Auteur : Moua, Chaya Escanor

Fandom : Yu-Gi-Oh !

Disclamers : Rien à moi, tout à Kazuki Takahashi… Sauf Chaya!

Prairings: Seto/Chaya

Genre: Romance/Humour

Warning: Ahem. Il est fort probable que Seto et Chaya, euh… Se fasse des papouilles avancées et pas pour les petits enfants, là!

Rating : Euh... On va mettre M, c'est plus sûr !

Remerciements : A Melzart, qui a écrit « Apparences », à sans qui cette fic n'aurait pas vu le jour !

Résumé : Mais c'est quoi cette fille ? D'accord, elle m'a sauvé la vie, mais on dirait qu'elle est ivre ! Non, franchement...

MAIS C'EST QUOI CETTE FILLE ?

Jamais Seto ne courut si vite. Epuisé, il arriva devant le repaire des Ghouls, vira les deux sentinelles et parcourut les couloirs à la recherche de Marik. S'arrêtant au beau milieu d'un couloir, il hurla le nom de sa cible, de toute sa voix. Il tomba à genoux, serrant ses épaules entre ses doigts.

«Mon cher Kaiba, tu fais trop de bruit. Que me vaux cette visite inattendue, mais pas moins agréable ? »

Il releva la tête vers l'égyptien qui se pavanait dans une ample robe de chambre rouge sang. Se relevant avec difficulté, il cracha :

«Où est-elle ? »

«Qui ? Chaya ? Dans sa chambre, je cr... »

Il ne put en dire plus, étranglé d'une poigne ferme par le brun.

«OU EST-ELLE ! »

«Je... Je vais t'y amener... Lâche-moi... »

Obéissant à contrecœur, Seto emboîta le pas de Marik et le suivit dans le dédale des couloirs. S'arrêtant devant une porte, le blond le fixa d'un air mauvais.

«Je vous laisse à vos touchantes retrouvailles... »

« Dégage. »

Marik fila vers ses appartements, avec la ferme intention de se soûler et de mordre le premier serviteur qui passerait à portée de dent.

Seto inspira doucement, toqua à la porte, entra... Et se figea. Que foutait Rishido dans le lit de Chaya, nu comme un ver ?

Il referma la lourde porte et s'y appuya. Le Chihuahua avait raison. Elle l'avait largué.

Chaya ouvrit la bouche, tétanisée. Aïe. Aïe, aïe, aïe. Grosse merde à l'horizon.

«Seto, je... »

«Tais-toi. Je constate que tout baigne pour toi, que tu as trouvé quelqu'un pour me remplacer. J'espère qu'il te saute bien, au moins ? J'ai été gentil avec toi, j'ai fait mon possible pour modérer mon caractère, tu es mon seul moyen de survie avec mon frère, mais tu t'en fous ! Eh bien, moi aussi ! Sur ce, adieu ! »

Il sortit en coup de vent, ne lui laissant même pas le temps de s'expliquer. Passant par la chambre de Marik, il le sortit de la planque des Ghouls sous le regard médusé des sentinelles, voyant leur Chef se faire tirer par la manche de la robe de chambre en hurlant comme un putois que non, il l'avait laissé revoir Chaya, point barre.

Ladite Chaya fondit en larmes, la tête dans les genoux. Rishido lui caressa lentement les épaules. Puis il se leva.

«Viens. Je t'emmène. Va d'abord te laver, j'irais ensuite. Après, on part d'ici. »

«Pour... Aller... Où ? »

«Chez moi. Kaiba ne voudra pas que... »

Elle comprit et se dirigea vers la salle d'eau, emportant des vêtements de rechange.

Il sortirent bientôt de la planque maintenant désaffectée (les nouvelles allaient vite.), et prirent la direction du centre-ville. Rishido la mena dans un minuscule studio peint en couleurs chaudes, composé d'une mini salle de douche, d'une cuisinette-salle à manger, d'un petit coin salon et d'une chambre, assez spacieuse et bien éclairée.

L'égyptien installa un lit de camp pour la jeune fille et prépara des pâtes. Débarrassant la table des livres divers, Chaya mit les assiettes et couverts, et bientôt, l'odeur des spaghettis à l'huile d'olive flotta dans la cuisine. Rishido posa la casserole sur la table et eut un sourire d'excuse en voyant la casserole bien trop pleine :

«Désolé, j'ai du mal avec les quantités. J'en fais toujours trop ou trop peu. »

«C'est pas très grave. J'ai faim. »

«Alors, mange. Passe-moi ton assiette. »

Ils mangèrent en silence, sans se regarder. Repue, Chaya posa ses couverts dans l'assiette vide et nettoyée de toute trace de pâtes et regarda Rishido à la dérobée. Et comprit soudain pourquoi elle était attirée par lui.

Bien sûr, elle aimait Seto. Il était doux et gentil quand il le voulait, et savait qu'il fallait la prendre avec des pincettes au niveau sexuel, de même que très beau. Mais lui...

