Chapitre dix-neuf

Souvenirs

Bien que Kise fût retourné au Japon durant ses vacances d'hiver les années précédentes, il ne put s'y résoudre cette année-là. Il avait beau avoir envoyé un message à Aomine pas loin de trois mois plus tôt, il n'avait toujours pas reçu de réponse. Le blond vérifiait constamment ses messages, espérant des nouvelles de son ex petit-ami, afin qu'ils puissent recoller les pièces de leur relation brisée, et retrouver un échange plus amical.

Durant les sept mois qui avaient suivi leur séparation, le mannequin contactait sans relâche leurs amis communs, d'un côté pour garder un œil sur Aomine, de l'autre pour conserver leurs liens de camaraderie. De par son incroyable compréhension de la nature humaine, il comprenait que la rupture avait mis les personnes qui leur étaient proches à tous les deux dans une situation précaire. Bien qu'ils tentassent de rester neutres, il savait que le fait qu'ils soient physiquement plus proches d'Aomine les rendait plus facilement compatissant envers l'autre. Comme il s'y était attendu, la première réponse de Momoi s'était illustrée d'une aigreur sans pareille. Cependant, elle fut la première à déroger au respect de la révélation des aspects personnels de la vie d'Aomine.

Dai-chan fréquente quelqu'un d'autre. Tu n'as plus à t'en faire à présent.

Kise resta à fixer ces deux phrases, tandis qu'une multitude de réactions contradictoires le submergeait. Aomine avait été, était et resterait son premier amour pour toujours, alors il acceptait cette part de lui qui réagissait de manière possessive envers l'autre. Toutefois, il se sentait vraiment satisfait de savoir que quelqu'un, qu'il avait aussi profondément aimé, avait trouvé le bonheur.

'J'avance, moi aussi,' se rappela-t-il à lui-même. Sa relation avec sa petite-amie progressait doucement. Leur compréhension mutuelle du passé émotionnellement difficile de l'autre s'épanouissait en une réelle affection. En outre, la réaction du public concernant leur rencontre était positive, tous deux possédant une image immaculée. Ils semblaient n'être rien d'autre que deux jeunes stars déterminées, qui avaient réussi à se trouver l'une et l'autre, tout en échappant à de quelconques badinages scandaleux comme ceux qui échouaient à leurs pairs.

Avec Julia à ses côtés, les jours passaient sans peine. 'Peut-être qu'une romance simple n'est pas si mal', songea Kise. 'Être avec Daiki a toujours été un défi. J'ai fait tant de concessions pour faire avec sa personnalité, au début de notre relation. Une fois que les choses ont été posées, je suis parti, ce qui a rendu tout cela difficile entre nous. On a grandi séparément. Ce n'est la faute de personne.' Ses lèvres s'affaissèrent, et il ajouta, 'De qui est-ce que je me moque en disant cela ? Une part de responsabilité me revient.'

Il voulait toujours des nouvelles de l'autre, alors il sortit son téléphone et commença un message.

Daiki

Il fronça les sourcils en fixant le nom qui impliquait une certaine familiarité. Se référer à son petit-ami de façon aussi détachée semblait inapproprié. Il effaça la première ligne, et reprit.

Aominecchi

Tout en regardant le surnom, les souvenir d'une époque simple, où les matchs en un-contre-un avec l'autre étaient tout ce dont il avait besoin, envahirent sa conscience. Les larmes se rassemblant dans ses yeux, il supprima à nouveau le début.

Aomine-kun

S'adresser à l'autre à la manière d'un étranger lui brisait le cœur. Ses lèvres tremblantes se pincèrent, et il renifla tandis que les larmes dévalaient ses joues.

Il ne put s'obliger à écrire davantage. Au lieu de cela, il tenta de transmettre mentalement le message. 'Comment vas-tu ? J'aimerais vraiment avoir de tes nouvelles, mais peut-être es-tu toujours en colère. Peut-être t'en ai-je trop demandé. Je suis désolé d'avoir agi si égoïstement. Je suis désolé pour tout.'

« Hey, » fit Julia en s'approchant de lui, tandis qu'il se tenait debout, les yeux rivés sur le téléphone portable délicatement tenu entre ses mains. « Tout va bien ? »

« Ouais, » répondit-il d'un faible sourire.

« Les vacances te font penser à lui, » déduit-elle avec un sourire compréhensif.

« C'est stupide, hein ? » lui demanda-il en séchant ses yeux.

