Merci à shinigami95 à qui je souhaite aussi de bonnes vacances, à la Grimmjow-addicted Angelyoru qui devrait s'éloigner de son lit quand elle se roule parterre et à Grwn qui n'avait pas fait parler depuis quelques chapitres et que je suis ravie de lire à nouveau.


Chapitre 21 : Un réveil difficile et des aveux accablant


5 mars

Des battements sourds bourdonnent dans sa tête, presque en adéquation avec ceux de son cœur. Parfois le clinquant de cymbales résonne, augmentant le volume dans une proportion telle qu'il finit par se réveiller. Tout d'abord, ses paupières sont lourdes et il lui faut un effort surhumain pour les maintenir levées. Puis, sa vision se focalise sur la lumière du jour qui commence tout juste à poindre à travers les voilages. Il est étonné de constater que ses stores ne sont pas baissés. Cette particularité associée au tambourinement continuel dans sa boite crânienne, lui fait penser à une gueule de bois. Il commence alors à se remémorer la veille au soir, le bar et les verres qu'il s'est enfilés. Il a beau réfléchir, il ne parvient pas à en terminer le décompte. Après un soupir, il conclut qu'il était enivré et qu'il va devoir en subir les conséquences pendant toute la journée.

Alors qu'il s'apprête à s'étirer comme un chat, il est gêné par une masse à ses côtés. Il se retourne brusquement et découvre le visage endormi de… Grimmjow Jaggerjack. Eberlué par sa découverte, il reste à le regarder la bouche ouverte, essayant vainement de faire appel à sa mémoire qui semble défectueuse. Il se souvient très bien avoir quitté le bar en compagnie de Grimmjow, d'avoir marché à ses côtés et après le trou noir.

- « Bon sang ! »

Il passe sa main sur son visage, comme pour chasser le flou qui règne dans sa tête. Tout d'un coup, il réalise que Grimmjow a le torse dénudé. Il se jette un œil et voit qu'il est dans le même état. Inquiet de ce que cela peut impliquer, il soulève avec précaution le drap et constate avec effarement qu'il est entièrement nu. Pire encore, il distingue clairement des traces blanchâtres à l'intérieur de ses cuisses. Fermant les yeux en se maudissant, il rabaisse le drap, provoquant un appel d'air qui fait bouger Grimmjow jusque-là silencieusement endormi.

Incapable de faire face à la situation, Ichigo se lève brusquement et court se réfugier dans la salle de bain. Une fois, enfermé dans la sécurité de la petite pièce, il s'appuie sur le plan de vasque, cherchant à reprendre sa respiration. Mille et une questions se bousculent dans sa tête. La première étant de savoir pourquoi il ne se souvient de rien. Il en profite pour se rafraichir à l'eau froide. Quand il se redresse, il tombe sur son reflet dans le miroir. Il déglutit péniblement non pas face à sa tête de déterré, mais à cause de la culpabilité qui commence à l'étreindre. Car pour se sentir coupable, il se sent sacrément coupable d'avoir couché avec Grimmjow. Jamais. Jamais depuis que ce pari lui a été dévoilé, il n'a eu l'intention d'avoir ce genre de rapport avec le bleuté. Et que dire du fait d'avoir trompé Sosûke. La peur de perdre le brun le saisit brutalement.

Entendant des bruits dans l'appartement, il enfile un peignoir et déverrouille la porte. Il sort dans le petit couloir et se pointe dans l'embrasure de la porte de la chambre.

- « Ah, t'es là », lance Grimmjow tandis qu'il est en train de mettre son jean.

- « J'aurais dû me méfier. Toutes tes excuses hier soir, c'était du bidon. T'es vraiment qu'un connard Grimmjow ! »

Certes, Grimmjow ne s'attendait pas à un accueil chaleureux aux premières heures du jour, mais de là à se faire insulter, il y a un fossé.

- « Bah, dis-donc, les lendemains de cuite te vont pas au teint », fait-il en voulant détendre l'atmosphère qui s'est considérablement refroidie.

- « C'est qu'un jeu pour toi, n'est-ce pas ? », demande Ichigo avec un air dégoûté. « Toujours cette histoire de pari, hein ? »

- « De quoi tu parles à la fin ? », crache le bleuté.

Il ne comprend pas où veut en venir le gamin. Ce n'est pas un crime de boire un peu trop. Et puis, ils n'ont rien fait de répréhensible. A moins que…

- « Du fait que je sois avec Sosûke. Fallait que tu viennes tout bousiller, hein ? T'as pas supporté d'être mis sur la touche, c'est ça ? »

Sans le faire exprès, Ichigo vient de mettre des mots sur le mal-être de Grimmjow. Bien sûr, le plus jeune ne cherche pas à se dédouaner. Il reconnait sa part de responsabilité dans ses actions. Du moins, dans ce qu'il suppose être ses actions. Quant à Grimmjow, ça ne lui plait pas l'idée qu'on lui reproche ouvertement ce qu'il se reproche à lui-même depuis quelques temps. Il est conscient d'envier le rapprochement entre le rouquin et l'un de ses amis, tout comme il envie la relation entre Kisuke et Kensei, même s'il ne cesse de marteler à voix haute le contraire.

