Bonjour tout le monde !

J'espère que vous allez toutes très bien en cette nouvelle année.

Je tenais à vous présenter tous mes voeux. Sans trop m'étendre parce que je ne suis vraiment pas douée avec ça mais, si j'avais quelque chose à vous souhaiter, et bien .. Que la vie vous sourît de la meilleure manière qui soit, tout simplement.

Bonne année, les enfants.

Je réponds de suite aux reviews des non-inscrites, ainsi qu'à cette chère Alextyty qui a désactivé ses MPs.

Alextyty : Hey Miss. Bon, ben t'as désactivé les messages privés, et du coup j'ai pas pu te répondre directement. Je suis toujours aussi contente que ça te plaise ! Mais par contre je vois pas de quoi tu parles quand tu dis que j'avais promis la suite de LCLH le lendemain de mon poste ? J'ai fait ça ? ÔO. Désolée si oui, j'ai dû me méprendre. Mais un peu de patience, je vais bientôt poster sur LCLH. ) Réactivetes MPs, comme ça je pourrai te répondre directement, la prochaine fois. :) Prends soin de toi en attendant, tu veux ? Peace.
Ilonka : Hey ! Oui Miss, Rose est bien enceinte. ^^ Je t'ai grugée dans ma dernière réponse, pour ne pas vendre la mèche à tout le monde. Désolée. :| Mais oui, en tout cas, Bella reprend des forces. :) Prends soin de toi. Peace.
Littleangelordevil93 : Mais c'est moi qui te remercie. ) Prends soin de toi !
MrsShaly : Hey ma Belle. Comment tu vas depuis tout ce temps ? T'en fais pas pour ton « absence », c'pas grave. Je comprends. Ouais, bien sûr que ça se passe bien avec la famille de Bella. & Puis, elle et Emmett ont toujours été complémentaires. :) Tu verras, en tout cas, ce qu'il en est pour ce qui est de Bella et ses jambes. Prends soin de toi, veux-tu. Peace !
Lili : Haha ? Moi ? Sadique ? Je ne crois pas non.. Je ne suis pas comme ça. *Siffle* Voilà la suite que tu attendais ! Je n'ai pas été super super longue, t'as vu ? :) Je te souhaite une bonne lecture, en tout cas ! Prends soin de toi, aussi. Peace.
Ness : Je suis toujours aussi contente que ça te plaise, tu sais ? Mais de là à dire que tous les chapitres sont supers.. Euh.. Joker, hein ! ^^ En tout cas, voici la suite que tu attends. Prends soin de toi et à la prochaine. :) Peace !
Cs85 : & Bien, la suite est là ! En espérant qu'elle te plaise.. Peace ! :)
Joulay : Tiens ma Belle ! Arrête de t'exciter, voilà le chapitre. ^^' Tu remarqueras que j'ai pris seulement trois semaines, hein.. C'pas mal, si tu veux mon avis. Prends soin de toi en tout cas, et pis ben.. Peace !
Lisa : Hey ma Belle. :) Cette grand-mère Swan a tellement plu.. *L'ironie ? Le sarcasme ? Non, jamais entendu parler* Heureusement que Garrett et Sheryl sont là pour remonter le niveau, hein ? :) Emmett et Bella.. Barf, rien à dire, c'est eux, quoi. ^^ Je suis contente qu'ils te plaisent ! Pour Rosalie.. On voit le pourquoi de la réaction d'Emmett dans ce chapitre. :) Alors bonne lecture, et prends soin de toi ! Peace.
Laura : Ah, une nouvelle lectrice. :) Heureuse que cette fiction te plaise, vraiment ! Tous ces compliments m'ont presque faite rougir. Ce n'est pas objectif. Ou alors on parle pas de ma fiction, là. ^^' M'enfin, quoi qu'il en soit, je suis très contente que ça te plaise. Voilà la suite que tu attendais. & Puis si tu suis cette fiction .. & Bien ça me va très bien ! Peut-être à une prochaine, dans ce cas. Bonne lecture. Prends soin de toi, peace !
Aussidagility : En effet.. Bella ne va pas le laisser faire. Surtout que, il ne faut pas l'oublier, Rosalie est sa meilleure amie. On verra bien ! ^^ Prends soin de toi, en attendant ! Peace.
Amelie-Flo alias Florica : Haha ! Pourquoi me suis-je arrêtée là ? Très bonne question. Sûrement mon côté cruel refoulé qui s'est allié à mon sadisme naturel. :D M'enfin, tout ça, ça arrive pas très souvent, n'aies crainte. Tu verras pour Emmett et la grossesse de Rose ! La suite est là, avec la continuité, cette fois.. ^^ Prends soin de toi, en tout cas ! Peace.
Jessica :*Hum Hum* Talent : Nom masculin. Sens 1 ; Disposition, aptitude, capacité naturelle ou acquise dans un domaine ou une activité. Sens 2 ; Don, aptitude remarquable. Tu conviendras que ces deux définitions ne ressemblent pas. Je n'ai donc pas de talent. *Faussement déçue* On arrête d'en parler maintenant, hein ? Haha. En tout cas, je te souhaite une bonne lecture. :) Peace !
Carlie : Hello ! Ah, et bien écoute je suis très contente que cette fiction te plaise, et ce malgré la nuit blanche que tu as passée devant. ^^' Dors, t'en fais pas, elle va pas s'envoler. ^^ Heureuse que ma reprise des persos te plaisent, en tout cas. :) A plus tard, peut-être. Prends soin de toi, peace !
Mamadu55 : Voici la suite tant attendue.. & Ne me vouvoies pas, par pitié. x) Bonne lecture !
Netnet : & Bien Miss, ta review m'a fait super plaisir, vraiment. Comme je l'ai déjà dit, cette histoire n'aurait pas grande importance sans de merveilleuses lectrices telles que vous. Merci à toi, à vous, d'être là, et de suivre les MAJ. Vous êtes géniales. Encore un énorme merci, pour ton commentaire qui m'a grandement remonté le moral en cette journée si sombre. Prends bien soin de toi, veux-tu. Peace.

& Oui, si on active pas ses MPs, même en tant que membre FF, je ne peux pas vous répondre via le site. M'enfin, je vous réponds quand même.. :)

En parlant de ça, je tenais à dire quelque chose. J'ai réalisé plusieurs petits trucs sur ma propre personne en parlant avec quelques filles, et notamment Lilichou Pattsy, qui m'a fait réaliser que ne répondre aux reviews.. C'est vraiment irrespectueux. Donc je tenais à m'excuser, sincèrement, pour toutes les reviews auxquelles je n'ai pas répondues, dans le passé. & Ce malgré les conditions, et autres excuses valables ou pas que j'avais à ce moment là. Vraiment désolée. On va gentiment essayer de se reprendre, dans cette année 2012.

Maintenant, une fois que ça c'est dit, je voulais aussi vous remercier pour votre élan d'attention, lors du dernier chapitre. J'ai revu certaines d'entre vous alors que ça faisait longtemps, à croire que vous aimez bien les fins sadiques. & Un bienvenue à toutes les nouvelles, aussi.

Je vous laisse à votre lecture, désormais. Tout en adressant un merci à particulier à Delphine, ma Bêta. Sûrement l'une des meilleures.

Un coucou à Wissam, Elodie B., Claire, et bien sûr Ninie, mon associable.

Une fois n'est pas coutume.. Les personnages de cette histoire ne m'appartiennent pas, mais sont bien à Stéphenie Meyer. Seul le contexte est signé Liisa's.

Sur ce bonne lecture & ..

Hakuna Matata ! ;)

PS ; Si vous rappelez pas de qui est Démétri.. Un petit saut au chapitre 11. ;)


Point de vue Bella

- Je t'assure Carlisle, ça va mieux.
- Tu as repris un peu de poids ?
- Presque trois kilos.

J'entendis le médecin légèrement soupirer à l'autre bout du fil.

- Tu fais attention à ce que ça ne s'arrête pas là, d'accord ?
- Je te le promets.
- Comment va ton frère ?

Je regardai le côté du matelas qui appartenait à mon frère, avant de fermer les yeux.

- Il va bien. Il dort, en ce moment.
- D'accord.
- On se voit bientôt, de toute façon. On revient dans la semaine.
- Vous nous manquez.
- Vous nous manquez aussi.
- Bonne journée, ma puce. Prends soin de toi, d'accord ?
- C'est promis. Passe le bonjour à Esmée pour moi. Bonne journée, Doc.

Je raccrochai lentement, laissant tomber le mobile sur le matelas alors que l'on frappait à la porte de la chambre dans laquelle j'étais.

- Oui ?

La porte s'ouvrit sur Sheryl, qui me fit un petit sourire en s'approchant du lit. Elle s'assit au bord de celui-ci, avant de me tendre une espèce de gobelet en plastique, recouvert d'aluminium avec une paille dépassant de dessus. Je reconnus tout de suite ce dont il s'agissait.

- Je t'ai pris ça, à l'hôpital, tout à l'heure. Ca t'apportera tout ce dont tu as besoin, niveau nutriment et autres protéines. Ca ne vaut pas un vrai repas, mais ça te fera aller bien pour le moment. C'est assez épais à boire, tu vas prendre du poids, me dit-elle en me mettant la boisson dans la main.
- Je sais ce que c'est, lui avouai-je. On donne généralement ça aux personnes atteintes du cancer qui ont du mal à se nourrir face à leur chimio.

Ma tante me regarda bizarrement suite à ma phrase.

- Ma mère en buvait, au début. Quand elle a essayé de se battre.

Sheryl fit la moue.

- Désolée, je ne savais pas.
- Ce n'est rien. Elle disait que c'était bon, souris-je faiblement.

Ma tante m'observa avec tendresse, alors que mon regard déviait sur mon téléphone, à nouveau.

- Toujours aucune nouvelle ? Questionna-t-elle.

Je relevai les yeux vers elle.

