Bonjour à tous !
Je sais que je publie fort tard ce chapitre, mais il se trouve que j'ai passé la journée à faire des calculs très savants, et je me suis rendue compte que je n'aurais jamais le temps de publier toute cette histoire avant mon départ pour trois semaines loin, très loin d'une quelconque connexion internet. Comme je ne suis pas cruelle (enfin, je ne crois pas...), je ne voudrais pas vous faire poireauter trois semaines avant d'avoir la fin des aventures de nos héros. Donc, je vais accélérer un peu le rythme de publication, avec un chapitre en plus le lundi. ^^
Encore et toujours, un grand merci pour toutes les reviews que vous me laissez (vous avez vu, on est presque à 100, j'ai du mal à y croire)
J'espère que vous aimerez ce nouveau chapitre.
Bonne lecture !
Bises ;)
Peaseblossom
Réponse à la review anonyme :
C : Ah ah ! Mais je ne doute jamais de ta perspicacité, tu sais. ^^ Et puis, tu peux parler autant que tu veux, moi ça ne me dérange pas ;) En tout cas, un grand merci pour tes compliments et ton enthousiasme. ça fait plaisir à voir, et du coup, je me dis que cette fic n'est pas aussi ratée que ce que je croyais... J'espère que ce nouveau chapitre te plaira. A très bientôt !
Chapitre 20
L'Amulette d'Orcan
Drago débarrassa une étagère entière de la bibliothèque de ses livres. Un coup de baguette et le double fond coulissa. La cache dissimulait une armoire en métal noir. Au début, le mécanisme d'ouverture rouillé résista. Plus personne n'allait voir là-dedans depuis au moins quinze ans. Mais l'armoire finit par s'ouvrir en grinçant. A l'intérieur, une dizaine de livres, aux couvertures sombres, sans titre. Il prit le premier qui lui tomba sous la main et l'ouvrit.
Des jours et des jours qu'il cherchait. Mais aucun livre ne lui avait apporté de renseignements concernant le mystérieux médaillon acheté par son père et dessiné par sa fille. Il avait retrouvé Granger deux ou trois fois pour confronter l'état de leurs recherches. Mais les choses stagnaient. Son boulot à elle lui pompait la plupart de son temps, et il avait dû régler plusieurs affaires louches et ennuyantes, mais nécessaires.
La frustration et la lassitude grandissaient, et Drago craignait de ne jamais voir le bout de cette affaire. En désespoir de cause, il se plongeait dans les anciens livres de magie noire de son père.
Les pages avaient une odeur étrange, malsaine, qui montait à la tête. Le livre était rédigé d'une écriture minuscule, avec une encre profondément délavée, et Drago devait se concentrer pour parvenir à comprendre quelque chose, ce qui n'arrangeait pas son mal de tête naissant. Puis le malaise s'installa. Ce genre de bouquins était loin de constituer une lecture agréable. Les descriptions presque cliniques, surchargées de détails morbides de certains sorts innommables firent monter une nausée persistante. L'imagination des hommes pour faire mal aux autres semblait n'avoir aucune limite. Il referma brusquement le bouquin, incapable d'en supporter davantage.
Il rejeta la tête en arrière contre son siège, en soufflant profondément. Un léger bruissement lui fit ouvrir les yeux. A l'orée de sa vision s'agita une petite silhouette aux cheveux blonds. Il redressa la tête.
« Lyra ? »
La petite fille, hésitante, fit deux pas dans la pièce, comme si elle voulait lui demander quelque chose. Puis aussitôt, elle fit volte-face et s'enfuit en courant dans le couloir.
Drago jeta un regard impatient à sa montre. Presque dix minutes de retard. Elle aurait pu faire un effort. Il regarda autour de lui, agacé. A ce moment, Granger arriva en courant, les joues rouges.
