Quand Éros rencontre Thanatos

Le cercle des Reviewers Anonymes :

Sarah : Wahou, tu t'es défoulée haha !
Oh mince xD Qu'est-ce que tu n'as pas compris du coup ? Je peux t'expliquer si nécessaire !
Je suis contente que ça t'ait plu malgré tout !
Ouiiiiii je suis pas encore assez à l'aise avec le mpreg pour en faire un au sens grossesse masculine pure ! Du coup je trouve des alternatives ! Ici c'est pas ni des cigognes, ni des choux, ni des roses mais bon !
Eh ben contente d'avoir réalisé ton rêve haha !
Merci beaucoup et t'en fais pas, pour une review abrégée je la trouve bien complète !
Gros bisous ma Sarah ! A bientôt !

Daidaiiro30 : Magique ? Le plus beau compliment que tu puisses faire sur une fic HP xD
Je suis contente que les événements dans le Palais d'Eros t'aient plu ! C'était pas évident, je le confesse, d'où ma petite explication de fin ! M
Merci beaucoup en tout cas ! La suite est là et il ne restera plus que l'épilogue !
A bientôt !
Bisous !

Note :

Hey ! Je m'excuse pour le retard que j'ai pris un peu partout, ça fait une bonne grosse semaine que j'ai rien posté ! Mais voilà les aléas de la vie !

Je vous remercie pour vos réactions chaleureuse et notamment concernant le petit Eridan (seigneur j'adore ce prénom !) !

Bonne lecture et rendez-vous en bas !


Chapitre Vingt-et-Unième
Futur rime avec Aventure

Deux mois de plus. C'est le temps qu'il nous fallut pour mettre en place l'arrivée de nos doubles sur le devant de la scène. La venue inopinée d'Eridan avait pas mal retardé les choses. Je ne m'en plaignais pas et Lucius non plus, trop occupés que nous étions à courir dans tous les sens pour organiser son avenir sur les dix prochaines années. Pas moins. J'étais angoissé et Lucius, bien qu'il n'en montre rien, semblait difficilement digérer le fait d'avoir deux fils sur la sellette. Eridan par son affiliation à moi et Draco par son affiliation à Lucius. Dans les deux cas, nous attirions les regards. Les mauvais regards.

Draco avait été distant avec l'enfant au début, puis à force de devoir s'en occuper, il avait simplement dû finir par s'y attacher, je supposais. Il grandissait vite, trop vite. Et nous avions un million de choses à faire pour lui accorder un avenir décent. Pour assumer notre vie précédente et rendre au monde magique l'équilibre que nous avions fêlé, il y a près de deux mille ans. Parce qu'il était hors de question que nous le laissions en héritage.

C'est pourquoi en ce fatidique jour pluvieux, Lucius et moi nous retrouvâmes dans mon bureau.

– Détends-toi, m'ordonna-t-il.

J'arrêtai de tapoter du pied sur le sol pour relever le visage sur lui.

– Je ne suis pas…, tentai-je.

– Ne me mens pas.

– D'accord, mais ce n'est vraiment pas évident quand…

Il leva les yeux au ciel et m'embrassa, brièvement, me faisant taire par la même occasion. Tout en m'obligeant à me désintéresser de mon propre cerveau pour me concentrer sur son regard brûlant posé sur moi.

– Tout ira bien, me dit-il et c'était tout ce que j'avais besoin d'entendre.

Il me tendit l'un des pendentifs de Psyché que j'avais trouvé dans le coffre Peverell lors de ma première visite là-bas.

Aussitôt, que nous eûmes passé les chaînes autour de nos cous, nos doubles apparurent dans une brume dorée. Nous avions fait tout un tas de tests. Ils agiraient exactement comme nous le ferions à leur place, ayant toute notre mémoire jusqu'au moment de leur apparition. Ils étaient totalement indépendants de ce qui nous arrivait, sauf si nous venions à mourir. Autrement, ils ne sentaient pas nos douleurs, ni ne subissaient nos changements physiques une fois qu'ils étaient apparus. Tout ce qu'ils vivaient séparés de nous était stocké dans leur mémoire et nous revenait lorsqu'ils disparaissaient.