- Non. Mais je sais qu'il va me contacter.
- Peut-être que tu devrais..
- Il le fera, j'en suis certaine, coupai-je. Je le connais.

La sœur de mon père n'ajouta rien, se contentant de caresser mon poignet avec délicatesse.

- Essaie au moins de sortir de cette chambre. Ne te prends pas la tête pour ça trop longtemps. T'enfermer dans cette pièce ne t'apportera rien, Bella. Viens manger avec nous..
- Je n'ai pas faim, argumentai-je. Peut-être que je viendrai tout à l'heure.
- Ca fait trois jours que tu dis ça.
- Tout à l'heure..

Sheryl me regarda longuement, et je m'enfonçai à nouveau dans mon lit vide, remontant la couverture sur mes épaules pour chercher un peu de chaleur. Ma tante resta quelques instants, avant de finalement se lever, et de partir après avoir déposé un baiser sur ma tempe. Elle ferma doucement la porte, me laissant seule avec mes pensées. Mes doigts allèrent d'eux même jusqu'à mon mobile, et j'appuyai sur une touche afin que l'écran s'illumine. Il était 19h48, et je n'avais pas bougé de ce lit de toute la journée. Je ne l'avais pratiquement pas fait depuis trois jours en fait. J'avais d'abord espéré trouver un peu de chaleur en ne bougeant pas de là, avant de finalement me rendre à l'évidence.. Ce lit serait toujours aussi froid, sans Emmett.

*.~oOo~.* 3 JOURS PLUS TÔT *.~oOo~.*

Je refermai brutalement la porte de la chambre que j'occupais alors qu'Emmett me regardait toujours.

- Qu'est ce qui y a, enfin ? Questionna mon frère en me voyant dans cet état d'énervement.
- Ne fais pas l'innocent, claquai-je. J'en reviens pas que tu aies pu faire ça !
- Mais enfin de quoi tu parles ?
- Arrêtes d'agir de cette façon ! On dirait ta mère ! C'est horrible ! Ne me dis pas que tu ne sais pas de quoi je suis en train de parler ! Je viens d'avoir Irina au téléphone! Devine qui est en train de pleurer dans son salon parce que son fiancé n'assume pas de l'avoir mise enceinte ?

Emmett écarquilla les yeux en m'entendant dire ça. Il tourna le regard vers la fenêtre, semblant observer les autres s'amuser dehors, alors que le barbecue suivait toujours son cours dans le jardin.

- Comment t'as pu faire ça, Em' ? Comment t'as pu te casser comme ça ?
- Tu avais besoin de moi, dit-il en se tournant pour me faire face.
- Pas plus que Rosalie ! Ne te sers pas de moi comme excuse ! Criai-je presque.
- Bella..

Mon frère tenta de s'approcher de moi, mais je le repoussai. Emmett fut visiblement choqué face à ça, moi qui ne l'avais jamais esquivé d'une quelconque manière que ce soit.

- N'essaie pas de me prendre dans tes bras pour me faire taire. Je ne suis pas de ton avis, sur ce coup, Emmett ! Tu as laissé ma meilleure amie toute seule en n'assumant pas du tout sa grossesse ! Elle n'a pas fait ce bébé toute seule ! Tu ne peux pas la rejeter !
- Mais j'ai rien voulu de tout ça, moi ! Argumenta-t-il.
- Parce que tu crois qu'elle l'a voulu, elle ? Pas plus que toi ! Sauf que elle, elle peut pas se casser loin en ne disant rien à personne, pour oublier qu'elle est enceinte ! Comment tu aurais réagi, si ça avait été moi ? Si ça avait été moi et qu'Edward se défilerait ? S'il m'avait laissée seule face à tout ça ? Seule et enceinte ?
- C'est différent, je ne savais pas..
- Ce n'est différent en rien du tout ! Comment tu peux avoir fait ça ? C'est ta fiancée, putain !
- J'aime Rosalie ! Mais je n'ai rien demandé de plus ! On va se marier, déjà, j'ai pas demandé à fonder une famille maintenant !

Je voyais très bien que mon frère était en train de s'énerver lui aussi.

- Mais c'est un accident ! Ca arrive ! Maintenant t'as juste à assumer et être présent à ses côtés ! Mon frère baissa les yeux, et je le regardai, interdite en comprenant. Je lui demandai cependant pour me rassurer.
- Tu vas y retourner, pas vrai ? Tu vas assumer ce bébé ?

Emmett garda la tête basse un moment, et je l'entendis chuchoter.

- Je ne veux pas de ce bébé.. Je ne sais pas où j'en suis. Je suis perdu.

J'écarquillai les yeux, choquée de ses paroles. Mon frère releva le regard, les larmes au bord des yeux.

- Je suis désolé, Bella.. Juste que je..
- Tu n'as rien compris de tout ce que je t'ai raconté, pas vrai ?

Emmett me fixa, pas sûr de voir là où je voulais en venir.

- Quand je te racontais ce que c'était de grandir sans de vrais parents, tu n'écoutais pas, c'est ça ? Quand je t'ai dit que vivre dans un orphelinat n'était pas l'enfance rêvée.. Tu étais où ? Tu crois sincèrement que ce qu'a fait ta mère, c'est bien ? Abandonner un bébé sous prétexte qu'elle n'en voulait pas .. ? Le laisser grandir loin de sa vraie famille pour pouvoir être heureuse et vivre dans son coin.. Tu crois que c'est bien pour un ou une gamine ? C'est ce que tu veux, Emmett ? Abandonner ton bébé ? .. Faire comme ta mère ?

J'étais effrayée par mes propres paroles alors que mon frère me regardait fixement.

- Tu n'es pas elle, Emmett. Tu ne peux pas faire ça. Quand bien même Rosalie déciderait de garder ce bébé, sans toi.. Il lui faut un père. J'avais besoin de Charlie, moi.. Je te laisserai pas ruiner l'enfance de ton gosse. T'as pas le droit de laisser naître un bébé pour l'abandonner ensuite.
- Bella, c'est différent. Je suis là pour toi. Je te lâcherai sous aucun pré..
- Je lâcherai pas ce bébé, Emmett. Je sais ce que c'est, affirmai-je alors que les larmes me montaient aux yeux. Je sais à quel point ça fait mal, de ne pas être entourée comme on le voudrait. De ne pas avoir de famille. Je lâcherai pas mon neveu ou ma nièce.. Même si tu n'es pas là. Je ne lâcherai jamais ce bébé. Si je le faisais, je me pardonnerai pas.

Mon frère me regarda, blessé par mes paroles.

- Je veux pas que ce bébé finisse dans un orphelinat, ou ne soit élevé que par sa mère.. Qu'est-ce qu'il fera, si Rosalie tombe malade ? Si elle vient à mourir d'un cancer elle aussi.. Qui sera là pour lui ? Tu ne comptes peut-être pas être présent, mais je le serai. Je ne lâcherai pas ce bébé. Je jure sur ma propre vie que je ne laisserai ce bébé pour rien au monde. Absolument rien, Emmett.

A cet instant, nous savions tous deux que je comprenais également mon frère dans ces mots.

- Et j'espère sincèrement que nous serons côte à côte pour tenir cette promesse, mon frère.

Sur ces mots, je quittai la chambre, claquant la porte derrière moi sans réellement le vouloir. J'allai jusqu'au salon, laissant libre cours à mes larmes. Je sortis mon téléphone de ma poche avant de tomber sur une paire d'yeux chocolat. Elizabeth Swan me fixait, froide, comme à son habitude. Je n'y fis pas plus attention, enclenchant un appel. Après deux tonalités, j'entendis.

- Allô ?

Je sentis à sa voix que ça n'allait pas, alors, sans attendre, je lui dis.

- Rose.. C'est moi. Je.. Je voulais juste te faire savoir que.. Je serai là, Rosalie. Quoi qu'il arrive, quoi que tu fasses.. Je serai là. Je te le promets.

Après un instant où le monde sembla s'arrêter de tourner, j'entendis ma meilleure amie fondre en larme de l'autre côté, prenant conscience de mes paroles. Aussi mal que ça me ferait, je serai là.

*.~oOo~.* RETOUR AU PRESENT *.~oOo~.*

Quand j'étais revenue dans la chambre, vingt minutes plus tard, Emmett n'était plus là. Ni lui, ni plus aucune de ses affaires. Il avait seulement laissé un mot.

« Ne m'en veux pas, s'il te plaît. Je t'aime. »

Je fermai les yeux en me rappelant tout ceci. Ca faisait maintenant trois jours que je n'avais pas de nouvelles. J'avais décidé de repartir dans deux jours, trois tout au plus. Avec ou sans mon frère. Même si tout le monde savait ici que je n'attendais que lui.

Point de vue Emmett

Salut sale con qui me répond pas !

Tu crois sérieusement que je vais arrêter de t'écrire sous prétexte qu'on se connaît pas, qu'on s'est rencontré dans les chiottes et qu'en plus de tout ça tu ne daignes pas me répondre ? Rêve ! Je suis un gars qui aime écrire, un vrai ! Alors je vais pas te lâcher. Comme je te le disais dans mes dernières lettres ( Oui, oui, celles auxquelles tu n'as pas répondu, enfoiré ! ), je me demande souvent ce qui s'est passé depuis la dernière fois ? T'as fait quoi, du coup ? T'as pris l'avion avec ta mère ou t'es resté gentiment à Seattle, pour retourner avec ta petite sœur ?