« Pas stupide, juste sentimental », répondit-elle. « Ce n'est pas que ça me dérange, mais on doit aller à cette fête pour Noël, dans une paire d'heures. »

« J'aurai mon visage de pro d'ici là, » promit-il.

Elle lui répondit d'un baiser sur le front, en se hissant sur la pointe de ses pieds.


Après avoir obtenu son diplôme universitaire, la vie d'Aomine se vit enveloppée d'incertitude. Il savait que le draft de la NBA avait lieu en juin, en hors-saison, mais il ne se sentait pas prêt à se jeter dans un déménagement à l'étranger dans quelques mois à peine.

Bien que la plupart de ses amis s'engageaient dans leurs projets futurs (un travail pour certains, l'école pour d'autres, et le basketball pour Murasakibara), l'agitation envahissait chaque fissure de son être. Ses seules influences constantes incluaient Momoi, Kuroko, et la collègue de collège de ce dernier, Kamihara Kaneko, avec qui il sortait depuis près de six mois.

Tandis qu'il déjeunait avec Momoi durant un après-midi de printemps, elle aborda le sujet 'Kise' pour la première fois depuis longtemps. « Tu as parlé à Ki-chan, depuis votre rupture ? »

Ses yeux se plissèrent dangereusement.

« Ça va faire un an que vous avez rompu, tous les deux, et de ce dont je me souviens, il t'a déjà contacté.

-C'était la seule fois, et il m'a pas renvoyé de message depuis, » répondit Aomine en tentant de paraître aussi détaché que possible. « Je ne devais pas être si important. »

« Je suis sûre qu'il a passé énormément de temps à penser à toi, durant cette année, » avança-t-elle.

« J'en doute, avec sa façon de se pavaner partout avec sa 'copine'. » Il étudia son amie d'enfance d'un air suspicieux. « T'as été en contact avec Ryôta ? »

« Il pose beaucoup de questions sur toi, » admit-elle en baissant les yeux. « Je suis sûre que je ne suis pas la seule à communiquer avec lui. »

Aomine se renfrogna. « J'apprécierais que tu restes en dehors de mes affaires. »

« Dai-chan, que tu pleures et laisses courir tes émotions, d'accord. Mais fais attention à ne pas laisser tes sentiments les plus amers s'envenimer. Nous sommes tous adultes, maintenant. Ne devrions-nous pas agir comme tels ? »

Il lui lança un regard furieux, et elle leva les mains en signe de capitulation. « C'est tout ce que j'avais à dire sur le sujet, » concéda-t-elle.

Après s'être séparés, Aomine resta perdu loin dans ses pensées. 'Pourquoi ressent-elle le besoin de me dire que cet idiot demande toujours de mes nouvelles, comme s'il s'en faisait pour moi ou quoique ce soit d'aussi improbable ?'

Il soupira, passant une main dans ses cheveux. Il songea au dernier signe de communication de Kise, qui était resté sans réponse depuis des mois. Ignorer le message l'avait empêché de penser à son expéditeur, car les pensées conduisent aux souvenirs. Et avant qu'il n'ait pu claquer la porte de ses émotions, ils se mirent déjà à le parcourir : l'étincelle magique dans les yeux d'or de Kise, la courbure sensuelle des lèvres du mannequin, et la chaleur de son rire. Le cœur d'Aomine se serra douloureusement, et il haleta dans une tentative de reprendre le contrôle sur ses sentiments.

'J'ai évité Ryôta, parce que si je ne l'avais pas fait, je me serais souvenu de ce qu'il me manque chez lui.' Expirant lourdement, il admit avec réticence que le conseil de Momoi était des plus valable. Il devrait le recontacter, au moins pour s'assurer que sa vie était assez solide pour pouvoir prendre un nouveau départ. Il sortit son téléphone et tapa un message brutal d'honnêteté.

Ryôta,

Désolé de ne pas t'avoir répondu jusque-là. Je voulais simplement ne pas penser à toi. Je ne pense pas que tu puises m'en blâmer. On est tous deux adultes, donc on devrait agir comme tels. Je vois que t'as avancé dans ta vie, j'en ai fait autant. Tu n'as pas à t'inquiéter pour moi.

Daiki

Une semaine s'écoula avant la réponse de Kise. Aomine savait que le sens professionnel du mannequin ne lui lassait que cette marge au maximum pour répondre à toute communication.

