Ahhh ce chapitre... ! Je vous laisse la surprise, mais ça faisait longtemps que je voulais écrire ces scènes-là et... chut je me tais ! Bonne lecture
Chapitre 21 : Le secret de l'immortalité
Arès ouvrit les yeux sur une chambre inconnue. Il lui fallut du temps pour se rappeler d'où il était.
Merlin ! Le Seigneur des Ténèbres l'avait invité à dormir chez lui ! Il se gratta le crâne alors qu'il se demandait ce qu'il avait encore fait pour se retrouver dans une telle situation. Et surtout, il se demandait ce qu'il devait faire : s'enfuir discrètement par la cheminée la plus proche ou alors par la porte principale… Il était en train de fomenter un plan d'évasion quand un 'pop' sonore se fit entendre.
"Le Maître vous fait savoir que le petit déjeuner est servi, Monsieur" annonça un elfe de maison rabougri. "Monsieur devrait s'habiller en vitesse pour ne pas faire attendre le Maître."
"Ouais, ouais" grommela Arès d'une façon peu distinguée. "J'arrive."
L'elfe de maison décampa avec un nouveau 'pop' et le jeune sorcier se mit en quête de ses vêtements. Il constata qu'ils avaient été lavés et pliés soigneusement sur une chaise au pied de son lit. Il soupira. Il ne s'était pas attendu à être traité comme un hôte de marque. Il s'était encore moins attendu à prendre le petit déjeuner en compagnie de Voldemort. Nouveau soupir.
La soirée de la veille avait été surprenante. Arès, à son grand étonnement, avait apprécié la compagnie du mage noir. En réalité, c'était la première fois qu'il passait vraiment du temps avec lui et il avait découvert l'homme qui se cachait derrière l'armée des Ténèbres.
Voldemort était un très intelligent. Son esprit était brillant et il avait le charisme d'un homme habitué à diriger d'autres hommes. Il savait s'amuser, bien qu'il se comportât toutefois comme le Seigneur des Ténèbres qu'il était : méprisant sur les bords, froid à souhait et cynique. Il avait de la discussion et surtout, surtout, ce qui avait étonné Arès, il savait aussi écouter. Jusqu'à présent Arès avait eu des rapports très professionnels, et il faut l'avouer, un peu conflictuels. Il n'avait jamais eu l'occasion de se faire entendre et c'était un changement appréciable.
Il apporta la dernière touche à sa coiffure en liant ses cheveux sur sa nuque avec un ruban de soie noire puis sortit de sa suite. Aussitôt un nouvel elfe apparut qui le guida jusqu'à une imposante salle à manger.
Voldemort était attablé devant quelque chose qui ressemblait plus à un festin qu'à un petit déjeuner. Il invita Arès à s'asseoir à proximité de lui. Ce dernier s'exécuta, qu'à moitié à l'aise.
Ni une, ni deux, il fut assailli par plusieurs elfes de maison qui insistèrent pour le servir de divers plats en des quantités astronomiques. Voldemort ne prêta pas attention. Ça devait être habituel pour lui. Puis quand Arès eut quatre assiettes pleines devant lui, il congédia les elfes.
"J'espère que tu as pu profiter à tes aises de l'hospitalité du château" commença le Seigneur des Ténèbres. Il ne laissa pas le temps de répondre à son invité. "En réalité, je souhaiterais que tu restes plusieurs jours afin que nous continuons à planifier la guerre. Il faut que je te mette au courant de plein de choses et je compte te présenter officiellement à quelques Mangemorts."
"Je croyais que tu voulais que je fasse mes preuves avant ça" fit remarquer Arès.
Le mage noir balaya son interrogation d'un geste de la main. "Avant de pouvoir prouver ta valeur, il faut que je t'en donne l'occasion." Il s'interrompit mais Arès put lire entre les lignes que c'était l'épisode de Nurmengard qui avait changé le regard de Voldemort à son égard.
"Parlons de ta petite armée personnelle" reprit Voldemort. "Quels âges ont-il et seront-ils prêts à se battre en juin ?"
"Ils ont entre seize et dix-neuf ans ; dix membres d'Elite qui ont déjà participé à une mission au Ministère de Paris pour la prophétie et qui s'en sont sortis à merveille et quarante-trois autres membres qui n'ont pas d'expérience à proprement parler mais qui sont entraînés à faire des duels et à participer à des stratégies de bataille." Arès fit une pause alors qu'il réfléchissait à la dernière partie de la question du Lord noir. "En ce qui concerne leur préparation… En juin, je pense que c'est faisable. A quoi penses-tu ?"
"Je veux attaquer Poudlard" déclara Voldemort.
Arès laissa tomber sa cuillère dans son porridge en un 'sploch' pas très appétissant. "Est-ce que j'ai bien compris ? Tu veux attaquer l'endroit où siège Dumbledore, le chef de l'Ordre du Phénix ?"
"Exactement" fit Voldemort, un petit sourire tordu au coin des lèvres. "Et c'est là que ta mission rentre en compte. Pendant l'année scolaire tu vas préparer le terrain pour que mes Mangemorts puissent entrer à Poudlard lors de la dernière tâche et attaquer. C'est à ce moment que le plus de mages blancs seront réunis, pour assister à la fin du Tournoi. Tu auras des personnes pour t'aider sur place, notamment le fils Malfoy. De ton côté, tu devras te débrouiller pour être désigné champion de Durmstrang, en trichant si nécessaire. Puis tu devras gagner le Tournoi."