Tu te rends pas compte, toi. C'est comme si j'avais commencé un livre, et qu'on m'avait coupé la fin au moment du suspens, tu sais. C'est d'autant plus frustrant quand tu sais que je lis jamais de livre, et que les rares fois où je le fais je les commence par la fin, histoire de voir si le héros il meurt ou non.. Je me souviens que mon coloc' lisait Harry Potter, c'était un fan. Il s'était battu pour avoir le livre, le dernier là.. le 7, le jour de la sortie malgré les queues de ouf qu'il y avait dans les librairies. Quand il était rentré le soir, il s'y était tout de suite mis.. Un vrai fou. Bah moi j'ai attendu qu'il aille à la douche, j'ai pris son bouquin, j'ai lu la fin, genre les cinq dernières pages, et quand il est sorti, je lui ai tout raconté. Je me rends compte aujourd'hui que c'est vraiment dégueulasse de faire ça, mais sur le coup ça m'avait vraiment fait marrer ! Par contre, c'est à cause de ça qu'il a quitté la coloc.. Rageux, pff. Enfin bref, là n'est pas la question ! Qu'est-ce que t'as foutu ? T'es à Seattle, à Jacksonville ? Avec ta mère, ta sœur ? Sister, mother, mother, sister ? J'attends la suite de cette histoire, putain. T'assures vraiment pas, toi. Les gars des pipirooms, c'est plus ce que c'était. ( Cette phrase sonne suspect, non ? )

M'enfin..

Sinon, moi, j'en suis toujours au même point. Si tu savais comme ça m'dégoûte, ici. Les paysages sont moches. Le soleil est présent, mais j'ai même pas l'impression que c'est un beau soleil, tu sais. C'est comme si qu'il éclairait que la crasse, et les horreurs qui se passent ici.. Ma famille me manque, c'est un truc de malade. Je donnerai tout pour être en train de faire la vaisselle pendant que ma chérie serait en train de parler avec ma sœur, à l'heure qu'il est. Faire la vaisselle, quoi. C'est pour te dire à quel point c'est horrible ici. De plus, je ne suis même pas là pour la grossesse de Kate. Ma petite chérie doit déjà avoir un petit ventre, du haut de ses quatre mois de mutation.. Elle devrait savoir si c'est un petit gars ou une petite poupée à la fin de la semaine, normalement. J'ai hâte. Et honnêtement, en même temps je suis triste d'être ici, alors qu'elle sera toute seule pour l'échographie. Enfin seule.. Y'aura ma sœur, quoi. Mais c'est pas pareil.

Mais bon, je me console en me disant que je rentre dans quatre semaines. Putain, j'ai même trop hâte ! Tu te rends pas compte.. J'ai eu mon quota d'horreur pour toute ma vie, je crois.

La semaine dernière, j'ai perdu un de mes meilleurs amis.. Et les autres ont beau me dire que c'est pas le cas.. Je sais que c'est de ma faute. Je me suis laissé distraire par cette fille qui pleurait.. Elle ressemblait tellement à ma sœur. Les mêmes cheveux, les mêmes airs que Mona. Ca m'a choqué, et j'ai pas vu le gars qui sortait son AK – 47 à côté de Pitt. Il est sorti de nulle part, et avant même que j'ai pu tourner la tête, ou crier pour dire à Pitt de se retourner, il avait déjà tiré. Mon pote est mort dans mes bras.. Je l'ai vu rendre son dernier souffle. Je crois que c'est la pire chose qu'il m'ait jamais été donnée de vivre. Y avait du sang partout, et même si j'ai pu prendre une douche après qu'on l'ait transporter au camp.. J'ai l'impression que j'en ai encore partout. Je sais pas quoi penser, de tout ça. J'aurais jamais du m'éterniser devant cette gamine.. Mais c'était le portrait craché de ma sœur. Je veux pas voir ma sœur ici. Elle doit pas s'approcher de la guerre, de près ou de loin. C'est pour ça que j'ai voulu faire ça. Pour qu'elle n'ait jamais à vivre ça.

Enfin.. Je reviens dans un mois, ça va aller. Je te jure qu'une fois que je rentre, je ne repars plus jamais que ce soit sans elles. Ma sœur, ma chérie, et bientôt notre bébé. Jamais je pourrai. Je veux vivre sans guerre.. C'est peut-être con à dire, mais je veux vivre en paix avec tout le monde. Trop de guerres ont déjà eues lieu.. Sérieusement, mon gars, t'engage jamais dans l'armée, c'est pas un truc à faire. C'est p't'être bien de défendre le pays, et tout.. Mais quand tu vois le pays qui nous oublie au fin fond de chez pas d'où.. C'est blasant.

Quoi qu'il en soit, j'espère que tu me répondras. Et au pire si tu le fais pas, dis toi que j'habiterai de nouveau Jacksonville d'ici quatre semaines.. ( Ouais, ma sœur a bougé pour la Floride, elle voulait un neveu ou une nièce bronzée.. *Blasé* ), donc si t'es chez ta mère, ou pas, on pourra se voir. Tu me retrouveras facilement. Démétri.. Démétri O'Laughlin. Ma sœur a le même nom que moi, au pire, si tu la trouves elle.. Ca me ferait plaisir de te revoir.

En attendant, prends soin de toi. Prends soin de ta famille, qu'importe de qui elle soit composée, d'accord ?

A la prochaine, pauvre con. On se reverra t'façon, je te traquerai.

Tchouuu.

Je souris sur la fin de la lettre, relevant finalement la tête. Démétri m'avait envoyé ce courrier cinq semaines auparavant, apparemment. Oncle Garrett m'avait donné tout un tas de lettre, dimanche. Le transfert de courrier se serait visiblement mal déroulé, et Garrett avait reçu mes lettres à ma place. Le gars que j'avais rencontré il y a des mois, désormais, dans le pipiroom, m'avait finalement écrit. Et ce, depuis le début.

- Voilà, vous êtes arrivé, jeune homme, entendis-je.

Je sortis de mes pensées pour observer dehors.

- Ca fera 34 dollars et 42 cents.

J'attrapai deux billets de vingt dollars dans ma poche, avant de les tendre au chauffeur.

- Gardez la monnaie, lui dis-je.
- Merci. Bonne soirée.
- A vous aussi.

Je fermai doucement la portière derrière moi, alors que le taxi s'en allait déjà. Je posai les yeux sur le pavillon, en face de moi. J'étais finalement revenu dans cette ville. Jacksonville. Après trois jours de vagabondage dans les alentours de Columbia, j'étais arrivé là. Devant ce pavillon. Celui de Mona O'Laughlin.

Sans hésiter, j'avançai vers le petit perron, et grimpai les marches de celui-ci, mon sac de sport toujours sur l'épaule. Je rangeai mon téléphone, prenant soin de refermer la page de Google Maps. Je frappai contre la porte de bois à trois reprises, doucement. J'entendis rapidement des pas à l'intérieur, et ne pus m'empêcher de sourire d'anticipation. La porte s'ouvrit alors sur une petite brune, aux cheveux bouclés et à la peau plutôt mate.

- Oui ? Questionna-t-elle sans attendre.

Je ne pus m'empêcher de remarquer les cernes sous ses yeux.

- Je.. Je cherche Démétri. Démétri O'Laughlin. Il habite ici ?
- Vous êtes qui ?
- Je.. Emmett. On s'est rencontré, lui et moi, un peu avant qu'il embarque.. Je me suis dit que ce serait cool qu'on se revoit.

La fille en fasse de moi sembla se fermer, alors que je lui tendais la lettre que je tenais toujours entre mes doigts, telle une preuve.

- Il m'a écrit.
- Mona ? C'est qui ?

Une seconde femme, blonde, apparut. Une femme enceinte. Je ne pus m'empêcher de penser à Rosalie face à cette vision, mais me reprit bien vite lorsque la petite sœur de Démétri dit.

- Kate, va t'allonger. Tu sais très bien qu'il vaut mieux que tu restes au lit, en ce moment.
- C'est.. C'est l'écriture de Démétri, remarqua la seconde femme, tendant les doigts vers ma lettre.

Mais la petite brune lui attrapa l'épaule, l'arrêtant avec douceur. Celle qu'elle appelait Kate tourna la tête vers elle, les larmes aux yeux.

- Mona.. C'est son écriture. C'est l'écriture de Dem, hein ?
- Oui. Mais maintenant, s'il te plaît, va t'allonger. Viens, je vais t'aider.

La petite sœur du militaire enroula son bras autour de celui de Kate, tentant de la faire avancer.

- C'est l'écriture de Dem.. Mona..
- Je t'en prie, Kate, viens.

La brune réussit finalement à la faire rentrer, et je l'aperçus l'accompagner dans le couloir. Je n'osai pas rentrer sans son autorisation, et attendis sur le pas de la porte, me posant toutes les questions du monde face à la scène qui venait de se dérouler sous mes yeux. Après quelques instants, cependant, j'aperçus depuis là où je me tenais la sœur de Démétri revenir dans la salle à manger, commençant à ranger quelques trucs, les épaules basses alors que son regard semblait vide de vie.

- Son contrat a été prolongé ? Quémandai-je.

La brune releva les yeux vers moi, se rappelant vraisemblablement ma présence.

- Entre, je t'en prie. Referme la porte derrière toi.

Je fis ce qu'elle me dit, avant de finalement l'observer à nouveau, attendant une réponse.

- Mon frère m'a parlé de toi, dans ses lettres. Le gars de Seattle ? Rencontré dans les toilettes ?
- Ouais, c'est ça, souris-je légèrement.
- Il n'arrêtait pas de dire que tu n'étais qu'un enfoiré qui ne voulait pas lui dire avec qui il était reparti, en fin de compte.

Mona sourit légèrement, observant un point sur le sol, le regard brillant.

- Où est-il ? Demandai-je. Où est Dem ?

La jeune fille posa les yeux sur moi un quart de seconde, avant de finalement se remettre à bouger, ramassant un tissu qui jonchait le sol, arrangeant les coussins du canapé. Elle s'arrêta un instant, tourna la tête vers moi sans pour autant me regarder, alors que sa bouche prononçait difficilement ces mots.

- Démétri a été tué au combat, il y a deux semaines. Une ronde qui s'est avérée foireuse. Il a apparemment pris trois balles, dont une en plein dans la cage thoracique.. Il n'a pas survécu.