- « Parce que t'es innocent peut-être ? »

L'attaque frontale fait reculer Ichigo.

- « C'est vrai, je suis aussi coupable que toi. »

La désolation qu'affiche Ichigo, émeut un instant Grimmjow.

- « Maintenant que t'as eu ce que tu voulais, tu te casses de chez moi. »

Laissé seul dans la chambre, le bleuté finit de s'habiller. Il sort de la chambre et commence à se diriger vers la porte d'entrée.

- « Tu sais, à propos d'hier soir, il… »

- « Fout le camp, Grimmjow ! »

- « D'accord, si tu veux le prendre comme ça. »


Après le départ de Grimmjow, Ichigo s'est empressé de se préparer pour aller bosser. Le cerveau à plein régime, il a fini par oublier son magasin pour ne penser qu'à sa relation avec Sosûke. Le fait d'avoir trompé son petit ami l'a tellement miné qu'il a décidé de tout lui révéler. Mieux vaut creuser l'abcès par lui-même que de laisser ce plaisir au bleuté. Apprêté, il s'est rendu à l'université où il s'est renseigné auprès d'un groupe d'étudiants rencontrés dans le grand hall sur la localisation du bureau du professeur Aizen.

Après avoir respiré un grand coup, il vient de frapper à la porte.

- « ENTREZ ! »

Lorsqu'Ichigo franchit le seuil du bureau, Sosûke a les yeux fixés sur le document qu'il est en train d'écrire. Temps infime et appréciable que le fleuriste occupe en prenant à nouveau une grande inspiration.

Le professeur redresse la tête, pour subir un choc des plus agréables. Il s'attendait à l'une de ses étudiantes, venue sous un prétexte fallacieux pour flirter avec lui. Ces derniers temps, elles sont diablement aventureuses.

- « Ichigo, quelle bonne surprise ! »

Sans attendre, le brun se lève et contourne son bureau pour venir accueillir comme il se doit son amant. Le sourire contrit et les joues rosies n'inquiètent pas outre mesure le plus âgé. Il apprécie bien trop ce petit côté timide qu'Ichigo possède encore, cette sorte de réserve qu'il a vis-à-vis de lui et qu'il aime moquer sans vergogne.

- « Bonjour Sosûke », rétorque Ichigo sans faire mine de bouger.

- « Seulement bonjour ? », demande sur un ton enjôleur Sosûke. Il l'attrape par la taille et l'amène à lui, avant de fondre sur sa bouche.

Ce geste, Ichigo l'apprécie comme probablement jamais il n'a aimé être embrassé. Pendant un court instant, il oublie les raisons qui l'ont poussées à venir jusque sur le lieu de travail de son homme. Oui, son homme, parce que désormais, c'est ainsi qu'il voit le brun. Et c'est d'autant plus terrible qu'il risque de le perdre à cause d'une soirée de beuverie. Malgré la sensation extatique de leurs langues entremêlées, la faute qu'il a commise lui revient en mémoire et le fait se tendre immédiatement, rompant ce baiser incroyable.

Tout à sa joie d'enlacer son amant, Sosûke ressent après un moment un manque flagrant de participation d'Ichigo. Pour dire la vérité, il le sent se tendre, ce qui le ramène à cette visite impromptue. Le brun s'écarte pour observer le regard fuyant d'Ichigo.

- « Quelque chose ne va pas ? »

Ichigo relève brusquement la tête pour planter ses iris ambre dans les yeux bruns. Le moment de la révélation est venu. Il ouvre la bouche, pourtant les mots ne sortent pas.

- « Ichigo, tu m'inquiètes. Il est arrivé quelque chose de grave ? »

- « Grave ?... je ne sais pas… oui, je suppose que ça l'est… écoute Sosûke, je dois te parler de quelque chose… tu veux bien m'écouter ? »

Le ton est presque suppliant, étonnant Sosûke qui se contente d'acquiescer.

- « Tu promets de m'écouter jusqu'au bout ? », rajoute d'une petite voix le plus jeune.

- « Oui, je te promets de t'écouter. »

L'expérience d'Aizen lui fait craindre le pire. Même s'il a toujours les mains ancrées sur la taille de son amant, il sait au plus profond de lui qu'il ne va pas aimer ce qu'il va entendre. Surtout lorsqu'Ichigo pose ses mains sur ses avant-bras pour le repousser, certes avec douceur, mais pour le repousser quand même. Et quand celui-ci se recule, il a l'impression qu'un fossé vient de se creuser entre eux.

- « Voilà… », Ichigo frotte ses mains contre son jean, dans un geste d'une nervosité absolue. « Hier soir, je suis allé prendre un verre avec des amis. Renji, Ikkaku… et Hanatarô, tu sais le petit serveur que l'on a rencontré lors de notre première rencontre au restaurant. Il y avait aussi Yumichika, son petit ami Kira que tu connais et… Grimmjow… »

Ichigo a lâché le prénom du bout des lèvres, allumant chez Sosûke une petite étincelle d'exaspération.

