Titre : Super Star.

Auteur : Orokasa et Hotaru.

Disclaimers : rien n'est à nous, blablabla, tout à JKR, blablabla…

Notes : Ceci est un slash, mes enfants, attention à ceux qui n'aiment pas.

(Réponses aux reviews anonymes sur le blog)

Doooonc !

Nous sommes de retour ! Pour vous jouer un mauvais touuuur ! Afin de préserver le monde de la dévastation, afin de rallier tous les peuples à notre... Euh, pardon, on s'égare... Nous sommes donc de retour ! Vous désespériez sûrement de lire la suite et nous nous excusons une fois de plus pour les délais que vous subissez -.-

Outre nos emplois du temps plus ou moins chargés (ça dépend pour qui en fait xD), ben on a eu sacrément de mal à l'écrire ce chapitre ! Motivation zéro... (Et Orokasa qui n'a plus le net, ça aide pas non plus xD)

Enfin bon, nous voici donc avec le chapitre 21 qui, on l'espère, vous plaira :D

Bonne lecture !


Chapitre 21


- Dis, Remus.

- Hmmm ? répondit son ami, concentré à surveiller l'horizon depuis le grenier de la grange qui servait de repère aux résistants.

- Tu crois qu'on pourra bientôt rentrer en Angleterre ?

Remus tourna la tête vers le brun, étonné.

- Bien sûr ! Qu'est-ce que tu crois ? Il y a encore quelques semaines, nous étions au fin fond d'un cachot et regarde où nous en sommes.

Instinctivement, Sirius toucha son avant bras encore bandé. Toutes ses blessures n'étaient pas encore entièrement guéries.

- C'est vrai qu'on s'est sorti d'une sacrée galère… Mais on est bientôt en juillet…

Remus mit quelques secondes avant de comprendre le sous-entendu.

- Tu veux revenir pour l'anniversaire d'Harry ?

- Ce serait super de pouvoir le faire, s'exclama Sirius en souriant, puis son sourire s'effaça lentement. Je m'inquiète pour Harry.

- A cause de Draco Malfoy ?

Remus était là lors du dernier coup de téléphone que Sirius avait réussi à passer à son filleul avant que la ligne ne soit repérée par les mangemorts. Il avait dû retenir Sirius lorsque ce dernier avait eu une crise de rage et avait essayé de rentrer immédiatement en Angleterre. Ça n'avait pas été de tout repos mais il savait gérer l'impulsivité de son ami après tant d'années à le côtoyer.

- Entre autres choses. Sérieusement, je suis tombé sur le cul quand il m'a annoncé qu'il était ami avec un Malfoy… Quand on sait ce qu'ils font !

Sirius eut un frisson en repensant à ce qu'ils avaient subi dans les antres du manoir Malfoy. La douleur, la faim, l'obscurité, la crasse, le froid. Et puis, les cris, les coups à nouveau, et le sang, et le silence qui suivait. Jamais il ne l'oublierait.

- Et puis, j'ai peur de la réaction de Voldemort. Je connais Harry. Quand il s'engage dans une voie, il y va à fond.

L'humeur morose de Sirius contamina Remus, qui se demanda quand il pourrait revoir Tonks. Soudain, le bruit d'un véhicule roulant à toute allure les alerta. Ils descendirent en trombe, armes en main, pour voir la voiture déraper devant le bâtiment principal de la ferme qui leur servait de couverture.

Remus sentit que cette effervescence n'était pas de bon augure. Il se mit à courir vers le bâtiment principal, aussitôt suivi tant bien que mal par Sirius.

- Que se pa… Severus ? Qu'est ce que tu fais là ?

Severus Rogue finit de descendre rapidement de la voiture et tourna la tête vers les deux nouveaux arrivants. Il eut une moue dédaigneuse à la vue de Sirius mais ne dit rien. Krum les dévisagea une seconde avant de prendre les choses en main.

- Severrrus Rrrogue est venu nous prrrévenirrr de l'arrrivée imminente des mangemorrrts.

Sirius eut une sorte de ricanement.

- C'est ça… Sûrement parce que tu leur as indiqué notre cachette.

- Sirius ! Tais toi !

- Pour ta gouverne, Black, je suis ici parce qu'Albus Dumbledore me l'a demandé, répliqua Severus, impassible.

- Combien de temps avons-nous ? demanda Remus.

- Remus ! Comment peux-tu croire quelqu'un comme lui ? Il est de leur côté ! s'insurgea Sirius.

- Sirius ! Ne sois pas si stupide ! S'il était vraiment de leur côté, tu crois qu'il serait là, à nous prévenir de leur arrivée ? Prépare tes affaires au lieu de dire n'importe quoi !

Sirius lança un regard mauvais à Rogue mais ne répliqua pas. Remus, qui tâchait de maîtriser l'affolement qui s'emparait de lui, lui fit signe de retourner à l'intérieur. Voyant que son ami ne semblait pas enclin à discuter, encore moins à être contredit, Sirius obéit et tourna les talons, rentrant à toute allure. Remus soupira et se tourna vers le nouvel arrivant.

- Quelles sont les nouvelles ?

Severus Rogue se retint de lever les yeux au ciel.

- Tu crois réellement que c'est le moment de poser cette question ? Ils vont arriver d'ici quelques minutes !

Remus acquiesça et se mit rapidement à l'action. L'alerte avait jeté un vent de panique parmi la vingtaine de résistants qui se trouvaient dans la ferme. Il donna rapidement des directives et coordonna l'évacuation avec l'aide de Viktor. La plupart des documents et les armes furent emmenés, le reste fut laissé sur place. Heureusement qu'ils s'étaient organisés pour pouvoir évacuer les lieux en quelques instants. En un temps record, trois jeep s'élancèrent dans la forêt, emportant la plupart des rebelles. Remus fit signe à la quatrième voiture de se hâter. Severus Rogue avait fait en sorte de leur ouvrir un passage sur la frontière albanaise afin qu'ils puissent s'échapper, mais il fallait faire vite.

Sirius avait rapidement rassemblé ses affaires, ainsi que celles de Remus et de Krum. Il avait balancé le tout dans le 4x4 de Rogue et avait aussitôt accouru pour aider Krum à préparer l'accueil explosif qu'ils réservaient aux mangemorts. Une fois la dernière jeep partie, Remus vint donner un coup de main à Sirius, tandis que Krum rejoignait Rogue dans le véhicule. Les deux mercenaires enclenchaient la dernière charge d'explosif. D'après Remus, ils auraient deux minutes après le déclenchement de la bombe avant qu'elle n'explose. Et d'après Sirius, les charges d'explosifs permettraient de détruire la ferme toute entière.

