Chapitre 21 What a wonderful world

I see trees that are green, red roses too
I see them bloom for me and you
And I think to myself : "What a wonderful world !"

Louis Armstrong

J'attendis Jeff dans le hall et sourit en le voyant arriver. Apparemment, il avait encore fait la fête toute la nuit.

« Ca va aller ? Parce que je ne sais pas si une virée shopping est le moyen idéal de combattre la gueule de bois ! »

« Mais si, ça va aller, et puis Dior, Chanel, Prada…Ca vaut bien un effort ! »

« Euh, Jeff ? T'es au courant que je ne suis pas équipée d'un compte en banque sans fond ? »

« Tu ne comptes pas te rendre à l'avant première d'un film avec un jeans quand même ? »

« Non, mais je ne sais pas si je peux me permettre de m'habiller chez les couturiers ! »

« Bah, on verra bien ! » Ok, je vais rentrer ruinée !

Le taxi commandé par l'hôtel arriva enfin et nous montâmes dedans. Il nous déposa dans une rue où je fus étonnée de ne croiser que des filles prêtes à défiler. J'attrapai le bras de Jeff et lui glissai à l'oreille : « Tu crois qu'il faut demander un passeport si on fait plus de 55 kilos et moins d'1m80 ? » Il s'esclaffa, s'attirant des regards noirs et m'entraîna dans la première boutique qui se trouvait sur notre droite. Ok, on commence fort, Chanel.

Intimidée par les gens qui se trouvaient là et même par les vendeuses, je n'osais toucher à rien, contrairement à Jeff qui s'extasiait en poussant des petits cris devant chaque robe qui se trouvait à sa portée. Mais qu'avait on fait de mon très sérieux voisin analyste financier qui se transformait sous mes yeux en dingue de fringues de créateur ? Une vendeuse s'approcha de lui et ils discutèrent un moment. Je n'écoutais pas, trop occupée à essayer de ne pas me rendre ridicule. Je regardai à gauche et à droite, tentant tant bien que mal d'apercevoir le prix des robes qui étaient à ma portée. Soudain Jeff se retrouva à coté de moi.

« Tu viens ? Il n'y a rien ici ! »

« Tu te fous de moi là ? On est chez Chanel ! »

« Ben peut être mais je te vois mal dans une robe pleine de tulle, à moins que tu veuilles t'exhiber dans ce truc en lamé à 3500$ ? »

« Ah ben oui, effectivement ! On va où alors ? »

« Je ne pense pas que Dolce et Gabbana soit ton genre…Je te vois plutôt dans du Prada ! » il m'entraîna à l'extérieur et me tira sur le bras sur plusieurs mètres. Remarquant enfin que je trainai, il daigna tourner la tête vers moi.

« Qu'est ce qu'il y a encore ? » il leva les yeux au ciel

« Je voudrais juste savoir depuis quand tu t'y connais en créateurs ? Et depuis quand tu peux affirmer que Chanel n'est pas mon style mais que Prada, oui ? »

« Ok, j'avoue ! Je n'ai pas toujours été dans la finance ! »

« Pardon ? »

« Bon, quand j'ai terminé mes études, j'ai eu un peu de mal à trouver un job convenable dans mon secteur. Donc, comme j'avais vraiment besoin d'argent, j'ai décroché un job de coursier dans un magasine féminin. Et puis, j'ai sympathisé avec une des filles du service mode, c'est d'ailleurs devenue une amie, Mary, tu l'as peut être déjà croisée quand elle vient chez moi, elle est venue il y a quoi, trois semai… »

« Jeff, ça te dérangerait de rester sur le sujet de ta transformation d'analyste financier en fashion victime ? »

« Mais qu'est ce que tu peux être impatiente ! Ma vie t'intéresse pas ou quoi ? »

« Jeff, franchement… »

« Oh, je déconne, qu'est ce que t'es crispée ces derniers temps, lâche toi ! On est à L.A quoi ! » Je vous présente Jeff, représentant new yorkais de L.A ! « Enfin, toujours est il que j'ai passé pas mal de soirée avec elle quand elle devait choisir les robes pour les photos shoot et tout ça et donc, à force, ben, j'ai comment dire ? Acquis une certaine connaissance dans ce domaine ?! »