Je les observai, perturbé. Lucius leur balança des robes de sorciers élégantes. L'une d'elle portait les armoiries des Potter-Black et l'autre des Sigrid. Les doubles se changèrent en nous regardant avec le même air indéchiffrable que nous le faisions.

– Ok, soyons clair, ce soir vous serez Nell Sigrid et Harry Potter-Black. Cette réception est importante, donc vous savez ce qu'il vous reste à faire : être diablement intelligents et charmants, expliquai-je aux doubles qui s'habillaient.

– Tu nous prends pour des idiots ? répondit négligemment le double de Lucius, sous l'apparence de Nell Sigrid.

Je lançai un regard désespéré à mon Lucius qui avait l'air diablement amusé de la situation. Je sentis un mal de tête poindre et je me résignai à ne plus communiquer avec les doubles sous peine d'en tuer un par accident.

Lucius me lança une tenue de duelliste assez moulante mais extrêmement renforcée et… rock. L'ensemble était fait de cuir de dragon plutôt souple et d'une chemise blanche. Des poches étaient dissimulées à peu près partout et une ceinture optimisait le tout, laissant un endroit où ranger une baguette magique et… un poignard.

– J'ai l'impression de devenir ton partenaire en crime, me dit-il alors que j'enfilais le pantalon.

Je passai les bottes en cuir sans difficulté m'étonnant de l'amplitude des mouvements que l'ensemble me permettait.

– Tu veux dire comme Bonnie et Clyde ? grimaçai-je, amusé, alors que la référence lui échappait totalement.

– Dépêche-toi, me pressa-t-il avec une caresse appuyée sur ma nuque.

Il était déjà changé et j'avais du mal à détacher mon regard de son corps. Il n'avait jamais été aussi sexy. Enfin si, mais pas habillé… Je détournai rapidement mes pensées, me sentant rougir comme une jouvencelle. J'enfilai un long manteau noir un peu trop grand pour moi et m'observai dans le miroir. Pas mal. Et ce serait encore mieux dans quelques secondes.

Lucius me tendit une alliance que je savais l'exacte réplique de celle qui lui permettait de garder l'apparence de Nell et non celle de Lucius Malfoy : une alliance de Loki. Il me la passa au doigt, déposant un baiser sur ma peau au passage. Baiser qui me fit frissonner, sous le rire moqueur de l'autre Lucius qui attendait patiemment dans un coin de la pièce, son Harry coincé entre les bras. Je lui fis un doigt d'honneur dont il s'offusqua. Il donna une petite tape sur l'arrière du crâne de son Harry qui protesta violemment :

– Eh c'est l'autre qui t'a fait un doigt d'honneur ! Pas moi.

– Tu viens de lui, tu dois être aussi mal poli.

Je vis le sourire du double de mon compagnon alors que l'autre Harry ronchonnait. Je sentis la bague s'incruster dans ma peau et prendre la forme d'un tatouage peu à peu. Je posai les doigts dessus et me concentrai sur l'apparence que je souhaitais avoir. Lucius fit de même sur la sienne et lorsque je rouvris les yeux, devant le miroir, à ma place, se tenait la réplique parfaite d'Hypérion, bien plus grand que moi, et à qui la tenue seyait à merveille. Je nouai en une queue de cheval mes longs cheveux blonds et eut un sourire très satisfait. Je me tournai vers Lucius qui avait pris l'apparence d'un homme très séduisant aux cheveux très bruns et plutôt courts. Ceux-ci étaient artistiquement coiffés en arrière et ses yeux mordorés n'en étaient rendus que plus remarquables et brillants.