Daiki,

Je suis heureux d'avoir de tes nouvelles, et content de savoir que tu vas bien. N'hésite pas à me recontacter si tu en as envie. Si j'en demande trop, je comprendrai.

Ryôta

Aomine fixa le message en songeant que cela avait pris sept jours au blond pour établir cette réponse. Il pouvait sentir l'attention qu'il avait mise dans ces trois courtes phrases. 'C'est un bon moyen de rétablir le contact, puisque ça demande réponse. Et en même temps, c'est le parfait dernier message,' réalisa-t-il. 'Je peux ressentir à la fois l'espoir et la résignation enveloppés dans ces mots.'

Il envisagea de répondre, mais à chaque fois qu'il pensait au blond, des sentiments contradictoires tels que la colère, le regret et la nostalgie envahissaient ses sens. Au final, il décida de ne pas prolonger la communication. Cependant, de par cette minuscule interaction, son blocage mental sur Kise se brisa, et il se retrouva à se souvenir du blond une fois de temps en temps. Et chaque souvenir rouvrait la blessure dans son cœur.

'Ma vie serait plus simple si j'ignorais définitivement Ryôta et que je prétendais qu'il n'en a jamais fait partie. Mais je suppose que ce serait injuste envers nous. Maintenant qu'on a établi une fin appropriée à tout cela, alors je pourrai certainement bannir mes souvenirs de lui au fin fond de mon esprit et le garder enterré dans le passé.'


A ses vingt-trois ans, Aomine décida d'embrasser l'âge adulte. Avec pour but de jouer pour la NBA la saison suivante, il se répandit en copieux efforts dans le basketball en s'entraînant et en se tournant vers ses anciens coachs, afin d'établir des contacts utiles en Amérique.

Les jours passés en compagnie de sa petite amie se déroulaient paisiblement, et sa stabilité émotionnelle l'aidait à rester concentré. L'équilibre était enfin revenu dans sa vie. Durant les deux mois qui suivirent, il commença à se demander s'il ne voudrait pas faire de cet arrangement quelque chose de permanent. Il se dit que se marier avant de s'envoler pour la NBA simplifierait leur relation, en la rendant plus concrète. Et puisqu'ils avaient déjà pris la décision d'emménager ensemble au début de l'année suivante, le mariage semblait être la suite logique.

Tout le monde ne suivait pas le raisonnement d'Aomine.

« Tu songes à quoi ? » l'interrogea Momoi en s'étranglant avec sa boisson durant le dîner.

Le bleuté leva les yeux au ciel, et répondit, « Je pense faire ma demande à Kaneko. On sort ensemble depuis pas loin d'un an, et je la sens bien, notre relation. On va bientôt emménager ensemble, de toute façon. Je pensais que tu m'applaudirais d'avoir autant pris en maturité. »

« Mais tu vises la NBA, » fit-elle doucement remarquer, ses yeux pensivement pointés sur le visage de son ami. « Tu ne devrais pas attendre de voir comment tournent les choses avec la distance, avant de te lancer dans le mariage ? »

« Je me consacre à cette relation, et elle aussi. Qu'est-ce qui cloche dans le fait de rendre tout ça officiel avant que je parte ? »

Un air troublé passa sur le visage de Momoi. « Tu lui demandes d'endurer la même chose que Ki-chan t'a demandé à toi. Cet arrangement vous avait détruits, lui et toi. Je ne pense pas que ce soit raisonnable de lui imposer quelque chose que tu n'as déjà pas pu endurer toi-même. »

La peine et la colère se répandirent à travers Aomine, et il se concentra sur cette dernière. « T'avises pas de comparer ça à ce que Ryôta m'a fait traverser ! » éclata-t-il. « Je joue pas avec cette relation comme lui l'a fait avec la nôtre. Je veux que la communication soit claire. Je n'essaie pas de l'induire en erreur. J'aurai un emploi du temps, et elle le connaîtra elle aussi. On sait tous les deux dans quoi on s'embarque. Ma relation avec Ryôta a été un échec parce qu'on était tous les deux jeunes et égoïstes. J'ai beaucoup pris en maturité durant cette année, j'ai grandi et je suis allé de l'avant. » Il serra la mâchoire, obstiné.

« Dai-chan… » Momoi soupira avant de lui soumettre un dernier conseil. « Pense à tout ça sérieusement, s'il te plaît. Tu dois être sûr qu'elle est la bonne personne pour toi, avant de faire quoique ce soit qui ne puisse être défait. »

« T'es aussi mauvaise langue que Tetsu, » marmonna Aomine en se renfonçant dans son siège.