« Tu veux que je te dises un truc ? »

« Oh ben vas y, on n'est plus à ça près entre nous ! »

« A chaque fois que je crois que je commence à te connaître par cœur, tu me sors un truc auquel je ne m'attend absolument pas ! »

« Mais c'est ça, avoir la classe ma chérie ! »

« T'es juste incroyable ! »

« Ce qui est incroyable, c'est ça ! » Il s'était arrêté devant une vitrine et pointait du doigt la robe qui se trouvait à l'intérieur. Longue, à fine bretelles, de couleur gris perle, brodées de sequins noirs…Elle était tout simplement magnifique. Du coin de l'œil, je vis Jeff tourner la tête vers moi.

« Élisa, fais moi plaisir, ferme ta bouche s'il te plaît ! » Ah ! Ben, j'avais même pas remarqué ! « Alors, on rentre ? » Sans prendre la peine de lui répondre, j'entrai dans la boutique, Jeff sur les talons. Le temps de passer les portes, un vendeur était à coté de moi et me demandait si je voulais boire quelque chose…Maintenant, plus de faux espoirs, je vais être totalement ruinée !

« Euh…Non, ça ira, merci. Est-ce que je….La robe qui est… » Qui a remplacé mon cerveau par la seule vision de moi en train de me faire jeter de tous les magasins à cause de ma carte de crédit refusée ?

« Ce que voudrait savoir mademoiselle, c'est si elle pourrait essayer la robe qui est en vitrine ? » Jeff, tu es définitivement mon sauveur officiel !

« Oui, évidemment, quelle taille ? » Élisa, si on te regarde en posant une question, ça signifie que c'est à TOI qu'on te la pose ! On se réveille ! OH ! Tu ouvres la bouche et tu parles !

« Heu…38 ? » Même moi je ne sais pas pourquoi on entend cette interrogation dans ma phrase…Ca doit être le soleil…Enfin, à voir le regard consterné que le vendeur me lance, je sais que je passe pour une demeurée chez…On est où au fait ? Dior ! Génial, manquait plus que ça ! L'avantage, c'est qu'il s'est totalement désintéressé de moi et qu'il ne parle plus qu'à Jeff. C'est déjà ça de gagné !

Jeff me poussa dans la direction des cabines, qui étaient aussi grandes que mon salon, et le vendeur revint avec cette pure merveille qui allait bientôt signifier ma ruine la plus totale.

Je n'ai jamais été une folle de fringues même si le shopping fait parties de mes occupations préférées mais il faut reconnaître que je suis…

« Tout simplement éblouissante ! » Hein quoi ?

« Élisa, fais moi plaisir, regarde-toi au lieu de partir en vrille dans ta tête ! » Le choc ! Je dois dire que Galliano sait y faire ! Elle est juste un peu trop longue mais j'ai emmené quasi toutes les paires de Manolo Blahnik que j'avais achetées à New York, il y en a bien une qui ira avec cette….Je ne sais même pas si je peux appeler ça une robe ! Elle me va trop, trop bien ! Le vendeur me regarde avec un grand sourire et là, je me vois au bras de Rob sur le tapis rouge, sous les flashs, sous les acclamations des gens qui ne seront pas venus pour me voir mais je m'en fous, souriante car avec ça, je serais certaine de ne pas faire tache à côtés des autres…

« C'est bon, je la prends ! » Le sourire du vendeur s'agrandit encore et je vis très bien Jeff se retenir pour ne pas sauter en tapant des mains.

A la caisse, le sens des réalités me revint malgré tout. J'avais dit oui sans en connaître le prix. Je sentais que ça va faire mal…Très mal, surtout quand je voyais ce crétin de vendeur avec son sourire à la con qui me regardait comme si j'étais la meilleure cliente de chez Dior depuis dix ans. Soit il était nouveau et j'étais sa première cliente, soit…Et bien, soit ma robe allait me couter un bras au minimum. Une jeune fille nous amena un immense carton contenant l'objet de ma ruine, j'essayais tant bien que mal de faire face en ayant un sourire crispé sur le visage tout en fouillant mon sac à la recherche de mon portefeuille qui devait avoir compris ce qui allait se passer et devait se cacher pour échapper à ça quand Jeff posa sa main sur mon bras.