L'agent double les regardait faire de loin, assis nerveusement dans la voiture, guettant l'arrivée des mangemorts. Il sentit son téléphone portable vibrer. Machinalement, il regarda le numéro et fronça les sourcils : c'était un numéro inconnu. Mais peu de personnes connaissaient son numéro, c'est pourquoi il décrocha quand même.

- Allô ?

"C'est Blaise Zabini."

- Ah… Faites court, je n'ai vraiment pas le temps.

Les deux anglais étaient toujours en train de faire leur bricolage et les mangemorts pouvaient arriver d'un moment à l'autre.

"La voiture dans laquelle nous devions monter a explosé, Draco venait de voir son père dans la foule. "

Rogue jura. Lucius avait donc réussi. Alors qu'il essayait de voir quelles étaient les différentes solutions aux problèmes qui se pointaient, il vit au loin une dizaine de 4x4 foncer vers eux. L'agent double mit sa main sur le combiné.

- Ils arrivent ! cria-t-il.

Viktor, les mains crispées sur le volant, jeta un regard affolé aux voitures qui avançaient. Rogue entendit vaguement Blaise continuer de parler au téléphone.

- On a miné ce chemin, fit le roumain en montrant la route que les voitures prenaient. Ils ne passerrront pas tous.

A peine eut-il prononcé ces mots qu'une première explosion retentit. Une des voitures s'envola et retomba quelques mètres plus loin. Les autres voitures freinèrent aussitôt. Juste à ce moment, les deux mercenaires sortirent en trombe du bâtiment principal de la ferme et se ruèrent vers la voiture.

Rogue se souvint qu'il avait Blaise au bout du fil. Son cerveau tourna à toute allure. Dans la situation actuelle, il pouvait pas être utile à Draco ou à Blaise. Seul Dumbledore, qui était au courant de toute l'histoire, pouvait les aider. Il remit le téléphone à son oreille.

- Désolé... Je dois raccrocher... Je vais vous donner son numéro, appelez-le, il saura ce qu'il faut faire. Vous avez de quoi noter ?

Après un instant de silence, Severus Rogue lui dicta impatiemment le numéro à appeler. Sirius et Remus se jetèrent à l'intérieur de la voiture et Viktor fit aussitôt partir la voiture en trombe.

- C'est bon ? demanda l'espion à son assistant.

Les soubresauts de la voiture firent raccrocher Rogue sans qu'il ne puisse entendre la répondre de Blaise. Il remit son téléphone dans sa poche. Il avait d'autres soucis beaucoup plus graves pour l'heure.

Les voitures avaient repris leur chemin et les suivaient tout en esquivant les autres mines posées à la va vite sur le chemin. Elles étaient presque arrivées à la ferme lorsqu'elles quittèrent le champ de vision des quatre résistants.

Quelques instants plus tard, la ferme explosa dans une gerbe de flammes. Sirius sentit la secousse déséquilibrer la voiture et sa tête cogna brutalement contre la vitre. Il gémit faiblement et se retourna sur son siège, une main plaquée là où une nouvelle bosse ne tarderait pas à pousser.

La flopée de jurons qu'il poussa fit se retourner Rogue. L'explosion n'avait pas eu entièrement l'effet voulu. Les voitures avaient été plus rapides, seule la moitié d'entre elles avaient été stoppé par l'explosion. Encore six véhicules les poursuivaient. Severus remarqua l'une d'elle qu'il connaissait bien.

- Merde ! jura-t-il.

- Quoi ? fit aussitôt Viktor.

L'espion se rassit droit sur son siège.

- Il est venu en personne.

Évidement, il n'y avait que Lord Voldemort pour avoir une jeep verte avec une tête de serpent sur le capot.


Ils roulaient encore. Ils avaient réussi à semer provisoirement leurs poursuivants. Un silence tendu régnait dans la voiture. Viktor conduisait comme un dément, la mâchoire crispée, suivant les indications que Severus lui donnait de temps à autre.

Remus, à l'arrière, fixait inlassablement la route derrière eux, prêt à voir les mangemorts débarquer. Une de ses mains serrait maladroitement l'épaule d'un Sirius fiévreux, presque haletant sous la douleur. Il allait devoir attendre et prendre son mal en patience avant de pouvoir récupérer ses anti-douleurs.

- Maintenant, il faut qu'on parle, lâcha soudain Severus.

Sirius laissa échapper un gloussement.

- T'es sérieux ?

- La ferme Black.

- Je croyais qu'on devait parler, justement...

- Sirius, s'interposa Remus. De quoi doit-on parler ?

- De ce qu'on va faire maintenant, répondit immédiatement Severus.

- Comment ça ce qu'on fait ? T'avais dis que c'était arrangé, on a juste a passer la frontière, fit Sirius en fronçant les sourcils.

- Oui, ça c'est arrangé. Mais il y a un autre paramètre à prendre en compte, dont je ne vous ai pas encore parlé.

Sirius ouvrit la bouche mais Viktor le devança.

- Quel parrramètrrre ?

- A deux bonnes heures d'ici, il y a une carrière de marbre qui s'étend sur plusieurs kilomètres. Voldemort s'en sert secrètement comme base. Il y entrepose toutes les informations qu'il tient à garder cachées.

- Dis-nous en plus, le pressa Remus.

- Seule une dizaine de partisans sont au courant. Ils stockent toutes les informations sur des ordinateurs connectés sur un réseau complètement isolé. Impossible de les pirater à distance. Si on veut récupérer les preuves, il faut aller directement là-bas.

- Il y stocke tout ? murmura pensivement Sirius.

- Tout. Le nom de ses partenaires financiers, de ceux qui lui vendent les armes, de ceux qui les achètent. Idem pour son trafic de drogue, tous les noms des trafiquants sont listés. Il y a l'historique de toutes les transactions au marché noir auxquelles il a participé. Il y a les données des comptes bancaires sur lesquels il transfert l'argent sale ou celui qu'il détourne. Il y a même une liste complète de tous les partisans, détaillée. Il inscrit toutes les actions auxquelles chaque partisan à participé...

- Faut qu'on aille là-bas, déclara fermement Sirius.

- Attend, le contra Remus. Réfléchis une seconde. On est quatre seulement, et on n'a pas de plan. On ne sait même pas combien ils seront en face.

- Une vingtaine d'ouvriers, qui ne savent rien, et une douzaine de gardes. En plus des informaticiens qui s'occupent des ordinateurs, énuméra Severus.

- C'est tout ?

- C'est un des plus grands secrets de Voldemort, répliqua Rogue. C'est normal qu'il mette le moins de personnes possible au courant.