« Désolée pour le retard, une urgence à l'hôpital. »
Drago ravala une remarque acide et se contenta de lever les yeux au ciel. Ils entrèrent dans le restaurant. Drago était un habitué. C'était là qu'il organisait la plupart de ses dîners d'affaires. On les installa dans un coin, un peu à l'écart.
« Alors ? demanda-t-elle.
- Pas beaucoup plus que la dernière fois. »
Il avait encore quelques livres de son père à éplucher, mais il n'était pas certain de pouvoir en tirer quoi que ce soit. La futilité de leur entreprise lui sauta soudain aux yeux. Ils ne trouveraient probablement jamais rien. Jamais rien d'utile. Si seulement il avait pu avoir accès aux dossiers de son père…
A ce moment, quelqu'un vint prendre leur commande, et pendant une poignée de minutes, chacun se plongea dans son menu.
« Il nous faudrait une autorisation… » pensa Granger tout haut.
Sa main dessina nerveusement des arabesques sur la nappe immaculée. Elle se mordit la lèvre.
« Une autorisation pour quoi ? interrogea Drago.
- Pour avoir accès aux archives du Ministère. »
Drago médita quelques secondes l'idée de Granger.
« Tu crois que ça vaut le coup ? »
Granger haussa les épaules, sans répondre. Elle avait l'air résignée. Le fait était que ça faisait des mois qu'ils étaient sur l'affaire, et qu'ils n'avançaient pas.
« Comment va Lyra ?
- Elle... Bien. »
Elle croisa les bras sur la table, et un sourire ironique erra sur ses lèvres. Drago se renfrogna. Elle haussa un sourcil moqueur.
« Bien ? Tant mieux. Mais sinon ? »
Il soupira.
« Vas-y, qu'est-ce que tu veux entendre ? »
Elle soupira à son tour, en hochant la tête. A ce moment, on apporta leur plat, et pendant quelques minutes, Drago crut qu'il était sauvé. Mais il se trompait. Hermione Granger ne laissait pas tomber comme ça.
« Ce que je veux entendre n'a rien à voir là-dedans, Malefoy. »
Elle leva sa fourchette et la dirigea vers lui avec un regard désapprobateur.
« C'est ton sentiment qui m'importe. Tu te souviens de ce que je t'ai dit au mois de septembre ? Il y a du progrès ou pas ? »
Drago se lança dans la contemplation assidue de son assiette de gigot à la sauce à la menthe. Pourquoi fallait-il toujours qu'elle relance cette conversation ? A croire qu'elle essayait vraiment d'arranger sa situation avec sa fille. Il détestait parler de ça. Il avait toujours l'impression de ne rien faire comme il fallait. Il ne comprenait jamais à temps ce dont elle avait besoin. La scène de la veille à la bibliothèque lui donnait l'impression d'avoir encore raté quelque chose.
« Je ne sais pas, lâcha-t-il. C'est mieux, je pense. Elle ne parle pas beaucoup. »
Granger médita quelques secondes ce qu'il venait de dire, tout en mangeant calmement sa bouillabaisse. Finalement, elle soupira.
« Ce n'est pas à elle d'aller vers toi, Malefoy.
- Humpf… Facile à dire. »
Elle sourit.
« Tu es vraiment sûr de ne pas vouloir aller voir Dioclès ? » plaisanta-t-elle.
Il fallut quelques secondes à Drago pour se souvenir qu'elle parlait du psycho-mage qu'elle lui avait recommandé au début du mois de septembre, et dont la carte moisissait au fond d'un tiroir de son bureau.
« Pourquoi je paierais, alors que tu me fais le boulot gratuitement ? » se moqua-t-il.
Une étincelle de malice passa dans son regard brun. Et là, Drago se demanda quand exactement tout avait changé. Quand il avait cessé de la considérer comme une ennemie. Quand elle avait cessé de le haïr.
« Je te savais beaucoup de chose, Malefoy, mais je ne te savais pas pingre. »
Un rire lui échappa. Drago sourit.
