Tom se tenait droit comme un piquet, le regard perdu, sombre. Audric arriva derrière lui et le charria.

«_ Qu'est ce qu'il y a Tom? Tu as perdu un de tes précieux manuels?

_ Non...J'ai l'impression d'avoir déjà vu cette femme.

_ Ah bon? Demanda Audric tout en cachant son sourire amusé.

_ Oui. Quelques heures avant la rentrée, j'ai vu quelqu'un devant le portail du manoir. Je n'étais pas sûr de bien avoir vu mais...

_ Qu'est-ce qu'elle ferait devant ton manoir?

_ Je ne sais pas... mais je suis presque sûr que c'était elle.

_ Peut-être, même si je ne vois pas l'intérêt.

_ Hm...

Il redevint silencieux mais fut dérangé par les bavardages incessants des Gryffondors. Le professeur d'histoire était souvent en retard, chose qu'il supportait de moins en moins avec les années. Ils parlaient de la nouvelle infirmière dans des termes comme « sexy », « à tomber », « une vraie bombe » et bien d'autres termes dégradants. Il ne voyait pas l'intérêt qu'il y avait pour cette femme. Elle était belle et alors? Alice l'était bien plus! Elle était bien fade à côté d'elle...enfin c'était ce qu'il se disait pour se voiler la face. Mais à part le fait qu'elle soit une Dumbledore, cette femme n'était rien.

Le professeur arriva et le cours commença enfin. Les heures passèrent et vint le tour des potions. Une matière qu'il appréciait assez pour leur utilité. Une demie heure se passa sans problème, quand vint une explosion brutale. Il tourna son regard et le posa sur l'élève blessé. Ça allait encore être pour sa pomme...Comme il le prévut, le professeur lui pria d'accompagner l'élève à l'infirmerie. Quel incapable! Il avait certainement trop attendu avant de mettre les pattes de souris! Voilà ce qu'il en coûtait de baver sur l'infirmière! Il soutint l'élève blessé et partit en direction de l'infirmerie. Quelle plaie...Il ouvrit la porte et fut accueilli par cette femme qu'il n'avait pas envi de voir. Quelle plaie...Elle lui sourit et prit l'élève en question. Elle le posa sur un lit avec sa baguette et l'ausculta. Elle se mit à lui faire un bandage pour finalement le taper sur le dos avec un sourire carnassier, ce qui provoqua un cri de douleur chez son patient. Un sorte de flash-back lui revint en la voyant faire cela.

Il se revoyait lorsqu'il s'était blessé. Alice l'avait aussi bandé avec autant de soin et d'attention pour finalement lui taper dans le dos avec un sourire. Il revint à lui et se ferma un peu plus. Il fallait qu'il cesse de penser à Alice lorsqu'il était avec elle. Elle n'était pas Alice! Elle vit son air fermé et son regard se fit presque triste, qu'elle tenta de dissimuler. Chose que Tom remarqua également. Quel était le problème de cette femme? Il se retira sans lui adresser un mot, réaction qui fendit le cœur de Jade. Il était loin le petit garçon qui s'était mis à lui sauter dans les bras en la voyant...Albus lui avait appris à travers les semaines passées à ses côtés la situation. Son père ainsi que son grand père étaient mort, tués par son oncle. Chose qu'elle savait fausse. Elle sut aussi pour la malheureuse Mimy. Son cœur se déchira un peu plus en y repensant. Elle n'avait pas pu sauver ces vies humaines et tout cela à cause de cet accident! Si le cristal ne s'était pas détaché, elle serait à ses côtés, elle serait là pour lui, il ne serait pas seul.

Il partit rageusement. Il n'arrêtait pas de comparer son visage à celui d'Alice! Pourquoi? Pourquoi? Elles ne se ressemblaient pas du tout! Mais pourtant ce sourire...cette atmosphère, ces manies...Non! Il ne la connaissait pas assez pour la comparer autant à celle qui a pris le rôle de sa mère. Il fallait qu'il se calme! C'était seulement l'excitation de finir bientôt les cours qui le perturbait, voilà tout!

Les semaines passèrent, et sa colère ne fit que progresser. Il ne cessait pas de voir des points communs entre elles. Elles mangeaient la même chose le matin. Elles avaient également le même tempérament. Et il en avait été témoin la veille. Elle était arrivée en plein dans la grande salle, priant que les élèves qu'elle venait de citer la suivent jusqu'à l'infirmerie. Il vit des sourires flamboyants et fiers s'étendre sur les lèvres des garçons en question. Ils la suivirent et lorsque Tom voulut sortir de la grande salle pour rejoindre sa salle commune, il intercepta leur conversation. Elle se tenait devant eux, souriante, mais tellement effrayante. Il en eut des sueurs froides. Elle jeta des boîtes de chocolats à leurs pieds.