Je lui souris et il eut un salut très noble à mon égard, un peu moqueur. Il était toujours plus grand que moi et je soupçonnai qu'il l'avait fait exprès. Il combla l'espace entre nous en deux secondes et me fit basculer en arrière, m'embrassant langoureusement. Je me laissai faire, sentant mon cœur s'emballer et tout mon être se raccrocher à lui. Mon double eut un sifflement appréciateur qui lui valut une autre petite tape derrière la tête de son Lucius qui n'avait pas souffert du changement d'apparence et arborait toujours les traits de Nell Sigrid.

– On y va ! me dit le mien.

Nos doubles étaient d'autant plus réels qu'ils gardaient toutes nos capacités magiques. En combat cela pouvait s'avérer très utile. Mais ce soir, les combats seraient pour Lucius et moi. Les autres Harry et Nell devaient à tout prix se montrer à la grande réception au Ministère. La situation était complexe et le fait que j'ai pris la défense d'un Malfoy avait vite fait le tour. On me le reprochait et on pouvait aisément dire que ma côte de popularité avait baissé, surtout à cause de Caius, pour qui j'avais réservé une petite surprise ce soir. Seules quelques personnes étaient au courant de notre plan et cela nous avait demandé une fouille intensive dans les archives du Ministère, mal organisées, bien évidemment.

Je regardai le couple Nell/Harry s'éloigner, très assorti et noble à en faire pâlir tous les Sang-Purs.

– Wahou, je suis vraiment pas mal vu de dos, constatai-je avec un petit bruit appréciateur.

Lucius leva les yeux au ciel et nous fit transplaner. La première partie de notre plan était d'envoyer les faux Nell et Harry au ministère. La seconde… Eh bien les sales petits contacts de Lucius avaient pu nous dénicher des informations très intéressantes sur des gens peu recommandables. Autrement dit nous avions trouvé la planque des Mangemorts restants.

Nous les avions observés pendant plusieurs jours alors qu'ils étaient retranchés dans la maison des Gaunt qui n'avait pas été visitée depuis que Dumbledore y avait récupéré la bague. Mais les sortilèges apposés sur l'endroit étaient encore si puissants sur la maison qu'ils étaient restés même quelques années après. Les Mangemorts s'étaient débrouillé pour s'en attribuer la protection.

Nous avions peu à peu défait les sorts, jour après jour, sans qu'ils ne s'en rendent compte. Nous avions également pu compter six Mangemorts avérés. Le reste serait impossible à faire condamner, par manque de preuves, aussi nous avions calculé notre coup pour attaquer à cette heure où les six principaux étaient au QG. A savoir Rodolphus et Rabastan Lestrange, Thorfin Rowle, Travers, Selwyn et Rosier.

Nous atterrîmes à l'endroit prévu, dans le cimetière de Little Hangleton. J'y étais déjà revenu mais la sensation de malaise fut identique aux autres fois. Lucius serra brièvement ma main puis la relâcha, me faisant signe de le suivre. Nous nous faufilâmes hors du lieu macabre, remontant le sentier plongé dans l'obscurité jusqu'à ce que la maison apparaisse. Elle avait été ensorcelée de manière à ce qu'aucun moldu ne remarque désormais sa présence. Et même des sorciers auraient été incapables de la carter. Nous n'avions pu y venir qu'en comptant sur le fait que j'étais moi-même déjà venu ici, dans le cimetière, ainsi qu'au travers des souvenirs de ce moldu qui s'était rendu chez les Gaunt et que Dumbledore m'avait montré.

Nous nous étions entraînés sans relâche les derniers mois. Ils n'avaient aucune chance. Aussitôt que nous atteignîmes la maison, Lucius défit les derniers sortilèges avec une maîtrise presque arrogante. Il fila immédiatement vers l'arrière de la maison tandis que je me plaçai devant l'entrée. Je pointai ma baguette sur la porte. Je regardai l'heure sur ma montre et quand la trotteuse s'aligna sur l'aiguille qui pointait dix heures, je m'avançai.