« Il y a beaucoup de choses que tu ne sais pas, Granger.
- Crois-moi, ce que j'ai découvert sur toi cette année m'a amplement suffi. »
Drago hocha la tête.
« Pourquoi tu fais tout ça ? »
Elle avala sa bouchée et le regarda d'un air étrange.
« Tout ça quoi ?
- M'aider. »
Son visage se fit pensif.
« Je ne sais pas vraiment. Je crois que j'aime bien le nouveau Drago Malefoy que j'ai découvert sous les couches de mépris et de mauvaise foi. »
Elle haussa les épaules. Drago se prit à sourire.
« C'est vrai que se faire arrêter par les Aurors ensemble, ça crée des liens. »
Elle rit. Ils poursuivirent leur repas en silence, quelques minutes, plongés dans leurs pensées. Finalement, elle leva les yeux vers lui, et le regarda par-dessus la composition de roses blanches et de myosotis.
« Tu vas à Poudlard pour les commémorations ? »
Il acquiesça. Les cérémonies devaient avoir lieu dans moins d'un mois, à présent. Narcissa avait refusé de venir, comme il s'en était douté. Mais au bout du compte, il fallait quelqu'un pour garder Lyra…
« Toi aussi, je suppose ? »
Elle lui renvoya un regard ennuyé. Elle avala une gorgée d'eau, avant de répondre.
« C'est à peine si on m'a laissé le choix. J'imagine que je dois me considérer comme chanceuse, je n'ai pas droit au discours, Merlin merci. C'est Harry qui s'y colle. »
Il haussa un sourcil moqueur.
« Allons, allons, Granger. Tout le monde sait que c'est toi qui va le lui écrire, ce discours. »
Elle lui tira la langue. Donc il n'avait pas totalement tort. Un rire amusé lui échappa, et après quelques secondes d'un silence boudeur, elle éclata de rire à son tour.
Drago poussa avec un soupir las la porte de la bibliothèque. Il ne savait pas ce qui le poussait à retourner chaque jour dans cette pièce, à faire chaque jour le trajet jusqu'à la cache de livres, à s'asseoir chaque jour sur le même fauteuil, pour lire chaque jour un bouquin dans lequel il ne trouverait rien. Mais c'était plus fort que lui. Il s'immobilisa sur le seuil de la pièce. C'était une très grande pièce, aux murs tapissés de livres et de tableaux. Une grande cheminée occupait tout un pan de mur, et trois fauteuils faisaient cercle autour d'elle. C'était une grande pièce, où il y avait beaucoup de choses à voir. Mais en entrant, il ne vit qu'une chose. Que la pièce n'était pas vide comme il s'y attendait. Il y avait Lyra.
Tout le temps qu'elle ne passait pas avec son précepteur, elle le passait dans sa chambre. Jamais il ne l'avait vue seule ailleurs. Quand elle sortait dans le parc, c'était Scorpius qui l'y entraînait. C'était une petite fille très solitaire. Silencieuse et secrète. Trop pour son âge, comme disait Granger. Elle était perchée sur une échelle qui n'était là que pour décorer. Sur la pointe des pieds, en équilibre instable, le bras en l'air, elle essayait d'attraper un livre. Elle tourna les yeux vers lui, en l'entendant arriver. Elle faillit perdre l'équilibre mais se rétablit à temps. Il s'approcha.
Il n'alla pas débarrasser l'étagère de ses livres. « Ce n'est pas à elle d'aller vers toi, Malefoy. » Il s'avança. Elle ne le lâcha pas du regard, de ce regard d'un bleu sombre et troublant où l'on pouvait lire tant de choses contradictoires.