«_ Alors écoutez moi bien les jeunes. Que ce soit la dernière fois que je retrouve dans mon infirmerie des chocolats trempés dans l'élixir d'amour qui me sont destinées ou je vous assure que vous retrouverez bien pire dans votre nourriture.

Les garçons tremblèrent d'effroi. Était-ce vraiment la douce et tendre infirmière qui se trouvait devant eux?

_ On voulait juste que...tenta piteusement un des garçons.

_ Que je tombe amoureuse de l'un de vous et que vous ayez la possibilité de dire que je suis vôtre? le coupa-t-elle. Retenez bien cela alors messieurs, je n'appartiens à personne, j'espère que vous avez compris.

Ils hochèrent honteusement la tête et Jade retrouva son tendre sourire.

_ Maintenant que vous avez compris, retournez manger, je n'aimerais pas qu'on m'accuse de vous affamer.

Ils partirent presque en courant, laissant tomber au passage les gouttes de sueurs qui emplissaient leur corps en nage. Tom fut sur le point de partir lorsque Jade lui lança un regard et un sourire mystérieux. Le même que le sien. Il s'en serrait arracher les cheveux! Qui pouvait bien être cette femme?

La nuit même, il n'arrivait toujours pas à dormir, l'image d'Alice revenait sans cesse. Mais surtout son impuissance à la ramener à la vie. Il avait cherché de partout un moyen mais sans succès. C'était si rageant! Son but devenait de plus en plus irréaliste. Il pensa soudainement qu'il n'avait pas vu Ledas et Inferno de toute la journée. Il ne s'inquiétait pas pour Nagini qui passait le plus clair de son temps avec sa mère. Il ne lui en voulait pas, il pouvait très bien comprendre.

Il continua donc à marcher dans les couloirs à la recherche de ses serpents lorsqu'il entendit des sifflements. Content, il se rapprocha et se stoppa lorsqu'il comprit que ses serpents n'étaient pas seuls, ils semblaient en plus heureux...Il s'approcha discrètement et vit caché au tournant d'un couloir, Jade, assise sur le rebord de pierre, à contempler la forêt interdite par la fenêtre, en pleine discussion avec eux. Il arrivait au milieu de leur conversation... Elle baissa sa tête et sourit à Ledas et Inferno.

«_ Vous êtes allé chasser cette nuit?

_ Oui mais la chasse n'a pas vraiment été bonne, les centaures font fuir nos proies, répondit rageusement Ledas.

_ Ils s'agitent parce qu'ils sentent le danger arriver à grands pas. Une sombre ère est en marche.

_ Que vas-tu faire? Demanda Inferno.

_ Que penses-tu que je puisse faire à part les défendre?

_ Ta venue n'était plus prévu Lady, siffla Ledas.

_ Pas plus qu'elle n'était pas prévue.

Cette conversation était étrange! Comme s'ils se connaissaient mais surtout, une Dumbledore Fourchelang! Il pensait être le dernier! Comment c'était possible? Cette femme semblait être plus intéressante que prévu. Alors qu'il allait repartir réfléchir, son pied frappa dans une pierre qui provoqua l'arrêt totale de la conversation. Il entendit ses serpents ramper dans sa direction, en mode attaque.

_ Arrêtez, retournez auprès de votre maître, vous ne devez pas causer de soucis.

_ Bien Lady, répondirent-ils d'une même voix. »

Et ils partirent en direction de la salle commune des serpentard. Tom en fit de même en prenant un tout autre chemin. Il était déboussolé. Pourquoi accordaient-ils autant de respect à cette femme? Elle semblait avoir plus de secret que prévu. Il fallait qu'il les découvre!

Le lendemain, il fixa de nouveau son attention sur elle. Il la voyait se promener dans les jardins comme avec nostalgie. Il ne l'avait pas vu se perdre une seule fois alors qu'elle était sensée ne pas connaître ce château et pourtant, il avait le sentiment qu'elle le connaissait très bien même. Il la rejoignit en silence et se gratta la gorge pour annoncer sa présence. Elle lui sourit aimablement.

«_ Vous souhaitez quelque chose monsieur Standel?

_ Pourrais-je vous poser des questions?

Jade se sentit mal. Il ressemblait tellement au Tom du souvenir du professeur. Une aura sombre et rusée l'entourait.

_ Bien sûr, que voulez-vous savoir?

_ Vous êtes quoi par rapport au professeur Dumbledore?

_ Beaucoup d'élèves m'ont posé la question, vous devriez savoir quelle a été la réponse.

_ Je ne suis pas comme les autres élèves, mademoiselle. Je ne vous le demande pas par curiosité mais par intérêt. Je fais justement des recherches sur les sang purs et comme la famille Dumbledore en fait partie, je...