Je sentis mon sourire s'effacer en même temps que les paroles de Mona se répercutaient dans mon esprit. Démétri était mort ? Non, ce n'était pas possible. Il m'avait écrit il y a moins d'un mois. Il allait bien. Il allait rentrer. Ce gars ne pouvait pas mourir comme ça, alors que toute sa vie l'attendait.

- Mais.. Il ne peut pas.. Sa femme.. Le bébé.. Il allait rentrer.

Mona sourit de manière sarcastique alors qu'elle nettoyait le plan de travail.

- Il était à une semaine, sept jours, de prendre l'avion et de revenir au pays. Encore une semaine. Il aurait dû rentrer vendredi dernier.. Mais à la place, nous avons eu droit à la visite d'un représentant, là.. Un militaire lui aussi. Il nous a sorti deux ou trois phrases d'usure, en essayant de nous faire croire qu'il compatissait.. Qu'il aille se faire foutre. Qu'ils aillent tous se faire foutre. Ils m'ont pris mon frère, alors qu'eux étaient tous en train de rien foutre dans leur bureau, à boire leur café tranquille.. Mon frère a fait la guerre pour le pays, et quoi ? On nous sort deux – trois phrases de routine ? Histoire de dire qu'on est touché ? Ca me dégoûte. Démétri a été enterré avec les honneurs il y a une semaine et demie..

Je regardai la jeune femme, qui tentait de cacher ses larmes à travers sa haine. Je me sentis désemparé, face à ce qu'elle me disait. Mes pensées allant toutes vers Démétri, et cette famille à peine reconstruite qu'il laissait derrière lui. Cette femme enceinte..

- Pourquoi tu restes là ? Ne pus-je m'empêcher de demander. Dans cet état ? Je veux dire.. T'as juste l'air de vouloir laisser tomber.

A nouveau, la fille en face de moi eut un rictus.

- Et quoi ? J'ai pas le droit de faire ça. Je peux foutrement pas me permettre de le faire.
- Mais pourquoi ? T'as plus rien qui te rattache, ici !
- Mais t'es complètement con, ou quoi ? Tu crois sérieusement que je vais laisser la fiancée de mon frère dans cet état ? Toute seule ? Elle est enceinte, au cas où t'aurais pas remarqué !
- Et alors ?

Mona releva les yeux vers moi, interdite. Mes paroles étaient un peu brutales, c'était vrai. Etrangement cependant, j'avais besoin que quelqu'un compatisse, que quelqu'un fasse comme moi. Qu'elle laisse tomber, elle aussi.

- Et alors ? Répéta-t-elle. C'est le fils de mon frère, qu'elle attend. Tu crois réellement que je vais la laisser, alors qu'elle est toute seule, après avoir perdu celui qu'elle aimait ? Après qu'elle vienne d'apprendre que son bébé n'aurait pas de père ? Tu crois honnêtement que je suis assez conne pour laisser la seule personne qui me raccroche à mon frère ? Ma meilleure amie, qui plus est ?

- Mais..
- Mon frère t'aurait craché dessus, en entendant tes remarques de débiles profonds ! Tu penses franchement que je peux laisser cette fille toute seule ? Alors qu'elle est la femme que mon frère aime. Que mon frère aimait ! Ce serait comme si je lâchais mon propre frère. Et s'il y a bien un truc que j'ai jamais fait de ma vie, et que je ne ferai jamais, c'est lâcher mon frère.
- C'est pas comme si c'était lui..
- Putain mais c'est son fils ! Démétri était déjà amoureux de ce bébé ! Je me suis attachée à ce gamin. Mon frère ne sera pas là pour assurer son bonheur, mais ça m'empêche pas de savoir que c'était tout ce qu'il voulait.. Je ferai ça pour lui. Je lâcherai pas le fils de mon frère.. Jamais. Ce bébé grandira en sachant qui était son père, je lui dirai, lui décrirai mon frère chaque jour durant.

La jolie brune me regarda avec rage, alors que j'étais figé par ses paroles. Celles-ci se répercutèrent en moi sans que je ne puisse rien y faire, mon cœur battant douloureusement face au rapprochement que je faisais avec ma sœur, et Rosalie.

- Ecoute.. Je préfère que tu t'en ailles. Démétri n'est pas là, et il ne reviendra jamais. Tiens, tu peux prendre ça, si tu veux. Je te le donne en souvenir !

Elle me jeta un tissu, que je reconnus très vite comme étant le drapeau de notre pays. Celui que l'on donnait lors des enterrements des hommes à qui l'on avait décerné les honneurs. Je relevai les yeux vers la jeune sœur du militaire.

- Tu ne devrais pas.. Ce drapeau est..
- Représente toutes les idées de ceux qui m'ont pris mon frère. Des idées que je ne comprends pas. Que je ne veux pas comprendre. Comme celles que tu viens de m'exposer. Va-t-en, s'il te plaît. Kate a besoin de repos, et je préfère que tu t'en ailles pour ça..

Je baissai le regard sur mon poing se serrant avec maladresse autour du tissu coloré. Mona passa à côté de moi, avant de m'ouvrir la porte d'entrée.

- Au revoir, Emmett Swan. Ca aurait réellement fait plaisir à mon frère, que tu viennes ici. Crois-moi.

Je bougeai sans un mot, m'arrêtant sur le pas de la porte, pour regarder une dernière fois Mona. Celle-ci détourna ses yeux, m'incitant à sortir, ce que je fis sans discuter. A peine fus-je sur le perron que la porte se ferma derrière moi, le courant d'air faisant bouger le drapeau qui pendait toujours dans ma main. Je fixai à nouveau celui-ci, avant de le laisser choir sur la balancelle qui se trouvait à côté.

- Repose en paix, vieux, chuchotai-je.

Je restai une seconde supplémentaire, avant de me décider à partir. Je descendis les quelques marches, et traversai la rue sans attendre. Je n'allai pas très loin, ne sachant pas réellement où me rendre. Je me contentai d'aller sur un banc, du parc d'en face. Mes yeux ne purent cependant pas s'empêcher de se poser sur la porte d'entrée, qui s'ouvrit près de dix minutes après mon départ. J'observai Mona sortir sous son porche, ses cheveux bruns détachés, cette fois, en bataille. Elle vérifia si j'étais parti, ne pouvant m'apercevoir de là où je me trouvais. L'obscurité de la nuit commençait à se faire bien trop présente, autour de moi.

Je vis cependant la sœur de Démétri se tourner vers la balancelle, avant qu'elle ne porte la main à sa bouche en remarquant le drapeau que j'avais laissé. Elle s'approcha doucement de celui-ci, le prenant dans ses mains avec faiblesse. Mona se laissa tomber doucement sur le sol, en tailleur, alors qu'elle portait le drapeau des USA à son visage que je devinais strié de larmes. Elle pressa celui-ci contre sa poitrine, et j'en compris qu'elle cherchait à apaiser la douleur que devait lui infliger son cœur. La petite sœur de Démétri baissa la tête, visiblement faible alors que ses épaules étaient secouées par ses sanglots. Je détournai les yeux de cette scène, alors que mes doigts se portaient instinctivement à l'emplacement de mon cœur. Il y a des blessures que l'on ne peut guérir..

[…]

Je relevai la tête alors que j'entendis un rire cristallin.

- Après t'as vu, Beth, comment il a fait ! J'ai même cru qu'il allait pas en revenir, qu'en fait c'était une fille ! Rigola un petit garçon.
- Non mais troooop ! Moi j'ai trop bien aimé la cocotte, avec les œufs de l'or, même.. Elle était trop joooulie ! Papa, on pourra l'avoir ?

La fillette releva la tête vers un homme âgé de vingt-cinq ans, tout au plus, alors qu'il tenait la main de la petite.

- Je crois pas que ça existe, ça, ma Chérie.
- Moi je suis sûre que si ! Sinon ils auraient pas pu la prendre avec la vidéo pour faire le film, hein ? Il faut des modèles de cocottes. Hein c'est vrai, Ty ?

Le petit garçon sourit en regardant la fillette, que je devinais être sa sœur.

- Peut-être.
- Non, pas peut-être !
- Pas peut-être, alors !

La petite éclata de rire alors que le garçonnet passait un bras protecteur autour de ses épaules. Le père sourit devant leurs gestes, les guidant jusqu'à leur voiture, sur le parking du cinéma de Jacksonville. Je détachai mon regard de cette petite famille, et bientôt je les entendis quitter l'aire de stationnement. Je relevai les yeux sur le vide laissé par la voiture. Repensant à ce père qui semblait si jeune.

Je ne pouvais pas. Je n'avais pas le droit de faire ça. Ce n'était pas bien. Envers Bella. Envers Rose. Envers nos familles. Je ne pouvais pas ne pas être là. Je ne pouvais pas laisser ce bébé venir au monde pour le délaisser ensuite. Il allait souffrir. Il allait souffrir comme Bella en souffrait.

Je ne pouvais pas m'éloigner de ma sœur, non plus. Je ne voulais pas qu'elle me laisse. Ce bébé ne devait pas faire obstacle, entre elle et moi. Il ne devait pas non plus représentait un obstacle, entre ma fiancée et moi.

Je repensai aux mots de ma petite sœur. « Comment tu aurais réagi, si ça avait été moi ? Si ça avait été moi et qu'Edward se défilerait ? S'il m'avait laissée seule face à tout ça ? Seule et enceinte ? ». Je l'aurais tué, sans l'ombre d'un doute. Mais Edward n'était pas un lâche. Contrairement à moi. J'avais beau faire la morale à Bella, je fuyais tout autant qu'elle. Je fuyais Rose, je fuyais même Bella. Je fuyais surtout ce bébé. Ce statut de parent que je n'avais jamais pu observer correctement.

Mais je ne voulais pas. Je ne voulais plus.

Je sortis mon téléphone de ma poche, avant de composer le numéro que mes doigts connaissaient d'instinct.