"Je ne comprends pas" fit Arès. "En quoi gagner le Tournoi va-t-il changer quelque chose ? Je croyais qu'au contraire je serai plus libre et moins surveillé par Dumbledore si je n'étais pas moi-même champion."
Voldemort eut un rictus. "Justement. Dumbledore te surveillera, c'est pour ça que c'est une mission que je peux ne confier qu'à toi et à personne d'autre."
"Tu veux que j'attire l'attention de Dumbledore ?"
"Entre autres. Je veux que tu puisses agir pour préparer l'action du mois de juin tout en t'occupant de Dumbledore. Dès qu'il va réaliser l'ampleur de tes pouvoirs, en tout cas tout ce que tu lui montreras volontairement lors des tâches, il va chercher à s'approcher de toi et à t'acheter pour le camp de la Lumière, bien que tu sois un mage noir. Oui, il est comme ça. Il va falloir que tu joues son jeu. Il doit être persuadé que tu vas revenir dans le bon chemin, alors que par derrière tu vas planifier l'attaque de sa précieuse école."
"Mais… nous sommes d'accord, il ne doit pas savoir que je suis Harry Potter ?"
"Il le saura tôt ou tard" avança Voldemort. "A toi de bien jouer pour que lorsqu'il découvre ta véritable identité, il pense qu'il peut te gagner à sa cause malgré votre passé commun."
Arès ricana. "C'est impossible. J'ai essayé de le tuer et lui aussi. Il sait que jamais je ne rejoindrais l'Ordre du Phénix."
"A toi de le convaincre du contraire" insista Voldemort. "Je suis sûr que tu peux y arriver. Le vieil fou est plein de bons sentiments, si tu le manipules correctement il tombera dans le panneau. Par contre," ajouta-t-il avec sérieux, "je te répète de te méfier de lui. Assure-toi que c'est toi qui mène la danse et pas lui. C'est un maître de la manipulation."
"Moi aussi" le rassura Arès, un sourire aux lèvres. N'empêche, il avait réussi à faire en sorte que Voldemort l'estime réellement. Ça n'avait pas été facile mais il avait réussi !
Voldemort leva un regard las vers lui. "Comme j'ai pu le constater. Mais fais attention. Tel que je te connais, tu pourrais bien te faire piéger en beauté. Et si ça arrive, je serais le premier à me payer ta tête."
Le jeune sorcier fit une mine boudeuse. "Et pour le reste de tes instructions ?" demanda-t-il.
"Je ne t'impose pas grand-chose" avoua le Lord noir. "A toi de faire en sorte que la mission soit réussie."
"C'est trop aimable" fit ironiquement le jeune sorcier. Ça ne s'annonçait pas être une partie de plaisir.
"Ah, et dernière chose" poursuivit Voldemort alors qu'il reposait ses couverts. "L'autre partie de la mission est d'importance égale. Il s'agit d'espionner ce qui se passe à Poudlard et en particulier les actions de Dumbledore. On m'a rapporté qu'il était souvent absent, je veux que tu le suives et que tu l'empêches de me nuire."
"Comment cela ?" demanda Arès, intrigué. "Que veux-tu que je l'empêche de faire exactement ?"
Voldemort fit une pause et fixa son regard dans celui de son allié, qui sentit immédiatement qu'il s'agissait de quelque chose de très grave et important. "Je soupçonne Dumbledore de chercher des artefacts magiques très importants que j'ai cachés aux quatre coins du pays."
"…" Arès fronça les sourcils. De toute évidence, Voldemort lui cachait la vérité. "Et ?"
"Et il ne faut surtout pas, tu m'entends, surtout pas, qu'il les trouve."
Arès inspira en se massant l'arête du nez, cherchant à comprendre où le mage noir voulait en venir. "Que veux-tu exactement de moi ? Tu veux que je le suive partout et que dès qu'il fait mine de chercher quelque chose, je le distrais ?"
"Non, tu m'appelles, ça sera suffisant. Je vais te donner un objet qui nous permettra de communiquer. Suis-moi dans mon bureau."
La pièce n'avait pas bougé par rapport à la veille. D'innombrables dossiers étaient rangés dans une étagère. Des rayonnages contenaient des livres en quantité suffisante pour avoir de la lecture pour des années entières. Sur le vaste bureau recouvert d'un sous-main en cuir vernis, quelques rapports attendaient une signature et divers parchemins se battaient en duel.
"Il est hors de question qu'on se repose sur notre lien mental pendant que tu seras à Poudlard. Garde toujours ton Occlumancie la plus forte possible, ne prends surtout pas le risque de te faire surprendre par Dumbledore. Avec ça, je pense que ça sera suffisant."
Voldemort fourragea dans un tiroir et en sortit un miroir de poche.
"Un miroir à Double-Sens" observa Arès. Astucieux.
"Tu le garderas en permanence sur toi et si tu observes la moindre activité suspecte, tu l'utilises. Je ferai en sorte d'être joignable tout le temps."
Arès ne trouva rien à redire. La mission que lui avait donné le Seigneur des Ténèbres était monstrueusement difficile, mais ça, ça ne le dérangeait pas. Il aimait la difficulté. Ce qui le dérangeait, en revanche, était l'impression que Voldemort venait de lui confier un énorme secret.
Finalement, il accepta de rester quelques jours de plus. Voldemort lui fit de la place à son bureau et il participa à la paperasserie, discutant de temps à autres avec le Mage noir des sujets évoqués dans les rapports, rien de bien important.