_ Vous avez faux jeune homme, nous sommes une famille de sang mêlé.

_ Que...Comment?

_ Vous avez très bien compris, dans ces conditions l'information sur ma condition n'a plus d'importance.

Tom eut l'impression de se prendre une douche froide. Elle venait de l'avoir. Jade cacha sa fierté. Elle savait qu'il était dans une rage folle mais elle venait aussi de comprendre qu'elle l'intéressait. Mauvais ou bon signe? Elle ne saurait le dire.

_ Si vous voulez bien m'excuser.

_ Attendez! Vous ne pouvez pas être une sang mêlé! Vous parlez Fourchelang!

Cela eut l'effet de refroidir Jade. Comment le savait-il?

_ Je ne sais pas où vous êtes allé chercher cela, mais je vous prierai de cesser d'inventer ce genre d'accusation.

_ Ne me faîtes pas passer pour un menteur mademoiselle. Je sais ce que j'ai vu.

_ Vu ou entendu monsieur Standel?

Un frisson le traversa. Elle sous-entendait qu'il le parlait également.

_ Qu'est ce que cela changerait? demanda t-il sur la défensive.

_ Qu'est ce que cela changerait que je le parle pour vous?

_ Cela veut dire que vous avez un lien avec Salazar Serpantard!

_ Cela serait choquant?

_ Salazar n'a qu'un seul héritier!

_ Et vous savez de qui il s'agit j'imagine.

_ Bien sûr c'est...!

_ Rubéus Agrid, celui qu'on a accusé de l'être, celui à qui on a brisé la baguette, celui qu'on a renvoyé, sous votre déclaration.

Tom eut le souffle coupé. Il allait dévoiler sa véritable identité. Cette femme lui faisait vraiment perdre tout ses moyens! Heureusement qu'elle l'avait coupé dans son élan! Oui, Jade venait bien de lui sauver la mise. Elle ne pouvait pas permettre qu'il lui dévoile cela. Il allait se refermer autrement.

_ Oui, c'est bien lui, il ne peut pas y en avoir un autre!

_ Qui vous dit que Salazar n'a pas eu une autre descendance?

_ Que...quoi...?

_ Réfléchissez-y, ce n'est pas un fait à exclure. Sur ce, passez une bonne journée monsieur Standel. "

Elle partit en un coup de vent, laissant un Tom figé d'horreur. Il ne serait pas le seul héritier de Salazar? Et soudain l'évidence lui sauta aux yeux. Cette page blanche! Elle ne servait donc pas à rien! Il partit en courant vers la bibliothèque. Il devait en avoir le cœur net! Il y entra en sueur et se jeta presque sur l'étagère où il l'avait trouvé. Il l'ouvrit et tourna rapidement les pages. Plus le temps de faire attention à prendre soin du vieux livre. Cette information pourrait ruiner ses convictions! Il arriva enfin à la page voulue. Aucuns noms ne s'y trouvaient! Mais l'arbre partait tout de même de Salazar lui-même. Il pensait pourtant qu'il n'avait eu qu'un enfant...Il prit le livre avec lui, le dissimula dans son sac et partit vers les toilettes des filles. Il devait directement le demander au principal concerné!

Il tomba dans le vide et ralentit sa chute avec un sort. Il se précipita vers le bureau et fit enfin face à son grande père qui le regarda d'une façon étonné. Sa tenue débraillé et son souffle saccadé ne lui ressemblaient pas.

«_ Combien d'enfant avez-vous eu?

_ Quoi?

_ Répondez s'il vous plaît à la question!

_ Euh...1 seulement pourquoi?

_ Alors pourquoi cet arbre montre que vous en avez eu deux?

Il lui montra le livre et Salazar eut un choc en voyant un nom se dévoiler sur la deuxième case de la page blanche. Salazar Ponria. Le nom de Marianne! Des larmes de joie coulèrent sur ses joues. Tom n'en crut pas ses yeux. Il n'entendit qu'un nom être prononcé avant que le tableau ne devienne immobile.

_ Marianne...!

Ce fut ainsi qu'il contempla avec stupéfaction le portrait de son ancêtre, souriant, se figer. Ce n'était pas lui! Qui était cette Marianne? Il n'avait jamais voulu lui parler d'elle! Pourquoi prononcer son nom juste maintenant? Salazar avait dû voir quelque chose que lui ne pouvait pas voir pour réagir ainsi! Aurait-il eu un enfant avec cette fameuse Marianne? Non, impossible. Il aurait été au courant et ne se serait pas marié avec sa femme pour laisser sa bien aimée. Ce n'était pas logique!

De colère, il jeta tout les livres se trouvant prêt de lui, détruisant la chaise, le bureau. Il devait se défouler. Il sortit finalement de la pièce, complètement dépassé. Qui était cette femme pour oser bouleverser autant sa vie?