– Que la fête commence, murmurai-je.

D'un mouvement souple du poignet, je pulvérisai la porte qui vola en éclat à l'intérieur, blessant le visage des hommes présents. Ils étaient tous habillés pour une petite sortie meurtrière, masques prêts à l'utilisation et grande cape noire. Je profitai de l'effet de surprise et désarmai Selwyn que j'assommai sans effort. Il tomba lourdement au sol et je me baissai pour éviter un sortilège cuisant de Travers. Je me tournai vers lui, le fusillant du regard et, avant de me relever, je lui lançai un sortilège d'attache. Il tomba à la renverse, se tortillant comme un ver de terre au sol.

Les plus faibles étaient immobilisés et je lançai aussitôt un sortilège qui répandit une fumée opaque dans la maison. L'action n'avait pas duré plus de quelques secondes.

Je restai accroupi au sol et les écoutai s'agiter. Un bruit sur ma droite m'indiqua la présence de l'un d'eux. Aussitôt, je lançai un sort qui illumina la brume mystique, révélant ma présence. Rowle s'écroula, inconscient. Je bougeai de l'endroit où j'étais, entendant des pas approcher.

J'entendis soudain Lucius entrer dans la maison, au moment où l'un des frères Lestrange parvenait à se défaire du brouillard. Aussitôt, Rodolphus me fit face, un sourire fou aux lèvres.

Lucius engagea le combat contre Rabastan, semblant se délecter de l'agressivité de son adversaire. Je savais mon compagnon être un duelliste de talent, mais à ce point… Je me déconcentrai un instant de Rodolphus qui en profita pour se défaire de mon sortilège de pétrification.

– Concentre-toi, pour l'amour de… ! hurla Lucius avant de se taire pour éviter un sort.

Je donnai à nouveau toute mon attention à Rodolphus qui attaquait sans ménagement mon bouclier. Il était puissant, c'était indéniable mais… pas assez. Je ne faisais que m'amuser et il le sentait. Mes yeux étaient perdus dans le vague tandis que je répondais sans grande conviction à ses sortilèges agressifs. Il profita d'un moment d'inattention pour frapper fort. Trop fort.

– Avada Kedavra !

Lucius se figea aussitôt, l'horreur installée sur ses traits, et il observa, impuissant, le sortilège me frapper de plein fouet. Je me courbai en deux sous le choc. Je m'attendais à une surprise et pendant un instant, je craignis d'avoir surestimé mes forces. Une présence m'effleura et je souris, sentant le souffle de la Mort chatouiller ma nuque dans un baiser aimant.

Une part de moi aspira le maléfice. Je me redressai doucement, surpris, non pas d'être en vie, mais de l'énergie que je sentais courir dans mes veines. Elle remonta jusqu'à mon visage et je sentis mes yeux se charger brièvement de la couleur verte intense du sortilège. Rodolphus posa un regard horrifié sur moi, comme s'il venait de croiser la faucheuse en personne.

– Merci, lui dis-je, étonné.

Je ripostai immédiatement et avançai d'un pas sur Rodolphus à la manière d'un épéiste. Il ne put que se défendre alors que j'enchaînai les sorts, me sentant plus en forme que jamais. Il recula jusqu'à buter contre le mur et, seulement là, je l'achevai d'un sortilège de mon cru qui lui ferait faire une petite sieste de quelques heures. Au moment où Rodolphus s'écroulait au sol, son frère Rabastan le rejoignit, assommé par Lucius. Il asséna un maléfice à Thorfin qui tentait de se relever en grognant.

Je rangeai ma baguette et me frottai les mains satisfaits. Lucius m'observa, l'air furibond.

– Tu es inconscient !

– Je suis en vie ! me défendis-je en reculant prudemment.

– Pas pour longtemps si je t'étripe.

– L'avada ne peut pas me tuer ! rétorquai-je.