- « Bon sang qu'est-ce que ce crétin a encore fait ? »

- « Sosûke, tu m'as promis de me laisser parler. »

Un geste de la main et Sosûke s'engage à ne plus intervenir.

- « Il a débarqué sans crier gare dans le bar où nous étions. Lorsqu'il va vu, sa première réaction a été de vouloir décamper, mais il m'a fiat pitié. Alors je l'ai retenu et il s'est excusé. Apparemment, il cherchait Yumichika et son blond. Tu sais… ils ont couché… enfin ensembles. On a commencé à tous discuter, on a surtout parlé sport. C'était sympa, une discussion entre potes, je dirais. J'ai découvert qu'Izuru… Kira et moi avions des amis en commun. Personne ne s'est rendu compte que le temps passait et que les cadavres de bouteilles s'amoncelaient autour de nous. J'ai trop bu et je ne parle même pas de Kira et Hanatarô. Quand nous sommes partis, Yumichika était presque obligé de porter son blond qui dormait pratiquement debout et Ikkaku a dû faire la même chose avec Hanatarô. Moi, je ne marchais pas très droit, alors… Grimmjow m'a raccompagné…

Ichigo prend deux secondes pour observer le visage changer face à lui. Un froncement de sourcils prononcé vient obscurcir l'air avenant de Sosûke. Comme promis, le brun ne dit mot.

- « Je ne tenais plus sur mes jambes, même si je me rappelle avoir prétendu le contraire. J'ai d'ailleurs failli m'étaler parterre. Arrivé chez moi, c'est Grimmjow qui a dû ouvrir la porte, j'étais trop à l'ouest. Je… la dernière chose dont je me souvienne clairement, c'est d'avoir ôté mes fringues et de m'être écroulé sur mon lit. »

Les paroles s'arrêtent net. Le plus dur reste à dire, mais Ichigo n'y arrive pas. Alors, Sosûke prend cela comme une autorisation à parler.

- « Ichigo, est-ce que Grimmjow t'a fait du mal ? », demande-t-il sur un ton rageur à peine contenu.

Le jeune homme devient écarlate, faisant craindre le pire au plus vieux.

- « Il ne m'a pas violé… apparemment, j'ai… on a couché ensemble… »

Ce que redoutait le plus Ichigo est en train de se passer. Sosûke est loin d'apprécier la franchise de son compagnon. La mâchoire serrée, le regard froid et les poings serrés, le brun contient à peine la colère qui l'a envahi.

- « Il fallait que je te le dise. Je ne trouvais pas honnête de ne pas te le dire… »

- « Honnête ? Oui, c'est en effet honnête de venir me raconter que tu m'as trompé. Quelle grandeur d'âme Ichigo ! »

- « Sosûke, ne le prend pas comme ça… s'il te plait… »

- « Oh, et tu souhaiterais que je le prenne comment Ichigo ? Tu couches avec un autre homme et sous prétexte que tu as l'honnêteté de venir me le rapporter, je devrais… je devrais quoi d'ailleurs ? Te taper sur les doigts en t'abjurant de ne pas recommencer ? Te crier dessus et te faire pleurer puis oublier en te réconfortant ? Que devrais-je donc faire Ichigo pour omettre le fait que tu m'as trompé ? »

- « J'étais saoul et… »

- « Ah oui, l'excuse de l'ivresse. C'est un peu facile, non ? Je peux comprendre que ton état t'ait empêché de le repousser s'il t'a embrassé, mais dis-moi Ichigo, lorsqu'il t'a pénétré et que la douleur s'est rappelée à toi, tu étais encore ivre au point de continuer ? »

- « Je ne m'en souviens pas », murmure Ichigo en baissant la tête.

- « Pardon ? Qu'est-ce que tu dis ? Tout à l'heure, tu étais plus loquace, Ichigo. »

- « JE NE ME SOUVIENS DE RIEN ! Voilà t'es content. Je me suis réveillé ce matin, nu dans mon lit, avec… avec Grimmjow. »

Les yeux embués de larmes, Ichigo est au bout du rouleau. Il a vidé son sac, et quelque part, ça lui a fait un bien fou. D'un autre côté, la froideur et le sarcasme dont l'abreuve Sosûke lui mettent les nerfs à vif. Il sait pertinemment que le brun a toutes les raisons d'être furieux. Il a merdé parce que, malgré son état, il aurait dû fermer sa porte à Grimmjow. Il se serait évité un beau gâchis.

- « Non, Ichigo, je ne suis pas content. Loin de là. »

Sosûke est amer et déçu. Il s'est impliqué dans leur relation. A vrai dire, il n'a jamais autant voulu un autre homme qu'Ichigo. Et pas seulement son corps. A l'exception de ses trois amis, c'est la première fois qu'il accepte l'idée qu'une autre personne fasse partie de sa vie. Bien sûr, il admet la responsabilité majeure de Grimmjow qu'il sait tenir l'alcool. Et bien sûr, une infime partie de lui reconnait à Ichigo une circonstance atténuante. Mais la part dominante en lui se sent trahie.