Son amie haussa les sourcils. « Qu'a-t-il dit de ton idée de mariage ? »

Il répondit, avec un regard irascible, « Il a dit que la situation le mettait mal à l'aise, avec sa façon habituelle de rester dans le vague. Je sais même pas de quoi il parlait, mais je peux dire qu'il était pas heureux. »

Secouant la tête, Momoi fit, « Tu t'es déjà décidé, n'est-ce pas ? Tu vas la demander en mariage, et rien de ce que je dirai ne pourra te le faire reconsidérer. »

Aomine marqua une pause pour réfléchir à ses options. Pour lui, ce choix symbolisait de refuser de laisser le passé derrière lui, ou d'avancer avec son futur. « Je l'aime, et je pense que c'est ce qu'il faut faire. Pourquoi ça peut pas être aussi simple que ça ? »

« Assure-toi d'en parler à Ki-chan. »

A la mention de Kise dans un tel contexte, l'incertitude se mit à bouillonner en Aomine. Toutefois, il parvint à repousser l'émotion envahissante. « Bien sûr que je le ferai. Tu sembles croire qu'on est plus sensibles qu'on ne l'est vraiment. Accorde-nous un peu de crédit, Satsuki. On est des adultes, avec des vies séparées. On a fait d'autres choses dans le passé, bien mieux que de se vautrer. J'en ai plus rien à foutre de ce que cet idiot va faire de sa vie, et je suis quasiment certain que lui aussi. »

Le regard que lui lancèrent les yeux roses lui fit comprendre qu'elle ne le trouvait en rien convainquant.


Lorsqu'Aomine et Kamihara emménagèrent ensemble à la mi-janvier, ils étaient fiancés. Compte tenu du calendrier du draft de la NBA et des essais de la NBA D-League (une porte potentielle à prendre si le draft ne se passait pas comme prévu), ils s'affairèrent à planifier leur mariage, à trouver une date compatible et à réserver les lieux aussitôt. De par leur courte période de fiançailles, la préparation des faire-part s'en suivit rapidement.

« On prendra du temps pour nous cet été, pour une lune de miel. Où voudrais-tu aller ? » lui demanda-t-elle.

Ne lui prêtant qu'à peine attention, Aomine haussa les épaules en vérifiant chaque enveloppe de la pile de faire-part. Chacune portait la bonne adresse et un timbre… hormis une. La seule carte qui partait à l'étranger avait besoin d'un affranchissement spécial.

« Tu auras le temps de porter tout ça à la poste demain, pas vrai ? » fit Kamihara en remarquant sa distraction.

« Je m'en charge, » assura-t-il en pinçant l'enveloppe adressée à Kise de son pouce et son index. Il observa l'objet avec des sentiments mêlés.

La plupart de sa famille et de ses amis étaient au courant de leurs fiançailles et du projet de mariage qui s'en était suivi par les chaînes d'information, mais Kise ne l'était pas encore. Même si dix-huit mois s'étaient écoulés depuis leur rupture, Aomine ne savait toujours pas comment s'y prendre avec le blond. Lui apprendre son union prochaine relevait du challenge, et il n'avait jamais été bon lorsqu'on en venait aux tâches émotionnellement difficiles. 'Aah, Ryôta en est une en lui-même,' songea-t-il, à la fois amusé et triste.

Il s'avait que tenir Kise à l'écart de ce développement dans sa vie personnelle décevait ses amis du collège. Kuroko le traitant de lâche avec ses yeux plissés, glacials et sa voix froide, impitoyable, était ce qui le blessait le plus. Cependant, il restait incapable de rassembler le courage de contacter le blond.

'Comment suis-je supposé dire à la personne, celle avec laquelle je me suis un jour imaginé passer le reste de ma vie, que j'ai décidé de le passer avec quelqu'un d'autre ?' Après davantage de pensées sans réponses, Aomine fini par se dire que Kise allait tout simplement accepter d'apprendre ses fiançailles et son mariage prochain, via le faire-part qu'il tenait dans sa main.

Dans le mois qui suivit l'envoi des faire-part, et avant qu'Aomine et sa fiancée n'aient établi leur liste de mariage, leur premier cadeau pour l'évènement arriva.

Tandis que Kamihara sortait paquet sur paquet d'un carton anormalement grand, le bleuté remarqua une enveloppe. Les doigts agiles saisirent le papier, ouvrirent le rabat, et sortirent une carte au design élégant, qui semblait aussi belle que coûteuse. La note écrite à la main fit cesser les battements de son cœur.