Rishido dégageait ce magnétisme propre aux serpents ou aux grand félins. Face à lui, on était hypnotisé par son charisme, par sa taille immense et par son visage dur où brillaient deux yeux d'une grande douceur. Il évoquait les pyramides et le soleil, l'exotisme...

Alors que Seto était mince, pâle et avait les attaches fines, Rishido, plus carré, la peau tannée par le soleil, avait des mains grandes et chaudes, aux doigts calleux.

L'égyptien se rendit compte de l'observatoire, et tourna ses yeux doux vers elle. Elle rougit et baissa le nez sur son assiette, honteuse. Avant qu'elle ait pu faire quoi que ce soit, il l'avait installée sur ses genoux et lui mordillait la nuque avec sensualité. Un gémissement enroué monta dans la gorge de Chaya.

«Non... Non, s'il vous plaît... »

«Pourquoi ? »

«Je... Seto... »

Malheureux, il la lâcha et la laissa redescendre. Bien sûr. Kaiba. Il l'avait jetée comme un chien galeux, et elle s'accrochait.

Je ne peux pas lui en vouloir. Elle l'aime. Je n'ai fait que la consoler. Bon. Un peu de psychologie, je ne peux pas la voir dans cet état.

«Ne t'en fais pas. Il t'en veut, certes. Mais ça lui passera. Il est jaloux, ça prouve qu'il tient à toi. Ne t'en fais pas... Non, ne... Ne pleure p... Oh, et merde, viens là, Sauterelle. »

Il l'attira à nouveau contre lui et la berça doucement, le visage dans les longs cheveux gris. Tentant de calmer les lourds sanglots, le cœur en miettes, il l'emmena dans sa chambre avec patience, sans idée vicieuse. Elle avait besoin de dormir, et le lit de camp n'était pas l'idéal pour se reposer et récupérer.

Il l'allongea sur la couverture ocre et l'enroula dedans avec douceur. Il attendit, anxieux, que sa respiration se calme et ne se détendit que lorsque, reniflant doucement, elle s'endormit enfin, recroquevillée dans la couverture comme un chaton dans un pull.

Il caressa les cheveux soyeux et repartit dans le salon chercher le tome trois du Seigneur des Anneaux, directement en anglais, son dernier pavé. Il avait toujours préféré les études au sale boulot de Marik, et avait pris des cours d'anglais par correspondance, payant lui-même les cours, assez onéreux. S'installant à côté du lit, il ouvrit le livre à la première page. Il avait terminé le tome deux la veille au soir, et comptait bien connaître la suite. Très vite, il se laissa prendre par l'univers passionnant de Tolkien.

Il releva la tête vers la fenêtre lorsque le tonnerre gronda et que la pluie tambourina contre les vitres. Combien de temps était-il resté ainsi ? Une heure ? Deux ? Chaya dormait toujours, mais gémissait doucement dans son sommeil. Il l'observa et, distinguant les mots Marik, Seto et diverses plaintes douloureuses, il la secoua pour la sortir de ses cauchemars.

«Chaya... Chaya ? Réveille-toi... »

Elle ouvrit les yeux et le fixa longuement, hagarde. Puis elle recula doucement contre le mur et sanglota à nouveau. Rishido grimpa sur le lit à côté d'elle et la prit dans ses bras, avec l'envie grandissante de la prendre là, sur la couette, sans autre forme de procès.

Elle s'en rendit compte et, déglutissant, murmura :

«S'il vous plaît... Je... Tant que vous allez doucement, je... »

«Shhht... Je ne te ferais rien. Tu n'es pas en état, ne serais-ce que pour la résistance. Tu risquerais de t'endormir, et c'est tue-l'amour au possible. Mais ce n'est pas que ça. Tu as besoin de repos, pas de viol. »

«Ce ne serait pas... »

«Si. Tu fais semblant d'accepter, j'ignore pourquoi, mais c'est simulé. Dors, maintenant. »

«Avec vous. »

«C'est mauvais pour toi. »

«Je sais bien. S'il vous plaît... J'ai peur, toute seule... »

«Tu aurais dû me le dire avant. Mais arrête de me vouvoyer, ça me tape sur les nerfs. Je ne mérite pas de respect, surtout pas de ta part. »

«Imbécile. »

«Oui. Allonge-toi. »

Mon Dieu, quel double sens...

Elle obéi, l'appelant du regard. Il se glissa à ses côtés et la laissa se pelotonner contre lui, posant ses mains contre se torse. Elle chercha à le dénuder, mais il lui mit une petite tape sur la main.

«Non. Dors. »

«Mais... »

«Dors, ou je m'en vais. »

Elle se tut et ferma les yeux, sa respiration se faisant à nouveau plus calme. Ils s'endormirent tous les deux, sans apercevoir la mouche mécanique qui volait au dessus d'eux.

Sans se douter non plus que Jôno-Uchi Katsuya, habituellement non violent, venait de gifler Kaiba avec force et vociférait à présent, retenu par Yami Yûgi et par Honda pour l'empêcher d'étriper le jeune PDG recroquevillé sur sa chaise de bureau.