« Laisse, je te l'offre ! »

« Mais t'es dingue ou quoi ? Tu sais combien elle vaut ? Parce que moi, je n'en ai aucune idée et à vrai dire, je veux même pas le savoir, mais tu peux pas faire ça ! C'est trop ! » Pas facile de crier en sourdine !

« Je m'en fous, te tracasse pas pour mon compte en banque, j'ai les moyens ! Et puis, c'est grâce à toi que je passe une semaine à L.A au lieu d'aller bosser avec des cons, considère ça comme un remerciement et… »

« Ce n'est pas grâce à moi que… » Baisse d'un ton Élisa, on entend que toi ici ! « C'est grâce à Rob que tu es ici ! » Repris-je en chuchotant.

« Ben justement, ce n'est pas à toi que je l'offre, c'est à lui ! »

« …Pardon ??? Tu dérailles là ? Tu m'as fait une insolation en traversant la rue ou quoi ? »

« T'as bien compris, c'est à lui que je l'offre. Évidemment, il va sûrement vouloir que ce soit toi qui la portes mais ça, ce n'est pas mon problème ! » Vu sous cet angle, je n'avais pas beaucoup d'arguments à mettre en avant, et puis maintenant, il était trop tard, la carte de crédit de Jeff venait de disparaître entre les mains de l'abominable vendeur.

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Dans le taxi qui nous ramenait à l'hôtel, le silence régnait en maître. Jeff était absorbé par ce qui se passait dehors et moi je ne savais pas comment je devais réagir, donc, le silence me paraissait comme une excellente solution.

Toujours en silence, nous rentrâmes à l'intérieur et ce ne fut qu'une fois dans l'ascenseur que Jeff me parla.

« Écoute, je sais que j'ai peut être exagéré en t'offrant cette robe, enfin, en lui offrant cette robe… »J'éclatais de rire et lui aussi « Mais, tu es mon amie Élisa et je sais que ça te fait plaisir, je ne vois pas où est le mal à ça ! »

« J'ai l'impression que tu ne te rends pas compte, c'est pas comme si tu m'avais offert un croissant pour le petit déjeuner ! Une robe de chez Dior !!! »

« Ben peut être…Mais c'est le premier cadeau que je te fais depuis que je te connais et puis,…Oh et puis, merde ! T'es contente, oui ou non ? »

« Comment veux tu que je ne sois pas contente ? Elle est sublime mais c'est quand même exagéré ! »

« Bah ! Et si en échange, je te demandais un énorme service, ça irais ? » Ca, ça sent pas bon !

« Tout dépend de quel service, parce que je ne suis pas très douée pour cacher des cadavres ! »

« Mais non idiote, j'ai tué personne ! C'est juste qu'hier, j'ai reçu un appel de ma grand-mère et elle vient me voir ce weekend. Déjà qu'elle arrive tout juste quand on rentre mais en plus elle a, comment dire, un léger souci avec mon homosexualité ! »

« Et je peux faire quoi ? Tu veux que je lui parle c'est ça ? »

« Tu pourrais y passer le reste de ta vie, elle continuerait à te dire que tu te trompes, que son petit Jeffrey ne peut pas être homo, en fait, c'est même pas qu'elle ne l'accepte pas, elle occulte totalement ! Donc, je voudrais savoir si tu pouvais… »

« Si je pouvais… ? »

« Jouer le rôle de ma petite amie le temps du weekend » dit-il en fermant les yeux.