– Ce n'est pas une raison !

– Oh, tu as eu peur pour moi, Lucius ? demandai-je innocemment.

Il se rembrunit et m'offrit un regard glacial. J'en avais l'habitude et je savais que son regard se réchaufferait d'ici ce soir, quand nous aurions célébrer proprement cette petite victoire. Nous récupérâmes les ordures à terre et les rassemblâmes en un petit tas informe au milieu de la pièce.

– Et c'est ça les têtes pensantes des Mangemorts ? soufflai-je exaspéré. On y va ?

Lucius approuva d'un signe de tête. Il pointa sa baguette sur eux et je fis de même. Je me concentrai et ils disparurent soudain dans un « pop » caractéristique. Nous suivîmes de peu et nous débarquâmes dans le hall du ministère, rempli d'une foule paniquée et complètement perdue. La fête avait dû battre son plein avant qu'un enchevêtrement de Mangemorts n'interrompe la réception.

Je m'avançai sur le tas humain arrivé peu avant nous, indifférent aux baguettes des Aurors pointées sur nous. Rowle grogna et commença à m'invectiver. Je lui fichai ma botte dans la figure ce qui eut pour mérite de le faire taire et de l'assommer tout à la fois. Je relevai un visage rayonnant sur l'assemblée. Mes yeux rencontrèrent le sourire de Kingsley.

– Livraison spéciale pour Monsieur la Ministre, annonça Lucius d'une voix forte, un rictus amusé aux lèvres. Fraîchement capturés et hors d'état de nuire, comme spécifié.

Il offrit au Ministre une révérence très respectueuse, un chouia ironique. Kingsley s'avança vers nous et baissa les yeux sur le tas d'hommes à nos pieds.

– Merci, Messieurs. Vous tous, occupez-vous de me placer tout ça à Azkaban, ordonna-t-il aux Aurors qui s'exécutèrent en vitesse.

Je me tournai vers Caius qui nous regardait, ahuri. Je lui offris un sourire carnassier et la main de Lucius se posa sur mon épaule pour me tempérer. J'avais tellement envie de l'étriper. Je vis nos doubles tout près, dont le mien qui me lança un regard dissuasif.

– Lord Potter-Black et Lord Sigrid, il est temps que vous fassiez votre annonce, n'est-ce pas ? leur dis-je.

Mon double s'avança avec un sourire, accompagné d'un Nell à l'élégance raffinée. Nous avions étudié toutes les possibilités pour virer Caius de son poste, écumant les anciennes lois dont personne ne se souvenait plus. Et nous en avions trouvé une. Une qui destituerait cet arrogant pour de bon. Le Magenmagot faisait primer l'ancienneté du nom dans le choix du président. Les Dumbledore étaient une vielle famille de sorcier, c'est pourquoi Albus s'était vu offrir sa place à la direction du conseil. Une place à vie, une fois prise. A sa mort, Arfin avait récupéré sa place. Et le seul moyen de virer Arfin était soit de le tuer, soit de trouver une famille sorcière plus ancienne que la sienne et s'assurer le soutien de la majorité des autres familles sorcières qui siégeaient.

– En vertu de mes titres et de mon ascendance, je souhaite prendre les deux sièges qui me reviennent dans le Magenmagot en tant que Potter et Black. Mon compagnon, prendra également le sien, déclara mon double d'une voix mesurée. Et j'ajouterai que je soutiens le départ de Caius Arfin de son poste.

– Ainsi que moi, dit Nell d'une voix froide, le regard perçant.

– Et moi, déclara Amelia Bones, que nous avions mise au courant du changement de pouvoir.

Arthur Weasley s'avança et adressa un sourire à mon double.

– Je désire également occuper mon siège et apporte donc ma voix.

– Je rejoins l'opinion de Monsieur Weasley et désire également prendre mon siège au Magenmagot, annonça Augusta Longdubat, avec un sourire froid.