- « Sosûke, ça ne signifie rien pour moi. Je sais que c'était mal, même si je n'en ai aucun souvenir… tu dois savoir que je n'aurais jamais fait ça si j'avais été sobre. Il faut au moins que tu me croies, Sosûke… »

- « Qu'est-ce que ça change, Ichigo ? Oui, tu ne l'aurais pas fait. Avec des hypothèses comme celles-là, on n'avance à rien et cela n'efface pas ce qui s'est passé. »

- « Sosûke, tu comptes énormément pour moi. »

- « Je suis ravi de l'apprendre », lâche Aizen en ricanant nerveusement.

Le ton ironique met indubitablement en doute la sincérité des sentiments d'Ichigo qui convient que les choses sont en train de lui échapper. Il se décide alors à jouer sa dernière carte. Après tout, qu'est-ce qu'il a à perdre de plus.

- « Tu sais Sosûke, je t'aime. »

Les mots sont lâchés et il ne reste plus à Ichigo qu'à patienter pour obtenir une réaction de Sosûke.

Pour le brun, un bonheur incommensurable vient de le submerger pour refluer aussitôt. La douleur de la tromperie est trop forte et ce qui aurait dû être un moment inoubliable se transforme en une noirceur sans nom. Il s'est toujours battu becs et ongles et cette fois, ne fera pas exception.

- « Comme c'est pratique. Tu m'aimes et tu couches avec un autre », s'esclaffe le brun. « Espères-tu vraiment que j'oublie cet écart ? Après tout, Grimmjow t'avait tapé dans l'œil au début de ce pari. »

- « Sosûke, ne sois pas comme ça, aussi méchant », fait doucement Ichigo. « Je ne l'ai pas dit pour que tu me pardonnes. La vérité, c'est que je ne me pardonnerais pas moi-même. Je l'ai fait parce que c'est que je ressens et peu importe ce que tu vas décider pour nous deux. »

Les pensées se bousculent dans la tête du brun. D'un côté, honnêteté, fragilité, remord et amour font front commun. De l'autre, déception et trahison s'érigent en gardienne d'un honneur désuet mais bafoué. Et c'est plus fort que lui, il ne parvient pas à franchir ce pas qui mettrait cela derrière eux.

- « Nous deux ? Mais il n'y plus de nous deux. Je n'ai plus confiance en toi. »

Le cœur d'Ichigo est en miettes après le ton sans appel. Il ferme brièvement les yeux, puis les rouvre, sans retenir les larmes qui coulent librement sur ses joues.

- « Je vois. Je suppose que c'est mérité. »

Ichigo est conscient de ne pas offrir la meilleure image qu'il soit, mais il s'en fiche. Il a foutu sa fierté au placard. Quant à Sosûke, il est comme dans un autre espace. Avec résolution, il vient de conclure leur relation. Toutefois, il se sent groggy, comme si on l'avait anesthésié. Seules deux choses retiennent son attention. Une voix à l'intérieur de lui qui répète sans cesse qu'il commet la plus grosse erreur de sa vie. Ça et l'air dévasté d'Ichigo. La voix lui explique que la souffrance que ce dernier expérimente est suffisante en soi. Qu'il devrait le serrer dans ses gras. Et bon sang qu'il en a envie.

Malgré ses débats intérieurs, aucune réaction n'est perceptible chez Sosûke. Il reste de marbre. Ichigo rassemble ce qui lui reste de dignité pour tenter sa dernière chance.

- « Je suis désolé de t'avoir déçu, Sosûke. Je veux que tu saches, que j'ai toujours été sincère avec toi. »

Toujours rien.

- « Bon, je vais te laisser… au revoir, Sosûke. »

Il tourne les talons et ferme la porte sans un regard en arrière.

Dix minutes après son départ, alors que l'on frappe à sa porte, Sosûke Aizen se tient à la même place, debout, les bras le long du corps.

Une étudiante aux cheveux blonds passe la tête par la porte avec un timide sourire.

- « Professeur Aizen…

- « Pas maintenant », rétorque froidement le brun, faisant fuir la jeune femme qui ne l'a jamais vu avec un visage aussi fermé.


Parvenu presqu'à la porte principale de l'université, Ichigo ne s'aperçoit pas que deux hommes sont en train de le regarder avec un air effaré. Kisuke et Grimmjow se rendaient tous les deux dans la salle des professeurs, lorsqu'ils ont reconnu la chevelure typique du fleuriste. Comme la plupart des personnes présentes dans ce lieu de passage, ils sont surpris par les pleurs du jeune homme.

- « Mais c'est notre petit Ichigo ! », s'exclame Urahara. « Qu'est-ce qu'a bien pu lui dire Sosûke pour le mettre dans un état pareil ? »

Grimmjow n'a pas besoin de se poser la question. Il a vite fait de comprendre la raison de la visite du rouquin, et que cela risque de chauffer pour son matricule.