Vers la fin de la journée, Voldemort convoqua à nouveau ses Mangemorts afin d'écouter de vive voix l'avancement de l'enquête sur le Ministère allemand - il s'agissait de la réunion qu'Arès avait interrompu la veille. Il y assista aux côtés du Lord noir, en cachant son visage et même si les pauvres sorciers semblaient s'interroger sur sa présence ils se comportèrent comme s'il n'était pas là. Ils avaient quand même un certain professionnalisme que le Sol Niger n'avait pas encore.
"Et quelle est la proportion de mages noirs au service de Grindelwald infiltrés dans le ministère ?"
"Enorme, my Lord" déclara le Mangemort à la tête de l'opération. "Selon nos estimations, près d'un sorcier sur six appartient à Grindelwald et plus les postes ont de responsabilités, plus ça se vérifie. Nous soupçonnons fortement le Premier secrétaire Ubach d'être à sa solde."
"Vous soupçonnez ?" questionna le Lord d'une voix mielleuse. "Tu aurais pu vérifier ce que tu avances avant de venir me faire ton rapport, imbécile !" Le Mangemort trembla. "Et le ministre ?"
Il déglutit. "Il est clean."
"Bien" fit Voldemort. Il caressa sa baguette, le regard toujours fixé sur le Mangemort. "Et en ce qui concerne la deuxième partie de la mission… Avez-vous entendu parler du fils de Grindelwald ?"
"Pas encore, my Lord" poursuivit le Mangemort qui maîtrisait à la perfection son ton de voix ; il ne tremblait pas malgré sa peur. "Mais ils sont au courant de la mort de leur Maître et pourtant ils continuent à se placer dans le ministère."
"Tu estimes qu'ils sont au courant de son existence et qu'ils agissent pour lui ?"
"Oui, my Lord."
Le regard de Voldemort croisa celui d'Arès qui réfléchissait à toute allure. Ainsi Dimitri commençait à se placer sur l'échiquier. Il devait être déterminé à poursuivre ses ambitions.
"Vous pouvez disposer" annonça Voldemort. Les Mangemorts déguerpirent sans demander leur reste. Il se tourna vers Arès. "J'ai convoqué certains de mes serviteurs qui doivent connaître ton rang. Ils vont arriver d'une minute à l'autre. En attendant, je voudrais que tu me dises tout ce que tu sais sur les plans de Grindelwald à court et long terme."
"Tu vas être déçu, je n'ai pas grand-chose de concret." Arès rassembla les différents souvenirs dans sa tête. "Il m'a dit qu'il comptait prendre le Ministère allemand d'ici l'année prochaine ou celle d'après. Il disait avoir une centaine de sorciers sous ses ordres."
"Ça correspond plus ou moins aux rapports faits par mes Mangemorts. Continue."
"Son but est d'anéantir le plus possible de mages blancs influents afin de s'assurer la maîtrise du monde sorcier puis, une fois rendu à ce point, il veut révéler notre existence aux Moldus et les asservir aux sorciers." Voldemort tiqua. "Après il a prévu tout un plan pour contrôler le mélange du sang sorcier et du sang-mêlé, mais je n'en sais pas plus sur ses plans pour arriver à ces objectifs."
Le Seigneur des Ténèbres pianota sur l'accoudoir de son trône. A ce moment une poignée de Mangemorts transplana dans la salle. Leurs masques argentés indiquaient leur grade d'Elite, sauf pour deux d'entre eux. Il ne leur accorda aucune attention alors qu'il poursuivit sa discussion avec Arès en Fourchelang. :Il est un peu ambitieux, ce jeune premier: fit remarquer le mage noir. :Et il a copié la doctrine de son père, quel manque de style.:
:Il a l'air confiant: précisa le jeune Black. Aussitôt, leur auditoire sembla tendre l'oreille. Nombreux étaient les Mangemorts de l'Elite qui savaient qu'Harry Potter, alias Arès Black, était pour l'instant le seul Fourchelang connu en dehors de Voldemort.
:Il le sera moins quand il se rendra compte qu'il ne peut pas réaliser ses projets sans m'éliminer. Cela va sans dire, il est incapable de le faire.:
Arès ne répondit rien. Il se rappela le regard étincelant de rage de Dimi- de Grindelwald lorsque Voldemort l'avait provoqué et se dit que rien n'était sûr.
:Bien: conclut Voldemort. :J'ai rassemblé les Mangemorts qui doivent savoir que tu es mon allié et mon égal. Ils t'aideront lors de ta mission.:
:Tu me fais assez confiance pour ça ?: s'étonna Arès.
Voldemort eut un nouveau rictus. :Bien entendu, ils t'aideront mais te surveilleront aussi. Ils me feront des rapports directement, alors dans le pire des scénarios tu pourras me transmettre des messages par leur intermédiaire.:
:Ça n'arrivera pas: affirma-t-il.
:Hum-hum. Tu pourras aussi leur déléguer des tâches. Ne t'attends pas à des merveilles, j'ai beaucoup de soucis de productivité avec mes Mangemorts. Le mieux reste de tout faire soi-même.:
:Pauvre Seigneur des Ténèbres entouré d'incompétents: le plaignit Arès avec ironie.
:Ne parle pas trop vite, tu pourrais bien en faire partie.: Il s'adressa ensuite à l'assemblée. "Avancez-vous et enlevez vos masques."