- Mais toi, tu l'es...

- Je suis espion, je sais faire mon boulot correctement, contrairement à d'autres.

- Ça veut dire quoi ça ?

- Ça me parait clair.

- Arrêtez, les interrompit Remus.

Sirius serra les dents et envoya un regard noir à Severus, que ce dernier ignora superbement. L'anglais se calma rapidement et se tourna vers son ami.

- Remus, est-ce que tu te rends compte ? Si on peut récupérer ces infos, qu'on les ramène à Dumbledore, on lui coller la police internationale au cul, on peut mettre un terme à tout ça ! s'exclama-t-il avec enthousiasme. On a besoin de preuves pour le mettre derrière les barreaux, elles sont là-bas. C'est exactement pour ça que Dumbledore nous a envoyé ici.

- Ça ne change rien au fait qu'on est que quatre, et encore, tu es blessé alors je ne vois pas trop comment tu pourrais faire partie de l'expédition. Et on a toujours pas de plan.

- Moi, j'ai un plan, répliqua Severus.

Remus lui lança un regard noir que l'espion ignora.

- Je connais les entrées et les sorties, j'ai eu l'occasion de voir les plans des lieux. Je sais par où entrer sans ameuter les gardes, je connais leurs tours de garde et je peux amener l'un de vous jusqu'aux ordinateurs.

- Seulement un ?

- Davantage serait dangereux.

- J'irai, fit aussitôt Sirius.

- Pas question ! répliquèrent en coeur Severus et Remus.

Le brun leur jeta un regard noir.

- Tu n'es pas en état, même si tu veux nous faire croire le contraire, dit Remus plus calmement.

- Tu ferais tout capoter, ajouta Severus.

- Quoi ? s'insurgea Sirius en se penchant vers l'espion.

- C'est pas le moment ! fit Remus en ramenant Sirius à sa place.

- Donc, là, vous êtes décidés à y aller ? intervint Viktor.

Remus secoua négativement la tête.

- On ne sera d'accord pour y aller que si on l'est tous les quatre. Sirius et Severus veulent le faire. Et toi ?

- Je veux tenter le coup, bien sûrrr, répondit Viktor du tac au tac. C'est trrrès rrrisqué, mais le jeu en vaut la chandelle...

- Donc on est tous d'accord ? demanda Severus.

Remus les regarda tour à tour, pensif. Il ferma les yeux quelques secondes puis les rouvrit et se laissa retomber sur la banquette.

- Ok, on y va.


Sirius se tourna vers Severus, les yeux légèrement écarquillés.

- C'est une blague ?

- Pas du tout. Il faut passer par là, répliqua l'espion.

- Mais... C'est une falaise, ton chemin !

- Je suis au courant. Mais on a pas le choix.

Remus et Viktor observaient en silence le décor qui s'offrait à eux, laissant les deux anglais se disputer.

Après deux longues heures de route, ils étaient parvenus à la carrière qui servait de couverture à Voldemort. Ils avaient largement contourné le terrain pour ne pas se faire repérer et avaient fini par arriver en contrebas d'une falaise rocheuse. Quelques centaines de mètres sous leurs pieds, la mer Adriatique venait se jeter avec violence contre les récifs.

- L'entrée est là, fit Severus en leur montrant la paroi de la falaise.

En regardant attentivement, ils virent une fine fente entre les roches, tout juste assez grande pour laisser passer une personne.

- Ils ont creusé à même la roche, expliqua patiemment Severus. C'est leur sortie de secours, en quelque sorte. Mais elle n'a jamais servie, ils ont sûrement oublié qu'elle était là.

- Donc, si j'ai bien compris, tu veux escalader la falaise, rentrer par ce trou, récupérer les documents et repartir ni vu ni connu, énonça Sirius.

- Oui, c'est l'idée. Il y a un chemin, très étroit certes, mais ça suffira. Pas la peine d'escalader. Et en passant par là, on évitera presque tous les couloirs fréquemment gardés. Si on s'y prend bien, on sera loin quand ils s'en rendront compte.

- C'est du suicide, souffla Sirius en relevant les yeux vers la brèche.

- Dépêchons-nous, pressa Remus en retournant vers la voiture.

Sirius le suivit aussitôt.

- Remus, c'est pas une bonne idée. Je préfèrerai que tu...

- On en a déjà parlé, le coupa Remus en rassemblant ce dont il allait avoir besoin. J'y vais avec Severus. Viktor et toi, vous attendez ici.

- Mais pourquoi c'est toi qui y va ? répliqua obstinément son meilleur ami.

Remus lui offrit un sourire.

- Parce que je suis plus costaud que toi ! s'exclama-t-il en finissant de remplir son sac à dos.

Severus l'attendait quelques mètres plus loin, observant les alentours avec attention. Remus le rejoignit, toujours talonné par Sirius. Il fit signe à l'espion qu'il était prêt et se tourna vers Sirius et Viktor.

- Krum, je compte sur toi pour le surveiller, hein, lança-t-il avec humour en désignant Sirius.

Viktor sourit et acquiesça.

- Je suis plus un gamin, Remus, grogna Sirius, les lèvres pincées.

Remus rit et posa la main sur la tête de son ami pour lui ébouriffer les cheveux. Le brun se laissa faire, la gorge nouée. Remus retira sa main.

- On en a pour une heure maximum. Si on est pas revenu d'ici là, partez sans nous.

- Allons-y, exhorta Severus en se détournant.

Remus offrit un sourire à Sirius et lui emboîta le pas. Ils avancèrent rapidement le long des parois et ne mirent que quelques minutes à rejoindre le chemin qui grimpait le long de la façade. D'un pas prudent, ils s'engagèrent et adoptèrent une allure lente mais prudente. Ils mirent toutefois à peine dix minutes pour arriver à la brèche. Une fois devant l'entrée, ils firent une rapide halte pour reprendre leur souffle.

- Tu penses que ça va aller ? demanda lentement Remus en lui tendant sa bouteille d'eau.

- Il le faut, répondit Severus. On ne peut pas se permettre d'échouer.

Le mercenaire acquiesça et attendit que le brun lui rende sa bouteille pour pouvoir la ranger. Sans un mot, il prirent leur arme en main et les chargèrent, puis vissèrent les silencieux au bout des canons. De l'autre main, Remus attrapa son poignard et le serra avec force.

- On y va, murmura Severus. Si on reste silencieux, on arrivera sans problème jusqu'à la salle informatique.

- Trouve le chemin, je m'occupe de ceux qui s'interposeront, chuchota à son tour Remus.