Il prit son courage à deux mains. Parce qu'après tout, peut-être qu'ils ne trouveraient jamais rien. Et qu'elle resterait éternellement telle qu'il la voyait à cet instant. Obligée de monter sur une échelle bancale pour aller chercher un livre trop haut pour elle. A force de fréquenter Granger, il avait compris que ce n'était pas une fatalité, même si ça lui restait encore en travers de la gorge. Qu'on ait osé toucher à sa famille de cette façon le mettait dans une colère froide. Voler les pouvoirs d'un autre…
Il maintint le bas de l'échelle, pour qu'elle cesse de trembler.
« Qu'est-ce que tu cherches ? » lui demanda-t-il avec douceur.
Elle leva les yeux vers les rayonnages, son bras s'étendit et elle parvint à attraper un livre épais, relié de rouge. Il vit les lettres d'or du titre incrusté dans la couverture scintiller. Les contes d'Idryss l'Ancien. Il fronça les sourcils. C'était le livre qu'il lisait aux enfants le soir, avec Astoria, quand ils étaient tous petits. Avant que tout ne parte en vrille. Ils avaient arrêté juste après l'internement de Lucius. Il n'avait jamais pensé qu'elle pouvait se souvenir de ces années. Elle n'avait que deux ans.
« Tu te souviens ? » demanda-t-elle d'une voix très basse.
Il lui sourit.
Hermione se passa une main sur le visage, épuisée. Elle laissa son regard errer sur le désordre chronique de son bureau. Il faudrait qu'elle pense à remettre un peu d'ordre là-dedans. Elle vit le dossier d'Edouard Cree traîner sur le dessus d'une pile de rapports à expédier. Le petit garçon était rentré chez lui depuis presque quatre mois. Hermione n'avait rien trouvé qui justifiât de le garder. Il allait parfaitement bien, et l'hôpital semblait toujours manquer de lits. Elle l'avait donc renvoyé chez lui, auprès de ses parents, à qui elle avait recommandé de garder le secret sur ce qui lui était arrivé, et de l'appeler au moindre signe d'évolution. Il fallait qu'elle renvoie ce dossier au bureau central. Pourquoi ne l'avait-elle pas déjà fait, d'ailleurs ? Elle soupira, un nœud dans la gorge. Rien n'allait plus. Rien que d'y penser, elle sentait les larmes lui monter aux yeux. Elle s'exhorta au calme et passa dans la pièce d'à côté.
« Anita, est-ce que tu as finis d'analyser le… »
A ce moment, une cloche résonna dans la pièce. Quelqu'un se présentait à l'ascenseur pour ce bureau. Les deux femmes échangèrent un regard surpris. Hermione se pencha par-dessus le bureau.
« On avait quelqu'un, aujourd'hui ? »
Anita consulta l'agenda, en fronçant les sourcils.
« J'étais pourtant sûre que non…
- Pas de note de service ?
- Non plus. Vous voulez que j'y aille ? »
Hermione acquiesça avec un sourire.
« S'il te plaît. »
La jeune femme sortit et disparut dans le couloir. Hermione passa dans la pièce attenante et vérifia les dosages et l'état d'avancement d'une expérience en cours depuis plusieurs mois sur la stimulation magique de gènes non-magiques. Elle verrait où ça la mènerait.
Une poignée de secondes plus tard, une exclamation joyeuse lui indiqua qu'Anita était de retour, avec leur mystérieux visiteur. Elle avait fait vite.
« Hermione ! »
Elle leva les yeux au ciel. Harry… Elle passa dans la salle d'attente, avec la claire intention de l'envoyer paître s'il venait encore la harceler pour son fichu discours qu'il devait magistralement déclamer deux semaines plus tard. Elle l'aperçut et faillit s'étrangler.
« Merlin, Harry ! Tu es blessé ! »
Son ami l'accueillit avec un sourire rayonnant.
« Mais non, ce n'est qu'une égratignure.
- Assieds-toi tout de suite. »
Anita avait l'air tout aussi inquiet. La chemise d'Harry était trempée de sang, et une large entaille barrait sa joue.
« T'inquiète, ce n'est pas mon sang.