[…]

Point de vue Bella

« .. Isabella fête ses deux ans, aujourd'hui. Je lui ai fait un gâteau, une charlotte aux fraises. Elle n'a rien dit, ni même baragouiné, en le voyant. Mais quand elle a brièvement soufflé sur les bougies, aidée de James et Jacob, alors que ces deux-là l'entouraient si étroitement de leurs bras.. Elle a souri. C'était la première fois, que je la voyais sourire. Je pensais qu'un bébé ne pouvait pas rester autant de jours aussi muet, et inerte face à de telles tentatives pour le faire réagir mais.. Bella n'est pas un bébé comme les autres. Si je ne l'avais pas compris auparavant, je l'aurais encore compris aujourd'hui. Emma m'a passé un coup de fil, pour lui souhaiter son anniversaire. Ce n'était que quelques secondes, mais ça m'a fait plaisir. Beaucoup plus qu'à Isabella, apparemment. Elle me manque beaucoup, mais je sais que c'est mieux que l'on évite de se parler, pour le moment. C'est difficile, pour elle aussi, je le sais.

Tout à l'heure, quand j'ai vu James jouer avec Bella, sans un mot, j'ai pris conscience que ma sœur me manquait terriblement. James est assez turbulent, en réalité. Toujours en train d'embêter les autres, jouer bruyamment avec Jacob. Il n'est calme que quand je lui demande de l'être, mais quand il est avec Isabella, c'est différent. Ils étaient tous les deux dans la salle de jeux, et James jouait avec les nounours qu'elle aime tant, silencieux. Il avait juste ce petit sourire si malicieux qui lui appartenait si bien, alors qu'il regardait Bella avec attention. La petite le fixait lui aussi, dans son silence habituel. Quand Dean a tenté de rentrer, James l'a refroidi d'un seul regard. Comme s'il était une menace, un obstacle. Dean n'a pas cherché à comprendre, et est finalement reparti dans les couloirs. A ce moment, Bella s'est mise maladroitement sur ses petits pieds, à marcher les quelques mètres qui les séparaient, elle et James. Quand elle a trébuché, comme à son habitude, James l'a rattrapée d'un réflexe, avant de la coller contre lui, en sécurité. Il lui a fait un beau sourire, avant de déposer un petit baiser sur sa tempe, protecteur. James est différent, avec Bella. Je suis sûre qu'il donnera n'importe quoi pour elle, plus tard, si leur relation évolue dans ce sens. Elle est tout ce dont il a besoin pour être serein, et, étrangement, elle est plus ouverte, plus animée, quand il est là pour la rassurer. C'est étrange, mais je suis contente que ce soit comme ça. Ces deux-là se sont bien trouvés, et je pense que c'est une petite réussite, pour moi. Faire s'épanouir les enfants dans cet orphelinat est tout ce dont je rêvais. Tout ce dont nous rêvions, Emma et moi.. »

Je stoppai ma lecture, sans pour autant arrêter de fixer l'écriture de ma mère. J'avais beaucoup lu, au cours de notre séjour, et les allusions à Emma Jenkins étaient courantes. Béa en parlait sans le faire, comme si ça lui faisait mal de mettre des mots sur ce qui se passait, sur ce qui la blessait, visiblement.

Pour ce qui était de James et moi, par contre, c'était la première fois qu'elle prenait le temps de nous examiner de cette façon. Elle parlait souvent de nous, mais jamais comme un ensemble. Nous étions tous différent, à ses yeux, et c'était bien là la première fois qu'elle me mêlait à James et Jacob, ceux qu'elle avait déjà l'air d'apprécier tout particulièrement. Béa décrivait en effet, par ses mots, James comme étant difficile, avec les autres. En dehors de Jacob et elle, elle disait qu'il semblait refroidi à l'idée de nouer un quelconque lien avec qui que ce soit. Jusqu'à moi, aujourd'hui.

Mon cœur se serra douloureusement en pensant à mon frère aîné. Il me manquait, je devais l'avouer. J'avais presque du mal à me rappeler, désormais, pourquoi je lui en voulais. Cependant, quand ses paroles me revenaient en mémoire, je trouvais toujours que je m'en rappelais encore trop facilement, et que, de ce fait, je ne voulais pas encore pardonner.

Je fus sortie de mes pensées par ma sonnerie de téléphone, et attrapai le mobile en décrochant sans même faire attention au nom qui s'affichait à l'écran.

- Allô ? Dis-je lentement.
- Bella.. Bella c'est moi.
- Emmett ? M'étonnai-je en me redressant rapidement.
- J'aimerai que tu viennes.. Je crois que j'ai compris.. Je.. Je voudrais que tu sois là.
- Je.. Où est ce que tu es ?

Je dégageai déjà tout ce qui trouvait sur mon lit, posant le journal de ma mère sur la table de chevet alors que le pot de yaourt vide vola à travers la pièce.

- Je suis à Jacksonville.
- D'accord. J'arrive.
- Fais attention, il est tard.
- T'en fais pas.
- Je serai devant le Musée de Science.
- J'arrive.

Mon frère raccrocha, et je m'arrêtai une seconde dans ma précipitation. J'avais entendu à la voix d'Emmett qu'il n'était pas au mieux de sa forme, mais.. Il avait appelé.

Après ces presque quatre jours, il l'avait fait.

Je sortis du lit en vitesse, et atterris tout aussi rapidement face contre terre, mes jambes ne m'ayant pas soutenue comme je m'y attendais. Je me relevai sur mes avant bras, d'abord choquée.

- Même pas en rêve, me dis-je à moi-même.

Je tentai de bouger les jambes, mais rien. Je respirai profondément, ne bougeant de ma position, appuyée sur mes avant-bras.

- Allez Bells.. Rappelle toi de ce que disait le Doc'.. Tout est dans la tête.

Je fixai mes jambes inertes alors que les paroles de Carlisle me revenaient si bien en mémoire. Au bout de plusieurs instants sans un seul mouvement, je perdis patience et criai presque.

- Putain ! C'est pour Emmett !

Sans attendre, je réessayai, et, sous le coup de la colère, me remis très vite accroupie, avant de finalement me relever. J'attrapai un débardeur, sans plus me formaliser sur ce qui venait de se passer. Alors que j'étais en soutien gorge, en train de passer la tête dans le vêtement que je comptais porter, la porte de ma chambre s'ouvrit, sans crier gare.

- Qu'est-ce qui se passe, ici ?

Je remis mon maillot correctement, alors qu'Elizabeth Swan écarquillait les yeux devant ce que je faisais. Je pris un jean, le mettant sur mon boxer gris.

- Emmett vient de m'appeler, répondis-je sans faire attention à son regard sévère, face à mes gestes. J'y vais.
- Mais bon sang, où est-il ? Est-ce qu'il va bien ?
- J'en sais rien, il me l'a pas dit. C'est pour ça que j'y vais.
- Tout de suite ?
- Oui, tout de suite.
- Mais où se trouve-t-il ?
- Il est à Jacksonville.

Je jetai mon pyjama sur le lit, attrapai mon mobile, ainsi que les quelques billets qui me restaient et mis le tout dans ma veste grise. Veste que j'enfilai par-dessus mon débardeur.

- A Jacksonville ? S'égosilla la grand-mère de mon frère. Mais c'est très loin ! C'est à cinq heures de route, d'ici.
- Je ne suis pas fatiguée.
- Mais il est déjà plus de 23 heures.
- Emmett est là bas.
- Tu restes là.
- Il en est hors de question ! Claquai-je sans réfléchir.

Elizabeth Swan me regarda, d'abord refroidie par mon ton, avant de répondre avec arrogance.

- Tu n'as pas de voiture.
- Prends la mienne.

Je rattrapai aisément les clés que Sheryl me lançait, alors que la mère de celle-ci ouvrait la bouche de stupéfaction.

- Elle va sortir à cette heure ci ? Alors qu'il fait nuit noire. Elle n'est pas sortie depuis des jours. Elle peut attendre demain, non ?

Je ne prêtai pas attention à ses paroles, attrapant mes converses grises. J'enfilai celles-ci à la va-vite, alors qu'Elizabeth rajoutait.

- J'ai dit non.
- Mais vous n'avez pas votre mot à dire, m'énervai-je. Bon sang.. Je suis désolée de vous parler comme ça, mais à un moment faut arrêter ! Depuis quand vous me parlez, d'abord ? Ca fait quasiment deux semaines que je suis là, et les seuls gestes que vous m'avez adressés, ce sont des regards froids et haineux. Gardez vos ordres pour vous, apparemment, on se parle pas toutes les deux.
- Tu es la fille de mon fils, je ne te laisse pas sortir.
- Et la sœur d'Emmett ! Mon frère a besoin de moi. Y a absolument aucune chance pour que je reste ici.
- Laisse la partir, Maman, tenta Sheryl.
- J'ai dit non ! Je resterai sur mes positions !
- Dans ce cas, nous sommes deux, lui dis-je.

J'ouvris la fenêtre sans hésiter, et passai par celle-ci alors que la grand-mère de mon frère criait derrière moi. Je n'hésitai pas à sauter, et atterris sur le toit du porche, comme je m'y attendais. Je marchai rapidement jusqu'au bord, et m'accroupis sur celui-ci, m'accrochant d'une main alors que je me balançai au sol. J'atterris sur le perron sans mal, alors qu'Elizabeth Swan hurlait à la fenêtre de l'étage. Je n'y fis pas attention, et descendis les nombreuses marches qui me conduisaient dans l'allée. J'ouvris la voiture à l'aide du bouton de la sécurité centrale, et m'installai sans attendre derrière le volant. Je démarrai au même moment que la porte d'entrée s'ouvrait sur la mère de Charlie, battant des bras en signe de mécontentement. Je passai près d'elle alors qu'elle tentait vainement de se poster devant le véhicule.

Je soupirai en sortant enfin de la propriété. Papa allait me tuer.