« Oh c'est ça ! Ben euh, oui pas de problèmes mais…je devrais dormir chez toi ? »

« Non, du tout, écoute, je te demande juste de venir manger chez moi samedi midi et on ira probablement au restaurant samedi soir et dimanche matin, je la fous dans le premier bus qui passe et c'est tout mais au moins, je ne passerai pas le weekend à l'écouter me vanter les qualités de toutes les petites filles de ses copines de sa résidence ! Alors, ça te dérange pas ? »

« Comment veux tu que je te dise non ? T'as déjà fait tellement pour moi ! »

« Je sens que, de preux chevalier sur son destrier blanc, je me transforme en marraine la bonne fée ! » Je souris en imaginant Cendrillon aidée par une bonne fée habillée en Armani. « Au fait, j'ai oublié de te dire mais dans une demie heure, tu as rendez vous au spa de l'hôtel pour un ravalement de façade ! »

« Tu viens avec moi au moins ? Je me suis toujours emmerdée dans ces trucs ! »

« Évidemment, on critiquera la dégaine des gens pour passer le temps ! »

Quand je revins dans notre chambre, j'étais transformée. Massée, coiffée, maquillée, épilée, j'avais l'impression d'être un cheval de concours. Il ne me restait plus qu'une heure pour trouver les chaussures que j'allais mettre ce soir et passer ma robe et je serais prête. Rob n'était pas encore là, j'en profitai pour passer au moins dix minutes devant le miroir pour admirer le chignon qui tenait sur ma tête comme par magie. Pas une seule épingle dépassait, ni ne se voyait d'ailleurs. Me rappelant que je n'avais toujours pas choisi quelles chaussures j'allais mettre, je m'arrachais à la contemplation de mes cheveux et me dirigeai vers la chambre, là où était mon sac qui contenait mes chaussures. Au bout de vingt minutes, j'avais réussi à éliminer sept paires. N'en restait que quatre. Qu'est ce qui m'avait pris d'en prendre autant ? A force de vouloir avoir le choix, je ne savais pas quoi choisir ! C'est ainsi que Rob me trouva, coiffée et maquillée, certes, mais toujours en sous vêtements, accroupie devant quatre paires de chaussures.

« T'es pas encore prête ? »

« Non ! Je ne suis pas… » Je relevai la tête et le vis en costume noir, cravate noire et chemise blanche. Il était tout simplement magnifique et j'en eu le souffle coupé. « …encore prête…T'es magnifique ! »

« Oh, ben…Merci mais je tiens à te rappeler qu'on part dans un quart d'heure…Tu comptes y aller habillée comme ça ? » Il me releva et me pris dans ses bras. « Ce n'est pas que ça me dérange remarque, tu ferais un malheur mais je ne sais pas si tu pourra assumer ! »

« Non, ma robe est là, mais je ne sais pas quelle chaussure mettre, c'est une horreur ! »

« Ferme les yeux et tu mettras la première que tu attrapes. C'est ce que je fais parfois quand je sais pas quoi me mettre ! » Ah, ben ça expliquait que son style puisse être parfois approximatif ! Mais je n'avais plus le temps de tergiverser et je l'écoutai, fermai les yeux et pris en main la première paire que mes doigts frôlèrent. Des Louboutin argentées…Ca devrait faire l'affaire. Je courus dans la salle de bain et réussit à m'habiller en moins de cinq minutes. C'est bien ça le problème chez moi : je suis capable de rester trois heures devant ma garde robe à me dire que je n'ai rien à me mettre et puis, il ne me reste plus qu'à m'habiller aussi vite que je peux pour ne pas arriver à la bourre.

Dans la limousine qui nous emmenait vers le Chinese Theater où se déroulait l'avant première du dernier film produit par Quentin Tarantino, la pression et le stress commençait tout doucement à s'insinuer en moi. Partagée entre l'excitation et la peur de ce qui allait se passer, je ne savais plus quoi faire, si je devais avoir le sourire ou si je devais me mettre à pleurer. La main de Rob se referma sur la mienne et je pris conscience que nous étions arrivés.

« Prête ? »

« Absolument pas ! Mais comme je crois que je ne le serais jamais, on peut y aller ! »

« Allons-y alors ! » La portière s'ouvrit et Rob me tendit la main afin de m'aider à sortir. Je me cramponnai à lui, d'une part parce que j'étais intimidée par toute cette agitation, d'autre part parce que je me rendais compte que douze centimètres de talon, c'est énorme quand on est habituée à porter des Converses ! Nous nous arrêtâmes quelques instants devant une centaine de photographes qui hurlaient après Rob et il y avait, sans exagérer, environ un milliard de filles qui hurlaient encore plus fort après lui. J'étais tellement éblouie par les flashs que je ne voyais presque plus rien et je me cramponnai encore plus fort à son bras pour ne pas partir dans la mauvaise direction. Je voyais déjà les titres dans les journaux à scandale : Robert Pattinson abandonné sur le tapis rouge !