L'espion hocha la tête et s'engouffra sans plus attendre dans la crevasse. Remus le suivit immédiatement. A l'intérieur, le silence se fit pesant. Après toute l'agitation de la fuite, Remus se surprit à trouver ce silence oppressant au lieu de le trouver reposant.

Alors qu'ils arrivaient à un carrefour entre deux couloirs, les doigts du mercenaire se serrèrent encore plus fort sur ses armes. Il avait déjà eu des missions dangereuses mais il avait toujours préparé le terrain avant et puis il était toujours avec Sirius…

Il regarda Severus qui, après avoir scruté les alentours, lui fit signe de le suivre vers un couloir sombre.

- Au bout de ce couloir, il y a la salle des ordinateurs. Mais il va falloir traverser une partie du hangar de stockage... Il y aura peut être du monde.

Remus hocha la tête silencieusement puis suivit Severus. Ils traversèrent le hangar sans trop de problème, évitant soigneusement le seul garde qui s'y trouvait, puis arrivèrent à la salle des ordinateurs. Remus se mit au travail sans attendre tandis que Severus surveillait ses arrières. Au bout de plusieurs minutes, le mercenaire réussit à accéder à tous les fichiers des ordinateurs mis en réseau de la salle et les copia sur le disque dur que Severus avait apporté.

- Fini, murmura-t-il après plusieurs minutes.

Il essuya la sueur sur son front d'une main tremblante et grimaça. Il fallait qu'il fasse attention car avec ce surplus de tension, il pouvait exploser d'un moment à l'autre.

- Ok. Il ne faut pas traîner, les rondes vont bientôt recommencer, dit Severus d'une voix tendue.


Sirius attendait. Ou plutôt, il fixait avec un regard un peu fou le trou par lequel étaient entrés Remus et Rogue.

- Depuis combien de temps ?

- Quarrrante-cinq minutes, lui répondit Viktor.

Sirius hocha la tête et frotta ses mains moites sur son pantalon. Il ne devait pas s'en faire. Remus avait accompli des missions bien plus périlleuses et s'en était sorti comme un chef. Il ne devait pas stresser… Il ne devait pas…

- Combien ?

- Quarrrante-six minutes, soupira le roumain, sentant sa patience s'effriter.

Soudain, Sirius vit quelque chose bouger. Il se leva pour mieux voir. Remus et Rogue revenaient aussi vite que leur permettait le chemin caillouteux menant au passage. Le sourire du brun se figea en voyant des traces de sang sur le visage et les habits de Remus.

- Qu'est ce que…

- Sirrrius, venez ! Il faut partirrr rrrapidement !

Tandis que les deux anglais finissaient de dévaler la pente qui les séparaient de la voiture, Viktor fit démarrer la voiture. Remus et Severus montèrent en catastrophe et Krum fit partir la voiture aussitôt. Sirius se tourna vers Remus.

- Il s'est passé quoi ? T'es couvert de sang !

Un silence tendu s'installa dans la voiture.

- Je t'expliquerai. Mais pas maintenant, fit Remus en lançant un coup d'œil au visage fermé de Severus.

Sirius acquiesça lentement et se pencha vers Krum et Rogue, assis à l'avant.

- Ils nous poursuivent ?

- Ils nous poursuivraient s'ils avaient survécus au cyclone Lupin, répliqua Rogue avec hargne.

Sirius jeta un regard en biais à son meilleur ami. Remus avait baissé les yeux et passait une main sur son visage épuisé. Sirius choisit d'ignorer la remarque cinglante de l'espion.

- Qu'est ce qu'on fait maintenant ? demanda-t-il en reportant son attention sur Severus.

- Il va nous falloir plus d'une heure pour atteindre l'aérodrome. Il faut qu'on reste à couvert sous la forêt, parce que quand l'alerte va être donnée, c'est à dire dans peu de temps si ce n'est pas déjà fait, Voldemort va lancer ses hélicoptères pour sillonner les routes.

- Je connais bien cette rrrégion. Je peux conserrrrver cette allurrrre même sur les petits sentiers, dit Krum.

- Alors on a plus de chance d'y arriver.

Sirius soupira et se laissa tomber contre son siège. Il lança un nouveau coup d'œil à Remus et vit que celui-ci était toujours aussi crispé. Le brun posa une main réconfortante sur le bras de son meilleur ami.

- T'inquiètes pas, on sera bientôt de retour chez nous ...

Remus leva enfin les yeux et lui offrit un maigre sourire.


- Accélérez ! rugit Severus.

- Taisez-vous ! Si vous êtes pas content, vous pouvez toujourrrs prrrendrrre le volant !

- On est encore loin ? demanda Sirius, coupant court à la dispute.

- Moins d'un mile, répondit Severus en lançant un regard mauvais au roumain.

Sirius lança un coup d'œil inquiet par la fenêtre. Ils étaient à découvert depuis presque vingt minutes et ça n'était pas pour le rassurer. A coté de lui, Remus était resté muet depuis qu'ils avaient quitté la carrière. Le brun aurait pourtant eu besoin de son ami pour se calmer, mais Remus n'allait pas bien de son coté et c'était pour une fois le tour de Sirius de le rassurer.

- On est encore loin ?

- La ferme Black ! gronda Severus, à bout de nerf.

- Je t'emmer ...

- LA ! L'aérrrrodrrrrome !

Sirius referma la bouche au cri de Viktor qui pointait le bâtiment blanc décrépi à l'horizon. En moins de dix minutes, ils arrivèrent devant le bâtiment. Ils furent accueillit par deux hommes armés.

Rogue leur montra un papier et ils les laissèrent passer.

- C'est qui ? demanda Sirius qui tenait Remus par les épaules afin qu'il ne s'écroule pas.

- Ce sont des alliés qui ont pris le contrôle de l'aérodrome pour nous évacuer. Dépêchez-vous ! rugit Rogue qui les avait déjà dépassé de plusieurs mètres.

Arrivés sur la piste, Sirius s'arrêta net en voyant l'état de l'avion.

- Il vole encore ce tas de ferraille ?

- Tu t'attendais à quoi ? Un jet privé avec des coupes de champagne peut-être ?

Sirius regarda Rogue avec hargne tandis que Viktor montait sans attendre dans le véhicule volant.

- Je ne monterais pas dans ce… truc !

Rogue eut un rictus.

- Aurais-tu peur de monter, Black ?

Sirius n'eut pas le temps de répondre. Le moteur de l'avion s'était allumé couvrant tous les sons aux alentours. Rogue monta dans l'avion sans se retourner.

- On monte, Sirius !

Le brun sursauta et regarda Remus.

- T'es sûr ?

- On a pas le choix de toute façon !