- « Décidément, c'est la journée des pleurs », s'écrie à nouveau le blond en regardant dans la direction opposée à celle prise par Ichigo.

L'étudiante qui s'est fait rabrouer par le professeur de ses rêves est en train de se faire consoler par ses amies. En passant près d'eux, les deux hommes parviennent à entendre : « … je ne l'avais jamais entendu parler comme ça… Aizen-san est tellement… »

- « Bon, mon cher Grimmjow, nous avons un mystère à résoudre. Allons voir Sosûke. »

- « Je pense pas que ce soit une bonne idée... », commence le bleuté avant d'être coupé par un blond qui ne se doute pas de ce qu'il risque de déclencher.

- « Je te rappelle que Sosûke est notre ami. Il a dû se passer un truc grave. Allez en route », décrète Kisuke en prenant un Grimmjow plus que réticent par le bras.


Ichigo s'est hâté vers son magasin. Il a près d'une heure et demie de retard et s'active à se préparer. L'arrivée presque immédiate des clients a le mérite de lui changer les idées. Quant à son apparence perturbée, elle suffit à expliquer le pourquoi de son retard.

Ce qu'il n'avait pas prévu, ce serait d'avoir la visite de ses amis quelque peu envahissants. Tandis qu'il encaisse les achats d'une dame d'un certain âge, Yumichika et Ikkaku rentrent dans la boutique. Occupé avec son client suivant, Ichigo évite de regarder dans leur direction, mais pas assez longtemps pour que les autres ne découvrent ses yeux rougis.

Les deux cuisiniers échangent un regard éloquent et décident de s'éterniser pour savoir quel est le problème. Dès que le dernier client est parti, ils s'approchent pour le saluer.

- « Salut les gars. »

- « Bonjour Ichigo. Ça n'a pas l'air d'aller fort ? »

Face au silence du rouquin en train d'élaborer un bouquet, Ikkaku opte pour un peu d'humour, histoire de détendre l'atmosphère.

- « Tu t'es pas remis de ta cuite d'hier soir ? »

Le fait qu'Ichigo suspende aussitôt ses gestes en regardant droit devant lui fait regretter au chauve des trois sa mauvaise bonne idée.

- « Bon, il s'est passé un truc. C'est Grimmjow ? »

- « Ecoutez les gars, c'est sympa mais j'ai ouvert en retard et j'ai du travail, alors si vous pouviez me laisser… »

- « Ouais, t'as raison. De toute façon, il faut qu'on y aille aussi… »

- « Non. »

Les bras croisés sur la poitrine, Yumichika se tient raide comme un piquet et n'a pas l'intention de bouger. Depuis qu'il est entré dans le magasin, il n'a pas cessé un instant de fixer Ichigo et il sait que celui-ci a pleuré.

- « Comment ça non ? Yumi, si t'arrives encore en retard, Zaraki va t'allumer... »

- « Je ne laisse pas tomber un ami », le coupe le brun. « Et visiblement, Ichigo a besoin de soutien. Ça passe bien avant Zaraki. »

Les mots font leur chemin dans le crâne du rouquin et touchent un truc en lui. Et tout remonte à la surface. Sa peine et les larmes recommencent à couler.

- « Ichigo, ça va ? »

C'est Ikkaku qui vient de poser la question. Si Ichigo est prêt à se confier à Yumichika dont il devenu très proche, pour Ikkaku, c'est différent et en un regard larmoyant vers le brun, il lui fait comprendre.

- « Bon, tu pars devant et je te rejoins. »

- « Mais… »,

Le chauve tente bien de regimber mais il est poussé manu militari vers la porte qui se referme sur lui sans qu'il ait eu le temps de faire quoi que ce soit d'autre. Avant de revenir vers le comptoir, Yumichika retourne la pancarte qu'Ichigo utilise en cas de livraison, pour indiquer une absence momentanée.

- « Allons, dans la réserve, j'ai mis la fermeture. »

Ichigo obtempère sans rechigner un instant.

- « Alors ? »

- « Sosûke et moi, c'est terminé », déclare tout de go Ichigo, en reniflant.

- « Hein ? Comment ça ? Il t'a plaqué ? »

Ichigo hausse les épaules avant de reconnaitre : « Remarque, je peux pas lui en vouloir après l'avoir trompé avec Grimmjow. »

- « T'as couché avec Grimmjow ? »

Un hochement de tête et Yumichika regarde son ami avec les yeux écarquillés. Il a vu Ichigo évoluer ces dernières semaines et s'ouvrir davantage aux autres, mais à ce point-là ! Pourtant, quelque chose semble clocher. Pourquoi se met-il dans un état pareil s'il a couché avec le bleuté. A ce stade de sa réflexion, Yumichika se remémore la soirée de la veille. Car même si Ichigo était dans un meilleur état qu'Izuru ou Hanatarô, il a dû mal à concevoir qu'il ait pu s'envoyer en l'air avec l'autre macho. De là à ce que ce dernier en ait profité, il n'y a qu'un pas.