« Tu ne t'en sors pas si mal que ça ! » murmura t-il à mon oreille.

« Sauf que je sais maintenant ce que ressens un lapin quand il voit arriver les phares d'une voiture alors qu'il est encore sur la route ! »

« Tu verras, tu t'habitueras ! »

« J'en doute ! » Mon ton sinistre le fit rire et nous entrâmes dans la salle où se déroulait la projection. Nous étions bien placé, en regardant les noms autour de moi je vis que j'allais être à coté d'Hugh Jackman toute la soirée…La pensée que j'étais morte et qu'en fait, j'étais au paradis me traversa l'esprit mais je ne pouvais pas vraiment y croire. Sauf évidemment, s'il se mettait torse nu, là, je saurais que j'étais bel et bien morte !

En attendant que tout le monde soit installé, les conversations allaient bon train et j'en profitai pour interroger rob sur sa rencontre avec Tarantino.

« En fait, ce n'était qu'une première entrevue, il m'a parlé du rôle, de la façon que je devrais le jouer et puis, on a parlé musique et finalement, je ferai un bout d'essai demain. »

« C'est génial, je suis vraiment contente pour toi ! »

« Pas autant que moi, je peux te l'assurer. Surtout que je suis conscient que c'est un risque qu'il prend en m'engageant ! »

« Comment ça ? »

« Ben, les journalistes ne vont pas manquer de faire des articles du style « Edward Cullen chez Tarantino » ou un truc dans ce style là. Ils n'ont aucune imagination je te jure ! »

« Eh ! Oh, n'insulte pas ma profession tu veux ! »

« Oui mais toi, ce n'est pas la même chose… » Il m'embrassa dans le cou, ce qui me fit frissonner. Il rigola doucement et se réinstalla correctement dans son fauteuil. Je remarquai qu'Hugh Jackman venait d'arriver avec sa femme et ils nous saluèrent. La dernière fois que j'avais été au cinéma, mon voisin avait passé presque toute la séance à pianoter sur son téléphone et à faire des commentaires sur le jeu des acteurs quand il n'avait pas la bouche pleine de bonbons qu'il croquait bruyamment. Et là, j'allais passer deux heures entre Rob et Hugh…Jeff n'allait jamais en revenir quand je lui raconterai ça !

Une réception était organisée après le film et je n'avais jamais vu autant de star « en vrai ». Nicolas Cage discutait avec John Malkovich qui avait un des rôles principaux du film que nous venions de voir. Rosanna Arquette, le personnage féminin principal, se trouvait entre Quentin Tarantino et Benicio del Toro et je vis également Ben Stiller qui rigolait avec un des barmans. Tout semblait normal mais avec une touche d'irréalité totale.

« Ca te dérange si on boit un verre avec Quentin ? Je voudrais lui dire un mot. »

« Comment veux tu que ça me déranges ? Je vais boire un verre avec Tarantino !!! Je ne pensais déjà jamais pouvoir prononcer une telle phrase ! »

« Ton enthousiasme fait plaisir à voir ! » Il passa un bras autour de mes épaules et nous nous dirigeâmes vers MON réalisateur préféré. Quand Rob fit les présentations, je murmurai un bonjour à peine audible et serrais les mains qui se tendaient vers moi. Rosanna Arquette se montra adorable avec moi, me questionnant sur le film et les passages que j'avais apprécié. A force, je me joignis à la conversation, pas encore tout à fait à l'aise mais déjà plus détendue. Pas pour longtemps cependant car un énorme et très bruyant éclat de rire retentit derrière mon dos ma faisant sursauter. La coupe de champagne à laquelle je m'accrochais comme à une bouée, s'échappa de mes mains et alla se renverser sur le pantalon de Tarantino. Robert de Niro et Ben Stiller, responsable de ma surprise, vinrent se joindre à nous et moi, je ne savais tout simplement plus où me mettre.

