trop sérieux, solitaire et renfermé qu'il était devenu au fil des siècles, mais cela avait son charme. Jours après jours, il avait recherché sa compagnie, il avait aimé la douceur de ses gestes sur ses plaies physiques et morales… Il avait aimé la voir rire et n'avait rien dit quand elle s'était déchaussé pour patauger dans l'eau claire de la source. Il avait même sourit de la voir faire, ne pensant plus vraiment à l'avenir qui s'obscurcissait.
Il lui avait même tendu la main quand elle lui avait demandé, la laissant le tirer dans l'eau avec elle. Thranduil avait bien protesté pour ses chausses et sa tenue maintenant trempées, mais elle avait ri… de son rire clair, doux et musical. Un rire qui ressemblait à un chant d'oiseau… Elle avait ri et s'était blotti contre sa poitrine avant de nouer ses bras derrière son cou, avant de l'attirer à elle et de le gratifier d'un baiser plein de fougue.
Thranduil ne l'avait pas repoussé. Il avait noué ses bras en retour autour de sa taille avant de lui rendre son baiser… Un baiser passionné, mais rempli de douceur qui lui redonna un souffle de vie… Sans quitter ses lèvres, il l'avait même soulevé doucement, l'allongeant sur l'herbe humide avant de se laisser aller et de couvrir de baiser son menton et son cou. La belle elfe avait sourit, détachant doucement la tunique du jeune roi pour glisser ses mains sur son torse, soulignant des doigts la traces rouges de sa blessure la plus grave encore bien visible. Puis, elle l'avait regardé droit dans les yeux tout en murmurant.
- Tu vois que tu es en vie…
Thranduil sourit. Oui, elle avait raison… Il était en vie et il avait fallu un seul baiser pour ça… Alors, pour continuer à lutter contre toute cette souffrance qui voulait l'engloutir, il l'embrassa de nouveau, laissant leurs corps se fondre l'un dans l'autre, à l'abri des regards et du Mal qui les menaçait toujours.