- Zut, faut que j'aille faire des courses…

Draco se tourna vers Harry dans le couloir de l'hôpital qui les menait à la chambre de Gregory.

- Pourquoi ?

- Seamus m'a demandé… Enfin harcelé pour que je lui achète des bonbons japonais…

- Oh… Ça m'étonne pas de lui.

Alors qu'ils allaient rentrer dans la chambre, le médecin qui s'occupait de Gregory sortit. Il salua les deux européens avant de reprendre son chemin.

- Alors ? demanda Draco à Blaise à peine entré dans la chambre.

- Et bien, il a dit que Greg allait s'en sortir, mais…

Le sourire qui était apparu sur les lèvres du chanteur s'effaça.

- Mais quoi ?

- Mais ça risque de prendre beaucoup de temps.

- Ah, dit Draco d'un air morose.

- Oui mais il va s'en sortir, c'est déjà ça ! lança Harry histoire de détendre l'atmosphère qui s'était soudainement alourdie.

Draco eut un maigre sourire et Blaise hocha la tête. Harry passa discrètement une main réconfortante dans le dos du blond.

- Oui, voyons le coté positif des choses ! lança Vincent. On va pas rester là à se morfondre ! Surtout que maintenant tout dépend de Gregory et de l'équipe médicale.

- Mouais… dit Draco, abattu malgré tout.

- Allez ! Haut les cœurs ! Pour fêter cette bonne nouvelle, je vais aller acheter des trucs bons à manger ! Qui vient avec moi ?

- Je t'accompagne Harry car tu risques de te perdre, se moqua gentiment Vincent.

- Merci Vince ! A tout à l'heure alors ! lança Harry en attrapant sa casquette et ses lunettes de soleil.

Draco lui offrit un sourire et les regarda quitter la pièce. Après le départ des deux anglais, il y eut un long silence. Le blond était partagé entre son inquiétude pour Gregory et l'euphorie qui ne l'avait pas quitté depuis qu'Harry l'avait embrassé.

- Dis Draco…

- Hmm ?

- Tu pensais me le cacher combien de temps ?

- De quoi ?

- Devine ! Je vous ai vu par la fenêtre !

Draco pâlit.

- Quoi ?

- Nan, je rigole. Mais par contre Harry devrait arrêter d'afficher sa béatitude… Alors qu'est-ce que t'as à dire pour ta défense ?

- Euh… Ben…

- Raaahh ! s'exclama Blaise. En plus, je l'avais senti venir ! Je le voyais gros comme une maison !

- T'as fini de me persécuter ?

- Non ! Je dois le dire : JE LE SAVAIS !

- Oui, oui, bon, pas la peine d'en faire tout un plat, se renfrogna Draco.

- Mais si ! Draco, je suis super content pour toi. Ça tient presque du miracle, votre histoire ! Au début, j'y croyais pas trop parce que bon, Harry était vraiment mal parti. Mais quand j'ai vu comment il a tout plaqué pour venir ici et de quelle façon il s'occupait de toi... Franchement, c'était impossible de pas le griller !

- Oui, bah ! J'avais d'autres préoccupations ! se justifia Draco comme si Blaise l'avait personnellement visé.

- Oui, oui, fit Blaise avec un grand sourire. Mais en fin de compte, ça se termine bien pour toi. Ça fait plaisir de te voir heureux.

Touché, Draco lui offrit un sourire radieux.

- Merci Blaise.

Le métis reprit un air un peu plus sérieux.

- Soyez discrets quand même. Vous avez pas besoin d'un scandale.

Draco acquiesça lentement. Il était trop sur son petit nuage pour penser à toutes les retombées qui viendraient si cette relation se savait, mais il ne perdait pas de vue qu'il fallait rester prudent.


Plus d'une semaine qu'Harry était arrivé et avait sorti Draco de sa torpeur. Blaise n'arrivait toujours pas à se décider à lui parler. Le métis prit finalement son courage à deux mains et fit signe à Draco de le suivre hors de la chambre. Harry leur emboîta le pas, laissant Vincent seul avec Gregory. Ils firent quelques pas dans le couloir jusqu'à ce que Blaise s'arrête dans un coin un peu à l'écart.

- Écoute Draco, soupira-t-il. Ça va pas te plaire mais... Il faut que tu retournes en Angleterre, le plus vite possible.

Le blond leva un regard surpris vers son ami.

- Quoi ? Comment ça ?

Blaise et Harry échangèrent un regard.

- T'es pas en sécurité ici, expliqua le métis. Ton père se balade on ne sait où, et il peut attaquer à tout moment.

- Je suis en sécurité autant ici qu'ailleurs, rétorqua Draco en fronçant les sourcils.

- Dumbledore a appelé, il a réussi à bloquer l'accès à l'Angleterre à ton père. S'il prend l'avion pour te suivre jusqu'à Londres, il se fera arrêter avant même de sortir de l'aéroport.

- Oui mais... Je veux pas vous laisser ici.

Blaise se passa une main dans les cheveux, mal à l'aise. Harry lui jeta un coup d'oeil avant de prendre la situation en main.

- Draco, si tu restes ici, tu les mets en danger. Ils seront en sécurité si tu rentres.

Le blond accusa mal le coup. Son visage blêmit à ces mots. Et il sentit plus mal encore lorsqu'il se rendit compte qu'Harry avait raison. Il représentait un danger pour ses amis et cette idée lui tordit l'estomac. Harry s'en aperçut et prit doucement sa main dans la sienne.

- Toi et moi, on les met en danger. Mais c'est pas notre faute, okay ? Il vaut mieux qu'on rentre tous les deux. Blaise nous tiendra au courant, ajouta-t-il en se tournant vers ce dernier pour trouver un soutien.

- Bien sûr, fit aussitôt le métis. Greg va progressivement se remettre maintenant, et Vincent et moi, on va bien s'occuper de lui. On te rejoindra dès que ce sera possible.

Draco acquiesça silencieusement, les lèvres pincées. Il était plus blessé qu'il ne voulait bien l'admettre et il fut incapable d'offrir un sourire à ses amis pour les rassurer. Harry resserra sa prise sur sa main, mais cela ne suffit pas à soulager son affliction.

- D'accord, alors je vais tout de suite réserver deux billets d'avion. Tu n'auras pas besoin de t'occuper de tes affaires, je me chargerai de les faire envoyer à Londres, fit Blaise en reprenant son rôle de manager. Dès que tu auras quitté le Japon, je ferai une annonce au public pour les rassurer, ajouta-t-il pensivement.

- Je te laisse gérer tout ça alors, dit Draco à voix basse.