- « Il t'a forcé, c'est ça ? »

- « J'en sais rien, je ne me souviens de rien. »

- « Alors, comment tu peux savoir. T'as mal aux fesses ? »

- « Non, mais ça ne veut rien dire. Grimmjow n'a pas réfuté qu'on avait couché ensemble et j'avais du… enfin, tu vois, entre les jambes. On est vraiment obligé de parler de ce genre de détails ? »

- « Non, pas nécessairement. Mais dis-moi, comment Aizen l'a appris ? »

- « Je suis allé le voir », répond Ichigo en baissant les yeux.

Le souvenir de l'entrevue n'est pas chose aisée, et les sanglots surgissent sans qu'Ichigo ne puisse les retenir.

- « Ichigo, ne me dis pas que tu es allé tout lui raconter ? »

- « Bien sûr que je lui ai tout raconté ! Comment je pourrais le regarder en face après un truc pareil. Et comment me regarder en face aussi ! On ne peut pas construire quelque chose de solide sur des mensonges. »

- « Il t'a bien menti lui au début. »

- « Oui, mais depuis il a été sincère. »

- « Tu n'en sais rien. »

- « Tu crois que tu m'aides là Yumichika ! Tu crois que je me sentirais mieux si tu lui fais jouer le mauvais rôle. C'est moi qui ai fait une connerie dans cette histoire ! »

Le coup d'éclat d'Ichigo est justifié, Yumichika le sait. Tout comme il est convaincu qu'il a fait une belle connerie en allant se confesser. C'est très louable d'avoir un cœur gros comme ça et de l'afficher aussi ouvertement, mais dans la vie, ce sont les gens comme Ichigo, les gentils, qui s'en prennent plein la gueule. Etre honnête, ça ne paye pas.

- « C'est ce que font les amis, Ichigo. Ils essayent de réconforter par tous les moyens possibles. »

- « Oui, mais ne dis pas du mal de lui, s'il te plait. C'est moi qui ai tout fait foirer, pas lui. »

- « T'étais pas seul, je te rappelle, et l'autre enflure de Grimmjow est aussi responsable. Et bien plus que toi, car lui n'était pas saoul. Et lui se souvient de tout. Et lui savait que tu es en couple avec l'un de ses amis… »

- « Etait. »

- « Hein ? »

- « Etait en couple. C'est fini, il me l'a dit. »

- « Peut-être que… »

- « Non, il a été très clair, tu peux me croire. Je l'ai perdu… »

La voix d'Ichigo n'est plus qu'un murmure et le fait qu'il ait la tête baissée n'arrange rien. Pourtant, lorsqu'il la redresse, Yumichika aurait aimé qu'il n'en fasse rien. Le visage ravagé par les larmes le peine bien plus qu'il ne voudrait.

- « Je l'aime. Tu comprends Yumichika, je l'aime… et maintenant je l'ai perdu ! »

Alors, Yumichika le prend dans ses bras et le serre fort, parce qu'il a épuisé tous les mots qu'il aurait pu lui dire, et qu'il ne peut rien faire d'autre que témoigner sa présence pour le consoler.


Grimmjow traine des pieds derrière Kisuke. Mal à l'aise, il redoute la rencontre avec Sosûke. Quoique dans le cas présent, il va plutôt s'agir d'une confrontation. Tout à l'heure, ça lui a fait un choc d'apercevoir le rouquin dans le couloir. Il s'est demandé pourquoi le jeune homme était venu et s'est maudit de ne pas avoir insisté ce matin. 'Foutu orgueil mal placé', voilà ce qu'il s'est envoyé à lui-même. Il a été vexé par les accusations d'Ichigo, et plutôt que de passer au-dessus et d'avoir une bonne et franche discussion, il a réagi avant de penser. Maintenant, il va falloir assumer les conséquences et affronter l'un de ses amis.

Ses pensées l'ont occupé tout le temps du trajet jusqu'au bureau d'Aizen, si bien qu'il en sort parce qu'il entend Kisuke saluer le brun. Il franchit la porte à la suite du blond et voit le brun debout, inerte devant le bureau en chêne, les yeux fixés sur un point imaginaire. Kisuke est en train de lui parler mais l'autre ne bouge pas. Alors il parle plus fort.

Toujours amorphe, Sosûke revient dans le monde réel pour faire face à son meilleur ami qui vient apparemment de lui poser une question. Il n'a pas le temps de lui faire répéter parce qu'un mouvement vient d'attirer son attention. Juste derrière le blond, les mains dans les poches et le regard méfiant, se tient Grimmjow et en une seconde, une colère sourde envahit le brun.

- « Tu as le culot de te présenter face à moi ? Tu ne manques pas de cran, Jaggerjack ! »

Un blizzard vient subitement de s'abattre dans le bureau exigu et Kisuke se retrouve en pleine tempête sans rien comprendre à ce qu'il se passe. Enfin, rien comprendre est un peu exagéré. Le fait même que Sosûke soit passé au nom est déjà un indice clair que quelque chose de pas net s'est passé et que Grimmjow y est mêlé. Et malheureusement pour lui, il n'a pas le temps de réfléchir au problème que déjà, le brun est devant le bleuté, les mains enserrées autour du col de l'autre. Un autre qui ne semble pas vouloir se défendre et surtout qui affiche une bonne tête de coupable.