- Si tu crois que ça me rassure... » marmonna-t-elle.
Hermione entreprit de nettoyer la plaie, tandis qu'Harry expliquait comment l'un de ses coéquipiers s'était fait sauvagement attaquer, alors qu'ils étaient en pleine mission, comment lui aussi avait failli y passer, et comment il s'était fait envoyer illico presto à Sainte-Mangouste, où ayant laissé le blessé aux bons soins des guérisseurs, il avait décidé de passer voir sa meilleure amie dans son antre souterrain.
Hermione passa méticuleusement un coton imprégné de lotion violette sur sa joue. Elle lui tapa gentiment sur les doigts quand il protesta. Mais elle était ailleurs.
La cloche résonna une nouvelle fois. Celui-là non plus n'était pas prévu.
« Encore ? »
La cloche résonna deux, puis trois, quatre fois. Quelqu'un s'acharnait sur l'ascenseur.
« Tu veux bien y aller, Anita, avant que tout n'explose, » demanda patiemment Hermione.
La jeune femme acquiesça. Hermione se détourna d'Harry, mais il la rattrapa par le poignet. Son regard se fit à la fois sérieux et inquiet.
« Qu'est-ce qui se passe, Mione ? Quelque chose ne va pas ? »
Hermione le regarda, serra les dents, puis soupira.
« Avec Ron, on… on s'est disputé. »
Harry raffermit sa prise sur son poignet, mais avec douceur.
« A quel sujet ? »
Elle détourna les yeux. Il l'attira vers lui et la fit asseoir sur le siège à côté du sien.
« Malefoy. Ron s'est mis en tête que… Oh, peu importe. »
Elle se dégagea. Harry fronça les sourcils et se leva à son tour. Il la rattrapa avant qu'elle n'ait le temps de se cacher derrière une quelconque conscience professionnelle.
« Non, Hermione, c'est important. Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Rien, protesta-t-elle. Malefoy m'a invitée à déjeuner une ou deux fois, pour qu'on discute de… de tu-sais-quoi, et Ron… Tu connais Ron, il se fait des idées, il garde tout pour lui, jusqu'au jour où ça explose. »
Des larmes silencieuses roulèrent sur ses joues. Elle baissa les yeux. Harry ne répondit pas, mais il l'attira contre lui. Elle se laissa aller sur son épaule. Elle avait envie de pleurer toutes les larmes de son corps, mais elle savait que ça ne servirait à rien. Hermione pensait trop rationnellement, et parfois, elle maudissait son esprit trop pragmatique. Elle se sentait ridicule. Toute cette histoire était ridicule. C'est ce qu'elle avait essayé de faire comprendre à Ron, mais il était trop buté. Elle n'avait jamais envisagé qu'il puisse ne pas lui faire confiance, et… et elle en avait été blessée. Tellement blessée...
« Il va se rendre compte qu'il s'est trompé, lui fit Harry avec douceur. Il te connait. Il a agi sous le coup de la colère.
- Je sais. »
A ce moment, Anita revint. Avec Malefoy. Hermione se crispa légèrement, et se contenta d'un « Bonjour, Malefoy » poli. Le blond détailla une seconde la scène qu'il avait sous les yeux, puis dut considérer que cela n'avait aucune importance.
« J'ai trouvé ! » s'écria-t-il.
Il avait l'air euphorique. C'était suffisamment rare pour être noté. Ses yeux brillaient, et pour une fois, ses cheveux n'étaient pas impeccablement plaqués sur son crâne. Hermione chercha Anita du regard et sourit quand elle vit que la jeune femme s'était éclipsée pour les laisser seuls. Cette assistante était une perle.
« Trouvé quoi ? marmonna Harry.
- Le médaillon ? » demanda Hermione, en se tournant vers Malefoy.
Malefoy acquiesça d'un air triomphant.
« L'amulette d'Orcan, pour être précis, » compléta-t-il.