Arès les détailla un à un. Il y avait l'ensemble de l'Elite : Mulciber, Rookwood, Yaxley, Selwyn, Macnair et bien sûr Lucius, Bellatrix, Barty Croupton, Rodolphus et Rabastan. D'autres Mangemorts qu'Arès ne s'attendait pas à voir là se tenaient un peu en retrait : Snape, un autre Mangemort qui faisait partie des Aurors britanniques et dont il avait oublié le nom, son père et Draco.
:Découvre ton visage: demanda Voldemort.
Arès s'exécuta sans discuter. Alors qu'il rejeta son capuchon en arrière, il croisa le regard de Regulus qui semblait surpris et vaguement inquiet. Il se rappela à ce moment qu'il ne l'avait pas tenu au courant sur ses actions et qu'il devait probablement l'avoir attendu toute la nuit à Durmstrang. Oh, soit. Il lui fit un petit sourire d'excuse.
Personne ne sembla surpris, dans l'assemblée, à part Snape, Draco et le Mangemort inconnu.
"Je vous présente mon allié," l'emphase sur ce mot rendit la tête d'Arès toute légère, "Arès Black, né Harry Potter. Comme vous le savez tous, une prophétie avait prédit que seul Harry Potter avait le pouvoir de me tuer. En effet, il s'agit d'un sorcier puissant et sa magie était déjà tellement forte à ses un an que j'ai échoué à l'éliminer, menant à la situation que vous connaissez tous. Les mages blancs pensaient qu'Harry Potter était le parangon de la Lumière ; ils se sont tous bernés. Car il fait preuve très tôt d'une maitrise impressionnante de la magie noire sous sa forme la plus pure, et, de plus, comme vous avez pu le constater dans les dernières minutes, il parle Fourchelang. Vous pouvez être sûr de ma victoire, de notre victoire, car à présent nous avons Arès Black à nos côtés. Il n'y a plus personne qui ne peut me menacer à présent."
Il fit une pause et jeta un coup d'œil au jeune sorcier assis à ses côtés. Arès faisait mine de s'ennuyer profondément alors qu'en réalité il écoutait d'une oreille attentive ce petit discours. Il savait que Voldemort ne disait pas exactement ce qu'il pensait, qu'il essayait surtout de convaincre ses Mangemorts (avec Bellatrix, il y avait du travail), mais déjà, c'était intéressant de voir à quel point le Lord noir avait confiance en lui et en leur alliance. Ce n'était pas très raisonnable de sa part de montrer autant, au cas où Arès choisirait de lui planter un couteau dans le dos. Décidément, le Seigneur des Ténèbres était contradictoire.
"Désormais, vous le considérez comme mon égal" lâcha Voldemort.
Bellatrix avait une lueur furieuse dans le regard. Elle ne devait pas s'attendre à une acceptation si calme de l'identité d'Arès par Voldemort. Son père eut un minuscule sourire, que son fils perçut comme de la fierté. Cela lui fit chaud au cœur. Les autres le regardaient avec respect, curiosité et, pour Snape et Draco, un franc étonnement.
"Vous l'appellerez 'my Lord' et vous lui témoignerez autant de respect qu'à moi. Tout manquement à cette règle fera l'objet d'une punition au choix d'Arès, et je peux vous certifier qu'il ne manque pas d'imagination en ce qui concerne la cruauté." Il lui jeta un coup d'œil sadique. "De plus, la plupart d'entre vous seront sous ses ordres directs lors de l'année scolaire qui va suivre car sous prétexte du Tournoi des Trois Sorciers il sera à Poudlard. Severus, Draco, je compte tout particulièrement sur votre dévouement."
"Oui, Maître" répondirent-ils d'une voix monocorde. Draco semblait trépigner intérieurement mais ce n'était ni le lieu ni le moment pour se comporter comme les amis qu'ils étaient.
"Severus, Draco et Dawlish, je vous rappellerai plus tard" les congédia Voldemort. Les trois désignés transplanèrent et quittèrent la Salle du Trône. "Regulus, approche et donne-moi ton masque."
Le chef de famille des Black s'avança d'un pas incertain. Arès se demanda quelles étaient les intentions du Lord noir qui se saisit du masque et le fit s'évanouir en fumée.
"Tu as été fourbe, Regulus. Tu m'as caché que tu avais adopté un enfant, et pire que tout, alors que tu savais que je recherchais Harry Potter, tu l'as caché sous ton toit délibérément, alors que tu étais le seul Mangemort qui pouvait me dire qui il était en raison des enchantements de votre contrat d'adoption." Voldemort claqua de la langue. "Tu mériterais une punition exemplaire. En revanche, mon allié ici présent est ton fils, et je ne tiens pas à me le mettre à dos. Alors plutôt que de te torturer longuement, je vais t'offrir les honneurs et la reconnaissance. Regulus Black, je te nomme membre de l'Elite des Mangemorts." Et il fit apparaître un masque étincelant qu'il lui tendit.
Arès grimaça intérieurement. Ça, ce n'était pas prévu. En réalité, Voldemort venait plus ou moins de prendre son père pour otage.
"Quel beau signe d'amitié" fit ironiquement Arès. :Sale tricheur.:
:Au moins je suis sûr que tu ne me feras pas un coup par-derrière: sourit vicieusement le Lord. :Car à présent je vais pouvoir surveiller ton père de très près.: Sous-entendu il aurait plus d'emprise sur lui et si Arès le trahissait, il pourrait utiliser cette influence pour faire mal à son père. :Qui a trahi une fois trahira de nouveau: raisonna simplement le Lord.