« J'arrive toujours pas à y croire ! » m'exclamais je dans la salle de bain.

« Tu te rend compte que tu n'as tué personne ? Ce n'est quand même pas si dramatique que ça ! »

« Pas si dramatique ? Je me suis rendu totalement ridicule devant Tarantino, Ben Stiller, Benicio del Toro et Robert de Niro et ce n'est pas dramatique ? »

« Ca aurait été dramatique si les photos n'avaient pas encore été faites mais là, non, tu vas juste avoir la réputation de renverser des verres sur tout le monde mais sinon, il n'y a rien de grave ! » Génial, je serai connue comme étant celle qui n'est même pas foutue de tenir un verre correctement ! « Est-ce que je t'ai dit que tu étais magnifique dans cette robe ? »

« Au moins une cinquantaine de fois mais je ne me lasse pas de te l'entendre dire ! »

« Je n'oublierai pas de remercier Jeff pour ce cadeau ! »

« Il sera certainement déçu que tu n'ai pas voulu la garder pour toi !»

« Je n'en doute pas ! » ses mains glissèrent le long de mes épaules, s'arrêtèrent à ma taille. Il m'embrassa légèrement, je passai mes bras autour de son cou et notre baiser devint plus appuyé. Tarantino, Dior, la honte,…J'oubliais tout, plus rien ne comptais à part lui et moi.

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Je me réveillai deux heures plus tard et vis que j'étais seule dans le lit. Vérifiant l'heure, je vis qu'il n'était que trois heures du matin et me levai afin de voir où il était passé. Je passai rapidement sa chemise qui trainait sur le fauteuil, j'adorai porter ses vêtements, et vis que la porte fenêtre qui donnait sur la terrasse était ouverte. Il était allongé sur un des deux transats, un verre à la main et une cigarette dans l'autre.

« Tu fais très artiste torturé comme ça ! T'arrive pas à dormir ? »

« Non, j'ai le trac pour demain. Le courant est bien passé mais je stresse malgré tout. »

Je m'agenouillai près de lui, pris son verre et en but une gorgée.

« C'est normal non ? Enfin, je sais pas, c'est vrai que c'est énorme pour toi mais je sais que tu es capable de le faire. »

« Tu viens près de moi ? J'en ai marre d'être tout seul avec ça. » Je m'assis entre ses jambes, appuyait mon dos contre son torse. Nous restâmes un moment un silence, bercés par nos respirations. Je calai ma tête contre son épaule et regardai en l'air.

« Ca me donne toujours le vertige quand je regarde les étoiles. Pas toi ? »

« Non, pas vraiment. Plutôt le sentiment d'être insignifiant par rapport à ça. »

« J'ai jamais su reconnaître les constellations, j'aurais bien voulu pourtant. »

« Tu vois celles qui sont juste au dessus de nous ? »

« Les trois qui sont à cotés l'une de l'autre ? »

« Oui, c'est ça et bien ça, c'est Orion. »

« C'est vrai ? »

« Je sais pas ! Je suis déjà incapable de reconnaître la Grande Ourse alors tu penses bien qu'une constellation… » Il était écroulé de rire.

« Tu es en train de te rendre totalement ridicule, tu t'en rends compte de ça ? » Malgré tout, je ne pouvais pas me retenir de sourire, son rire était vraiment communicatif.

« Je suis désolé, vraiment. Tu m'en veux ? »

« Mais bien sûr ! » Comment veux tu que je t'en veuille ?

« Alors, laisse-moi me faire pardonner. » Il se releva, pris la télécommande la chaine hifi et enclencha la musique. La voix de Louis Armstrong s'éleva et What a Wonderful World débuta. Il tendit la main vers moi en une invitation silencieuse. Je me levai et me collai à lui, mes mains sur ses épaules. Je sentais son souffle dans mon cou, il caressait mon dos, ses mains effleurant le bas de mes reins s'en jamais descendre plus bas, ce dont pourtant je mourrais d'envie. A la fin de la chanson, il me serra un peu plus fort, je sentis son excitation à travers son pantalon et l'embrassai, passant mes mains dans ses cheveux et sur ses épaules. Il répondit à mon baiser et glissa enfin ses mains sous ma chemise. Il caressa mes seins, effleurant à peine mes mamelons, ce qui me fit déjà gémir. A mon tour, je fis glisser mes mains sur son torse, m'attardant sur le dessin léger de ses abdominaux, continuait ma descente sur son ventre pour arriver à son pantalon et défaire les boutons de ce dernier. Il recula la tête en souriant, me souleva et m'assit sur la table qui se trouvait sur la terrasse. Il se mit entre mes jambes, je détachai le dernier bouton et fis glisser son pantalon et son boxer le long de ses jambes. Je saisis son sexe en main et le positionnai devant mon entrée.