- « Mais enfin que se passe-t-il ? Vous n'allez pas vous battre ! »

- « Ouais, ça ferait mauvaise impression », crache le bleuté qui vient de reprendre du poil de la bête.

Attaquer est toujours plus facile que rester sur la défensive, même si la petite voix à l'intérieur de lui, cette conscience qui l'exaspère, lui souffle qu'il est le méchant dans l'histoire. Malgré elle, et parce que ce matin il s'est fait jeter comme un malpropre, il est hors de question que cela continue.

- « Tu n'as aucune honte, n'est-ce pas ? »

En un geste habile, et malgré la poigne d'Aizen, Grimmjow parvient à détacher les poings englués sur l'encolure de son blouson, avant de décocher sa réponse : « Nan, la honte c'est pour les gens qui sont faibles. Et je suis pas un faible. Comme toi, je te rappelle. »

- « Sans doute, mais avoir un minimum de morale et d'honneur, n'est pas futile. »

- « C'est toi qui parle de morale ? Non, mais qui a sauté à pieds joints dans cette histoire de pari, hein ? »

Abasourdi, Kisuke observe le duel verbal entre les deux hommes. Il a l'impression d'assister à une rencontre au sommet entre deux rivaux et cela l'effraie un peu. Il donnerait cher à cet instant pour être carrément ailleurs. Il regrette amèrement sa curiosité, car autant dire les choses comme elles sont, c'est plus la curiosité qui l'a poussé à venir rendre visite à Sosûke. Kensei le lui dirait s'il était là. Oui, si Kensei était là, il se sentirait plus rassuré.

- « On en revient toujours au pari. Tu n'as pas digéré que cela se termine ainsi, que tu restes seul sur le carreau. » Remué par les mots qui correspondant si bien à son état d'esprit de ces derniers jours, Grimmjow lance un regard noir vers Aizen. « J'ai touché dans le mille. »

- « Nan, t'as rien touché du tout ! Je m'en tape de ton histoire et de la sienne », rétorque le bleuté en désignant Kisuke du doigt.

- « Mais enfin, vous allez me dire ce qui se passe ! », intervient le blond.

- « Il n'y a rien à expliquer. Peux-tu me laisser Kisuke, j'ai un cours dans pas longtemps. Et rend-moi un service, avant de sortir et de refermer la porte, emmène cette enflure. Je ne veux plus voir sa sale gueule. »

- « T'inquiètes, je me casse ! »

La porte vient de se refermer dans un bruit fracassant, qui fait sursauter Kisuke.

- « Sosûke, j'ai bien compris que Grimmjow avait fait des siennes, mais tu ne veux vraiment rien me dire ? »

Le brun continue de rassembler plusieurs feuillets qu'il regroupe avant de les glisser dans son cartable de cuir, sans se préoccuper du blond, comme s'il n'était pas dans la pièce. Une indifférence qui est loin de plaire au chimiste.

- « Sosûke, ça fait des décennies que tu connais Grimmjow. Tu sais qu'il peut être bourrin, mais ça ne peut pas être si grave... »

Le brun n'écoute plus. Il vient de suspendre son geste, occupé brusquement à peser mentalement la gravité de cet acte-là. 'Est-ce que la gravité, ça peut se mesurer ?', se demande-t-il. 'Est-ce que ça peut se pardonner ?' Car le fond du problème est bien là. Doit-il passer outre et reprendre sa vie où elle était ? Avec Grimmjow pour ami ? Avec Ichigo pour compagnon ? Il serait tellement facile de laisser couler, de ne pas rester dans cet état d'esprit qui le ronge insidieusement et qu'il n'aime pas, et sauver ce qu'il s'apprête à perdre.

Mais pour ça, il faudrait oublier l'image qui ne cesse de flotter dans sa tête. Celle de deux hommes enlacés. Celle de la trahison de l'ami et de l'être aimé.

Et pendant ce temps interminable où il se focalise sur ce calcul absurde, Kisuke continue son babillage : « Je sais que tu as été vexé par tout ce qu'il a raconté à Ichigo mais quand même. Il lui a dit quoi exactement cette fois ? Parce que ça peut surement…»

- « Ils ont couché ensembles », assène le brun en fermant son cartable. Il passe devant un Kisuke figé par la révélation, et lui glisse à l'oreille sur un ton menaçant : « Alors, tu sais où tu peux les mettre, tes décennies d'amitié ? »


Une montagne se dresse au milieu du chemin qui le mène aux cuisines. Les bras croisés et le visage fermé, Zaraki attend Yumichika de pied ferme.