Elizabeth Swan me sortit rapidement de la tête, mes pensées toutes tournées vers mon frère, qui m'attendait.

La route me sembla bien lente, et je sentis les cinq heures passer minute après minute. Je roulai vite, mais ça ne sembla pas suffire. Une fois arrivée à Jacksonville, j'essayai de me repérer à l'aide des panneaux afin de retrouver rapidement le Musée des Sciences. Allumant la radio pour détendre mes nerfs, je tombai sur cette musique.

[ James Morrison ft Jessie J : Up ]

How can I find you
Comment puis-je te trouver

When you're always hiding from yourself
Quand tu te caches tout le temps de toi même

Playing hide and seek with me
Jouant à cache-cache avec moi

Till it gets too dark
Jusqu'à ce que ça devienne trop sombre

Too dark, inside your shell
Trop sombre, dans ta coquille

Why do I even try
Pourquoi je fais ne serait-ce qu'essayer ?

When you take me for granted
Quand tu me prends pour acquis

I should know better by now
Je devrais mieux savoir, maintenant

When you call I already hear that crashing sound
Quand tu appelles j'entends déjà les fracas

As it all falls down
Comme si tout s'effondrait

A la mention d'un appel, je repensai de suite à mon frère. Sa chute, sa manière de prendre la fuite face à ce bébé.

It's never too late to turn it back around
Il n'est jamais trop tard pour revernir en arrière

Yeah I know you can
Ouais, je sais que tu peux

Don't bury your demons deep in the ground
N'enterre pas tes démons profondément dans le sol

When it all falls down
Quand tout s'effondre

The only way is up, up, up
La seule manière, c'est de se relever, se relever

The only way is up
La seule manière, c'est de se relever

J'allais l'aider à se relever, sans l'ombre d'un doute. Je ne laisserai pas couler. S'il fallait que je passe mes propres peines sous silence, je le ferais.

I watch your spirit break
Je regarde ton esprit se briser

As it shatters into a million pieces
Alors qu'il se fracasse en millions de morceaux

Just like glass I see right through you
Juste comme le verre, je vois clair à travers toi

And your parade of excuses
Et ta parade d'excuses

Feels like groundhog day
Est vraiment faible

You say the same things over and over
Tu dis les mêmes choses, encore et encore

There's that look in your eye
Voilà ce regard, dans tes yeux

And I hear that crashing sound
Et j'entends le son des fracas

As it all falls down
Comme si tout s'effondrait

A cet instant, je n'arrivais plus vraiment à savoir si la musique me rappelait Emmett ou moi. Ces paroles reflétaient étrangement les mots de mes amis, au cours des derniers jours. Les avis de ma famille, ainsi que de mon propre avis. Cette musique décrivait-elle davantage Emmett ou moi ? Après tout, j'arrivais à en penser que ça revenait au même.

It's never too late to turn it back around
Il n'est jamais trop tard pour revernir en arrière

Yeah I know you can
Ouais je sais que tu peux

Don't bury your demons deep in the ground
N'enterre pas tes démons profondément dans le sol

When it all falls down
Quand tout s'effondre

The only way is up, up, up
La seule manière, c'est de se relever, se relever

The only way is up
La seule manière, c'est de se relever

Mon frère et moi n'étions pas si différent, en réalité. Il fuyait tout autant que moi, aujourd'hui. Ces paroles échangées n'avaient pas eues plus d'effet sur lui que sur moi. Il n'avait pas appliqué ses propres dires, alors que je m'étais efforcée de le faire, pour le rendre fier.

It's your love that's strong
C'est ton amour qui est si fort

It's the only thing that keeps me holding on
C'est la seule chose qui me fait m'accrocher

It's your heart that's weak
C'est ton coeur qui est si faible

But it's not too weak to bring you back to me
Mais il n'est pas trop faible pour te ramener à moi

A vrai dire, je comptais là-dessus. Sur nos faiblesses. Emmett et moi étions faibles. J'étais faible. Mais c'était mes faiblesses qui me ramenaient si souvent vers mon frère. Il était fort là où je ne l'étais pas, et vice versa. Bien qu'Emmett semblait être un colosse dénué d'une quelconque intelligence, il était beaucoup plus futé qu'il ne le laissait entendre. Et il était généreux. Il ne laisserait pas quelqu'un qu'il aime tomber sous ses yeux. C'était d'ailleurs pour ça que sa réaction face à la grossesse de Rose m'avait étonnée.

It's never too late to turn it back around
Il n'est jamais trop tard pour revernir en arrière

Yeah I know you can
Ouais je sais que tu peux

Don't bury your demons deep in the ground
N'enterre pas tes démons profondément dans le sol

When it all falls down
Quand tout s'effondre

When it all falls down
Quand tout s'effondre

It's never too late to turn it back around
Il n'est jamais trop tard pour revernir en arrière

When it all falls down
Quand tout s'effondre

The only way is up
La seule manière, c'est de se relever

The only way is up, up, up
La seule manière, c'est de se relever, se relever, se relever

The only way is up
La seule manière, c'est de se relever

When it all falls down
Quand tout s'effondre.

Je garai la voiture alors que la musique s'arrêtait. Observant mon frère qui était recroquevillé sur les marches de pierres semblant mener au musée. A sa vue, mon cœur se serra de manière étrangement douloureuse. Je n'aimais pas le voir dans cet état. Je ne l'y avais vu qu'une seule fois, et je trouvais que c'était déjà trop.

Je sortis doucement de la voiture, fermant la portière en silence. Je soupirai en sentant un poids se poser sur mes épaules, alors que je prenais pleinement conscience de ce qui allait nous arriver, durant ces prochains mois. Mon frère, s'il l'acceptait, allait avoir un bébé. Il allait devoir devenir adulte. J'avais foi, en lui.

Sans un bruit, je traversai la route déserte, et rejoignis le trottoir où se trouvait mon aîné. Celui-ci ne me remarqua pas lorsque je m'avançai, me retrouvant à quelques centimètres de lui. Je grimpai sur les marches, au-dessus de lui, l'observant en silence. J'entendis à sa respiration qu'il avait du mal à inspirer, comme si ça lui était difficile. Je posai doucement ma main sur son épaule, et je le vis relever la tête. Il m'observa, les yeux pleins de larmes. Ses doigts se posèrent sur les miens, et je l'entendis chuchoter.

- Qu'est-ce que j'ai fait, Bella ?

Je fis la moue devant son air égaré, avant de le prendre dans mes bras, enviant ce contact perdu durant quelques jours. Je le serrai contre moi, du plus fort que je le pouvais, alors que je le sentais faible sous mon emprise.

- Ca va aller..
- Je peux pas la laisser toute seule comme ça. Je peux pas faire ça..
- Tu ne le feras pas.
- Mais j'ai pas de travail pour assumer ce bébé, j'ai rien.. Je suis qu'un gamin, je sais même pas être responsable.. Comment je pourrai être père ?
- Je serai là. On sera tous là.. Je peux t'assurer que je serai là. Toujours. S'il faut, je me trouverai un travail. Je te laisse même mon appartement, si tu veux.

Mon frère m'observa doucement, avant d'embrasser mon épaule. Je le serrai un peu plus entre mes bras, cherchant à lui faire comprendre par mes gestes en plus de mes paroles que je ne le lâcherai pas.

- Bella ?
- Hm ?
- J'aimerai que tu m'accompagnes à un dernier endroit, avant qu'on ne rentre ?
- N'importe où où tu voudras aller, avouai-je.

Emmett me regarda longuement, avant de souffler.

- Je voudrai que tu viennes avec moi, voir Renée.

A ces mots, mon cœur rata un battement alors que je serrais les dents. Mon frère m'observa avec patience, et, doucement, poussée par un élan d'amour pour lui, j'hochai la tête en chuchotant.

- Je serai là.

Emmett me fixa, alors que l'ombre d'un sourire se dessinait sur son visage peiné. Ce fut à son tour de me prendre dans ses bras, et je me laissais aller dans son étreinte, trouvant tout le réconfort dont j'avais besoin en sa présence.

Ma gorge se serra, et bientôt, je ne pus enlever l'image qui se dessinait dans mes pensées. Celle de Renée.

[…]

Nous entendîmes un éclat de rire, alors que des mots étouffés parvenaient à nos oreilles. Emmett releva la tête, alors que je restais calée contre lui. Bientôt, la mère de mon frère apparut, décoiffée et souriante, en compagnie masculine. Il était cinq heures du matin, à présent, l'heure de sortie des boîtes de nuit. Quand Renée tourna la tête, trousseau à la main, l'homme derrière elle se pressa de manière suggestive contre ses hanches. Et je regrettai d'être là. Sur son perron. Cependant, je sentis les doigts de mon frère prendre les miens, et ça me rappela pourquoi j'avais accepté. Pour lui, tout simplement.

Renée se stoppa en nous voyant, tandis que je me concentrais sur les doigts d'Emmett, enveloppant les miens, pour ne pas avoir à croiser son regard. Celui-là même qui me dégoûtait.

- Emm.. Emmett ? Mais.. Qu'est-ce que tu fais là ? Entendis-je.

Cette voix.. Tout mon être la détestait. A cet instant, je pouvais sentir toutes les cellules de mon corps se rétracter de rage, de rancune.

- J'aimerai te parler, répondit mon frère.
- C'est-à-dire que..
- Qui c'est ? S'éleva une voix masculine.

Je fis le rapprochement avec l'homme qui accompagnait la femme qui m'avait mise au monde, alors que je vis aux jambes de cette dernière qu'elle se tournait vers lui.
- Brent, je pense que tu devrais y aller, fit Renée, doucement.
- Quoi ? Mais pourquoi ? T'avais dit qu'on pourrait..
- Ce n'était pas prévu. Une autre fois.
- Une autre fois ? C'est ça, ouais ! T'es qu'une allumeuse ! Va te faire foutre, va !