Daiki,

Félicitations à toi et à ta future femme. Prend bien soin d'elle. Je vous souhaite tout le bonheur du monde.

Avec amour, Ryôta.

Aomine relu le message de nombreuses fois. Le mot 'amour', entouré de vœux de bonheur, suscita en lui diverses émotions, toutes compliquées. D'une respiration tremblante, il tenta de combattre les larmes avant qu'elles n'apparaissent. Kamihara l'y aida en lui secouant les épaules, pour lui montrer toutes leurs nouvelles acquisitions.

« Regarde, un cuiseur à riz à induction ! On va enfin pouvoir mettre le vieux de tes parents à la ferraille. Et un service ! Tu sais à quel point je n'en pouvais plus de manger avec des ustensiles avec un manche en plastique. Regarde comme cette porcelaine simple est jolie ! Ça faisait longtemps que je voulais des assiettes et des bols assortis. Bien sûr, l'expéditeur a inclut le reçu de chaque cadeau, juste au cas où ce ne serait pas notre style. Cela dit, ton ami te connait bien. Les designs correspondent à tes goûts simples, tout autant que ces couleurs, qui sont tes préférées, » fit-elle avec excitation.

Le geste généreux de Kise laissa à Aomine le sentiment que le blond l'avait poignardé au creux du ventre, et continuait à remuer la lame en lui. Des souvenirs du passé, lorsque le mannequin était resté chez lui et l'avait taquiné sur son logement, se mirent à parcourir son corps.

'Il s'est souvenu de tout,' réalisa tout d'abord Aomine. 'Chaque vieil appareil qui avait besoin d'être remplacé, chaque chose qui manquait au confort de mon ancien logement, il s'est rappelé de tout cela. Comment est-ce que quelqu'un que je n'avais plus vu depuis plus d'un an et demi peut toujours me connaître aussi bien ?' Cette fois-ci, lorsqu'il sentit les larmes lui piquer les yeux, il les laissa couler librement.

« Ehh !? » s'étonna Kamihara en les remarquant. « Daiki, qu'est-ce qui ne va pas ? Je n'arrive pas à croire qu'un cadeau puisse t'émouvoir à ce point. Il y a là-dedans des versions de haute qualité des objets ménagers que nous n'avions pas. Sérieusement, ça a dû revenir à au moins 100,000 yens à ton ami, mais je n'aurais jamais imaginé que tu étais du genre matérialiste.» Elle se tut en voyant qu'il ne répondait pas.

« Oublie les cadeaux. J'ai juste besoin de te tenir contre moi, là, » articula Aomine. Elle s'y plia, et il l'entoura de ses bras pour se recentrer, et pour se souvenir du futur qui lui semblait à présent bien nébuleux, avec tous ces souvenirs de Kise autour de lui.


Notes de l'auteur : La dernière partie de ce chapitre (avec les cadeaux) est liée au chapitre 10, où Kise se plaint des choses qu'Aomine a ou n'a pas. XD

Les choses redeviennent intéressantes. *acquiesce* J'espère que vous avez tous apprécié le chapitre (erm, et le drama). Merci de votre lecture ! Jusqu'à la prochaine fois…

Ndlt : Bonjour ! Et merci pour votre lecture ! Pas de bêta lecture cette fois-ci, elle n'en a pas eu le temps (je te vois venir Yu', c'est pas grave x) ), alors j'espère que ça reste assez fluide ! :3

Plusieurs petites choses, mais je vais rester sur certaines bien précises : La note de Kise, qui accompagne le paquet, se terminait par 'with love, Ryouta'. On n'aurait –normalement- pas traduit en français par 'avec amour' (plutôt 'affectueusement' ou un truc du genre, on accorde trop d'intensité au mot 'amour'), mais Aomine restant scotché sur le terme en question, malgré le fait qu'il ait une place normale dans la note, je ne voyais pas comment faire autrement. é_è

Ensuite, Kamihara parle « d'acquisition ». Bon, j'ai gardé le terme employé à la base, qui se traduit par le même, seulement il a (dans les deux langues) l'idée d'un objet que l'on a acheté soi-même. Mais on est bien d'accord : il s'agit de cadeaux. X3

Bonne journée~ !

[Ah tiens, on a dépassé le cap des 5500 vues (vues, pas visiteurs)... Vous gérez les gens ! :3 ]