- « C'est quoi cette fois ? »

La voix gronde aussi fort que le tonnerre et Yumichika ne trouve rien de mieux à faire que de soupirer. A sa décharge, il a été touché par la peine de son ami, ce qui ne l'a pas mis d'humeur joyeuse et certainement pas préparé à se justifier auprès du géant.

- « Patron, c'était sérieux cette fois… »

- « Parce que la dernière fois, c'était des cracs ? »

- « Non, je vous assure qu'Ichigo avait vraiment besoin… »

- « De quoi ? Que tu lui fasses des petits gâteaux pour accompagner le thé ? »

- « Il s'est fait jeter, vous comprenez ? », s'écrie Yumichika.

Attirés par le cri du brun, Ikkaku et Hanatarô, ainsi que tous les bons curieux du restaurant, se pointent juste derrière leur chef. Etonnamment, c'est le petit serveur qui s'enquière de la santé du fleuriste, et ce bien qu'il le connaisse très peu.

- « Comment va Kurosaki-san ? »

- « Il ne va pas bien du tout. Pour être tout à fait honnête, il est anéanti. »

- « Qu'est-ce qui s'est passé Yumi ? Ça se passait pourtant bien avec son prof. »

- « Oui, jusqu'à ce que l'autre enfoiré de Jaggerjack ramène sa fraise. »

- « Le méchant garçon aux cheveux bleus ? »

Indéniablement, les histoires de cœur intéressent presqu'autant Zaraki que la reproduction des mollusques d'eau douce. En revanche, mettez dans l'équation un grand type musclé sur lequel monsieur le chef cuisinier ra flashé et tout de suite, son intérêt est suscité.

- « Oui, ce connard-là. Il a raccompagné Ichigo chez lui et apparemment, ils auraient couché ensembles. »

- « Ils auraient ? », répète Ikkaku, assez surpris par la tournure de la phrase.

- « Oui, Ichigo ne s'en souvient pas. »

Le rire de Zaraki retentit dans la cuisine, faisant trembler Hanatarô, pas encore remis de la cuite qu'il a prise hier soir…

- « Il se souvient pas d'avoir eu une bite dans le cul ? Elle est bien bonne celle-là ! »

… et devenir rouge comme une écrevisse par la description terre à terre du sexe anal selon son rustre de patron. C'est que les choses se précisent entre lui et Ikkaku. Avant d'avoir perdu le fil de la réalité, il se souvient parfaitement que les lèvres de son sensei se sont posées sur sa bouche juste avant qu'il ne le laisse à son appartement. Et même si sur le coup, il n'a pas su quoi en faire, il envisage désormais sérieusement qu'un jour, cette scène lui arrive à lui aussi.

- « Ouais, bah en attendant, c'est le troisième à avoir couché avec mon méchant garçon aux cheveux bleus! »

Sur ces quelques mots exprimant toute sa frustration, le grand brun tourne les talons pour se remettre à sa recette de veau mijotée aux deux épices.

- « Il s'est passé quoi exactement, Yumi ? »

- « Ichigo s'est réveillé au pieu avec Grimmjow. Ils étaient nus tous les deux, et Ichigo avait du sperme entre les jambes, ce qui laisse peu de place au doute, si tu veux mon avis. Et Ichigo, en bon gars honnête, est allé avouer son écart à Aizen qui l'a bien évidemment jeté. »

- « Quel idiot d'aller le lui dire aussi ! », s'exclame le chauve.

- « Je te le fais pas dire. »

- « Mais non ! », s'écrie Hanatarô, faisant tourner les têtes des deux amis. « Bah oui… moi, je trouve ça bien de ne rien cacher à celui qu'on aime. Pour fonder un couple qui dure, la confiance est indispensable, n'est-ce pas ? »

Si Ikkaku est gêné par la prise de position tranchée de son promis, Yumichika est amusé. Il réalise petit à petit dans quoi son pote s'est embarqué et ça le rend guilleret. Savoir qu'Ikkaku va devoir se coltiner ce petit mec qui voit la vie en rose bonbon est assez réconfortant.

Pourtant, il se refocalise très vite sur son ami en souffrance.

- « C'est bien beau cette histoire de confiance, mais en attendant, je suis inquiet pour Ichigo. Je ne suis pas sûr d'avoir réussi à le réconforter. »

- « Il s'en remettra, Yumi. C'est juste un petit chagrin d'amour, il trouvera quelqu'un d'autre. »

- « Tu ne l'as pas vu comme moi, Ikkaku. Après que tu sois parti, il s'est écroulé. C'est sérieux, tu sais, il est vraiment mordu de ce type. »

- « Alors, ils se remettront ensembles », décrète Hanatarô avec un sourire. Les deux autres se mettent à fixer le petit serveur d'un air ahuri. « S'ils sont faits l'un pour l'autre, ils se retrouveront, c'est certain. »

Sur cette affirmation, il s'en retourne vers la salle, pour préparer les tables avec l'aide de ses deux collègues.

- « Il est vraiment incroyable ton gamin. Tu es sûr de vouloir aller jusqu'au bout avec lui ? »

- « Bah autant que toi avec ton blond aux magnifiques yeux bleus. »