Je levai à nouveau le regard pour voir l'homme partir d'une démarche énervée, Renée le regardant s'en aller. Elle baissa la tête, ensuite, en soupirant, et je détournai les yeux, ne voulant pas risquer de croiser les siens.

- Rentrons, dit-elle enfin. Je commence à avoir froid.

Emmett se leva, sans un mot, alors que j'en faisais de même. Je me pressai contre la rambarde de droite, afin de laisser totalement l'espace à sa mère de passer, et ce, le plus loin possible de moi. Ne la regardant toujours pas, je ne pus voir si elle s'en formalisait ou non, mais elle passa tout de même pour rejoindre la porte d'entrée. Les yeux posés sur les marches, je ne vis pas mon frère s'approcher de moi.

- Ca va aller ?

J'osai regarder son torse, honteuse d'être si faible.

- Ouais, juste que .. Je ne sais pas quoi faire, Em'.
- Tu n'as rien à faire. Ta présence est tout ce dont j'ai besoin.

J'hochai la tête, et mon frère prit mon visage en coupe, m'obligeant avec délicatesse à rencontrer ses yeux des miens.
- Si tu veux vraiment arrêter, je comprendrais.
- Non, non, soufflai-je doucement. Je suis là, dis-je après un petit temps d'arrêt. Je te lâche pas.

Emmett fit la moue, et approcha mon visage du sien alors que ses lèvres se posaient sur mon front avec délicatesse. Quand il s'éloigna de moi, ce fut pour me serrer brièvement contre son torse, rassurant. Il ne semblait pas se formaliser de la présence de notre génitrice, qui, je pouvais le voir, nous observait en catimini.

- Entrons, soufflai-je. Tu vas avoir froid.

Mon frère hocha la tête, avant de lier ses doigts aux miens, et de nous faire monter les quelques marches du perron que nous n'avions pas déjà gravies. Renée se pressa d'entrer, laissant la porte ouverte derrière son passage, et quand je fus sur le pas de la porte, je ne pus m'empêcher de retenir ma respiration, nerveuse.

J'allais rentrer dans la maison dans laquelle j'aurais dû grandir. Ou du moins en partie. Partagée entre Charlie et Renée. Forks et Jacksonville.

Toute fois, quand je passai la porte, je ne sentis rien de spécial, et pour cause.. Cette maison n'était pas la mienne. C'était celle de Renée. Et Renée n'était rien pour moi. La seule femme à laquelle j'avais accordé un amour qui se démarquait des autres était Béa. Elle était la seule qui importait.

Ce fut sur ses pensées que je pris place à côté d'Emmett. Ce dernier me regarda, comme soucieux.

- Ca va, t'en fais pas, lui assurai-je. C'est pour toi que je suis là. Pour toi, et uniquement pour toi.

Je posai ma tête sur son épaule alors qu'une de mes mains s'attardait près de son cœur. Renée revint dans la pièce, une bouteille de soda et des verres à la main. Une fois qu'elle eut posé ceci sur la petite table qui se trouvait près du canapé, elle releva les yeux vers nous, et son regard croisa le mien. Alors que j'avais évité ce contact au cours des dernières minutes, craignant une quelconque mauvaise réaction de ma part, il ne se passa rien. Je me contentai de ne pas détourner la tête, restant froide face à son œillade. Elle fut la première à faire mine de s'intéresser à autre chose, demandant.

- Servez vous, si vous avez soif.

Je ne bougeai pas, Emmett non plus. La mère de celui-ci enleva ses escarpins, rapetissant de plusieurs centimètres, avant d'aller ranger ceux-ci dans un placard qui se trouvait à l'entrée. J'observai la pièce dans laquelle nous nous trouvions. Le salon. Rien de bien extraordinaire, en somme. Du papier jaune orangé, rappelant la couleur du soleil. Quelques tableaux étaient accrochés aux murs, tous représentant un paysage plus ou moins paradisiaque. Il y avait une ou deux photos d'Emmett, aussi, mais rien qui montrait un attachement quelconque.

- C'est fini, avec Phil ? Questionna mon frère, à sa mère.

Celle-ci, qui était revenue vers nous, le fixa en souriant de manière sarcastique.

- Ne feins pas l'innocence. Tu sais très bien que c'est fini, vu que c'est toi qui lui as conseillé de me quitter, répondit-elle.

Renée ne semblait pas méchante, par ses mots, à cet instant. Elle paraissait plutôt amusée par cette tentative d'approche, mais aussi fatiguée par je ne savais quoi. Je ne cherchai d'ailleurs pas à comprendre, ça ne m'intéressait pas le moins du monde.

- C'est vrai, reprit Emmett. En même temps, c'est pas comme si j'avais menti sur tes actes.
- Aussi, opina Renée.

Le silence reprit, alors que je fixai le torse de mon frère, absente.

- Pourquoi est ce que tu es ici, Emmett ? Ca fait des mois que tu ne donnes pas de nouvelle, et là tu arrives sans prévenir.. Accompagné, de surcroît.

Je relevai les yeux à son insinuation, alors que ma génitrice me regardait légèrement de travers.

- Honnêtement ? Dit mon frère. Je ne sais pas.

Je fronçai les sourcils alors que mon frère s'asseyait sur le bord du canapé, s'éloignant légèrement de moi pour poser les coudes sur ses genoux. Renée éleva un sourcil interrogateur à sa réponse, avant qu'il ne poursuive.

- Cela fait quelques jours, que je sais que Rose est enceinte.. Je n'ai pas assumé. Ma relation avec Rose s'est détériorée, et il y a trois jours, je me suis engueulé avec ma sœur, à cause de ça. Personne ne sait que Rosalie attend un bébé, et donc que j'ai fui.. Il n'y a que Bella, qui le sache.

La mère de mon frère observa ce dernier avec de grands yeux face à son aveu.

- Rosalie est enceinte ? Mais.. Depuis quand ?
- Ca fera trois mois dans un peu moins de deux semaines.
- Tu n'as que dix-neuf ans, Emmett, commença Renée.
- Là n'est pas la question. Je sais tout ça. Et je ne te raconte pas ceci pour que tu me sortes un speech qui ne me servira, au final, à rien. Ce que tu dois retenir, c'est que j'ai fui. J'ai fui en sachant tout ça.

Renée regarda longuement mon frère, avant d'essayer de s'approcher de lui et d'attraper sa main. Emmett s'éloigna sans attendre, alors que sa mère lui disait quand même.

- C'est normal, Emmett, de fuir.. Tu n'as que dix neuf ans. Je comprends.

Emmett la fixa longuement, comme réfléchissant. J'observai mon frère, alors qu'il souriait de manière sarcastique, disant, sombre.

- En fait, je crois que c'est pour ça que je suis venu, ici.

L'ex-femme de mon père fixa mon frère, pas sûre de bien comprendre, alors que moi je voyais clairement là où il allait en venir.

- Quand je me suis disputé avec Isabella, elle m'a dit que je ne pouvais pas faire ça.. Car ce serait faire ce que tu as fait. Ce que tu lui as fait.

Renée m'assassina des yeux en entendant ça, et je me contentai soutenir son regard, insensible à ce dernier.

- Et le fait est qu'en me disant que tu comprends, je me rends compte qu'elle a raison. Quelque part, j'avais besoin que tu comprennes.. Car c'est exactement ça, dont je ne veux pas, Maman.

Emmett secoua la tête, alors que Renée le regardait toujours.

- Je veux pas être comme toi.

Je posai les yeux sur mon frère, qui semblait mettre toutes ses idées au clair en disant ses mots.

- Je ne veux pas être celui qui abandonne son bébé, sous prétexte qu'il est trop jeune, que c'est normal d'avoir peur. Qui l'abandonne car il n'est pas voulu, que c'est ce que les autres pourraient appeler une erreur.

Emmett paraissait choqué, alors qu'il disait.

- Je comprends tout, maintenant.. Je veux dire.. Je savais pas vraiment pourquoi je voulais te voir, après tout ce temps, alors que je sais que tu ne m'apporteras rien de bien. Je voulais te voir, justement, parce que tu n'es pas l'avis à suivre. Tu sais pourquoi j'ai pris peur, quand j'ai compris que j'allais devenir parent ? C'est le fait d'être un papa, d'être un modèle. Comment pourrai-je savoir ce que c'est d'être un parent normal, alors que je t'ai eu pour mère ? Je veux dire.. Tu n'as jamais été là, quand il le fallait. Il n'y avait que Charlie. Il n'y a toujours eu que Charlie.. Comment je pourrai élever mon bébé en sachant que j'ai pas une connaissance dans ce foutu domaine ?

J'écoutai désormais attentivement les paroles de mon frère, voyant clairement qu'il était en train d'exprimer le fond de sa pensée.

- Il n'y avait que Papa.. Je ne veux pas que mon bébé grandisse dans une famille où les parents ne s'entendent pas. Je me dis que tu aimais aussi Charlie, à un moment.. Pourquoi t'en es arrivée là ? Je veux dire.. C'est des tonnes de questions comme celles-ci qui m'effraient, parce que je leurs trouve pas de réponses. Tout ce que je me rappelle, à la fin, c'est que je veux pas être comme toi.

Emmett s'arrêta soudainement, avant de se tourner vers moi, visiblement pressé.

- Je crois que je devrais appeler Rosalie.
- Il est cinq heure et demie, Emmett.
- Je peux toujours tenter, non ?
- Toujours, oui.

Il me fit un petit sourire, avant de se lever, d'embrasser ma tempe, et de sortir de la maison. Je le regardai faire, souriant franchement. Même si je savais que son élan de compréhension, et de sagesse allait se rétracter, et que la peur allait bientôt refaire surface, j'étais heureuse de voir qu'il avait compris l'essentiel. Car même s'il allait de nouveau être effrayé, je n'aurais plus qu'à le rassurer, pas à lui faire changer d'avis.

J'entendis Renée renifler, et je relevai les yeux vers elle, constatant les larmes qui avaient roulées sur ses joues.