« T'es plutôt rapide ce soir ! » constata t-il avec un sourire.

« J'ai envie de toi, de te sentir bouger en moi, de te… » Il venait de me pénétrer d'un coup, coupant court à mes explications.

« Désolé de te couper, mais je dois dire que ça m'excite de t'entendre parler comme ça ! » Si tu savais ce que je pense…J'enroulais mes jambes autour de sa taille, ce qui lui permit de s'enfoncer un peu plus profondément en moi. Je rejetai ma tête en arrière et mes doigts se crispèrent sur les bords de la table. Tout en continuant son mouvement de va et vient, il fit glisser ses mains de mes épaules, s'attarda sur mes seins, continua le long de mon ventre et mit son pouce sur mon clitoris. Le plaisir que je ressentais était totalement indescriptible. Mes parois se contractaient autour de lui à chaque fois qu'il s'enfonçait en moi, me faisant ressentir un peu plus l'approche de l'orgasme. Il accéléra, et je laissai le plaisir me ravager, sachant qu'il n'était même pas question d'essayer de résister.

Nous étions de nouveau couchés sur le transat, nos jambes entremêlées, ma tête reposait sur son épaule et de temps en temps, il baissait la tête pour embrasser mes cheveux.

« Je peux savoir à quoi tu penses ? » Je suis vraiment incapable de rester sans parler !

« Je pense que je pourrais rester ici des heures avec toi sans que ça me dérange le moins du monde ! »

« T'es trop gentil ! » je levai la tête et embrassa ses lèvres. Son regard finit par me faire perdre toute raison. « Je t'aime. » Oh mon dieu, oh mon dieu, oh mon dieu…J'ai vraiment dit ça tout haut ? Ca y est, je vais le faire fuir, mais qu'est ce qui m'a pris de dire ça, il va avoir peur ou me prendre pour une dingue, on ne se connaît pas depuis assez longtemps pour que je lui avoue ça, je suis devenue folle, je viens de ruiner toutes mes chances avec lui, ça ne fais même pas un mois qu'on sort ensemble. D'ailleurs, je ne sais même pas si on sort réellement ensemble ou si je ne suis qu'une passade dans sa vie malgré tout ce que peut dire Jeff, je vais me retrouver dans le premier vol pour New York et…

« Je t'aime. » Son sourire, ses yeux, il vient vraiment de me dire ça ? La panique disparut de mon esprit aussi vite qu'elle y était arrivée. Il m'embrassa, dissipant mes derniers doutes. Je l'aimais, il m'aimait, rien d'autre n'avait d'importance.


Un tout grand merci à aude77, chartelle, Lily77974, twilight007, Melielola, choupette59, Bababbou Cullen, aleex16, annecullen69, Nouvellesromans, scarlet-rose, Carice et ZsaZsaZsu1986.

Merci pour vos encouragements les filles, ça me fait super plaisir à chaque fois. Robert Pattinson viendrait sonner chez moi que ça me ferait pas autant plaisir en fait...enfin là, j'exagère peut être ^^

Comme d'habitude, je voudrais faire savoir aux pas gentils qui me lisent mais qui ne prennent pas le temps d'appuyer sur le bouton vert, qu'à chaque fois que je reçois un mail qui me signale une review, j'ai le coeur qui palpite, le sourire aux lèvres, la motivation de continuer qui augmente de façon extraordinaire et les cheveux qui se brushinguent tous seuls ! Alors, faites moi plaisir : YES YOU CAN !!!

Prochain chapitre pour mercredi normalement