Deux autres membres du Magenmagot s'avancèrent et apportèrent également leur voix. Puis un autre auquel s'ajoutèrent également les voix de deux femmes. Un murmure d'incompréhension s'éleva et les regards se tournèrent naturellement vers Caius. Les autres membres avaient senti le vent tourner et par prudence s'était joint au mouvement général.

– Mais je n'ai aucune intention de quitter mon poste, protesta le vieil homme d'un ton moqueur.

Cette fois-ci, je m'avançai. Je savourai les mots qui s'écoulèrent de ma bouche, serrant la main de Lucius entre mes doigts.

– La majorité a parlé, Lord Arfin. En vertu de la loi Gamp qui préconise l'ancienneté du nom sorcier pour occuper le poste de président du Magenmagot, Caius Stern Arfin, je vous remercie pour vos services au sein du Magenmagot, mais vous êtes officiellement démis de vos fonctions à compter de maintenant. Mais ne vous en faites pas, le Magenmagot sera entre de bonnes mains. Les miennes en l'occurrence.

Caius vira au rouge et toute l'assemblée resta bouche bée. Nous venions, d'un coup d'un seul, de remonter Kingsley dans les sondages, d'assurer à Harry Potter une alliance impossible à défier et d'infiltrer le Magenmagot en s'attaquant à la plaie gangrenée elle-même.

– Et qui êtes-vous si je puis me permettre ? demanda Arfin, écumant de rage. La loi Gamp… Très bien, mais les Arfin sont de loin la plus ancienne lignée sorcière de sang-pur existant !

Je le toisai, l'air mauvais. Caius émit un rire sec, cherchant du soutien dans la salle, réitérant sa question :

– Alors, répondez, qui êtes-vous ?

Je laissai un autre silence s'installer et Lucius m'attira contre lui, intervenant à ma place.

– Æther et Hélios Peverell, déclara-t-il calmement.

L'annonce fit un tôlée et la foule s'agita immédiatement. Lucius sortit de sa poche les parchemins justifiant de nos identités que nous avions obtenus avec la complicité de Kingsley et des gobelins qui se seraient pliés en quatre pour moi. Il les lança aux pieds de Caius qui les ramassa.

Mon double s'approcha de moi et me serra la main, renforçant l'idée d'une alliance et il en fit de même avec Lucius à me droite. Étrange de serrer sa propre main… Puis, nous transplanâmes, leur laissant tout le loisir de hurler à l'imposture et vérifier pourtant les preuves indubitables. Propriétés appartenant aux Peverell, aménagées de manière à ce qu'on puisse les croire habitées, arbre généalogique volontairement flouté, acte de bonne foi de Gringotts et attestation de l'ouverture du coffre Peverell. Acte de mariage même. Le nom Peverell supplantait tous les noms de son porteur à partir du moment où il devenait Maître de la Mort. On n'avait aucun droit de me demander mon ancien nom, ni celui de mon « époux ».

J'avais souhaité qu'Harry Potter reste Harry Potter. Alors j'étais devenu Hélios. Nous avions créé Hélios et Æther de toute pièce pour nous protéger et ne pas laisser mon titre empiéter sur notre vie et celle de notre fils. Et nous n'étions pas près de cesser de faire sévir ce couple sur le monde sorcier.

J'ondulai presque de rire quand Lucius nous fit atterrir dans notre chambre.

– Hélios et Æther Peverell, les justiciers sans masque !

Lucius émit un rire clair et me serra contre lui.

– C'était théâtrale, tout le monde s'en souviendra, me dit-il d'un ton appréciateur en me faisant reculer contre le mur. Nous venons d'acheter notre tranquillité, mon amour.

Il saisit mes poignets qu'il releva au-dessus de ma tête d'une main. De l'autre, il toucha du bout des doigts l'alliance incrustée dans ma peau, s'attirant un regard fiévreux de ma part. Je sentis mon apparence changer peu à peu et il reprit doucement la sienne à son tour.