- Avoue que tu es heureuse.. Il est totalement de ton côté, maintenant, dit-elle dans un sanglot.

J'élevai un sourcil devant ses paroles, quelque peu choquée de sa réaction.

- Tu ne comprends pas. Tu n'as jamais compris, soupirai-je.
- Mais bien sûr que si, depuis que tu es revenue, il est différent. Tu l'endoctrines.
- Arrête ça, va. Je ne fais rien qui ne soit pas dans son sens. C'est moi qui l'écoute, et non l'inverse. Tu crois honnêtement que ce n'est que ça, une relation familiale ? Que l'un soit sous l'emprise de l'autre, qu'il l'aime pour ce qui lui fait croire, et non pour ce qu'il est ? Tu l'as brisé, Renée. Depuis qu'il est tout petit, tu n'as pas été là. Tu croyais qu'il allait rester naïf toute sa vie ? Avec ou sans moi, il aurait compris qui tu étais. Ne rejette pas la faute sur moi, une fois de plus..
- Il va ruiner sa vie, avec ce bébé.
- Au contraire. Il va se construire.
- Comment va-t-il faire ? Il n'a rien.
- Je lui donnerai tout. Tout ce dont il a besoin.

Je me levai sans attendre, n'ayant plus rien à faire ici.

- C'est ça, en fait.. Tu fais toujours en sorte d'être là, pour avoir le meilleur rôle. Etre celle qui vient le sauver, alors qu'en fait, c'est toi qui le fais se sentir si mal.

Je souris faiblement devant ses mots.

- Interprète ça comme tu veux, Renée. L'amour que je porte à mon frère ne peut être plus franc. Je ne cherche pas à me faire bien voir à ses yeux, j'agis d'instinct.. Comme tu devrais le faire, avec l'instinct maternel.. Mais plus je te parle, et plus j'ai l'impression que tu n'en as pas hérité à ta naissance..
- Tu es ma fille, tu n'en auras sûrement pas non plus.

Je m'arrêtai une seconde, et me retournai pour faire face à la mère de mon frère.

- Je ne suis pas ta fille. J'ai cru t'en vouloir pendant des années pour m'avoir abandonnée.. Et je le fais encore, je te hais pour ça. Mais une partie de moi ne peut s'empêcher de remercier le ciel de t'avoir éloignée de mon chemin, de mon enfance, que tu aurais gâchée par ta présence. En voyant Emmett, je ne suis plus sûre de ce qui est le mieux. Ne pas avoir de mère biologique car elle ne voulait pas de toi dès le début, ou ne pas avoir de mère car elle ne veut pas se comporter comme telle, et t'oublie à la place. Tu n'as pas abandonné que moi, tu sais. Tu as abandonné Emmett, également. Et sois sûre que je ne te pardonnerai jamais pour ça. C'est une raison qui fait que je continue à te haïr, au plus profond de moi-même. Cependant, si j'avais à te remercier un jour.. Ce serait pour m'avoir laissée à l'Orphelinat de Seattle, car là bas.. J'ai eu une vraie mère, moi, contrairement à Emmett. Une femme que tu ne pourras jamais, Ô grand jamais, égaler ne serait-ce qu'une seule seconde. Me confier à elle est peut-être la seule chose que je te dois. La seule chose que tu aies faite d'intelligente, dans ta vie. Pour le reste, j'espère sincèrement que tu vivras longtemps, très longtemps, car avec une mentalité comme la tienne, il est clair que tu resteras seule jusqu'à la fin de tes jours, Renée.

Sur ces paroles, je sortis à mon tour, rejoignant le perron. Je soupirai grandement, comme libérée de je ne sais quoi. Combien de fois avais-je rêvé de lui dire ça ? Assez pour ne plus tenir les comptes.

J'eus envie de rire, euphorique face aux dernières minutes. Je souris alors que le vent s'infiltrait dans mes cheveux, caressant ma peau avec douceur malgré la nuit plus que fraîche. Je relevai les yeux vers mon frère, qui était en train de parler au bout de l'allée, toujours au téléphone. J'allai jusqu'à la voiture sans un mot, et mon frère me regarda. Alors que je l'interrogeai du regard, il me sourit, avant de dire à Rosalie.

- Ca marche, je serai rentré. Mais.. Ouais, d'accord.. 18heures, Lundi soir ? Okay.. Je te laisse terminer ta nuit.. Bonne nuit, Rose.. Je te remercie.. Toi aussi. Bonne nuit.

Il raccrocha, regardant le mobile.

- Alors ? Questionnai-je.
- On rentre ce week-end, et on doit se voir lundi soir, elle et moi. Pour discuter.
- Oh.. Ca va aller, tu penses ?
- Je sais pas. J'espère. Je vais tout faire pour.

Je souris à l'entendre parler, avant de lui dire.

- Allez monte, on retourne à Columbia.

Emmett hocha la tête, avant d'aller prendre place siège passager. De l'intérieur de la voiture, je le vis regarder la maison de sa mère. Je ne démarrai pas tout de suite, lui demandant d'abord.

- Tu es sûr que c'était ce que tu voulais faire, Emmett ?

Mon aîné m'observa attentivement, il me sourit doucement alors que sa main attrapait mes doigts.

- Ouais, je.. J'ai dit ce que je pensais.
- Tu ne veux pas lui dire au revoir ?
- Elle ne l'a pas fait, elle, avant de déménager dans un autre état.

Je fis la moue, et mon frère me dit.

- Allez, rentrons, je suis fatigué.
- Tu n'as qu'à dormir, je vais conduire.
- Tu ne veux pas que je te reprenne un peu ?
- Non, ça ira. Tu peux dormir.

Mon frère se pencha vers moi pour embrasser ma joue, et je souris. Après que j'aie démarré, il se mit à l'aise sur le fauteuil qu'il avait fait s'allonger. Quant à moi, je repris très vite la route, les idées libres, et le cœur partiellement allégé.

[…]

Je sursautai à l'entente d'une porte qui claquait, avant de très vite refermer les yeux. J'étais totalement épuisée, de même que mon frère. Nous étions rentrés vers neuf heures du matin, n'avions croisé personne dans la maison, et étions directement parti nous coucher dans un vrai lit. Cette fois-ci, nous étions allés dans la même chambre, contrairement à notre début de séjour. Elizabeth avait trouvé des excuses plus puériles les unes que les autres pour nous séparer pendant la nuit, et j'avais laissé faire, ne voulant pas poser problème. Seulement, en me couchant au petit matin, la seule chose que j'avais eu envie de faire, c'était de dormir dans les bras de mon frère. Il devait maintenant être un peu plus de midi, mais j'étais encore bien trop fatiguée.

Je me pressai un peu plus contre mon frère, cherchant un peu de sa chaleur, et Emmett, profondément endormi, marmonna quelque chose d'incompréhensible avant de m'attirer à lui, enroulant ses bras autour de moi, son torse contre mon dos, complètement réchauffée. Je souris de bien être, et fus prête à me rendormir quand la porte s'ouvrit à la volée.

- Je le savais ! J'en étais sûre !

Je me relevai vivement, sursautant face aux cris que poussaient Elizabeth Swan.

- Qu'est-ce qui se passe ? Questionna Emmett, vraiment mal réveillé.
- Elle est venue te chercher, juste pour te ramener dans son lit ! Vous n'attendiez que ça, depuis le début, de vous sauter dessus !

Pas sûre de bien comprendre là où la mère de mon père voulait en venir, je la regardai. Elle nous fixait, Emmett et moi. Mon frère était torse nu, portant un simple pantalon de pyjama. Quant à moi j'étais en short/débardeur, comme d'habitude.

- Regardez-vous ! A moitié dénudés dans le même lit, vous n'avez pas honte !

Elizabeth Swan tira sur le drap avec acharnement, découvrant ainsi mes jambes nues.

- Mais de quoi tu me parles ? Insista Emmett, encore tout embrouillé, les yeux à moitié ouverts.
- C'est elle, qui te rend comme ça ! C'est dégoûtant ! Honteux ! C'est même illégal ! Comment osez-vous ? Argh, ça m'écœure.. Je regrette vraiment de t'avoir..
- Maman ! Entendis-je soudainement. Arrête ça tout de suite !

Emmett et moi nous statufièrent en reconnaissant cette voix, et Elizabeth ouvrit la bouche de stupéfaction. Charlie la regardait d'un air mauvais, devant ce qu'elle venait d'insinuer, se portant à l'embrasure de la porte. Je savais parfaitement qu'Elizabeth n'avait pas vu son fils depuis une dizaine d'année, si ce n'était plus. Mais, cependant, je ne réfléchis pas, et me levai en vitesse pour courir dans les bras de mon père. Celui-ci m'attrapa alors que je trébuchais dans le drap, et je souris alors qu'il embrassait ma tempe à répétition.

- Comme tu m'as manquée, mon Trésor, me dit-il au bout d'un instant.
- Tu m'as manqué aussi.

Elizabeth avait toujours les yeux écarquillés, alors que son regard faisait des aller-retours entre mes jambes quasiment nues, et mon frère à moitié dénudé lui aussi, toujours dans le lit dans lequel nous avions tous les deux dormi. Je pus voir dans son regard à quoi elle pensait, et compris alors pourquoi elle était comme ça.

Comme ça depuis le début.


Ah, ce cher Charlie.. Il m'avait manqué aussi ! :)

Alors, vos avis sur tout ça ?
Ce chapitre est un peu plus court que les précédents, mais rien de bien choquant. Qui s'attendait à revoir Renée ? Sûrement personne, parce que même moi j'en savais rien. ^^'

M'enfin, donnez moi vos avis. :)

Prenez soin de vous, et on se voit la prochaine fois. Sûrement sur LCLH, d'ailleurs. :)
Passez une bonne semaine, les enfants. & A une prochaine fois. ;)

Peace.

PS ; No Stress. Edward revient dans le prochain. Pas la peine de m'incendier. :)