Il tira de sa poche un livre rapetissé. Harry haussa un sourcil méfiant.
« Je ne veux pas savoir où tu as été pêcher ce bouquin, Malefoy. »
Malefoy haussa les épaules et d'un coup de baguette, le livre reprit sa taille normale.
« Un livre pour enfant ? » s'étonna Hermione.
Harry écarquilla les yeux.
« Mais qu'est-ce qu'ils ont tous à mettre les infos dans les contes pour les gamins ? » grommela-t-il.
Malefoy l'ignora et se tourna vers Hermione.
« C'est Lyra qui a trouvé. »
Hermione acquiesça lentement, et un sourire lui monta aux lèvres. Peut-être que toute cette histoire apporterait quelque chose de bon, en fin de compte. Malefoy leur présenta à la page du Conte du roi Orcan, et Harry et Hermione se penchèrent sur les petits caractères et lurent avec attention. Hermione lisait très vite. Question d'habitude. Elle releva rapidement la tête, un bon paragraphe avant Harry.
« Tu crois vraiment que…
- Tout y est, lui répondit Malefoy.
- De la kryptonite version sorcier, fit Harry, » l'air éberlué.
Malefoy le regarda en haussant un sourcil interrogateur, l'air perplexe. Hermione eut un sourire amusé.
« C'est quoi la krippe tonique ? » demanda-t-il.
Un bref éclat de rire échappa à Hermione.
« Rien. Une comparaison stupide. Qu'est-ce qu'on fait maintenant ? »
Harry avait l'air de se poser la même question. Son expression ébahie avait laissé place à une impassibilité toute professionnelle.
« Ce sera plus difficile que ce que je croyais, marmonna-t-il après quelques minutes de réflexion. Si ce médaillon a le pouvoir de manipuler les gens, on risque d'avoir des dommages collatéraux. »
Malefoy, aussitôt, se rembrunit. Hermione se méfia de la lueur qui s'alluma dans son regard.
« Vous savez où est ce médaillon depuis le début. »
Il était en colère. Ça ne se voyait pas beaucoup. Il était un peu plus pâle et ses yeux brillaient étrangement. Mais sa voix était parfaitement égale. Un Malefoy en colère dans son bureau était bien la dernière chose que souhaitait Hermione. Elle échangea un regard entendu avec Harry.
« Il ne vous est pas venu à l'esprit de me mettre au courant ? grinça Malefoy d'une voix pleine de fureur contenue. Vous n'avez pas pensé que ça pouvait peut-être m'intéresser ? »
Harry soutint le regard de Malefoy.
« Je t'ai déjà dit qu'on ne pouvait rien te dire, » le défia-t-il.
La pièce se chargea de tension. Les deux hommes ne se quittaient pas du regard, et Hermione songea une seconde à les stupéfixier tous les deux, avant que ça ne dégénère. Elle comprenait Malefoy. A sa place, elle n'aurait pas voulu non plus qu'on lui cache des informations aussi importante sur une affaire qui la touchait personnellement. Mais elle ne pouvait pas en vouloir à Harry. C'était son travail, et il avait des ordres.
Finalement, elle avança et se plaça entre eux.
« Arrêtez. Ça ne nous mène à rien.
- Tu aurais pu me mettre au courant, » gronda Malefoy d'une voix dangereusement basse.
Elle se sentit vaciller sous l'effet de l'accusation. Mais elle tint bon.
« J'aurais pu, concéda-t-elle. Mais ça aurait tout compliqué. »
Elle se tourna vers Harry.
« Je pense qu'on peut lui dire. Il est impliqué là-dedans lui aussi, plaida-t-elle. Il a le droit de savoir. »
Harry défia Malefoy du regard encore quelques secondes. Puis il accepta. La tension ne se dissipa pas pour autant.
« Où est-il ? » demanda Malefoy.
Hermione se tourna vers lui. Elle riva son regard au sien et lâcha :
« A Poudlard. »