Le jeune sorcier haussa les épaules. En attendant, son père était membre de l'Elite. Objectivement, c'était une bonne chose pour lui.
Plusieurs heures plus tard, après une fin de réunion de Mangemorts ennuyeuse, un repas somptueux et une partie d'échecs, Voldemort lui annonça qu'il serait parti pour la journée suivante, qu'il avait quelque chose à faire ailleurs. Arès se garda bien de lui demander quoi - si le Seigneur des Ténèbres jugeait qu'il devait savoir, il lui dirait directement. Merlin, ça se trouve, c'était pour quelque chose d'entièrement personnel, et Arès n'avait cure de sa vie privée. Cependant il lui proposa de rester au château Serpentard, et mieux encore, il lui donna libre accès à son bureau, afin qu'il puisse préparer sa mission.
Le lendemain, Arès se réveilla tôt. Il se fit amener une tasse de café noir, le journal sorcier allemand et la Gazette du sorcier dans sa suite après qu'un elfe de maison lui ait confirmé l'absence du maître des lieux. Il survola les journaux sans rien trouver d'intéressant. Puis il prit la direction du bureau de Voldemort afin d'être productif.
Il s'installa sur le fauteuil du maître et posa ses mains à plat sur la surface de cuir verni. Voldemort avait rangé les parchemins qui traînaient, laissant la pièce impeccablement organisée. Il ouvrit le premier tiroir et se saisit d'un parchemin et d'une plume et commença à lister tout ce qui lui serait utile à Poudlard, en particulier pour espionner Dumbledore en toute impunité. Après quelques minutes, il prit du recul et contempla sa courte liste. Heureusement qu'il avait le Retourneur de Temps ! Il comptait bien s'en servir cette année encore, c'était la seule solution possible. Il faudrait également qu'il mette au point un sort de surveillance indétectable par le vieux fou. Le problème, c'est qu'il ne connaissait pas assez son mode de fonctionnement pour ça. Peut-être qu'en utilisant de la magie très noire et en la renforçant de sa magie sans baguette il pourrait faire ça ?
Il parcourut la pièce des yeux, cherchant vaguement une idée. Et son regard se posa sur les rayonnages de la petite bibliothèque. Ni une, ni deux, il s'en approcha, à la recherche d'un titre qui pourrait l'aider… Il y avait beaucoup de choses sur la politique en Europe magique, des arbres généalogiques de familles Sang-Purs… Rien de bien utile pour Arès.
Un petit livre noir attira son attention. Il le sortit du petit recoin dans lequel il était coincé. Au contact du livre, une douce chaleur se répandit en lui. Il s'agissait probablement d'un ouvrage magique. Il n'y avait pas d'inscriptions, ni sur la tranche ni sur la couverture. Intrigué, Arès l'ouvrit. Ses pages étaient blanches. Il soupira alors qu'il les fit défiler à toute vitesse. Quelle drôle d'idée que de garder un journal encore vierge dans sa bibliothèque !
Soudain, il remarqua une inscription. "Ce journal appartient à Tom Marvolo Riddle". Il caressa du doigt l'écriture fine et élégante qui lui était étrangement familière. De nouveau, il sentit une vague de chaleur le parcourir.
Il avait un drôle de sentiment à propos de ce journal. Il devait être important aux yeux de Voldemort pour qu'il le garde dans son bureau malgré le fait qu'il ne soit même pas commencé. Et ce nom… il appartenait définitivement à un Moldu. Il essaya des charmes pour révéler des écritures cachées, en vain. En revanche il trouva une forte signature magique, très noire, apposée à l'objet. Quelqu'un de moins sensible que lui serait probablement passé à côté. Mais lui l'avait senti. Mu par une intuition idiote, il se saisit de sa plume, la trempa dans l'encrier et fit un petit trait en plein milieu d'une des pages.
L'encre noire fut absorbée par la page.
Intrigué, Arès fit le même geste, qui produit le même effet. Il inspira un grand coup et écrivit en haut de la page "nous sommes le treize juillet 1996". De nouveau, l'encre disparut… et des mots apparurent, venus de nulle part.
"Qui est-ce ?"
Arès fronça les sourcils. En effet, c'était un journal magique, même si pour l'instant il n'en voyait pas l'utilité. Il répondit : "Mon nom est Arès. A qui ai-je l'honneur ?"
Aussitôt son correspondant mystérieux fit apparaître une nouvelle phrase : "Bonjour Arès, je suis Tom Marvolo Riddle." Bon, cela n'apprenait pas grand-chose à Arès. "Comment as-tu trouvé ce journal ?"
"Dans les affaires de Voldemort." Autant être franc, que gagnerait-il à mentir à un objet ?
La réponse mit plus longtemps à se former. "Tu ne devrais pas y toucher. S'il apprend que tu m'as trouvé, il va t'éliminer aussitôt."
"Il ne peut pas me tuer" sa gaussa Arès. "Il a essayé mais n'a pas réussi."
"Qui es-tu ?" demanda de nouveau son interlocuteur mystère. "Qu'es-tu par rapport à Lord Voldemort ?"
"Son égal."
Il attendit plus d'une minute mais ne reçut pas de réponse, alors il poursuivit : "Connais-tu Albus Dumbledore ?"