- Oui, répondit simplement Blaise, se sentant coupable de la peine qu'il venait d'infliger à son meilleur ami. Bon, j'appelle tout de suite l'aéroport alors, fit-il en sortant son téléphone portable de sa poche.

Harry le regarda partir puis se tourna vers Draco, qui fixait vaguement le sol. Son coeur se serra à le voir dans cet état. Il regarda autour de lui pour s'assurer que le couloir fut désert, puis, dès que l'infirmière qui passait près d'eux disparut dans une chambre, il se pencha rapidement sur Draco et posa ses lèvres que les siennes. Le blond se laissa faire, savourant la tendresse dont le brun faisait preuve. Harry délaissa finalement les lèvres de son amant et déposa un baiser sur sa joue avant de lui offrir un sourire.

- Je resterai avec toi, d'accord ?

Draco le regarda un instant, légèrement étourdi, puis étira ses lèvres en un petit sourire.

- D'accord.


Sirius avait plus d'une fois imaginé son retour au pays, alors que Remus et lui étaient emprisonnés. Souvent, il s'imaginait une arrivée avec Harry et ses copains ainsi que Tonks les accueillant dès leur sortie d'avion, et toutes les effusions qui s'en suivaient.

Mais la réalité s'était montrée toute autre.

Leur arrivée avait été chaotique. Ils avaient atterri sur un petit aérodrome privé. Dumbledore lui-même les avait accueilli, accompagné d'un médecin qui les avaient examiné. Sirius avait vaguement entendu Rogue faire un compte rendu rapide de ce qui s'était passé avant que le médecin lui fasse une piqûre et qu'il ne s'endorme.

C'est Remus qui lui avait raconté la suite. A cause de son état, Sirius avait été emmené aux urgences sur une base militaire au sud de Londres, près de la piste sur laquelle ils avaient atterri. Remus, Severus et Krum avaient laissé les médecins l'emmener et avaient suivi Dumbledore jusqu'au centre ville de Londres. Une fois arrivés à l'hôtel de ville, les quatre hommes s'étaient enfermés dans le bureau du maire et avaient remis à ce dernier les fichiers volés en lui faisant un récit détaillé de leur fuite.

Dumbledore leur avait ensuite récapitulé la situation et les évènements intervenus alors qu'ils étaient coupé du monde. Sirius avait eu un sourire ravi en apprenant que Lucius Malfoy était désormais l'un des hommes les plus recherchés par la police internationale. Mais il avait vite déchanté lorsque Remus lui avait appris qu'Harry avait rejoins Draco Malfoy sur l'archipel nippone. Vu son état, Remus n'avait eu aucun mal à empêcher une fois de plus le brun de sauter hors de son lit pour rejoindre son filleul à l'autre bout du monde.

Une semaine s'était écoulée depuis leur atterrissage. Remus longeait le couloir de l'hôpital pour rejoindre la chambre de Sirius. Alors qu'il s'apprêtait à y entrer, le médecin en charge de son meilleur ami l'interpella. Remus se retourna, surpris, et reconnaissant l'homme, lui offrit un sourire.

- Bonjour Docteur.

- Bonjour Mr Lupin, répondit le médecin en lui serrant la main. Justement, je voulais vous appeler.

- Ah oui ? Il y a un problème ? s'inquiéta Remus.

- Non, au contraire. L'état de Mr Black s'est considérablement amélioré. Physiquement, du moins. Il se remet progressivement de ses blessures. Il lui faut beaucoup de repos.

- Tant mieux ! soupira Remus.

- Le problème, justement, c'est qu'il n'arrive pas à se reposer convenablement ici. Sa tension ne cesse de grimper. Je pense que le changer de cadre n'est pas une mauvaise idée.

- C'est à dire ?

- Peut-être qu'en rentrant chez lui, il se sentirait mieux. Recevoir des soins à domicile lui serait sans doute plus bénéfique.

- Sa cousine, Nymphadora Tonks, vit dans la même maison. Elle est infirmière, elle pourra lui procurer les soins dont il a besoin.

Remus se réjouissait déjà à l'idée de pouvoir rentrer chez eux.

- Très bien. Je vais préparer sa sortie.

- Et je vais rassembler le peu d'affaires qui traînent dans sa chambre. Merci beaucoup docteur !

Le médecin lui sourit et le salua avant de s'éloigner d'un pas vif. Remus se tourna quant à lui vers la porte, imaginant déjà le visage ravi de Sirius lorsqu'il apprendrait la nouvelle.


"Allôôôô ?"

- Salut Seamus !

"Harry !"

- Je trouve pas tes bonbons !

"Quooooiiii ?"

- Ouais, je vois pas la boite métallique dans le magasin.

"T'es sûr ? T'es pas dans le mauvais rayon ?"

- Bah, je sais pas trop. Y a plein de trucs avec des couleurs qui piquent les yeux...

"Il me les fauuut ! Trouve-les pour moi, pitiiié !"

- Arrête de crier ! Quoi ? fit Harry en voyant Draco se tourner vers lui.

- C'est pas ça ? demanda le blond.

Harry prit la boite qu'il lui tendait et l'inspecta rapidement.

- Si, c'est ça. Seamus, j'ai trouvé.

- Éloigne ton oreille du...

"YOUUUUPIIIIII !"

- Trop tard...

Après une grimace, Harry entreprit de vider le rayon des bonbons convoités sous le regard intrigué de Draco.

- Je t'en prends une dizaine, c'est bon ?

- Pourquoi autant ?

"C'est touuut ?"

- Y'en a pas plus !

Draco leva les yeux au ciel et tourna les talons en direction du rayon de thé du magasin de l'aéroport. Harry le regarda partir tout en finissant de remplir son panier de bonbons.

"Merci beaucoup beaucoup BEAUCOUP !"

- Oui, oui, de rien. T'as pas Ginny dans le secteur ? Elle répond pas sur son portable...

"Si ! On regarde la télé là. Je te la passe !"

- Merci.

Le brun entendit des bruits puis Seamus qui murmurait : "C'est Harry !"

"Harry ? Salut ! Comment ça va ?"

- Ça va. Je suis avec Draco là, en train de faire les courses... Tu veux quelque chose ?

"Euh... Non, pas spécialement. T'es avec Draco ? Il va mieux ?"

- Ouais, ça va. Je l'ai fait aller mieux.

"Oh ! … Tu lui as dit ?"

-… Dit quoi ?

"Bah ! Que tu l'aimais !"

Harry rougit furieusement à cette phrase.

- Mais de quoi je me mêle ? rétorqua-t-il, mal à l'aise.

"Ah ! C'est très parlant, comme réponse ! Je dirais donc que oui !"