– C'est comme ça que je te préfère, murmurai-je en lorgnant ses lèvres avec envie.

Des pleurs soudain me firent m'évader à toute vitesse de sa prise. Il soupira lourdement et m'observa m'enfuir à toute jambe de la chambre pour foncer vers celle de notre fils.

– Je t'aurai ce soir, m'informa-t-il en me suivant plus modérément.

– Je n'en doute pas ! lui lançai-je en disparaissant à l'angle d'un couloir.

–Mais par pitié, taisez-vous ! s'exclama Draco, horrifié, sortant de la chambre d'Eridan en le tenant délicatement dans ses bras.

Je fondis sur lui et il se tourna immédiatement de l'autre côté, dérobant mon fils à ma vue. Celui-ci s'arrêta de pleurer, étonné d'être ballotté dans les bras de son frère. Ses grands yeux gris me fixèrent par-dessus l'épaule de Draco et, comme à son habitude, comme s'il reconnaissait mon visage, il m'offrit un sourire sans dent. Je me sentis fondre et tentai une feinte sur le côté. Draco m'évita.

– Explique-moi cette tenue de duelliste d'abord, dit-il.

– Draco ! Donne-moi mon fils ! ordonnai-je, outré, esquivant la question.

– Non, il faut bien que quelqu'un le protège de toi et de tes…habitudes bizarres.

– Je suis son père, lançai-je en roulant des yeux.

– Heureusement, il en a un autre de père ! Père ?! appela Draco en dernier recours, cherchant un soutien auprès de son géniteur.

Lucius nous rejoignit et Draco resta bouche bée devant sa tenue, semblable à la mienne. Il s'avança et récupéra Eridan des bras de Draco, le calant d'un seul bras contre son épaule, s'octroyant un sourire du petit qui joua immédiatement avec ses cheveux.

– Oh non, Merlin tout Puissant, dites-moi que ça n'a aucun rapport avec vos divagations sur Hélios et Æther, murmura Draco, choqué.

Lucius déposa un baiser sur le front de notre fils et nous échangeâmes un regard de connivence avant de répondre à l'unisson :

– Non, aucun.


Blabla de J' :

Alors, à la base, ce chapitre était censé être un bonus sur comment Harry et Lucius se débarrassent de Caius, mais finalement je l'ai intégré comme chapitre de fin pour vous donner un ordre d'idée de l'avenir de nos deux loulous ! Ils sont des gardiens et ont refusé le pouvoir publique, alors que reste-t-il ? La justice masquée, évidemment ! :D J'aimais bien l'idée et je confesse que je les imagine assez bien en justiciers masqués !

Pour les prénoms, évidemment pas choisis au hasard... Hélios est la personnification du soleil, attribué parfois à Apollon. Apollon lui-même parfois assimilé à Éros. Donc on reste sur la gamme délire grec. Æther est souvent considéré comme le fils d'Erèbe (oh, le hasard !) et personnifie l'oxygène des dieux respiré dans les parties supérieures des cieux. Voilà voilà pour l'anecdote mythologique !

Je voulais aussi vous remercier très fort parce qu'on a dépassé les 600 reviews, je sais pas si vous vous rendez compte ! Mais c'est juste énorme et trop trop trop adorable de votre part ! Donc merci pour votre présence ! Y a des pseudos que je vois sur toutes mes histoires même et je me dis que vous êtes courageux parce que mes temps de publi' font pâlir l'enfer et tout ! Mais voilà tout ça pour dire : MERCI !

Alors ça ressemble grandement à un message de fin de fic, mais c'est bien parce qu'il ne reste plus que l'épilogue pour cette fic ! L'histoire en elle-même se clôt ici, avec un petit aperçu du futur dans l'épilogue qui est ma foi bien long !

Je vous donne rendez-vous dans l'épilogue et donc pour la fin de la fic !

Lots of love,

Jelyel !