"Je sais pas mal de choses sur lui, en effet."
"Je dois l'espionner pour Voldemort l'année prochaine. Peux-tu m'en dire plus ?"
"J'ai été élève à Poudlard dans les années quarante et à cet époque il était professeur de Métamorphose. Il ne m'aimait pas car j'étais différent des autres. Déjà à cet époque il s'était rendu célèbre en renversant Gellert Grindelwald…"
"Attends" griffonna rapidement Arès. "Comment ça, tu as été élève à Poudlard ? Tu es une personne ?"
"Pas vraiment" expliqua le journal. "J'ai été créé pour garder une trace de mon propriétaire tel qu'il était lors de sa septième année. Il m'a laissé ses souvenirs, donc je ne suis pas vraiment une personne mais plutôt une empreinte."
Quelque chose dérangeait le jeune sorcier. Il n'arrivait à mettre le doigt dessus… Il n'avait jamais entendu parler d'une telle chose. Laisser une empreinte de soi, ça semblait très complexe, surtout que le journal semblait réfléchir par lui-même. Et il suintait la magie noire. Arès ne voyait pas trop un étudiant de Poudlard être capable de réaliser une telle chose, à moins que ça n'ait été un véritable génie. Et encore, il aurait fallu qu'il soit de la même veine que Voldemort pour que ça soit poss…
Le flot de ses pensées s'interrompit brutalement alors qu'il fut rempli d'un horrible soupçon. Tom… étudiant de Poudlard cinquante ans auparavant… que Dumbledore n'aimait pas… Le vieux fou avait appelé Voldemort "Tom" lorsqu'ils étaient à Paris, et le Lord noir avait étudié à Poudlard. Et si Tom Marvolo Riddle avait grandi pour devenir le plus Seigneur des Ténèbres de tous les temps ?
C'était obligatoirement ça. Le père de Voldemort était Moldu et Riddle était un nom Moldu. Tout concordait. Mais pourquoi le mage noir avait-il fait une telle chose ? Quelle en était l'utilité ? Mais aussi, comment avait-il fait ? C'est comme si l'objet avait une âme…
Une âme. Arès inspira brusquement alors qu'il replaçait les pièces du puzzle. Voldemort qui avait survécu mystérieusement cette fameuse nuit d'Halloween mais qui avait disparu. Voldemort qui avait retrouvé son corps en aspirant la force vitale d'un serpent - ça c'était impossible, Arès le savait à présent. Ça voulait dire que le serpent n'était pas un simple serpent. Tout comme le journal n'était pas un simple journal. En réalité, le secret de l'immortalité du Lord noir ne tenait qu'à un mot : Horcruxe.
Il referma vivement le journal et s'en écarta comme s'il s'était brûlé à son contact. Lorsqu'il avait découvert le concept d'Horcruxe quelques années auparavant, en faisant des recherches pour approfondir ses connaissances en histoire de la Magie, c'était resté un simple principe théorique dans sa tête. Il n'avait jamais imaginé tomber sur un de ces objets qui contiennent une partie d'âme. Il se sentait à la fois fasciné et effrayé par ce journal inanimé qui était un morceau de Voldemort. Casser son âme, voilà une drôle d'idée… Et surtout maintenant qu'il savait que la réincarnation existait. Car que devenait une âme coupée en deux, ou même dans le cas de Voldemort, en trois ? Elle ne devait pas revenir sur Terre, ou alors elle devait être détériorée par un tel traitement.
Tout de même, il devait reconnaître le génie du Lord noir. Il n'y avait presque rien sur les Horcruxes ; ça voulait dire qu'il avait réussi à en faire avec très peu d'indication sur la manière d'opérer. Et une des conséquences était qu'il était immortel. Enfin, plutôt, que son âme et son esprit restaient attachés au monde vivant au lieu de basculer là où disparaissent les morts.
Pris de curiosité, il ouvrit de nouveau le journal. Il savait que Voldemort serait furieux mais il ne pouvait pas s'empêcher de chercher à en savoir plus. Il avait un Horcruxe entre les mains après tout !
"Tu es un Horcruxe de Voldemort" remarqua-t-il simplement.
La réponse ne se fit pas attendre. "Comment sais-tu cela ? C'est Lord Voldemort qui te l'a dit ?"
"J'avais un doute, mais maintenant tu viens de me le confirmer" se félicita Arès.
Il essaya d'en demander plus au journal mais celui-ci n'était plus très loquace. Il semblait se méfier d'Arès et le considérer comme un ennemi. Finalement, il abandonna mais ne rangea pas le livre avec les autres. Voldemort devrait répondre en personne à ses questions.
-OoO-
"Alors, tu as pu trouver ce que tu cherchais ?" l'interrogea le Lord noir à son retour.
"J'ai trouvé tout ce que je désirais et même plus" fit Arès avec un sourire narquois. "Je ne vois pas l'intérêt de se faire un Horcruxe si c'est pour le laisser sans protection."
Voldemort se tourna vers lui avec la rapidité d'un éclair. En un instant, il s'était rapproché du jeune sorcier et avait pointé sa baguette sur sa gorge, ses yeux lançant des éclairs.
"Comment es-tu au courant de mes Horcruxes ?" siffla-t-il furieusement.
"Calme" conseilla Arès avec condescendance, alors qu'il était toujours menacé d'une mort imminente et douloureuse. "Simple déduction et observation, Tom."
"Ne m'appelle pas comme ça" lui répondit un sifflement rageur.