Harry se passa une main sur les joues pour se redonner contenance.

"Et doooooonc ? Donne-moi tous les détails ! Je veux tout savoir !"

- Giiiinnyyyy...

"Bah quoi ?" demanda innocemment la rousse.

Harry poussa un soupir.

- Oui, je lui ai dit. Et oui, on est ensemble.

"YOUUUUPIIIIII !"

- Oui bon on va pas en faire tout un fromage non plus…

Harry fronça les sourcils en entendant des coups sourds à l'autre bout du fil.

- Qu'est-ce que c'est ?

Ginny eut un fou rire.

"C'est Seamus, tu le connais, il veut toooooout savoir… Et comme je me suis enfermée dans ma chambre..."

- Ah… Tu leur as rien raconté, j'espère ?

"Parce que tu crois vraiment que personne n'a grillé quand tu es parti de ta cure sans prévenir ? Même Ron s'est posé des questions ! Mais je crois qu'il refuse de l'admettre et c'est pour ça qu'il ne s'est toujours pas évanoui..."

- Ah…

"Et même que Seamus, Dean et Théodore ont parié sur comment ça allait finir entre vous deux…"

- QUOI ?

"Et c'est mon roudoudou qui a gagné ! Il est trop fort !"

Harry resta silencieux.

"Harry ? … Te vexes pas. Il fallait bien qu'ils allègent l'atmosphère après ce qui s'est passé entre l'attentat contre Draco et ton départ soudain."

- Mouais… On en reparle quand on sera arrivé en Angleterre…

"Oh ! Tu reviens ? Quand ça ?"

- On est dans l'aéroport, on part d'ici une heure… Je crois...

Harry vit Draco revenir vers lui au pas de course. Il lui lança un regard interrogateur.

- L'embarquement a commencé, faut qu'on se dépêche !

- Pas de panique, c'est à coté...

- Qui panique ici ?

- Bon Ginny, je vais te laisser. Draco panique.

- C'est pas vrai !

- Donc on va à l'embarquement, et je te rappelle une fois qu'on est arrivé à Londres.

"D'accord ! Bon vol à vous deux !"

- Merci. Bye !

Harry raccrocha et rangea son téléphone tout en suivant le blond, qui partait déjà sans lui.

- Hey ! Attend-moi. Faut que je paie les bonbons ! se souvint Harry.

Draco leva les yeux au ciel mais revint tout de même sur ses pas et accompagna le brun jusqu'aux caisses. Ils payèrent rapidement et repartirent à toute allure pour ne pas rater leur vol. Lorsqu'ils arrivèrent au lieu d'embarquement, les passagers étaient presque tous à bord et les deux retardataires rejoignirent la file.

Une fois assis en première classe, Draco souffla enfin.

- A cause de toi, on a failli rater l'avion !

- Désolé, s'excusa Harry avec un grand sourire.

Le blond soupira et ferma les yeux, se calant dans son siège. Il savourait enfin un peu de calme après toute cette course. Son répit fut de courte durée.

- Hey Draco ! Regarde ! Y a les Goonies dans le catalogue de l'avion. On regarde ça ?

- Non. Laisse moi dormir.

- T'es pas marrant !

- M'en fiche. Tais-toi maintenant.

Harry s'exécuta et resta silencieux. Pas longtemps.

- Merde.

- Quoi encore ? fit Draco en ouvrant les yeux.

- J'ai appuyé sur le bouton pour appeler l'hôtesse de l'air, comment on annule ?

Le blond soupira à nouveau et appuya sur la télécommande du brun pour annuler l'appel. Harry le remercia d'un grand sourire.

- Tu me laisses dormir maintenant ?

- Oui, Ô soleil de ma vie.

Draco rougit. Harry ricana. Puis le blond referma ses yeux et ne mit pas plus de dix minutes à s'endormir. Avec un sourire, le brun le regarda tomber dans les bras de Morphée, puis mit finalement un film en route pour passer le temps. Il le regarda distraitement, lançant de réguliers coups d'oeil au visage endormi à coté de lui. Il avait encore du mal à réaliser que Draco était à lui, et rien qu'à lui. Il avait tellement envie de l'embrasser qu'il finit par se forcer à rester attentif au film, de cette façon il n'était plus tenté par les lèvres entrouvertes de son petit ami. Une fois le premier film terminé, il en lança un deuxième. Draco dormait toujours à coté de lui.

Il ne se décida à le réveiller que lorsque les hôtesses distribuèrent les premiers plateaux repas. Le blond ouvrit difficilement les yeux.

- Quoi ? bougonna-t-il.

- C'est l'heure de la bouffe ! s'exclama Harry avec bonne humeur. Je voudrais le plateau repas avec du poulet, s'il vous plait, fit-il à l'attention de l'hôtesse qui s'arrêtait à leur hauteur.

- De même, s'il vous plait.

Ils furent rapidement servis et entamèrent leur repas sans un mot. Au bout de quelques minutes, Harry brisa le silence.

- Dis. J'avais pensé à un truc...

- Ça a dû te faire mal...

- Pfff ! T'es con... Donc je disais... Quand on arrive, tu as l'intention d'aller quelque part en particulier ?

Draco lui lança un regard surpris.

- Non. Je pensais rentrer. Pourquoi ?

- Ce serait peut-être plus sûr d'aller ailleurs que chez nous...

- C'est pas faux, accorda le blond. Mais où ? A l'hôtel ?

- Je pensais plutôt à la maison de mon parrain. C'est à une heure du centre de Londres... Personne n'ira nous chercher là-bas...

Draco afficha une moue dubitative.

- Je suis pas sûr que ce soit une bonne idée... Ton parrain n'a pas une très bonne opinion de moi.

- Mais t'inquiète pas pour ça. Toute façon, il sera pas là. Et puis même, va falloir qu'il se fasse à l'idée quand il rentrera parce qu'avec ou sans son consentement, je te garde...

Draco rougit légèrement. Il se plongea dans l'observation de son plateau pour se redonner contenance. A coté de lui, Harry souriait de toutes ses dents.

- Alors ?

- D'accord, on a qu'a aller chez ton parrain, consentit finalement le blond.


"Allô ?"

- Salut, c'est moi !

"Ah ! Vous êtes arrivés ?"

- Ouais, on vient de sortir de l'aéroport.

"Tu veux que je vienne vous chercher ?"

- Non, Ron, ça ira. En fait, on va prendre le taxi jusque chez Sirius.

"Comme tu veux… Je vais prévenir Hermione. Je pense qu'on vous rejoindra, avec Ginny et Seamus, d'ici peu de temps."