Ils échangèrent un duel de regards noirs. Arès soupira alors que la situation promettait de rester en statu quo. "Que vas-tu faire ? Tu vas m'éliminer parce que j'ai découvert ton secret ? N'oublie pas que tu ne peux pas me tuer."
"Ce n'est pas parce que j'ai échoué une fois que j'échouerai une deuxième."
Il s'écoula encore quelques secondes sans que personne ne bouge. Puis, d'un coup, Arès essaya de se dégager. Au même moment, que ça soit par réflexe ou par véritable volonté de l'attaquer, Voldemort lui lança un puissant maléfice. Arès ne put l'éviter. Il eut le temps de voir le jet de lumière violette s'approcher de son torse et ferma les yeux en grimaçant, s'attendant au pire… quand une forme argentée surgit de nulle part et prit le sort de plein fouet. Kismet, réalisa Arès.
Voldemort écarquilla les yeux. Arès se rappela à ce moment que Kismet était invisible de tous les autres. Il ricana à l'attention du mage noir. "Tu vois ? Tu ne peux m'atteindre. Et ça ne sert à rien d'essayer plus que ça, ou tu peux oublier notre alliance."
'Merci' poursuivit-il intérieurement. 'Tu peux te retirer, je vais gérer le problème seul.'
Le Mushussu semblait réticent mais obéit néanmoins.
Le Lord noir quant à lui avait baissé sa baguette. Une expression méprisante s'étala sur son visage alors qu'il reculait d'un pas. "Ne surestimes pas ta place."
Arès eut envie de soupirer une nouvelle fois. Avec Voldemort, c'était toujours ça : trois pas en avant, deux pas en arrière. A ce moment, il avait une forte envie d'étrangler le mage noir, mais il fallait bien que l'un d'entre eux brise le cercle vicieux de chamaillerie dans lequel ils étaient entrés. Et il devait se retenir de le provoquer plus avant ou leurs progrès des derniers jours seraient réduits à néant.
"Je suis désolé. Je n'aurais pas dû chercher à en savoir plus sur ce journal. Mais en même temps, tu peux reconnaître que le laisser comme ça sur une étagère sans un maléfice de protection spécifique... c'était un risque couru d'avance. Si je n'avais pas été celui à tomber dessus, ça aurait été quelqu'un d'autre."
Voldemort le fusilla du regard. "Tu es la seule personne à avoir eu droit d'entrer dans mon bureau. Je n'avais pas imaginé que tu fouillerais dans mes affaires !"
"D'accord, tu m'avais accordé ta confiance et tu as l'impression que j'en ai abusé, mais tu te trompes, je n'ai-… Quoi, attends ? Personne n'était entré dans ton bureau avant moi ?!" Voldemort ne lui répondit pas mais son regard en dit long. "Je suis flatté" reprit Arès. "Et, franchement, ton secret est à l'abri avec moi. Sérieusement, je t'admire, tu ne peux pas imaginer à quel point ! Comment as-tu fait pour faire un horcruxe ? Dans Diverses utilisations de la plus noire des Magies par Alphonse Labranche, il y a tellement peu de choses dessus ! Et même dans Les rituels pour l'âme noire des sœurs Judéphile…"
Voldemort leva un sourcil et Arès se tut immédiatement, bridant son enthousiasme démesuré. Mais il avait produit l'effet qu'il attendait. Le Lord noir fit un sourire supérieur. "Je n'ai pas eu d'accès à d'autres sources que ces deux livres là. J'ai travaillé durant une année entière avant de trouver la manière dont il fallait s'y prendre."
"Tu pourras m'apprendre ?" demanda le jeune sorcier, avide de connaissances. Il ne souhaitait pas forcément faire un horcruxe, mais connaître le processus derrière l'artefact magique l'intéressait hautement.
Voldemort accueillit sa demande avec un petit rire narquois. "Crois-tu que je te livrerais quelque chose de si chèrement gagné simplement en me le demandant ? Si tu veux savoir comment j'ai fait, reprends les livres et cherche."
Sur ce, le Lord le laissa en plan au milieu du bureau. Arès cligna des yeux. Ce n'était pas un défi que venait de lui lancer le sévère Lord Voldemort ?
-OoO-
Cinq autres jours s'écoulèrent au QG sans évènements particuliers. Il y eut une autre réunion de Mangemorts à laquelle assista un Arès passablement las. Il prenait ses repas avec le Lord et passait le reste du temps soit à travailler à ses côtés dans son bureau, soit à utiliser la grande bibliothèque. Il ne croisa que très peu de Mangemorts : juste Lucius une fois au détour d'un couloir et Snape qui vint chercher un livre dans la bibliothèque mais l'ignora royalement.
Le dernier jour, Voldemort lui avoua qu'en réalité, Dumbledore était à la recherche de ses Horcruxes. Le Lord noir en avait fait six, dont un qu'il avait absorbé afin de retrouver forme humaine. Deux étaient en sécurité à ses côtés : le journal et un anneau serti d'une grosse pierre noire qui semblait irradier de magie noire d'un argent pur. Arès aurait bien aimé observer l'anneau de plus près, mais Voldemort la portait à sa main… et honnêtement, il tenait à rester en bons termes avec le mage noir afin de finir son séjour sur une note positive, ça ne servait à rien de présenter une requête que Voldemort jugerait sans nul doute irrespectueuse. Il était affreusement susceptible pour un Seigneur des Ténèbres. Il refusa aussi tout bonnement de lui dire quels étaient les autres horcruxes et où ils étaient cachés, ce qu'Arès trouva idiot. Comment était-il censé les protéger avec si peu d'informations ?
En tout cas, il prit conscience que sa mission était très sérieuse. Une telle marque de confiance de la part de cet homme psychorigide le touchait profondément… et le stressait quant à un échec potentiel.
Dès qu'il fut de retour à Durmstrang, il doubla le nombre de réunions du Sol Niger pour l'été et planifia un véritable entraînement de guerriers. Puis il envoya une lettre à Sirius en lui révélant sa venue à Poudlard, et qu'il devait y faire des choses importantes contre l'Ordre du Phénix. Il ne pouvait pas prendre assez de précautions pour préparer le Tournoi des Trois Sorciers ; se passer de l'aide de son oncle aurait été idiot.
Son père lui demanda comment ça se passait avec Voldemort et Arès répondit qu'il ne pouvait espérer mieux. Ce qui était vrai étant donné le passif de leur relation.
L'été passa à toute vitesse entre la préparation de la mission et les entraînements du Sol Niger. Il fêta son seizième anniversaire en comité réduit, restant concentré sur ses tâches.
Bientôt, ce fut la rentrée. Il se réinstalla dans ses quartiers d'Odin et retrouva le rythme scolaire avec contrariété. Il préférait largement quand l'école était presque vide ; l'ambiance était très différente quand tous les élèves étaient là. Pourtant cette année, il leur faudrait travailler avec acharnement car la sixième année était la dernière du cursus général et l'année des ASPIC. Seulement quelques-uns d'entre eux continueraient par une maîtrise, le seul diplôme supérieur au niveau ASPIC reconnu en Europe sorcière. Le Tournoi tombait très mal…
Il n'y avait que deux mois à passer à Durmstrang avant le départ pour Poudlard, et deux mois seulement pour organiser le Sol Niger pendant son absence. Car il ne reviendrait peut-être pas à l'école avant le mois de juillet, ses cours étant assurés par une technique particulière à Poudlard. Heureusement, il laissait derrière lui Nicasius qui avait quitté l'école mais était resté sur l'île et se proposa pour encadrer les entraînements. Il enverrait un rapport régulièrement à Arès pour lui reporter l'évolution de son armée personnelle.
Il avait pris l'Elite à part et leur avait parlé de la bataille prévue en juin à Poudlard. Le Sol Niger était à prendre d'autant plus au sérieux à présent qu'ils allaient devoir se battre aux côtés de Voldemort. Arès ne se faisait pas de soucis car il avait confiance en l'aptitude de Nicasius à les préparer pour le grand jour.
Il se débrouilla en utilisant intensivement le Retourneur de Temps pour prendre le plus possible d'avance dans son travail scolaire. Une fois sa mission commencée, il n'aurait plus beaucoup de temps libre, alors il mettait à profit chaque heure de la journée.
Et ce fut le jour du départ. Il eut du mal à se concentrer sur les cours pendant le début de la journée. Sa valise était déjà chargée à bord du vaisseau de l'école, sur le Loch, qui embarquerait pour quatorze heures. Il commençait à angoisser à propos de sa rencontre avec Dumbledore… Mais tout était fin prêt.
Il passa le voyage en compagnie de ses amis. Dimitri était réapparut à la dernière minute pour monter à bord en compagnie d'Aleksandr Volkov, au grand étonnement de tous y compris du Directeur, Rasmussen, qui ne protesta pas… Lennart, qui les accompagnait pour le Tournoi en tant que Directeur adjoint, échangea un regard soupçonneux avec Arès. Une chose était sûre : ce dernier se tiendrait à distance de son ancien amant et de son bras droit.
Il n'eut pas à s'inquiéter de la présence de Grindelwald car celui-ci disparut aussi vite dans un recoin du navire sans accorder un regard à personne. Enfin, le vaisseau partit et plongea sous la surface de l'eau en un grand gargouillis.
Arès soupira en regardant à travers un hublot ménagé dans la coque en bois. Les profondeurs marines défilaient à toute vitesse mais le temps semblait s'étirer à l'infini alors qu'il repensait à ce qui l'attendait au cours des prochains mois.
Protéger les horcruxes de Voldemort… une mission qu'il acceptait avec fierté. Il serra contre lui son sac de cours. Dedans, deux livres précieux qu'il avait réussi à "emprunter" de la bibliothèque du foyer d'Odin, Diverses utilisations de la plus noire des Magies par Alphonse Labranche et Les rituels pour l'âme noire des sœurs Judéphile - seul endroit où on pouvait trouver de telles lectures à Durmstrang. Car qui mieux qu'un Odin pouvait convoiter l'immortalité qu'offraient les horcruxes ?
Arès y avait pensé dès le début mais cette idée s'était imposée au fil des semaines. Sept. Voldemort était un génie. Sept horcruxes, c'était une garantie de pouvoir magique immense. Arès n'irait pas jusque-là, préférant conserver l'intégrité de son âme millénaire. Un seul horcruxe, voilà qui serait suffisant. D'ici Noël, se promit-il intérieurement, il aurait créé un Horcruxe. On était jamais trop prudent, et quoi qu'en dise Gellert Grindelwald, la mort était peut-être une étape de la vie mais plus tard elle arrivait, mieux cela valait.
Niark niark niark ! Rendez-vous à Poudlard !