- Si tu le dis à Hermione, je peux préparer deux places en plus pour le repas de ce soir alors…

"Ah ah, je t'appellerais en fonction de la décision qu'elle prendra."

- Ok, tu pourras prévenir les autres aussi ? J'ai quasiment plus de batterie et Ginny m'a demandé de l'appeler dès mon arrivée et je suis certain que Seamus est en train trépigner d'impatience à coté de son téléphone.

"D'accord, t'inquiètes pas, je préviens tout le monde et on vous rejoindra, comme ça on fêtera ton retour comme il se doit !"

- Super ! Merci Ron ! A plus alors !

"Ouais à plus !"

Harry remit son portable dans sa poche en souriant. Il jeta un coup d'œil à Draco qui n'avait pas fini son coup de fil.

- Bien sûr que j'irais vous voir, mère... D'ici quelques jours, le temps que toute cette agitation se calme, vous comprenez ? …Oui, bien sûr… Oui… Avez-vous eu des nouvelles de Severus ? … Hmm d'accord… Je vous rappellerais donc lorsque je viendrais vous voir… Au revoir...

- Tu vouvoies ta mère ? demanda Harry alors que le blond raccrochait.

- Oui. Pourquoi tu me demandes ça ?

- Ben, ça fait drôle… Mais bon c'est pas grave… On y va ?

- Je te suis.

Harry remit ses lunettes de soleil et vissa sa casquette sur son crâne. D'une main, il attrapa son sac et de l'autre celui de Draco, puis il prit la direction de la sortie de l'aéroport. Son petit ami lui emboîta le pas en vérifiant que personne ne les suivait.

Une fois dehors, le blond héla un taxi. Le chauffeur du véhicule sortit aussitôt et alla leur ouvrir le coffre pour qu'Harry y dépose leurs maigres bagages. Draco s'installa à l'arrière tandis que le brun indiquait l'itinéraire à suivre. Harry le rejoignit rapidement et lui offrit un sourire auquel le blond répondit.

Le taxi se mit en route dans un silence total. Discrètement, Harry prit la main de Draco dans la sienne et le blond resserra ses doigts sur les siens. Le chauffeur ne parla pas non plus, à part pour lâcher quelques grognements à l'encontre d'un autre conducteur de temps à autre.

Le trajet dura presque une heure. Harry, qui n'avait pas dormi de tout le vol, avait fini par s'assoupir sur l'épaule de Draco. Le blond ne le réveilla que lorsqu'ils furent arrivés à destination.

- Hey, réveille-toi. On y est.

- Hum, fit Harry en soulevant paresseusement une paupière pour jeter un coup d'oeil autour de lui.

Draco fit signe au brun de sortir de la voiture pour prendre les sacs dans le coffre. Celui-ci s'exécuta sans rechigner tandis que le blond payait le chauffeur. Il sortit à son tour du véhicule et ferma la portière. Le taxi repartit, les laissant seuls face à la maison de Sirius.

C'était une maison de la banlieue londonienne des plus banales, en briques rouges, comportant un étage et un grand jardin clôturé. Draco constata que toutes les maisons de la rue étaient identiques.

Harry poussa le portail avec un bonheur non feint et invita Draco à entrer dans le jardin. A peine eut-il posé un pied sur la pelouse qu'un immense chien noir vint à leur rencontre en trottinant. Harry se mit à genou pour accueillir l'animal dans ses bras.

- C'est Patmol, Sirius me l'a offert quand j'avais neuf ans. Il n'est plus tout jeune, hein mon gros pépère ! ajouta-t-il à l'intention de son chien.

Draco fronça le nez.

- C'est plein de bactéries, un chien.

- Ça m'empêche pas de l'aimer, répliqua Harry en riant. Allez viens Patmol ! On va voir Tonks !

Le chien jappa joyeusement et partit en direction de la porte d'entrée en remuant la queue. Les deux jeunes hommes le suivirent. Harry entra sans toquer et fit venir Draco à sa suite. Ils se déchaussèrent rapidement et Harry posa les sacs dans le couloir.

- Tonks ! T'es là ?

Il fit quelques pas dans la maison et fit signe à Draco qu'il pouvait aller dans le salon.

- Tonks ? appela-t-il à nouveau.

- Elle est partie faire des courses, répondit une voix à sa droite.

Harry sursauta et se tourna d'un bloc. Il resta estomaqué, la bouche entrouverte et les yeux légèrement écarquillés. En face de lui, Sirius sourit en voyant la tête que faisait son filleul.

- Allez, viens là, fit le mercenaire en tendant les bras.

Harry ne se le fit pas dire deux fois. Il se jeta sur son parrain qui referma ses bras autour de lui. Sirius raffermit sa prise sur le brun, un large sourire collé aux lèvres. Ils restèrent un long moment ainsi dans les bras l'un de l'autre, Harry retenant tant bien que mal ses larmes et Sirius laissant son sourire étirer de plus en plus ses lèvres.

Sourire qu'il perdit lorsqu'il vit Draco sortir du salon pour voir ce qu'il se passait. Sirius relâcha son étreinte sur Harry et se tourna vers le blond. Ce dernier hésita un instant, puis, prenant son courage à deux mains, il tendit sa main vers le parrain d'Harry.

- Bonjour. Je suis Draco, enchanté.

Sirius le toisa un instant. Draco soutint son regard, la main toujours tendue. Malgré son aversion pour son père, Sirius aimait la franchise du blond. En ne détournant pas les yeux, il avait marqué un bon point. Il saisit la main enfin que le blond n'avait pas baissé.

- On se rencontre enfin. Harry m'a beaucoup parlé de toi.

Draco lança un regard à Harry qui affichait son plus bel air innocent. Un sourire naquit sur les lèvres de Sirius. Il était si heureux de revoir son Harry que tout le reste n'avait plus autant d'importance. Il passa une main affectueuse dans les cheveux indisciplinés du brun et l'embrassa au sommet du crâne.

- C'est bon de te revoir.

- Tu m'as manqué, confessa Harry.

- Tu m'as manqué aussi.

- Bon retour parmi nous.


FIN


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Non, on rigole ! xD Ceci était le dernier chapitre MAIS il reste encore l'épilogue :D

On a aussi pour projet d'écrire une suite à Super Star, mais sous le regard d'un autre personnage... Une suite beaucoup moins sérieuse (sans arrière plan politique, sans morts (si on y arrive xD), sans méchants terroristes...), on vous tiens au courant ;D

En tout cas, on espère que vous avez aimé ce chapitre, et à bientôt (on est bien remotivées là pour le coup) avec l'épilogue !

Babaaaiiie !